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  • Mikhaïl Gorbatchev (1931 - 2022) ou le fossoyeur de l'URSS malgré lui

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    Un rappel opportun du rôle joué par Gorbatchev, un dirigeant soviétique qui a tenté désespérément de sauver la Russie communiste :

    De Pénélope Pélissier sur Herodote.net :

    Mikhaïl Gorbatchev (1931 - 2022)

    Fossoyeur malgré lui de l'URSS

    Arrivé au pouvoir en 1985, dans une URSS à bout de souffle, Mikhaïl Gorbatchev tente de redresser le pays par des réformes innovantes, la perestroïka et la glasnost. Homme de conviction et de coeur, il engage une transition démocratique du régime. Il conclut par ailleurs un traité avec les États-Unis sur le désarmement nucléaire.

    Mais la fin est proche. Dès 1989, les pays satellites et même les républiques de l'URSS se libèrent de l'emprise de Moscou et regagnent leur souveraineté tandis que les Russes se détournent de leur chef. Celui-ci va laisser le mouvement aller à son terme en empêchant l'Armée rouge et le KGB d'intervenir.

    Une ascension fulgurante

    Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev est né le 2 mars 1931 au nord du Caucase, de parents paysans kolkhoziens.  Il a à peine 31 ans quand il devient le dirigeant de sa région natale de Stavropol. 

    Bénéficiant du soutien d'Iouri Andropov, une figure centrale du Parti communiste et du KGB, il devient en 1978 secrétaire du Comité central du parti, puis membre du Politburo en 1980, alors que l'ère brejnévienne touche à sa fin.

    Le 11 mars 1985, c'est la consécration. Alors qu'il n'est âgé que de 54 ans, Gorbatchev accède aux pleins pouvoirs en qualité de secrétaire général du Parti communiste.

    Les prédécesseurs de Gorbatchev, Léonid Brejnev, Iouri Andropov et Konstantin Tchernenko ont laissé le pays exsangue. Épuisé par la course aux armements avec les États-Unis du président Reagan, l'URSS est à bout de ressources.

    Gorbatchev est conscient de l'urgence de libéraliser l'économie et la politique. Il applique une série de réformes connues sous le nom de perestroïka (littéralement, « reconstruction » en russe). Parallèlement, il lance la glasnost : une ouverture du pays vers plus de « transparence ».

    Liberté d'expression, ouverture du débat public, parution de livres auparavant interdits et relâchement des opposants politiques sont de mise. Enfin, Gorbatchev accompagne toutes ces mesures de l'uskorenie, l'accélération de la croissance économique.

    Dans le même temps, les pays du bloc soviétique prennent leurs distances avec Moscou. Tous les accords reliant les pays de l'ex-URSS sont abolis : le groupe du COMECON (Conseil d'assistance économique mutuelle) le 28 juin, puis le pacte de Varsovie (accord militaire) le 1er juillet 1991.

    Pour toutes ces actions, Mikhaïl Gorbatchev reçoit un écho très positif dans les médias occidentaux. Il est récompensé par le Prix Nobel de la Paix en 1990.

    Un homme à l'autorité contestée

    Les Soviétiques, quant à eux, honnissent Gorbatchev. Les inégalités sociales et les pénuries s'aggravent. L'éclatement du bloc communiste et de l'Union soviétique elle-même, avec les indépendances des États baltes, humilie les Russes.

    Le 19 août 1991, alors que Gorbatchev se repose en Crimée, un groupe de conservateurs monte un coup d'État et proclame l'état d'urgence. Mais la population moscovite, soulevée par Boris Eltsine, membre du Soviet suprême, les oblige à rendre les armes. C'est un triomphe pour Eltsine et la descente aux enfers de Gorbatchev. Le Parti communiste est dissous le 6 novembre 1991 et, le 21 décembre, les accords d'Alma-Ata signent l'acte de décès de  l'URSS elle-même. Le 25 décembre, au Kremlin, les couleurs de la nouvelle République fédérative de Russie remplacent le drapeau rouge de l'URSS cependant que Gorbatchev quitte Moscou.

  • Du porno au "Padre Pio" : rencontre avec le réalisateur qui s'est senti attiré par l'histoire du saint

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    De Joe Bukuras sur Catholic News Agency :

    Du porno au "Padre Pio" : Rencontre avec le réalisateur qui s'est senti attiré par l'histoire du saint.

    30 août 2022

    Abel Ferrara realizará un documental sobre el controvertido monje italiano Padre  Pío - ENFILME.COM

    Abel Ferrara a commencé sa carrière de cinéaste en réalisant des films pornographiques. Aujourd'hui, il réalise un film sur l'un des saints catholiques les plus populaires du 20e siècle : Saint Pio de Pietrelcina, plus connu sous le nom de Padre Pio. 

    L'implication du réalisateur dans l'industrie pornographique n'est pas un secret, puisqu'il a déclaré à insidehook.com en 2020 qu'une grande partie de ses connaissances en matière de réalisation de films a commencé par le tournage de films pornographiques.

    Qu'est-ce qui l'a poussé à faire un film sur le célèbre mystique italien ? "Vu la liste des films que j'ai faits, vous vous posez la question", a déclaré Ferrara à l'Associated Press dans une interview publiée le 26 août. 

    Mais, selon l'AP, il a déclaré que des "responsables de l'Eglise" et des frères capucins qui étaient des conseillers sur le plateau pour "Padre Pio" ont apporté leur soutien au film.

    Né dans le Bronx, élevé en Amérique, mais vivant maintenant en Italie, le réalisateur hollywoodien de 71 ans affirme que la différence frappante entre ses films plus anciens et plus osés - dont "Bad Lieutenant", "Ms .45" et ses films pornographiques - et le nouveau film "Padre Pio" témoigne des changements apportés par 10 ans de sobriété et sa nouvelle vie en Italie.

    Ferrara est marié et élève une fille, selon l'interview de 2020 avec insidehook.com. Également père de deux filles plus âgées, il a déclaré qu'élever des enfants en étant sobre est "beaucoup, beaucoup mieux", ajoutant : "C'est un euphémisme".

    Élevé dans la religion catholique, Ferrara s'identifie désormais comme bouddhiste, selon une interview accordée en 2021 à thefilmstage.com. Cependant, dans l'interview d'insidehook.com, il a déclaré que le bouddhisme "est une pratique pour moi, pas une religion".

    Sa fascination pour Padre Pio n'est pas nouvelle, a rapporté l'AP. Son grand-père est né dans une ville proche de la ville natale du saint, Pietrelcina, en Italie, et a également joué un rôle dans l'introduction de la spiritualité de Padre Pio.

    "Une fois que nous avons arrêté la drogue et l'alcool, nous avons commencé à voir une autre façon de vivre, de vivre dans une vie différente", a-t-il déclaré à l'AP. "Je pense que c'est plutôt le fait d'essayer de bien jouer notre jeu".

    L'acteur Shia LaBeouf, qui joue le rôle de Padre Pio, a récemment annoncé dans une interview avec l'évêque Robert Barron du diocèse de Winona-Rochester et Word on Fire Ministries que sa participation au film l'a conduit à embrasser la foi catholique après avoir atteint un point bas dans sa vie.

    La première du film est prévue au festival du film de Venise, en Italie, qui se déroule du 31 août au 10 septembre. On ne sait pas encore quand il sera diffusé dans les salles de cinéma ou en streaming.

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  • Un consistoire sans surprises

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    De Nico Spuntoni sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Le Consistoire se termine sans trop de surprises

    31-08-2022

    Le Consistoire s'est terminé hier. Un événement de deux jours sans surprise, dans une ambiance détendue, après celui d'il y a sept ans sur la famille, qui avait été houleux. Le Pape a mis en garde les cardinaux contre la mondanité. Entre-temps, l'Ukraine, après des tensions diplomatiques, s'est contentée d'une lettre de clarification, qui n'est toutefois pas signée. 

    Ambiance fraternelle. C'est par ces deux mots que le bulletin de la Salle de presse du Saint-Siège a décrit les travaux de la rencontre avec les cardinaux qui s'est terminée aujourd'hui à Rome. Le rideau tombe donc sur la nomination annoncée par le pape à la fin du mois de mai, en même temps que la création de vingt nouveaux membres du Sacré Collège. L'événement était très attendu, probablement parce qu'il intervenait sept ans après la dernière fois et faisait suite à une série d'interviews dans lesquelles François avait abordé le sujet toujours brûlant de la démission.

    Mais finalement, les indiscrétions et spéculations qui avaient circulé ces dernières semaines et dont nous avions donné des nouvelles se sont révélées infondées. Il n'y a pas eu de surprise, mais bien la discussion annoncée d'une constitution apostolique qui est déjà en vigueur depuis le 5 juin. La discussion sur Praedicate Evangelium s'est terminée hier matin et dans l'après-midi nous sommes passés à la discussion sur le Jubilé imminent de 2025. Une confrontation, celle sur la réforme de la Curie, qui n'a pas connu de rebondissements et que le cardinal Walter Kasper, unique intervenant du vif Consistoire sur la famille en 2014, a qualifié de "très, très pacifique". Notamment parce que l'objectif n'était pas de discuter du document, mais d'y réfléchir avec tous les autres frères. Au cours de la messe, le pape s'est adressé à eux dans son homélie : "Ils nous appellent éminence", a-t-il déclaré, "oui, il y a une part de vérité dans tout cela, mais il y a aussi beaucoup de tromperie, par laquelle le Trompeur cherche à mondaniser les disciples du Christ et à les rendre inoffensifs. "Cet appel, a-t-il ajouté, est sous la tentation de la mondanité, pas à pas elle vous enlève votre force, votre espérance, elle vous empêche de voir le regard de Jésus qui nous appelle par notre nom et nous envoie. C'est le cancer de la mondanité spirituelle".

    Les presque deux cents cardinaux présents ont eu l'occasion de faire connaissance non seulement pendant les sessions, mais aussi à l'extérieur, dans les restaurants du Borgo ou dans les locaux qui les ont accueillis. Comme cela a été écrit par presque tout le monde au cours des semaines précédentes, il est probable que ces deux jours (plus ceux du Consistoire pour la création des nouveaux cardinaux) s'avéreront utiles en vue d'un futur Conclave, ne serait-ce que pour les impressions suscitées par ceux qui ne se connaissaient pas ou peu. C'est peut-être aussi la raison pour laquelle de nombreux cardinaux ont préféré ne pas parler à la presse pendant les travaux. La réforme de la Curie et les finances ont été deux des principaux sujets de discussion, comme ce fut le cas lors des congrégations générales de 2013 qui ont ensuite conduit à l'élection de l'Argentin Bergoglio.

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  • 200 jeunes (entre 15 et 42 ans) cosignent une « Lettre aux chrétiens de Belgique »

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    Lettre ouverte aux chrétiens de Belgique cosignée par 200 jeunes

    La sortie, ce mercredi 6 juillet, de la Synthèse Synodale interdiocésaine nous a encouragés à écrire pour permettre à chacun d’avoir une vision plus globale de la pluralité des manières de vivre sa foi en Belgique. En effet, nous avons constaté un décalage entre certaines revendications présentes dans la synthèse et la réalité que nous vivons.

    Nous avons décidé de publier cette lettre, relue et approuvée par plus de 200 jeunes, issus ou proches de différentes paroisses et communautés de notre pays.

    Sans supposer, bien entendu, l’accord de l’ensemble des autres membres de ces communautés avec notre initiative, nous voulions faire part de notre manière de vivre et de quelques-unes de nos opinions en tant que jeunes dans l’Eglise.

    Tout d’abord, nous sommes ravis de voir que des chrétiens se soient mobilisés pour le Synode, nous pensons qu’il ne faut jamais avoir peur de la concertation et parfois même de la confrontation, tant qu’elles sont guidées par la Charité et concourent à la Vérité, toutes deux infiniment nécessaires.

    Nous avons lu avec enthousiasme que de très bonnes constatations sont sorties de cette concertation synodale: nous y avons, par exemple, trouvé une soif de s’occuper de son prochain, un besoin de se former sur sa foi et une volonté d’aller vers l’autre, d’évangéliser. Nous partageons avec joie ces points positifs.

    Nous avons l’impression d’y avoir aussi lu énormément de souffrances, de situations de gens qui se sentent seuls et désemparés face à l’évolution de notre société, et une colère de fond envers l’ Eglise et son enseignement.

    Soyons honnêtes, si nous ne ressentons pas la même souffrance ou solitude, et ne vivons pas la même colère, c’est parce que nous pouvons, pour beaucoup, vivre dans des paroisses et des communautés pleines de jeunes, dynamiques, qui ne craignent pas de s’affirmer, d’aimer et d’annoncer Jésus. Nous essayons néanmoins de comprendre cette souffrance et nous y compatissons.

    Nous ne posons pas ici un jugement et nous sommes bien conscients que nous ne pouvons qu’essayer de comprendre sans appréhender parfaitement le ressenti de ceux qui vivent ces difficultés, qui affrontent la réalité du monde seuls, isolés de leurs frères chrétiens, loin des lieux de ressourcement.

    Nous avons la chance, nous jeunes, de vivre une autre réalité ecclésiale, une foi vivante et stimulante dans notre quotidien. La synodalité se vit déjà dans nos communautés: nous y côtoyons la complémentarité des vocations et le partage des responsabilités. On trouve en Belgique une communauté aimante et missionnaire de centaines de jeunes fiers de leur foi et prêts à relever le défi que représente le fait d’être un chrétien dans le monde mais pas du monde.

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  • Exclusif. Mgr Brandmüller au consistoire : le pape veut fermer la bouche des cardinaux

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    Un article de Sandro Magister sur Settimo Cielo :

    Exclusif. Brandmüller au consistoire : le pape veut fermer la bouche des cardinaux

    Voici quelques lignes autographes du discours du Cardinal Walter Brandmüller au Consistoire des 29 et 30 août, publiées intégralement sur cette page de Settimo Cielo.

    Le consistoire a réuni les cardinaux avec le pape François. Il s'est déroulé à huis clos, mais surtout, il a été divisé, à la demande du pape, en groupes linguistiques, empêchant ainsi un dialogue direct entre tous, comme cela avait été le cas lors du dernier consistoire complet convoqué par François en février 2014, en vue du synode sur la famille et de la "vexata quaestio" de la communion aux divorcés remariés, un consistoire qui s'est avéré si franc dans sa critique de l'approche souhaitée par le pape qu'il l'a amené à annuler les convocations des cardinaux qui étaient désormais également libres et ouvertes à l'écoute.

    Mgr Brandmüller, 93 ans, de nationalité allemande, historien de l'Église depuis toujours et président de 1998 à 2009 du Comité pontifical pour les sciences historiques, n'est pas étranger aux propositions concernant le rôle des cardinaux dans l'Église catholique. Il y a moins d'un an, il avait déjà avancé dans Settimo Cielo une hypothèse de réforme de l'élection des papes qu'il jugeait plus conforme aux origines historiques et aux fondements théologiques du cardinalat :

    > Moins de grands électeurs et plus de grands électeurs. Le conclave imaginé par le Cardinal Brandmüller

    Mais dans ce consistoire, son intervention a surtout visé le rapport qui doit lier les cardinaux au pape, qu'il a en fait édulcoré, par opposition à ce qui devrait se passer, avant tout sur les vérités de la foi et de la morale.

    *

    NON PAS UN SILENCE IMPOSÉ, MAIS "APERITIO ORIS".

    Le discours du Cardinal Walter Brandmüller au Consistoire des 29-30 août 2022

    La convocation d'un consistoire après une si longue période motive une réflexion sur la nature et la tâche du cardinalat, surtout dans les circonstances actuelles. Il faut également souligner que les cardinaux ne sont pas seulement membres du conclave pour l'élection du souverain pontife.

    Les devoirs réels des cardinaux, quel que soit leur âge, sont formulés dans les canons 349 et suivants du Code de droit canonique. Nous y lisons : " ils assistent le Pontife Romain, soit en agissant collégialement lorsqu'ils sont convoqués pour traiter de questions de plus grande importance, soit à titre individuel, c'est-à-dire dans les diverses fonctions qu'ils occupent, en lui prêtant leur concours dans le soin particulièrement quotidien de l'Église universelle ". Et au pape, "ils prêtent principalement assistance dans les consistoires" (Canon 353).

    Cette fonction des cardinaux a trouvé dans l'Antiquité une expression symbolique et cérémoniale dans le rite de l'"aperitio oris", l'ouverture de la bouche. En fait, elle signifiait le devoir de prononcer sa conviction, son avis, avec franchise, surtout au consistoire. Cette franchise - le pape François parle de " parresía " - qui était particulièrement chère à l'apôtre Paul.

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  • Lorsque la vie bascule... Une fiction de Jean-Pierre Snyers

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    Lorsque la vie bascule...

    Une fiction de Jean-Pierre Snyers :

    Tout s'est passé très vite. Il n'aura fallu que quelques minutes pour que sa vie bascule. A 15 heures, il fumait tranquillement sa pipe, à 15 heures 10, il était menotté. Pourquoi? Il ne le savait pas. La seule raison donnée par les policiers fut qu'ils agissaient sur ordre du Parquet. Embarqué dans leur fourgon, il cherchait à comprendre de quel crime il était responsable. Certes, il était particulier et certes aussi, il avait ses idées (très souvent opposées à celles des médias), mais il ne se doutait pas qu'un jour, celles-ci le conduiraient entre quatre murs. Quoique... En regardant dans le rétroviseur du temps qui passe, il savait que le monde qui était devenu le sien aujourd'hui, ne ressemblait plus à celui qu'il connaissait dans sa jeunesse. Pas à pas mais sûrement, une espèce de police de la pensée s'était installée et, sous peine d'être muselé, inquiété, rejeté, on ne pouvait plus dire ce qu'on avait la liberté d'affirmer il y a quelques décennies. 
     
    De nature tourmentée et souvent pessimiste, dans le véhicule entièrement automatisé et guidé par les ondes qui l'emmenait, il scruptait le paysage de glace et de neige qui s'offrait à ses yeux. En effet, suite au changement climatique sous nos latitudes, les courants chauds du Gulf stream ayant quasiment cessé d'exister, la période hivernale était devenue similaire à celle qui caractérisait la Suède 25 ans plus tôt. Fort heureusement, nos forestiers avaient été prévoyants et c'est ainsi qu'ils avaient planté en abondance des pins sylvestre et des épicéas de Serbie, capables de résister à la fois à des étés secs et torrides et à un froid scandinave. Quant à ceux qui avaient misé sur les châtaigniers, les chênes, les frênes, les ormes, les noyers, les tilleuls, voire même sur des essences méditerranéennes, inutile de préciser que leurs plantations ressemblaient à de grands cimetières.

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  • Le cardinal Grech vole au secours de la "Voie synodale" allemande

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    De AC Wimmer sur Catholic News Agency :

    L'organisateur en chef du Synode de l'Église catholique sur la synodalité dénonce la critique de la "voie synodale" allemande comme de la délation

    29 août 2022

    L'organisateur en chef du Synode de l'Église catholique sur la synodalité a qualifié de "dénonciation" le nombre de critiques publiques de la "Voie synodale" allemande. Le cardinal Mario Grech a déclaré qu'il "n'était pas d'accord avec la méthode utilisée par les critiques" du processus allemand dans une interview à la publication allemande "Herder Thema". Le secrétaire général du Synode des évêques a ajouté qu'il désapprouvait le style : "Je pense qu'une correction et un dialogue fraternels sont très positifs. Mais pourquoi une dénonciation publique ? Cela n'aide pas. Cela ne fait que polariser davantage".

    Grech a également déclaré qu'il ne pouvait "pas dire pourquoi il y avait cette critique" du processus, a rapporté CNA Deutsch, le partenaire de presse en langue allemande de CNA. Il a dit qu'il avait essayé de suivre l'événement allemand. « Mais pour moi, c'est une chose de suivre ce qui est publié et une autre chose de suivre ce qui se passe réellement. C'est un processus." "Peut-être que la communication, en général, aurait pu être mieux gérée", a déclaré le cardinal. "Cela aurait contribué à une meilleure compréhension de ce qui se passait en Allemagne." Néanmoins, a-t-il dit, il a "confiance dans l'Église catholique en Allemagne et dans le fait que les évêques savent ce qu'ils font".

    Né à Qala, Malte, Grech a été ordonné prêtre en 1984, à l'âge de 27 ans, pour le diocèse de Gozo. Il était l'un des deux auteurs des directives pastorales controversées des évêques maltais sur Amoris laetitia, qui stipulaient que les catholiques divorcés et remariés, dans certains cas et après «un discernement honnête», pouvaient recevoir la communion.

    Le Synodaler Weg allemand, parfois traduit par "Voie synodale" - n'est pas un synode. Au lieu de cela, le processus initié par le cardinal Reinhard Marx est organisé par la Conférence épiscopale allemande en collaboration avec le Comité central des catholiques allemands (ZdK). L'objectif affiché est de discuter de quatre thèmes principaux : comment le pouvoir s'exerce dans l'Église ; le sacerdoce; le rôle des femmes et la morale sexuelle. Écrivant sur la "Voie synodale", le pape François a mis en garde contre la désunion dans sa lettre aux catholiques allemands en 2019.

    Le cardinal Walter Kasper, théologien allemand considéré comme proche du pape François, a averti en juin 2022 que le processus allemand risquait de "se briser le cou" s'il ne tenait pas compte des objections soulevées par un nombre croissant d'évêques dans le monde. En avril, plus de 100 cardinaux et évêques du monde entier ont publié une "lettre ouverte fraternelle" aux évêques allemands, avertissant que des changements radicaux dans l'enseignement de l'Église préconisés par le processus pourraient conduire à un schisme. En mars, une lettre ouverte des évêques nordiques a exprimé son inquiétude face au processus allemand. En février, une lettre au ton fort du président de la conférence des évêques catholiques de Pologne a suscité de vives inquiétudes.

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  • L'avortement, idole sacrée de notre société du jetable

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    Du Père Thomas Petri sur le National Catholic Register :

    L'avortement : L'idole sacrée de notre société du jetable

    La cause catholique pro-vie est extrémiste, mais pas de la façon dont les défenseurs de l'avortement le supposent.

    29 août 2022

    Les défenseurs de l'avortement et les politiciens pro-avortement sont depuis longtemps de véritables extrémistes sur la question. Toute discussion visant à limiter l'avortement dans la législation a été condamnée avec véhémence comme une tentative de restreindre le soi-disant "droit à l'avortement." L'accès illimité et sans restriction à l'avortement est devenu une idole sacrée pour de nombreuses personnes dans la culture de mort dans laquelle nous vivons. 

    Nous le savons et les défenseurs de l'avortement le savent.

    (...) Après l'arrêt Dobbs de la Cour suprême, qui a annulé Roe v. Wade, les défenseurs de l'avortement et les politiciens prétendent que la cause pro-vie est extrémiste. Ils lancent de fausses accusations selon lesquelles la grossesse est intrinsèquement dangereuse et que la décision Dobbs entraînera davantage de décès de femmes, même s'il n'existe aucune collecte fiable ou cohérente de données sur la mortalité maternelle aux États-Unis pour prouver ces affirmations. Cependant, de multiples études menées dans d'autres pays, avec de meilleures données et de meilleurs rapports, ont montré que le risque de décès prématuré lié à l'avortement est quatre fois plus élevé que celui lié à l'accouchement. Ils accusent les pro-vie de mettre en danger les femmes qui ont des grossesses extra-utérines, même si aucun médecin gynécologue-obstétricien n'aurait recours à l'avortement provoqué pour traiter un état aussi dangereux. 

    Pour être clair, la cause catholique pro-vie est extrémiste, mais pas de la manière dont les défenseurs de l'avortement le supposent. En fait, l'avortement est pour nous une question binaire, une question noire ou blanche. Il n'y a pas de gris. Les enfants à naître sont des enfants vivants : des personnes humaines créées à l'image de Dieu, avec une dignité intrinsèque et un droit inaliénable à vivre. Dans un monde devenu fou, où l'expression de soi est la seule "vérité" que beaucoup de gens reconnaissent et où l'acceptation est la seule vertu, il est inévitable que quiconque revendique une réalité objective - que les enfants à naître sont vivants et ont droit à la vie - soit taxé d'extrémiste. 

    Dans l'esprit de ce genre d'extrémisme, le pape François a déclaré publiquement que l'avortement était un "mal absolu". Dans son encyclique Evangelium Vitae (l'Évangile de la vie) de 1995, saint Jean-Paul II a noté que le droit à la vie est le droit fondamental sur lequel repose toute société et tout autre droit. Les enfants à naître sont sans voix, notait le saint pape, "au point même de ne pas avoir cette forme minimale de défense que sont les cris et les larmes poignants d'un nouveau-né". Lorsque leur vie est piétinée et rejetée, les droits et la dignité de toutes les personnes sont moins facilement défendus - c'est particulièrement le cas pour les personnes vulnérables et marginalisées. 

    Si nous reconnaissons qu'une certaine forme de mal existera dans le monde jusqu'à ce que le Seigneur Jésus-Christ mette définitivement fin à tout mal, cela n'abroge pas notre responsabilité de lutter contre le mal et d'atténuer son pouvoir dans la mesure où nous sommes capables de le faire avec talent et avec grâce. Le Seigneur a dit un jour à ses disciples : "Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; soyez donc sages comme les serpents et innocents comme les colombes" (Matthieu 10:16). Oui, soyez sages comme des serpents - ne combattez jamais le mal par le mal, et passez par les petites fentes de l'armure du mal pour limiter son pouvoir et, si j'ose dire, pour faire le bien.

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  • USA : la Géorgie reconnaît la personnalité juridique du fœtus

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Etats-Unis : La Géorgie reconnaît la personnalité juridique du fœtus

    29 Août, 2022

    Suite à l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade, une loi géorgienne de 2019, intitulée Living infants Fairness and Equality Act, est entrée en vigueur accordant la personnalité juridique à l’enfant à naître dès six semaines de grossesse, c’est-à-dire une fois qu’ « un battement de cœur humain [est] détectable ». Cette loi définit un « enfant à naître » comme « un membre de l’espèce Homo sapiens à n’importe quel stade de développement qui est porté dans l’utérus » de telle sorte que le 14ème amendement qui accorde le droit à la vie doit leur être applicable. La Cour d’appel du 11ème circuit a également reconnu que la notion de « personne » pouvait inclure les embryons et les fœtus.

    Des droits légaux accordés au fœtus

    De plus, dans un communiqué de presse du lundi 1er août, le ministère des finances géorgien a publié des directives autorisant la déclaration des embryons comme personnes à charge. Les parents du fœtus peuvent donc bénéficier d’un crédit d’impôt à hauteur de 3.000 dollars, mais aussi d’une pension alimentaire. Les enfants à naître doivent être inclus dans les recensements de population. Cette décision pourrait influencer le poids relatif des Etats, en matière électorale ou budgétaire.

    Vers la reconnaissance de la personnalité du fœtus dès la conception

    Georgia Right to Life et d’autres groupes ont demandé au gouverneur Brian Kamp de convoquer une session législative spéciale en vue d’adopter un amendement à la Constitution de l’Etat sur la personnalité fœtale. Ils souhaitent « des lois qui accordent aux fœtus les mêmes droits et protections juridiques que pour toute personne ». Si un tel amendement était adopté, aucune exception à l’avortement ne serait possible. « Un droit primordial à la vie de tous les êtres humains en tant que personnes à n’importe quel stade de développement, de la fécondation à la mort naturelle » serait en revanche affirmé.

    Les Républicains de la Chambre et du Sénat des Etats-Unis ont d’ailleurs présenté une législation qui établirait un droit à une pension alimentaire pour les enfants à naître dès leur conception, car « la vie commence à la conception », d’après les mots de Mike Johnson, député de Louisiane.

    Source : The New York Times, Kate Zernike (21/08/2022)

  • Affaire Paglia : comment détruire la morale catholique

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    De Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Affaire Paglia : comment détruire la morale catholique

    30-08-2022

    Les récentes déclarations, en Italie, du président de l'Académie pontificale pour la vie sur l'avortement ont provoqué scandale et controverse. Mais il ne s'agit pas de remarques extemporanées, il y a plutôt une intention précise de transformer toute la doctrine morale de l'Église. Monseigneur Paglia ne fait qu'accomplir la tâche qui lui a été confiée.

    Ces derniers jours, sur la chaîne de télévision publique italienne Rai 3, Monseigneur Vincenzo Paglia, président de l'Académie pontificale pour la vie, a fait des déclarations qui ont provoqué une vive polémique. Parlant de l'avortement, et en particulier de la loi 194, qui l'a rendu légal en Italie en 1978, Paglia a déclaré : "Je pense que la loi 194 est désormais un pilier de notre vie sociale". Et peu après, il a rassuré le journaliste qui l'interrogeait en affirmant qu'une réforme ou une abrogation de la loi "n'est pas en discussion". Le scandale et la controverse provoqués par cette déclaration, y compris l'appel à sa démission, sont plus que compréhensibles, notamment parce que cette déclaration est le point culminant d'une série d'interventions ambiguës sur les questions de bioéthique et de doctrine morale catholique, par lui ou ses collaborateurs de l'Académie pontificale pour la vie, comme cela s'est produit récemment sur la contraception.

    Cependant, il faut comprendre une question fondamentale : si Monseigneur Vincenzo Paglia a été mis là et est maintenu là, c'est parce qu'il y a un désir de transformer toute la doctrine morale de l'Église, et pas seulement celle qui concerne une question spécifique comme la contraception, et puisque la doctrine morale de l'Église est le cadre dans lequel s'inscrit la Doctrine sociale de l'Église, il y a un désir de transformer cette dernière en quelque chose de différent de la tradition qui est parvenue jusqu'à Benoît XVI.

    Prenons un peu de recul. En 2019, quelques jours avant que François ne ferme et transforme l'Institut Jean-Paul II sur le mariage et la famille, créé par Jean-Paul II lui-même, en le retirant de l'Université pontificale du Latran pour le baser dans l'Académie pontificale pour la vie sous la "direction" du chancelier Monseigneur Vincenzo Paglia, le Dictionnaire du sexe, de l'amour et de la fécondité, édité par José Noriega avec René et Isabelle Ecochard, a été publié. Il s'agit d'un ouvrage volumineux et important, qui reproduit pratiquement les enseignements de l'Église sur le sujet. Cette publication avait semblé être le chant du cygne de Jean-Paul II, le dernier héritage avant le nouveau cours qui, déjà à l'époque, pouvait être prédit avec confiance comme étant très différent et, en fait, contrasté. Dès que Paglia a eu entre les mains l'Institut Jean-Paul II, il a tenté de bloquer la distribution du Dictionnaire dans les librairies, et par la suite le nouvel Institut Jean-Paul II a progressivement rompu toute collaboration éditoriale avec l'ancien éditeur, y compris la publication de la revue de l'Institut "Anthropotes".

    La tentative de damnatio memoriae reposait sur le fait que le Dictionnaire reproposait la doctrine catholique traditionnelle et impérissable sur la signification du rapport sexuel entre mari et femme et défendait le caractère immuable des enseignements moraux de Humanae vitae de Paul VI. Augusto Sarmiento a traité de l'autorité doctrinale de Humanae vitae (pp. 464-469), celle que Paglia veut vider de son sens ces jours-ci ; Alfonso Fernàndez Benito a exposé les contenus du magistère antérieur (pp. 470-476) et Juan Andrés Talens Hernandis ceux du magistère postérieur (pp. 476-482) : le résultat est une continuité parfaite entre l'avant et l'après. Les trois "entrées" du Dictionnaire clarifient sans l'ombre d'un doute l'immuabilité des enseignements fondés sur le principe suivant : "La sexualité humaine, caractéristique du langage avec lequel les époux se mettent en relation dans l'acte matrimonial, a deux sens fondamentaux - le sens "unitif" et le sens "procréatif" - entre lesquels il existe un lien inséparable, que Dieu a voulu et que l'homme ne peut rompre de son propre chef" (Humanae vitae, 12).

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  • " Desiderio desideravi ", paix ou guerre liturgique ?

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    Roche images (6).jpgVers une guerre de cent ans? La « chasse aux tradis » et la volonté d’en découdre est obstinément à l’œuvre dans la curie romaine:

    Comme l’observe justement le mensuel « La Nef ,  « Desiderio desideravi, la Lettre apostolique du pape François, est une belle réflexion sur la liturgie, mais deux courts passages confirment en effet la dureté de son Motu Proprio «Traditionis custodes » au lieu d’en atténuer le trait :

    « Le pape François a publié le 29 juin dernier une Lettre apostolique, "Desiderio desideravi", « sur la formation liturgique du peuple de Dieu ».

    Après Traditionis custodes « écrit uniquement aux évêques », François a souhaité s’adresser « aux évêques, prêtres et diacres, aux personnes consacrées et aux fidèles laïcs » pour seulement partager « quelques réflexions sur la liturgie » sans chercher à être exhaustif et aborder la théologie de la messe comme Jean-Paul II l’avait fait dans Ecclesia de Eucharistia en 2003. Ces réflexions, où perce l’influence de Romano Guardini souvent cité, ne manquent pas de souffle.

    D’emblée, le pape explique que les premiers chrétiens, autour des apôtres et de la Vierge Marie, avaient conscience que la Cène du Seigneur n’était pas qu’une représentation : « Dès le début, l’Église avait compris, éclairée par l’Esprit Saint, que ce qui était visible en Jésus, ce qui pouvait être vu avec les yeux et toucher avec les mains, ses paroles et ses gestes, le caractère concret du Verbe incarné, tout de Lui était passé dans la célébration des sacrements » (n. 9). La liturgie est le lieu de rencontre par excellence avec le Christ : « Dans l’Eucharistie et dans tous les Sacrements, nous avons la garantie de pouvoir rencontrer le Seigneur Jésus et d’être atteints par la puissance de son Mystère Pascal. […] Le Seigneur Jésus qui, immolé sur la croix, ne meurt plus, et qui, avec les signes de la passion, vit pour toujours, continue à nous pardonner, à nous guérir, à nous sauver avec la puissance des Sacrements » (n. 11). C’est pourquoi le pape insiste sur la nécessité de l’émerveillement devant le mystère pascal qui doit être « l’émerveillement devant le fait que le dessein salvifique de Dieu nous a été révélé dans la Pâque de Jésus (cf. Ep 1, 3-14) dont l’efficacité continue à nous atteindre dans la célébration des “mystères”, c’est-à-dire des sacrements » (n. 25). Cela appelle à soigner la liturgie sans tomber dans le ritualisme : « La redécouverte continuelle de la beauté de la liturgie n’est pas la poursuite d’un esthétisme rituel qui ne prend plaisir qu’à soigner la formalité extérieure d’un rite ou se satisfait d’une scrupuleuse observance des rubriques. Il va de soi que cette affirmation ne vise nullement à approuver l’attitude opposée qui confond la simplicité avec une banalité débraillée, l’essentialité avec une superficialité ignorante, ou le caractère concret de l’action rituelle avec un fonctionnalisme pratique exaspérant » (n. 22).

    Le cœur du texte insiste sur « la nécessité d’une formation liturgique sérieuse et vitale », de façon à « retrouver la capacité de vivre pleinement l’action liturgique » qui « était l’objectif de la réforme du concile » (n. 27). Pour François, on n’approche pas du mystère du Christ par « une assimilation mentale d’une idée quelconque, mais en un engagement existentiel réel avec sa personne. En ce sens, la liturgie n’a pas pour objet la “connaissance”, et sa portée n’est pas essentiellement pédagogique, même si elle a une grande valeur pédagogique (cf. Sacrosanctum concilium n. 33). La liturgie est plutôt une louange, une action de grâce pour la Pâque du Fils dont la puissance atteint nos vies. La célébration concerne la réalité de notre docilité à l’action de l’Esprit qui opère par elle jusqu’à ce que le Christ soit formé en nous (cf. Ga 4, 19). La pleine mesure de notre formation est notre conformation au Christ » (n. 41).

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  • « Praedicate Evangelium » : une trahison de Vatican II ?

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur Diakonos.be :

    Deux cardinaux et un historien accusent le Pape François de trahir le Concile

    Dans la réforme de la Curie dont les cardinaux sont appelés à discuter lors du consistoire des 29 et 30 août prochains, il est un point qui « frappe en plein cœur le Concile Vatican II et constitue un point décisif pour l’avenir de l’Église ». C’est Alberto Melloni qui s’exprime ainsi, historien de l’Église, nettement progressiste et co-auteur de la plus monumentale histoire de Vatican II publiée jusqu’ici. Mais il n’est pas le seul. Deux cardinaux de premier plan et fins théologiens tels que Walter Kasper et le Canadien Marc Ouellet, qu’on ne peut certainement considérer comme conservateurs, ont eux aussi attiré l’attention sur le danger de revenir en arrière sur l’une des conquêtes de Vatican II.

    Le point qui fait débat est celui où « Praedicate Evangelium », la constitution apostolique qui a réformé la Curie, signée par le Pape François et entrée en vigueur à la Pentecôte, établit que « tout fidèle peut présider un dicastère ou un organisme » de la Curie, pour autant que le Pape lui en confère le pouvoir.

    Mais c’est précisément ce qui s’est passé dans l’Église pendant des siècles, à l’époque on l’on séparait les pouvoir d’ordre, c’est-à-dire ceux qui découlent du sacrement de l’ordination épiscopale, et les pouvoirs de juridiction, par exemple en attribuant à des abbesses une autorité de gouvernement égale à celle d’un évêque, ou en confiant un diocèse à un cardinal qui n’était ordonné ni évêque ni prêtre.

    Le premier millénaire n’a pas connu ces « aberrations ». Et c’est à la tradition d’origine que le Concile Vatican II a voulu retourner, dans la constitution dogmatique « Lumen gentium », en reprenant conscience de la nature sacramentelle plutôt que juridictionnelle de l’épiscopat et des pouvoirs qui lui sont connexes, non seulement ceux de sanctifier et d’enseigner, mais également celui de gouverner.

    Les votes sur ces points-clés, au Concile, ont eu lieu en septembre 1964. Et le nombre des opposants ne s’élevait qu’à 300 sur environ 3000. Mais aujourd’hui, avec la nouvelle Curie réformée par le Pape François, ce sont à nouveaux les premiers qui gagnent.

    Le rapport présenté le 9 mai dernier à tous les responsables de la Curie par Marco Mellino, l’évêque secrétaire du conseil restreint de cardinaux qui ont élaboré la réforme avec le Pape, republié le 9 août dans « L’Osservatore Romano », illustre bien les nouvelles règles de la Curie pour les cardinaux qui en débattront les 29 et 30 août prochains en consistoire.

    Dans ce rapport, Mellino écrit sans mâcher ses mots que même le code de droit canon, aux canons 129 § 1 et 274 § 1, doit être interprété conformément aux nouvelles règles, « selon lesquelles, le pouvoir de gouvernement n’est pas conféré par l’ordre sacré, mais bien par la réception canonique d’un office », c’est-à-dire également à des simples baptisés.

    Exactement comme l’avait expliqué le 21 mars 2022 le véritable auteur de toute cette réforme, c’est-à-dire le jésuite Gianfranco Ghirlanda, canoniste de référence du Pape François, qu’il a depuis créé cardinal, dans sa présentation à la presse de « Praedicate Evangelium » :

    « Si le préfet et le secrétaire d’un dicastère sont évêques, cela ne doit pas donner lieu à l’équivoque selon laquelle leur autorité serait issue d’un grade hiérarchique reçu, comme s’ils agissaient avec leur autorité propre, et non pas un pouvoir vicarial qui leur a été conféré par le pontife romain. Le pouvoir vicarial reçu pour remplir un office est la même s’il est reçu par un évêque, par un prêtre, par un consacré ou une consacrée, ou bien par un laïque ou une laïque ».

    Mais laissons la parole aux cardinaux Ouellet et Kasper.

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