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Enseignement - Education

  • Que faut-il encore faire avant de réaliser que l'éducation des enfants dans cette société n'est plus viable ?

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    De Cristina Siccardi sur Corrispondenza Romana :

    Quand l'autocritique fera-t-elle son apparition dans l'éducation ?

    La situation est alarmante au regard des statistiques. Selon la Société italienne de neuropsychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, en Italie, environ un mineur sur cinq (soit près de deux millions de personnes) souffre d'un trouble neuropsychiatrique. On observe une forte augmentation des consultations aux urgences (plus de 500 % en dix ans à l'hôpital Bambino Gesù de Rome) et une prévalence qui progresse de 30 % tous les 15 ans. À l'échelle mondiale, un adolescent sur sept (10-19 ans) vit avec un trouble mental diagnostiqué, l'anxiété et la dépression étant les plus fréquentes et représentant environ 40 % des troubles mentaux diagnostiqués chez les adolescents. En Europe, 8 % des jeunes de 15 à 19 ans souffrent d'anxiété et 4 % de dépression. 75 % des troubles psychiatriques débutent avant l'âge de 25 ans, et la moitié des cas présentent des symptômes dès l'âge de 14 ans. L'automutilation est en hausse, et à l'échelle mondiale, 89 millions de garçons et 77 millions de filles âgés de 10 à 19 ans souffrent d'un trouble mental. Selon le dernier rapport de l'OCDE, intitulé « Promouvoir une bonne santé mentale chez les enfants et les jeunes adultes », plus de 700 000 jeunes Italiens sont confrontés à des problèmes de santé mentale. 

    Les études sociologiques, les recherches scientifiques et les reportages révèlent une augmentation alarmante des déséquilibres personnels et relationnels chez les mineurs, ainsi que des actes de violence verbale, physique et en ligne. Les statistiques sur la violence chez les jeunes en Italie dressent un tableau inquiétant : le harcèlement scolaire est très répandu (65 % des jeunes victimes, selon l’Observatoire Indifesa de 2024), les cas de maltraitance infantile ont considérablement augmenté (près de 374 000 mineurs pris en charge par les services sociaux en 2023), et les violences familiales ont connu une hausse spectaculaire ces dix dernières années. Elles mettent également en lumière une perception déformée de la sexualité chez les jeunes et une forte prévalence de la violence à l’école et en ligne, avec une augmentation du cyberharcèlement.

    Ces chiffres alarmants sont reconnus et seuls des remèdes scientifiques sont recherchés, à travers des consultations psychanalytiques, des traitements médicamenteux et le soutien des services sociaux, mais personne ne s'attaque à la racine de ces phénomènes, qui ont des causes très spécifiques et même manifestes. Tandis que le monde séculier se contente d'agir par le biais de la jurisprudence, des règlements et des sanctions, et de l'installation constante de caméras de surveillance — sans préconiser de solutions qui envisagent un retour à la pensée chrétienne, fondement de la civilisation européenne, grâce auquel il n'y avait pas de confusion entre le bien et le mal —, que peut faire l'Église ?

    C’est elle qui a commencé à éduquer les gens par les enseignements de l’Évangile, les conduisant au respect, à l’équité, à l’honnêteté et aux bonnes manières, et les incitant à cultiver les vertus personnelles qui allaient ensuite marquer la civilisation occidentale. C’est elle qui a ouvert les premières écoles et universités. Quelle place occupe encore aujourd’hui cette enseignante remarquable, inspirée par le Maître suprême du Chemin, de la Vérité et de la Vie ? Se demande-t-on si les objectifs et les méthodes pédagogiques, hérités de la longue, vaste et efficace tradition pédagogique catholique, peuvent encore être pertinents ?

    Se souvenir de ce trésor, afin d'appliquer des règles éducatives bénéfiques et éprouvées par le temps à l'urgence éducative de notre époque moralement malheureuse, devient fondamental car d'autres, avant nous, ont vécu dans ce monde et ont peiné et sué pour atteindre des niveaux de civilisation humaine éthiquement « durables », un terme désormais glorifié dans le domaine de l'énergie. 

    L'éthique découle des principes qui régissent, ou qui ne régissent pas, la vie de l'individu ; si ces principes sont pervertis, la plante sera tordue, faible et stérile.

    Au fil des siècles, des congrégations religieuses se sont formées pour remplir une mission éducative, se fixant des objectifs bénéfiques à l'esprit et à l'âme. Il est important de faire le point sur cette histoire afin de ne pas oublier ces éducateurs exemplaires qui peuvent apporter un soutien inestimable à notre société malade. 

    L'Église a toujours enseigné que les premiers éducateurs de la jeunesse sont la mère (dont le premier catéchiste) et le père. Or, aujourd'hui, la plupart d'entre eux sont absents, passant plus de temps hors de chez eux qu'à la maison, y compris, malheureusement, les enfants et les adolescents. Qu'en est-il des tout-petits laissés en crèche, alors que le droit naturel interdit de les séparer de leur mère ? Mais les femmes devraient travailler à l'extérieur, et non à la maison, selon le diktat féministe … si bien que leurs enfants grandissent hors du foyer traditionnel et sont, en grandissant, influencés par la vie nocturne, les discothèques, les concerts de rap, les réseaux sociaux, le cinéma… et par des enseignants qui, souvent, suivent eux-mêmes une psychanalyse.

    Éduquer, ce n'est pas simplement instruire, comme c'est le cas dans les écoles publiques, mais c'est posséder une philosophie de vie solide et profonde, dont l'horizon est l'éternité de l'existence. Elle offre les repères justes pour cheminer vers la Récompense, accessible par la Croix du Rédempteur. Le cardinal Carlo Caffarra a déclaré, au sujet de l'éducation chrétienne, lors d'une conférence tenue à San Lazzaro di Savena, près de Bologne, le 9 mai 2008 : « L'éducation transmet des vérités dénuées de sens et sans rapport avec la vie ; elle transmet un projet de vie considéré comme le seul digne d'être réalisé pour atteindre le bonheur . »

    On ne peut naviguer dans la vie, affirmait Caffarra à cette occasion, en route vers la béatitude à laquelle le Créateur nous appelle, sans d'abord apprendre les règles de navigation : « Le nouveau venu a besoin d'être guidé dans l'exercice de sa liberté ; il a besoin de savoir ce qui est bien et ce qui est mal. L'éducation de la personne consiste à lui montrer le chemin qui peut la conduire à une vie vraie, à une vie bonne . » L'enfant né dans une famille chrétienne est baptisé dans la vertu de la Foi qui, comme le sacrement du baptême l'atteste et le déclare par ses paroles, procure la vie éternelle. Il s'ensuit que « l'éducation chrétienne consiste à indiquer le chemin de la foi comme le seul chemin qui mène à la vie vraie, au bonheur. La foi devient, par l'éducation chrétienne, notre manière de penser : le critère de nos évaluations ; la règle ultime de nos choix. En un mot : elle devient notre manière de vivre . »

    Le cardinal Caffarra écrivait cependant dans l'article « L'éducation : un défi urgent », paru dans Il Foglio le 1er mai 2004 : « La culture actuelle (la soi-disant postmodernité) est dominée par le déni de ce rapport originel [l'ouverture de la personne à la réalité et l'intelligibilité et la bonté originelles de la réalité, ndlr] : il n'y a plus de réalité à interpréter. Il n'existe que des interprétations de la réalité, sur lesquelles il est impossible de porter un jugement véridique, puisqu'elles ne renvoient à aucune signification objective. Nous sommes pris au piège du réseau de nos interprétations de la réalité, sans issue vers la réalité elle-même. C'est précisément sur ce point que se pose le véritable défi éducatif. Dès lors, aucun travail éducatif véritable n'est possible aujourd'hui s'il ne relève pas ce défi et ne se présente pas comme une alternative radicale et totale à cette position . »

    Divorces, concubinages, familles recomposées, familles « arc-en-ciel » et idéologies familiales de plus en plus étranges et perverses ne font qu'attiser l'impossibilité de dispenser un enseignement de qualité. Ainsi, malgré le recours massif aux psychologues au sein des familles et des écoles, il est impossible d'échapper au labyrinthe des déséquilibres et des inégalités scolaires, car l'éducation repose désormais sur des erreurs considérables et des contradictions dégradantes.

    Frères des Écoles Chrétiennes, Piaristes, Somasques, Barnabites, Salésiens, Ursulines, Filles de Marie Auxiliatrice, Dames du Sacré-Cœur, Sœurs de Saint Joseph, Sœurs de Sainte Anne… autant de congrégations qui ont instruit des générations d’enfants et de jeunes dans les valeurs chrétiennes, forgeant une civilisation éthiquement fondée sur les principes de Vérité et de liberté en Christ, seul et véritable Formateur des consciences. Les fondateurs et fondatrices de ces instituts n’ont fait que mettre en pratique la pédagogie évangélique qui a fait ses preuves.

    Quand les « éducateurs », parfois même présents dans le monde catholique, se livreront-ils enfin à l'autocritique, étudiant à la fois les philosophies modernes et postmodernes pernicieuses et les richesses de ce qui a été abandonné ? L'ignorance est le pire ennemi de l'éducation.

  • Les maigres effectifs des séminaires belges

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    De Riposte Catholique :

    23 séminaristes dont 6 religieux pour la Belgique francophone

  • Face au masculinisme, promouvoir une virilité saine

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    Le journal La Croix publie l'opinion de Rémi Fourneraut, Président de l’Association des Guides et Scouts d’Europe, au titre d'"auteur invité" :

    « Face au masculinisme, nous voulons que nos enfants vivent une virilité saine »

    Un « enjeu de sécurité publique ». Voilà comment le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) définit le masculinisme, ce courant d’idées qui dévalorise les femmes et justifie les discriminations et violences à leur égard. Dans un rapport publié mercredi 21 janvier, l’instance nationale appelle les pouvoirs publics à agir face à ce fléau grandissant, mais comment ?

    Selon une récente enquête (1), 17 % de la population française adhère à ce « sexisme hostile ». Un chiffre inquiétant mais considéré comme bas comparé à nos voisins outre-Manche où cette idéologie galope. En France, le nombre d’influenceurs de la « manosphère » explose.

    Parlant à de jeunes hommes en perte de repères, ces escrocs de la virilité cumulent les millions de vues et de like. « Être un homme », pour ces influenceurs, se réduit à des produits dévoyés de la virilité comme le machisme, la domination de l’homme sur la femme…

    S’il est indispensable de démonter ces discours sexistes et dangereux, il faut bien se rendre à l’évidence : la virilité a été mise au ban, conspuée, honnie. Et ces influenceurs surfent sur cette absence. Car la société ne répond plus à la question inévitable à l’âge de l’adolescence : que suis-je appelé à devenir ?

    Se construire avec ses pairs

    Face à cette absence de clés de réponse, l’éducation différenciée, également mal nommée non-mixité, que vivent notamment les jeunes des Guides et Scouts d’Europe, prend tout son sens. Ces jeunes, cœur de cible des masculinistes, se retrouvent entre garçons vivant une virilité sans exaltation mal placée. Avec sa patrouille (un groupe de quelques garçons de 12 à 16 ans), chaque jeune va apprendre à se mesurer à ses propres limites, à gagner en compétences et à se dépasser.

    Il va se construire face à lui-même et à ses pairs, non pas dans la victimisation et la recherche d’un responsable de ses échecs (en l’occurrence les femmes selon les théories masculinistes). Construire une tente surélevée, s’orienter lors d’un raid sur des dizaines de kilomètres, vivre 18 jours dans la nature avec les contrariétés de la météo… voilà des activités qui poussent les jeunes vers l’avant, vers l’action, les rendant moins sensibles à la complainte des influenceurs masculinistes qui accusent les femmes de leurs moindres difficultés. Chaque garçon ne sera pas dans la fuite de ses failles mais dans la connaissance de soi et dans l’acceptation de soi.

    Outre le fait de grandir avec des jeunes, les scouts voient aussi dans leurs chefs des exemples de grands frères, à leur service et inspirants. Loin des clichés des adulescents en culotte courte, les chefs scouts accompagnent les jeunes à grandir et à affronter les difficultés, préfigurations de celles qu’ils connaîtront dans leur vie d’homme. C’est pourquoi l’humble compagnonnage du grand frère scout s’oppose à l’égoïsme du masculinisme.

    La différence n’est pas exclusive de l’égalité

    On reproche souvent à l’éducation différenciée de vivre en cercle fermé, de refuser l’altérité. Ce qui, a notre sens, est une erreur ! Cette approche n’engendre pas la peur de l’autre. Elle crée un lieu, d’une forme de safe space où chacun peut se révéler lui-même sans la nécessité de séduire. Une opportunité précieuse à l’âge de l’adolescence, où émergent des questions sur son propre corps et sur le rapport au monde, pour les filles comme pour les garçons.

    Accepter une différence ne signifie pas accepter une hiérarchie. La différence n’est pas exclusive de l’égalité, elle contribue au développement de la complémentarité qui est nécessaire. Reconnaître l’altérité c’est reconnaître l’autre qui est différent, et reconnaître cette différence comme une richesse.

    Alors que faire ? Apprendre à nos garçons à être des hommes sans fuir le réel ni se réfugier dans la victimisation. Et sans absolutiser les vertus masculines, leur permettre de devenir des hommes. Des hommes debout.

    (1) Toluna-Harris Interactive, conduite en ligne auprès de 3 061 personnes âgées de 15 ans et plus, représentatives de la population française, en vue de ce rapport du HCE.
  • Mercredi 11 février : Journée portes ouvertes au Collège Notre-Dame au Coeur d'Or

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    Portes Ouvertes – 11 février 2026 de 14h à 18h

    Vous recherchez une école secondaire pour votre fils, alliant exigence académique, encadrement éducatif et internat ?

    Nous vous invitons à notre journée portes ouvertes, le mercredi 11 février, de 14h à 18h, à Tenneville.

    Cette rencontre vous permettra de découvrir une école secondaire pour garçons avec internat, inspirée de l’esprit de Don Bosco, où chaque élève bénéficie d’un accompagnement personnalisé, d’une pédagogie en petits effectifs et d’un cadre structurant.

    Une formation solide et un cadre éducatif complet

    Notre établissement propose :

    • une formation académique exigeante, préparant aux études supérieures et aux jurys d’État,
    • un internat, favorisant l’autonomie et la vie en communauté,
    • de nombreuses activités culturelles, sportives et éducatives,
    • un cadre naturel exceptionnel de 20 hectares, propice au calme et à la concentration.

    Une navette privée depuis la gare de Marloie facilite l’accès à l’école.

    Venez nous rencontrer !

    La journée portes ouvertes est l’occasion idéale pour visiter l’école, rencontrer l’équipe éducative et poser toutes vos questions.

    Informations pratiques
     Mercredi 11 février – 14h à 18h
     La Converserie 1, 6970 Tenneville

    Vous pouvez nous contacter via l’adresse mail : direction@collegecoeurdor.be

    Aidez-nous à mieux vous accueillir en remplissant notre formulaire en ligne ! 

     

  • Face à l'IA, préserver les voix et les visages humains; le message du pape pour la 60e journée des communications internationales

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    MESSAGE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
    À L'OCCASION DE LA 60E JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS INTERNATIONALES

    source

    _______________________

    Préserver les voix et les visages humains

    Chers frères et sœurs !

    Le visage et la voix sont des traits uniques et distinctifs de chaque personne ; ils manifestent son identité irremplaçable et constituent l'élément fondamental de toute rencontre. Les Anciens le savaient bien. Ainsi, pour définir la personne humaine, les Grecs anciens utilisaient le mot « visage » ( prósōpon ), qui, étymologiquement, désigne ce qui se trouve devant le regard, le lieu de la présence et de la relation. Le terme latin persona (de per-sonare ), quant à lui, inclut le son : non pas n'importe quel son, mais la voix si particulière d'une personne.

    Le visage et la voix sont sacrés. Ils nous ont été donnés par Dieu, qui nous a créés à son image et à sa ressemblance, nous appelant à la vie par la Parole qu’il nous a lui-même adressée ; une Parole qui a d’abord résonné à travers les siècles dans la voix des prophètes, puis s’est faite chair dans la plénitude des temps. Cette Parole – cette communication que Dieu fait de lui-même – nous avons aussi pu l’entendre et la voir directement (cf. 1 Jn 1, 1-3), car elle s’est révélée dans la voix et le visage de Jésus, le Fils de Dieu.

    Dès sa création, Dieu a voulu l’homme pour interlocuteur et, comme le dit saint Grégoire de Nysse [1], il a imprimé sur son visage le reflet de l’amour divin, afin qu’il puisse vivre pleinement son humanité par l’amour. Préserver les visages et les voix humaines, c’est donc préserver cette marque, ce reflet indélébile de l’amour de Dieu. Nous ne sommes pas une espèce constituée d’algorithmes biochimiques, définis d’avance. Chacun de nous a une vocation irremplaçable et inimitable qui émerge de la vie et se manifeste précisément dans la communication avec autrui.

    Si nous ne parvenons pas à nous en protéger, les technologies numériques risquent de bouleverser radicalement certains piliers fondamentaux de la civilisation humaine, que nous tenons parfois pour acquis. En simulant les voix et les visages humains, la sagesse et le savoir, la conscience et la responsabilité, l'empathie et l'amitié, les systèmes que l'on appelle intelligence artificielle perturbent non seulement les écosystèmes informationnels, mais s'immiscent également au niveau le plus profond de la communication : celui des relations interpersonnelles.

    Le défi n’est donc pas technologique, mais anthropologique. Protéger les visages et les voix, c’est en fin de compte se protéger soi-même. Saisir les opportunités offertes par le numérique et l’intelligence artificielle avec courage, détermination et discernement ne signifie pas se voiler la face face aux problèmes critiques, aux zones d’ombre et aux risques.  

    N'abandonnez pas votre propre pensée

    Il existe depuis longtemps de nombreuses preuves que les algorithmes conçus pour maximiser l'engagement sur les réseaux sociaux — ce qui est profitable aux plateformes — privilégient les émotions impulsives et pénalisent les expressions humaines plus réfléchies, comme l'effort de compréhension et de réflexion. En enfermant des groupes de personnes dans des bulles de consensus et d'indignation faciles, ces algorithmes affaiblissent la capacité d'écoute et de pensée critique, et accentuent la polarisation sociale.

    À cela s'ajoute une confiance naïve et aveugle en l'intelligence artificielle, perçue comme un « ami » omniscient, dispensateur de toutes les informations, dépositaire de tous les souvenirs, « oracle » de tous les conseils. Tout cela risque d'éroder davantage notre capacité à penser de manière analytique et créative, à comprendre le sens et à distinguer la syntaxe de la sémantique.

    Bien que l'IA puisse apporter un soutien et une assistance dans la gestion des tâches de communication, le fait de se soustraire à l'effort de notre propre réflexion et de se contenter d'une compilation statistique artificielle risque d'éroder nos capacités cognitives, émotionnelles et de communication à long terme.

    Ces dernières années, les systèmes d'intelligence artificielle ont pris une place de plus en plus importante dans la production de textes, de musique et de vidéos. Une grande partie du secteur créatif humain risque ainsi d'être démantelée et remplacée par l'étiquette « Propulsé par l'IA », transformant les individus en simples consommateurs passifs de pensées irréfléchies, de produits anonymes, non autorisés et délaissés. Parallèlement, les chefs-d'œuvre du génie humain en musique, en art et en littérature sont réduits à de simples terrains d'entraînement pour les machines.

    La question qui nous importe, cependant, n'est pas ce que la machine peut ou pourra faire, mais ce que nous pouvons et pourrons faire, en progressant en humanité et en connaissance, grâce à l'utilisation judicieuse de ces puissants outils à notre service. L'être humain a toujours été tenté de s'approprier les fruits du savoir sans effort d'implication, de recherche et de responsabilité personnelle. Renoncer au processus créatif et confier nos fonctions mentales et notre imagination aux machines, c'est pourtant enterrer les talents que nous avons reçus pour grandir en tant qu'êtres humains, dans notre relation à Dieu et aux autres. C'est se cacher et faire taire sa voix.

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  • Comment le Canada s’est trompé du tout au tout sur les pensionnats autochtones

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Nouveau livre sur « Comment le Canada s’est trompé du tout au tout sur les pensionnats autochtones »

    Paru en novembre 2025 chez True North et Dorchester Books,  Dead Wrong : How Canada Got the Residential School Story So Wrong (littéralement, Mortellement faux, Comment le Canada s’est trompé du tout au tout sur les pensionnats) prolonge et approfondit le travail commencé par Grave Error (littéralement Erreur grave/erreur sur les tombes, 2023).  

    Co-dirigé par C.P. Champion et l’historien Tom Flanagan, ce recueil de quinze essais démonte ce qui pourrait être la plus grande erreur collective de l’histoire récente du Canada : la transformation, en quelques semaines de mai-juin 2021, d’une simple anomalie radar à Kamloops en certitude nationale de « 215 corps d’enfants » enterrés secrètement, puis en mythe de « milliers d’enfants disparus ».

    Les auteurs ne nient rien des souffrances réelles : sévices corporels avérés dans certains établissements, séparation brutale des familles, perte de langue et de culture. Mais ils montrent, documents à l’appui, que le récit dominant repose sur des exagérations, des confusions et des affirmations jamais vérifiées.

    Quelques exemples concrets développés dans l’ouvrage

    Kamloops, mai 2021 : l’anthropologue Sarah Beaulieu annonce « 215 anomalies » détectées par radar géophysique. Aucun corps n’est exhumé à ce jour (décembre 2025), mais le Premier ministre Trudeau met les drapeaux en berne pendant cinq mois et parle de « crimes contre l’humanité ». 

    Le livre publie les courriels internes de la bande Tk’emlúps : dès juillet 2021, les responsables savaient qu’il s’agissait probablement de l’ancien cimetière paroissial connu depuis les années 1950.

    Pine Creek, Manitoba: après des annonces tonitruantes de « 14 tombes anonymes », les fouilles de 2023 ne révèlent… rien. Le chef de la Première nation déclare alors que « l’important, c’est le ressenti ».

    Le Barreau de la Colombie-Britannique : Jonathan Kay publie les échanges internes montrant que des juristes avaient alerté la direction : les « tombes anonymes » sont une fable. Réponse de la direction : on garde le module de formation obligatoire quand même, « par respect pour les survivants ».

    Le documentaire Sugarcane (Oscar 2025 du meilleur documentaire) : Frances Widdowson pointe les erreurs factuelles sur l’école Saint-Joseph de Williams Lake (dates fausses, témoignages non recoupés, photos d’autres pensionnats utilisées à tort). Le film remporte l’Oscar malgré tout.

    Tentatives de censure :

    • Un enseignant de l’Ontario, Jim McMurtry, est suspendu pour avoir rappelé en classe que 80 % des décès étaient dus à la tuberculose et à la grippe espagnole.
    • À Quesnel (C.-B.), le conseil municipal vote une motion pour destituer le maire Ron Paull… uniquement parce qu’il avait offert Grave Error à la bibliothèque municipale.
    • La députée Leah Gazan dépose le projet de loi C-413 visant à criminaliser le « déni du génocide des pensionnats » — projet analysé et démonté par Tom Flanagan.

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  • L'Italie approuve le « droit de veto parental » : l'éducation sexuelle dans les établissements secondaires nécessitera l'autorisation des parents.

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    D'InfoVaticana :

    L'Italie approuve le « droit de veto parental » : l'éducation sexuelle dans les établissements secondaires nécessitera l'autorisation des parents.

    Le Parlement italien a approuvé le projet de loi C. 2423, intitulé « Dispositions relatives au consentement éclairé en milieu scolaire » , présenté par le ministre de l'Éducation, Giuseppe Valditara. Ce texte instaure le consentement éclairé obligatoire pour toute activité scolaire portant sur la sexualité, les relations ou l'orientation sexuelle dans les établissements d'enseignement secondaire. Adopté par la Chambre des députés, ce texte représente une évolution majeure dans les relations entre l'école et les familles.

    Contenu essentiel du texte législatif

    Le projet exige que les écoles fournissent aux familles des informations écrites détaillées sur les objectifs, le contenu, les méthodes pédagogiques et la présence d'experts externes avant d'autoriser la participation de leurs enfants. Selon le texte officiel, les mineurs devront obtenir une autorisation parentale explicite, tandis que les élèves majeurs devront donner leur consentement personnel.

    La loi interdit toute activité d'éducation sexuelle supplémentaire dans les écoles maternelles et primaires, où seul le contenu prévu par le programme officiel peut être enseigné. Lorsqu'une famille refuse la participation à un projet, les écoles sont tenues de proposer des activités alternatives déjà inscrites dans leur programme éducatif.

    Le ministre Valditara a fait valoir que ce règlement répond au principe constitutionnel selon lequel l'éducation relève avant tout de la responsabilité des parents, soulignant que la transparence des contenus sensibles renforcera la collaboration entre l'école et la famille.

    Critiques et préoccupations

    L'opposition politique et de nombreuses organisations de la société civile ont critiqué cette mesure, soulignant que le consentement obligatoire pourrait priver d'éducation sexuelle les élèves dont les parents refusent ou entravent cette éducation. Selon ces groupes, la loi constitue un recul dans la prévention des abus, la promotion du respect interpersonnel et la lutte contre les violences sexistes.

    D'autres soulignent que cette règle pourrait créer des inégalités en matière d'éducation et encourager l'autocensure dans les écoles sur des sujets considérés comme sensibles.

    Le silence institutionnel de l'Église italienne

    À ce jour, la Conférence épiscopale italienne (CEI) n'a fait aucune déclaration officielle concernant cette loi. Son président, le cardinal Matteo Zuppi, n'a pas non plus fait de commentaires publics spécifiques sur le décret-loi Valditara.

    Le CEI a publié à d'autres occasions des réflexions générales sur l'éducation affective et sexuelle, soulignant la nécessité d'une éducation complète inspirée par la vision chrétienne de la personne ; cependant, il n'a pas pris de position publique sur cette réglementation spécifique, qui marque un point important dans la politique scolaire italienne.

    Prochaines étapes : le Sénat

    Le projet de loi est désormais soumis au Sénat, où le gouvernement devrait conserver sa majorité et l'adopter sans modifications majeures. S'il est ratifié, l'Italie deviendra l'un des rares pays européens à exiger le consentement explicite des parents pour l'éducation sexuelle au collège et au lycée, limitant ainsi son application aux niveaux inférieurs.

  • EVRAS : une pétition et une action en justice lancées pour s'opposer à des dérives

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    De Vincent Delcorps sur cathobel :

    Préservatifs dans une chapelle, animation qui dérape… Une pétition et une action en justice sont lancées contre les dérives de l’EVRAS

    Préservatifs dans une chapelle, animation qui dérape… Une pétition et une action en justice sont lancées contre les dérives de l’EVRAS
     

    Sujet sensible que celui de la sexualité à l’école. Pour bien des raisons, il est important d’en parler. Mais de quelle façon? Et à quels moments? Verlaine Urbain, coordinateur de l’asbl Droits de l’Enfance, estime que les dérapages ne sont pas rares. Il vient d’ailleurs de lancer une action en justice.

    "A un moment, il m’a serrée, il m’a embrassée, il a commencé à me caresser partout et il a… mis sa main dans ma culotte. J’étais paralysée, je ne pouvais plus bouger… Je me suis laissé faire. La deuxième fois, c’était dans sa voiture. Il a sorti son sexe, il a pris ma tête et m’a forcée…"

    Cru? Violent? Lorsque des parents découvrent que leur enfant de 14 ans doit lire ce passage d’un livre dans le cadre scolaire, ils n’apprécient en tout cas pas. Et contactent l’association Droits de l’Enfance (ex-Innocence en danger).

    Son responsable, Verlaine Urbain, n’est pas très surpris. Car des signalements de ce type, il en reçoit beaucoup – en moyenne une par semaine. Les situations incriminées peuvent relever d’une animation EVRAS (Education à la vie relationnelle, affective et sexuelle) aussi bien que d’une activité culturelle ou d’un cours de biologie. Il y a peu, il a été en contact avec les parents d’un jeune enfant, revenu sans voix de l’école. Inscrit en cinquième primaire, on lui avait fait lire, en classe, que pour avoir des enfants, "le pénis de l’homme doit pénétrer dans le vagin de la femme".

    La démission d'une animatrice EVRAS

    Il y eut aussi ces autres cas, plus graves. En 2023, un opérateur assure une animation EVRAS dans une école de la province de Namur. Sex-toy à l’appui, on y présente à des élèves de première secondaire les usages du préservatif et l’emploi du corps pour jouir, mais aussi la variété de goûts – utiles "pour sucer". Des parents alertent. La responsabilité de l’animatrice EVRAS semble clairement engagée – elle finira par démissionner de ses fonctions.

    L’année suivante, dans la même école, un autre opérateur EVRAS est à la manœuvre d’une large distribution de préservatifs et de lubrifiants durant les temps de récréation. Tous les enfants de cette école secondaire peuvent en recevoir. Est-ce par esprit de provocation qu’à un moment, la distribution se tient dans la… chapelle de l’école? Une chose est sûre: l’initiative dérape. Et, tandis que des déchets de préservatifs se retrouvent dispersés dans la cour, plusieurs enfants ressentent un vif malaise. Des parents montent au créneau. L’école recadre. De nouvelles modalités de distribution, plus discrètes, seront finalement mises en place.

    Dans ces deux cas, le dialogue avec l’école ne s’est pas trop mal passé…

    Verlaine Urbain: En effet. Je n’en veux pas à l’école, avec laquelle il y a eu un dialogue ouvert. Nous n’allons d’ailleurs pas lui demander de dommages et intérêts.

    Mais vous allez tout de même en justice…

    Notre plainte, portée par des parents et notre association, concerne l’affaire de 2023 et elle est dirigée contre un opérateur EVRAS. Notre demande est la suivante: nous voulons que les parents puissent être informés, en amont, de la tenue d’animations EVRAS dans les écoles. Et que les enfants puissent en être dispensés sans que cela rentre dans le cadre des absences non justifiées. Cela nous semble logique puisque les écoles ne sont pas en capacité de garantir que les animations EVRAS qui se déroulent en leur sein se passent correctement et sans idéologie.

    Au-delà de ce cas, vous êtes l’observateur privilégié de dérapages nombreux…

    Alors que notre association n’est pas très connue, je reçois chaque semaine le message de parents qui me parlent de dérives. Je n’ai malheureusement pas les moyens d’approfondir chaque situation, ni de multiplier les procédures en justice. Mais je vois bien que les parents ne fabulent pas. Il m’arrive aussi d’avoir des preuves. Je peux recevoir copie d’un cours, par exemple. Il peut aussi arriver qu’un élève filme une partie de l’animation…

    Tous les enfants ne vivent pas ces expériences de la même façon…

    C’est vrai. En lisant une scène de sexe dans un livre, certains enfants pourraient trouver cela suggestif, tandis que d’autres pourraient être traumatisés. En tous les cas, au fil de mes recherches, grâce à mes contacts avec des pédopsychiatres, je me rends compte toujours davantage de certains dégâts. Un enfant n’est pas en capacité d’élaborer psychiquement ce qui est relatif à la sexualité avec recul. En étant par exemple confronté à des images de pénis d’adulte, une jeune enfant peut vivre un ressenti intrusif, comme si elle était elle-même pénétrée. Une telle exposition constitue une véritable effraction psychique.

    Au-delà, êtes-vous tout de même favorable à une EVRAS dans les écoles?

    Oui ! Nous travaillons pour la protection des enfants contre les violences sexuelles. Donc, que des animations soient dispensées dans les écoles pour prévenir ces violences, c’est évidemment une mission que nous soutenons ! En même temps, lorsqu’on regarde le Guide pour l’EVRAS, on s’aperçoit que plusieurs éléments ne sont pas adaptés au développement de l’enfant. Ce sont ces dérives que nous dénonçons.

    Propos recueillis par Vincent DELCORPS

    Une pétition pour faire pression

    Innocence en Danger est un mouvement mondial de protection des enfants contre toutes formes de violences, notamment sexuelles, présent dans une dizaine de pays. Son antenne belge, dirigée par Verlaine Urbain, vient de prendre son indépendance sous le nom de Droits de l’Enfance. Ces dernières années, elle s’est particulièrement impliquée sur la question de l’EVRAS, y voyant la porte ouverte à de nombreuses dérives.

    A côté de l’action en justice, Droits de l’enfance vient de lancer une pétition: "Pour une EVRAS adaptée aux enfants". Objectif: obtenir du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles l’ouverture d’une commission d’enquête afin de corriger certains éléments du Guide EVRAS. Car "tant que ce guide ne sera pas révisé pour respecter le développement de l’enfant et les droits parentaux, des dérives continueront de se produire dans les animations EVRAS", estime Verlaine Urbain.

    Plusieurs passages sont explicitement visés. Notamment la découverte des zones érogènes dès l’âge de 5 ans, "l’influence positive et négative des pornographies" (9 ans), et "le consentement dans les relations sexuelles de nature transactionnelle (sexe en échange de petits cadeaux, repas, sorties…)" (12 ans). "Ces formulations ouvrent la porte à des interprétations dangereuses", estime Droits de l’Enfance. Qui espère récolter un millier de signatures.`

    V.D.

    Pour en savoir plus: droitsdelenfance.be
    Pour signer la pétition, cliquez ici.

  • Trois évêques allemands s'opposent à un guide scolaire sur la « diversité des identités sexuelles »

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    D'Alexander Folz sur CNA :

    Trois évêques allemands s'opposent à un guide scolaire sur la « diversité des identités sexuelles ».sharethis sharing button

    Trois évêques allemands se sont publiquement désolidarisés du nouveau document de la Conférence des évêques allemands sur la « diversité des identités sexuelles » dans les écoles, exacerbant ainsi la polémique sur la manière dont l'enseignement catholique devrait aborder la question de l'identité de genre.

    Au centre de la polémique se trouve le texte de 48 pages « Geschaffen, erlöst und geliebt: Sichtbarkeit und Anerkennung der Vielfalt sexueller Identitäten in der Schule » (« Créé, racheté et aimé : visibilité et reconnaissance de la diversité des identités sexuelles à l’école »).

    Publié le 30 octobre par la Commission pour l'éducation et les écoles de la Conférence des évêques catholiques, ce document vise à servir de guide d'orientation aux écoles catholiques et autres établissements scolaires en Allemagne. Suite à des discussions internes l'été dernier, le texte d'orientation avait initialement été retenu puis révisé.

    Partant du principe que « la diversité des identités sexuelles est une réalité », ce texte exhorte les établissements scolaires à créer un environnement exempt de discrimination pour les élèves, le personnel et les parents qui s'identifient comme LGBTQ+. Le document appelle les élèves à respecter l'auto-identification et l'autodésignation de leurs camarades qui s'identifient comme LGBTQ+ et à soutenir les initiatives qui mettent en lumière leur situation.

    Le mot anglais « queer » est fréquemment utilisé par certaines organisations allemandes, y compris certains diocèses, comme terme générique pour désigner les personnes qui s'identifient comme LGBT.

    Dans son avant-propos, l’évêque Heinrich Timmerevers de Dresde-Meissen, président de la commission, souligne que le texte ne prétend pas offrir une évaluation morale et théologique exhaustive. Il vise plutôt à fournir des orientations pastorales et pédagogiques scolaires fondées sur les sciences humaines contemporaines.

    Les enseignants sont encouragés à utiliser un langage qui reflète « la diversité des identités sexuelles ». Dans les cours de religion, les enseignants devraient présenter les questions controversées de moralité sexuelle comme telles, laissant aux élèves la possibilité de se forger leur propre opinion.

    L’évêque Stefan Oster de Passau a publié la réponse la plus détaillée. Dans un commentaire en ligne , il a reconnu les préoccupations concernant les jeunes vulnérables, mais a déclaré se désolidariser « totalement » des présupposés du document et de son approche théologique, philosophique, pédagogique et psychologique du développement.

    Bien que la brochure soit publiée sous le nom de « Les évêques allemands », Oster insiste sur le fait qu'elle ne parle pas en son nom et avertit qu'elle promeut une anthropologie qui désacralise de fait la conception chrétienne de la personne humaine.

    Depuis, l'évêque de Ratisbonne, Rudolf Voderholzer, s'est explicitement rallié à la critique d'Oster. Son diocèse a republié le texte de Passau comme une « analyse critique » des thèses centrales, et Voderholzer a accusé la direction de la Conférence épiscopale d'avoir imposé le document quasiment sans modifications malgré les demandes de révision formulées au Concile permanent. La réponse de Ratisbonne a évoqué un « agenda » poursuivi « en notre nom ».

    Le Conseil permanent est l'organe directeur de la Conférence des évêques allemands, où les 27 évêques diocésains se réunissent cinq à six fois par an pour traiter des affaires courantes et assurer la coordination entre les assemblées plénières, moins fréquentes.

    La troisième réaction critique est venue de Cologne. L'archidiocèse, sous la direction du cardinal Rainer Maria Woelki, a publié un communiqué rejetant toute forme de discrimination dans les écoles catholiques. Concernant l'analyse théologique et anthropologique de « Geschaffen, erlöst und geliebt », l'archidiocèse a toutefois déclaré se rallier au commentaire d'Oster.

    D'autres voix ont contribué à cet accueil mitigé. Thomas Maria Renz, évêque auxiliaire de Rottenburg et vice-président de la commission scolaire, a salué l'initiative visant à protéger les jeunes vulnérables. Cependant, il a mis en garde contre une approbation « naïve » de toute forme d'auto-description chez les adolescents en pleine croissance. Il a plaidé pour une plus grande attention portée aux objectifs éducatifs plus larges.

    Pour l'instant, le document reste officiellement en vigueur en tant qu'outil d'orientation de la conférence épiscopale. Cependant, l'opposition ouverte de trois évêques diocésains en a fait un enjeu majeur dans le débat plus large sur les réformes de l'Église en Allemagne, notamment en matière de sexualité et d'anthropologie.

  • 29 novembre 2025 (Louvain-la-Neuve) : Colloque sur l'impact des écrans chez les jeunes

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    Colloque sur l'impact des écrans chez les jeunes

    Il reste quelques places pour nous rejoindre pour cet événement unique mettant en lumière les effets des écrans sur la santé, les comportements et le développement des jeunes. Des experts partageront leurs recherches, leurs expériences et des conseils pratiques pour agir.

    Nos enfants et nos jeunes en valent la peine !

    Je m'inscris maintenant

  • L'homélie de Léon XIV lors de la messe et proclamation de saint John-Henry Newman comme "docteur de l'Eglise"

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    JUBILÉ DU MONDE ÉDUCATIF

    MESSE
    ET PROCLAMATION  DE SAINT JOHN HENRY NEWMAN comme
    « DOCTEUR DE L'ÉGLISE »

    HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

    Place Saint-Pierre
    Solennité de la Toussaint - Samedi 1er novembre 2025

    En cette solennité de la Toussaint, c'est une grande joie d'inscrire saint John Henry Newman parmi les docteurs de l'Église et, en même temps, à l'occasion du Jubilé du monde éducatif, de le nommer co-patron, avec saint Thomas d'Aquin, de tous ceux qui participent au processus éducatif. L'imposante stature culturelle et spirituelle de Newman servira d'inspiration aux nouvelles générations au cœur assoiffé d'infini, disposées à réaliser, par la recherche et la connaissance, ce voyage qui, comme le disaient les anciens, nous fait passer per aspera ad astra, c'est-à-dire à travers les difficultés jusqu'aux étoiles.

    La vie des saints nous témoigne, en effet, qu'il est possible de vivre avec passion au milieu de la complexité du présent, sans laisser de côté le mandat apostolique : « Brillez comme des étoiles dans le monde » (Phil 2, 15). En cette occasion solennelle, je souhaite répéter aux éducateurs et aux institutions éducatives : « Brillez aujourd'hui comme des étoiles dans le monde », grâce à l'authenticité de votre engagement dans la recherche commune de la vérité, dans son partage cohérent et généreux à travers le service aux jeunes, en particulier aux pauvres, et dans l'expérience quotidienne que « l'amour chrétien est prophétique ; il accomplit des miracles » (cf. Exhort. apost. Dilexi te, 120).

    Le Jubilé est un pèlerinage dans l'espérance et vous tous, dans le vaste domaine de l'éducation, vous savez bien à quel point l'espérance est une semence indispensable ! Quand je pense aux écoles et aux universités, je les considère comme des laboratoires de prophétie, où l'espérance est vécue, continuellement racontée et reproposée.

    C'est aussi le sens de l'Évangile des Béatitudes proclamé aujourd'hui. Les Béatitudes apportent une nouvelle interprétation de la réalité. Elles sont le chemin et le message de Jésus éducateur. À première vue, il semble impossible de déclarer bienheureux les pauvres, ceux qui ont faim et soif de justice, les persécutés ou les artisans de paix. Mais ce qui semble inconcevable dans la grammaire du monde prend tout son sens et toute sa lumière dans la proximité du Royaume de Dieu. Chez les saints, nous voyons ce royaume s'approcher et se réaliser parmi nous. Saint Matthieu présente à juste titre les Béatitudes comme un enseignement, représentant Jésus comme un Maître qui transmet une nouvelle vision des choses et dont la perspective coïncide avec son cheminement. Les Béatitudes, toutefois, ne sont pas un enseignement parmi d'autres : elles sont l'enseignement par excellence. De la même manière, le Seigneur Jésus n'est pas un maître parmi tant d'autres, il est le Maître par excellence. Plus encore, il est l'Éducateur par excellence. Nous, ses disciples, nous sommes à son école, en apprenant à découvrir dans sa vie, c'est-à-dire dans le chemin qu'il a parcouru, un horizon de sens capable d'illuminer toutes les formes de connaissance. Puissent nos écoles et nos universités être toujours des lieux d'écoute et de pratique de l'Évangile !

    Les défis actuels parfois semblent dépasser nos capacités, mais ce n'est pas le cas. Ne permettons pas au pessimisme de nous vaincre ! Je me souviens de ce que mon bien-aimé prédécesseur, le pape François, a souligné dans son  discours à la Première Assemblée plénière du Dicastère pour la Culture et l'Éducation : c'est à dire que nous devons travailler ensemble pour libérer l'humanité de l'obscurité du nihilisme qui l'entoure, lequel est sans doute le mal le plus dangereux de la culture contemporaine, car il menace « de faire disparaître » l'espérance [1]. La référence à l'obscurité qui nous entoure nous renvoie à l’un des textes les plus connus de Saint John Henry, l'hymne Lead, kindly light (« Guide-moi, douce lumière »). Dans cette très belle prière, nous nous rendons compte que nous sommes loin de la maison, que nos pas sont chancelants, que nous ne parvenons pas à distinguer clairement l'horizon. Mais rien de tout cela ne nous arrête parce que nous avons trouvé le Guide : « Guide-moi, douce Lumière, dans les ténèbres qui m’enveloppent, Guides moi encore ! – Lead, kindly Light. The night is dark and I am far from home. Lead Thou me on! ».

    C'est le rôle de l'éducation d'offrir cette Douce Lumière à ceux qui, sans cela, pourraient rester prisonniers des ombres particulièrement insidieuses du pessimisme et de la peur. C'est pourquoi je voudrais vous dire : désarmons les fausses raisons de la résignation et de l'impuissance, et faisons circuler dans le monde contemporain les grandes raisons de l'espérance. Contemplons et indiquons les constellations qui transmettent lumière et repères dans ce présent obscurci par tant d'injustices et d'incertitudes. C'est pourquoi je vous encourage à faire des écoles, des universités et de toutes les réalités éducatives, y compris informelles et de terrain, autant de seuils d'une civilisation de dialogue et de paix. À travers vos vies, laissez transparaître cette « multitude immense », dont nous parle aujourd'hui dans la liturgie le Livre de l'Apocalypse, une multitude « que personne ne pouvait compter, de toutes nations, tribus, peuples et langues », et qui « se tenait debout devant l'Agneau » (7,9).

    Dans le texte biblique, un ancien, observant la multitude, demande : « Ceux-ci, […] qui sont-ils et d'où viennent-ils ? » (Ap 7,13). À ce propos, dans le domaine éducatif, le regard chrétien se pose également sur « ceux qui viennent de la grande tribulation » (v. 14) et y reconnaît les visages de tant de frères et sœurs de toutes langues et de toutes cultures qui, par la porte étroite de Jésus, sont entrés dans la vie en plénitude. Alors, une fois encore, nous devons nous demander : « les moins pourvus ne sont-ils pas des personnes humaines ? Les faibles n’ont-ils pas la même dignité que nous ? Ceux qui sont nés avec moins de possibilités ont-ils moins de valeur en tant qu’êtres humains, doivent-ils se contenter de survivre ? La réponse que nous apportons à ces questions détermine la valeur de nos sociétés et donc notre avenir. » (Exhort. apost. Dilexi te, 95).  Et ajoutons que la qualité évangélique de notre éducation dépend également de cette réponse.

    Parmi les héritages durables de saint John Henry, on trouve, à ce propos, quelques contributions très significatives à la théorie et à la pratique de l'éducation. « Dieu, écrivait-il, m'a créé pour lui rendre un service précis. Il m'a confié une tâche qu'il n'a confiée à personne d'autre. J'ai une mission : peut-être ne la connaîtrai-je pas dans cette vie, mais elle me sera révélée dans la prochaine » (Meditations and Devotions, III, I, 2). Ces mots expriment magnifiquement le mystère de la dignité de chaque personne humaine et celui de la diversité des dons distribués par Dieu.

    La vie ne s'illumine pas parce que nous sommes riches, beaux ou puissants. Elle s'illumine lorsque nous découvrons en nous cette vérité : je suis appelé par Dieu, j'ai une vocation, j'ai une mission, ma vie sert à quelque chose de plus grand que moi ! Chaque créature a un rôle à jouer. La contribution que chacun a à offrir est unique, et la tâche des communautés éducatives est d'encourager et de valoriser cette contribution. N'oublions pas : au centre des parcours éducatifs, il ne doit pas y avoir des individus abstraits, mais des personnes en chair et en os, en particulier celles qui semblent ne pas être en mesure de rendre, selon les paramètres d'une économie qui exclut et tue. Nous sommes appelés à former des personnes, afin qu'elles brillent comme des étoiles dans leur pleine dignité.

    Nous pouvons donc dire que l'éducation, dans la perspective chrétienne, aide chacun à devenir saint. Rien de moins. Lors de son voyage apostolique en Grande-Bretagne en septembre 2010, au cours duquel il a béatifié John Henry Newman, le  Pape Benoît XVI a invité les jeunes à devenir saints en ces termes : « Ce que Dieu désire plus que tout pour chacun d'entre vous, c'est que vous deveniez saints. Il vous aime bien plus que vous ne pouvez l'imaginer et il veut le meilleur pour vous [2] ». C'est l'appel universel à la sainteté que le  Concile Vatican II a inscrit comme élément essentiel de son message (cf. Lumen gentium, chap. V). Et la sainteté est proposée à tous, sans exception, comme un cheminement personnel et communautaire tracé par les Béatitudes.

    Je prie pour que l'éducation catholique aide chacun à découvrir sa vocation à la sainteté. Saint Augustin, que saint John Henry Newman appréciait tant, a dit un jour que nous sommes des compagnons d'étude qui n'avons qu'un seul Maître, dont l'école est sur terre et la chaire au ciel (cf. Sermon 292,1).

    _________________________________________

    [1] François,  Discours aux participants à la première Assemblée plénière du Dicastère pour la Culture et l'Éducation (21 novembre 2024).

    [2] Benoît XVI,  Discours aux élèves, Twickenham – Royaume-Uni, 17 septembre 2010.

  • Priorité aux pauvres et à l'environnement : la lettre de Leon XIV sur l'éducation

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    Priorité aux pauvres et à l'environnement : la lettre de Leon XIV sur l'éducation

    La lettre apostolique « Tracer de nouvelles cartes de l’espérance » a été publiée hier . Elle aborde notamment la centralité de la personne, la formation spirituelle des enseignants et la contribution de l’Église à l’histoire de l’éducation. Elle met également l’accent sur la justice sociale et environnementale.

    29/10/2025
    Le roi Léon XIV signe un document sur l'éducation le 27 octobre 2025.

    Soixante ans après la déclaration conciliaire Gravissimum Educationis (28 octobre 1965), la lettre apostolique de Léon XIV, intitulée « Tracer de nouvelles cartes de l’espérance  », est consacrée à l’éducation et a été publiée hier, le 28 octobre. Elle évoque notamment le prévôt privé, rappelant « avec joie (…) les années passées dans le cher diocèse de Chiclayo, à visiter l’Université catholique de San Toribio de Mogrovejo ». L’évêque de l’époque s’adressait à la communauté universitaire, affirmant qu’« on ne naît pas professionnel ; toute carrière universitaire se construit pas à pas, livre après livre, année après année, sacrifice après sacrifice ».

    Dans sa nouvelle lettre apostolique, le pape Léon XIV souligne la place centrale de la personne dans l'éducation. « L'école catholique, écrit-il, est un milieu où la foi, la culture et la vie sont intimement liées. » Dès lors, « elle n'est pas simplement une institution, mais un lieu de vie où la vision chrétienne imprègne chaque discipline et chaque interaction », et « les éducateurs sont appelés à une responsabilité qui dépasse leur contrat de travail : leur témoignage est aussi précieux que leur enseignement. » Ce n'est pas un hasard si le pape évoque le rôle crucial de la formation spirituelle des enseignants, au-delà des seules formations scientifiques, pédagogiques et culturelles. Ce document, à l'instar de son introduction (l'exhortation apostolique Dilexi te), met l'accent sur la sollicitude envers les pauvres et la protection de l'environnement. Le Pape tire la sonnette d’alarme : « Oublier notre humanité commune a engendré divisions et violences ; et lorsque la terre souffre, les pauvres souffrent davantage. » Il ajoute : « L’éducation catholique ne peut rester silencieuse : elle doit unir justice sociale et justice environnementale, promouvoir la sobriété et des modes de vie durables, former des consciences capables de choisir non seulement ce qui est commode, mais aussi ce qui est juste. » Réaffirmant la dimension écologique de son enseignement, Mgr Prevost déclare : « Chaque petit geste – éviter le gaspillage, faire des choix responsables, défendre le bien commun – est une forme d’éducation culturelle et morale. »

    Confirmant le rétablissement de la tradition – abandonnée par François – de la signature publique des documents, Léon XIV a signé la nouvelle lettre apostolique le lundi 27 octobre, peu avant la messe du Jubilé mondial de l’Éducation, aux côtés du cardinal José Tolentino de Mendonça, préfet du Dicastère pour la Culture et l’Éducation. Le Pape, empreint de douceur et louant la bienveillance, exhorte les communautés éducatives à apaiser leurs tensions par les mots, car « l’éducation ne progresse pas par la polémique, mais par la douceur de l’écoute ». Léon XIV a rendu hommage à l’histoire de l’éducation catholique, évoquant également « son » saint Augustin qui, en intégrant la sagesse biblique à la tradition gréco-romaine, « a compris que le véritable maître éveille le désir de vérité, éduque la liberté de déchiffrer les signes et d’écouter sa voix intérieure ». Une tradition perpétuée par le monachisme dans les lieux les plus reculés, « où, pendant des décennies, les œuvres classiques ont été étudiées, commentées et enseignées, à tel point que, sans ce travail discret au service de la culture, tant de chefs-d'œuvre n'auraient pas survécu jusqu'à nos jours ». Il s'agit là de la reconnaissance d'une contribution souvent négligée dans l'histoire de l'éducation, à l'instar de celle de l'Église dans la naissance des premières universités.

    Se tournant vers des périodes plus récentes, Léon XIV cite  saint Jean Bosco qui, « par sa méthode préventive, a transformé la discipline en raison et en proximité », ainsi que des figures féminines. Le document cite Vicenta Maria López y Vicuña, Francesca Cabrini, Giuseppina Bakhita, Maria Montessori, Katharine Drexel et Elizabeth Ann Seton, reconnues pour avoir « ouvert des portes aux filles, aux migrants et aux plus vulnérables ». Le guide, écrit le pape, demeure la déclaration conciliaire Gravissimum educationis , qui « désigne la famille comme la première école de l’humanité » et enseigne que « l’éducation ne mesure pas sa valeur uniquement à l’aune de l’efficacité : elle la mesure à l’aune de la dignité, de la justice et de la capacité à servir le bien commun ». Cette vision anthropologique globale « doit rester la pierre angulaire de la pédagogie catholique » et renvoie à la pensée de saint John Henry Newman, également citée par Léon XIV, qui le proclamera Docteur de l'Église le 1er novembre.