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Dans ce nouveau numéro de La Foi prise au mot, KTO s'intéresse à un mot : la solitude. Tout dans la Bible et dans la tradition chrétienne recommande la prise de distance envers la communauté : que l’on songe au désert de l’Exode qui constitue le peuple hébreu, à Élie au Carmel, à Jean Baptiste et à la longue tradition des ermites, moines, religieux. Pourtant, quelle épreuve quand cet isolement n’est pas choisi, et qu’il vient après un veuvage, des difficultés sociales, voire un travail trop absorbant qui coupe toutes les relations. Qu’est-ce qu’il y a de bon dans la solitude ? Y a-t-il une bonne et une mauvaise solitude ? Et comment transformer une solitude subie en solitude fructueuse ? Ce sont les questions que Régis Burnet poser ici à ses deux invités, Sandrine Caneri, bibliste orthodoxe, et Nathalie Nabert, universitaire, écrivain et poète.
Le sujet tombe aussi à point nommé en ces temps étranges où surgit une pandémie inconnue qui, à la vitesse de l’éclair, submerge aujourd'hui la terre entière, laissant plus que jamais notre humanité livrée à sa double nature incontournable : solidaire et solitaire sous un ciel énigmatique. JPSC
C’est avec une grande joie que je vous annonce la béatification dans quelques jours du vénérable père Michael J. McGivney (1852-1890), le fondateur des Chevaliers de Colomb ! Vous ne le connaissez pas ? Ce prêtre américain est pourtant connu dans le monde entier pour exaucer les prières qui lui sont adressées afin notamment de trouver un emploi, réconcilier les membres d’une même famille, venir à bout d’une addiction ou encore de demander la conversion d’un proche.
La vie du père McGivney est édifiante. Prêtre dans le Connecticut à la fin du XIXe, il était effrayé par les situations très précaires de nombreuses familles de sa paroisse. Plusieurs d’entre-elles étaient dévastées par des drames liés aux emplois pénibles sinon dangereux de certains pères de famille. Il était fréquent que le décès prématuré d’un père laisse femmes et enfants sans aucunes ressources. Alors, il s’est retroussé les manches. Il a rassemblé les hommes de sa paroisse et leur a suggéré que chacun contribue à une aide financière pour les familles endeuillées. Le mouvement des Chevaliers de Colomb était né. Construit autour de quatre valeurs chevaleresques (l’unité, la charité, la fraternité et le patriotisme), il subvient aujourd’hui aux besoins matériels et spirituels de millions de familles à travers le monde.
Inspirés par le père McGivney, les Chevaliers de Colomb rayonnent aujourd’hui dans le monde entier. Ils sont présents dans presque toutes les paroisses des États-Unis mais aussi au Canada, en France et dans de nombreux autres pays. L’organisation a développé sa propre compagnie d’assurance aux États-Unis. Elle génère des bénéfices entièrement utilisés pour des œuvres soutenues par l’Ordre, parmi lesquelles, la March for Life de Washington.
Aussi, je souhaite vous proposer à vous, lecteur de Aleteia, une opportunité unique de prier le père McGivney dans les prochains jours.Participez à la neuvaine qui lui est consacrée,soumettez lui une intention découvrez le documentaire qui lui est consacré et soyez édifiés par la bénédiction d’un nouveau bienheureux !
En Christ,
Eric de Legge
Prière pour la canonisation du père Michael J. McGivney
Dieu, notre Père,
protecteur des pauvres et défenseur de la veuve et de l’orphelin,
vous avez appelé votre prêtre,
l’abbé Michael J. McGivney,
à être un apôtre de la vie de famille chrétienne
et à conduire les jeunes au service généreux envers leur prochain.
À travers l'exemple de sa vie et de sa vertu,
puissions-nous suivre votre Fils, Jésus le Christ,
de plus près, en accomplissant son commandement de charité et en aidant à la construction de son Corps qu’est l'Église.
Que l'inspiration de votre serviteur nous incite
à une plus grande confiance en votre amour afin que
nous puissions continuer son œuvre de soutien
auprès des nécessiteux et des opprimés.
Nous vous demandons humblement de glorifier votre vénérable serviteur,
l’abbé Michael J. McGivney,
sur terre, selon la conception de votre sainte volonté.
Par son intercession, accordez la faveur que je présente maintenant
Ce « jeune » évêque de 60 ans était depuis 2012 évêque d'Ajaccio, en Corse-du-Sud. Profil du nouvel archevêque par Jean-Marie Guénois dans le « Figaro » (extrait) :
« Pour prendre la succession du cardinal Philippe Barbarin, à Lyon, le pape François a choisi un évêque classique et diplomate, ancien officier parachutiste, Olivier de Germay. Ce « jeune » évêque de 60 ans était depuis 2012 évêque d'Ajaccio (Corse-du-Sud). Bien que considéré moins important que l'archevêque de Paris, il devient ainsi le Primat des Gaules, c'est-à-dire l'évêque titulaire du siège épiscopal le plus ancien de l'Église de France. C'est un poste capital pour l'Église qui va projeter ce discret personnage au premier rang national où il sera amené à prendre des positions fortes.
Discret, Mgr de Germay l'est en effet. Cet homme de prière a toujours fui la notoriété pour se consacrer à sa mission de prêtre et d'évêque qu'il aborde par l'intériorité. Choisi pour devenir évêque par Benoît XVI en 2012, il se rangerait plutôt dans cette spiritualité et façon de vivre l'Église. Sans oublier que cet ancien élève de Saint-Cyr, plutôt frêle d'aspect - il fut toutefois membre du premier régiment des Hussards parachutistes de Tarbes et il a servi en Afrique et en Irak - s'est formé à la théologie à Paray-le-Monial, puis à Rome à l'institut pontifical Jean-Paul II pour la famille. Le pape François a d'ailleurs choisi le jour de la Saint Jean-Paul II, ce 22 octobre, pour annoncer cette nomination.
Discret donc mais déterminé. Que cela soit sur les sujets de société ou de morale et de théologie catholique, Mgr de Germay soucieux d'une belle liturgie mais sans crispation, a toujours témoigné de prises de position orthodoxes, sans concession sur le fond mais qu'il a l'art de faire passer en douceur, par un fort témoignage de cohérence personnelle et de vie de prière, devant des publics les plus difficiles.
Son premier public difficile sera le diocèse de Lyon, sans doute le plus complexe à gouverner de France et particulièrement blessé, et divisé, par ce que l'on a appelé « l'affaire Barbarin », une plaie encore ouverte dans la communauté catholique lyonnaise et française. »
Un pape vous plaît, un autre vous bouscule : et pourquoi pas ? Voici quelques conseils pour accueillir avec méthode et bienveillance l’enseignement des papes, quels que soient leur style, leur pédagogie ou leurs priorités.
Les papes se succèdent et ne se ressemblent pas. C’est vrai de toute l’histoire de l’Église mais peut-être encore plus pour ceux qui ont connu la trilogie Jean-Paul II, Benoît XVI et François, trois hommes flamboyants aux tempéraments bien différents. Chaque pape a sa grâce, mais nombreux (et discrets) sont ceux qui se sentent désarçonnés par le pape argentin. Cette réflexion est pour eux, et plus particulièrement pour ceux qui en sont arrivés à parler du pape François en confession.
Bienveillance et méthode
Déjà, reconnaissons que les papes du XXesiècle ont été des figures particulièrement imposantes et uniques. Sous le pontificat de saint Jean Paul II, nombreux sont ceux qui ont accueilli avec bienveillance tout ce qui venait de Rome. Mais il fallait de la méthode. D’abord, en distinguant les textes et les décisions romaines selon leur degré d’autorité : une déclaration improvisée dans l’avion n’est pas une encyclique, une homélie sur la place Saint-Pierre n’est pas un livre d’entretiens. Les ouvrages du théologien suisse (et cardinal) Charles Journet sur l’Église sont une aide précieuse pour cet exercice.
Avec Jean Paul II, surtout, la « production » a été abondante : 14 encycliques, 15 exhortations apostoliques, 12 constitutions, 28 motu proprio, 42 lettres apostoliques, 26 « lettres aux prêtres », sans compter des milliers d’homélies… Pour recevoir ces enseignements pontificaux, les diverses sensibilités ecclésiales utilisaient chacune leur grille de lecture, quelque fois divergente. Au-delà de cette apparente cacophonie, reconnaissons que le charisme prophétique du pape polonais posait des gestes qui s’éclairaient bien des années après. Avec le recul, c’est finalement Benoît XVI — son plus proche collaborateur — qui nous donnera la juste interprétation de ce magistère dans ce qu’il appellera « l’herméneutique de la continuité ». Sous Benoît XVI, le magistère fut d’ailleurs bien plus sobre. Sa devise était « Coopérateurs de la vérité » : tout un programme. Ce fin théologien et gardien du dogme était un habitué des formules ciselées et précises, même lorsqu’il décidait d’écrire sa trilogie plus personnelle Jésus de Nazareth sous son propre nom. Il était surtout un authentique ami de la nuance qui n’est jamais une ennemie de la vérité, bien au contraire.
La conversion fulgurante d’Hervé Odermatt, le plus grand marchand d’art de France
20/10/20
Connu comme l’un des plus grands marchands d’art de France, Hervé Odermatt, aujourd’hui âgé de 94 ans, a eu une vie digne des meilleurs romans d’aventure. Mais c’est certainement sa conversion qui demeure l’un des épisodes les plus fondateurs et mystérieux de son histoire.
Certaines vies semblent directement sorties de romans d’aventure dont on dévore les pages, le soir, et qu’il est impossible de reposer sans l’avoir terminé. Celle d’Hervé Odermatt en fait incontestablement partie. Aujourd’hui âgé de 94 ans, il a été l’un des plus grands marchands d’art de France. Mais ce serait bien dommage de le cantonner à sa profession. Tout au long de sa vie, qu’il raconte dans un livre autobiographique, Le Chinois (Mame), la petite histoire n’a cessé de s’entremêler à la grande. Né en 1926 d’une jeune fille de bonne famille alsacienne et d’un étudiant chinois, père qui a disparu lorsqu’il était âgé de 5 ans sans jamais l’avoir reconnu, Hervé Odermatt a connu une enfance néanmoins aimante, élevé au sein d’une famille de paysans de la Loire.
L’archevêque métropolitain de Kinshasa, en République démocratique du Congo, le Cardinal Fridolin Ambongo Besungu, nommé tout récemment par le Pape François au Conseil des Cardinaux, réagit à sa nomination au sein de ce Conseil dans une interview donnée au Père Jésuite Jean-Pierre Bodjoko pour « Vatican News ».
Le Cardinal Ambongo en a profité pour donner aussi son opinion sur la nouvelle encyclique du Pape « Fratelli tutti » et s’exprimer sur les questions abordées lors des dernières réunions de la conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), sans oublier la problématique des enseignants dans les écoles conventionnées catholiques en RDC. Extrait :
« Question : « Dernièrement, vous avez été « incompris », si je peux utiliser ce terme, à la suite de votre rappel que les enseignants des écoles conventionnées catholiques, surtout au niveau primaire, doivent être catholiques. Pourtant, cela fait partie de la convention signée entre l’Eglise et l’Etat en RDC ?
Réponse :
Toutes ces réactions dérivent clairement du fait de comment on arrive à tout mélanger au Congo. Ça donne l’impression que nous sommes tombés dans une sorte de médiocrité, où on veut tout ramener au plus petit commun dénominateur. Le point de départ de notre prise de position est une convention avec l’Etat depuis 1977, à travers ce que l’on appelle les écoles conventionnées catholiques. Toutes les écoles de l’Etat au Congo sont publiques. Mais, il y en a qui sont conventionnées catholiques, protestantes, kimbanguistes, etc. Il y a aussi des écoles qui sont gérées directement par l’Etat. Nous devons apprendre à prendre au sérieux les parents des élèves. Quand un parent décide d’envoyer son enfant dans une école conventionnée catholique, c’est parce que ce parent a réfléchi, a évalué et est arrivé à la conclusion selon laquelle il veut que son enfant soit éduqué selon les valeurs de telle ou telle convention. S’il envoie son enfant chez nous les catholiques, c’est parce qu’il veut que son enfant soit éduqué conformément aux valeurs catholiques. L’enfant qui étudie dans nos écoles catholiques et qui est formé par un musulman, un protestant ou quelqu’un issu des églises de réveil, aura-t-il, au sortir de l’école, les valeurs catholiques auxquelles les parents ont cru et pour lesquelles ils ont envoyé leurs enfants chez nous ? Si nous nous comportons de cette manière, c’est que nous avons failli devant les parents qui ont cru aux valeurs catholiques. C’est pourquoi, nous avons levé l’option qu’à l’école primaire, où l’enseignant est aussi catéchète, que ce dernier soit aussi de confession catholique, parce qu’un enseignant de l’école primaire enseigne toutes les matières y compris la religion. Je ne sais pas qui accepterait que le cours de religion, dans l’église catholique, soit enseigné par un musulman, par exemple. C’est le bons sens. Et nous sommes vraiment déterminés sur cette question. Nous allons tenir à notre identité catholique. Mais, cela ne veut pas dire que nous ne voulons pas des autres. Nous sommes des catholiques et nous voulons être des catholiques. Que les protestants soient des protestants et que les musulmans soient des musulmans. Nous allons collaborer avec eux. Mais, chacun doit garder son identité. C’est la question de savoir ce que nous voulons. Ou nous sommes des catholiques, ou nous ne le sommes pas. Et, si nous sommes des catholiques, nous devons aussi éduquer conformément aux valeurs auxquelles les catholiques croient. C’est une question de responsabilité vis-à-vis des parents d’élèves. Il serait inacceptable et irresponsable de notre part qu’un parent envoie son enfant chez nous et que cet enfant parte de chez nous avec des valeurs qui ne sont pas catholiques .
14 octobre 2020 : Martin Steffens, professeur de philosophie en khâgne, conférencier et chroniqueur pour La Croix et La Vie. Auteur de « L’éternité reçue » (DDB)
Martin Steffens, professeur de philosophie en khâgne, conférencier et chroniqueur pour La Croix et La Vie. Auteur de « L’éternité reçue » (DDB)
«Mourons, et précipitons-nous au milieu des combats ! » Peut-être vais-je avoir l’honneur de vous apprendre un nouveau mot. Non pas le mot « mort », qui est l’objet de cette chronique et que, à défaut de ce qu’il désigne, tout le monde connaît. Mais le nom de la figure rhétorique du vers des Énéides de Virgile que je viens de citer. En quoi consiste-t-elle ? En ceci que le poète prend les choses à l’envers : mourir vient en premier, le combat arrive ensuite. C’est aussi étrange que cet autre vers, couché à la hâte dans un cahier tandis que son auteur, René Char, dirigeait une faction armée d’une dizaine d’hommes : « Agir en primitif et prévoir en stratège. »
« Hystéron-protéron ». C’est ainsi que se nomme la chose. Littéralement : dernier-en-premier. Impossible à placer dans des mots croisés, difficile à glisser dans une conversation, ce mot semble toutefois utile pour exprimer ce qu’est l’engagement. Si René Char avait, pour être sûr de son choix, pris non le maquis, mais tout son temps, 1945 serait arrivé sans son secours – et ne serait peut-être pas arrivé si vite. De même concernant les ordres qu’il donnait à ses hommes : dans le feu de l’action, il ne s’agit pas tant de prendre la bonne décision, mais déjà d’en prendre une – de sortir d’une indécision mortifère… puis de travailler à faire que la première décision se révèle comme bonne. Il faut donc bien « agir en primitif » et, dans un second temps seulement, « prévoir en stratège ». La prudence n’a de sens qu’à l’intérieur de l’action qu’on ose, une fois qu’on l’a osée. Sinon, au nom de la prudence, on ne ferait plus rien. Les soldats de Virgile font de même, qui commencent par renoncer à leur vie (« Mourons… ») afin de mettre dans le combat l’ardeur qui permettra la victoire et, finalement, la survie de beaucoup. Qui craindrait de s’y lancer deviendrait une cible facile. Comme un marin coulera avec le navire si, par peur de se noyer, il refuse de se jeter à l’eau.
Toute vie pleinement vécue, c’est-à-dire vraiment osée, tentée, suppose un premier consentement à la mort. Il meurt à un certain confort, l’enfant qui donne dans le secret de la chair maternelle l’impulsion de sa mise au monde. Qui d’entre nous n’a jamais fait ce saut à cause de quoi il perdra tout, peut-être, mais sans lequel toute croissance lui serait interdite ? « La bourse ou la vie ? » Ce n’est pas le bandit, au détour d’un chemin, c’est le Christ, à la croisée de tous les chemins, qui nous demande cette bourse où nous pensions pouvoir enfermer nos trésors en les y étouffant, et s’il nous la réclame, c’est pour nous donner la Vie.
Quand on est chrétien, on oublie parfois ceci : morts, nous le sommes déjà. Les eaux du baptême ne sont pas de purification, comme celles du Gange. Mais de mortification. Plus exactement, pour entendre ce terme lavé de nos faux-sens, ces eaux racontent notre libération d’une vie captive d’elle-même – préoccupée seulement par sa conservation. Nous sommes morts, afin de pouvoir mieux la donner, cette vie, afin d’en être libres. Nul besoin, même, d’être tentés par le martyre puisque, vivant d’une vie déjà donnée, qui ne peut donc plus devenir l’objet d’un chantage, nous sommes prêts, non pas tant à préférer héroïquement la vérité à la vie (est-ce cela être martyr ?), mais à témoigner, dans tous les actes de notre vie, de ce que la vérité est Vie. Faisons donc mémoire que, un jour qui fut une grande fête, nous sommes morts – et jetons-nous joyeusement au milieu des grands et des petits combats de la vie.
Acutis, à travers le nouveau Bienheureux, une Eglise qui attire
12-10-2020
Un type simple, gentil et normal. Mais aussi : amoureux exceptionnel de l'Eucharistie et dévoué à la Vierge. Génie de l'Internet et partisan des principes chrétiens, sans compromis. Du profil que le cardinal Agostino Vallini a tracé du nouveau bienheureux Carlo Acutis, se dégage toute la beauté d'une Église ancienne et toujours nouvelle. Capable plus que jamais d'attirer, car gouvernée par le seul Seigneur de l'Histoire : Jésus-Christ.
Nous reproduisons le texte de l'homélie que le cardinal Agostino Vallini a prononcée le samedi 10 octobre lors de la Sainte Messe de béatification de Carlo Acutis, dans la Basilique supérieure de Saint François à Assise. Des mots qui esquissent la figure d'un saint qui convainc et fascine, parce que tout entier tourné vers le Christ et en même temps parfaitement capable de dialoguer avec les gens de notre temps. Le nouveau bienheureux montre à l'Église que l'Évangile est vivant dans la chair de ses enfants et l'Église, par le nouveau bienheureux, montre à ses enfants que seul Dieu tient son destin ultime entre ses mains.
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"Celui qui demeure en moi et moi en lui porte beaucoup de fruits, car sans moi vous ne pouvez rien faire." (Jean 15:5)
(...) Aujourd'hui, nous sommes particulièrement attirés et en admiration face à la vie et au témoignage de Carlo Acutis, que l'Église reconnaît comme un modèle et un exemple de vie chrétienne, en le proposant tout particulièrement aux jeunes. On se demande, bien sûr, ce que ce jeune homme de seulement quinze ans avait de si spécial ?
En parcourant sa biographie, nous trouvons quelques repères qui le caractérisent déjà humainement.
À Notre-Dame de Paris, par Mgr Michel Aupetit, évêque auxiliaire de Paris
Si les paroles de Jésus ont fasciné son auditoire : « jamais homme n’a parlé comme cet homme » et continuent de bouleverser les cœurs, certaines phrases par lui prononcées sont dures à entendre car elles nous déroutent.
« Beaucoup sont appelés et peu sont élus » appartient à ces expressions que nous aimerions occulter car elles semblent contradictoires avec l’infinie miséricorde qui émane de lui et qui nous rassure. Quel est donc cet appel si généreux qui semble s’exténuer dans une élection parcimonieuse ? Ne sommes-nous pas tentés de dire comme les disciples : « Qui donc peut-être sauvé ? »
En vidéo
« Beaucoup sont appelés, peu sont élus » (Mt 22, 14)
Cette phrase du Christ prononcée au Temple de Jérusalem devant les grands prêtres et les pharisiens, en présence de la foule qui l’entourait et l’écoutait avidement, est déroutante.
Elle provoque de nombreuses questions : existe-t-il une différence entre l’appel et l’élection ? Que recouvrent précisément ces deux termes ? Qui appelle et en vue de quoi ? Sur quel critère se fait le choix électif ? Si l’élection correspond au salut, ce qui paraît l’acception première, cela devient décourageant. Nous serions tentés de dire comme les disciples de Jésus : « qui donc peut-être sauvé ? » (Mt 19, 25).
Or, nous nous sommes laissés bercer depuis quelque temps par cette chanson populaire et provocatrice de Michel Polnareff : « On ira tous au Paradis, même moi, qu’on croie en Dieu ou qu’on n’y croie pas, on ira ». Doit-on craindre à nouveau une sentence divine impitoyable ?
Avant d’avancer plus avant dans notre recherche, il faut resituer le contexte de cette phrase de Jésus de Nazareth. Elle fait suite à une parabole également rapportée par Luc (Lc 14, 16-24). Le Christ compare le Royaume des Cieux à un festin de noces donné par un roi en l’honneur de son Fils. Il envoie ses serviteurs appeler les invités, mais chacun d’eux trouve une excuse pour refuser de venir. Alors le maître, qui de toute évidence représente Dieu le Père, envoie ses serviteurs par tous les chemins convier tous ceux qu’ils trouvent, les mauvais comme les bons, pour remplacer ceux qui ont décliné l’invitation.