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Histoire - Page 123

  • Rénovation du Musée royal de l’Afrique centrale à Tervueren: vers une relecture anticoloniale de l’œuvre des Belges au Congo ?

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    Le site web de la Libre Afrique publie ces libres propos de Jean-Luc Vellut

    Saint Antoine img-4-small580.jpg« À propos de ce qu’on connaît des lignes maîtresses du projet de présentation du volet historique par le MRAC rénové et de leurs conditions d’élaboration.

    Au plan de l’information historique, le peu qui filtre de la réflexion en cours suscite des inquiétudes, et ceci, dans chacun des deux piliers qui structurent l’argumentation qu’on nous laisse prévoir.

    Pilier 1. Les historiens belges auraient jusqu’ici négligé les sources africaines. Le Musée rénové entend remédier à cette lacune. Cette affirmation est étonnante, alors que les scientifiques belges ont joué un rôle d’avant-garde dans la collecte, la publication et l’interprétation critique des sources africaines, orales ou écrites. On aurait plutôt attendu d’un musée belge qu’il rende hommage à la génération pionnière des D. Biebuyck, G. Hulstaert et J. Vansina qui, grâce à l’appui de collaborateurs congolais, ont à leur crédit la collecte de milliers de pages de sources historiques africaines. Notons que, grâce à ses travaux sur l’oralité dans le bassin du Congo, Vansina fut le mentor d’une génération de professeurs d’universités américaines. La toute prochaine session de l’African Studies Association (Chicago, 15-19 novembre 2017) lui rendra un hommage appuyé.

    Depuis ces grands ancêtres, et dans la mesure de leurs moyens, d’autres historiens, belges, congolais ou autres, se sont efforcés de faire honneur à cet héritage. Ils se sont aussi distingués par leur recours aux sources africaines, notamment contemporaines. Ce fut le cas de l’école historique de Kinshasa-Lubumbashi, comme en témoigne l’attribution récente d’un doctorat honoris causa à un autre savant belge, Léon Verbeek, en reconnaissance de ses travaux sur les sources africaines, orales et artistiques, dans le Haut-Katanga. Pour ses propres contributions au domaine des sources populaires, B. Jewsiewicki, autre membre en vue de cette école, fut honoré à la même occasion. J’ajoute pour bonne mesure que l’on doit à un historien belge, David Van Reybrouck, d’avoir placé les témoignages africains au coeur de son livre, « Congo. Une histoire » : immense succès de librairie, plus de 700 000 exemplaires vendus en diverses langues dans le monde.

    On pourrait sans mal aligner d’autres noms, mais restons-en ici en ce qui concerne le pilier 1 et la pseudo-ignorance en Belgique des sources africaines.

    Pilier 2. Les historiens belges auraient refusé d’ouvrir un vrai débat sur la colonisation, à la différence de la franchise qui est désormais de règle à propos des crimes commis au cours de la Deuxième Guerre mondiale. La présentation du futur Musée sera conçue comme un « Mémorial » des victimes africaines, à l’instar de ce qui a été entrepris pour les victimes juives des persécutions nazies en Belgique occupée.

    Je ne m’attarde pas au parallèle revendiqué entre Deuxième Guerre et colonisation. Cette perspective est sans aucune signification pour l’Afrique. Elle est odieuse en Europe. Il est cependant exact que, pendant de longues années, les institutions d’État en Belgique, tout comme un enseignement scolaire encombré d’un nationalisme étriqué, ont fait obstacle aux investigations indépendantes concernant la colonisation. Ce déni a tranché avec la dénonciation des violences en Afrique coloniale, jadis courantes en Belgique durant le règne même de Léopold II : n’allez pas là-bas , selon le titre évocateur d’un ouvrage publié dans la Belgique de l’époque.

    En Belgique, il y a toutefois bon temps que la libre discussion a repris ses droits. Elle a été amorcée par un grand savant, Jean Stengers. Elle reprit avec vigueur dans les années 1980, mais dans un premier temps, elle prit un ton polémique. Les publications se multiplièrent en effet, dues à des chercheurs « engagés » qui se présentèrent comme chroniqueurs des crimes coloniaux. Leurs exposés ont alimenté la production de divers publicistes, journalistes, littérateurs. Ces réquisitoires, souvent complaisants dans l’horreur, connurent une diffusion mondiale. Celle-ci contribua à confirmer la formidable charge symbolique qu’a toujours portée le Congo dans les publics occidentaux.

    Tenir la chronique d’atrocités, personnifier la discussion à outrance autour d’un homme, Léopold II, ne revient toutefois pas à faire un travail d’historien, loin s’en faut. Aujourd’hui, le sensationnalisme n’est plus nécessairement maître du terrain. La vérité toute simple émerge que la compréhension du régime léopoldien doit prendre en compte différents héritages, non seulement les héritages venus d’Europe – et, en effet, les rêves d’introduire le progrès en Afrique furent tôt pervertis par des vagues de spéculations au sein du capitalisme mondial –, mais aussi les héritages de l’Afrique du temps. L’État du Congo s’est en effet inscrit à la fois dans les multiples strates de l’expansion occidentale à l’échelle mondiale, mais aussi, localement, dans le vaste arc des Frontiers of Violence (R. Reid, 2011) : dans les années 1870-1890, ces frontières étendirent leur chaos, du sud de l’Éthiopie au Sud-Soudan, du Rwanda aux Grands Lacs, et de ceux-ci jusqu’au Haut-Zambèze. Sur le terrain, poursuivi à coup d’alliances, de retournements, d’opportunisme, le grandiose projet géopolitique d’un État-Congo finalement survécut à ces tourmentes, mais au prix d’avoir pour un temps emprunté au brutal chaos des « Frontières ».

    En Belgique comme ailleurs, cette perspective sollicite aujourd’hui les chercheurs les plus avertis. Elle est sans doute plus dérangeante que le ronron des récits moralisateurs. Elle paraît d’autant plus évocatrice que le Congo du temps présent est, lui aussi, livré aux même spéculations qui ont jadis dicté leur loi à l’État léopoldien : à nouveau, dans le Congo du XXIe siècle, l’État est faible et les puissants s’abritent derrière leurs murs d’argent, tandis que les nouvelles Frontiers of Violence sombrent dans le chaos.

    Concluons ce rapide parcours du pilier 2. Le scénario qui semble retenu par le Musée ne rend pas justice aux débats du travail historique actuel. Dans le langage d’aujourd’hui, il se montre complaisant au monde des fake news.

    En conclusion, si on en juge par ce qui est connu des projets en cours, que dire du volet historique au sein du futur Musée rénové ?

    Il paraît aller de soi que cette grande institution, unique en son genre, doit activement contribuer à éclairer le passé africain, précolonial, colonial, postcolonial. Il serait toutefois à la fois absurde et indécent de renoncer pour autant à mettre en pleine lumière le passé de ce que fut la diaspora belge en Afrique. Dès ses moments fondateurs (Léopold II, toujours lui !), avec ses hauts et ses bas, avec évidemment les accents de l’époque, le Musée a existé comme manifestation tangible de la part de la Belgique dans l’histoire du Congo moderne et de la part du Congo moderne dans l’histoire de Belgique.

    Différentes généalogies historiques sont donc en présence. Venues d’Europe ou d’Afrique, elles sont complexes, elles plongent leurs racines dans des passés, souvent lointains. Elles ne demandent évidemment pas à être abordées dans un esprit, tantôt d’exaltation puérile, tantôt de pénitence tartuffe.

    Soyons clairs : il n’est d’autre alternative que de chercher la vérité et le Musée devrait y contribuer. Cette vérité fut celle d’ingénieurs, de médecins, de savants, de cadres, de techniciens, de religieux et religieuses, d’artistes et artisans belges qui ont mené au Congo colonial leur vie de travail, avec ses réussites et ses échecs. Cette vérité est tout autant celle de cadres, de techniciens, d’ouvriers, de cultivateurs et de cultivatrices, de notables, de religieux hommes et femmes, d’artistes et artisans congolais qui, eux aussi, longtemps méconnus, ont eu leurs réussites et leurs échecs. En régime colonial, cette rencontre fut inégale, mais elle donna naissance au Congo moderne et, en réalité, le Musée actuel en est issu.

    Certes, le système colonial tel qu’il a fonctionné à l’échelle de l’Afrique comptait plus que sa part d’aventuriers, blancs et noirs. Certes, la logique coloniale ne répond pas aux aspirations d’aujourd’hui. Le système global tel qu’il fonctionne au Congo du présent ne répond pas non plus aux critères d’une société juste. Regardons-y donc à deux fois avant de jeter la première pierre. Si l’on tient absolument à jeter un regard moral sur le passé du Congo, la cohérence exigerait de soumettre à nos jugements l’ensemble de son histoire, que ce soient les temps précoloniaux, coloniaux ou postcoloniaux. Est-ce le rôle d’un musée de jouer le rôle d’un tribunal ? Je ne le pense pas.

    À ce stade-ci, on peut risquer quelques pronostics. Celui d’abord que l’ouverture du Musée connaîtra un grand succès esthétique et matériel. Un immense effort a été consenti pour qu’il en soit ainsi. On s’en félicitera sans réserve.

    Par ailleurs, telle que nous la connaissons aujourd’hui, la présentation de son héritage dans le Musée rénové est à la fois insuffisamment informée et empreinte de ressentiments. La pratique du lock out des opinions divergentes y est si profondément incrustée que l’on se croit revenu aux beaux jours de la censure d’État.

    Les conditions d’un flop sur le plan scientifique et sans doute humain sont donc réunies.

    Faut-il pour autant perdre tout espoir ? « Voyez ce qui se passe, les choses »n’auraient pas pu aller plus mal », dit le pessimiste. « Mais si, mais si », répond l’optimiste. Au bout du compte, le travail historique possède une résilience et, tôt ou tard, la vérité l’emporte toujours.

    Jean-Luc Vellut

    Professeur d’Histoire de l’Afrique, retraité des universités du Congo (1964-1976) et de l’UCL (1976-2002)

    Responsable scientifique de l’exposition Mémoire du Congo.

    Le temps colonial (MRAC, 2002-2005)

    Ref. Rénovation du Musée royal de l’Afrique centrale

    Même « Congo, une histoire », recueil louable de témoignages indigènes mais (volontairement?) crédule par certains côtés, publié par  David Van Reybrouck en 2012 chez Acte-Sud est, de bout en bout, sous-tendu par un préjugé anticolonial auquel pourra difficilement souscrire un Belge qui a vécu au Congo non pas au temps aventureux des pionniers de l’Etat indépendant (1885-1908) mais d’une expansion économique et sociale ordonnée et pacifique qui fut ruinée, en quelques mois à peine, par la médiocrité politique d’une métropole pressée d’abandonner ses responsabilités au cœur de l’Afrique pour se concentrer sur les questions communautaires et linguistiques plus proches du niveau de ses préoccupations .

    JPSC   

  • Le portrait d'un évêque roumain, martyr du communisme

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    Du site de l'Oeuvre d'Orient

    Portrait de Monseigneur Ioan Suciu, martyr du communisme

    Évêque de l’Église gréco-catholique de Blaj, en Roumanie, Monseigneur Ioan Suciu est l’un des sept évêques roumains martyrs du communisme. Un témoignage contemporain de fidélité.

     

    Mgr Ioan Suciu est un évêque gréco-catholique roumain. Né en 1907 à Blaj, il fut ordonné prêtre en 1931 et nommé, en 1940, évêque auxiliaire d’Oradea-Mare puis administrateur apostolique du siège de Blaj. Surnommé « l’apôtre des jeunes », il eut une intense activité pastorale et sportive avec les Roms qui vivaient dans les périphéries de Blaj.

    Après l’arrivée des communistes au pouvoir et l’interdiction de l’Église gréco-catholique en 1948, Mgr Suciu commença à donner une série de sermons, au cours desquelles il fit valoir l’impossibilité d’un accord avec le communisme.

    Arrêté le 27 octobre 1948, il subit de durs interrogatoires pendant dix-sept mois. Il suivit le même parcours que six autres évêques gréco-catholiques roumains. Il mourut de faim à la prison de Sighet dans la nuit du 27 juin 1953, dans la cellule 44, entouré par ses confrères. Il fut enterré au cimetière des pauvres et sa tombe n’a jamais pu être identifiée.

    En 1952, dans sa lettre apostolique Veritatem facientes, le pape Pie XII rend hommage à ce peuple de l’Est qui n’a pas renié leur foi : « Vous renouvelez la beauté de l’Église primitive […] On souhaite embrasser les chaînes de ceux qui, du fond de leur prison, ne s’acharnent pas contre l’injustice qui leur a été faite mais souffrent d’une douleur indicible en voyant les assauts contre la foi et prient pour le salut éternel de leur peuple. »

    Aujourd’hui, leur sacrifice est en passe d’être reconnu par la Congrégation pour les causes des saints. Ioan Suciu fait partie des « nouveaux martyrs » qui ont versé leur sang pour l’Évangile. Son sacrifice nous dit que, dans notre monde, on peut faire preuve de fidélité en considérant que la grâce du Seigneur est plus précieuse que notre vie. Son témoignage, nous incite à redécouvrir nos raisons de croire, d’espérer, de vivre et de nous ouvrir aux autres.

    Père Cristian Crisan, curé de la paroisse gréco-catholique roumaine
    Saint-Georges à Paris

  • 100 ans de crimes communistes : un documentaire-vidéo exceptionnel pour marquer le centenaire de la Révolution d’octobre

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    De Jeanne Smits sur Réinformation.tv :

    100 ans de crimes communistes : un documentaire-vidéo exceptionnel pour marquer le centenaire de la Révolution d’octobre

    Vladimir Poutine n’a pas voulu célébrer avec éclat le centenaire de la Révolution d’octobre… ce en quoi il ressemble aux dirigeants occidentaux et aux médias qui ont eux aussi fait profil bas. D’aucuns y verront une manière de se désolidariser des crimes du communisme. Il s’agit plutôt de les oublier, de les enterrer : toute révolution, tout génocide modernes vont de pair avec un mémoricide. Poutine s’est borné à lâcher : « Les résultats de la Révolution ont été contrastés. Les conséquences négatives et positives sont étroitement liées. » On est loin de « l’intrinsèquement pervers » ! 100 ans de crimes communistes méritaient autre chose – et c’est pourquoi nous reprenons ici un documentaire-vidéo exceptionnel qui, sous ce titre, tire les vraies leçons de la révolution bolchevique qui n’a pas fini de produire ses fruits empoisonnés.

    100 ans de crimes communistes trop oubliés dans l’ex-bloc soviétique comme en Occident

    Réalisé grâce aux moyens techniques et humains de TVLibertés, intégralement financé par l’AGRIF (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne) le documentaire présente une synthèse accessible à tous et richement illustrée des horreurs du marxisme-léninisme dont le but n’est pas d’améliorer la condition ouvrière, mais de se servir de la force que représentent les travailleurs pour lâcher la dynamique des oppositions.

    Image après image, on se remémore – ou on découvre, et c’est indispensable pour les plus jeunes – l’indépassable horreur de la répression communiste qui par nature torture, détruit, écrase. Grâce au travail de (remarquable) vulgarisation réalisé par Bernard Antony à partir de milliers de pages d’histoire, voici des images pour servir la vérité. Pour en tirer avec lui les leçons : l’un des grands intérêts du scénario est de permettre de dégager les constantes du communisme, qui s’est toujours imposé dans la violence, et qui s’est toujours maintenu par l’asservissement et l’extermination, toujours servie par la police politique qui fait nécessairement partie du dispositif. De la Russie soviétique à la Chine, de Cuba au Vietnam… L’iconographie et les témoignages sont exceptionnels.

    Un documentaire-vidéo pour ne pas « fêter » le centenaire de Révolution octobre

    Le chapitre sur la collusion première entre deux systèmes totalitaires, le nazisme et le communisme, est à ne pas manquer.

    Attention : si vous commencez à visionner ce film de près d’une heure et 40 minutes, prévoyez du temps – il est difficile de s’en détacher, tant on se rejouit de voir cette « histoire à l’endroit » !

    Jeanne Smits

    • Pour participer au financement de ce film, qui reste à boucler : c’est par là.

  • L'Eglise catholique clandestine dans l'Union soviétique ou le poids du silence

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    D'Alexandre Francheteau sur aleteia.org :

    L’Église clandestine de l’ex-URSS ou le poids du silence

    Il aura fallu attendre 100 ans après la révolution communiste en Russie pour que les témoignages affluent. Deux évêques catholiques l’ont fait à travers un livre paru en Italie, "La Chiesa cattolica in Unione Sovietica dalla Rivoluzione del 1917 alla Perestrojka".

    1917, début de la prise de pouvoir des soviets en Russie. Le pays compte près de deux millions de catholiques, dont 1000 prêtres, 6 400 églises, deux séminaires, et une faculté de théologie. Mais pour atteindre leur but affiché d’éradiquer totalement la religion, les communistes vont travailler avec une précision d’horloger pendant près de 70 ans.

    Les larmes aux yeux, Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, archevêque métropolite de Minsk (Biélorussie), se rappelle de ce jour de 1961 où, alors qu’il n’est pas encore séminariste, les soviétiques font sauter l’église de son village. Il entend alors dans le bus : « Ça y est, c’est fini, l’Église n’existe plus ! ».

    Mais celui qui est aujourd’hui président de la conférence épiscopale de Russie se dit alors : « L’Église est fondée sur le roc, sur le sang des martyrs, et les enfers ne prévaudront pas contre elle ! ». Parole prophétique et remplie d’espérance, tandis qu’autour de lui, les églises de Biélorussie sont transformées en salle de sport ou en cinéma. À Moscou, on envisage même de transformer l’église de Saint-Louis-des-Français en magasin de pommes de terre…

    « Le but du régime, se souvient pour sa part Mgr Irynei Bilyk, évêque émérite ukrainien, était de former l’homme communiste ». À travers l’école notamment. Il revoit ainsi l’un de ses professeurs lui dire : « Tu es un bon étudiant Irynei, mais tu n’es pas un bon homme soviétique… Il va falloir que tu nous quittes ».

    Consécration au cimetière

    À cette époque où tout voisin peut être un dénonciateur, les postulants au sacerdoce se forment en secret. Même les parents ne savent pas que leurs enfants ont choisi la voie de la consécration à Dieu.

    Mgr Bilyk se rappelle de cette soirée où un évêque lui annonce : « Cette nuit, tu seras ordonné diacre ». Personne ne le sait. La liturgie se fait au cimetière, sans ornements ni livres. En 1984, sa mère mourra sans avoir jamais su que son fils était prêtre depuis six ans déjà…

    Quelques années plus tard, on lui demande d’accepter l’ordination épiscopale. Là encore, la cérémonie se déroule clandestinement, et le nouveau prélat doit jurer sur la Bible, sous peine de péché mortel, de ne jamais révéler le nom de l’évêque qui l’a consacré.

    Dans ces années de plomb, témoigne encore Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, les personnes âgées ont eu un rôle héroïque dans la transmission de la foi aux nouvelles générations. Durant cette période où deux ou trois prêtres seulement sillonnent le territoire russe, un des premiers souvenirs de Mgr Irynei Bilyk, petit enfant, est que sa grand-mère lui raconte la vie de Jésus et lui explique la signification des fêtes et de la liturgie. Tous les soirs, on récite la prière devant les icônes, à la lueur des bougies.

    Dans ce pays dont la Sainte Vierge a demandé la consécration dès 1917, à Fatima, et après trois générations de persécutions, période la plus terrible de l’histoire de la Russie, l’Église renaît lentement de ses cendres. Grâce à cette Église cachée et au courage de ces prêtres, dont les familles même auront toujours ignoré l’existence…

  • La découverte d'un édifice religieux datant du début du XVIIe siècle atteste la présence chrétienne au Congo avant la colonisation belge

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    De Nioni Masela sur adiac-congo.com (16 novembre) :

    Histoire : KongoKing dévoile le site de la plus vieille église de la RDC à Ngongo Mbata

    Les vestiges trouvés lors de fouilles archéologiques réalisées en 2014 ont révélé la présence d’un édifice religieux datant du début du XVIIe siècle, antérieur à la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Boma présentée jusqu’ici comme l’édifice religieux le plus ancien du pays mais qui n’est, en fait, que le plus vieux de l’époque coloniale construit le 2 septembre 1886 dans une usine de forgerie près de Charleroi en Belgique. 

    Considérée comme l’une des plus grandes trouvailles du projet KongoKing sur le plan archéologique, la première église construite en pierres, tout comme la vieille cathédrale démontable en acier de Boma arrivée au pays le 21 septembre 1889, a existé dans la province du Kongo-Central. Cette découverte matérielle tenue pour l’une des plus parlantes date du début du XVIIe siècle. Elle est sans aucun doute l’une des traces les plus anciennes de la présence du christianisme en RDC. À cet effet, le Pr Koen Bostoen, qui a conduit le projet KongoKing entre 2012 et 2016, a rappelé que Jean 1er ou Joâo 1er fut le premier roi Kongo converti au christianisme et ce, déjà à la fin du XVe siècle, plus précisément en 1491. Et de préciser : « Il n’est pas vrai que l’église de Boma est la plus vieille du pays. Elle est juste la plus ancienne de l’époque coloniale. Car le christianisme et le catholicisme étaient bien présents au Kongo avant l’arrivée des premiers Belges ». Il est donc normal qu’à partir de ce moment-là, les églises se soient répandues dans sa contrée et d'autres avoisinantes. Ce qui s’est vérifié « à la fois au nord de l’Angola mais aussi dans ce qui est aujourd’hui la province du Kongo-Central et voire dans certaines parties de l’ancienne province du Bandundu », a dit le professeur belge.

    Koen Bostoen a souligné que ce n’est pas par hasard que le projet KongoKing, à la base de cette trouvaille de réelle importance susmentionnée, se soit focalisé sur les origines et l’histoire ancienne du Royaume Kongo. Ce choix a été fait en raison de l’abondante documentation historique existant sur le sujet. « Nous avions une bonne base documentaire pour commencer les recherches. Du reste, les premiers contacts entre le Royaume Kongo et l’Europe datent de la fin du XVe siècle. Donc, c’est à partir de cette époque-là que l’histoire de la région est plus ou moins connue », a-t-il confié au Courrier de Kinshasa. L’on comprend que pour Koen Bostoen, professeur de linguistique au département de langues et cultures africaines à l’Université de Gand, en Belgique, ce soit un atout de taille. Il a reconnu et soutenu dès lors que « ces connaissances historiques ont facilité les recherches en archéologie et en linguistique ». Et d’ajouter encore : « C’est grâce à elles que nous avons pu mieux orienter nos recherches en archéologie et en linguistique historiques afin de confirmer ou infirmer certaines hypothèses émises par les historiens .»

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  • Quand des juifs persécutés trouvaient refuge sous la coupole d'une église romaine

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    D'Anita Bourdin sur zenit.org (15 novembre) :

    “Rome 1943, le curé courage”: des juifs réfugiés sous la coupole

    Madonna dei Monti (Rome), l'intérieur de la coupole @ romaperilgiubileo.gov.it (F.Rosi)

    Madonna Dei Monti (Rome), L'intérieur De La Coupole @ Romaperilgiubileo.Gov.It (F.Rosi)

    Sous le titre “cachés sous la coupole”, Silvia Guidi signale, dans L’Osservatore Romano en italien du 16 novembre 2017, un article de Viviana Kassam des « Pages juives » (« Pagine ebraiche ») sur ce « curé courage » qui, en 1943, hébergea des réfugiés juifs dans le quartier “Monti” à Rome, occupée par le troupes nazies.

    Une certaine Ada Sermonetta a écrit alors sur un mur de l’église : « Je suis logée à l’ombre de ces voûtes », avec comme l’esquisse d’un pain du sabbat. D’autres ont dessiné des visages, on reconnaît aussi des dessins d’enfants.

    Une quinzaine de familles juives habitaient le quartier, pourtant transformé sous le fascisme, et elles avaient de bons rapports avec tous, en particulier avec la paroisse catholique.

    Et à l’époque des rafles, la majorité se réfugie dans les maisons religieuses, les couvents et aussi dans la coupole de l’église Santa Maria ai Monti, c’est-à-dire dans les espaces entre la voûte et le toit: des dessins y trahissent le passage des réfugiés.

    C’est le curé de l’église de la Madonna dei Monti, don Federico Corrubolo, qui a d’abord mené des recherches sur cette histoire peu connue, entre 2001 et 2010. Le curé actuel, don Francesco Pesce, y a ajouté de nouvelles histoires, de nouveaux témoignages. Pour don Federico, il faudrait préserver tout cela en constituant un musée: plus de cent personnes auraient ainsi eu la vie sauve.

    Par exemple, les familles Di Veroli, juive, et Mangino, catholique, étaient très amies. Amedeo Mangino raconte qu’un jour, la petite Esther courait, poursuivie par des Allemands. Alors la mère d’Amedeo la prit dans ses bras et déclara: “C’est ma fille”. Les Allemands étaient convaincus que la mère était juive, mais un voisin cria: “Non, cette dame est catholique!” Pour le confirmer, la maman montra la médaille qu’elle portait au cou.

    Ensuite, elle aida son amie Regina Di Veroli et toute sa famille à se cacher au couvent de la via degli Ibernesi. Ses filles étaient assez terrorisées des risques encourus du fait de l’aide apportée, mais la maman les rassurait : “Ne vous inquiétez pas. De même que le Seigneur les aide eux, grâce à nous, maintenant, de même, si c’est nécessaire il nous ajoutera nous aussi.”

  • Quand un évêque de Liège évoquait la "grande catastrophe" que constituerait la mise en œuvre des "doctrines empoisonnées du communisme"

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    De Paul Vaute sur le blog "Le Passé belge" :

    Mgr Van Bommel, un catholique social face au communisme

    PASBEL20171111.jpg   

       L'anniversaire ne pouvait passer inaperçu. Il y a ces jours-ci cent ans que la fraction bolchevique menée par Lénine s'empara du pouvoir en Russie. Le régime qui en résulta allait compter un certain nombre de réalisations sociales et culturelles à son actif. Mais au caractère totalitaire et oppresseur du "socialisme réel" ainsi qu'à ses piètres performances économiques allait s'ajouter un coût humain sans précédent: il serait proche des cent millions de morts, hors des guerres civiles et étrangères, pour l'ensemble des pays où s'imposa l'idéologie marxiste-léniniste, selon le Livre noir du communisme (Robert Laffont, 1997).

       Près de 70 ans avant l'événement de 1917, en février 1848, le spectre "hantait" déjà l'Europe, aux dires de Marx et Engels qui signaient alors le Manifeste du parti communiste. Fait remarquable: le même mois, le 18 exactement, l'évêque de Liège Mgr Corneille Van Bommel publiait un mandement, destiné à être lu en chaire, où il évoquait la "grande catastrophe" que constituerait la mise en œuvre des "doctrines empoisonnées du communisme", appelant les fidèles à leurs devoirs "à l'approche des dangers qui menacent la religion et la société". Philippe Dieudonné (Université de Liège) s'est livré à une recherche, notamment dans les Archives de l'évêché, sur cet écrit, sa genèse et son contexte [1]. Il en ressort que si le prélat ne pouvait imaginer l'ampleur des tragédies du XXè siècle et si les contre-feux qu'il préconisait, considérés rétrospectivement, n'étaient guère à la hauteur du défi, il ne manqua cependant pas de clairvoyance sur bien des points.

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  • L'Eglise catholique russe dans la tourmente de la révolution d'Octobre

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    Révolution d’octobre: l’Eglise catholique russe dans la tourmente

    09.11.2017 par Bernard Litzler

    La révolution bolchévique d’octobre 1917, célébrée ces jours-ci, a marqué pour l’Eglise catholique minoritaire, le début d’un long calvaire. Des figures de martyrs émergent de ces décennies d’athéisme d’Etat, en guerre contre les religions.

    à lire sur le site de Cath.ch (portail catholique suisse)

  • L'histoire du communisme ou le règne du mensonge

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    De Christophe Geffroy, rédacteur en chef de La Nef (via Liberté Politique) :

    Le règne du mensonge, histoire du communisme

    Une belle analyse du rédacteur en chef de la NEF, Christophe Geffroy, sur 100 ans de drames communistes.

    Le 7 novembre 1917 (le 25 octobre dans le calendrier julien), Lénine et les bolcheviques s’emparaient du pouvoir en Russie par un coup d’État. Ils allaient instaurer le communisme, régime le plus criminel de l’histoire qui, hélas ! allait s’étendre à bien d’autres pays. Bilan ? Au moins cent millions de morts selon Le livre noir du communisme, dirigé par Stéphane Courtois. Et ce n’est qu’un bilan provisoire, puisque le communisme continue de sévir et de tuer en Chine, en Corée du Nord, à Cuba…

    Pourtant, malgré l’horreur indescriptible dont le communisme est responsable – en termes d’assassinats, de tortures les plus abjectes, de volonté d’humilier et d’avilir la personne humaine, de déportations et de crimes de masse, de camps de concentration et de génocides, en Ukraine, en Chine ou au Cambodge, où le quart de la population a été éliminé en trois ans et demi (1) –, il continue de bénéficier d’une image qui est très loin d’être aussi négative que celle du nazisme. La simple comparaison entre les deux totalitarismes les plus sanglants du XXe siècle demeure un tabou, on l’a bien vu à l’occasion des débats qui ont suivi la publication du Livre noir du communisme en 1997. Cette comparaison, pourtant parfaitement légitime tant les points communs sont nombreux, s’impose à tout esprit non aveuglé par l’idéologie ou la propagande.

    BON LÉNINE ET MÉCHANT STALINE ?

    Mais, en France, où l’on aime bien la révolution, on demeure largement prisonnier du mythe du bon Lénine et du méchant Staline qui aurait fait dévier le communisme, ainsi disculpé de ses monstruosités ! Il faut lire la passionnante biographie de Lénine que Stéphane Courtois vient de publier (2). Elle montre sans l’ombre d’un doute combien Lénine est, comme son titre l’indique, « l’inventeur du totalitarisme » : c’est lui qui a théorisé la guerre civile afin de pouvoir instaurer une terreur de masse qu’il a lui-même déclenchée ; c’est lui qui a créé la Tchéka, de sinistre mémoire, dès le 20 décembre 1917 en plaçant à sa tête l’ignoble Dzerjinski dont la mémoire retiendra l’invraisemblable sadisme dont il fit preuve pour exterminer les « ennemis » du régime, non sans en avoir auparavant torturé beaucoup dans les sous-sols de la Loubianka.

    Stéphane Courtois montre aussi la filiation entre la Terreur de Robespierre et le communisme de Lénine, grand admirateur du révolutionnaire français qui pose les bases des futurs totalitarismes. Lénine, néanmoins, le surpassera en le complétant sur au moins deux points essentiels : en faisant d’une idéologie parfaitement structurée – le marxisme-léninisme – le pilier du système totalitaire ; en s’appuyant sur un parti unique révolutionnaire entièrement à sa botte et exerçant un contrôle absolu sur l’ensemble de la société.

    UNE COMPLAISANCE COUPABLE

    Le tableau du communisme, où qu’il ait sévi, est effrayant, il n’a semé que misère, divisions, larmes, souffrances sans nom. Il n’y a pas de bon communisme, car il est « intrinsèquement pervers » ainsi que l’avait bien diagnostiqué le pape Pie XI en 1937 dans Divini Redemptoris.Comment expliquer, alors, qu’il existe toujours en France un « parti communiste » qui ne soulève guère de réprobation, avec lequel on peut s’allier sans soulever d’opposition ou que des publications importantes comme L’Express ou Le Monde publient, à l’occasion du centenaire de 1917, des hors-série à la gloire de Lénine ?

    Cela ne s’explique que par un aveuglement volontaire et une complaisance coupable de la gauche qui refuse aujourd’hui encore de voir la réalité en face. Cette attitude remonte aux origines du communisme soviétique, la victoire de l’URSS aux côtés des Alliés contre l’Allemagne nazie n’ayant fait que la renforcer. Bien que le PCF ne soit entré en résistance qu’après juin 1941 (quand Hitler donne l’ordre d’envahir la Russie en rompant le pacte de 1939), il a réussi, à la libération du territoire, à imposer l’ostracisme de la droite de conviction au prétexte qu’elle porterait seule le stigmate indélébile de son soutien à Vichy et à la collaboration. Plus de 70 ans après, ce schéma simpliste et faux continue de jouer, les débats politiques se ramenant toujours, à un moment ou à un autre, aux « heures les plus sombres de notre histoire ». Pour ne prendre qu’un exemple, Nicolas Dupont-Aignan a été qualifié de « Laval de l’Essonne » en raison de son soutien à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle !

    Soljénitsyne a montré que le communisme se caractérisait par-dessus tout par le règne du mensonge. Un siècle après la révolution de 1917, n’est-il pas temps d’en sortir ? Définitivement !

    Christophe Geffroy

    Rédacteur en chef de la NEF

    (1) Pour avoir une vue panoramique de ces horreurs, il faut lire l’essai de Bernard Antony, Le communisme 1917-2017, Godefroy de Bouillon, 2017 (cf. la recension de cet ouvrage en page 38 de ce numéro).

    (2) Stéphane Courtois, Lénine, l’inventeur du totalitarisme, Perrin, 2017, 502 pages, 25 €.

  • Damase : une librairie catholique

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    Librairie Damase
    Kraanstraat 48
    B-1761 Borchtlombeek
  • Les évêques français approuvent l’ouverture de la cause de Madame Elisabeth

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    De zenit.org :

    France: les évêques approuvent l’ouverture de la cause de Madame Elisabeth de France

    «Le peuple l’admire et ne l’insulte point »

    Elisabeth de France par Élisabeth Vigée Le Brun @ wikimedia

    Elisabeth De France Par Élisabeth Vigée Le Brun @ Wikimedia

    L ’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification de Madame Elisabeth de France (1764-1794) a été approuvée par l’Assemblée plénière des évêques de France qui s’est achevée à Lourdes ce 7 novembre 2017, indique le communiqué final des évêques.

    Si l’enquête diocésaine était concluante le dossier serait communiqué à Rome.

    Madame Élisabeth de France, sœur célibataire du roi Louis XVI, a été guillotinée, à l’âge de 30 ans, le 10 mai 1794.

    Dominique Sabourdin-Perrin a résumé son histoire pour France Catholique en avril dernier.

    La princesse Élisabeth, Philippine, Marie, Hélène, fille du Dauphin Louis-Ferdinand et de Marie-Josèphe de Saxe, est née à Versailles, le 3 mai 1764 et elle a été baptisée le jour même. Elle devient, avec ses 4 frères et soeur orpheline de père 1765, et de mèredeux ans plus tard: elle n’a pas trois ans.

    Elle est élevée par la gouvernante des Enfants de France et les sous-gouvernantes et “fait preuve d’un caractère rebelle”. Elle reçoit “une instruction très sérieuse prodiguée par des savants” et devient “une excellente mathématicienne”: “ses tables de logarithmes ont été publiées et utilisées”. Elle reçoit la confirmation le 11 août 1775, et elle communie deux jours après.

    Le mercredi 16 mai 1770, la famille accueille la jeune archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche, épouse du Dauphin/ Celle-ci écrit à sa mère : «  C’est une charmante enfant qui a de l’esprit, du caractère et beaucoup de grâce.  »

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  • Russie, 1917 : l'avènement d'un régime férocement antichrétien

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    De Radio Vatican :

    100 ans de la révolution russe: les chrétiens dans le viseur des bolchéviques

    (RV) Entretien- Il y a 100 ans, le 7 novembre 1917, en Russie, la prise du Palais d’Hiver et le renversement du gouvernement provisoire mis en place après la chute du tsarisme, consacraient la victoire de la révolution bolchévique. La première république soviétique socialiste, qui fut ensuite péniblement instaurée, démontra très rapidement une haine anti-religieuse implacable, surtout à l’égard de l’Église orthodoxe, perçue comme une des principales alliées du pouvoir tsariste honni, et donc comme un ennemi à abattre.

    Une terrible répression se mit alors en place. Le pouvoir communiste n’aura de cesse de vouloir «purger» la nation russe d’une foi pourtant constitutive de son identité. Il se jura d’éradiquer la religion en Russie, et lui voua, pour cela, une guerre sans merci. Les biens du clergé furent d’abord saisis, les églises furent ensuite démolies, les monastères brûlés, les icônes et les reliques détruites, tandis qu’une active propagande s’attachait à extirper le moindre sentiment religieux et de lui substituer l’athéisme prôné par le marxisme-léninisme.

    Dans le collimateur de cette persécution féroce et soigneusement planifiée: les simples croyants, et surtout les évêques, prêtres, et religieux qui furent arrêtés et déportés, quand ils ne furent pas exécutés. Ce long et douloureux calvaire des chrétiens russes, orthodoxes et catholiques, demeura longtemps inconnu.

    Nous vous proposons l’éclairage de Bernard Lecomte, journaliste et écrivain, auteur d’un récent ouvrage publié aux éditions First, L’Histoire du communisme pour les nuls. Il est interrogé par Manuella Affejee :