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International - Page 12

  • Bahreïn : 30.000 personnes réunies pour la messe du pape

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    Lu sur le site du Figaro :

    À Bahreïn, 30.000 personnes réunies pour la messe du pape

    Ces manifestants, parmi lesquels figurent des militants des droits humains comme Hajar Mansour, ont brandi des pancartes à l'entrée de l'école où se tenait la rencontre lorsqu'ils ont été emmenés par la police avant d'être relâchés environ une heure plus tard, a précisé M. Alwadaei. Le pape, qui n'a pas été en contact direct avec eux à ce moment-là, a été reçu avec des danses et des fleurs à l'école du Sacré-Cœur de Manama, où il a appelé les jeunes à «dialoguer».

    «Papamobile»

    Depuis la révolte de 2011, dans le sillage des Printemps arabes, Bahreïn est régulièrement accusé par les ONG et des institutions internationales de mener une répression féroce contre les dissidents politiques, en particulier ceux de la communauté chiite, dans un pays dirigé par une dynastie sunnite. Le gouvernement assure de son côté ne pas tolérer «la discrimination» et avoir mis en place des mécanismes de protection des droits humains.

    Samedi matin, quelque 30.000 personnes de 111 nationalités, selon les autorités, se sont réunies au stade national de Bahreïn à Riffa, la plus grande enceinte du pays, au sud de Manama, pour assister à la messe du pape. Ce dernier a salué la foule à bord de sa «Papamobile», embrassant et bénissant des bébés sur son passage avant de prononcer une homélie en espagnol.

    Marguerite Heida, 63 ans, s'est dite «chanceuse» d'assister au «plus grand événement de l'année». «Les gens vont généralement en Italie pour voir le pape et n'y arrivent pas toujours. Je l'ai vu hier à l'église et je le verrai aujourd'hui. J'ai aussi pu lui serrer la main et obtenir sa bénédiction», a confié cette chrétienne de Bahreïn. Le royaume, qui a formalisé ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège en 2000, compte quelque 80.000 catholiques selon le Vatican, principalement des travailleurs asiatiques.

  • Iran : le simple fait d'être chrétien suffit à vous faire arrêter

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    De kath.net/news :

    Iran : être chrétien suffit pour se faire arrêter

    6 novembre 2022

    Le gouvernement britannique a publié un rapport sur la persécution de la minorité chrétienne en Iran.

    La persécution de la minorité chrétienne en Iran se poursuit sans relâche. C'est le résultat d'un rapport du gouvernement britannique, rapporte Fox News .

    Selon le rapport, le simple fait d'être chrétien suffit à vous faire arrêter. De nombreuses arrestations sont effectuées lors de descentes de police dans des rassemblements religieux. Les chrétiens évangéliques et les personnes qui se sont converties de l'islam au christianisme sont plus souvent touchés par les arrestations et les emprisonnements que la moyenne, a rapporté le gouvernement britannique dans un rapport présenté en septembre.

    En Iran, il y a entre 500 000 et 800 000 chrétiens sur une population totale de 86,7 millions. D'autres estimations évaluent le nombre de chrétiens à plus d'un million. L'Iran est une république islamique. La religion d'État est la version chiite de l'islam, selon laquelle il y a au total douze imams. Selon les chiffres officiels, 99,6 % de la population iranienne professe l'islam.

    Fox News a interrogé le chrétien iranien Mansour Borji, qui dirige l'ONG Article 18, sur les options dont disposent les États-Unis et d'autres puissances mondiales pour faire quelque chose contre la persécution des chrétiens en Iran. Borji a répondu que l'une des méthodes les plus efficaces utilisées par les gouvernements occidentaux est les sanctions contre les oligarques iraniens proches du régime et vivant à l'étranger. Leurs avoirs pourraient être gelés, il pourrait leur être interdit d'entrer dans le pays. Beaucoup de ces personnes ont joué un rôle important dans l'introduction de la discrimination et de l'oppression pratiquées par le régime iranien actuel.

    Un porte-parole du département d'État américain a déclaré que les États-Unis soulèveraient les violations des droits de l'homme par l'Iran aux Nations unies et dans d'autres forums multinationaux. Des informations sur d'éventuelles cibles de sanctions seraient échangées en coordination avec les pays partenaires.

  • RDC : Avec « L’Empire du silence », deux soirées pour dénoncer l’impunité autour du martyre du peuple congolais

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    Lu dans la « Libre Afrique » :

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    « Le dernier film du cinéaste belge Thierry Michel est au cœur de deux soirées spéciales : l’une ce mercredi à 20h25 sur La Une RTBF et l’autre, le 14 novembre à Bozar (Bruxelles).

    Ni repos, ni répit. Depuis près de 25 ans, des hordes de belligérants s’abattent par vagues successives sur le territoire congolais. Dans l’Est de la RDC particulièrement, la population est soumise à une insécurité permanente. Ce martyre silencieux est au cœur du dernier film de Thierry Michel.

    En trente ans de voyage au Congo, le cinéaste a accumulé une somme de témoignages, d’images d’archives et d’analyses sur le pays-continent dont le destin fut longtemps lié à la Belgique. Dans L’Empire du silence, le réalisateur belge dénonce le chaos en cours au Congo et l’insoutenable impunité de ses auteurs. Depuis plus de vingt ans, les effets dévastateurs de la guerre s’y sont étendus sans que jamais ses instigateurs nationaux et internationaux ne soient inquiétés. C’est contre cette impunité que s’érige le film relayant notamment la voix du prix Nobel de la paix congolais, le Dr Denis Mukwege.

    Le Congo face à l’appétit du Rwanda et de l’Ouganda

    La première vertu de L’Empire du silence*** est sa formidable clarté. Même un public néophyte, qui ne connaîtrait rien des méandres de l’histoire congolaise, y retrouvera son chemin. De 1990 à nos jours, le cinéaste retrace le tragique destin d’une population soumise aux exactions sans fin des innombrables factions rebelles et troupes en présence depuis plus de vingt ans sur son territoire. Singulièrement depuis 1994 et le déclenchement du génocide des Tutsis dans le Rwanda voisin, entraînant l’exode de centaines de milliers de Hutus rwandais sur les terres congolaises.

    Le cinéaste croise les témoignages d’officiels de nationalités multiples ayant œuvré au sein des Nations Unies et du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), mais aussi de civils et témoins (journalistes et responsables de la Croix Rouge congolais) pris en étau dans les territoires de l’Est du Congo convoités pour leur incroyable richesse géologique. Il met ainsi en lumière les mécanismes prédateurs qui maintiennent la population dans la terreur et ont permis à d’anciens chefs de guerre de se frayer un chemin jusqu’aux postes les plus élevés de l’armée régulière congolaise. Car si les troupes étrangères, principalement rwandaises et ougandaises, sont responsables d’attaques, pillages et actes de barbarie par milliers sur le territoire de la RDC, les troupes gouvernementales et groupes armés congolais ont également commis d’innombrables crimes de guerre en Ituri, dans le Kivu et au Kasaï.

    Le film cite souvent le rapport Mapping, réalisé en 2010, documentant plus de 600 violations, les plus graves, des droits de l’Homme et du droit international commises en RDC entre mars 1993 et juin 2003. Un rapport qui, à ce jour, est toujours « resté enfoui dans un tiroir » de l’Onu.

    Parcours de cinéma, de Charleroi à Kinshasa

    Thierry Michel connaît bien le pays pour l’avoir arpenté en long et en large depuis Le Cycle du serpent (1992) en passant par Mobutu Roi du Zaïre (1999) jusqu’à son avant-dernier film sur le Docteur Denis Mukwege rebaptisé L’homme qui répare les femmes (2015). C’est dans le sillage du combat du célèbre médecin et prix Nobel de la paix 2018 que s’inscrit L’Empire du Silence***.

    Ce onzième film, réalisé au Congo par Thierry Michel, prend la forme d’un plaidoyer en faveur de la justice transitionnelle afin que soient jugés les responsables de crimes de guerre et reconnu le droit des victimes. Il pointe le silence international, l’inaction des autorités congolaises et la complicité de nombreuses compagnies étrangères exploitant les précieux minerais congolais. Après sa présentation dans divers festivals et au cours d’une tournée au Congo organisée fin août – début septembre à Kinshasa, Bukavu, Goma et Kisangani, le film sera visible ce mercredi à 20h25 sur La Une. Sa diffusion sera suivie d’un débat à 22h15. Dans la foulée (23h25), on pourra également revoir un autre film de Thierry Michel, Enfants du hasard, tourné dans sa région natale.

    Cette soirée préfigure la participation du cinéaste aux Grandes conférences catholiques le 14 novembre à Bozar. Soirée au cours de laquelle sera retracé son parcours, de Charleroi à Kinshasa, en passant par le Brésil et l’Iran.

    Karin Tshidimba »

    Ref. RDC : Avec « L’Empire du silence », deux soirées pour dénoncer l’impunité autour du martyre du peuple congolais

    ...Dans une éternelle série na balokuta, de poker menteurs : nationale, transfrontalière et internationale, entretenant  un imbroglio dont on n’aperçoit hélàs pas la fin (JPSC).

  • Brésil : la victoire de Lula, président sans majorité

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    Lu sur le site web « aleteia » sous la signature de Jean-Baptiste Noé ( 03/11/22):

    Avec un score très étriqué, Luis Ignacio Lula da Silva parvient à se faire réélire président du Brésil, après deux premiers mandats entre 2003 et 2011 marqués par la corruption. Une victoire difficile, pour le géopoliticien Jean-Baptiste Noé, qui pronostique le mandat d’un président impuissant, tant ses marges de manœuvre sont faibles »

    « Sans surprise, Lula da Silva a été réélu président du Brésil. Sans surprise tant sa victoire était annoncée depuis des mois. Mais le score final, des plus étriqués, montre que son adhésion populaire est loin d’être au rendez-vous. Il récolte à peine 50,9% des voix contre 49,1% pour Jair Bolsonaro. Une étude cartographique des résultats montre un nord, notamment le Nordeste, acquis à la cause de Lula et un sud fidèle à Bolsonaro. Brasilia, Sao Paulo et Rio de Janeiro ont majoritairement voté pour le président sortant, quand les territoires amazoniens du nord se sont portés vers le candidat du Parti des travailleurs. Au lendemain de cette élection, le Brésil est coupé en deux, à la fois idéologiquement et géographiquement.

    Si Lula conserve une très forte base populaire dans certaines régions, nombreux sont les Brésiliens qui ne veulent pas revivre les années de corruption qui ont vu la condamnation de l’ancien président, qui a dû passer plusieurs mois par la case prison, et la destitution en 2016 de son successeur Dilma Rousseff. Pour Lula, la tâche est donc immense : il lui faut à la fois réconcilier un Brésil divisé et ne pas donner le flanc à de nouveaux problèmes de corruption, d’autant qu’un certain nombre d’enquêtes sont toujours en cours.

    Président impuissant ?

    À peine élu, son mandat est d’ores et déjà diminué. De par son âge d’abord. Âgé de 77 ans, il aura 81 ans à la fin de son mandat, ce qui rend peu probable une nouvelle candidature. Insidieusement, la course à sa succession au sein de son propre camp va se mettre en mouvement très rapidement, réduisant d’autant son autorité. Pour gagner cette élection, il a constitué une alliance électorale très large, allant de l’extrême gauche au centre droit. Si cela fut bénéfique pour assurer la victoire finale, ce sera beaucoup plus compliqué pour assurer une politique gouvernementale tant il devra maintenir ensemble des personnes qui ont des vues politiques et économiques fort différentes. Maintenir une unité gouvernementale quatre ans durant ne sera pas une mince affaire, d’autant que Lula ne dispose pas de majorité au Parlement. 

    Le Brésil a aujourd’hui une tête de Lula et un corps de Bolsonaro, ce qui réduit d’autant les marges d’action du président nouvellement élu.

    C’est en effet une particularité du système électoral brésilien : tout un ensemble d’élections se tiennent au même moment que les présidentielles, notamment celles des municipales, des gouverneurs et des députés. Or si Lula a gagné la présidentielle, c’est le parti de Bolsonaro qui a largement gagné les autres. Le Brésil a aujourd’hui une tête de Lula et un corps de Bolsonaro, ce qui réduit d’autant les marges d’action du président nouvellement élu. Le Congrès lui est hostile et le parti de Bolsonaro est très fortement implanté dans tous les échelons locaux. Face à cet état de fait politique, il va être très difficile à Lula de faire passer ses réformes, ce qui ne pourra que susciter une grande déception chez ses électeurs. Sitôt élu, il est déjà un président impuissant.     

    Quel rôle international ?

    Lula pourra se reporter sur la scène internationale pour tenter de redonner au Brésil une impulsion de leader en Amérique latine. Mais là aussi les temps ont changé depuis 2011. En Bolivie et au Venezuela, c’est une gauche plus radicale qui est au pouvoir et il n’est pas certain que les relations soient très bonnes. C’est peut-être avec le voisin nord-américain que les choses seront plus aisées. Lula est un atlantiste, favorable à la venue des entreprises américaines au Brésil, beaucoup plus aligné sur la politique étrangère de Washington que ne l’était Bolsonaro. Bien que celui-ci fut surnommé le « Trump des Tropiques », sa défaite est plutôt une bonne chose pour les États-Unis qui trouvent en Lula un partenaire plus souple et plus docile. 

    Reste la question de la France. Grâce à la Guyane, le Brésil est le pays avec lequel la France dispose de la plus longue frontière terrestre ; c’est donc notre voisin qui connaît aujourd’hui un nouveau président, ce qui ne réduira pas les nombreux contentieux : orpaillage illégal, trafic de migrants et de drogue, il y a fort à faire pour surveiller et protéger une zone grise essentielle pour la souveraineté de la France même si elle ne passionne pas trop les esprits du côté de Paris. Dans les relations transatlantiques, les dossiers ne manquent pas non plus pour le nouveau président.  

    Lire aussi :Revue de presse : Au Brésil, l’Église espère la réconciliation après les élections

    Lire aussi :Au Brésil, rien n’est trop grand pour l’archange saint Michel

    Ref.

    Brésil : la victoire de Lula, président sans majorité

  • Le Pape est parti ce jeudi pour un voyage apostolique de quatre jours à Bahreïn

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    D'Edward Pentin sur le National Catholic Register :

    Logo du voyage de François au Bahreïn

    Le Pape part jeudi pour un voyage apostolique de quatre jours à Bahreïn

    Mardi, le pape a demandé des prières pour son voyage "afin que chaque rencontre et événement soit une occasion fructueuse de promouvoir, au nom de Dieu, la cause de la fraternité et de la paix".

    2 novembre 2022

    Déjà premier pape à avoir posé le pied sur la péninsule arabe, un pape François de plus en plus immobile retourne dans le golfe Persique jeudi et deviendra le premier souverain pontife à visiter le royaume de Bahreïn. Ce voyage apostolique de quatre jours sera le dixième de François dans une nation à majorité musulmane et son 39e voyage apostolique hors d'Italie.

    Bahreïn a une petite présence catholique d'environ 80 000 personnes, dont la plupart sont des travailleurs migrants d'Asie, sur une population d'environ 1,3 million d'habitants.

    Mercredi, le pape a déclaré aux pèlerins lors de son Angélus de la Toussaint qu'il s'agira d'un "voyage sous le signe du dialogue", faisant allusion à la conférence interreligieuse à laquelle il participera vendredi. Il a ajouté qu'au cours de son voyage, il aura "l'occasion de dialoguer avec des représentants religieux, notamment islamiques".

    La conférence, une initiative du roi de Bahreïn Hamad bin Isa Al Khalifa, est intitulée "Forum de Bahreïn pour le dialogue : L'Orient et l'Occident pour la coexistence humaine", se tiendra les 3 et 4 novembre à Awali, sur l'île de Bahreïn, la plus grande des 50 îles naturelles et des 33 îles artificielles de l'archipel du royaume, à proximité de la capitale Manama.

    Le Centre mondial pour la coexistence pacifique du roi Hamad a lancé plusieurs initiatives ces dernières années dans le but de promouvoir une culture de coopération et de dialogue.

    Lors de cet événement, François se joindra à Mohammed Al Tayeb, grand imam de l'université Al Azhar du Caire et président du Conseil musulman des anciens, ainsi qu'à un certain nombre d'éminentes personnalités intellectuelles et de représentants religieux du monde entier.

    La conférence a lieu près de quatre ans après que le pape a signé le "Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et le vivre ensemble" avec Al Tayeb à Abu Dhabi en 2019 - sa première visite historique dans la péninsule arabique.

    Ce document, décrit par le Vatican comme "courageux et prophétique" et une "étape importante" dans les relations entre catholiques et musulmans, a suscité la controverse pour un passage qui affirmait que la "diversité des religions" est "voulue par Dieu." Selon les critiques, cette déclaration, qui reste dans le document, contredit le commandement de Jésus de faire des disciples de toutes les nations.

    Aucun document ne devrait émaner de la réunion de vendredi, mais il est prévu que le pape s'adresse aux participants lors de la cérémonie de clôture. Ce discours sera suivi d'une rencontre privée avec Al Tayeb, d'une allocution devant les membres du Conseil des anciens musulmans et d'un discours à l'occasion d'une réunion œcuménique et d'une prière pour la paix. Ce dernier événement aura lieu dans la nouvelle cathédrale Notre-Dame d'Arabie d'Awali, consacrée l'année dernière. Le pape bénira la cathédrale, la première à être construite à Bahreïn.

    L'évêque Paul Hinder, administrateur apostolique de l'Arabie du Nord, a déclaré à Vatican News le 1er novembre que la visite visait à maintenir et à approfondir "le dialogue interreligieux avec les musulmans, non seulement les sunnites, mais aussi les chiites et d'autres courants du monde musulman, et d'autre part à encourager le troupeau de catholiques et les chrétiens en général, mais surtout les catholiques qui vivent dans cette situation particulière".

    Le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, a déclaré aux journalistes la semaine dernière que Bahreïn "est une terre ancienne où coexistent différents groupes nationaux, ethniques et religieux et, par conséquent, c'est une étape précieuse dans le voyage de fraternité que le pape a entrepris."

    Les groupes de défense des droits de l'homme ont demandé au pape de faire pression, en public et en privé, sur le roi Hamad pour qu'il mette fin aux violations des droits de l'homme pendant son séjour dans le pays, notamment en commuant les condamnations à mort, en interdisant toute forme de torture et de mauvais traitements, en libérant les prisonniers politiques et les journalistes et en mettant fin aux abus contre les travailleurs migrants.

    Après un accueil officiel à la base aérienne de Bahreïn à Awali peu avant 17 heures (heure locale) jeudi, le pape rendra une visite de courtoisie au roi Hamad au palais royal de Sakhir, une résidence du désert utilisée pour les événements cérémoniels, avant d'assister à une cérémonie de bienvenue dans la cour du palais. Le Pape rencontrera ensuite les autorités, la société civile et le corps diplomatique.

    Après avoir assisté à la conférence interreligieuse vendredi, le pape François célébrera samedi une messe au stade national de Bahreïn à laquelle 20 000 fidèles sont attendus, suivie d'une rencontre avec des jeunes à l'école du Sacré-Cœur d'Awali.

    Dimanche, le pape s'adressera à une réunion de prière et récitera l'Angélus avec des évêques, des prêtres, des religieux, des séminaristes et des agents pastoraux à l'église du Sacré-Cœur de Manama avant d'être reconduit à la base aérienne d'Awali pour son vol de retour à Rome. Il doit arriver à l'aéroport Fiumicino de Rome à 17 heures. 

    Comme lors de ses récents voyages au Canada et au Kazakhstan, François devrait utiliser un fauteuil roulant pour se déplacer en raison de problèmes de santé.

    Selon sa propre coutume avant et à la fin de ses voyages, il s'est rendu mercredi à la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome pour demander la bénédiction de la Vierge. C'était la 100e visite de François à la basilique. 

    Il a également demandé des prières pour son voyage lors de son Angélus de la Toussaint : "Je demande à tous de m'accompagner dans la prière, a-t-il dit, afin que chaque rencontre et chaque événement soit une occasion fructueuse de promouvoir, au nom de Dieu, la cause de la fraternité et de la paix, dont notre époque a tant besoin et de façon si urgente."

    Edward Pentin a commencé à faire des reportages sur le pape et le Vatican à Radio Vatican avant de devenir le correspondant à Rome du National Catholic Register d'EWTN. Il a également réalisé des reportages sur le Saint-Siège et l'Église catholique pour un certain nombre d'autres publications, dont Newsweek, Newsmax, Zenit, The Catholic Herald et The Holy Land Review, une publication franciscaine spécialisée dans l'Église et le Moyen-Orient. Edward est l'auteur de The Next Pope : The Leading Cardinal Candidates (Sophia Institute Press, 2020) et The Rigging of a Vatican Synod ? Une enquête sur les allégations de manipulation lors du Synode extraordinaire sur la famille (Ignatius Press, 2015). Suivez-le sur Twitter à l'adresse @edwardpentin.

  • Quand la persécution anti-chrétienne se mondialise

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    De Mauro Faverzani sur Corrispondenza Romana :

    A présent, la persécution anti-chrétienne est mondiale.

    2 novembre 2022

    Après les États-Unis, les "crimes de haine" contre l'Église catholique sont également en hausse au Canada, augmentant de 260 % en une seule année, passant de 43 en 2020 à 155 en 2021. C'est ce que révèle un récent rapport publié par l'agence gouvernementale des statistiques. 

    Il s'agit principalement de vandalismes, de profanations, de menaces envers les prêtres et d'incendies dans les paroisses, les chapelles et les oratoires. De nombreuses communautés de fidèles se plaignent de l'absence de réponse à des actes aussi odieux : les institutions responsables brillent par leur latitude, leur indifférence, leur négligence, le gouvernement et les médias n'en parlent pas et, par conséquent, n'abordent pas le problème.

    L'alarme n'est pas seulement locale : selon la directrice de l'Observatoire de l'intolérance et de la discrimination envers les chrétiens en Europe, Madeleine Enzbelger, la tendance du phénomène est désormais mondiale. En fait, même au-delà des frontières du Vieux Continent, les cas d'intolérance se multiplient.

    En Inde, par exemple, dans l'État d'Assam, au nord-est du pays, trois citoyens suédois munis de visas de tourisme - Annah Mikaela Bloom, Marcus Arne Henrik Bloom et Susanna Elisabeth Hakannson - ont été arrêtés puis expulsés pour avoir simplement organisé des réunions de prière. Cependant, chacun d'entre eux s'est vu infliger une amende de 500 euros pour avoir enfreint la réglementation sur les visas avant le départ. Qui plus est, le gouvernement mène actuellement une enquête à leur encontre, afin de déterminer s'ils sont également coupables du "crime" de "conversions religieuses", "une accusation sans fondement", comme l'a fait remarquer Allen Brooks, porte-parole du Forum chrétien d'Assam, dans une interview accordée à UCA News. Swetank Mishra, surintendant de la police du district de Dibrugarh, n'est pas du même avis. Il est convaincu de disposer de preuves à cet effet, notamment de photos et de vidéos. En particulier, l'article 14 modifié de la loi sur les étrangers de 1946 aurait été violé.

    En Australie, Andrew Thorburn, directeur général d'une équipe de football, l'Essendon Football Club, qui fait partie de l'Australian Football League, a été contraint de démissionner de son poste un jour seulement après avoir pris ses fonctions, au motif qu'il considérait l'homosexualité comme un péché et l'avortement comme un meurtre, conformément à sa foi chrétienne. Aucune solidarité ne lui est d'ailleurs venue de la part de la direction du club : selon The Age, son président, David Barham, l'a immédiatement confronté au choix entre ses convictions et l'équipe. La décision, qu'il a dû prendre, était douloureuse mais inévitable.

    Joel Agius a écrit dans le Spectator Australia que Thorburn a été littéralement "assailli par une rhétorique haineuse incessante de la part de fanatiques anti-chrétiens, se ralliant contre lui". Il ne s'agit pas de victimisation. Il s'agit de la persécution d'un chrétien en Occident par ceux qui prêchent souvent la tolérance. Il semble que la persécution des chrétiens fasse un retour en force". L'index est pointé, en particulier - comme l'a rapporté InfoCatòlica - contre le mouvement woke et l'idéologie de la cancel culture, étroitement liés aux cercles gauchistes et anarchistes. "Je suis profondément troublé", a déclaré l'archevêque catholique de Melbourne, Peter Comensoli, dans une interview accordée à la station de radio Talk 3AW, "C'est un fait plutôt étrange que des personnes soient jugées indignes d'atteindre le sommet en raison de leurs convictions chrétiennes. Maintenant, bien sûr, Thorburn pourrait poursuivre pour discrimination religieuse. Dans une déclaration publiée après sa démission, il a lui-même souligné que l'incident constitue indubitablement un danger, qui menace tous les croyants : "Les chrétiens continueront sans aucun doute à être persécutés dans la société de bien des manières, mais nous ne devons pas laisser cela nous décourager de continuer à vivre et à partager notre foi avec les autres", a écrit Joel Agius dans le Spectator Australia. Elle a contribué à établir une morale, mais maintenant, il y a des gens qui cherchent à changer complètement notre culture en la dépouillant de toute moralité. Les chrétiens doivent continuer à être courageux et à défendre ce en quoi ils croient, quoi qu'il arrive". Sans restrictions, sans "si" et sans "mais". En un mot, l'heure n'est pas à la paresse.....

  • Le président Biden, l'archevêque Paglia et la mortification de l'Église

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    De George Weigel sur The Catholic World Report :

    Le président Biden, l'archevêque Paglia et la mortification de l'Église

    Allons-nous maintenant avoir des hérétiques qui nient la divinité du Christ nommés comme membres du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, au nom du "dialogue" ?

    2 novembre 2022

    Aucune personne qui a travaillé à Washington pendant plus de quatre décennies, comme moi, ne peut imaginer Joseph Robinette Biden, Jr, comme l'un des couteaux les plus tranchants du tiroir. Même avec le recul de 31 ans, sa tentative d'enseigner la théorie du droit naturel au futur juge Clarence Thomas lors des auditions de confirmation de ce dernier est toujours aussi répugnante. Il s'est autodétruit lors de plusieurs campagnes présidentielles à cause de gaffes verbales (et de plagiats). Tout récit honnête de son succès dans l'obtention de la nomination démocrate de 2020 concédera qu'il a été plus ou moins consacré par la crainte que Bernie Sanders, le socialiste du Vermont qui a passé sa lune de miel dans le Moscou de la guerre froide, ne conduise le parti au bord du précipice.

    Aujourd'hui, il est évident pour toute personne ayant la moindre connaissance de la médecine gériatrique que M. Biden est atteint de troubles cognitifs. Le fardeau de l'âge s'est donc superposé à l'incapacité intellectuelle, et l'habituelle fanfaronnade de M. Biden n'est plus qu'une mince couverture pour le dysfonctionnement, l'indiscrétion et une malpropreté après l'autre. Compte tenu de ces réalités, les éthiciens peuvent débattre du degré de culpabilité morale de M. Biden pour sa politique incessante en faveur de l'avortement, qui s'est intensifiée depuis que la Cour suprême a, à juste titre, jeté Roe v. Wade à la poubelle de l'histoire jurisprudentielle en juin dernier. Objectivement parlant, cependant, M. Biden est devenu non seulement un embarras pour l'Église, mais un contre-témoin de l'Évangile que l'Église proclame.

    Sentant, avec d'autres démocrates, que les vents politiques soufflaient dans une direction défavorable alors que les élections de mi-mandat de 2022 entraient dans la dernière ligne droite, l'homme qui claironne effrontément qu'il enfoncera son chapelet dans la gorge de quiconque mettra en doute sa bonne foi catholique a annoncé que sa première action, si les démocrates contrôlaient à la fois la Chambre et le Sénat en janvier 2023, serait de "codifier" Roe v. Wade par voie législative.

    En fait, ce que M. Biden et ses partisans proposent est l'attaque la plus draconienne que l'on puisse imaginer contre le droit à la vie : une licence d'avortement à l'échelle nationale qui, au nom de menaces non spécifiées pour la "santé" maternelle, légaliserait le démembrement d'un enfant à naître jusqu'à la naissance. Le projet de loi proposé par Biden et les démocrates laisse la définition de la "santé" si vague qu'elle autorise les avortements tardifs, en cas de problèmes de "santé mentale" qui peuvent être pratiquement tout et n'importe quoi.

    En promouvant un permis de tuer pratiquement sans restriction, M. Biden s'est déclaré en dehors de la pleine communion de l'Église. Les prêtres et autres personnes qui ont dit à cet homme superficiel et mal catéchisé que sa position sur l'avortement pouvait être conciliée avec la pleine communion avec l'Église catholique portent le plus lourd fardeau de la responsabilité morale - tout comme les évêques appelés à exercer un soin pastoral pour M. Biden. Mais il ne fait aucun doute que, objectivement, le président Biden s'est mis dans une position de communion diminuée, défectueuse, avec l'Église qu'il aime. Ce qui est dommage, c'est que ce qu'il aime, il ne le connaît pas. Et l'amour sans la connaissance est un simple sentiment.

    Il y a aussi Mgr Vincenzo Paglia, président de l'Académie pontificale pour la vie. Nous étions, j'imagine, amis autrefois. Au milieu des années 1990, nous avons travaillé avec le regretté cardinal William Keeler pour faire ériger un mémorial au cardinal James Gibbons de Baltimore dans la basilique de Santa Maria in Trastevere, dont Mgr Paglia était alors le recteur. En 1887, le cardinal Gibbons a prononcé dans cette vénérable basilique, qui venait de devenir son église romaine "titulaire", un sermon qui anticipait l'enseignement du Concile Vatican II sur l'Église et l'État. Keeler et moi avons pensé que ce moment devait être commémoré, et Paglia n'aurait pas pu être plus utile pour faire aboutir le projet, suggérant même que le mémorial Gibbons soit mis en parallèle dans le sanctuaire de la basilique avec un mémorial à un autre grand défenseur de la liberté religieuse, le cardinal polonais Stefan Wyszyński, aujourd'hui béatifié.

    Mais c'était à l'époque, et nous sommes aujourd'hui. Et l'archevêque, qui a présidé à la déconstruction de l'Académie Pontificale de la Vie telle que le Pape Saint Jean Paul II l'avait créée, n'est plus l'homme que j'ai connu il y a trois décennies. Ainsi, Mgr Paglia a récemment accepté la nomination du professeur Mariana Mazzucato, une économiste pro-avortement, comme membre de l'académie pontificale, au nom d'un "dialogue interdisciplinaire, interculturel et interreligieux fructueux."

    Il s'agit là d'une absurdité des plus superficielles, voire d'une duplicité. Devons-nous maintenant avoir des hérétiques qui nient la divinité du Christ nommés comme membres du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, au nom du "dialogue" ? Ou des antisémites appelés à des postes officiels au Vatican au nom d'un "dialogue" sur le judaïsme ?

    La mortification de l'Église se poursuit. Elle nous renforcera dans la vérité, en fin de compte. Mais c'est tout de même une mortification.

    George Weigel est Distinguished Senior Fellow du Ethics and Public Policy Center de Washington, où il est titulaire de la chaire William E. Simon en études catholiques. Il est l'auteur de plus de vingt livres, dont Witness to Hope : The Biography of Pope John Paul II (1999), The End and the Beginning : Le pape Jean-Paul II - La victoire de la liberté, les dernières années, l'héritage (2010), et L'ironie de l'histoire catholique moderne : How the Church Rediscovered Itself and Challenged the Modern World to Reform (2010). Ses livres les plus récents sont The Next Pope : The Office of Peter and a Church in Mission (2020), et Not Forgotten : Elegies for, and Reminiscences of, a Diverse Cast of Characters, Most of Them Admirable (Ignatius, 2021).

  • Procès du cardinal Zen : les avocats de la défense demandent l’abandon des charges

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    De Camille Westphal Perrier sur Info Chrétienne :

    Hong Kong : les avocats du cardinal Zen demandent à ce que les charges retenues contre lui soient abandonnées

    Le procès du cardinal Zen, grand défenseur de la démocratie, et de ses coaccusés à repris hier, lundi 31 octobre, à Hong Kong. Les avocats de la défense demandent l’abandon des charges. 

    Le procès du cardinal Zen, arrêté avec cinq autres militants pro-démocratie en mai pour « collusion avec des forces étrangères »,  se poursuit à Hong Kong au tribunal de West Kowloon.

    Il n’a toutefois, à ce stade, pas été inculpé pour cette infraction qui lui ferait encourir la prison à vie, selon la loi de sécurité nationale imposée par Pékin en 2020.

    Avec ses coaccusés, parmi lesquels la chanteuse Denise Ho, l’avocate Margaret Ng, il n’est pour l’instant jugé que pour défaut d’enregistrement d’un fonds en tant que société. Il s’agit du fonds « 612 Humanitarian Relief Fund », dont il était l’un des administrateurs, qui était destiné à financer une partie des frais judiciaires et médicaux des personnes arrêtées lors des gigantesques manifestations pro-démocratie de 2019.

    Les accusés encourent une amende de 10.000 dollars de Hong Kong (1.300 euros). Ils ont tous plaidé non-coupable.

    La semaine dernière, l’accusation avait la parole, hier lundi 31 octobre, c’était au tour des avocats de la défense de s’exprimer.

    L’accusation a plaidé mercredi 26 octobre que le fonds était de nature politique et était donc tenu de s’enregistrer.

    Asia News rapporte que l’équipe juridique des accusés a demandé que les charges qui pèsent contre le cardinal et les autres administrateurs du fonds soient abandonnées. Les avocats de la défense estiment en effet que selon l’Ordonnance sur les Sociétés, ils n’avaient pas l’obligation d’enregistrer le fonds comme tel.

    L’arrestation du cardinal Zen a suscité l’indignation dans de nombreux pays occidentaux, qui accusent la Chine de mettre fin aux libertés autrefois promises à Hong Kong.

    Jeudi 27 octobre, le même tribunal a condamné un pasteur protestant, Garry Pang Moon-yuen, pour sédition. Il est le premier membre du clergé chrétien à avoir été condamné pour ce motif depuis la loi sur la sécurité nationale.

  • Des dizaines de villageois catholiques auraient été tués lors d'un raid dans le centre du Nigeria

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    De Douglas Burton sur Catholic News Agency :

    Des dizaines de villageois catholiques auraient été tués lors d'un raid dans le centre du Nigeria

    29 octobre 2022

    Les détails continuent d'émerger après un raid violent mené par des bergers fulanis le 19 octobre dans l'État de Benue, au centre du Nigeria, qui aurait fait des dizaines de morts parmi les villageois catholiques.

    La police et le clergé s'accordent à dire que le raid a eu lieu en représailles au meurtre de quatre bergers fulanis plus tôt dans la semaine, lors d'un affrontement entre bergers et agriculteurs défendant leurs cultures.

    Les comptes diffèrent quant au nombre exact de personnes tuées lors du raid du 19 octobre.

    Un président du comté, Kartyo Tyoumbur, a déclaré à CNA qu'au moins 71 habitants de Gbjeji - dont la quasi-totalité étaient des fidèles de la branche paroissiale de l'église catholique romaine de St Michael - ont été tués dans l'attaque. Il a déclaré qu'au moins 35 corps ont été retrouvés après le raid et que 36 autres corps ont été retrouvés plus tard dans des champs adjacents. Parmi les morts figurent des femmes et des enfants, ainsi que deux policiers, a-t-il précisé.

    "Les terroristes fulanis sont arrivés à 6 heures du matin et ont commencé à tirer sans discernement", a déclaré à CNA par SMS un prêtre local, le père Samuel Fila, qui se trouvait à l'extérieur du village lors d'une assemblée cléricale au moment de l'attaque. Il a déclaré qu'environ 200 assaillants ont participé à un raid bien coordonné, brûlant des maisons et tailladant à la machette des villageois en fuite.

    "Le village est actuellement désert", a-t-il relaté. Cependant, Wale Abass, le commissaire de police de l'État de Benue, a fourni un bilan beaucoup plus faible de "pas plus de 10 morts, dont un policier". "Les chiffres plus élevés peuvent être dus à l'exagération des journaux ou au fait que certaines familles emmènent les cadavres de leurs proches loin des zones de tuerie avant qu'un décompte officiel puisse être effectué", a déclaré Abass à CNA dans un entretien téléphonique. "Nous disposons d'une équipe combinée de 20 policiers et de 15 soldats qui suivent des pistes pour localiser les assaillants et les hommes locaux qui ont tué les éleveurs", a-t-il ajouté, précisant qu'aucune arrestation n'a été effectuée à ce jour.

    L'État de Benue - qui n'autorise pas le pâturage libre des troupeaux de bétail en déplacement - est limitrophe des États de Nasarawa au nord et de Taraba à l'est et a été le théâtre de fréquentes attaques terroristes sanglantes menées par des extrémistes musulmans depuis 2019. Les clans d'éleveurs appartiennent à l'ethnie fulani, qui revendique jusqu'à 10% de la population du Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique.

    Gbeji (prononcé (BEH-jee) est une ville agricole isolée de 5 000 habitants située à deux miles à l'ouest de la frontière de l'État avec Taraba. Les villageois catholiques y reçoivent des visites de la paroisse Saint-Thomas d'Afia, à environ 10 km au sud de Gbeji.   

    Le raid a eu lieu en réponse à un violent affrontement survenu plus tôt dans la semaine. Lundi 17 octobre, des agriculteurs locaux munis de fusils artisanaux à un coup avaient affronté et tué quatre bergers fulanis dont les troupeaux menaçaient les cultures mûres, a expliqué le père Fila à CNA. "Mardi, les bergers ont menacé d'attaquer le village", a-t-il ajouté.

    Les agriculteurs de l'ensemble de l'État de Benue, souvent appelé le "grenier à blé du Nigeria", sont confrontés à une réduction des récoltes en raison d'inondations inhabituelles ainsi qu'à la peur généralisée d'être assassinés par des terroristes armés lorsqu'ils tentent de récolter. Des millions de fermiers de Benue et leurs familles vivent dans des camps de personnes déplacées parce qu'ils ont été chassés de leurs terres par des milices en maraude.

    Après le massacre de Gbeji, un candidat à la présidence peul a présenté ses condoléances aux familles endeuillées dans un message sur Facebook que certains ont interprété comme contenant une menace voilée. "Mes plus sincères condoléances aux familles qui ont peut-être perdu un être cher, ainsi qu'au peuple et au gouvernement de l'État de Benue", a écrit Atiku Abubakar, le candidat à la présidence du Parti démocratique populaire (PDP). "L'escalade continue de la violence intercommunautaire n'est pas de bon augure pour notre unité nationale", a écrit M. Abubakar. Mais le candidat a laissé entendre que la violence pourrait se poursuivre tant que les Peuls ne seront pas accueillis dans les communautés d'agriculteurs de la Bénoué. "Lorsque notre peuple sera bien intégré dans les communautés où il vit, travaille, paie des impôts et élève ses enfants, il sera obligé de rendre l'amour et l'acceptation en retour."

    La déclaration a attiré les foudres de l'analyste politique Sesugh Akume à Abuja. "Atiku appelle une situation où les gens dorment dans leurs maisons, sur leurs propres terres et sont attaqués par des maraudeurs 'des affrontements entre agriculteurs et éleveurs'", a écrit Akume. Il l'appelle également "violence intercommunale". Si elle est 'intercommunale', cela signifie une communauté contre une autre. Dites-moi, s'il vous plaît, quelle communauté a eu des 'affrontements intercommunautaires' avec Gbeji ? Quel est le nom de cette communauté ?"

    Akume a fait allusion au fait que les attaques à grande échelle de milices chrétiennes contre des villages de Peuls musulmans sont inconnues dans le Nigeria moderne, alors que des centaines de villes et de villages dans les États de la ceinture médiane du Nigeria ont été réduits en cendres par des terroristes peuls au cours des dix dernières années.

    Le gouverneur de la province de Benue, Samuel Ortom, demande depuis des années au gouvernement fédéral de renoncer aux lois strictes sur le contrôle des armes qui l'empêchent d'équiper des gardes civils bénévoles de fusils d'assaut pour défendre les communautés rurales. Les gouverneurs d'autres États de la Middle Belt ont formé des gardes civils dans le même but, face aux attaques incessantes de bandits et de terroristes dirigés par des Peuls. Au moins 1 484 personnes ont été tuées dans les États de la Middle Belt au cours du premier semestre 2022, selon les données publiées par le Council on Foreign Relations.

    Douglas Burton est un écrivain indépendant spécialisé dans le terrorisme nigérian depuis son domicile près de Washington, DC. Il a commencé à couvrir la campagne pour reprendre Mossoul à ISIS en 2015 et est passé à la couverture d'ISIS au Nigeria en 2019. Il est un ancien fonctionnaire du département d'État à Kirkuk, en Irak.

  • Inde : la liberté religieuse malmenée

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    De Vatican News :

    La liberté religieuse malmenée en Inde

    Si elle est garantie théoriquement par la constitution fédérale, en Inde la liberté religieuse est dans les faits bafouée dans les différents États. Dernier exemple en date, dans la Karnataka, au sud-ouest du pays, une loi complique les procédures de conversion. Ce que dénoncent des membres de l’Église catholique locale qui y voient une manière de décourager les gens de se convertir au christianisme.

    Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

    Selon le rapport 2021 sur la liberté religieuse dans le monde, du Département d’État américain, dix des 28 États de la fédération indienne imposent des restrictions. Si ces textes ne visent pas explicitement une religion, dans les faits, elles pénalisent chrétiens et musulmans, les deux principales minorités religieuses indiennes, la majorité étant hindoue.

    En mai 2002, dans une lettre adressée au Premier ministre fédéral ainsi qu’à tous les gouverneurs des États indiens, la All India Catholic Union (AICU) fondée il y a cent ans, exigeait la mise en place de mesures urgentes pour mettre fin à une «campagne de haine ciblée et aux mesures provocatrices prises par des acteurs étatiques et non étatiques agissant apparemment de concert» à l’encontre des minorités religieuses. Des violences contre les chrétiens ou les musulmans ont été constatées dans les États de l'Uttar Pradesh, de l'Haryana, ou du Karnataka. «Des voyous, des militants et des dirigeants politiques locaux ont terrorisé les communautés religieuses minoritaires, le clergé et les institutions» pouvait-on lire dans ce courrier parvenu à l’agence Fides.

    Arundhati Virmani, historienne, spécialiste de l’histoire de l’Inde contemporaine, de l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Marseille, revient sur les raisons du vote de ces lois anti-conversion.

    Entretien avec Arundhati Virmani

  • "Le Vatican doit repenser l'accord avec la Chine"

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    De John Lavenburg sur cruxnow.com :

    Le commissaire américain à la liberté religieuse : Le Vatican doit "repenser" l'accord avec la Chine

    26 oct. 2022

    La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale est "extrêmement déçue" par la décision du Vatican de renouveler son accord avec la Chine, et elle l'a exprimé aux échelons supérieurs du gouvernement américain, selon l'un des commissaires.

    "Je comprends certainement, en tant que catholique, que le Vatican joue le jeu à long terme et ne pense pas aux circonstances immédiates, mais je pense que ces accords n'ont produit aucune amélioration de la liberté religieuse pour les catholiques en Chine, et je pense que le Saint-Siège devrait vraiment repenser sa décision de danser avec Xi sur toute cette affaire", a déclaré Stephen Schneck, commissaire de l'USCIRF, à Crux.

    Le président Joe Biden a nommé M. Schneck, un catholique, à cette commission de neuf personnes en juin. L'USCIRF est une commission fédérale indépendante et bipartisane qui surveille et rend compte de la liberté religieuse au gouvernement et au Congrès des États-Unis. Elle est distincte du département d'État.

    En Chine, les catholiques sont depuis longtemps divisés entre ceux qui appartiennent à l'église officielle, sanctionnée par l'État, et une église clandestine fidèle au pape.

    Quelques mois avant la nomination de Schneck, l'USCIRF a publié son rapport 2022, qui indiquait que "malgré l'accord entre le Vatican et la Chine sur la nomination des évêques, les autorités continuent de harceler et de détenir des prêtres catholiques clandestins qui refusent de rejoindre l'association catholique contrôlée par l'État, comme l'évêque Joseph Zhang Weizhu de Xixiang, dans la province de Hebei."

    Il y a aussi le cas du cardinal Joseph Zen, qui, avec cinq autres personnes, a été arrêté en mai en vertu d'une loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin pour collusion présumée avec des forces étrangères. Ils font face à des accusations de sédition pour avoir omis de demander l'enregistrement d'une société locale pour un fonds d'aide aux manifestants pro-démocratie, aujourd'hui disparu, en 2019.

    En outre, le magnat des médias catholiques et défenseur de la démocratie Jimmy Lai purge actuellement une peine de 20 mois de prison pour des accusations liées à son rôle dans des manifestations non autorisées lors des protestations de 2019. Il attend son procès pour des charges distinctes liées à la loi sur la sécurité nationale, pour lesquelles il pourrait être condamné à la prison à vie. Le procès devrait avoir lieu en décembre.

    Schneck a souligné la situation des catholiques clandestins et les cas de Zen et Lai lorsqu'il a remis en question la décision du Saint-Siège de renouveler son accord avec la Chine.

    "Je suis très préoccupé", a déclaré Schneck. "Il est vraiment difficile d'imaginer que, quels que soient leurs espoirs à long terme, la situation immédiate des catholiques sur le terrain en Chine est quelque chose dont je pense que le Saint-Siège devrait se préoccuper."

    Le commissaire de l'USCIRF a ajouté qu'une partie du problème est le manque de transparence du Vatican sur le contenu de l'accord. Et il s'inquiète de la "sinisation" de la religion en Chine par le gouvernement chinois, qui fait essentiellement en sorte que les religions existent en fonction de la culture et de la société chinoises.

    "Je ne peux tout simplement pas imaginer que ce qui se passe actuellement vaille la peine à l'avenir", a déclaré M. Schneck. "En fait, j'irais même jusqu'à dire, c'est mon commentaire personnel, mais il me semble que la Chine pourrait en fait utiliser cet accord pour réprimer davantage les catholiques clandestins en Chine, et si c'est la situation, alors le Vatican est en train de perdre du terrain avec la Chine, et pas du tout de gagner du terrain."

    Le Saint-Siège a annoncé le 22 octobre que son accord avec la Chine concernant la nomination des évêques était renouvelé pour deux années supplémentaires. L'accord a été signé en septembre 2018, et prolongé en octobre 2020. Les termes exacts de l'accord n'ont jamais été rendus publics, mais on pense qu'il permet au Saint-Siège de nommer des évêques à partir d'une sélection de candidats proposés par le gouvernement chinois. Seuls six évêques chinois ont été nommés depuis la conclusion de l'accord.

    Dans l'annonce, le Saint-Siège a déclaré que le Vatican "s'engage à poursuivre un dialogue respectueux et constructif avec le parti chinois pour une mise en œuvre productive de l'accord et un développement ultérieur des relations bilatérales, en vue de favoriser la mission de l'Église catholique et le bien du peuple chinois".

    Interrogé sur le message que le renouveau envoie aux catholiques en Chine, Schneck a répondu que c'est un message de confusion. "Qui sont les pasteurs pour leur foi ?" demande Schneck. "Viennent-ils de l'Eglise de l'État ?"

  • De moins en moins de catholiques au Canada

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    De Kevin J. Jones sur Catholic News Agency :

    Le recensement canadien révèle que le nombre de catholiques a diminué de 2 millions et que le nombre de désaffiliations augmente.

    En plus des scandales d'abus, la loi et la culture canadiennes continuent de diverger de la croyance catholique sur l'avortement, l'euthanasie et les questions LGBT.

    28 octobre 2022

    La population catholique au Canada a diminué de près de 2 millions de personnes au cours des 10 dernières années, a constaté le recensement canadien dans un rapport qui indique que les personnes non affiliées religieusement sont maintenant plus nombreuses que les catholiques.

    Les derniers chiffres du recensement, compilés en 2021, montrent que la population catholique canadienne est passée à 10,9 millions de personnes. Les catholiques représentent désormais environ 29,9 % de la population du pays. Selon le recensement de 2011, la population catholique était cette année-là de 12,8 millions.

    Seulement 53,3 % des Canadiens, soit 19,3 millions de personnes, s'identifient aujourd'hui comme chrétiens, une baisse par rapport à 67,3 % en 2011 et 77,1 % en 2001. Statistique Canada, l'office national de la statistique du Canada, a présenté les derniers chiffres dans un rapport publié le 26 octobre.

    Le catholicisme demeure l'affiliation religieuse la plus populaire dans toutes les provinces et tous les territoires, à l'exception du Nunavut, dont la population clairsemée comporte une importante composante anglicane.

    Le Québec est la seule province majoritairement catholique, mais le nombre de catholiques a diminué "considérablement", selon Statistique Canada. En 2011, 74,7 % des résidents du Québec ont déclaré être catholiques. Les chiffres de 2021 indiquent que 53,8 % des résidents du Québec se sont identifiés comme catholiques.

    CNA a contacté la Conférence des évêques catholiques du Canada et l'archidiocèse de Québec pour obtenir des commentaires, mais n'a pas reçu de réponse avant la publication.

    Parmi les autres identités chrétiennes au Canada, les plus nombreuses sont les 7,6 % de Canadiens qui s'identifient comme chrétiens sans spécifier de dénomination. Cette proportion est le double de celle de 2011.

    Environ 3 % des Canadiens sont adhérents à l'Église unie du Canada, une communauté ecclésiale principale, et 3 % supplémentaires appartiennent à l'Église anglicane. Les chrétiens orthodoxes, les baptistes et les chrétiens pentecôtistes et autres charismatiques constituent le reste.

    Parmi les chrétiens, seules la population des chrétiens orthodoxes et celle des chrétiens non spécifiques ont augmenté au cours de la dernière décennie.

    La pratique religieuse a également diminué. Selon un résumé distinct de Statistique Canada, publié en octobre 2021, en 2019, seulement environ 20 % des Canadiens ont participé à des activités religieuses de groupe au moins une fois par mois. Ce chiffre est à comparer aux 40 % de Canadiens qui ont déclaré la même chose en 1985. Les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de déclarer une affiliation religieuse, tout comme les personnes nées dans les générations plus anciennes.

    Les personnes non affiliées à une religion représentent maintenant 34,6 % de la population canadienne, selon le dernier rapport de Statistique Canada.

    Certaines régions sont moins affiliées que d'autres. Près de 60 % des habitants du Yukon ne sont pas affiliés à une religion, tout comme 52 % de ceux de la Colombie-Britannique.

    Les adeptes de religions non chrétiennes représentent 12,1 % de la population du Canada.

    Environ 5 % des Canadiens sont musulmans. Leur population a doublé en taille depuis 2011. Environ 2,3 % des Canadiens sont hindous et 2,1 % sont sikhs. La population juive compte environ 335 000 personnes, soit une légère augmentation au cours de la dernière décennie, mais leur proportion de Canadiens a diminué à 0,9 %. Les bouddhistes déclarés sont légèrement plus nombreux que les juifs.

    Les adeptes de religions non chrétiennes vivent de façon disproportionnée dans les grands centres urbains et leur nombre a augmenté en grande partie grâce à l'immigration. Ils représentent 16,3 % de la population de l'Ontario, les musulmans et les hindous étant les plus nombreux. Environ 16,7 % des résidents de la Colombie-Britannique adhèrent à des religions non chrétiennes et les Sikhs du Canada y sont les plus présents.

    Les 1,8 million d'autochtones du Canada sont en grande partie non affiliés, 47 % d'entre eux ne déclarant aucune affiliation. Environ 26,9 % se sont identifiés comme étant catholiques. Seules 81 000 personnes au total, soit environ 0,2 % de la population canadienne totale, ont déclaré adhérer à une spiritualité indigène traditionnelle.

    L'implication des catholiques dans les pensionnats subventionnés par le gouvernement pour les Canadiens indigènes a fait l'objet d'un examen minutieux au cours des dernières décennies en raison des efforts déployés par ces écoles pour éradiquer la culture indigène et assimiler les enfants à la culture dominante. Nombre de ces écoles étaient mal gérées et mal financées, tandis que le personnel pouvait se montrer négligent, voire violent envers les enfants. Des milliers d'enfants sont morts de blessures, de négligence ou de maladies comme la tuberculose, souvent à un taux bien plus élevé que celui des autres enfants au Canada.

    En 2021, des rapports ont suggéré l'existence de plusieurs centaines de tombes non marquées dans deux anciens pensionnats. Bien que les tombes suspectes n'aient pas été exhumées, ces rapports ont entraîné une vague de protestations, d'incendies et de vandalisme dans les églises, y compris celles qui desservent encore les communautés indigènes.

    Le nombre d'incidents haineux visant les catholiques a augmenté de plus de 260 % entre 2020 et 2021, selon les chiffres de la criminalité de Statistique Canada.

    Le pape François s'est rendu au Canada en 2022 pour présenter des excuses pour le rôle des catholiques dans les pensionnats.

    Outre les scandales d'abus, la législation et la culture canadiennes continuent de s'écarter des convictions catholiques sur l'avortement, l'euthanasie et les questions LGBT. Il existe également des différends sur l'identité et l'efficacité des écoles catholiques, dont certaines sont financées par l'État mais supervisées par des laïcs catholiques élus, et non par des représentants de l'Église. Ces éléments pourraient être d'autres facteurs du déclin du nombre de catholiques au Canada.