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17 juin 2022
Prêtres africains : quand l’Église belge prend aux pauvres pour donner aux riches
Je reçois et je publie. L’auteur est un jeune prêtre du diocèse de Namur, dans le Sud de la Belgique, une région frappée depuis des années par la sécularisation et le tarissement des vocations religieuses. Chaque année, on y déplore en moyenne le décès d’une douzaine de prêtres âgés pour une ou deux ordinations.
Pour comprendre le contexte de cette lettre, il faut savoir que l’Église belge manque de vocations mais que, grâce au concordat, elle n’a aucun problème pour payer ses prêtres, au contraire de beaucoup de diocèses d’Afrique dont les séminaires débordent mais qui manquent de moyens et ne disposent pas toujours des structures de formation universitaire adéquates. Sur base de ce constat, au début des années 1990, certains évêques belges ont conclu des accords avec leurs homologues africains pour faire venir des prêtres étudiants étrangers qui viendraient dépanner en paroisse pendant la durée de leurs études. On pensait sans doute que cette solution, pourtant critiquée à l’époque par Rome, ne serait que temporaire, en attendant que les vocations locales reprennent.
Contrairement aux autres étudiants universitaires, ces prêtres étrangers bénéficient dès leur arrivée en Belgique d’un salaire de curé payé par l’État et d’un logement de fonction gratuit en paroisse, souvent d’une bourse d’études. Ils constituent aussi une manne qui permet d’ailleurs à certaines universités belges de maintenir des facultés de théologie parfois en manque d’étudiants. La plupart de ces prêtres reversent une partie de leur salaire dans leur pays d’origine, notamment à leurs familles.
Aujourd’hui, ces prêtres « venus d’ailleurs » sont largement majoritaires dans le diocèse de Namur et représentent pratiquement 2/3 du clergé en paroisse. Certains doyennés n’ont plus que des prêtres africains. Beaucoup s’installent plus ou moins définitivement en Belgique après leurs études ou poursuivent d’autres formations afin de pouvoir rester, sans que leur statut ne soit toujours très clair. Vu l’ampleur de la pénurie de vocations et le souci de conserver le plus d’églises et de presbytères possibles, beaucoup de ces prêtres étudiants, au départ auxiliaires, ont été nommés vicaires, curés et même doyens et n’envisagent plus de retourner dans leur diocèse d’origine, parfois au grand dam de leurs évêques qui les réclament.




« La démarche synodale en diocèse s’est achevée et la Conférence des évêques de France a rassemblé les synthèses diocésaines dans une Collecte nationale, envoyée telle quelle à Rome. Il s’agissait de rendre compte de cette vaste consultation du Peuple de Dieu voulue pas le Saint-Père pour préparer le document de travail du Synode des Evêques qui se réunira autour du Pape en octobre 2023 sur le thème : « Pour une Eglise synodale : communion, participation et mission ». Cette consultation, prévenait le Pape François, n’est pas un sondage d’opinions ni un Parlement. Comme l’écrivait saint Antoine de Padoue : « Heureux celui qui parle selon le don de l’Esprit et non selon son propre sentiment ». 
