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Idées - Page 3

  • « L’Église ne peut se payer le luxe d’une guerre civile liturgique »

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    Tribune de Jean Bernard, collaborateur au mensuel « La Nef », publiée dans le quotidien « La Croix » : Le pape François a formulé, avec sa lettre Desiderio desideravi, « une réflexion profonde » sur la beauté de l’Évangile. Mais, selon Jean Bernard, cette lettre n’est peut-être pas de nature à apaiser les tensions réactivées par le pape autour de la liturgie (20.07.2022) :

    Avec sa lettre Desiderio desideravi, le pape François vient d’adresser à l’Église entière, le jour de la fête des saints Pierre et Paul, une réflexion profonde sur la « beauté incomparable de la liturgie ». Pour le Saint-Père, l’enjeu de notre époque est de « retrouver la capacité de vivre pleinement l’acte liturgique », tâche qui n’est pas aisée pour l’homme moderne tant celui-ci a perdu « la capacité de s’engager dans l’action symbolique qui est une caractéristique essentielle de l’acte liturgique ».

    À lire aussi Liturgie : le pape François appelle à « abandonner nos polémiques »

    Le pape nous décrit ainsi, en des pages denses, ce que la liturgie doit être mais également ce qu’elle ne doit pas être, à savoir, d’un côté, un « esthétisme rituel qui ne prend plaisir qu’à soigner la formalité extérieure d’un rite ou se satisfait d’une scrupuleuse observation des rubriques », et, de l’autre, la « banalité débraillée », la « superficialité ignorante » et le « fonctionnalisme pratique exaspérant ». Pour échapper à ces deux travers, François souligne l’importance de la formation liturgique.

    Un contexte de tensions liturgiques

    Mais il n’aura toutefois échappé à personne que, si la lettre Desiderio desideravi invite à une réflexion et à une action à long terme, elle ne peut être détachée du contexte dans lequel elle a été écrite, à savoir la reprise des tensions liturgiques après la publication du motu proprio Traditionis custodes. D’ailleurs, dans sa lettre, le pape François fait explicitement référence à ce dernier texte, notamment pour rappeler que le missel de Paul VI est « l’unique expression de la lex orandi du rite romain » et qu’il convenait que l’unité dans la prière « soit rétablie dans toute l’Église de rite romain ».

    À lire aussi « Au-delà des querelles liturgiques, le pape nous fait contempler le souffle qui doit habiter toute liturgie »

    Reste qu’il n’est pas certain que Desiderio desideravi soit de nature à apaiser les tensions, et ce pour deux raisons. La première est que cette lettre ne fera pas, ou peu, revenir les fidèles attachés à la forme traditionnelle vers le nouveau Missel, ce d’autant que beaucoup d’entre eux, venant à l’origine de paroisses où ce missel est célébré, ne sont pas disposés à y retourner. À cet égard, il convient de ne pas se méprendre sur les motifs d’une telle attitude : ceux-ci sont à rechercher non pas dans une hostilité de principe à Vatican II (sauf pour la Fraternité Saint-Pie-X) mais dans la conviction – fondée ou non – que la réforme liturgique n’a pas rempli toutes ses promesses et surtout qu’une autre réforme liturgique inspirée des principes du Concile aurait été possible, davantage respectueuse du développement organique de la liturgie.

    À lire aussi « Sur la liturgie, François n’a pas les mêmes réflexes que certains de ses prédécesseurs »

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  • Quand l'Église suit l'actualité comme si c'était une nouvelle Révélation

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    De Stefano Fontana sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    L'Église suit l'actualité comme une nouvelle Révélation

    18-07-2022

    C'est la chronique, l'actualité, ce que l'histoire nous raconte qui est la nouvelle Révélation. Avec l'Église du pape François, les "prophéties" de Hegel, Martini et Sartre se réalisent : l'existence précède l'essence et la revue de presse est la nouvelle prière du matin. Migrations, globalisme, écologisme, transitions, agenda de l'ONU, modèle chinois, planning familial, abolition de la propriété privée, homosexualisme. Il n'y a pas de sujet d'actualité sur lequel l'Eglise d'aujourd'hui maintienne une position dure et antithétique à celle du monde, de résistance et d'opposition.

    Le philosophe allemand Hegel a prédit que la prière matinale de l'homme moderne sera de lire le journal. Les nouvelles, l'actualité, ce que l'histoire nous raconte seront la nouvelle Révélation et la prière consistera à en prendre acte. Le cardinal Martini a déclaré que l'Église a 200 ans de retard. En retard par rapport à quoi ? En retard par rapport à ce que l'histoire nous dit être la nouvelle Révélation dont l'Église n'a pas encore pris connaissance. François semble avoir pris sur lui de raccourcir, voire d'annuler ce délai, avec le risque que l'Église échange la chronique, l'actualité, ce que l'histoire nous dit, contre la Révélation, dont la prière signifie prendre acte.

    Chaque jour, François donne une interview à un journal. Il parle de ce qui se passe, des événements actuels, de ce que l'histoire nous dit. Il ne juge pas, sauf à la lumière d'une certaine opinion, également liée au déroulement des évènements. Il ne juge pas à la lumière d'une doctrine soustraite à la chronique, il prend acte de ce qui se passe, il pose des questions, il jette quelques pierres dans la mare, comptant sur la chronique pour faire quelques soubresauts et faire surgir le nouveau.

    L'expression du cardinal Martini, qui est devenue l'agenda de François, suggère que c'est le monde dans son histoire qui dit ce qui est vrai, et que l'Église doit s'empresser de suivre. C'est ce qui se passe, l'actualité, ce que l'histoire nous raconte qui est la nouvelle Révélation.

    L'un des thèmes du retard de l'Église était, pour le cardinal, la moralité sexuelle. Et en effet, l'Église de François fait la course pour rattraper le terrain perdu. L'Académie pontificale des sciences sociales s'ouvre à la contraception et à la fécondation homologue [ICI et ICI] et certaines agences prédisent une prochaine encyclique du pape sur le sujet. François va certainement changer l'enseignement traditionnel sur le sujet - inutile de se faire des illusions - et la raison en sera une seule : les nouvelles, l'actualité, ce que l'histoire nous dit est différent et nous devons en prendre note : les louanges du matin sont la revue de presse. Puisqu'aujourd'hui très peu mettent en pratique les enseignements d'Humanae vitae et - dit-on - même les couples catholiques utilisent des contraceptifs ... alors l'Église doit changer son enseignement. Ce sont les faits qui dictent la loi.

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  • Il parait qu'avoir des enfants nuit à l'environnement...

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    De Judikael Hirel sur la Sélection du Jour :

    LES FAMILLES NOMBREUSES POLLUENT-ELLES LA PLANÈTE ?

    Désormais, il parait qu'avoir des enfants nuit à l'environnement. Les familles nombreuses s'étaient, à la longue, habituées aux critiques et aux regards parfois acerbes de celles et ceux qui n’ont pas fait ce choix. Mais voilà qu'on leur reproche maintenant leur inconscience, leur égoïsme : elles ne pensent pas aux générations futures. Elle accélèrent le suicide de notre planète, elles exposent un être innocent à un avenir atroce sur une planète inéluctablement brûlante. Peut-être est-ce pour cela que l’on voit, dans les grandes métropoles, de plus en plus de jeunes couples préférant avoir un chien plutôt qu’un enfant. À tel point qu'apparaissent même des poussettes à chien, des psychologues pour chien… Quand l’Espérance n’est pas au rendez-vous, la peur de la fin du monde devient environnementale. Ainsi, avoir des enfants contribuerait à polluer la planète : un enfant génère 58,3 tonnes de dioxyde de carbone par an, selon une étude menée par des chercheurs de l’université suédoise de Lund. Oui, on mesure le degré de pollution d’un enfant comme on pourrait le faire d’une voiture ou d’un smartphone… Quelle étrange vision de l’être humain, notamment à naître !

    Faut-il limiter les naissances pour sauver la planète ? C’est ce que défendait récemment l’essayiste et prospectiviste Antoine Bueno dans un débat avec le philosophe et père d’une famille nombreuse Fabrice Hadjadj, dans les colonnes du Figaro Magazine. Pour Antoine Bueno, reprenant une vieille antienne de l’écologie extrême, c’est le cas. Il va jusqu’à parler de "comportement écocidaire" Fonder une famille nombreuse doit selon lui être considéré comme un comportement d’indifférence ou d’inconscience écologique. On retrouve là un discours prôné depuis des décennies par certains militants écologistes extrêmes, tels Yves Cochet. Le contrôle total des naissances à la chinoise n'est jamais loin derrière un tel discours. Pourtant, l’impact écologique de l’humanité dépend en fait à la fois du nombre d’habitants et de leur mode de vie. Et, comme le rappelait le philosophe dans cet échange, "la vie peut-elle se ramener à des problèmes techniques ? Est-ce une atteinte contre l’environnement de fonder une famille nombreuse ?"

    Après les Dinks ("Double income, no kids", "deux revenus, pas d’enfants") si appréciés des banquiers, place désormais aux Ginks, pour "Green inclinations, no kids " (souci écologique, pas d’enfants). On connaissait déjà la honte de prendre l'avion, voici donc celle d'engendrer. Pour sauver la planète, dans un monde entre guerre, violence et réchauffement climatique, certains jeunes gens ne veulent tout simplement pas avoir d’enfants. Ils contribuent au passage au vieillissement de la population dans leur pays, et amplifient les conséquences du grand défi migratoire auquel est désormais confronté la "vieille" Europe face à la jeune Afrique.

    Le meilleur moyen pour réduire son empreinte carbone est-il vraiment d’avoir moins d'enfants ou de ne pas en avoir du tout ? Posée ainsi, la question peut sembler absurde. Cette réification de l’enfant à naître est en soi aussi inhumaine que désespérée. Pourtant, cette petite musique de la dénatalité se diffuse peu à peu. Jusqu’à l’AFP qui, dans une infographie diffusée il y a quelques mois de cela, citait une étude de l'"Environnemental Research Letters" soulignant le fait d' "avoir un enfant en moins" comme la mesure la plus efficace pour réduire son empreinte carbone. En 1798, Thomas Malthus publiait son Essai sur le principe de la population. Il y expliquait que la population allait augmenter plus vite que les ressources disponibles. Au fond, rien de nouveau sous le (chaud) soleil… Ce malthusianisme revu à la sauce environnementaliste d’un nouveau siècle en revient aux mêmes solutions que celles proposées alors par le prêtre anglican : limiter les naissances en arrêtant d'aider les plus pauvres, afin de ne pas encourager leur reproduction. Demain, avec une population mondiale estimée à 9 milliards de personnes en 2050, puis 11 milliards en 2100, en viendra-t-on à imposer un contrôle démographique à l’échelle mondiale, un planning familial planétaire au nom de La Défense de l’environnement ? Qui sait ?

    Pour aller plus loin : Fabrice Hadjadj, apologie de la maternité et de la paternité

  • Saint Benoît, père de l'Europe chrétienne

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    saint_Benoit.jpgJean-François Mangin résume, dans la notice reprise ci-dessous, l'apport de saint Benoît. Il rejoint notre concitoyen Léo Moulin, agnostique, qui avait une immense admiration pour la Règle de saint Benoît, véritable modèle d'équilibre. Benoît nous est proche : n'a-t-il pas vécu dans une époque de décomposition, celle qui suivit la chute de l'empire romain, et n'a-t-il pas, en ces temps troublés, jeté les bases d'une civillisation nouvelle dont les abbayes seront les noyaux? C'est ce qui lui a valu d'être proclamé patron de l'Europe. Cela devrait nous inciter, plutôt qu'à nous lamenter sur tous les symptômes de la décrépitude actuelle, à tourner le dos à ce qui meurt sous nos yeux pour semer de nouveaux germes de vie...

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  • L’Eglise catholique poursuit le chemin « synodal » tracé vers ses états généraux de 2023 : où est la foi dans tout cela ?

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    L’enthousiasme ne semble pas vraiment à l’ordre du jour des cahiers de doléances transmis à Rome. Lu, entre autres, dans « La Libre Belgique », sous la signature de Bosco d’Otreppe, responsable des pages « Débats » :

    « De nombreux croyants se disent perdus face à leurs contemporains

    Le Pape a invité les catholiques à penser l’Église de demain à l’occasion d’une réflexion mondiale. Beaucoup de Belges aiment leur Église, mais déplorent qu’elle soit “formaliste et éloignée de la vie des gens”. Si la gouvernance de l’Église sera discutée,  François ne pourra pas répondre à toutes les demandes “du terrain”.

    Deux éléments sont assez marquants dans la synthèse belge qui sera transmise à Rome.

    Avant tout, les catholiques semblent perdus. Ils reconnaissent ne pas avoir "la compréhension, le langage, la formation ou la foi nécessaires pour entrer en dialogue avec les autres". "Dans les écoles, l'annonce est difficile […]. Dans le contexte paroissial, nous ne savons pas comment nous adresser aux personnes qui ne font pas partie de notre propre cercle." De tels constats ont été très régulièrement entendus.

    À cela s’ajoute une difficulté de taille pour les catholiques : pour la première fois depuis le IVe siècle, leur confession est minoritaire au sein de la société nord-occidentale. L’Église doit donc trouver une nouvelle posture. Entre deux extrêmes (le repli identitaire ou la "dilution" dans l’esprit du temps), la voie est difficile à trouver, et cela crée de nombreux remous et de doutes au sein d’une Église qui est elle-même marquée par la crise des institutions. Il n’y a pas d’impasse : des initiatives discrètes naissent ou poursuivent leur chemin dans les paroisses, dans des communautés, et cherchent à articuler le soin aux autres et un véritable enracinement dans la vie de prière. Mais cette question de la posture que l’Église doit adopter dans le monde contemporain hante les catholiques et le synode en a porté le témoignage.

    Le souhait d’une réforme de structure

    Deuxièmement, on remarque que les participants au synode n’ont pas évoqué en premier lieu la dimension spirituelle de l’institution, ni même la manière dont elle peut les aider à creuser leur vie de prière et de foi.

    Bien entendu, l'objectif du synode était de discuter de l'organisation de l'Église. De surcroît, on lit que les jeunes sont en attente de "témoins", que les célébrations doivent être davantage soignées et que certains souhaitent trouver de nouveaux lieux "pour vivre des expériences de foi". La dimension spirituelle ne fut donc pas absente des discussions.

    Néanmoins, ce thème de la spiritualité et de la prière demeure peu présent quand sont abordées les questions de fond : l'essentiel des attentes exprimées est que l'Église s'adapte et rejoigne chacun dans son vécu, sans morale, ni condamnation. Comme si elle devait moins "montrer les chemins du Ciel" que se pencher avant tout sur chacun, là où il en est.

    C’est un fait à considérer avec prudence, et qui mériterait d’être étudié. Sans doute correspond-il à une évolution interne à l’Église, tout autant qu’à une évolution sociétale.

    Il y a encore 60 ans, en effet, l’Église insistait sur ce qu’elle appelait "les fins dernières". Le catholique devait conformer sa vie en fonction du paradis qui lui était promis. Depuis quelques décennies, le ton a changé : l’Église encourage non plus tant le chrétien à rejoindre l’éternité qu’à faire advenir le "Royaume de Dieu" ici et maintenant, par des actes concrets. Le catholique doit donc œuvrer dans l’aujourd’hui, panser les plaies, accueillir et réconforter.

    Les deux appels se sont toujours conjugués, l’un fut toujours lié à l’autre, mais la tendance est celle-là. L’Église (qui ne se définit plus comme l’unique voie d’accès au "Salut") cherche donc avant tout à accompagner chacun ici-bas, dans ses pérégrinations et dans sa recherche du bien-être au cœur de son quotidien. D’où la volonté première qu’elle s’adapte à son siècle.

    Dans le même temps, la société est devenue plus individuelle. La soif de spiritualité n’a pas disparu, mais chacun désire tracer son chemin personnel ; on ne conçoit plus que ce soit une institution qui le balise, note Stanislas Deprez qui a porté le synode dans le diocèse de Tournai. Ceci explique sans doute pourquoi les catholiques attendent avant tout l’Église sur le terrain du social.

    "La société est plus individualiste, regrette plus sévèrement une chrétienne engagée. Dans ce synode, chacun a donc rêvé l'Église à partir de lui-même, ses désirs et ses attentes. S'est-on vraiment demandé : que Dieu souhaite-t-il pour son Église ? Le sens de la transcendance disparaît, même chez les catholiques."

    Ces questionnements sur ce que doit être l'Église et sur ce qu'elle peut offrir sont la meilleure preuve que le synode est utile, notent beaucoup d’observateurs » conclut poliment « La Libre ».

    Ref. « De nombreux croyants se disent perdus face à leurs contemporains

    JPSC

  • Synode romain : quo vadis ?

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    Éditorial de Mgr Marc Aillet paru dans la revue diocésaine "Notre Église" n° 138 (juillet-août 2022) du diocèse de Bayonne :

    Aillet images (6).jpg« La démarche synodale en diocèse s’est achevée et la Conférence des évêques de France a rassemblé les synthèses diocésaines dans une Collecte nationale, envoyée telle quelle à Rome. Il s’agissait de rendre compte de cette vaste consultation du Peuple de Dieu voulue pas le Saint-Père pour préparer le document de travail du Synode des Evêques qui se réunira autour du Pape en octobre 2023 sur le thème : « Pour une Eglise synodale : communion, participation et mission ». Cette consultation, prévenait le Pape François, n’est pas un sondage d’opinions ni un Parlement. Comme l’écrivait saint Antoine de Padoue : « Heureux celui qui parle selon le don de l’Esprit et non selon son propre sentiment ».

    Suivant l’articulation constitutive de la synodalité entre le Peuple de Dieu, la collégialité et la Primauté, c’est aux évêques et au Successeur de Pierre qu’il revient maintenant de discerner dans cette Collecte ce qui ressort du sensus fidei, c’est-à-dire du sens surnaturel de la foi du peuple de Dieu tout entierou de l’opinion des hommes, pour saisir ce que l’Esprit dit à l’Eglise d’aujourd’hui.

    Lors de leur Assemblée plénière extraordinaire, qui s’est tenue à Lyon les 14 et 15 juin, les évêques de France se sont livrés à un premier acte de discernement, avec l’aide d’invités, prêtres, consacrés, laïcs, engagés dans leurs diocèses respectifs pour accompagner cette démarche synodale.

    Le document destiné à accompagner l’envoi de la Collecte à Rome, amendé et voté par les évêques, relève premièrement que cette synthèse ne saurait constituer un reflet exact du Peuple de Dieu, tant les jeunes générations et d’autres catégories de fidèles ne se sont pas sentis concernés par cette démarche. Tous s’accordent pour reconnaître que ce sont plutôt les fidèles engagés dans nos communautés depuis des décennies, pour beaucoup marqués par les années postconciliaires, qui se sont le plus largement exprimés.

    A côté de belles perspectives qui s’ouvrent, en particulier autour de la Parole de Dieu et de la fraternité, avec le souhait que les différences de générations et de sensibilités se rencontrent et apprennent à se connaître sans a priori et jugements réducteurs, les évêques ont listé des points d’attention et des manques : la place centrale de l’Eucharistie comme sacrifice du Christ, l’importance de la famille, les défis anthropologiques qui traversent la société et qui pèsent comme une menace sur l’avenir de l’humanité, la vie et le ministère des prêtres. On note aussi que l’on s’est beaucoup focalisé sur des questions de fonctionnement, quand le souci de la mission semble quelque peu oublié : or « l’Eglise existe pour évangéliser » (saint Paul VI).

    Un certain nombre de contributions retenues dans la Collecte nationale manifestent une sorte de malentendu sur le Mystère de l’Eglise, qui ne sera jamais comparable à une société démocratique, et sur l’identité du prêtre configuré au Christ Tête et Pasteur de l’Eglise. Nombre de prêtres, en lisant la Collecte, ont ressenti un certain malaise, jusqu’à se demander s’ils ont encore une place dans l’Eglise ainsi rêvée. Or ce n’est pas en abordant la distinction entre le sacerdoce ministériel des prêtres et le sacerdoce commun des fidèles sous l’angle de la concurrence des pouvoirs, en quête d’un équilibre toujours fragile, que l’on éradiquera le « cléricalisme ». Il faut revenir à l’Ecclésiologie de Communion du Concile Vatican II qui montre combien les deux manières de participer à l’unique Sacerdoce du Christ, « bien qu’il y ait entre elles une différence essentielle et non seulement de degré, sont cependant ordonnées l’une à l’autre » (LG n. 10). Il ne s’agit pas tant de trouver un équilibre, qui se dit de deux forces physiques en tension, que de retrouver une harmonie centrée sur le Christ et qui souligne l’essentielle complémentarité et coresponsabilité entre les prêtres et les laïcs au service de la mission d’annoncer l’Evangile.

    Dans l’histoire de l’Eglise, le renouveau vient presque toujours des jeunes, lesquels sont demeurés souvent absents de nos démarches synodales. Il convient de leur donner toute leur place : ils constituent des forces vives dans l’Eglise, moins nombreuses qu’auparavant mais très créatives. Ils n’ont généralement pas de comptes à régler avec l’Institution, ils désirent mettre le Christ au cœur de leur vie, ils aiment l’Eglise et s’engagent volontiers au service de la mission : il est toujours possible, faute d’y reconnaître une postérité, de les adopter pour aller de l’Avant, sans s’enliser dans des « discussions stériles » (cf. prière du Pape François pour le Synode) ! »

    Ref. À propos du Synode

    JPSC

  • Prouver Dieu, la différence homme-femme, le sacerdoce : une émission (Esprit des Lettres) à ne pas manquer sur KTO

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    De KTO Télévision, une émission à ne pas manquer :

    L’Esprit des Lettres de juin 2022 : P. François Euvé, René Écochard, P. François Potez

    01/07/2022

    Jean-Marie Guénois a choisi pour vous des lectures de vacances plus exigeantes que beaucoup de ses confrères. Mais l’été n’est-il pas l’occasion de méditer sur l’essentiel ? Le père François Euvé, aiguillonné par des publications récentes proposant des preuves de l’existence de Dieu, enrichit le débat, de sa plume alerte (La science, l’épreuve de Dieu? chez Salvator). René Écochard fait un remarquable travail de compilation des découvertes et savoirs sur la différence homme-femme, aujourd’hui souvent relativisée. Il nous offre Homme, femme... ce que nous disent les neurosciences chez  Artège. Enfin, le père François Potez, dans « La grave allégresse » - être prêtre aujourd’hui, chez Mame, délivre une réflexion sur le sacerdoce fondée sur des années de ministère et d’accompagnement. UNE COPRODUCTION KTO-JDS-LA PROC.

  • 1er juillet : Antonio Rosmini, un bienheureux controversé

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    ANTONIO ROSMINI : un prêtre philosophe sur les autels (mis à l'index en 1847, béatifié en 2007)

    par Bertrand de Belval http://www.libertepolitique.com/

    Le 18 novembre 2007, le philosophe italien Antonio Rosmini (1797-1855) a été béatifié à Novare (Italie). Autant dire un inconnu pour le public français. Qui connaît en effet cet intellectuel brillant, dont l’oeuvre est celle d’un précurseur, et la vie, marquée du sceau de la recherche de la vérité et de la liberté politique, fut tout entière l’expression de la charité. 

    Rosmini n’est pas un personnage anodin. Marie-Catherine Bergey-Trigeaud, sa biographe française, le présente comme « le plus important philosophe italien, et l’un des principaux maîtres de l’histoire de la philosophie catholique ». Chaix-Ruy avait vu en lui « l’un des plus grands esprits de tous les temps ». Dans son encyclique Fides et Ratio (n. 74), Jean Paul II en parle comme un maître. Benoît XVI le cite souvent. Et Jean XXIII avait fait d’un de ses livres, Maximes de perfection chrétienne, son livre de chevet pendant le Concile Vatican II. Pour les Italiens éclairés [1], Rosmini est incontournable… 

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  • Comment l'avortement est devenu un dogme

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    De Gregor Puppinck sur aleteia.org (archive 1.12.2016) :

    Pourquoi l’avortement est-il devenu un « dogme »

    Grégor Puppinck exposait les fondements idéologiques de l’avortement alors que le Parlement français débattait d’une proposition visant à limiter la liberté d’expression en cette matière.

    En 1974, Simone Veil déclarait devant l’Assemblée nationale que l’avortement « est toujours un drame et restera toujours un drame » qu’il faut « éviter à tout prix ». Elle précisait que sa loi « ne crée aucun droit à l’avortement » ; si elle « admet la possibilité d’une interruption de grossesse, c’est pour la contrôler et, autant que possible, en dissuader la femme. » Quarante ans et plus de huit millions d’avortements plus tard, l’Assemblée nationale a proclamé l’avortement « droit fondamental » et « droit universel » ; il serait une « condition indispensable pour la construction de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes et d’une société de progrès » (Résolution du 6 novembre 2014).

    Que s’est-il passé pour que l’avortement, de toléré au nom du moindre mal, devienne en France un fondement essentiel du progrès social ? Nulle révolution, mais la poursuite du même mouvement de fond qui avait déjà permis la loi Veil : l’érosion progressive de la conscience de la valeur de la vie prénatale et l’affirmation corrélative de celle de la volonté individuelle. Mais ce double mouvement n’en est qu’un : la domination croissante de la volonté sur l’être dans une culture perdant son intelligence métaphysique, c’est-à-dire la compréhension de l’identité et de la valeur de l’être en soi. Ainsi, le renversement de perspective survenu entre 1974 et 2014 n’est qu’apparent : il résulte d’un abandon des reliquats de métaphysique qui revêtaient encore la vie humaine prénatale d’une certaine dignité.

    Selon le point de vue matérialiste, dépourvu de métaphysique, les vies humaines au stade prénatal ne valent rien en elles-mêmes : elles sont des agrégats de matière à un stade encore précoce d’un processus d’individuation progressive qui se poursuit encore longtemps après la naissance. Déjà pour Cabanis, le médecin et philosophe des Lumières, « le fœtus n’est pour ainsi dire qu’un mucus organisé ». Encore dépourvues de conscience et de volonté propres, ces vies humaines n’ont de valeur que dans et par la volonté des adultes qui en ont la responsabilité. Leur vie vaudra à la mesure du projet que l’adulte est capable de former à leur égard, puis à mesure de leur niveau de conscience, c’est-à-dire d’autonomie.

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  • Liturgie : “Abandonnons nos polémiques”

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    Lu sur le site web « Riposte Catholique »

    francois_la_nacion.jpg« Le pape François vient de publier une lettre apostolique sur la formation liturgique, intitulée Desiderio Desideravi. Le pape commence par rappeler les restrictions concernant la messe traditionnelle :

    « Très chers frères et sœurs, par cette lettre, je désire vous rejoindre tous – après avoir déjà écrit uniquement aux évêques après la publication du Motu Proprio Traditionis custodes – et je vous écris pour partager avec vous quelques réflexions sur la liturgie, dimension fondamentale pour la vie de l’Église. Le sujet est vaste et mérite d’être examiné attentivement sous tous ses aspects : toutefois, dans cette lettre, je n’ai pas l’intention de traiter la question de manière exhaustive. Je souhaite plutôt offrir quelques pistes de réflexion qui puissent aider à la contemplation de la beauté et de la vérité de la célébration chrétienne. »

    Puis il termine sa longue lettre ainsi :

    « Abandonnons nos polémiques pour écouter ensemble ce que l’Esprit dit à l’Eglise. Sauvegardons notre communion. Continuons à nous émerveiller de la beauté de la liturgie. La Pâque nous a été donnée. Laissons-nous protéger par le désir que le Seigneur continue d’avoir de manger sa Pâque avec nous. Sous le regard de Marie, Mère de l’Eglise. »

    Après avoir lancé les persécutions romaines que l’on voit contre les traditionnalistes, c’est un peu facile d’appeler maintenant à abandonner les polémiques…

    Ref. “Abandonnons nos polémiques”

    Vous avez dit incohérences et excès sans avenir ?

     

    Lire également : Le pape François met au ban la «messe en latin»

  • « Tempéraments et péchés capitaux » : une conférence en replay de Stéphane Mercier offerte par 'Philo à Bruxelles'

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    Philosophie à Bruxelles à la Grand-Place

    VIVENT LES VACANCES !

    Pour les fêter dignement, ainsi que le 5ᵉ anniversaire* de Philo à Bruxelles, nous avons décidé de vous faire bénéficier gratuitement du replay  de la dernière conférence de Stéphane Mercier sur le thème

    « Tempéraments et péchés capitaux »

    Retrouvez-la dès maintenant en ligne sur la page d’accueil du site internet Philo à Bruxelles :

    ­­Regarder la conférence

    ­­« Tempéraments et péchés capitaux »­­­­­­

    Retour au désert :

    Tempéraments et péchés capitaux

    Notre « exploration » des péchés capitaux et de leur histoire commence dans le désert, là où s’est élaborée notre septénaire des vices. Nous pouvons ainsi prendre la mesure de la pertinence à la fois psychologique, philosophique et théologique de l’analyse proposée par les reclus à l’intention de ceux qui, comme nous, sont dans le monde (bien qu’essayant, autant que possible, de ne pas en être…).

    Cependant, dans le désert comme dans le monde, chaque homme jouit de ses propres ressources et souffre de ses faiblesses particulières, liées à l'essence de sa personnalité. 

    Quelques considérations sur les formes principales du tempérament humain : colérique, mélancolique, sanguin et flegmatique, nous permettront de peut-être mieux nous connaître et comprendre où faire porter nos efforts en tenant compte des dispositions propres de notre caractère.

    ­­­­­­Quand ?

    Vous pouvez écouter gratuitement cette conférence pendant toutes les vacances.

    Et même dès maintenant grâce à un simple clic !

    ­Où ?

    ­Chez vous, sur votre lieu de villégiature,   en route, derrière le volant, dans le train ou pourquoi pas sur la plage ou dans un verger…

    ­La dernière conférence n’ayant pas pu être diffusée en direct et parce que nous savons combien vous apprécierez cette conférence sur le thème « Tempéraments et péchés capitaux », nous avons décidé de vous offrir un accès à cette dernière vidéo de Stéphane Mercier, pendant toutes les vacances de cet été 2022.

    Toutes les autres vidéos – déjà plus de 40 ! – sont également accessibles sur cette page. Il vous suffit de souscrire un abonnement grâce à des tarifs à la portée de toutes les bourses.

    Toute l’équipe de Philo à Bruxelles vous dit MERCI pour votre soutien et vous souhaite une bonne écoute !

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    * 5 ans… Oui, il y a cinq ans déjà que nous nous sommes lancés dans l’aventure de Philo à Bruxelles­­Agenda - Philo à Bruxelles­­
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