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Idées - Page 30

  • « Le prêtre, un être configuré au Christ »

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    Lu sur le site web du mensuel « La Nef », cet entretien de Christophe Geffroy avec le Cardinal Robert Sarah :

    Fayard FFTQCNbX0AM3W0A.jpgPréfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements de 2014 à février 2021, le cardinal Robert Sarah nous offre de magnifiques « méditations sur la figure du prêtre » dans un nouvel ouvrage intitulé Pour l’éternité (1). Entretien autour de ce livre et sur les affaires d’abus sexuels sur mineurs qui secouent l’Église de France.

    La Nef – Votre livre est un magnifique plaidoyer pour le prêtre et sa vocation : pourquoi un tel livre aujourd’hui ? Et est-ce une coïncidence qu’il sorte au moment où l’Église de France est ébranlée par le scandale des abus sexuels et le rapport de la CIASE demandé par la Conférence épiscopale ?

    Cardinal Robert Sarah – J’ai voulu ce livre pour que tous, laïcs et prêtres, puissent redécouvrir l’essence du sacerdoce. Depuis des années, je reçois beaucoup de prêtres ébranlés, découragés et isolés. Je voulais les conforter dans leur vocation. J’ai aussi remarqué que les fidèles ne savent plus ce qu’est un prêtre. Soit on le méprise ou on le soupçonne de monopoliser un prétendu pouvoir, soit on en fait une star en raison de son activisme. Mais on ne regarde plus le prêtre pour ce qu’il est, un être configuré au Christ, époux de l’Église. Apprécions les prêtres pour ce qu’ils sont avant de regarder ce qu’ils font ! Je n’avais pas prévu que la sortie de ce livre coïncide avec le rapport de la CIASE. Mais cela s’est révélé providentiel.

    À l’heure où certains sont tentés d’inventer un nouveau sacerdoce, j’ai voulu laisser la parole aux saints car ils nous transmettent l’Évangile vécu. Ils dessinent dans ce livre la figure du prêtre tel que Jésus lui-même nous l’a laissée pour l’éternité. N’ayons pas peur de la recevoir et de l’aimer sans vouloir la retoucher pour la rendre conforme aux goûts du monde contemporain qui seront très vite démodés.

    On peut dire que votre livre va fondamentalement à l’opposé du mouvement actuel – et notamment du rapport de la CIASE qui va jusqu’à fustiger le « système patriarcal » de l’Église – qui tend à « désacraliser » la figure du prêtre, pour en faire un homme ordinaire exactement comme les autres, et qui devrait donc pouvoir être marié : quelles sont l’origine et les causes de cet abaissement de la vision du prêtre et que pensez-vous de ce rapport de la CIASE et de ses préconisations ?

    Il était nécessaire de faire la lumière sur les crimes commis par des prêtres. Il était juste de mesurer l’ampleur du péché et l’indifférence à ce péché qui avait fini par s’infiltrer dans les mentalités des évêques. La perte du sens du péché est une marque de la barbarie de notre époque. La manière dont les crimes pédophiles ont été traités en est une illustration tragique. Le système qui a entraîné le silence devant ces crimes est avant tout une forme de relativisme moral pratique. On a renoncé à désigner le mal, à dénoncer le bourreau, à punir le criminel sous prétexte d’une miséricorde mal entendue qui n’était que la couverture d’une culture de l’excuse, de la complaisance subjective et de l’oubli de la gravité objective du péché.

    Mais certains voudraient instrumentaliser ces péchés d’une minorité de prêtres (3 %) pour rendre responsable l’Église en elle-même et le sacerdoce lui-même. Pourtant l’immense majorité des prêtres (96 %) s’est montrée fidèle. Parce que certains prêtres ont succombé à une pratique pathologique et perverse de la paternité, de la sacralité et de l’autorité, on voudrait faire du prêtre un homme comme les autres, lui dénier son être de père, son caractère sacré ? Il y a là une erreur de raisonnement. L’immense majorité des crimes sexuels est commise par des hommes mariés et pères de famille. Est-ce la faute du mariage et de la paternité ? Faudrait-il supprimer la famille ?
    Derrière ce sophisme, il y a une erreur que le Catéchisme de l’Église catholique dénonce clairement : le péché n’est pas que le fruit d’une structure sociale. Nos comportements demeurent libres. Nous en sommes responsables. Si donc des prêtres se sont montrés pécheurs, c’est qu’ils ont oublié qui ils sont. Ils sont, par le sacrement de l’Ordre, configurés au Christ, époux et serviteur de l’Église pour l’éternité. Leur âme est marquée pour toujours par ce sceau que l’on appelle le caractère sacramentel qui les consacre à jamais. Cette consécration n’est pas un isolement hors de la réalité qui ouvrirait la porte à une forme de toute-puissance psychologique, elle est une mise à part pour Dieu qui engage à suivre le Christ comme serviteur jusqu’en son sacrifice, jusqu’à la Croix.

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  • Un vaccin décisif pour nous guérir du virus qui contamine l'Eglise ?

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur Diakonos.be :

    Il y a un aussi un vaccin pour le virus qui contamine l’Église

    [Le texte qui suit est la retranscription de l’intervention de Sandro Magister au colloque d’études qui s’est tenu samedi 27 et dimanche 28 novembre 2021 à Anagni, dans la Sala della Ragione, à l’initiative de la Fondation Magna Carta, sur le thème : « L’Église et le siècle après la pandémie »].

    L’Église dans le monde ou dans l’ermitage

    de Sandro Magister

    Anagni, le 27 novembre 2021

    Entre l’Église et le siècle, après la pandémie, c’est le second qui gagne, comme le dit bien le mot « sécularisation », qui progresse inexorablement alors que les églises se vident de plus en plus. Mais cette vague remonte loin, au moins aux années du Concile Vatican II, en même temps que le déclin du paradigme conservateur dans tout l’Occident.

    La culture conservatrice prône le primat des devoirs sur celui des droits, ce sont les logiques supra-individuelles qui prévalent : la nation, la famille, la tradition, la religion, auxquelles l’individu doit s’adapter et parfois même se sacrifier. Il était inévitable que le déclin de cette culture ne bouleverse également l’Église, en tant que structure hiérarchique, faite de préceptes et de rites identitaires, coulée en bloc dans le « catholicisme romain » par les conciles de Trente et de Vatican I. En 1840 déjà, Alexis de Tocqueville voyait dans la croissance de la démocratie en Europe en impact sur les religions préceptives et rituelles, vouées à se réduire à « une bande de zélateurs fervents au milieu d’une multitude d’incrédules ».

    On dirait que cette prophétie de Tocqueville traverse cette « Benedict Option » qui a récemment été proposée aux chrétiens pour se différencier de l’esprit du monde, en ressuscitant le paradigme conservateur sous des formes nouvelles et alternatives. Mais la pandémie a désagrégé la compacité de ce catholicisme résistant et militant, entre no-vax et pro-vax, c’est une guerre sans merci, et la division ne porte pas sur un médicament mais touche à des questions capitales.

    Pour mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui, il faut remonter aux années de Vatican II, dans le sillage de la relecture qu’en a fait l’historien Roberto Pertici.

    *

    Ce Concile s’est déroulé alors même que le nouvel individualisme, surtout celui des femmes et des jeunes, faisait irruption dans l’Église et la désarticulait de l’intérieur. Paul VI n’a plus voulu écrire la moindre encyclique après qu’« Humanae vitae » ait été contestée et qualifiée de rétrograde par des épiscopats entiers. Ce n’est pas un hasard si, à partir de ce moment, l’agenda de l’Église ait été forcée d’inclure les thèmes imposés par la nouvelle culture et la nouvelle anthropologie : la contraception, le divorce, l’avortement, l’euthanasie, la condition homosexuelle, la femme et la question féministe, la nature du sacerdoce et le célibat ecclésiastique.

    Les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI se sont attelés à sauver les meilleurs fruits non seulement de Vatican II mais également ceux des Lumières, contre la dérive toujours plus individualiste, relativiste et enfin nihiliste de la nouvelle culture. Il y avait quelque chose de « kantien », en plus d’authentiquement chrétien, dans le caractère absolu des principes moraux et dans la centralité de la raison prêchée par Joseph Ratzinger.

    Il suffit de citer quelques lignes du discours qu’il a prononcé le 1er avril 2005 à Subiaco, dans le monastère de saint benoît, quelques jours avant d’être élu pape :

    « […] En ce sens, les Lumières sont d’origine chrétienne et ce n’est pas un hasard si elles sont nées justement et uniquement dans le contexte de la foi chrétienne, là où le christianisme, contre sa nature, s’était malheureusement mué en tradition et en religion d’État. […] Il faut reconnaître aux Lumières le mérite d’avoir réaffirmé les valeurs originales du christianisme et d’avoir rendu sa voix propre à la raison. Le Concile Vatican II, dans sa constitution sur l’Église dans le monde d’aujourd’hui, a de nouveau mis en évidence la correspondance entre christianisme et les Lumières, en cherchant à parvenir à une véritable réconciliation entre Église et modernité ».

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  • "La révolution sexuelle a laissé derrière elle un profond sillage de destructions"

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    De Solène Tadié sur le National Catholic Register :

    Lauréate du Prix Ratzinger 2021 : La révolution sexuelle a laissé derrière elle un profond sillage de destructions".

    La philosophe allemande Hanna-Barbara Gerl-Falkovitz discute du sécularisme, du féminisme, de la théorie du genre et de la nécessité de créer une nouvelle théologie promouvant la complémentarité de la masculinité et de la féminité.

    24 novembre 2021

    La onzième édition du Prix Ratzinger a été remportée par la philosophe Hanna-Barbara Gerl-Falkovitz et le théologien de l'Ancien Testament Ludger Schwienhorst-Schönberger, tous deux allemands. 

    Institué par la Fondation Ratzinger en 2011, ce prix est destiné à encourager la recherche en théologie et toute autre recherche universitaire inspirée par l'Évangile, dans la tradition des enseignements du pape Benoît.

    La cérémonie de remise du prix a eu lieu le 13 novembre dans la salle Clémentine du Palais Apostolique, en présence du Pape François. Les lauréats du prix Ratzinger 2020, le philosophe français Jean-Luc Marion et la théologienne australienne Tracey Rowland, étaient également présents pour recevoir leur prix après l'annulation de la cérémonie de remise du prix 2020 en raison des restrictions liées au coronavirus.

    Les quatre chercheurs ont ensuite rencontré le pape émérite Benoît XVI au monastère Mater Ecclesiae, au Vatican, le 15 novembre. Le Register a interviewé Hanna-Barbara Gerl-Falkovitz à la suite de cette rencontre afin de connaître son point de vue sur les excès causés par les idéologies issues de la révolution sexuelle de 1968, en particulier l'idéologie du genre et d'autres questions postmodernes. 

    Née en 1945, elle est professeur émérite de philosophie de la religion et d'études religieuses comparées à la TU de Dresde. Ses recherches portent sur la philosophie de la religion des XIXe et XXe siècles. Elle est spécialiste de la philosophe catholique Edith Stein et du théologien Romano Guardini, auxquels elle a consacré de nombreux écrits. 

    Elle dirige actuellement l'Institut européen de philosophie et de religion à l'Université philosophique et théologique du pape Benoît XVI à Heiligenkreuz, en Autriche. 

    Vous venez de rencontrer le pape émérite Benoît XVI, après avoir reçu le prix Ratzinger au Vatican. Pouvez-vous nous dire sur quoi ont porté vos discussions ? 

    Ce furent des moments de grand humanisme et d'érudition. Nous, quatre lauréats, avons présenté notre travail au pape émérite, et il a commenté nos quatre sujets à voix basse, mais de façon claire, prudente et sympathique. 

    En tant que professeur éminent de la Hochschule philosophique et théologique du pape Benoît XVI, comment décririez-vous sa plus grande contribution au monde philosophique de son temps ? 

    Je dirais que sa compréhension du Logos montre explicitement la contribution de la raison grecque à la dogmatique et à l'enseignement chrétiens ; et il a interprété la merveilleuse tension et complémentarité des sagesses grecque et hébraïque comme les deux sources du christianisme.

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  • Dieu, la science, les preuves : un grand débat

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    Marie de Nazareth

    Le livre événement « Dieu, la science, les preuves » est en tête des ventes en France depuis sa sortie le 13 octobre 2021. La soirée organisée le 20 novembre à la salle Gaveau peut être considérée comme le lancement de ce grand débat qui devrait se poursuivre avec le grand public mais aussi bien sûr avec tous les scientifiques, les savants, les philosophes et les intellectuels qui accepteront.

    Intervenants :

    MICHEL-YVES BOLLORÉ, ingénieur en informatique, maître ès sciences et docteur en gestion des affaires de l’Université Paris Dauphine.

    OLIVIER BONNASSIES, ancien élève de l’École Polytechnique (X86), diplômé de l’Institut HEC start up et de l’Institut Catholique de Paris (licence en théologie), auteur d’une vingtaine de livres et de vidéos sur des sujets souvent liés à la rationalité de la foi. Auteurs ensemble du livre événement : « DIEU, LA SCIENCE, LES PREUVES : L’AUBE D’UNE RÉVOLUTION »

    YVES DUPONT, normalien, agrégé de physique, docteur en physique théorique, professeur en deuxième année de classe préparatoire aux grandes écoles au Collège Stanislas de Paris.

    Soirée et débat animé par : IGOR BOGDANOV, docteur en physique GRICHKA BOGDANOV, docteur en mathématiques Auteurs ensemble de nombreux livres sur le sujet de « Dieu et la science »

    Réalisation: Gabriel Grinda Technique: Valentin Touly, Kris Picart, Kévin Delanne, Alexandre Nachat

  • Avent 2021 : Quelles raisons d’espérer ?

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    AVENT 2021 : QUELLES RAISONS D’ESPÉRER ?

    Rencontre avec l‘abbé Claude GERMEAU

    Directeur du Foyer des Jeunes de Herstal

    le dimanche 5 décembre 2021 à 16h00 en l’église du Saint-Sacrement

    à Liège (Bd d’Avroy  132)

    IMG_001_crédit Atelier Nord.jpegNous pensions être sécurisés par nos découvertes scientifiques, technologiques et consuméristes mais depuis bientôt deux ans la pandémie persistante de la Covid 19, les violences climatiques et autres calamités nous perturbent.

    Alors, en ce temps de l’Avent 2021, quelles raisons d’espérer ?

    L’abbé Claude GERMEAU, directeur du Foyer des Jeunes de Herstal, vous en parlera le dimanche 5 décembre 2021 à 16 heures en l’église du Saint-Sacrement, Boulevard d’Avroy, 132 à Liège (face à la statue équestre de Charlemagne). Respect des mesures sanitaires requises.

    Renseignements : sursumcorda@skynet.be

     

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  • Abbaye de Lagrasse : 14 écrivains y passent trois jours et publient un livre commun

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    Lu sur le site web "riposte catholique" ce 21/11/2021:

    Au printemps dernier, 14 écrivains sont allés en pèlerinages à l’abbaye de Lagrasse, où ils ont passé trois jours et trois nuits. Leur livre commun édité chez Fayard sur cette expérience inédite sort le 25 novembre prochain.

    Il a donné lieu à un très bel article du Figaro, sous la plume de Pascal Bruckner, qui publie les bonnes feuilles et commence ainsi : « Que l’on soit croyant ou non, arriver à Lagrasse pour quelques jours, partager la vie des frères, c’est subir une immersion instantanée dans une société aux antipodes de la nôtre : le silence en lieu et place du bruit, la frugalité plutôt que l’abondance, la coupure plutôt que la connexion. Logé dans une cellule sobre mais vaste, la chambre de l’évêque, qui donne sur un jardin splendide, on s’endort le soir, ­fenêtres grandes ouvertes, au chant des crapauds et du ­rossignol, on se réveille avant 6 heures sur le pas menu des chanoines qui se rendent à matines » .

    Il s’agit de Pascal Bruckner lui-même, Sylvain Tesson, Camille Pascal, Jean-René Van der Plaetsen, Frédéric Beigbeder, Jean-Paul Enthoven, Jean-Marie Rouart, Franz-Olivier Giesbert, Sébastien Lapaque, Thibault de Montaigu, Louis-Henri de La Rochefoucauld, Boualem Sansal, Simon Liberati, Xavier Darcos. Ils reversent leurs droits d’auteurs à l’abbaye, pour les travaux de restauration.

    Préface de Nicolas Diat. Postface du père Emmanuel-Marie Le Fébure du Bus, Fayard/Julliard, 360 p., 23 €. Précommande en ligne

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    Ref. Abbaye de Lagrasse : 14 écrivains y passent trois jours et publient un livre commun

  • Philo à Bruxelles, le 16 novembre : "L'orgueil, source de tout dérèglement"

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  • "Il y a un effort délibéré en Europe et en Amérique pour effacer les racines chrétiennes de la société et pour supprimer toute influence chrétienne subsistante"

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    Du site de la Revue jésuite America :

    Mgr Gomez : l'Eglise doit faire face aux mouvements de justice sociale "woke" qui visent à "annuler" les croyances chrétiennes.

    Catholic News Service

    5 novembre 2021

    LOS ANGELES (CNS) -- L'Église catholique doit proclamer Jésus-Christ de manière "audacieuse" et "créative" face aux nouveaux mouvements laïques qui promeuvent la "justice sociale", le "wokeness" et l'"intersectionnalité", entre autres croyances, comme la réponse à tous les maux de la société, a déclaré l'archevêque de Los Angeles José H. Gomez, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, le 4 novembre.

    "Nous devons raconter notre histoire du salut d'une nouvelle manière, avec charité et confiance, sans peur", a-t-il déclaré. "C'est la mission de l'Église à chaque époque et à chaque moment culturel".

    L'archevêque Gomez a fait ces commentaires dans un discours enregistré sur vidéo pour le 23e Congrès catholique et de la vie publique qui se tiendra à Madrid, et qui, selon les organisateurs, se concentrera sur le politiquement correct et "les dangers de cette méga-idéologie", tels que la prévention du débat et la limitation des libertés.

    Selon Mgr Gomez, l'Église catholique doit proclamer le Christ "avec audace" face aux nouveaux mouvements séculiers qui promeuvent la "justice sociale" et le "wokeness" comme la réponse à tous les maux de la société. Il a parlé de "la montée des nouvelles idéologies séculières et des mouvements de changement social aux États-Unis et des implications pour l'Église catholique". L'Eglise doit comprendre ces mouvements "comme des pseudo-religions, et même des substituts et des rivaux aux croyances chrétiennes traditionnelles", a-t-il dit, car "ils prétendent offrir ce que la religion fournit."

    "Avec l'effondrement de la vision du monde judéo-chrétienne et la montée du sécularisme, des systèmes de croyances politiques fondés sur la justice sociale ou l'identité personnelle sont venus occuper l'espace que la croyance et la pratique chrétiennes occupaient autrefois", a-t-il dit. "Nous savons tous que, même si les conditions sont uniques aux États-Unis, des schémas similaires de sécularisation agressive sont à l'œuvre depuis longtemps en Espagne et ailleurs en Europe", a-t-il ajouté.

    "Une classe dirigeante d'élite s'est formée dans nos pays, qui ne s'intéresse guère à la religion et qui n'a aucun attachement réel aux nations dans lesquelles elle vit, aux traditions ou aux cultures locales", a déclaré Mgr Gomez, qui est président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis. "Ce groupe, qui est en charge dans les entreprises, les gouvernements, les universités, les médias et dans les établissements culturels et professionnels, a-t-il ajouté, veut établir ce que nous pourrions appeler une civilisation mondiale, construite sur une économie de consommation et guidée par la science, la technologie, les valeurs humanitaires et les idées technocratiques sur l'organisation de la société."

    "En fait, selon eux, la religion, en particulier le christianisme, ne fait que faire obstacle à la société qu'ils espèrent construire." La sécularisation signifie la "déchristianisation", comme l'ont souligné de nombreux papes, a-t-il dit. "Depuis des années, il y a un effort délibéré en Europe et en Amérique pour effacer les racines chrétiennes de la société et pour supprimer toute influence chrétienne restante." "Nous constatons que souvent, ce qui est annulé et corrigé, ce sont des perspectives enracinées dans les croyances chrétiennes -- sur la vie humaine et la personne humaine, sur le mariage, la famille.

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  • Le catholicisme culturel peut-il sauver le catholicisme cultuel ? (le club des "hommes en noir")

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    Le catholicisme culturel peut-il sauver le catholicisme cultuel ?

    Le Club des Hommes en Noir en débat

    Le catholicisme culturel peut-il sauver le catholicisme cultuel ? <br>Le Club des Hommes en Noir en débat

    Retrouvez Le Club des Hommes en Noir pour sa troisième saison. Cette émission fondée en 2012, sur une radio bien connue, par Philippe Maxence, a un concept simple : l'actualité de l'Église décryptée par des prêtres et un laïc.

    Alors qu'un dossier va paraitre sur le sujet dans L'Homme Nouveau, les membres du Club des Hommes en Noir : les abbés Guelfucci et Celier ainsi que Guillaume de Thieulloy sous la direction de Philippe Maxence, essayent de répondre à la question suivante : le catholicisme culturel peut-il sauver le catholicisme cultuel ?

     

  • Le Prix international de la culture catholique décerné à Fabrice Hadjadj : un prix qui rappelle la mission du christianisme

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    D'Andrea Mariotto sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    Hadjadj, un prix qui rappelle la mission du christianisme

    3-11-2021

    Fabrice Hadjadj a reçu le prix international de la culture catholique. Dans la conférence qu'il a donnée pour l'occasion, le philosophe français a expliqué que la Révélation chrétienne "n'est pas au même niveau que les cultures", car "elle est ce qui permet à toute culture de grandir". Mais aujourd'hui, nous assistons à un nouveau paradigme délétère, technocratique, et le christianisme a une nouvelle "mission de salut".

    "En devenant chrétien, je deviens le contemporain de Moïse, Paul, Augustin, Thomas d'Aquin, Dante, Manzoni, mais aussi de Sophocle, Aristote, Virgile qui préparent l'Évangile. Je sais que, fondamentalement, les questions que Shakespeare ou Goldoni posent sont toujours valables pour moi". Même les écrits de Marx et de Nietzsche "n'auront de postérité que dans l'Église, parce que les catholiques s'intéresseront encore à leurs écrits, quand les adeptes de l'algorithme, de l'animalisme ou du fondamentalisme les auront abandonnés depuis longtemps". C'est l'un des passages de la conclusion de la conférence que le philosophe français Fabrice Hadjadj a donnée vendredi 29 octobre à Bassano del Grappa pour recevoir le 39e Prix international de la culture catholique. Une conférence dans laquelle, outre la culture, le lauréat a abordé un autre thème qui lui est cher, celui du transhumanisme et de la relation entre l'homme et la technologie.

    Quant à la culture, a-t-il expliqué, il est nécessaire d'avoir une approche d'agriculteur, étant donné que "le mot renvoie avant tout à une relation avec la terre". Il faut de la patience et de la conscience : "L'homme n'est pas celui qui initie ni celui qui contrôle entièrement l'œuvre. L'œuvre procède d'un don initial, celui de la graine". Ainsi, l'homme de culture, quel qu'il soit, "reconnaît toujours le don initial de la matière et de l'inspiration et sait que sa propre main est à la merci de l'arthrite". Dans ce contexte, la Révélation chrétienne occupe une place particulière. "Le catholicisme n'est pas une culture rivale, car il ne se place pas sur le même plan que les cultures. Si l'on peut comparer les cultures à des espèces végétales, la Révélation chrétienne n'est pas une espèce plus vivante et plus belle, qui devrait remplacer les autres, comme une herbe merveilleuse plus virulente qu'une mauvaise herbe. C'est plutôt le soleil, la pluie et les cisailles du jardinier. C'est ce qui permet à chaque culture de grandir, de se purifier, de donner des fleurs plus belles et des fruits plus savoureux."

    "Maintenant, je crains que nous ne soyons plus au temps de la culture", a-t-il poursuivi. " Le modèle n'est plus celui de l'agriculture, du don et des jours de faste. C'est celui de l'ordinateur, du contrôle total, et, bien sûr, comme ce contrôle produit un excès de tension, d'une perte totale de contrôle." Il n'y a plus la patience qu'exige la culture, la patience de l'homme qui plante un arbre en sachant qu'il ne sera probablement pas le seul à profiter de ses fruits, ou la patience de l'artisan qui participe à la construction d'une cathédrale en sachant qu'il ne sera pas le seul à voir l'œuvre terminée, mais ses petits-enfants. "Si le dispositif techno-émotionnel nous entraîne si facilement dans l'instantanéité et le présentisme, c'est que nous sommes sans espoir. Contrairement à l'ancien qui croyait à la transmission, contrairement au moderne qui croyait au progrès, le postmoderne ne croit plus au futur..... Il ne plante pas d'arbres. Il passe des commandes par "livraison express".

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  • L'approche d'un historien sur les dégats provoqués par l'application des textes ou au nom de l'esprit de Vatican II

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    Des propos recueillis par Christophe Geffroy sur le site de La Nef :

    L’ivresse et le vertige

    Yvon Tranvouez est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Brest. Il nous parle ici de son dernier livre (1).

    La Nef – Longtemps les explications de la crise qui a touché l’Église après le concile se sont limitées aux causes extérieures (bouleversements dans la société) : quelle est la part des causes internes proprement ecclésiales (les réformes post-conciliaires…) à cette crise et peut-on alors parler de rupture ?

    Yvon Tranvouez – Les changements opérés alors, en application des textes ou au nom de l’esprit de Vatican II, n’ont fait que précipiter l’effet déstabilisateur des mutations sociales lourdes qui étaient à l’œuvre depuis les années 1950 au moins. Mais cette accélération a produit des ruptures à l’intérieur de l’Église. L’une des plus funestes est sans doute celle qui a découlé de l’exigence d’authenticité portée par le clergé réformateur : en opposant l’idéal d’une foi consciente et réfléchie à la réalité d’une religion passive et routinière, on a stigmatisé les habitudes des paroissiens ordinaires, dont on s’illusionnait à penser qu’ils deviendraient tous des militants. Le père Serge Bonnet a été l’un des rares, à l’époque, à alerter sur les dangers de cet étonnant mépris des élites progressistes pour la religion populaire.

    Quel rôle ont joué les chrétiens de gauche dans les turbulences qui ont suivi le concile Vatican II et que reste-t-il des chrétiens de gauche aujourd’hui ?

    Comme chacun sait, le passage à gauche des militants catholiques a profité au nouveau Parti socialiste. Mais cette nouvelle donne a aussi contraint l’épiscopat français à théoriser, en 1972, le pluralisme politique des chrétiens, puisque la majorité des catholiques pratiquants continuait à voter à droite : dès lors, la hiérarchie n’a plus été qu’une sorte de fragile autorité de régulation du marché, incitant les fidèles au respect des valeurs supposées définir une pratique chrétienne de la politique. Quant aux cathos de gauche, leur évolution religieuse a été variable. Certains ont séparé les plans, selon une logique libérale réduisant la foi à une simple inspiration personnelle de l’engagement politique. D’autres, structurellement catholiques intégraux, se sont épuisés à articuler leur foi et leur engagement, fût-il révolutionnaire, au risque d’en venir, comme le craignait le Père Congar, à une réduction horizontaliste du christianisme, oublieuse de la transcendance. Il en est enfin qui ont pris leurs distances avec l’Église, voire perdu la foi. Le fait est, en tout cas, que les chrétiens de gauche n’ont plus guère de visibilité dans l’Église d’aujourd’hui.

    Comment analysez-vous la part de la réforme liturgique – dans laquelle, écrivez-vous, les chrétiens de gauche n’ont pas joué un grand rôle – dans cette crise post-conciliaire et a-t-elle contribué à vider les églises ou ce mouvement de désaffection se serait-il produit sans cela ?

    Je montre que la frange la plus extrême des chrétiens de gauche a négligé la question liturgique, parce que la politique était son horizon principal. Une exception notable toutefois : à l’abbaye de Boquen, le prieur, Bernard Besret, démis de ses fonctions en 1969, l’a toujours prise très au sérieux, appelant, en vain, à l’invention d’un christianisme « lyrique » dont la qualité fût à la hauteur des exigences politiques qui se manifestaient par ailleurs. L’appauvrissement esthétique de la liturgie postconciliaire a sans doute contribué à éloigner certains fidèles des messes dominicales. Bernard Besret est aussi l’un de ceux qui ont eu très tôt conscience des implications du passage au français. Désormais, lors des offices, chacun se trouvait confronté à des mots compréhensibles, au risque de constater qu’ils ne signifiaient rien pour lui. L’abandon du latin induisait fatalement une sorte de contrôle technique de la foi.

    Vous êtes historien mais aussi un témoin actif de cette histoire de l’Église : quel regard portez-vous à présent sur cette période qui va du concile à aujourd’hui ?

    Je pense que le moment Jean-Paul II a fait illusion. Il a sans doute galvanisé les énergies d’une génération restauratrice mais cela n’a rien changé au processus de détachement cultuel et sacramentel. Le catholicisme français s’est dangereusement rétracté sur des milieux typés, bourgeois de centre-ville ou immigrés de banlieue, et son langage ne fait plus sens pour la plupart de nos contemporains. L’Église n’a pas prise sur le religieux flottant dans la société actuelle, d’autant que les scandales récents la rendent inaudible. Mais plus profondément, la grande question irrésolue, c’est celle de la plausibilité du message chrétien dans le monde moderne.

    Propos recueillis par Christophe Geffroy

    (1) Yvon Tranvouez, L’ivresse et le vertige. Vatican II, le moment 68 et la crise catholique, Desclée de Brouwer, 2021, 360 pages, 22 €.

    © LA NEF n°341 Novembre 2021

  • Le cardinal Müller : réflexion sur les droits de l’homme

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    Lu sur le site web du mensuel « La Nef » :

    "Le cardinal Gerhard Ludwig Müller intervient sur « La nature comme fondement de l’image de l’homme ». Interview de Lothar C. Rilinger sur kath.net traduit en français par Jean Bernard.

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    Les évolutions sociales issues de la philosophie et de la théologie ont toujours façonné l’image que l’homme se fait de lui-même. Comment l’homme se considère-t-il ? Se voit-il comme faisant partie du monde ou bien – pour utiliser des termes chrétiens – comme faisant partie de la création ? Se regarde-t-il de manière inconditionnelle comme un détenteur de droits ou bien, au contraire, comme une chose appartenant à d’autres personnes ayant une capacité juridique ? Est-il considéré comme un égal parmi les égaux ou comme quelqu’un qui doit bénéficier des droits de l’homme dans la seule mesure où sa position dans la société l’impose ? Si ces questions sont discutées de manière superficielle dans le domaine des droits de l’homme, elles reposent sur l’image de l’homme telle qu’elle est véhiculée par la société et ses membres. Nous devons nous demander ce qu’est l’être humain. En tant qu’objet, est-il une chose ou un sujet de droit ? C’est une question qui touche aux fondements mêmes de l’humanité et qui est certainement aussi capable de les ébranler. Puisque la discussion a repris depuis la fin de l’esclavage, qui traitait les personnes comme des choses, et que les personnes sont divisées selon la dualité du corps et de l’esprit et donc, sur la base de la théorie de l’évolution, en choses animales et personnes spirituelles, nous avons souhaité consacrer plusieurs discussions à la question de l’image de l’homme, question dont découle la nature même des droits de l’homme. Dans le cadre de cette discussion qui porte sur les fondements du vivre-ensemble des êtres humains, notre interlocuteur est le cardinal Gerhard Ludwig Müller, théologien et philosophe, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (2012-2017).

    Rilinger : Avant d’aborder l’image de l’homme, nous devons discuter de ce que nous entendons par « nature ». Devons-nous imaginer la nature comme une creatio ex nihilo, comme quelque chose venant du néant, qui s’est développée sans aucune influence régulatrice et qui est donc exclusivement due au hasard, ou bien la terre s’est-elle formée sur la base d’une pensée venant de Dieu, sous la forme de principes et de règles insufflés dans le monde et à partir desquels le développement est possible ?

    Cardinal Gerhard Ludwig Müller : Il s’agit de la question fondamentale : Qu’est-ce que l’être humain ?

    Dans la tradition judéo-chrétienne, si la nature humaine a un caractère particulier, c’est parce que cette nature s’ancre dans le fait que l’être humain a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. L’être humain existe et vit orienté vers Dieu dans une relation qui transcende le monde et à l’égard de laquelle tout est relatif. Dieu est l’origine et le but de tous les êtres, lesquels parviennent à l’existence grâce à sa connaissance et à sa volonté, et sont maintenus en existence selon leur nature et leur causalité secondaire interne. Mais Dieu n’est en aucun cas le démiurge qui forme son œuvre, le monde et l’être humain, comme un constructeur humain à partir d’un matériau présent et transitoire – tel que nous le connaissons dans la philosophie classique gréco-romaine. Pour cette philosophie – qui partage une compréhension idéaliste et matérialiste de l’être du cosmos –, l’idée même d’un être divin personnel ou trinitaire, de même que celle d’un monde existant à partir de la création du néant sont complètement étrangères. Selon Platon et Aristote, pour ne citer ici que les plus grands penseurs, le cosmos est imprégné de la raison divine – le Logos. Ainsi, le sens du monde est révélé dans la causalité émanant du Logos. En ce qui concerne la chose individuelle en tant que telle, il s’agit d’une combinaison de la cause formelle et de la cause matérielle. Par contre, par rapport à l’ensemble de l’être, le Dieu-Logos, c’est-à-dire la raison qui se pense elle-même, se manifeste dans la cause active et finalisée, qui classe et assigne les choses individuelles dans le contexte de la signification de l’ensemble du cosmos (Dieu qui se déplace mais n’est pas déplacé ; Dieu qui est recherché mais qui, parce qu’il est sans recherche, ne recherche rien d’autre que lui-même). À l’opposé, il y a – pour faire simple – la vision atomiste du monde de Démocrite, Épicure et Lucrèce, vision qui explique tout en termes d’effets mécaniques. Selon ce point de vue, toutes les choses et tous les phénomènes du monde sont liés par un lien causal global. Mais l’ensemble de l’être ne débouche pas sur un Logos supérieur et omniprésent. Au lieu du Logos, c’est le destin aveugle ou le hasard qui règne sur elle. En ce sens, la science naturelle moderne, dont la méthodologie est limitée à la forme mathématique-géométrique de la pensée et au lien causal mécanique, demeure impuissante devant l’énigme impénetrable que constituent l’univers dans son ensemble, l’origine de la vie ou encore le caractère unique de la raison humaine qui s’élève vers l’être en tant que tel, comme l’a formulé Stephen Hawkins. Ou bien, en ce qui concerne l’émergence du substrat matériel de la raison humaine, c’est-à-dire dans le cadre de l’évolution de l’espèce biologique « homme », seule la catégorie interprétative du « hasard » peut être supposée. Ce que l’on entend ici, bien sûr, n’est pas le hasard absolu, c’est-à-dire que ce qui existe existe sans la raison de son existence. Il s’agit plutôt d’un hasard relatif, à savoir que ce qui existe est dépourvu de sens ou s’est produit en l’absence de toute planification. Ce qui existe par hasard n’a donc pas d’essence qui rassemble ses composants à partir d’un principe intérieur et les unit en un tout significatif. Philosophiquement, nous appelons cela le nihilisme, c’est-à-dire l’expérience négative et l’opinion désespérée que l’être est sans signification et sans but et que l’homme se ridiculise dans sa recherche du sens de l’être et de l’orientation de ses actions vers le bien. L’homme serait ainsi simplement jeté dans un abîme qui ne pourrait jamais constituer un soutien pour supporter nos titubations et nos chutes. Il serait condamné à attribuer de manière autonome un sens à son existence factuelle, car son existence serait par elle-même dépourvue de substance, comme l’a écrit Jean-Paul Sartre (1905-1980).

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