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Livres - Publications - Page 19

  • Jubilé 2025 : résolutions et ressources pour la nouvelle année

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    De George Weigel sur le CWR :

    Jubilé 2025 : résolutions et ressources pour la nouvelle année

    Comment pouvons-nous coopérer avec cette grâce toujours présente afin que chacun de nous contribue à faire de cette année jubilaire un temps de renouveau spirituel dans l’Église ?

    Les fidèles se rassemblent à la Porte Sainte de la basilique Sainte-Marie-Majeure, décorée de fleurs, à Rome, le 1er janvier 2025, à l'occasion du début de l'année jubilaire. (Crédit : Daniel Ibáñez/CNA)
    Le Jubilé 2025 a commencé la veille de Noël 2024, avec l’ouverture de la Porte Sainte de Saint-Pierre à Rome, et se terminera le 6 janvier 2026, lorsque cette porte de la basilique vaticane sera fermée. Le thème de cette année sainte est Peregrinantes in Spem ( Pèlerins dans l’espérance ) et, comme toutes les autres célébrations de ce type depuis que le pape Boniface VIII a inauguré la pratique des années saintes en 1300, le Jubilé 2025 a pour but d’intensifier notre expérience de la grâce de Dieu – la vie divine – à l’œuvre en nous et autour de nous. Comment pouvons-nous coopérer avec cette grâce toujours présente afin que chacun de nous contribue à faire de cette année jubilaire un temps de renouveau spirituel dans l’Église ?

    Quelques suggestions:

    Approfondissez votre compréhension de l’espérance chrétienne . L’espérance, l’une des trois vertus théologales, n’est pas l’optimisme, qui est une denrée bien plus fragile, surtout dans un monde qui semble échapper à tout contrôle. L’espérance, au contraire, « ne déçoit jamais », car elle est fondée sur « l’amour de Dieu [qui] a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 5). La deuxième encyclique du pape Benoît XVI, Spe Salvi (Sauvés dans l’espérance), a exploré cette affirmation paulinienne avec profondeur et élégance. N’oubliez donc pas de lire (ou de relire) Spe Salvi et de prier sur elle pendant le Jubilé 2025, peut-être avec l’aide du commentaire du regretté père Richard John Neuhaus sur l’encyclique.

    Encadrez chaque journée avec la prière quotidienne officielle de l’Église . La liturgie des heures est le moyen classique par lequel l’Église catholique sanctifie chaque jour tout au long de la journée. Des millions de catholiques ont été initiés à une forme simplifiée de cet itinéraire quotidien de prière grâce au travail formidable réalisé par les éditeurs de Magnificat , le livre de prières mensuel par abonnement désormais disponible en neuf langues. L’Office divin complet, en revanche, peut ressembler un peu à une machine à coder Enigma, avec ses différents « rotors » du calendrier liturgique annuel, du calendrier des saints et du cycle de quatre semaines des psaumes. Heureusement, ceux qui souhaitent prier l’Office divin dans son intégralité peuvent désormais le faire en rejoignant la communauté de prière en ligne sur DivineOffice.org , ou en téléchargeant l’application iBreviary (qui contient également les textes de la messe pour chaque jour). L’Office quotidien des lectures est un coffre au trésor de sagesse chrétienne couvrant deux millénaires.

    Plongez-vous dans la Bible . La prise de conscience de l’intention du Concile Vatican II de restituer la Bible aux fidèles de l’Église n’a pas été facilitée par des formes d’érudition et de prédication bibliques qui traitent l’Écriture Sainte comme quelque chose à décortiquer plutôt qu’à savourer. (...)

    Entrez en contact avec les saints . Les Voix des Saints : Un voyage de 365 jours de Bert Ghezzi offre à ses lecteurs un compagnon quotidien tout au long du pèlerinage de l'espoir de cette année, tandis que Saints, Angels & Demons : An AZ Guide to the Holy and the Damned de Gary Jansen est un atlas encore plus complet du monde surnaturel : le monde vraiment réel qui entoure et pénètre ce que les cyniques se plaisent à appeler « le monde réel ».

    Plongez dans le Credo de Nicée . Le Jubilé 2025 comprendra une célébration du 1700e anniversaire du premier concile de Nicée, qui nous a donné le Credo que nous récitons encore aujourd'hui - le Credo qui est le fondement de l'orthodoxie chrétienne. Apprenez à mieux le connaître en passant un peu de temps cette année jubilaire avec le livre éclairant et accessible de l'évêque Robert Barron, Light from Light: A Theological Reflection on the Nicene Creed.

    Faites une heure sainte régulière . Chaque mois, ou même chaque semaine, passez un moment de silence devant le Saint-Sacrement dans la prière silencieuse et la lecture spirituelle. (...)

    Redécouvrir l’espérance dans le sacrement de la pénitence. Une visite mensuelle au confessionnal avec le Christ sera une excellente discipline au cours de cette année jubilaire, qui nous fortifiera pour l’œuvre de disciple missionnaire à laquelle nous avons tous été appelés au baptême.

     
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    George Weigel est membre éminent du Centre d'éthique et de politique publique de Washington, où il est titulaire de la chaire William E. Simon en études catholiques. Il est l'auteur de plus de vingt ouvrages, dont Witness to Hope: The Biography of Pope John Paul II (1999), The End and the Beginning: Pope John Paul II—The Victory of Freedom, the Last Years, the Legacy (2010) et The Irony of Modern Catholic History: How the Church Rediscovered Itself and Challenged the Modern World to Reform . Ses ouvrages les plus récents sont The Next Pope: The Office of Peter and a Church in Mission (2020), Not Forgotten: Elegies for, and Reminiscences of, a Diverse Cast of Characters, Most of Them Admirable (Ignatius, 2021) et To Sanctify the World: The Vital Legacy of Vatican II (Basic Books, 2022).
  • "Il est possible de répondre par la raison à l’univers idéologique déshumanisant de la société sans Dieu"

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    De Frédéric Guillaud sur Aleteia :

    “La déchristianisation, c’est la déshumanisation”

    02/01/25

    Catholix Reloaded de Frédéric Guillaud - Les Editions du cerf
    L’apologétique, c’est la défense du christianisme par l’exemple et l’argumentation. Dans "Catholix reloaded", Frédéric Guillaud montre qu’il est possible de répondre — et de résister — par la raison à l’univers idéologique déshumanisant de la société sans Dieu.

    Normalien, agrégé de philosophie, Frédéric Guillaud publie en 2015 un essai sur la vérité du christianisme : Catholix reloaded, qui montre que la foi catholique se défend par l’exemple et la raison. Alors qu’il réédite cette année sa réponse aux objections régulièrement opposées aux chrétiens sur la vérité de leur foi, le philosophe se félicite du retour de l’apologétique chrétienne, sans complexe devant les faiblesses des arguments que lui oppose la "matrice" idéologique qui veut enfermer les hommes dans une fausse liberté déshumanisante.

    Aleteia : Catholix reloaded fait référence au film Matrix. Selon vous, nous vivons dans l’univers d’une "matrice" dont le système de pensée vise à extirper le christianisme des esprits en enfermant les hommes dans une dépendance qui s’oppose à la liberté chrétienne. Comment fonctionne cette machine de guerre idéologique ?

    Frédéric Guillaud : Il y a un moment qu’elle tourne, cette machine ! Tout a commencé à la fin du XVIIIe siècle, où les bases théoriques ont été installées et les premières applications pratiques mises à exécution — c’est le cas de le dire. Elle a deux régimes de fonctionnement : en régime doux, elle diffuse, par tous les canaux possibles, la philosophie relativiste, selon laquelle il n’y a pas de vérité en matière religieuse (c’est à cette thèse que répond mon livre) ; en régime dur, elle attaque frontalement le christianisme, soit par l’action contre le clergé, comme pendant la Révolution française ou au moment de la Séparation de l’Église et de l’État, soit par l’action contre les symboles, les coutumes et surtout les mœurs chrétiennes, comme c’est le cas depuis les sixties

    Lire la suite sur Aleteia.org

  • 2024 au Vatican : une année de rayonnement mondial et d’ambiguïté stratégique

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    De Francis X. Rocca sur le NCR :

    Le Vatican en 2024 : une année de rayonnement mondial et d’ambiguïté stratégique

    Les moments forts de l'année ont été le plus long voyage du pape François, un périple de 11 jours à travers l'Asie et l'Océanie ; la conclusion du Synode sur la synodalité ; et l'ajout de 20 nouveaux cardinaux à l'organisme qui choisira le prochain pontife.

    Les faits marquants de l'actualité du Vatican en 2024 comprenaient le plus long voyage du pape François, un voyage de 11 jours à travers l'Asie et l'Océanie ; la conclusion du processus mondial de trois ans connu sous le nom de Synode sur la synodalité ; et l'ajout de 20 nouveaux cardinaux à l'organisme qui choisira le prochain pontife.

    Tous ces événements ont renforcé les thèmes qui ont marqué le pontificat actuel pratiquement depuis ses débuts : une préférence pour les voyages dans les pays non occidentaux, l’accent mis sur une consultation plus large des laïcs et une tendance à choisir comme princes de l’Église des hommes d’origine ou de situation non traditionnelles.

    Le pape François a également fait preuve d'une caractéristique désormais familière de son style de direction : l'utilisation d'une ambiguïté apparemment stratégique qui suscite le débat et élargit l'éventail des points de vue acceptables sur certaines des questions les plus sensibles de la vie de l'Église. Cette année, cette approche a été particulièrement frappante en ce qui concerne l'enseignement sur les relations entre personnes de même sexe, l'ordination des femmes et la maternité de substitution.

    L’exemple le plus connu de cette méthode reste la déclaration la plus célèbre du pape, donnée en réponse à une question sur l’homosexualité et le sacerdoce lors de sa première conférence de presse en 2013 : « Qui suis-je pour juger ? »

    Cette année a donc commencé dans un contexte de controverse autour de la publication, en décembre 2023, de Fiducia Supplicans, une déclaration du Dicastère pour la doctrine de la foi du Vatican, approuvée personnellement par le pape, qui autorisait les prêtres à bénir les couples de même sexe.

    Après que le président du Symposium des Conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar, le cardinal Fridolin Ambongo Besungu de Kinshasa, en République démocratique du Congo, se soit rendu à Rome pour protester contre le document, le pape François a permis aux évêques africains d'interdire de telles bénédictions sur leur continent.

    « Les Africains sont un cas à part : pour eux, l'homosexualité est quelque chose de 'laid' du point de vue culturel ; ils ne la tolèrent pas », a déclaré le pape au journal italien La Stampa.

    Trois mois plus tard, dans une interview accordée à CBS News, le pape a minimisé l’importance de la Fiducia Supplicans, suggérant qu’elle autorisait les bénédictions uniquement pour les individus, malgré les références répétées du document aux « couples ».

    « Non, ce que j’ai permis, c’est de ne pas bénir l’union. Cela ne peut pas se faire », a dit le pape. « Mais bénir chaque personne, oui. »

    Le mois suivant, lors d'une réunion à huis clos avec les évêques italiens, le pape a utilisé un terme italien vulgaire pour désigner l'homosexualité tout en réaffirmant la politique de l'Église interdisant l'accès des séminaires aux hommes ayant des « tendances homosexuelles profondément ancrées ». Il s'est excusé pour cette expression par l'intermédiaire d'un porte-parole, qui a déclaré que le pape « n'avait jamais eu l'intention d'offenser ou de s'exprimer en termes homophobes ».

    En avril dernier, le bureau doctrinal avait publié la déclaration Dignitas Infinita, sur la défense de la dignité humaine, qui inclut des thèmes liés au genre et à la bioéthique. Le cardinal Víctor Fernández, préfet du dicastère, avait prédit, dans une interview à l'agence de presse espagnole EFE, que le document rassurerait les catholiques préoccupés par la controverse sur la bénédiction des homosexuels.

    La nouvelle déclaration cite une récente déclaration du pape François qualifiant de « déplorable la pratique de la maternité de substitution, qui représente une grave violation de la dignité de la femme et de l'enfant, basée sur l'exploitation des situations de besoins matériels de la mère », et appelant à une interdiction universelle.

    Mais dans l’interview accordée à CBS peu de temps après, le pape a semblé atténuer sa condamnation et a suggéré qu’il pourrait y avoir des exceptions : « Je dirais que dans chaque cas, la situation doit être soigneusement et clairement examinée, en consultant un médecin et ensuite aussi un psychanalyste. Je pense qu’il y a une règle générale dans ces cas-là, mais il faut examiner chaque cas en particulier pour évaluer la situation, tant que le principe moral n’est pas contourné. »

    Le pape François a également déclaré à CBS qu’il n’envisagerait pas l’ordination de femmes au diaconat, ce qui semble clore le dossier sur lequel il avait demandé à trois groupes d’étude différents de se pencher. Mais en octobre, le pape a adopté, dans le cadre de son enseignement pontifical officiel, un document synodal final déclarant que « la question de l’accès des femmes au ministère diaconal reste ouverte. Ce discernement doit se poursuivre ».

    Le synode s’est révélé être un échec pour ceux qui s’attendaient à ce qu’il aborde des questions brûlantes, telles que les questions LGBT, le célibat du clergé ou la contraception, après que le pape ait confié ces questions à des groupes d’étude spéciaux , dont un explicitement désigné pour traiter des « questions doctrinales, pastorales et éthiques controversées ». Ces groupes sont censés rendre compte de leurs conclusions d’ici fin juin 2025.

    Lors d’une conférence de presse en septembre, le pape s’est prononcé sur les élections présidentielles américaines, affirmant qu’elles mettaient les catholiques américains face à la nécessité de choisir le « moindre mal » : un démocrate qui soutient fortement l’avortement légalisé ou un républicain qui promet d’expulser des millions de migrants. Les deux candidats sont « contre la vie », a-t-il déclaré. « Quel est le moindre mal ? Cette dame ou cet homme ? Je ne sais pas ; chacun doit réfléchir et décider selon sa propre conscience », a déclaré le pape, contrairement aux évêques américains, dont le guide électoral a identifié l’opposition à l’avortement comme leur « priorité absolue ».

    Tout au long de l'année, le pape a appelé à plusieurs reprises à la paix dans les zones sensibles du monde, notamment en Ukraine et à Gaza. Il a généralement maintenu une position de neutralité entre les belligérants, même si ses critiques à l'égard d'Israël ont été parfois catégoriques, notamment lorsqu'il a déclaré, dans un long entretien publié en novembre, que la campagne menée par le pays dans l'enclave palestinienne devrait être examinée comme un possible génocide. Deux images publiées en décembre illustrent la précarité de l'équilibre du pape sur le sujet explosif du conflit au Moyen-Orient. Le pape François a été photographié au Vatican en train de prier devant une crèche de Noël réalisée par des artisans palestiniens, qui représentait la statue de l'Enfant Jésus couché dans une mangeoire drapée d'un keffieh, un emblème largement reconnu de la cause palestinienne. L'image a suscité la controverse en Israël et ailleurs - et a ensuite été retirée . Le lendemain, le Vatican a publié une photographie du pape regardant ce qu'il a décrit comme l'un de ses tableaux préférés : la Crucifixion blanche de Marc Chagall, peinte en 1938 , qui représente Jésus en Juif sur fond de scènes de persécution antisémite dans l'ancien Empire russe et l'Allemagne nazie.

    Dans un autre hommage à la culture l’année dernière, une lettre ouverte publiée en août sur l’importance de la littérature pour la formation des prêtres et des autres personnes exerçant le ministère pastoral, le pape François a exhorté à l’humilité dans la prise de position sur des questions complexes :

    « En reconnaissant la futilité et peut-être même l’impossibilité de réduire le mystère du monde et de l’humanité à une polarité dualiste du vrai contre le faux ou du bien contre le mal, le lecteur accepte la responsabilité de porter un jugement, non pas comme un moyen de domination, mais plutôt comme un élan vers une plus grande écoute. »

  • « Quelle est la première chose à faire ? Je le dis sans hésiter : il faut se mettre à genoux ! C'est le premier acte par lequel j'expérimente la présence de Dieu ». (cardinal Sarah)

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    De Stefano Chiappalone sur la NBQ :

    Dieu existe-t-il ? Pour Sarah, la réponse est à genoux

    Face au cri de l’homme qui demande le salut, les slogans de ce monde ne suffisent pas, mais nous devons annoncer que notre espérance a un nom : le Christ, seul sauveur. Le cardinal présentera ce volume avec La Bussola à Milan le 20 janvier au Teatro Guanella.

    23_12_2024

    Les questions les plus profondes et les objections les plus inconfortables adressées à l'Église et à Dieu lui-même : les interrogations qui se greffent sur la question de base sont innombrables : Dieu existe-t-il ? Le cri de l'homme demandant le salut, qui donne son titre au volume issu de la conversation entre l'éditeur David Cantagalli et le cardinal Robert Sarah, préfet émérite de la Congrégation pour le culte divin. L'éditeur se fait spontanément le porte-parole de l'homme d'aujourd'hui, qu'il soit croyant ou non, et interpelle le cardinal sans fausse pudeur : pourquoi l'homme contemporain a-t-il tant de mal à percevoir la présence de Dieu ?  Et où trouver, aujourd'hui, le témoignage crédible et joyeux de ses disciples ? Pourquoi le mal ? Pourquoi Dieu permet-il la souffrance ? Et ainsi de suite, pendant plus de trois cents pages, d'où il ressort que « la plus grande difficulté pour les hommes n'est pas de croire ce que l'Église enseigne sur le plan moral ; la chose la plus difficile pour le monde post-moderne est de croire en Dieu et en son Fils unique ».

    Le cardinal ne craint pas de répondre par des mots tout aussi inconfortables : « Paradoxalement, celui qui est mort n'est pas Dieu, mais l'homme, qui est incapable d'écouter et de reconnaître cette Présence dans l'histoire ». L'affirmation « Dieu est mort » cache en réalité une accusation. L'accusé est l'homme et non Dieu, l'homme qui, ayant abandonné Dieu, prend des chemins qui ne mènent nulle part ». Chaque question déclenche un chapitre entier, car Sarah ne recule pas, mais le lecteur ne doit pas non plus penser qu'il peut s'en sortir avec un « manuel » de solutions immédiates à l'usage et à la consommation d'un monde mordant : le cardinal invite plutôt le lecteur à approfondir, ses réponses sont et doivent être méditées : « Il est nécessaire d'entrer dans le silence ». Mais pas celui des « philosophies ou des religions qui font du silence un vide » car pour nous il « s'agit de laisser parler Dieu, d'écouter ce qu'il nous a déjà dit et qui ne change pas ».

    « Dieu n'est pas mort, mais sans sa lumière, la société occidentale est devenue comme un bateau à la dérive dans la nuit ». Si « la révélation (...) implique une répercussion immédiate sur le monde entier, elle investit la société, toute société humaine », il en va de même pour le rejet de cette révélation, qui a également des répercussions en termes de non-accueil des enfants à la naissance, des personnes âgées et des personnes fragiles. « Dieu a parlé et l'homme ne peut pas se taire. En répondant - même par le silence d'une réponse non dite - l'homme révèle sa position, déclare son adhésion ou sa non-adhésion à la proposition faite par le Christ lui-même et, ce faisant, dit quel est l'horizon de la société dans laquelle il vit et qu'il construit ». La guerre contre Dieu se résout en définitive en une guerre contre l'homme, masquée par la prétention de « créer une nouvelle religion mondiale sans Dieu, sans dogme ni morale, une nouvelle religion de César qui permettrait, sur le plan politique, l'unification de tous les peuples, de toutes les nations, de toutes les cultures, en une masse unique soumise à une gouvernance mondiale ».  

    Il n'y a pas de contradiction entre l'apparente tolérance de cette religiosité fluide post-moderne et l'hostilité généralisée à l'égard de la foi chrétienne et de la culture qui en est issue : « Le Christ serait encore toléré s'il était admis comme un dieu parmi d'autres, mais pas s'il était proclamé comme Unique. Ce qui, au contraire, est la réponse des réponses à la seule soif de l'humanité de tous les temps, qu'aucune idéologie ne peut satisfaire : la soif d'éternité. « Nous devons recommencer à proclamer au monde que notre espérance a un nom : Jésus-Christ, l'unique sauveur du monde et de l'humanité ».

    C'est là aussi que réside le sens et la mission de l'Église, qui ne doit pas être réduite à la mission d'un organisme religieux générique soumis à la « nouvelle éthique mondialiste promue par l'ONU », qui préfère l'écologie à l'eschatologie, s'illusionnant en croyant rencontrer l'humanité ; une Église forte sur les questions les plus courantes et faible, presque craintive, lorsqu'il s'agit d'annoncer le Christ, unique sauveur du monde : « Nous sommes avares des trésors de la foi qui sont en nous. Nous n'osons pas évangéliser. Nous avons peur d'être traités de prosélytes, voire de fondamentalistes ou d'irrespectueux des autres religions ». Et au contraire - c'est l'expérience personnelle du cardinal Sarah - « la foi - ma foi personnelle - est redevable à ceux qui m'ont témoigné que le Seigneur est vivant, que Jésus-Christ est la charnière sur laquelle toute vie est fondée et se tient ; sa Chair crucifiée et ressuscitée est la charnière du salut ». « Faisons de l'Église une société humaine et horizontale, parlant un langage médiatique (...) ! Mes amis, une telle Église n'intéresse personne », car elle est incapable de combler “le vide et le néant” d'une société occidentale qui “ne sait plus respecter les personnes âgées, accompagner les malades jusqu'à la mort, donner de l'espace aux plus pauvres et aux plus faibles” et qui est “abandonnée aux ténèbres de la peur, de la tristesse et de l'isolement” car, en définitive, elle est “privée de la lumière de Dieu”.

    Un diagnostic impitoyable mais loin d'être dépourvu de compassion. Au contraire, dit Sarah, « je parle ainsi parce que dans mon cœur de prêtre et de pasteur, j'éprouve de la compassion pour tant d'âmes désorientées, perdues, tristes, angoissées et solitaires ». Encore plus désorientées par l'affirmation « que les choix de chacun n'ont pas de conséquences négatives ou imprévues » et par l'absence d'une « perspective de salut et de bien éternel » qui rende supportables et donne un sens aux « réalités de la limitation, de la souffrance et de la douleur ».

    La réponse au « cri de l'homme qui demande le salut » - pour reprendre le sous-titre - est une cathédrale qui oriente le regard vers Dieu. Le cardinal recourt à cette image évocatrice pour dire que « tout » dans l'Église « doit chanter la gloire de Dieu (...) comme une flèche gothique, pointée vers les cieux » et sans laisser la lumière divine être obscurcie par l'agenda et les structures de ce monde. Nous devons reconstruire la cathédrale », exhorte Sarah, et “la reconstruire exactement comme elle était avant, nous n'avons pas besoin d'inventer une nouvelle Église”. Ceux qui ont essayé de le faire au cours des siècles ont échoué ». Une tâche immense qui commence par un geste très simple et extrêmement contre-culturel : « Quelle est la première chose à faire ? Je le dis sans hésiter : il faut se mettre à genoux ! C'est le premier acte par lequel j'expérimente la présence de Dieu ».

  • L’Église demain. Pour une vraie réforme

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    De Res Novae :

    L’Église demain. Pour une vraie réforme

    Claude Barthe, L’Église demain. Pour une vraie réforme, Éditions de L’Homme nouveau, « Carnets », 2024, 125p, 13€

    L’Église, au début des années 60 du XXe siècle, était comme essoufflée au terme d’un long combat contre une modernité radicalement hostile. Elle avait assurément besoin d’une réforme, c’est-à-dire d’une revitalisation semblable à celle de la contre-réforme tridentine ou de ce qu’on a appelé la réforme grégorienne. Mais au lieu d’une réforme, elle eut une révolution.

    La prise de contrôle, lors de Vatican II, des leviers magistériels par cette forme de catholicisme libéral qu’était la « nouvelle théologie », a permis l’intégration dans l’enseignement officiel d’un certain pluralisme libéral, qui a lui-même entraîné des effondrements spectaculaires dans la mission, la pratique religieuse, le recrutement des clercs et des religieux.

    Une régénération accompagnera assurément la fin du désordre dont souffre l’Église. Mais auparavant, des évêques, diocésains ou non, des prélats et des cardinaux peuvent anticiper ce processus en promouvant en particulier une reprise de l’enseignement moral, une reconstruction de la liturgie, une prédication des fins dernières, un catéchisme qui enseigne la foi, une formation traditionnelle des prêtres diocésains.

    Processus de remontée, qu’on pourrait aussi qualifier de recentrement, faisant revenir au centre ce qui a été rejeté et qui survit aujourd’hui tant bien que mal « aux marges ».

    Introduction – Vatican II, l’occasion manquée d’un renouveau

    Tout mon propos dans les pages qui suivent sera d’appeler de mes vœux un vrai renouveau de l’Église. Même si son Seigneur permet que la trahison, ou tout simplement la lâcheté mondaine de ses enfants, paraissent en mesure de faire chavirer la barque, l’Épouse du Christ, sainte et immaculée, ne mourra pas. Lorsqu’elle parviendra, avec ses pasteurs, pape et évêques, mus par la grâce de Dieu et soutenus par les mérites des saints, à écarter le désordre qui l’afflige, elle aura à mettre en œuvre une régénération, une réforme salvatrice. Mais déjà, des évêques, des prélats, des cardinaux peuvent poser des jalons pour cette renaissance. Ils le doivent même, de manière d’autant plus urgente que nous sommes dans une situation qui est, à bien des égards, celle d’un catholicisme en état de survie.

    Il se réduit toujours plus à un « petit troupeau », qu’on peine d’ailleurs à distinguer de la masse des hommes de ce temps, du moins en Occident, car en d’autres parties du monde il reste bien vivant et est parfois même en croissance. Mais Rome, sa tête, est en Occident. La vie des chrétiens est celle d’une minorité moralement persécutée, de manière latente ou ouverte, par une société moderne qui a exclu l’Épouse du Christ et les pousse à abdiquer leur qualité de membres d’une race élue, d’un sacerdoce royal, d’une nation sainte (1 Pierre, 2, 9). Certes, ils sont dans une situation au fond normale pour des disciples du Christ, dans le monde sans être du monde. Mais avec cette précision que le monde qui les enserre est le monde moderne.

    Car pour la modernité, qui plus est pour la modernité en sa phase extrême, la vocation de l’Église à baptiser les nations et à les faire entrer dans l’unique voie est une prétention d’une étrangeté radicale. Et c’est justement la conscience que l’Église n’est pas une association religieuse parmi d’autres que les chrétiens ont à recouvrer, même si un enseignement nouveau les induits à réduire l’unique Épouse du Christ à la manière de la Journée d’Assise. En d’autres termes, pour le dire d’emblée, la revitalisation du catholicisme est d’abord au prix théologique et spirituel d’une sortie de l’« état Vatican II ».

    Pour commander L’Église demain. Pour une vraie réforme : L’Église demain – L’Homme Nouveau

    Introduction – Vatican II, l’occasion manquée d’un renouveau
    Chapitre I – L’unité perdue
    Chapitre II – L’Église hiérarchique : état des lieux
    Chapitre III – La prédication morale, une prédication politique
    Chapitre IV – Reconstruire la liturgie : un retournement des autels et de l’ecclésiologie
    Chapitre V – Prêcher et catéchiser sur les fins dernières
    Chapitre VI – De la fréquente confession
    Chapitre VII – Un catéchisme qui enseigne… le contenu de la foi !
    Chapitre VIII – Pour une formation traditionnelle de prêtres diocésains
    Conclusion – Des évêques différents

  • « Ma plus grande transgression ? Etre catholique » (Le Prix Nobel de littérature 2023)

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    De Paola Belletti sur Il Timone :

    Jon Fosse : « Ma plus grande transgression ? Etre catholique »

    Scandinave barbu à la plume redoutable qui suit et parfois, peut-être, précède une pensée tout aussi redoutable, Jon Fosse est un écrivain et dramaturge norvégien traduit et lu dans le monde entier . Considéré comme l'un des 100 génies vivants par le Telegraph Daily, il a reçu en 2023 le prix Nobel de littérature « pour ses œuvres innovantes et sa prose qui donnent voix à l'indicible » et est considéré comme l'un des écrivains contemporains les plus importants. Né en 1959 à Strandebarm, petite ville de Norvège, il vit dans la résidence honoraire de Grotten, à Oslo, que lui a accordée le roi pour ses mérites littéraires.

    Le caractère exceptionnel de son écriture, paradoxalement, réside précisément dans son balbutiement conscient, ou plutôt dans la recherche systématique de l'essentiel, du noyau de sens que la pensée et la parole poursuivent sans jamais pouvoir les posséder ni les exprimer pleinement. Son style, qui procède par soustraction comme s'il s'agissait de sculpture, a mérité la définition de « minimalisme de Fosse »; plus que le style ou la manière, la figure de l'auteur norvégien semble être un signe de ce qu'il vit en tant qu'homme dans sa relation avec tout ce qui est réel, y compris le spirituel et le divin, indicibles par nature. Une autre particularité de Jon Fosse est le choix d'écrire dans la langue nynorsk, ou néo-norvégienne ou encore, « langue de la terre » –landsmal, par opposition à la « langue du livre » ( bokmal ).

    Son chemin existentiel a finalement abouti, également grâce à la souffrance et à la dépression suivies ou mêlées à l'alcoolisme, à la foi catholique : l'Église l'a accueilli comme un fils avec l'administration de la Confirmation - son baptême de chrétien luthérien est un sacrement valable - à l'âge de 53 ans, en 2013. Il entre ainsi dans la petite communauté catholique de Norvège. Interviewé par un autre converti, le théologien Skjedal, Fosse a décidé qu'en plus de l'interview pour le magazine Segl, le contenu complet de leurs conversations devrait être publié sous forme de livre. L'ouvrage a été publié en 2015, mais est paru en France aux éditions Artège. Et la conversion est justement le thème du petit ouvrage, 176 pages, et comment cela rayonne sur ce que l'auteur pense de la littérature, de la fiction, mais aussi du théâtre et de la poésie, sur tout l'art et sur la philosophie.

    Dans ce que Fosse lui - même appelle la « longue histoire » de son chemin vers l' Église catholique -- commente Marco Ventura dans l'encart dominical du Corriere della Sera -- il y a des moments critiques parce que décisifs : l'un d'eux est l'effondrement dû à l'excès d'alcool qui a conduit à son hospitalisation : " Je n'ai jamais été ivre, mais pendant des semaines, mon corps avait besoin de grandes quantités d'alcool juste pour fonctionner normalement ." Après une hospitalisation et une rééducation suite à la phase autodestructrice de l'alcoolisme et aux souffrances intenses de la dépression, la foi de Fosse fut également renforcée par l'étude des œuvres d'un mystique allemand médiéval, Maître Eckhart. D'autres pas vers la foi sont favorisés par la présence de son épouse slovaque, catholique.

    Dans l'Église, il se sent de plus en plus lui-même, loin des vieilles identités de « radical de gauche » , d'ancien luthérien en controverse avec la confession dans laquelle il a été éduqué, d'ancien sympathisant du mouvement quaker, de mais il est reconnaissant d'avoir appris le silence comme espace vivant d'écoute de Dieu. La littérature elle-même devient désormais semblable à la prière parce que son effort tend à créer « un écart entre le créé et l'incréé », entre le contingent de la création et l'absolu de Dieu. Il est à l'aise dans la nature paradoxale du christianisme catholique, parce qu'il ressemble à la vie, contient ses contradictions, rend l'incompréhensible expérimentable.

    Dans le volume, intitulé en italien Le Mystère de la foi, Fosse raconte également les deux expériences mystiques qui ont marqué un tournant dans son long voyage de retour : la première s'est produite dans un moment dramatique car, à l'âge de sept ans, il risquait se vider de son sang. Transporté d'urgence à l'hôpital, il voit clairement un nuage doré et ressent dans son corps et son âme quelque chose qui le marquera à jamais. La seconde se produit alors qu'il a déjà trente ans et que la vision d'une colonne de lumière verticale lui parvient avec la claire perception de l'unité et de la paix de toutes choses.

    Là où le désespoir atteint sa limite, il y a Dieu " , telle est la citation du livre qui serait écrite en majuscules. Maintenant qu’il a été recueilli par Dieu qui, en s’incarnant, a véritablement sombré dans le plus sombre désespoir humain, il nourrit sa vie de croyant des sacrements et de la prière, surtout celle du chapelet. Il s'agit de la traduction de l'Ave Maria en langue nynorsk. Il continue donc d'être un rebelle, mais sous la forme qui lui correspond finalement, celle de l'Église qui, malgré ses tares et ses échecs, a gardé intact le mystère et a su le rendre accessible aussi à lui, croyant de la dernière rangée. 

  • Invincible : l’expérience d’Olivier Goy, atteint de la maladie de Charcot

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    De gènéthique.org :

    Invincible – Olivier Goy et Anne Fulda

    « Principe de précaution, progrès de la science, confinements… tout est mis en place pour éloigner la maladie et la mort. Et pourtant, elles sont – et seront toujours là. » C’est l’expérience d’Olivier Goy, atteint de la maladie de Charcot. Une expérience non pas amère mais joyeuse, comme le montre son immense sourire.

    Dans un témoignage lumineux écrit avec la journaliste Anne Fulda, Olivier Goy appelle à aimer la vie intensément et à la vivre pleinement, quelles que soient les circonstances. Avec une « détermination à être heureux. Malgré la maladie. Et peut-être étonnamment grâce à elle ». L’ancien entrepreneur frappé par ce terrible diagnostic à l’âge de 46 ans, a choisi d’en faire le tremplin vers un combat pour faire avancer la recherche et accepter le handicap.

    « La maladie de Charcot est un prétexte pour parler de la vie sans faux-semblant. » Parler de la vie et pas de la fin de vie même si le sujet n’est pas éludé. (...) Alors que cette pathologie est régulièrement mise en avant par les militants de l’« aide à mourir », Anne Fulda rappelle que « la vie que les « bien-portants » n’estiment pas supportable demeure tout à fait appréciable pour certains malades, qui s’adaptent petit à petit, repoussent au fur et à mesure le curseur de ce qui, quelques mois plus tôt, leur semblait « inacceptable » ».

    « La fin de vie ne m’intéresse pas, seule la vie me passionne », affirme Olivier Goy. « Maintenant je sais la valeur d’être tout simplement vivant », témoigne-t-il, précisant que « cet amour de la vie est lié à une acceptation totale de l’existence de la mort. » L’avons-nous acceptée ?

    Editions : de L’Observatoire

    Date de parution : 25/09/2024

    Nombre de pages : 224

  • L'historicité de Jésus : réfutation de la théorie "mythiste" de Michel Onfray

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    https://www.editions-harmattan.fr/catalogue/livre/contre-theorie-de-jesus/77410?

    Contre-théorie de Jésus

    Contre-théorie de Jésus

    Réfutation ciblée de la théorie mythiste de M. Onfray

    de Bruno Bioul

    Michel Onfray est bien connu pour défendre, depuis une vingtaine d’années, la théorie mythiste qui soutient l’inexistence de Jésus. Les principales raisons de cette position originale sont la soi-disant absence de sources textuelles non chrétiennes contemporaines et l’utilisation exclusive de ce qu’on appelle le comparatisme et l’intertextualité.

    Cette position est depuis longtemps obsolète, car les arguments avancés par l’auteur de Théorie de Jésus ne sont pas pertinents, et plus aucun expert aujourd’hui ne les reconnaît comme le résultat d’une réflexion critique.

    Des voix se sont élevées pour dénoncer, avec beaucoup d’à-propos, cette prise en otage de la science historique, exégétique et biblique. Mais ces mises en garde sont restées relativement superficielles, dénonçant tel ou tel biais de la pensée ou de la position « onfrayienne » sans vraiment entrer dans le détail. C’est tout l’intérêt de ce livre. L’auteur récuse, presque page après page, toutes les affirmations et assertions audacieuses de l’auteur de Théorie de Jésus. Le lecteur est ainsi plongé dans un exercice de réfutation et de contestation systématique fondé sur les tout derniers résultats des recherches historiques, archéologiques et exégétiques afin de rétablir la vérité et dénoncer les erreurs d’une théorie surannée et ascientifique.

    Bruno Bioul est historien et archéologue professionnel, diplômé de l’université catholique de Louvain. Il est chargé d’enseignement à l’université de Bourgogne, rédacteur en chef de la revue d’archéologie et d’histoire Archéothéma, auteur d’un livre sur les manuscrits de Qumran, Il a choisi de vulgariser au mieux les innombrables découvertes que les sciences historiques nous dévoilent. Il est l’auteur du livre Les Évangiles au risque de l’Histoire (Artège, 432 pages, 21,90€).

    Date de publication : 07/11/2024

    Collection : Religions et Spiritualité

    https://www.editions-harmattan.fr/catalogue/livre/contre-theorie-de-jesus/77410?

  • Le Nicaragua est devenu une dictature anti-chrétienne

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    De l'ECLJ :

    Le Nicaragua est devenu une dictature anti-chrétienne.

    Depuis 2018, le président Daniel Ortega a instauré un régime répressif de plus en plus intraitable. Les opposants politiques au gouvernement sandiniste sont réduits au silence, jetés en prison ou expulsés, déchus de leur nationalité, tandis que des centaines de milliers de Nicaraguayens ont fui le pays.

    Les catholiques, et le clergé en particulier, sont devenus des cibles privilégiées du régime.

    Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), qui agit depuis plus de 25 ans auprès des institutions internationales pour défendre et promouvoir la liberté religieuse dans le monde, publie aujourd’hui un rapport dénonçant La persécution des chrétiens au Nicaragua:

    La persécution des chrétiens au Nicaragua 

    Ce nouveau rapport expose objectivement cette persécution, qualifiée de “crime contre l’humanité” par des experts des Nations unies.

    ­Lire le rapport complet:

    "La persécution des chrétiens au Nicaragua"

    Une guerre culturelle et spirituelle contre les chrétiens

    Plus de 870 attaques contre l’Église catholique ont été recensées depuis 2018. Ces actions comprennent des agressions physiques, des fermetures forcées de lieux de culte, des détentions arbitraires de membres du clergé et des confiscations de propriétés religieuses.

    Le cas de Monseigneur Rolando Álvarez, évêque de Matagalpa, illustre la violence du régime. Emprisonné en août 2022, il a été condamné à 26 ans de prison après avoir refusé l’exil. Libéré en janvier 2024, il est déchu de sa nationalité et expulsé au Vatican, après 17 mois de détention. Il demeure une figure de la résistance chrétienne face à l’oppression. Plus de 245 membres du clergé ont déjà été exilés, tandis que d’autres sont détenus arbitrairement dans les prisons, privant les fidèles de leurs pasteurs.

    En plus de la violence physique, le régime d’Ortega mène une guerre culturelle et spirituelle. 

    En août 2023, l’Université d’Amérique centrale, dirigée par les Jésuites, a été confisquée par le gouvernement, tout comme le monastère Santa María de la Paz. Les manifestations religieuses, comme les processions de la Semaine Sainte, ont été massivement interdites. 

    Entre 2022 et 2024, plus de 5 000 processions ont été annulées par les autorités, marquant la volonté du gouvernement d’effacer les traditions chrétiennes du paysage national. Les malades et les mourants ne sont pas épargnés: interdiction est faite aux prêtres d’administrer les sacrements dans les hôpitaux.

    Des associations caritatives internationales, comme Caritas International, l’Agence catholique pour le développement d’outre-mer, ou encore Christian Aid et Compassion International, ont été dissoutes et interdites par le gouvernement, privant ainsi les Nicaraguayens de l’aide humanitaire qu’elles offraient. 

    La liberté de la presse n’est pas en reste: au moins 54 médias, dont 22 médias chrétiens, ont été censurés et environ 280 journalistes sont actuellement exilés, etc.

    L’urgence d’agir au soutien des chrétiens persécutés du Nicaragua

    Cette persécution s’inscrit dans une stratégie de propagande soigneusement orchestrée par le régime Ortega pour affaiblir l’Église et porter atteinte à sa réputation. Les autorités multiplient les discours qualifiant les prêtres et les évêques de « putschistes » ou d’ennemis de l’État, pour présenter l’Église comme une menace pour la sécurité nationale. Ces accusations s’accompagnent de campagnes de diffamation publique créant un climat de haine.

    Le rapport de l’ECLJ met en évidence la relative inaction de la communauté internationale face à cette crise. Bien que des sanctions ciblées aient été imposées par les États-Unis et l’Union européenne, leur impact reste limité. Pendant ce temps, le Nicaragua renforce ses alliances avec la Russie et la Chine, contournant les pressions occidentales tout en intensifiant sa répression interne. En même temps, le Nicaragua exerce une pression migratoire sur les États-Unis, en facilitant le transit des migrants contre le paiement de taxes qui viennent enrichir le régime.

    Nous ne pouvons rester silencieux face à cette persécution contre les chrétiens par un régime de plus en plus dictatorial. Il faut faire connaître et dénoncer ces atteintes, puis agir auprès des instances internationales pour que le régime en place au Nicaragua ressente la pression internationale. C’est ce que l’ECLJ s’engage à faire aujourd’hui.

    Il faut imposer des sanctions efficaces, offrir une protection accrue aux exilés et engager des poursuites judiciaires contre les responsables de ces crimes. Il est également essentiel de fournir un soutien humanitaire direct aux communautés chrétiennes, qui incarnent une résistance courageuse face à la dictature et aux persécutions.

    Il faut aussi prier. Prier pour l’Église qui souffre de tant de persécutions dans le monde, alors qu’elle veut seulement aimer Dieu et son prochain.

    Nous ne pouvons pas nous résigner à tant de persécutions.

    Pour cela nous vous invitons à lire et partager ce rapport et à signer notre pétition contre la persécution des chrétiens pour soutenir notre action institutionnelle.

  • France : un rapport de l'Institut Montaigne montre combien l'Islam a envahi le monde du travail

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    De Lorenza Formicola sur la NBQ :

    RAPPORT DE L'INSTITUT MONTAIGNE

    Comment l'Islam change la manière de travailler en France

    Le dernier rapport de l'Institut Montaigne sur l'impact des religions sur la vie professionnelle des Français. Dans 7 cas sur dix, la religion influence le management. C'est presque toujours l'Islam. La France change comme le prédisait l’écrivain Houellebecq.

    13_12_2024

    Comme chaque année depuis 2013, l'Institut Montaigne - un groupe de réflexion d'orientation libérale très proche du président Macron - publie son  rapport  pour déterminer le poids de la religion dans le monde du travail en France. L'enquête approfondie, signée par le professeur universitaire de sciences de gestion à l'Institut d'administration des entreprises de Brest, Lionel Honoré, met en évidence combien l'espace, l'influence et les circonstances marquées par la foi dans le monde du travail sont en nette augmentation par rapport à 2022 et combien l'Islam apparaît comme la religion la plus représentée. Le rapport entre dans le détail et utilise l'expression  de surreprésentation  de l'Islam. 

    Honoré a concentré ses travaux de recherche sur le fonctionnement des entreprises et le comportement des dirigeants et des salariés lorsque la religion est impliquée. Étant donné qu'il fait partie d'un pays où l'athéisme est en croissance - environ 40% de la population - un peu moins de 50% de ceux qui se disent encore chrétiens se situent entre 8% et 10% musulmans déclarés. 

    Selon l'Institut Montaigne, 71% des personnes interrogées déclarent avoir été témoins d'un épisode où la religion a influencé la gestion du travail, contre 66,7% il y a deux ans : cela signifie que sept entreprises sur dix identifient dans leur fonctionnement quotidien des situations que la religion régule. , c'est le chiffre le plus élevé depuis la publication du rapport. L'islam est présent dans 81 % des situations, contre 73 % en 2022. Le catholicisme est en baisse, apparaissant dans 19 % des cas et les cultes évangéliques dans 16 % des cas. 

    La vaste étude, basée sur les réponses de 1.348 managers et 1.401 salariés, vise à fournir un indicateur efficace de l'évolution de la religion au sein de la société. Si « dans la majorité des entreprises, la présence du religieux est régulée et gérée sans difficultés notables », constate l'auteur du rapport, Lionel Honoré, « les tensions et conflits enregistrés s'accroissent sensiblement ».  

    Et la surreprésentation de la religion musulmane se traduit notamment par le recours en forte hausse aux symboles religieux - à 36% en 2024 contre 19% en 2022 -, mais aussi en termes d'absences et de demandes de changement d'horaire : 52% des demandes viennent de l'Islam. Cependant, 44 % des personnes interrogées ont déclaré que certains symboles religieux sont préoccupants et perturbent la paix au travail. 

    Les comportements négatifs envers les femmes sont également cités comme une conséquence importante des « faits religieux » observés au travail. En 2024, 15 % des salariés interrogés ont été témoins d’attitudes désagréables, contre 13 % en 2022. Selon le rapport, « les faits et comportements négatifs à l’égard des femmes se révèlent exclusivement liés à l’Islam ». Plus généralement, « chaque épisode transgressif sur le lieu de travail est lié à l'Islam » : dans 91 % des cas contre 89 % en 2022. 

    6% déclarent modifier leur comportement avec leurs collègues pour des raisons religieuses et 6% ont déjà demandé à ne pas travailler directement avec ou sous la supervision d'une femme.

    Selon  l'enquête , le judaïsme est la religion la plus touchée par les actes discriminatoires. Les actes fréquents de stigmatisation sont à 15% (+2 points), tandis que les actes occasionnels sont à 23%, soit une augmentation de 15 points de pourcentage. Ces deux chiffres sont en forte croissance par rapport à l’enquête de 2022 (respectivement 2% et 13%). Dans le détail, la stigmatisation envers les personnes de confession juive a particulièrement augmenté par rapport à 2022, passant de 16 % à 32 %. 

    L'indicateur de l'Institut Montaigne démontre également que la manifestation d'événements religieux en cours est avant tout une question d'âge. Ainsi, la grande majorité des situations (79 %) concernent des personnes de moins de 40 ans. Les cas de comportements négatifs envers les femmes, attribués par le rapport exclusivement aux salariés musulmans, sont significativement présents avant 35 ans puis se raréfient au-delà de 40 ans. 

    L'étude souligne ainsi comment l'impact croissant de certaines croyances religieuses dans le monde professionnel est susceptible d'influencer les comportements, les habitudes et la consommation. Celui du think tank parisien n'est donc pas un rapport sui generis. Mais il se veut un instantané statistique révélateur d’un pays qui souffre dans sa relation avec l’Islam dans l’espace public. Il suffit de remonter une dizaine d'années en arrière, qui est aussi le moment où l'Institut Montaigne a inauguré ses enquêtes annuelles.

    Quelques jours après les attentats islamistes du Bataclan, et suite à l'annonce de la recherche de Samy Amimour, l'un des kamikazes, comme chauffeur de bus de la RATP, la société de transport en commun parisien, les inquiétudes concernant l'ingérence de l'islam dans le monde du travail ont commencé. à émerger. Cet attentat a ouvert toute une série d'  enquêtes  en France et ce que l'on savait déjà est apparu : à Pavillons-sous-Bois - siège du service bus et tramway de la RATP - les dirigeants ne commandaient pas grand-chose. La direction a expliqué comment les revendications des communautés islamiques régulaient déjà à l'époque la dynamique du lieu de travail : du refus des conducteurs de train de serrer la main des femmes ou de conduire derrière une voiture qui était à son tour conduite par une femme jusqu'au aux bus garés, au milieu de l'agitation quotidienne, pour réciter des prières. 

    Entre manifestations de piété, relations entre hommes et femmes, intégration des nouveaux salariés ou encore peur du terrorisme, la RATP condensait il y a dix ans, dans la même entreprise, toutes les thématiques de l'expression du religieux au travail et qu'analyse aujourd'hui l'Institut Montaigne à au niveau national, rendant compte de ce qui n'étaient que des alarmes et qui constituent désormais des faits consolidés. 

    C'était en 2005, lorsqu'une clause de neutralité fut introduite dans  les contrats de travail  en raison des premières difficultés rencontrées. Et en 2011, un premier code de déontologie a même été publié en France. Mais l’initiative avait une signification plus symbolique que réelle. C'est l'époque où l'acronyme syndical historique français, Force ouvrière, était surnommé « Force de l'Est » parce qu'il apparaissait extrêmement ouvert aux demandes de la communauté islamique. En 2014, Force ouvrière a suspendu l'adhésion de près de 200 syndicalistes parce qu'ils ne correspondaient pas aux valeurs de l'État. Une décision qui coûtera très cher : fin 2014, le syndicat n'obtient que 9,6 % des voix et perd sa représentation à la RATP. Au profit d'un nouveau syndicat, tout juste né, le  SAP , rebaptisé parmi les experts « l'Union des musulmans ».

    L'actualité française de 2024 parle de coursiers qui refusent de livrer des caisses de vin ou de bière, ou encore de sociétés d'aide à domicile chargées de faire les courses des personnes âgées non autonomes avec des salariés voilés qui rayent le porc des listes de courses. Et puis il y a toute la question de savoir quand, comment et s’il faut travailler pendant le Ramadan.

    En 1987, Gilles Kepel proposait de parler d'« extension du domaine halal » pour décrire la transformation des formes de religiosité qui, depuis les banlieues, gagnaient le centre avec une rigidité identitaire inédite au point de les pousser à gouverner leur existence et la monde qui les entoure. En 1900 : en France 0% des nouveau-nés portaient un prénom arabo-musulman. En 2021, ils étaient 21,1 %. Une dynamique, non marginale, qui a déjà profondément transformé le visage culturel de la France.

    Houellebecq, le célèbre écrivain français, a déclaré le 11 décembre au Corriere della Sera : «Quand j'ai quitté la France en 1999, on ne parlait pas du tout de l'islam. Quand je suis revenu, 12 ans plus tard, nous ne parlions que de cela, continuellement." Ajoutant, quant à savoir si la France a changé ou non, après les attentats de 2015, « le pire, c'est que rien n'a changé. L'islamisme a continué à progresser. 

    Le cœur du roman politique fantastique  Soumission  qui a probablement rendu Houellebecq véritablement célèbre est la pénétration de l’Islam dans la société à travers l’université. Ce que l’Islam a déjà fait. Aujourd'hui, le rapport de l'Institut Montaigne nous apprend que l'Islam a envahi le monde du travail français, et donc la société, et l'a façonné. 

  • « Que ta volonté soit faite sur la terre » ? À l’occasion de l’anniversaire de Quas Primas

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    De sur le CWR :

    « Que ta volonté soit faite sur la terre » ? À l’occasion de l’anniversaire de Quas Primas

    Beaucoup n'ont pas tenu compte des avertissements de Pie XI, mais une nouvelle édition d'un livre sur « Le Règne du Christ » par un éminent jésuite du XXe siècle vise à inspirer une nouvelle génération.

    « Le Règne du Christ » du Père Joseph Husslein, SJ, a été publié à l'origine en 1928, offrant un commentaire sur la thèse centrale de « Quas Primas », l'encyclique de 1925 du pape Pie XI, que l'on voit ici sur une photo du 6 février 1939, quatre jours seulement avant sa mort. (Images : Arouca Press et Wikipedia)

    « Ton règne est un règne éternel, et ta domination subsiste de génération en génération . » — Psaume 145 (144) : 13

    Saint Benoît ordonna à ses moines de prier le psaume ci-dessus pendant les vêpres du samedi. Bien que le livre des Psaumes fasse partie du culte chrétien depuis la Pentecôte (hérité des Hébreux), cette directive du patriarche du monachisme occidental fut l'un des premiers cas documentés où une période liturgique se terminait par une proclamation du règne de Dieu pour toute l'éternité et sur toutes les nations.

    Quatorze siècles plus tard, le 11 décembre 1925, juste avant la fin de la 24e année jubilaire, le pape Pie XI publia l’encyclique Quas Primas, qui renouvela hardiment cette proclamation en instituant la fête du Christ-Roi dans le rite romain, placée à cette époque vers la fin de l’année liturgique, le dimanche précédant la Toussaint (au lieu de la pratique actuelle du dernier dimanche de l’année liturgique).

    Le pontife a espéré que « la célébration annuelle et universelle de la fête de la Royauté du Christ attirera l’attention sur les maux que l’anticléricalisme [ou le laïcisme] a apportés à la société en éloignant les hommes du Christ, et contribuera également grandement à y remédier ». L’Église a célébré sa quatre-vingt-dix-huitième fête le 24 novembre. Il est intéressant de noter que la fête de cette année est tombée le lendemain de celle du martyr du XXe siècle, le bienheureux Miguel Pro, SJ, dont les derniers mots furent « Viva Cristo Rey ! » – « Vive le Christ Roi ! ».

    Le successeur de Pie XI, le pape François, devrait ouvrir la 32e année jubilaire avec l'ouverture de la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre la veille de Noël. L'Eglise marquera l'année par des pèlerinages (notamment à Rome) et des actes pénitentiels (dans le but d'obtenir des indulgences spécifiques à la célébration). En revanche, l'année centenaire de Quas Primas , qui commence deux semaines plus tôt, passera probablement inaperçue.

    Ce genre de négligence n’est pas nouveau pour cette encyclique. Hamish Fraser, un communiste écossais converti au catholicisme (cité par son compagnon de conversion Michael Davies), concluait sans détour en 1976 que la promulgation du document était le plus grand non-événement de toute l’histoire de l’Église (en dehors de l’institution d’une nouvelle fête dans le calendrier liturgique).

    Un éditeur catholique relativement récent, Arouca Press, tente de corriger cette erreur en réimprimant un titre du père Joseph Husslein, un  auteur et éditeur jésuite américain prolifique. Le père Husslein, dans son ouvrage The Reign of Christ (publié à l’origine en 1928), a développé l’appel de Pie XI pour que « des sermons… soient prêchés aux fidèles de chaque paroisse pour leur enseigner la signification et l’importance de cette fête, afin qu’ils puissent organiser leur vie de manière à être dignes de sujets fidèles et obéissants du divin Roi ».

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  • Quand est né Jésus ? Un chercheur italien situe la naissance du Christ en décembre 1 avant J.C.

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Quand est né Jésus ? Un chercheur italien situe la naissance du Christ en décembre 1 avant J.C.

    Entretien avec le chercheur Liberato De Caro de l'Institut de Cristallographie du Conseil National de la Recherche de Bari, Italie

    Giotto di Bondone, « La Nativité de Jésus » [Chapelle des Scrovegni, Padoue], 1303
    Giotto di Bondone, « La Nativité de Jésus » [Chapelle des Scrovegni, Padoue], 1303 (photo : Domaine public)

    À l’approche de Noël, la question de la date exacte de la naissance de Jésus fait souvent débat . La Nativité a-t-elle vraiment eu lieu en hiver, à Bethléem, il y a un peu plus de 2 020 ans ? Une étude récente menée par un groupe de chercheurs italiens suggère que c’est le cas. 

    Liberato De Caro, Ph.D., de l'Institut de cristallographie du Conseil national de recherche de Bari, en Italie, qui a dirigé la recherche, propose que la date de naissance de Jésus puisse être déterminée grâce à une compréhension des pèlerinages juifs qui ont eu lieu à cette époque, et comment leurs liens avec la visite de Marie à Élisabeth - et la réaction de Marie à l'attente d'Élisabeth pour Jean-Baptiste, et la mort d'Hérode le Grand - indiquent que la date de la naissance de Jésus a eu lieu en décembre 1er av. J.-C. 

    Il explique ses découvertes dans cette interview avec le NCR, la première d'une série avec De Caro, qui a également enquêté sur les preuves astronomiques d'une étoile de Bethléem visible au moment de la naissance de Jésus, et sur la véritable date de la crucifixion et de la résurrection du Christ.

    Docteur De Caro, vos recherches ont montré qu'il existe des raisons historiques, calendaires et astronomiques valables pour situer la Nativité pendant l'hiver de l'an 1 avant J.-C. Pouvez-vous expliquer comment vous êtes arrivé à cette conclusion empirique ?

    Mes études sur la chronologie de la vie de Jésus sont le résultat d'une collaboration fructueuse avec le professeur Fernando La Greca, du Département d'études humanistes de l'Université de Salerne.

    Tout d’abord, il est utile de rappeler que le calendrier hébreu est luni-solaire. Douze mois lunaires durent 11 jours de moins qu’une année solaire, donc 11 jours multipliés par trois donnent environ un mois. Par conséquent, pour réaligner le calendrier hébreu sur les saisons, il faut ajouter un 13e mois environ tous les trois ans, à la fin de l’année, qui tombe au début du printemps. L’année de 13 mois est dite « embolismique ». 

    Outre cette prémisse, il est également important de se rappeler que la reconstitution historique des événements survenus dans la vie de Jésus n’est pas la principale raison pour laquelle les Évangiles ont été écrits. Néanmoins, ils contiennent des informations chronologiques très convaincantes. Pensez, par exemple, à la naissance de Jésus au début de l’hiver. Comment ces informations peuvent-elles être déduites directement des Évangiles canoniques ? Si l’on y réfléchit, si le récit chronologique de l’Évangile lucanien selon lequel Élisabeth était enceinte au sixième mois, au moment de l’Annonciation, est lié à la fréquence temporelle des fêtes de pèlerinage à Jérusalem, cela devient très important pour savoir à quelle période de l’année Jésus aurait pu naître. 

    En fait, trois pèlerinages ont eu lieu : un à Pâques, un autre à la Pentecôte (50 jours après Pâques) et le troisième à la fête des Tabernacles (6 mois après Pâques). Le délai maximum qui pouvait donc s'écouler entre deux pèlerinages successifs était donc de six mois — de la fête des Tabernacles à la Pâque suivante — ou de sept mois selon les années emboliques . Luc note comment Joseph et Marie étaient pèlerins conformément à la Loi mosaïque (Lc 2, 41), qui imposait un pèlerinage à Jérusalem lors des trois fêtes précédemment mentionnées. 

    Quelle est la signification des pèlerinages ? 

    Il est donc tout à fait plausible de supposer que s'il y avait eu un pèlerinage entre l'annonce de l'ange à Zacharie [qu'Elisabeth donnerait naissance à Jean-Baptiste] et l'Annonciation, Joseph serait allé à Jérusalem et aurait déjà appris par le prêtre Zacharie la grossesse inattendue de sa femme Elisabeth, parente de Marie, car elle était trop vieille pour avoir des enfants. Une nouvelle aussi importante ne pouvait pas être passée sous silence. 

    Comme Marie, au moment de l'Annonciation, ne savait pas que Elisabeth était enceinte, on peut en déduire nécessairement qu'aucun pèlerinage n'avait eu lieu au moins cinq mois avant ce moment, puisqu'Elisabeth était déjà enceinte de six mois. Si, par exemple, il y avait eu un pèlerinage trois mois avant l'Annonciation, Zacharie et Joseph se seraient déjà rencontrés à Jérusalem et, à leur retour à Nazareth, Marie aurait déjà été informée de la grossesse de sa parente âgée. Au moment de l'Annonciation, en revanche, Marie ne savait rien. C'est du moins ce qui semble ressortir du récit lucanien, à la suite de la nouvelle de l'ange, et parce que la grossesse d'Elisabeth semble être tout à fait inattendue pour Marie. 

    Qu'est-ce que cela nous dit ?

    Tout cela implique que l'Annonciation aurait dû avoir lieu au moins cinq mois après une fête de pèlerinage. Comme les intervalles entre Pâques et la Pentecôte, et entre cette dernière et la fête des Tabernacles sont inférieurs à cinq mois, il s'ensuit que la période dans laquelle placer l'Annonciation est la période entre la fête des Tabernacles et Pâques, et que la visite de l'ange à Marie doit nécessairement survenir très près et juste avant Pâques. La Pâque juive commençait l'année liturgique et tombait à la première pleine lune du printemps, normalement à la fin de mars, au début d'avril. Si nous ajoutons les neuf mois de la durée d'une grossesse, nous arrivons à la fin de décembre, au début de janvier. Par conséquent, la Nativité aurait pu avoir lieu à l'époque de l'année transmise à travers les siècles par la Tradition des Églises d'Occident et d'Orient.

    Compte tenu de ce contexte historique de la Nativité, comment avez-vous déterminé l’année exacte de la naissance de Jésus ?

    En ce qui concerne l'année de naissance de Jésus, il existe une longue tradition patristique qui converge vers la datation conventionnelle du début de l'ère chrétienne. Cependant, depuis les études d'E. Schürer à la fin du XIXe siècle, l'opinion de nombreux historiens a changé. En effet, les Évangiles (Matthieu 2,1) nous parlent du massacre des Innocents perpétré par Hérode le Grand pour tenter de supprimer le nouveau-né Jésus. Hérode devait donc être encore en vie l'année de la naissance de Jésus. Selon l'historien Flavius ​​Josèphe, Hérode le Grand mourut après une éclipse de lune visible depuis Jérusalem. L'astronomie devient donc utile pour dater sa mort et, par conséquent, l'année de la naissance de Jésus. 

    E. Schürer, qui n'était pas astronome, a cherché dans les almanachs astronomiques de son époque et a trouvé une éclipse de lune, visible depuis Jérusalem en mars 4 av. J.-C. À partir de ces données astronomiques et d'autres considérations historiques, Schürer a déduit la date de la mort d'Hérode en 4 av. J.-C. Depuis lors, le calcul du début de l'ère chrétienne effectué, il y a environ 14 siècles, par Denys le Petit a été remis en question et on pense aujourd'hui que la naissance de Jésus aurait dû avoir lieu au moins en 5 av. J.-C. 

    Cependant, une analyse astronomique précise des éclipses lunaires possibles associées à la mort d’Hérode le Grand — désormais possible grâce aux études de l’astronome B.E. Schaefer et à une description plus détaillée des mécanismes physiques qui limitent la visibilité à l’œil nu de tels phénomènes astronomiques — montre que l’éclipse de 4 av. J.-C. aurait eu une très faible probabilité d’être remarquée par un quelconque observateur. À la fin des années 1800, lorsque Schürer a mené ses recherches, on ne savait pas qu’une éclipse partielle comme celle de 4 av. J.-C. ne serait pas visible à l’œil nu…

    L'invisibilité à l'œil nu de l'éclipse lunaire de 4 av. J.-C. n'a été démontrée que dans les années 1990. Malheureusement, les historiens contemporains, tout en ayant plus largement accès que leurs collègues du passé aux découvertes d'autres disciplines — notamment scientifiques —, ne tirent pas toujours parti de ces études, en l'occurrence astronomiques, et restent ancrés dans des résultats de recherche datant de plus d'un siècle et qui, aujourd'hui, pourraient même être considérés comme dépassés.

    En définitive, en se fondant sur l'analyse la plus précise possible aujourd'hui de la visibilité à l'œil nu des éclipses lunaires, la recherche d'une d'entre elles réellement visible en Judée il y a 2 000 ans, mise en relation avec d'autres éléments chronologiques et historiques déduits des écrits de Flavius ​​Josèphe et de l'histoire romaine, conduit à une seule solution possible — à savoir une datation de la mort d'Hérode le Grand survenue en 2-3 après J.-C., compatible avec le début conventionnel de l'ère chrétienne — c'est-à-dire que la Nativité aurait eu lieu à la fin de l'an 1 avant J.-C.

    Cette interview a été traduite de l'original italien.

    Lectures complémentaires :

    F. La Greca et L. De Caro, « La datation de la mort d'Hérode et le début de l'ère chrétienne », Annales Theologici 33 (2019), 11-54 : ifpress-ecommerce.com/ojs/index.php/ATh/ article/vue/353

    L. De Caro et F. La Greca, « La datation du début de l'ère chrétienne », dans Octave Auguste, philosophe politique. Études sur la Principauté et le début de l'ère chrétienne, éditées par F. La Greca, Licosia Edizioni, Ogliastro Cilento (SA), 2020, pp. 95-255 : amazon.it/OTTAVIANO-AUGUSTO-FILOSOFO-POLITICA/dp/B089M54WYT/ref=tmm_pap_swatch_0?_encoding=UTF8&qid=1606663819&sr=8-1