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Enseignement - Education - Page 2

  • Les Guides et Scouts d’Europe en Belgique : un scoutisme catholique traditionnel et européen

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    Les Guides et Scouts d’Europe en Belgique : un scoutisme catholique traditionnel et européen

    Guides et Scouts d'Europe Belgique / Europascouts en Gidsen - België | Uccle

    Les Guides et Scouts d’Europe – Belgique (GSE-B), également connus sous le nom néerlandophone d’Europascouts en Gidsen – België (ESG-B), constituent une association de scoutisme catholique unitaire présente dans l’ensemble du pays. Affiliée à l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe – Fédération du Scoutisme Européen (UIGSE-FSE), elle se distingue des grandes fédérations belges reconnues par l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (OMMS/WOSM) et l’Association Mondiale des Guides et Éclaireuses (AMGE/WAGGGS) par son attachement strict à la méthode de Baden-Powell, sa dimension confessionnelle catholique et son orientation explicitement européenne.

    Origines et histoire

    Le mouvement international naît en 1956 à Cologne (Allemagne), dans le contexte de la reconstruction européenne d’après-guerre. Un groupe de chefs scouts allemands et français, catholiques, protestants et orthodoxes, fonde la Fédération du Scoutisme Européen (FSE, devenue UIGSE-FSE). Leur ambition est de pratiquer le scoutisme de Baden-Powell sur des bases chrétiennes, dans un cadre européen fraternel, en réponse aux divisions et idéologies qui avaient déchiré le continent.

    En Belgique, l’implantation suit rapidement. En 1959, la troupe 1re Louvain du Vlaams Verbond van Katholieke Scouts participe au premier camp fédéral (Eurocamp) à Wasserfal (Allemagne). L’année suivante, en 1960, Norbert De Bruyn fonde l’Association Belge des Guides et Scouts d’Europe. Un camp fédéral se tient d’ailleurs en Belgique en 1962 à Botassart. En 1994, sous l’impulsion de Jean-François Godbille, les structures belges fusionnent pour former l’association actuelle.

    L’UIGSE-FSE a reçu la reconnaissance pontificale (association privée internationale de fidèles de droit pontifical, confirmée en 2008) et dispose d’un statut participatif auprès du Conseil de l’Europe. Elle regroupe aujourd’hui des associations dans une vingtaine de pays européens (et des structures en Amérique du Nord), avec environ 60 000 à 70 000 membres selon les sources.

    Effectifs et présence sur le territoire

    Les estimations récentes situent les effectifs belges entre environ 1 400 et 2 000 membres (jeunes et responsables confondus). Des sources plus précises mentionnent environ 1 391 jeunes et 320 responsables, ou « plus de 1 700 jeunes ». La majorité des groupes sont francophones ; on compte une minorité de groupes néerlandophones (environ 5 sur une vingtaine de groupes actifs).

    Les groupes sont répartis dans tout le pays : Anvers, Bruges, Gand, Nossegem (Halle-Vilvoorde) côté néerlandophone ; Bruxelles (plusieurs unités : Boitsfort, Woluwé, etc.), Arlon, Liège (Banneux), Mons, Namur, Fontaine-l’Évêque, et d’autres en Wallonie. Les unités masculines et féminines sont en principe séparées (sauf pour les plus jeunes, les Castors/Bevers). Une carte interactive et un catalogue des foulards sont disponibles sur le site officiel.

    Le siège se trouve à Uccle (Avenue Winston Churchill 35, « La Vigne »).

    Pédagogie et branches d’âge

    La pédagogie s’appuie fermement sur la méthode de Baden-Powell (santé, caractère, joie et sens du service – les « trois H ») enrichie par l’héritage du père Jacques Sevin, pionnier du scoutisme catholique. Elle vise le développement intégral de la personne, y compris dans sa dimension spirituelle chrétienne. Les activités privilégient le plein air, la responsabilité progressive (formation du jeune par le jeune), le service et la vie en petites unités homogènes d’âge.

    Les branches sont :

    • Castors / Bevers (6-8 ans) : découverte de la vie en communauté et efforts.
    • Louveteaux / Louvettes – Welpen / Welpinnen (8-12 ans) : inspirés du Livre de la Jungle et de saint François d’Assise.
    • Éclaireurs / Éclaireuses – Verkenners / Gidsen (12-17 ans) : vie en patrouille, responsabilités, aventure.
    • Routiers / Guides-Aînées – Voortrekkers / Voortreksters (à partir de 17 ans) : service, engagement et formation de leaders.

    L’uniforme est caractéristique : chemise bleu clair (ou beige pour les scouts/routiers), foulard de groupe, ceinturon avec la croix de l’UIGSE (croix de Malte à huit pointes et fleur de lys).

    Identité et place dans le paysage scout belge

    Les Guides et Scouts d’Europe se définissent comme un mouvement de scoutisme « authentique », catholique et européen. La promesse inclut le service de Dieu, de l’Église, du Roi, de la Patrie et de l’Europe. La loi scoute reprend les articles classiques, avec un accent sur la pureté, le service et la fraternité européenne.

    Ils ne font pas partie du Guidisme et Scoutisme en Belgique (GSB), la structure parapluie des fédérations reconnues par l’OMMS/WAGGGS (Les Scouts, Guides Catholiques de Belgique, Scouts en Gidsen Vlaanderen, FOS Open Scouting, Scouts et Guides Pluralistes). Ils constituent donc une alternative plus traditionnelle et explicitement confessionnelle au sein du paysage scout belge, très diversifié et majoritairement pluriel ou ouvert.

    Vie du mouvement

    Les unités organisent des réunions hebdomadaires, des camps d’été, des week-ends de formation (notamment les « routes-école » pour les aînés) et participent à des événements internationaux (Eurojam, Euromoot). Des pèlerinages (comme celui d’Avioth) et des activités de service font partie de la vie des Routiers. Le mouvement met l’accent sur la formation des chefs et le rayonnement dans les quatre coins du pays, en français et en néerlandais.

    Conclusion

    Présents en Belgique depuis plus de soixante ans, les Guides et Scouts d’Europe incarnent une forme de scoutisme qui allie fidélité à Baden-Powell, ancrage catholique et idéal européen. Bien que numériquement modestes par rapport aux grandes fédérations belges (qui totalisent plus de 150 000 membres), ils offrent une proposition pédagogique cohérente et structurée, reconnue par l’Église et présente dans les deux communautés linguistiques. Leur site officiel (scouts-europe.be) permet de localiser les groupes et de s’informer sur les activités.

    Sources principales : site officiel des Guides et Scouts d’Europe – Belgique, Scoutopedia, Wikipedia (pages UIGSE-FSE et scouting en Belgique), documents historiques de l’UIGSE-FSE.

  • Le droit d’éduquer nos enfants devrait être la règle, pas l’exception

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    Du site de l'European Centre for Law & Justice (ECLJ) (Catalina Henriquez) :

    Le droit d’éduquer nos enfants devrait être la règle, pas l’exception

    31 Août 2026

    L’enseignement à domicile fait aujourd’hui l’objet de réglementations très opposées en Europe. Certains pays s’efforcent de restreindre le droit premier des parents d’éduquer leurs enfants, tandis que d’autres ont adopté des mesures plus libérales. La société doit concilier les devoirs parentaux avec l’intérêt supérieur de l’enfant en matière d’éducation. L’État est garant du droit à l’éducation des enfants, mais pas le dépositaire des enfants.

    Le droit préférentiel des parents: définition et implications

    Le droit des parents de diriger l’éducation morale et religieuse de leurs enfants est un principe largement reconnu dans le droit international des droits de l’homme. Trois raisons principales sous-tendent ce principe.

    1. La famille est la cellule fondamentale de la société et doit, à ce titre, être préservée et protégée.
    2. Les parents sont les principaux responsables et exercent l’autorité sur l’enfant, assumant la responsabilité première de son éducation et de son développement.
    3. Le principe de subsidiarité, qui exige que l’État n’intervienne que lorsque les instances inférieures sont incapables de remplir leurs devoirs.

    Il ne s’agit pas d’une question d’opinion; ce principe est consacré dans le droit international des droits de l’homme, et la plupart des États occidentaux l’ont inscrit dans leur propre législation nationale. L’article 13, paragraphe 3, du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, l’article 14, paragraphe 3, de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et l’article 2 du Protocole n°1 à la Convention européenne des droits de l’homme le reconnaissent tous. Ce droit comporte deux dimensions: celle d’orienter l’éducation morale et religieuse de l’enfant, et celle de choisir librement le type et la forme d’enseignement dispensé, que ce soit dans un établissement privé ou public, ou à domicile, que l’enseignement soit assuré par les parents eux-mêmes ou par des tuteurs. Cette dernière option est ce que l’on appelle l’instruction en famille ou l’école à la maison.

    L’instruction en famille n’exige pas des parents qu’ils enseignent eux-mêmes toutes les matières. Elle signifie surtout qu’ils restent les principaux responsables de l’éducation de leur enfant, libres de l’adapter en fonction des besoins de celui-ci et de leurs propres convictions. Comme le souligne la Home School Legal Defense Association: «l’éducation primaire se déroule dans le cadre du foyer», même lorsque les familles font appel à des groupes d’enseignement à domicile, à des tuteurs ou à des cours en ligne pour la compléter[1].

    Un aperçu comparatif à travers l’Europe

    Dans plusieurs pays européens, l’enseignement à domicile survit à peine. Les restrictions sont suffisamment sévères pour rendre cette pratique inapplicable dans la réalité, ce qui revient à une interdiction de facto. L’Allemagne applique la scolarité obligatoire (Schulpflicht) de manière si stricte que l’enseignement à domicile pour des raisons religieuses, philosophiques ou pédagogiques n’est tout simplement pas autorisé. Les parents peuvent choisir entre les écoles publiques et les établissements privés ou confessionnels agréés, mais l’enseignement doit s’inscrire dans le cadre du système scolaire officiel. Les rares exceptions concernent les cas de nécessité médicale, et même dans ces cas-là, elles impliquent généralement un enseignement à distance agréé par l’État plutôt qu’un enseignement dispensé par les parents[2].

    La Hongrie a emprunté la même voie sous Viktor Orbán. Les parents pouvaient autrefois scolariser leurs enfants en dehors du système scolaire en les inscrivant en tant qu’«élèves privés». Mais un amendement législatif de 2019 a de fait mis fin à cette option, la remplaçant par une procédure d’autorisation ministérielle. Ce qui n’était autrefois qu’une simple déclaration est devenu une dérogation sous forme de «programme d’apprentissage individuel» accordée uniquement en cas de problèmes de santé graves, de besoins particuliers ou d’engagements sportifs ou artistiques de haut niveau[3].

    Le Portugal et l’Autriche montrent qu’un autre équilibre est possible. En vertu du décret-loi n° 70/2021 du Portugal, les parents qualifiés peuvent enseigner à leurs enfants à domicile, sous réserve d’une nouvelle demande chaque année, d’un contrôle par le ministère de l’Éducation et d’examens nationaux à la fin de chaque cycle scolaire[4]. Il s’agit d’un véritable droit, même s’il fait l’objet d’une surveillance étroite.

    L’Autriche est encore plus libérale. Il suffit aux parents d’informer chaque année les autorités que leur enfant suivra un enseignement à domicile. Aucune autorisation préalable n’est requise, et l’enseignement à domicile y est légal depuis des décennies. L’intervention de l’État se limite à vérifier, par le biais d’examens annuels, que l’apprentissage de l’enfant est équivalent à celui de ses camarades scolarisés dans le public. Il ne prescrit pas de programmes scolaires et n’effectue pas d’inspections à domicile[5]. En Autriche, l’État contrôle les résultats, tandis qu’en Allemagne et en Hongrie, il contrôle le processus.

    - ( NdB) En Belgique, les parents ont le droit de scolariser (ou plutôt d’instruire) leurs enfants à la maison.

    C’est même un droit constitutionnel (article 24 de la Constitution belge : liberté d’enseignement). L’obligation qui existe est une obligation d’instruction (de 5 à 18 ans), pas une obligation d’aller à l’école.

    Concrètement :

    • Vous pouvez enseigner vous-même à vos enfants à domicile.
    • Vous pouvez aussi les confier à un précepteur ou les inscrire dans une école privée non reconnue/subventionnée (cela est assimilé à de l’enseignement à domicile).
    • Il suffit de faire une déclaration annuelle auprès de la Communauté compétente (flamande, française ou germanophone) et de respecter les contrôles et examens prévus.

    Il n’y a donc pas besoin d’autorisation préalable stricte : c’est un droit que l’on exerce par déclaration, sous réserve de garantir un niveau d’instruction équivalent. - (fin de la note de belgicatho)

    Le vent tourne

    À l’inverse, d’autres pays ont progressé. Certains sont plus modestes que d’autres, mais chacun mérite d’être souligné. La Lituanie est un bon exemple: après avoir purement et simplement interdit l’enseignement à domicile en 2012, elle a fait marche arrière en 2020, après des années de plaidoyer de la part de l’Association lituanienne pour l’enseignement à domicile, rétablissant ainsi le droit des familles de scolariser leurs enfants à la maison pour tous les niveaux scolaires. Ce droit reste toutefois soumis à des conditions strictes: il est principalement réservé aux enfants qui ne peuvent pas fréquenter l’école pour des raisons médicales, et le programme scolaire national reste applicable[6]. Il s’agit d’un pas en avant, mais limité.

    La Pologne est allée plus loin. L’enseignement à domicile y est désormais pleinement légal et, depuis 2021, nettement plus accessible: les parents n’ont plus besoin de l’autorisation d’une école de leur propre province, mais peuvent s’adresser à n’importe quelle école du pays[7]. Ce qui était autrefois un processus local et discrétionnaire est devenu un véritable droit national. Même la Croatie, qui figurait historiquement parmi les États les plus restrictifs sur cette question, a connu un changement. Depuis 2022, l’«Association croate pour l’enseignement à domicile» milite en faveur d’un projet de loi visant à doter pour la première fois l’enseignement à domicile d’un véritable fondement juridique, inspiré du modèle slovène, dans le cadre duquel les élèves restent officiellement inscrits dans une école locale et passent des examens annuels pour valider leurs progrès, tout en étant scolarisés à domicile[8]. L’issue n’est pas encore certaine, mais le fait même que ce débat ait lieu marque un véritable changement dans un pays où l’enseignement à domicile a longtemps été considéré comme une anomalie plutôt que comme un droit.

    Cet élan n’est cependant pas une garantie et la France prouve que la libéralisation peut connaître un revirement brutal. La loi n° 2021-1109 du 24 août 2021, «Confortant le respect des principes de la République», a remplacé un simple régime déclaratif par un système strictement encadré d’autorisation préalable. Des familles qui exerçaient ce droit depuis des années, sans incident, se sont soudainement retrouvées dans l’obligation d’obtenir l’autorisation de l’État pour continuer.

    Les conséquences ont été immédiates et radicales: au cours de l’année scolaire 2021–2022, 72 400 enfants et adolescents suivaient un enseignement à domicile en France. L’année dernière, en 2025–2026, seuls 28 810 enfants ont été autorisés à suivre un enseignement à domicile[9].

    Telle est la leçon que l’Europe ne peut se permettre d’ignorer. Un droit reconnu en principe, protégé par des instruments internationaux, et même en développement dans un pays, peut néanmoins être rapidement et légalement démantelé, dès lors qu’un gouvernement décide de traiter les droits parents comme un problème plutôt que de les soutenir.

    C’est pourquoi l’ECLJ s’engage à défendre les droits parentaux devant les juridictions nationales et internationales. Nous avons introduit des recours exigeant que les juridictions internationales appliquent les principes mêmes qu’elles sont censées défendre. Vous pouvez vous joindre à nous dès aujourd’hui: soutenez notre action ou contactez-nous si vos droits parentaux ont été bafoués.

    ______________________

    [1] Home School Legal Defense Association, https://hslda.org/

    [2] Loi fondamentale de la République fédérale d’Allemagne. https://www.gesetze-im-internet.de/englisch_gg/englisch_gg.html#p0033

    [3] HSLA, Les familles pratiquant l’enseignement à domicile en Hongrie envisagent de créer une organisation nationale, 23 novembre 2021. https://hslda.org/post/homeschoolers-in-hungary-look-to-launch-national-organization#:~:text=fréquentation%20scolaire%20régulière%2C%20y%20compris%20les%20élèves,pour%20des%20activités%20telles%20que%20le%20sport

    [4] Enseignement individuel et enseignement à domicile https://www.dge.mec.pt/ensino-individual-e-ensino-domestico

    [5] Loi sur l'obligation scolaire (Schulpflichtgesetz), paragraphe §11 https://www.homeschoolers.at/gesetzliche-vorgaben/#: ~:text=Die%20allgemeine%20Schulpflicht%20kann%20%E2%80%93,ohne%20%C3%96ffentlichkeitsrecht%20erf%C3%BCllt%20werden%2C

    [6] HSLA, Le gouvernement lituanien met enfin en œuvre l'enseignement à domicile, 13 octobre 2021. https://hslda.org/post/lithuanian-government-finally-implements-home-education

    [7] Loi du 25 février 2021 modifiant la loi sur l'éducation et certaines autres lois https://isap.sejm.gov.pl/isap.nsf/DocDetails.xsp?id=WDU20210000619

    [8] Homeschooling Hrvatska https://homeschooling.hr/zakonski-prijedlog/#

    [9] Question écrite n° 13422 : Régime d'autorisation préalable de l'instruction en famille, https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE13422

  • "Bâtir sa maison sur le roc" : nouvelle saison de formation à l'amour et au mariage

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    Bâtir sa maison sur le roc. – Formation mariage catholique
     
    Une nouvelle saison de formation à l'amour et au mariage "Bâtir sa maison sur le roc" démarrera d'ici quelques semaines.
     
    Le parcours de formation à Bruxelles (première séance le samedi 10 octobre 2026) aura lieu cette année à Schaerbeek, Rue Victor Lefevre 52. Les séances auront lieu en après-midi (début à 16h).

    Pour toutes informations, y compris les dates des séances du cycle de cette nouvelle saison, nous vous renvoyons à notre site www.batirsamaisonsurleroc.be.

    Faites la promotion de cette formation auprès de vos amis et connaissances ! Tous les couples sont les bienvenus, fiancés, mariés ou réfléchissant à un engagement. Ils peuvent tous en tirer profit. Mais les inscriptions allant déjà bon train, qu’ils ne tardent pas à se manifester car le nombre de places est limité.
     
    Par ailleurs, comme l'année passée nous organisons en collaboration avec IFFD Belgium, pour les couples mariés désirant rebooster leur relation, un week-end "Vivre l'amour durable", animé par le thérapeute conjugal Marc d'Anselme et l'abbé Stéphane Seminckx, les 13-14 mars 2027 au Sanctuaire de Beauraing. Les informations détaillées ne sont malheureusement pas encore disponibles, mais, compte tenu du succès de la première édition de ce WE en janvier dernier, nous invitons ceux qui souhaiteraient s'inscrire à nous le signaler par retour de courriel. Nous les informerons alors en priorité dès que les inscriptions formelles seront ouvertes.
     
    Sachez que la Communion Priscille & Aquila organise désormais aussi chaque année à Beauraing un week-end Maranatha pour couples. Nous y avons participé l'année dernière et recommandons très chaudement ces WE. Le prochain aura lieu du 22 au 24 janvier 2027
     
    Enfin, nous vous invitons à suivre notre page facebook, sur laquelle vous trouverez de nombreuses publications enrichissantes.
  • Catholicismes européens, Église catholique et sexualités : un colloque dont on peut craindre le pire

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    14-16/9/2026 : Catholicismes européens, Église catholique et sexualités. Plaidoyer pour une histoire croisée, de l’âge confessionnel au XXIe siècle

    " Du 14 au 16 septembre 2026, le groupe de recherche d'histoire des christianismes (GHB - RSCS) et l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) organisent un colloque à Louvain-la-Neuve : "Catholicismes européens, Église catholique et sexualités : plaidoyer pour une histoire croisée, de l’âge confessionnel au XXIe siècle. Le religieux, la norme et l’hégémonie, un réservoir de complicités et de subversions". " (programme détaillé)

    Le cadrage du colloque laisse clairement attendre une approche critique, souvent subversive par rapport à la doctrine et à la tradition morales catholiques classiques, plutôt qu’une défense ou une simple description interne de celle-ci.

    Le titre complet est révélateur : « Catholicismes européens, Église catholique et sexualités : plaidoyer pour une histoire croisée, de l’âge confessionnel au XXIe siècle. Le religieux, la norme et l’hégémonie, un réservoir de complicités et de subversions ». Il s’agit d’un colloque international coorganisé par le groupe d’histoire des christianismes de l’UCLouvain (RSCS) et l’EHESS, les 14-16 septembre 2026 à Louvain-la-Neuve. L’argumentaire souligne que les questions de genre et de sexualité dominent l’attention contemporaine, mais que leurs liens avec le religieux sont « occultés » en contexte de sécularisation, et que le dialogue entre histoire religieuse et histoire des sexualités reste « délicat ». Le colloque part d’un « postulat contraire » en étudiant les « dynamiques et évolutions réciproques » du catholique et des sexualités.

    Ce langage (« hégémonie », « complicités et subversions », « norme ») s’inscrit dans une historiographie influencée par les études de genre, les approches critiques de la norme et de l’hégémonie (souvent gramscïennes ou foucaldiennes), et l’histoire des sexualités. Il ne s’agit pas d’une approche théologique ou magistérielle interne (qui partirait de l’Écriture, de la Tradition, de la loi naturelle ou du Catéchisme), mais d’une lecture historico-sociale qui interroge le pouvoir normatif de l’Église, ses accommodements, ses résistances et les espaces de contestation ou de réinterprétation.

    Les organisateurs renforcent cette orientation :

    • Régis Schlagdenhauffen (EHESS) détient la chaire de socio-histoire des catégories sexuelles. Ses travaux portent sur l’histoire LGBT, la mémoire des victimes homosexuelles du nazisme, les condamnations pour « impudicité », les mouvements homosexuels et les normes sexuelles.
    • Jean-Pascal Gay (UCLouvain, histoire du christianisme moderne et contemporain) travaille sur les normativités catholiques, la théologie morale, la casuistique, et l’intersection religion/genre/sexualité. Il a publié sur la focalisation religieuse sur la sexualité à l’âge confessionnel.
    • Autres membres du comité : Camille Banse Wauty (doctorante UCLouvain, études de genre/histoire), Silvia Mostaccio (UCLouvain), Théo Hagenmuller (EHESS/UCLouvain). Le comité scientifique mentionné dans l’appel inclut des spécialistes d’histoire du genre et des sexualités (Céline Béraud, Sylvie Steinberg, etc.).

    L’appel à communications (ouvert jusqu’en mai 2026) et le programme détaillé (flyer PDF sur le site UCLouvain) confirment une invitation à des communications d’histoire croisée, pas de doctrine apologétique. Dans le contexte universitaire actuel (EHESS + UCLouvain post-sécularisation, forte présence des gender studies), il est raisonnable d’anticiper des communications qui :

    • historicisent et relativisent les normes sexuelles catholiques (mariage, chasteté, condamnation des actes homosexuels comme « intrinsèquement désordonnés », contraception, etc.) ;
    • mettent en avant les « subversions » internes (pratiques déviantes, résistances, réinterprétations, complicité avec des évolutions sociales) ;
    • analysent l’Église comme productrice d’hégémonie normative plutôt que comme gardienne d’une vérité révélée immuable.

    Cela ne signifie pas que toutes les interventions seront polémiques ou militants anti-traditionnels : l’histoire académique sérieuse peut aussi documenter la continuité doctrinale, les pratiques pastorales ou les résistances. Mais le cadrage explicite (« réservoir de complicités et de subversions ») et le profil des organisateurs orientent fortement vers une lecture critique et déconstructive, loin d’une fidélité à la tradition magistérielle (Catéchisme §§ 2337-2359, Persona humana, Humanae vitae, etc.).

    En résumé : oui, on peut s’attendre à des discours qui, du point de vue de la tradition catholique classique, apparaîtront subversifs ou révisionnistes. C’est cohérent avec une grande partie de l’historiographie universitaire contemporaine sur le sujet.

  • La réaction timide de Rome face à l'évêque pro-genre de Hambourg

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    La réaction timide de Rome face à l'évêque pro-genre de Hambourg

    Le Dicastère pour la Culture et l'Éducation soutient les parents qui s'opposent aux directives sur la « diversité » sexuelle imposées par l'archevêque de Hesse aux écoles catholiques de l'archidiocèse allemand. Quelques lignes, nécessaires mais insuffisantes : le projet doit être stoppé avant même sa mise en œuvre.

    18/08/2026

    Une réponse timide a rompu le silence du Saint-Siège face à la protestation de parents hambourgeois contre l'imposition par l'archidiocèse de directives relatives à l'éducation sexuelle des mineurs dans les écoles catholiques. Ces directives s'inspirent d'un document de la Conférence des évêques allemands, issu du processus synodal, qui, selon les parents (dont beaucoup sont arrivés en Allemagne comme migrants), « encourage la sexualisation délibérée des enfants et des jeunes, dévalorise, déforme ou rejette la vision catholique de la sexualité, du mariage et de la famille, et propage activement un contenu idéologique lié à la sexualité et à l'identité sexuelle ».

    Bref, un nouveau fiasco  en Allemagne, imposé de force par un évêque militant, au mépris de l'avis des familles. Quel gâchis pour la synodalité ! L'archevêque Stefan Hesse, dont les « carences organisationnelles » et les « erreurs de procédure » dans la gestion de l'affaire d'abus sexuels lorsqu'il était responsable du personnel de l'archidiocèse de Cologne, se sont heurtés à la détermination de nombreux parents, notamment celle de Varinia Arauco, une mère d'origine péruvienne. Elle écrivit à tous, du Pape jusqu'aux plus humbles, pour dénoncer la situation. L'audience demandée par une délégation du Réseau des parents pour la protection des mineurs et la prévention (nom que s'est donné ce groupe de familles) auprès de Léon XIV fut refusée, mais une lettre du Dicastère pour la Culture et l'Éducation parvint de Rome.

    Arauco avait également contacté, entre autres, le préfet José Tolentino de Mendonça, mais c'est le sous-secrétaire d'État allemand, Monseigneur Matthias Ambros, qui répondit. Quelques lignes pour accuser réception de la plainte et affirmer que le dicastère « confirme que, concernant la question d'éventuelles orientations en matière d'éducation sexuelle, sa position reste celle exprimée dans le document *  Il les créa homme et femme : Vers un dialogue sur la question du genre dans l'éducation* ».  Ce document, signé en 2019 par le cardinal Giuseppe Versaldi, alors préfet de la Congrégation pour l'Éducation catholique, rejette clairement l'approche du document de la Conférence des évêques allemands sur la « reconnaissance de la diversité des identités sexuelles à l'école » ainsi que les directives qui en découlent et que l'archevêque Hesse souhaiterait imposer dans les écoles catholiques de Hambourg. 

    Pour le dicastère, « l'éducation affective requiert un langage approprié ».« Il faut que l’éducation sexuelle soit mesurée et qu’elle tienne compte du fait que les enfants et les jeunes n’ont pas encore atteint leur pleine maturité et s’apprêtent à découvrir la vie avec intérêt. » « C’est pourquoi, écrivait Versaldi, il est nécessaire d’aider les élèves à développer un esprit critique face à l’invasion de propositions, face à la pornographie débridée et à la surcharge de stimuli susceptibles de mutiler la sexualité. » Un vademecum pour s’opposer au « bombardement de messages ambigus et vagues » dont est au contraire truffé le cadre conceptuel de l’éducation sexuelle souhaité par l’archidiocèse de Hambourg.

    Le paradoxe est que le document de la congrégation de l’époque défend « l’aspiration légitime des écoles catholiques à maintenir leur propre vision de la sexualité humaine, compte tenu de la liberté des familles de fonder l’éducation de leurs enfants sur une anthropologie globale, capable d’harmoniser toutes les dimensions qui constituent leur identité physique, psychologique et spirituelle », rappelant qu’« un État démocratique ne peut, en effet, réduire l’offre éducative à une seule ligne de pensée, surtout sur un sujet aussi sensible qui touche à la vision fondamentale de la nature humaine et au droit naturel des parents à une éducation libre ». « Le choix, toujours dans le respect de la dignité de la personne humaine. » Or, à Hambourg, ce n’est pas l’autorité civile qui impose un programme d’éducation sexuelle pro-genre aux écoles catholiques, mais bien l’autorité ecclésiastique, contre le consentement de centaines de parents.

    Les directives du diocèse allemand témoignent de cette « désorientation anthropologique qui imprègne tant le climat culturel de notre époque et qui a certainement contribué à la déstructuration de la famille, avec cette tendance à gommer les différences entre hommes et femmes, réduites à de simples effets du conditionnement historico-culturel ». Elles contreviennent donc ouvertement au contenu du document de Versaldi, auquel le Dicastère pour la Culture et l’Éducation se réfère encore aujourd’hui sur cette question. L’ancienne congrégation le sait si, en répondant à la mère de Hambourg, elle a jugé nécessaire de rappeler ce texte.

    Mais plus encore, le Saint-Siège ne peut prétendre avoir rempli son devoir avec ces quelques lignes envoyées au Réseau des parents, qui en reconnaissent implicitement la justesse. Une intervention urgente auprès de l’archevêque Hesse est nécessaire pour bloquer la mise en œuvre de ces directives. Les écoles de l'archidiocèse. Le temps presse : la mesure entrera en vigueur le 20 août.

  • La pensée de l'Église sur la femme

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    Sur le site web « Salon beige » on peut lire l'homélie, brève et dense à la fois, rédigée pour la Fête de l'Assomption par Dom Courau, père abbé de l'abbaye bénédictine de Triors: un texte écrit à lumière de la véritable anthropologie  chrétienne... (archive 2022)

    « + Signum magnum, mulier.

    Marie et le serpent 540b09a981652e55619bd2599d965696--quito-blessed-mother.jpgÀ partir du mystère de la gloire de Notre Dame au ciel, nous voulons contempler celui de la Femme, grand signe aussi sur la terre. Pourtant Ève, victime de confusions diverses, porte souvent le rôle de l’accusée. Guerric d’Igny au XIIème s. s’en fait l’écho amer : On l’appelle “mère des vivants” ; en réalité, elle est plutôt meurtrière des vivants, mère de ceux qui vont mourir. Pour elle, engendrer n’est rien d’autre que de communiquer la mort (Assomption, Serm. 2). Il ose l’appeler ‘marâtre’ plutôt que ‘mère’, alors que d’autres à l’inverse vantent la mère comme la relation protégée malgré la chute. Ces outrances verbales obligent donc à regarder de près le mystère de la femme sur la terre comme au ciel. Dieu ne fait rien en vain ; en créant, il ne nous tend pas de piège.

    Au début du siècle passé Charles Péguy aurait pu être tenté de le croire : sa conversion à la foi n’eût pas son prolongement sacramentel à cause du refus que lui imposait la femme qui partageait sa vie. Pourtant, derrière la femme-obstacle, il a respecté, patienté, allant à pied confier son souci à Notre Dame de Chartres peu avant sa mort, et de façon posthume, il fut exaucé. Il y a heureusement une foule de signes positifs en faveur de la femme sur la terre. Marie Goretti a fait des émules. Anne-Lorraine assassinée dans le RER il y a 10 ans avait écrit peu avant son désir du martyre pour la dignité féminine, Jeanne-Marie Kegelin est encore dans notre mémoire. Des chrétiennes irakiennes revenues à Qaraqosch après que Daech eût quitté la ville l’an dernier, veulent redonner la vie après la guerre : dans l’église vandalisée elles s’encouragent mutuellement selon leur vocation à refonder la vie sociale : Tout est difficile ici, dit l'organisateur, mais nous voulons reconstruire les femmes avant de reconstruire les maisons; car si nous reconstruisons les femmes, alors nous pouvons reconstruire les enfants, puis la famille, et après cela toute la communauté. Ces exemples héroïques donnent du crédit à la pensée de l’Église concernant la femme unie à l'homme dans le mariage.

    Sa pensée est-elle préhistorique ou prophétique, a-t-on ironisé à propos des 50 ans d’Humanae Vitae (La Croix, 27 juillet 2018) ? Avec sa lucidité tranquille, le Cardinal Sarah vient de répondre dans sa conférence à Kergonan (4 août 2018). En voici quelques passages : Dieu lui-même a pris soin de nous révéler les voies du bonheur et du Bien pour le couple humain... Accueillir 'Humanæ Vitæ' n’est pas d’abord une question de soumission et d’obéissance au Pape, mais d’écoute et d’accueil de la Parole de Dieu, de la bienveillante révélation de Dieu sur ce que nous sommes et sur ce que nous avons à faire pour correspondre à son amour. L’enjeu est en fait celui de notre vie théologale, de notre vie de relation avec Dieu... Annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile sur la sexualité et le mariage, c’est ouvrir aux couples la voie d’une vie heureuse et sainte ! C’est notre devoir de pères, de guides, de pasteurs ! Bien entendu, plus nous prêcherons avec force la vérité, plus nous saurons accompagner les personnes avec 'patience et bonté'. On le voit bien l'enjeu est à la hauteur de la crise qui étreint notre société au-delà de ses faux débats.

    L'encyclique de 1968 répond au désarroi contemporain sur la sexualité qui n’a fait que s’accentuer depuis : l’actualité en la matière ressemble à d’impuissants soins palliatifs face à des affectivités déconnectées du réel. Seul contre presque tous, Paul VI voyait venir ces désastres, il fut réellement prophétique, comme l’ont dit ses successeurs. L’intuition profonde se ramène à cette notion toute simple de chercher dans le mariage à marcher au pas de Dieu, tandis que l’athéisme feutré agresse l’intimité des personnes. De plus en plus, il fait du plaisir sans sagesse une drogue qui asservit, tel un nœud coulant. Et c’est le piège. Ne regarde pas le vin, prévient le Proverbe du Sage (Prov. 23,31-35) : comme il est vermeil; comme il brille dans la coupe, comme il coule suavement. Mais il finit par mordre comme un serpent, et par piquer comme une vipère. Tes yeux percevront des choses étranges, et ton cœur s’exprimera de travers. Tu seras comme un homme couché en haute mer, ou couché au sommet d'un mât. On m'a battu, et je n'ai point de mal ! On m'a rossé et je n’ai rien senti ! Et à mon réveil j’en redemanderai encore ! Quel contraste avec l’harmonie conjugale et la paix qu’elle rayonne : les époux s’aiment dans la durée sans chercher à échapper au rythme périodique ; l’homme considère le cycle féminin comme une richesse, heureux de s’y adapter et de se mettre à son école (Cf. G. Vialla, Billings F, recevoir le féminin).

    Oui, il y a un joug, Jésus le dit et ajoute aussitôt qu’il est doux et léger (Mt. 11,30). Humanae Vitae cite le verset et insiste sur cette douceur (HN 25) : les époux qui entrent ainsi dans le beau projet de Dieu rendent visibles aux hommes la sainteté et la douceur de la loi qui unit leur amour mutuel. Coopérer ainsi à l'amour de Dieu auteur de la vie humaine sème la paix. Paul VI évoque bien sûr le prix à payer, l’effort moral, cet heureux piment de la vie. Il le confie au réalisme de la vie théologale et liturgique, spécialement au beau duo sacramentel que forment ensemble la Réconciliation et l’Eucharistie (Cf. HN 25 & 29). »

    Ref. La pensée de l’Eglise sur la femme

    JPSC

  • Le développement de la formation sacerdotale dans un petit diocèse américain

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    D'InfoVaticana :

    De sept séminaristes à un nouveau séminaire : le développement de la formation sacerdotale dans un petit diocèse américain

    De sept séminaristes à un nouveau séminaire : le développement de la formation sacerdotale dans un petit diocèse américain
    Photo : Diocèse de Wichita, Kansas (États-Unis)

    Selon le diocèse, le nouveau séminaire permettra la reconnaissance canonique et la consolidation du travail de formation sacerdotale que Wichita mène depuis des années. Le père Chad Arnold, actuel directeur de la Maison de formation Saint-Joseph et responsable des séminaristes diocésains, continuera de diriger le séminaire et assumera officiellement la fonction de recteur.

    « C’est très enthousiasmant de franchir cette étape, car elle reconnaît officiellement le travail acharné de notre diocèse », explique Arnold. Dans les faits, une grande partie du travail se poursuivra comme auparavant, mais le prêtre estime que cette transformation confirme les fruits obtenus au cours de ces années : « C’est la preuve que le Seigneur a agi et nous a montré de nombreux bons fruits. »

    De sept jeunes à un programme complet de quatre ans

    La Maison de formation Saint-Joseph a ouvert ses portes en août 2017 sous la direction du père Mike Simone, avec Arnold comme premier directeur adjoint. Durant cette première année, sept jeunes hommes y ont résidé, et le diocèse avait initialement prévu un programme de deux ans.

    Les séminaristes ont effectué leurs quatre premiers semestres d'études universitaires à l'Université Newman, une université catholique de Wichita, avant de poursuivre leur formation dans un autre séminaire. Cependant, les résultats obtenus ont rapidement conduit le diocèse à reconsidérer le projet.

    « Après cette première année, nous sommes passés à un programme de quatre ans car nous constations clairement les bons résultats et l’œuvre du Saint-Esprit », se souvient Arnold. C’est alors qu’il a commencé à envisager que cette maison de formation puisse un jour devenir un séminaire.

    L’évêque Carl A. Kemme de Wichita a expliqué que le nombre croissant de candidats et la collaboration avec l’université Newman ont permis de proposer le programme universitaire complet de quatre ans. Par la suite, une année préparatoire a été ajoutée, conçue comme une introduction à la vie au séminaire pour ceux qui avaient déjà terminé leurs études universitaires.

    Le diocèse a toutefois choisi de ne pas intégrer la phase ultérieure de pré-théologie, qui continuera d'être dispensée dans les grands séminaires, afin de ne pas surcharger les installations ou les ressources humaines disponibles à Wichita.

    Un diocèse qui compte le plus grand nombre de vocations sacerdotales aux États-Unis

    La transformation de la Maison de formation Saint-Joseph s'inscrit dans un contexte vocationnel particulièrement favorable. Un rapport national publié en janvier 2025 par Vocation Ministry classe Wichita en tête des diocèses américains pour deux indicateurs liés aux vocations sacerdotales.

    Concernant le taux de remplacement des prêtres, qui compare le nombre de séminaristes au nombre de prêtres à remplacer par de nouvelles ordinations, Wichita a atteint 195 %. Un résultat de 100 % signifie qu'un diocèse dispose d'un nombre suffisant de séminaristes pour assurer le remplacement de son effectif sacerdotal. Le deuxième diocèse américain le plus performant pour cet indicateur est Nashville, avec 111 %, suivi de Lincoln, avec 107 %.

    Un deuxième indicateur, qui analyse le même phénomène en tenant compte de la décennie précédente, place à nouveau Wichita en première position, cette fois avec 255 %. Nashville atteint 170 % et Springfield, dans l'État de l'Illinois, 160 %.

    L'étude a classé Wichita parmi les diocèses américains desservant une population catholique de 100 000 à 300 000 fidèles. Cependant, ses résultats ont non seulement surpassé ceux de tous les autres diocèses du pays, mais se sont avérés supérieurs.

    L'évêque Kemme a établi un lien entre la forte tradition vocationnelle de Wichita et divers aspects de la vie diocésaine, notamment l'adoration eucharistique, les écoles catholiques, la fréquentation des messes, la présence de jeunes prêtres et des initiatives spécifiques de promotion des vocations. L'évêque a particulièrement insisté sur l'adoration eucharistique, soulignant que de nombreux jeunes hommes lui avaient confié avoir ressenti un appel à la prêtrise lors de ces moments.

    Plus de 40 séminaristes l'année prochaine

    Ce contexte se reflète également dans la taille de l'établissement qui deviendra un séminaire. Mgr Kemme estime qu'il y aura 42 ou 43 jeunes hommes à Saint-Philippe-Néri l'année prochaine, même si tous ne sont pas originaires de Wichita.

    Le nouveau séminaire sera principalement destiné aux candidats à la prêtrise de ce diocèse, mais il accueille actuellement également des séminaristes de Salina et de Dodge City, les deux autres diocèses situés entièrement ou partiellement dans l'ouest et le centre du Kansas.

    Kemme n'a cependant pas l'intention de faire de San Felipe Neri une grande institution ni de recruter activement des candidats d'autres régions du pays.

    « Je ne souhaite pas que le séminaire San Felipe Neri devienne trop grand », a-t-il expliqué. Son intention est de maintenir une taille permettant un développement adéquat de la formation au séminaire, tout en préservant l’accompagnement individualisé et en évitant que les jeunes hommes ne soient traités « comme des numéros plutôt que comme des personnes ».

    L'évêque estime que l'institution a actuellement trouvé un juste équilibre entre ces deux besoins.

    La collaboration avec l'Université Newman

    La formation académique continuera d'être développée en collaboration avec l'Université Newman, une relation qu'Arnold considère comme fondamentale pour expliquer la croissance de la Maison de formation de San José.

    « La collaboration avec Newman a été formidable », déclare le prêtre, qui souligne tout particulièrement le travail des départements de théologie, de philosophie et de langues.

    « Newman enrichit l'éducation de nos hommes, et je crois que nos hommes enrichissent la communauté de Newman et l'identité catholique », ajoute-t-il.

    La construction du séminaire n'entraînera donc ni déménagement ni bouleversement du quotidien. Les séminaristes resteront dans les mêmes bâtiments, avec la même équipe pédagogique, et continueront de suivre le modèle mis en place ces dernières années.

    La transition de la maison de formation au séminaire

    La principale différence sera d'ordre canonique et institutionnel. Mgr Kemme explique que ce nouveau statut conférera à l'institution une reconnaissance ecclésiale qui s'étendra au-delà du diocèse et permettra une identification plus claire du travail déjà accompli à Wichita.

    Selon l'évêque, il existe un peu plus d'une vingtaine de séminaires universitaires aux États-Unis, dont beaucoup sont historiquement liés à de grands archidiocèses. Les diocèses plus petits envoient généralement leurs candidats dans des institutions situées hors de leur territoire.

    « Il est presque inouï que Wichita figure parmi un tel nombre », a fait remarquer Kemme.

    Ce nouveau statut permettra également à l'institution d'être reconnue par le Saint-Siège auprès du Dicastère pour la Culture et l'Éducation et du Dicastère pour le Clergé, ainsi que par les autres évêques et séminaires du pays.

    Pour Arnold, ce nom permettrait aussi de résoudre un problème pratique : en dehors de Wichita, la notion de « maison de formation » et la nature de la préparation dispensée aux candidats à la prêtrise n’étaient pas toujours bien comprises. Le mot « séminaire », en revanche, désigne immédiatement la vocation de l’institution.

    Le père Chad Arnold sera le premier recteur

    Cette transformation officialisera également les responsabilités d'Arnold. Avec la création de San Felipe Neri, il cessera d'être directeur de la maison de formation et deviendra recteur du séminaire.

    L’évêque Kemme a expliqué que la formation des prêtres dans son diocèse relève de la responsabilité première de l’évêque, mais qu’il délègue cette tâche au recteur. Ce nouveau poste impliquera également des obligations canoniques spécifiques : Arnold fera publiquement sa profession de foi et prêtera serment de fidélité à l’Église.

    « C’est l’homme de la situation. Il l’a prouvé », a déclaré Kemme, qui a souligné la confiance que lui accordent les prêtres et les séminaristes.

    Pour Arnold, nombre de ses responsabilités resteront inchangées. La différence résidera dans une plus grande clarté, une plus grande précision et une reconnaissance officielle de la mission qu'il accomplit déjà.

    Saint Philippe Néri, saint patron du nouveau séminaire

    Le nom du séminaire a été choisi à l'issue d'un processus impliquant l'évêque, les prêtres et les séminaristes. Kemme et Arnold avaient envisagé séparément le nom de saint Philippe Néri et ont constaté par la suite que ce nom figurait également parmi les plus fréquemment suggérés lorsqu'ils ont consulté le reste du diocèse.

    « Nous n’avions dit à personne que nous envisagions San Felipe Neri, mais ce nom nous a été recommandé de loin », raconte Arnold. « Nous avons perçu cela comme une confirmation. »

    Le diocèse souhaite mettre particulièrement en lumière la joie, l'humilité et le zèle évangélisateur du saint du XVIe siècle. Le séminaire adoptera pour devise l'expression italienne attribuée à saint Philippe Néri, « Siate umili, state bassi » , que l'on peut traduire par « Sois humble, reste petit ».

    Arnold a également associé le modèle sacerdotal que l'institution souhaite transmettre à une autre phrase attribuée au saint : « Le monde est votre paroisse, mais ma paroisse est mon monde. »

    « C’est vraiment ainsi que nous voulons que nos prêtres diocésains soient : la paroisse est le monde où nous vivons, aimons, servons et nous sacrifions », a-t-il expliqué.

    Neuf ans plus tard, un séminaire de son propre cru

    L'évêque Kemme érigera canoniquement le séminaire San Felipe Neri le 26 août en lisant le décret correspondant. La nouvelle institution débutera ainsi ses activités officielles, s'appuyant sur les fondements posés durant les neuf années de fonctionnement de la Maison de formation San José.

    L’évêque a demandé aux fidèles de prier pour le nouveau séminaire et de continuer d’encourager les jeunes hommes à envisager une vocation sacerdotale. Kemme indique qu’il rencontre régulièrement, dans le cadre de sa pastorale, des jeunes hommes qui lui confient son désir d’entrer au séminaire.

    Ainsi, le projet qui a débuté en 2017 avec sept jeunes et un programme de seulement deux ans atteindra sa dixième année en tant que séminaire, avec un programme universitaire complet, des candidats issus de trois diocèses et plus de 40 jeunes attendus pour la prochaine année universitaire.

    « Nous espérons en faire le meilleur séminaire universitaire du pays », a conclu Monseigneur Kemme.

  • La France devient le premier pays européen à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.

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    De Solène Tadié pour EWTN News via le CWR :

    La France devient le premier pays européen à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.

    Le Parlement français a adopté définitivement le 21 juillet une loi interdisant aux enfants de moins de 15 ans d'accéder aux réseaux sociaux, faisant de la France le premier pays d'Europe à inscrire une telle restriction dans sa législation nationale.

    Cette mesure est l'aboutissement d'une campagne menée par le président Emmanuel Macron depuis 2017, au cours de laquelle il a dénoncé l'anonymat sur les réseaux sociaux comme une porte ouverte aux abus en ligne.

    La loi, présentée comme une mesure de protection de l'enfance contre tous les risques associés à l'utilisation des médias sociaux, de la dépendance au harcèlement et aux abus, a également ravivé les inquiétudes concernant le renforcement du contrôle gouvernemental sur les internautes, car les exigences de vérification de l'âge — destinées à cibler les mineurs — impliquent des contrôles d'identité pour tous.

    « La France fait figure de pionnière en Europe en devenant le premier pays à instaurer un “âge numérique de la majorité” afin de mieux protéger nos enfants en ligne », a déclaré Anne Le Hénanff, ministre déléguée à la souveraineté numérique, à l’issue du vote.

    Le Sénat a adopté le projet de loi de compromis par un vote de 243 contre 2, et l'Assemblée nationale a fait de même quelques heures plus tard, ouvrant la voie à la signature du texte par Macron, sous réserve de l'examen du Conseil constitutionnel.

    La principale disposition du projet de loi interdit aux mineurs de moins de 15 ans d'accéder à « un service de réseau social en ligne ». Les principales plateformes telles que Facebook, Instagram, TikTok et Snapchat devraient être concernées par cette interdiction, même si les législateurs n'ont pas défini la portée exacte de celle-ci.

    Wikipédia et les autres encyclopédies en ligne, ainsi que les logiciels libres et les plateformes éducatives, sont expressément exemptés. Il incombe aux plateformes elles-mêmes de vérifier l'âge des utilisateurs ; elles doivent proposer au moins deux méthodes de vérification différentes.

    L’application de ces mesures se déroulera en deux étapes. Les nouveaux comptes feront l’objet d’un contrôle d’âge à compter du 1er septembre, tandis que les comptes existants appartenant à des mineurs de moins de 15 ans auront jusqu’au 1er janvier 2027 pour être suspendus.

    La loi étend également l'interdiction des smartphones déjà en vigueur dans les collèges français aux lycées à partir de la rentrée scolaire 2026.

    La décision de la France fait d'elle le premier État membre de l'UE à instaurer un âge minimum général pour les réseaux sociaux, même si elle suit l'Australie, qui a imposé un âge minimum de 16 ans en décembre 2025.

    Selon des responsables, une coalition d'une quinzaine de pays européens serait intéressée par l'adoption d'une norme similaire. Jean-Yves Le Hénanff a confirmé que la Grèce était prête à transposer le modèle français, et que l'Espagne devrait suivre cet automne.

    La Commission européenne développe par ailleurs son propre outil de vérification de l'âge à l'échelle de l'UE, qui devrait être mis à la disposition des États membres d'ici la fin de l'année.

    Selon le modèle adopté par la France – fondé sur le principe du « double anonymat » inscrit dans le règlement européen sur les services numériques, principal texte législatif de l'UE encadrant les plateformes en ligne – un tiers de confiance vérifie l'âge de l'utilisateur à partir d'une pièce d'identité ou d'une carte bancaire et délivre un jeton anonyme confirmant uniquement si l'utilisateur a plus ou moins de 15 ans, sans révéler son identité ni la plateforme ayant effectué la vérification. Jean-Yves Hénanff présente ce système comme un moyen d'éviter la collecte de données par les plateformes elles-mêmes. Cependant, les critiques estiment que sa mise en œuvre est bien moins sûre que ne le laissent entendre les autorités.

    La crainte sous-jacente est que cette mesure de protection de l'enfance puisse se transformer en un mécanisme plus large de vérification et de suivi de l'identité des internautes en général. Les opposants à la loi affirment que les modalités de vérification de l'âge restent largement floues à peine un mois avant son entrée en vigueur.

    Ils soulignent également les récents cas de violations massives de données personnelles au sein des agences gouvernementales comme motif de prudence quant à la centralisation des données de vérification de l'âge ou de l'identité.

    La Quadrature du Net, principale organisation française de défense des droits numériques, et le Conseil national du numérique, organe consultatif officiel du gouvernement, ont tous deux averti que la loi équivalait à ce qu'ils ont qualifié de « surveillance généralisée déguisée en protection de l'enfance ».

    Le Centre européen pour le droit et la justice soutient dans le même esprit que la France et la Commission européenne militent chacune de leur côté pour généraliser les contrôles d'identité dans toute l'UE sous couvert de politique de sécurité en ligne.

    Plusieurs organisations de défense des droits numériques prépareraient des recours distincts devant le Conseil d'État français et la Cour de justice de l'Union européenne, arguant que la loi viole les principes de liberté d'expression et de proportionnalité.

    Pour l'instant, tous les regards sont tournés vers l'Australie, le seul pays ayant déjà mis en place une interdiction comparable.

    Une première analyse des données d'une enquête menée auprès d'environ 400 jeunes utilisateurs des médias sociaux, publiée dans le BMJ le 24 juin, a révélé peu de preuves que la loi australienne sur l'âge minimum d'utilisation des médias sociaux ait entraîné une baisse significative de l'utilisation des médias sociaux chez les adolescents au cours de ses trois premiers mois d'application – bien que les chercheurs aient souligné que les effets législatifs peuvent prendre du temps à apparaître et aient appelé à une évaluation à plus long terme.

    Une analyse complémentaire a révélé qu'environ 85 % des Australiens âgés de 12 à 15 ans utilisaient encore des plateformes restreintes, les solutions de contournement les plus courantes étant les faux comptes et les navigateurs privés.

  • Bonaventure, homme d'action et de contemplation

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    BENOÎT XVI, lors de l'audience générale du mercredi 3 mars 2010, a consacré cet enseignement à ce franciscain, docteur de l'Eglise :

    Chers frères et sœurs,

    Aujourd'hui, je voudrais parler de saint Bonaventure de Bagnoregio. Je vous avoue qu'en vous proposant ce thème, je ressens une certaine nostalgie, car je repense aux recherches que, jeune chercheur, j'ai conduites précisément sur cet auteur, qui m'est particulièrement cher. Sa connaissance a beaucoup influencé ma formation. C'est avec une grande joie que je me suis rendu en pèlerinage, il y a quelques mois, sur son lieu de naissance, Bagnoregio, petite ville italienne dans le Latium, qui conserve avec vénération sa mémoire.

    Né probablement aux alentours de 1217 et mort en 1274, il vécut au XIIIe siècle, à une époque où la foi chrétienne, profondément imprégnée dans la culture et dans la société de l'Europe, inspira des œuvres durables dans le domaine de la littérature, des arts visuels, de la philosophie et de la théologie. Parmi les grandes figures chrétiennes qui contribuèrent à la composition de cette harmonie entre foi et culture se distingue précisément Bonaventure, homme d'action et de contemplation, de profonde piété et de prudence dans le gouvernement.

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  • La foi "pathologisée" : une ter­rible épée de Damo­clès sur la liberté de conscience pour les temps qui viennent ?

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    De Laurent Dandrieu dans Valeurs Actuelles (1/7/2026) via le site "Pour une école libre au Québec" :

    De la patho­lo­gi­sa­tion de la religion

    Pour cer­tains, toute foi reli­gieuse fer­vente tend à être vue comme une névrose. D’où la ten­ta­tion d’un contrôle liber­ti­cide sur l’édu­ca­tion des enfants. Un texte de Laurent Dandrieu dans Valeurs actuelles du 1er juillet 2026.

    C’est assu­ré­ment un bon choix qu’a fait cette année le Fes­ti­val de Cannes en don­nant sa palme d’or à Fjord, de Cris­tian Mun­giu, non seule­ment parce que ce film, dont l’action se passe en Nor­vège à l’approche de Noël, est cli­ma­ti­que­ment rafraî­chis­sant, mais parce que le cinéaste rou­main, comme à son habi­tude, réus­sit à faire réflé­chir à un sujet pri­mor­dial sans impo­ser de réponse. Ce n’est pas le lieu ici de par­ler des qua­li­tés ciné­ma­to­gra­phiques de l’œuvre — nous y revien­drons quand il sor­tira en salle, à la mi-août —, mais de voir com­ment il peut nous éclai­rer sur un phé­no­mène inquié­tant, qui n’est pas sans lien avec l’actua­lité française.

    Posons d’abord le cadre du récit: il est cen­tré sur une famille com­po­sée d’un époux rou­main et de son épouse nor­vé­gienne, qui ont récem­ment quitté la Rou­ma­nie pour venir vivre en Nor­vège, plus près des grands-parents mater­nels de leurs cinq enfants. Une famille chré­tienne fer­vente, où les enfants sont éle­vés de manière aimante, mais dans un cadre strict — lec­tures bibliques, prière quo­ti­dienne obli­ga­toire, ni télé­phones ni réseaux sociaux. Ces res­tric­tions si éloi­gnées des normes de la société libé­rale avan­cée nor­vé­gienne deviennent des cir­cons­tances aggra­vantes lorsque, des bleus ayant été décou­verts sur l’aînée, les parents sont accu­sés de bru­ta­li­tés phy­siques sur leur pro­gé­ni­ture — eux recon­naissent seule­ment des petites tapes sur les fesses quand les enfants étaient plus petits.

    Dans le pro­cès qui s’ensuit, le repré­sen­tant de l’état, loin de se concen­trer sur ces éven­tuelles vio­lences, ne dis­si­mule pas son hos­ti­lité aux valeurs reli­gieuses de ce couple — le simple fait d’adhé­rer à une concep­tion de la “famille tra­di­tion­nelle” consis­tant en l’union d’un homme et d’une femme étant clai­re­ment une cir­cons­tance aggra­vante, et la non-ad­hé­sion à la théo­rie du genre deve­nant, pour ce pro­gres­sisme d’état, le signe d’une édu­ca­tion rétro­grade contraire aux valeurs libé­rales de la société nor­vé­gienne. Que l’avo­cate des parents, fai­sant remar­quer qu’en enten­dant leur impo­ser ces valeurs au détri­ment de ce qu’ils veulent trans­mettre à leurs enfants, la société se montre en réa­lité assez peu libé­rale, pose une argu­men­ta­tion ponc­tuel­le­ment effi­cace, mais dont on sent bien qu’elle est ame­née à deve­nir poli­ti­que­ment de plus en plus fra­gile.

    Cris­tian Mun­giu a, certes, donné une puis­sance dra­ma­tique sup­plé­men­taire à son récit en confron­tant une famille de culture rou­maine au puri­ta­nisme post-luthé­rien scan­di­nave. Mais com­ment ne pas pen­ser, devant ce Fjord, à la France et à la ten­ta­tion qui s’y fait jour, de plus en plus net­te­ment, d’ins­tru­men­ta­li­ser l’indis­pen­sable lutte contre les vio­lences faites aux enfants pour exer­cer un contrôle liber­ti­cide sur le droit des parents à édu­quer leurs enfants selon leurs concep­tions et à leur trans­mettre les valeurs aux­quelles ils sont atta­chés? De la récente pro­po­si­tion de loi “Béthar­ram” aux contrôles agres­sifs mul­ti­pliés dans les écoles hors contrat, en pas­sant par une pres­sion admi­nis­tra­tive contre l’école à la mai­son qui confine sou­vent à l’inter­dic­tion de fait, on assiste bel et bien à une offen­sive en règle pour faire entrer l’ensei­gne­ment privé dans le giron des sacro­-saintes “valeurs de la Répu­blique”.

    Et ce d’autant plus que ces “valeurs de la Répu­blique”, réfé­rent fluc­tuant auquel on peut faire dire à peu près tout ce que l’on veut, sont pour cer­tains enra­gés de la laï­cité tota­le­ment incom­pa­tibles avec toute convic­tion reli­gieuse, a for­tiori si celle-ci emprunte une forme un peu consé­quente. Il y a long­temps déjà que, dans les colonnes du Monde et de Libé­ra­tion, tout catho­lique pre­nant sa foi un peu au sérieux est qua­li­fié sans autre forme de pro­cès de “tra­di­tio­na­liste” ou d’“inté­griste”, ce qui pour cette presse est syno­nyme de “sec­taire”. Et que, dans les médias de ser­vice public et les dis­cours d’une cer­taine gauche, toute mani­fes­ta­tion de foi enga­gée est assi­mi­lée à un fana­tisme contraire à la rai­son.

    Fjord a le grand mérite d’atti­rer notre atten­tion sur cette patho­lo­gi­sa­tion de la foi, mal­heu­reu­se­ment appe­lée à deve­nir, dans les années qui viennent, une ter­rible épée de Damo­clès sur la liberté de conscience.

  • Converti de l’islam au catholicisme : un professeur menacé pour avoir choisi le Christ

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    De Tribune chrétienne :

    Ahmed Yetrib converti de l’islam au catholicisme : un professeur menacé pour avoir choisi le Christ

    Ahmed Yetrib - capture écran foi et Raison
    Ahmed Yetrib - capture écran foi et Raison
    Son parcours rappelle le prix que certains convertis continuent de payer pour leur foi, même au cœur de l'Europe

    À première vue, Ahmed Yetrib mène le parcours d’un enseignant passionné par la transmission. Théologien de formation, il poursuit des études de philosophie à l’Université catholique de Louvain (UCLouvain) tout en enseignant la religion catholique au Collège du Christ-Roi, dans la région de Charleroi. Mais derrière cette vocation se cache une histoire personnelle peu ordinaire. Né dans une famille musulmane, il découvre progressivement le christianisme et choisit, après un long cheminement spirituel, de recevoir le baptême en 2018. Depuis lors, il n’a jamais caché sa foi catholique. Au contraire, il s’est engagé dans l’enseignement et intervient régulièrement pour témoigner de son itinéraire, convaincu que la recherche de la vérité l’a conduit vers le Christ.

    Son parcours illustre une réalité souvent ignorée. Si la liberté religieuse comprend le droit de pratiquer une religion, elle comprend aussi celui d’en changer. Pourtant, quitter l’islam demeure, dans de nombreuses familles ou communautés, une décision particulièrement difficile à accepter. Pour certains convertis, cette démarche entraîne une rupture avec leurs proches, un isolement social ou des intimidations qui les conduisent parfois à vivre leur foi dans une grande discrétion.

    Ces derniers jours, cette réalité a pris un visage bien concret. Selon les informations révélées par Marianne, Ahmed Yetrib fait l’objet de menaces sur les réseaux sociaux après que certains élèves ont découvert ses publications consacrées au christianisme sur TikTok. L’hebdomadaire rapporte que l’enseignant confie n’avoir « jamais été aussi inquiet ». Dans le même entretien, il explique que les menaces reçues lui ont fait penser au destin tragique de Samuel Paty, le professeur assassiné en France en 2020 par un terroriste islamiste. Une confidence qui témoigne de la gravité avec laquelle il perçoit la situation.

    Cette affaire dépasse largement le cas personnel de ce professeur belge. Elle pose la question de la liberté de conscience dans nos sociétés européennes. Chacun est libre de croire, de ne pas croire, mais aussi de changer de religion. Ce principe est garanti par les textes internationaux relatifs aux droits de l’homme. Il ne saurait souffrir d’exception sous la pression de groupes ou d’idéologies qui considèrent l’apostasie comme une faute.

    L’histoire de l’Église est jalonnée d’hommes et de femmes qui ont tout quitté pour suivre le Christ. Aujourd’hui encore, des milliers de musulmans demandent le baptême à travers le monde. Beaucoup le font dans une extrême discrétion, conscients des risques qu’ils encourent. Certains perdent leur famille, leur emploi ou leurs amis. D’autres vivent sous la menace permanente.La Belgique, qui fait de la liberté religieuse l’un des fondements de son État de droit, ne peut rester indifférente à de tels faits si ceux-ci sont confirmés. Un enseignant ne devrait jamais craindre pour sa sécurité en raison de sa foi ou de sa conversion.

    Le parcours d’Ahmed Yetrib rappelle enfin que la conversion au christianisme n’est jamais un simple changement d’appartenance culturelle. Pour ceux qui la vivent au prix du rejet ou des menaces, elle constitue souvent un véritable témoignage de fidélité au Christ. Dans une Europe qui se veut le continent des libertés, cette fidélité ne devrait jamais conduire à la peur.

  • Voilà pourquoi le départ des Jésuites est une perte pour Liège

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    De sur Boulettes Magazine :

    Pourquoi le départ des Jésuites est une perte pour Liège

    Après plus de 450 ans de présence ininterrompue dans la Cité ardente, les Jésuites quittent Liège cette année. Plus que le départ d’une communauté religieuse, c’est une page majeure de l’histoire éducative, intellectuelle et sociale liégeoise qui se tourne. Leur absence prive en effet la ville d’un héritage vivant, qui a contribué à former des générations d’élèves, d’enseignants, d’ingénieurs et de citoyens.

    C’est que les Jésuites étaient présents à Liège depuis 1569. Mille cinq cent soixante-neuf, vous imaginez ? Quelques décennies seulement après la fondation de la Compagnie de Jésus par Ignace de Loyola, ils s’implantent en principauté, où ils développent rapidement une œuvre éducative d’envergure. Dès 1582, ils fondent le Collège en Isle, qui accueillera jusqu’à un millier d’élèves. Plus tard viendront le Collège des Anglais, le Collège Saint-Servais et le Collège Saint-Louis. L’Institut Gramme ? Encore eux, au début du XXe siècle.

    Peu d’institutions peuvent revendiquer une telle continuité dans l’histoire liégeoise. Pendant près de cinq siècles, les Jésuites ont accompagné les transformations de la ville. Traversé les bouleversements politiques, les révolutions industrielles et les mutations sociales. Et ce, sans jamais abandonner leur mission première : transmettre le savoir et former la personne humaine dans toutes ses dimensions.

    Disclaimer : l’auteure de ces lignes a été en première ligne pour en juger, ayant fait toutes ses humanités à Saint-Servais. Aujourd’hui encore, un lien bien plus fort qu’un CESS perdu depuis belle lurette unit ses alumni. « La mafia Saint-Servais » se rient certains, tant on se retrouve, rencarde et renseigne entre nous.

    Une conception exigeante de l’éducation

    Plus qu’en raison du prestige aujourd’hui terni d’une école dite d’élite, c’est parce que la contribution des Jésuites ne se mesure pas seulement au nombre d’écoles qu’ils ont fondées à Liège. Elle réside aussi dans une vision particulière de l’éducation.

    Depuis le XVIe siècle, la pédagogie ignatienne repose sur une conviction forte.

    L’école ne doit pas seulement transmettre des connaissances, mais aider chacun à développer son intelligence, son sens critique, sa liberté intérieure et son sens des responsabilités.

    Une approche qui a inspiré des générations d’enseignants (et d’élèves) à Liège.

    Lire aussi : Philippe Boxho (ex-Saint-Servais aussi, et oui) nous a partagé ses restos préférés à Liège

    La tradition éducative jésuite valorise l’excellence académique sans la dissocier de l’excellence humaine. Elle encourage la rigueur intellectuelle, certes. Mais aussi le respect de l’autre, l’écoute, la capacité de dialogue et le discernement.

    Dans une société souvent marquée par la polarisation et l’immédiateté, autant dire que cette culture de la réflexion et du respect apparaît plus précieuse que jamais.

    Pour et avec les autres

    L’une des formules les plus connues de la tradition jésuite ? La volonté de former des « femmes et des hommes pour les autres et avec les autres ». Une expression qui dénote d’une philosophie profondément humaniste.

    Les Jésuites ont en effet toujours considéré que l’éducation devait préparer les jeunes à contribuer au bien commun.

    La réussite individuelle n’a de sens que si elle s’accompagne d’un souci des plus fragiles et d’une attention à la société dans laquelle chacun évolue.

    Une vision qui a marqué durablement la culture de nombreuses institutions liégeoises. Et a encouragé l’engagement social, le sens du service et la responsabilité citoyenne. Bien sûr, le départ des Jésuites ne signifie pas la disparition de ces valeurs essentielles. Mais il prive la ville de ceux qui en furent pendant des siècles les porteurs directs et les témoins quotidiens. Et franchement ? Quel gâchis.

    On ne citera pas de noms, on sait que certains POs ont le bras long. Mais ceux qui ont refusé de trouver un compromis pour garder les Jésuites restants ? Vous savez qui vous êtes. Et dans les mots d’une autre icône de la religion, la nonne Unella : honte, honte honte !

    Liège sans Jésuites ? Un sacré vide

    La capacité à créer des ponts entre la foi, la culture, la science et la société a constitué l’une des richesses de leur présence. Dans une époque où les institutions peinent parfois à dialoguer entre elles, les Jésuites représentaient une tradition de médiation intellectuelle et humaine dont Liège bénéficiait encore.

    Bien sûr, les écoles fondées par les Jésuites vont continuer d’exister. Les œuvres qu’ils ont inspirées poursuivront leur mission.

    Mais une institution n’est jamais plus tout à fait la même lorsqu’elle perd ceux qui lui ont donné naissance – et qui ont incarné son esprit pendant des siècles.

    Oui, décidément, ce départ est une perte. Parce qu’il met fin à une présence qui reliait la ville à une histoire exceptionnelle de transmission, de culture et d’engagement. Il rappelle aussi qu’un patrimoine ne se résume pas à des bâtiments ou à des archives. Il vit à travers des femmes et des hommes qui portent une vision du monde.

    Pendant plus de 450 ans, les Jésuites ont contribué à faire de Liège un lieu d’éducation, de réflexion et de service.

    Leur héritage demeure. Mais leur absence laisse incontestablement un vide dans le paysage humain et intellectuel de la Cité. Et pas seulement parce que désormais, plus personne ne va patrouiller le Carré crucifix au cou sur le temps de midi pour récupérer les brebis égarées.

    Au-delà de la religion, une question de patrimoine et de diversité

    On vous entend, noter que gnignignagnagna, Saint-Servais, grenouille de bénitier, tout ça. Ce n’est pas déraisonnable, mais ce n’est pas non plus toute la vérité. Déjà, parce qu’en ce qui concerne l’auteure de ces lignes (toujours elle !), une de ses dernières messes date probablement de sa fin de rhéto. Comment faire mieux qu’une reprise bof réussie de One of Us en pleine église Saint-Christophe ?!

    Mais plus sérieusement, regretter le départ des Jésuites ne relève pas nécessairement d’une adhésion religieuse ni même d’une pratique de la foi. La question dépasse largement le cadre confessionnel.

    Elle touche au patrimoine vivant de Liège et à la diversité des institutions qui composent son identité.

    Une ville s’enrichit de la coexistence d’acteurs porteurs d’histoires, de traditions et de visions différentes du monde. Et les Jésuites, bien que toujours moins nombreux au gré des années, faisaient partie de cette pluralité. Leur présence apportait une sensibilité éducative, culturelle et humaniste particulière, forgée au fil des siècles.

    Dans une époque clivée, la disparition d’une telle singularité constitue une perte collective. Que l’on ait ou non la foi, difficile de nier la valeur d’un héritage qui a contribué à la richesse intellectuelle et sociale de la cité. Préserver la diversité d’une ville, c’est aussi préserver les traditions qui l’ont façonnée. Amen.

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    Journaliste pour Le Vif Weekend & Knack Weekend, Kathleen a aussi posé sa plume dans VICE, Le Vif ou encore Wilfried, avec une préférence pour les sujets de société et politique. Mariée avec Clément, co-rédacteur en chef de Boulettes Magazine, elle a fondé avec lui le semestriel SIROP, décliné à Liège et Bruxelles en attendant le reste du pays.