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Politique - Page 221

  • 17 chrétiens tués chaque jour au Nigeria au cours des six premiers mois de 2021

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    De Catholic News Agency :

    Rapport : 17 chrétiens tués chaque jour au Nigeria au cours de la première moitié de 2021
     
    31 juillet 2021

    On estime que 3 462 chrétiens ont été tués au Nigeria au cours des 200 premiers jours de 2021, selon une nouvelle étude. Cela équivaut à 17 chrétiens assassinés chaque jour dans le pays le plus peuplé d'Afrique, a rapporté ACI Afrique, le partenaire d'information africain de CNA.

    L'étude réalisée par la Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit (Intersociety) à Onitsha, dans l'est du Nigeria, précise que ce chiffre inclut 10 prêtres et pasteurs qui ont été assassinés entre le 1er janvier et le 18 juillet. "Le nombre de chrétiens sans défense tués à l'arme blanche par les djihadistes islamiques nigérians et leurs collaborateurs au sein des forces de sécurité au cours des 200 derniers jours [...] s'élève à pas moins de 3 462, ce qui représente seulement 68 décès de moins que le nombre total de décès de chrétiens nigérians en 2020, que la liste de surveillance mondiale des chrétiens persécutés d'Open Doors estime à 3 530", a déclaré Intersociety. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis 2014, année où plus de 5 000 décès de chrétiens ont été enregistrés aux mains de Boko Haram et des bergers fulanis, note l'étude d'Intersociety.

    Le rapport indique que Boko Haram, l'un des plus grands groupes islamistes d'Afrique, était responsable de la mort de plus de 4 000 chrétiens en 2014. Les bergers fulanis, qui se sont fréquemment affrontés aux agriculteurs chrétiens pour les pâturages, ont été responsables de 1 229 décès supplémentaires cette année-là. "Dans notre dernier rapport publié le 11 mai 2021, couvrant la période de janvier à avril 2021, nous avons constaté que pas moins de 1 470 chrétiens ont été tués à l'arme blanche et au cours des 80 derniers jours -- ou du 1er mai au 18 juillet 2021 -- pas moins de 1 992 vies chrétiennes ont été perdues", indique le rapport publié le 18 juillet.

    Intersociety est un groupe de recherche et d'investigation sur les droits qui surveille les persécutions religieuses au Nigeria depuis 2010. Le groupe de défense des droits de l'homme recueille des informations en contactant les victimes et les témoins oculaires, en suivant les médias et en menant des entretiens, entre autres méthodes. Intersociety a constaté que 2 200 chrétiens ont été enlevés entre le 1er janvier et le 30 avril de cette année, et 780 autres entre le 1er mai et le 18 juillet, soit un total de 3 000 personnes enlevées depuis le début de l'année 2020.

    Les enquêteurs ont déclaré qu'au moins trois chrétiens enlevés sur 30 étaient susceptibles d'être morts en captivité, ce qui suggère que quelque 300 chrétiens enlevés sont morts au cours du premier semestre de cette année. Les décès supplémentaires de 150 personnes ont également été ajoutés pour représenter ce que les chercheurs ont appelé les "chiffres sombres", c'est-à-dire les décès qui se sont produits mais n'ont pas été signalés.

    Environ 300 églises ont été visées depuis janvier 2021, ont indiqué les enquêteurs. Ils ont noté que l'État de Taraba, dans le nord-est du Nigeria, était la région la plus touchée, avec au moins 70 églises menacées ou attaquées.

    Les auteurs du rapport ont déclaré qu'il était "profondément attristant" que les responsables des attaques antichrétiennes aient continué à échapper à la justice, créant un sentiment d'impunité et conduisant à des atrocités répétées. Selon l'organisation, les victimes survivantes et les familles des victimes de meurtres ont été totalement abandonnées par le gouvernement nigérian. "Les forces de sécurité du pays ont tellement tâtonné et se sont compromises qu'elles interviennent à peine lorsque les chrétiens vulnérables risquent d'être menacés ou attaqués, mais n'apparaissent qu'après ces attaques pour arrêter et piéger la même population menacée ou attaquée", indique le rapport. Il ajoute : "Dans le nord, les djihadistes opèrent librement sous la couverture et la protection des forces de sécurité ; ils enlèvent, tuent, pillent, détruisent ou brûlent et convertissent de force leurs chrétiens captifs et non protégés, ainsi que leurs maisons et leurs lieux sacrés de culte et d'apprentissage." "Mais les mêmes forces de sécurité réagissent avec une férocité totale et haineuse contre les chrétiens du sud et du nord accusés d'infraction ou d'offense à la loi."

    Selon le rapport, les bergers fulanis sont responsables du plus grand nombre de meurtres, ayant assassiné environ 1 909 chrétiens au cours des 200 premiers jours de cette année. Ils sont suivis par Boko Haram, l'État islamique dans la province d'Afrique de l'Ouest (ISWAP) et les bandits peuls musulmans qui ont tué conjointement 1 063 chrétiens. Le rapport précise que l'armée nigériane, aux côtés de la police nigériane et d'autres branches des forces armées, a été responsable de 490 décès de chrétiens. "Les bandits peuls musulmans, formés à l'origine dans l'État de Zamfara (nord-ouest) en 2011, sont conjointement responsables des terreurs qui sévissent dans les régions chrétiennes des États de Kaduna Sud, du Niger, du FCT (territoire de la capitale fédérale), de Nasarawa et de Kogi", indique le rapport. Les bandits fulanis sont également responsables d'attaques contre les musulmans haoussas autochtones à Zamfara, Katsina, Sokoto et Kebbi. Dans l'État de Kebbi, dans le nord-ouest du Nigeria, les bandits peuls musulmans ciblent et tuent ou enlèvent à la fois des chrétiens et des musulmans, alléguant que les "Hausa musulmans indigènes ne sont pas de purs musulmans", selon le rapport. Les bandits organisent également ce qu'Intersociety appelle des "attaques djihadistes féroces" contre leurs compatriotes musulmans à Zamfara, Katsina, Sokoto et dans les zones musulmanes des États de Kaduna et du Niger.

  • Le "wokisme", le nouvel opium des intellectuels

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    « Le wokisme, un opium des intellectuels »

     Illustration pour ordination d’un évêque luthérien transgenre 
    Le chapeau est celui du chapelier fou
    d’Alice au pays des merveilles

    Dans deux notes pour le réseau pensant Fondapol, Pierre Valentin, étudiant en maîtrise ès sciences politiques à l’université Paris-2 Panthéon-Assas, diplômé en philosophie et politique de l’université d’Exeter, trace les contours du nouveau militantisme de gauche aux États-Unis comme en France. Rencontre.

    Mouvement idéologique venu des campus états-uniens, le « wokisme » est au centre des débats médiatiques et intellectuels. Pourtant, une majorité de Français n’en a jamais entendu parler et peu de gens qui emploient le mot sont capables de le définir précisément. De quoi faire dire à certains que le woke n’existe pas, si ce n’est dans les fantasmes de la droite et de la gauche républicaine.

    Deux notes publiées par Fondapol, intitulées « L’idéologie woke. Anatomie du wokisme » et « L’idéologie woke. Face au wokisme », réussissent à tracer les contours de ce mouvement qui tend à prendre de l’ampleur. L’auteur, Pierre Valentin, étudiant en master science politique à l’université Paris-II Panthéon-Assas, diplômé en philosophie et politique de l’université d’Exeter au Royaume-Uni, revient avec nous sur le contenu de son étude.

     — Comment définiriez-vous « l’idéologie woke » ?

    Pierre Valentin — La traduction littérale « stay woke » signifie en anglais « restez éveillés ». Cette expression s’est d’abord popularisée aux États-Unis dans la communauté afro-américaine, où elle fait des apparitions sporadiques tout au long du XXe siècle. Elle ne devient un slogan politique à grande échelle que lorsque le groupe Black Lives Matter s’en revendique en 2013 et 2014.

    Deux critiques sont régulièrement formulées à l’encontre de ceux qui analysent le « wokisme ». La première est de critiquer la rigueur de ce terme, qui serait « fourre-tout » et « flou ». Chacun serait le woke de quelqu’un d’autre. La seconde — dans la même veine — est de dire que ce terme est une création inventée post-hoc par des gens de droite et les détracteurs de ce mouvement.

    Prenons ces critiques dans l’ordre. La définition donnée par Radio-Canada, citée Mathieu Bock-Côté (La Révolution racialiste et autres virus idéologiques, Presses de la Cité, 2021, p. 72.), est la suivante : « Dans un contexte de combat en matière de justice sociale, cette expression définit quelqu’un qui est sensibilisé aux injustices qui peuvent avoir lieu autour de lui. »

    Source : « Notoriété et adhésion aux thèses de la pensée “woke” parmi les Français », sondage Ifop pour L’Express, février 2021, p. 36.

    Ce terme renvoie à l’imaginaire de la gnose, hérésie chrétienne qui conceptualise une petite élite qui posséderait un savoir qualitativement supérieur ; une paire de lunettes qui permettrait de voir comment la réalité quotidienne est en réalité entachée par la trace du mal partout présent. Ailleurs, la notion de wokisme a été traduite sous le nom de « vigilitantisme ».

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  • Qui sont les catholiques anti-vaccin ?

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    D'Héloïse de Neuville sur le site du journal La Croix :

    Qui sont les chrétiens opposés à la vaccination obligatoire ?

    Une petite partie des chrétiens sont opposés, à l’instar d’autres Français, à la vaccination obligatoire et au passe sanitaire. Leur contestation peut quelquefois trouver racine dans leur foi, mais s’explique surtout par des motifs culturels et sociologiques.

    29/07/2021 

    Les modérateurs du groupe ont fini par clôturer la section des commentaires. C’était peut-être la plus sage décision à prendre, tant le débat devenait passionnel et clivant. Et menaçait d’acter, au sein d’une communauté rassemblée par une foi fédératrice, des différends irréconciliables.

    → À LIRE. Covid-19 : entre pro et anti-vaccins, un dialogue électrique

    Sur le groupe Facebook « Little Catho » qui réunit en ligne 7 400 catholiques français, comme dans de nombreuses familles et paroisses ces dernières semaines, les avis autour de la pression vaccinale ont enflammé les discussions. Rien n’indique que les catholiques sont plus sensibles aux théories du complot ou qu’ils sont plus hostiles à la vaccination que la population générale. Pour autant, il existe chez certains de ces croyants des marqueurs et des prédispositions particulières sur ces questions.

    « Que pensez-vous de la vaccination obligatoire des soignants ? Je la refuse, on dit qu’elle est faite – au moins pour certains vaccins de cellules de bébés avortésEst-ce que certains soignants catholiques l’ont fait ? », interroge par exemple Marie (1) lançant ainsi la conversation virtuelle qui a vu s’opposer sur « Little Catho » des fidèles aux positions tranchées.

    « Ces catholiques ont perdu confiance en l’État pour réguler la science »

    Las, la discussion n’a pas donné lieu à des retournements d’opinion, tant les arguments avancés sont devenus des convictions indéboulonnables. Qu’ils s’expriment sur les réseaux sociaux ou qu’ils soient physiquement présents dans les manifestations contre le passe sanitaire, les catholiques venus grossir les rangs des Français opposés aux nouvelles mesures gouvernementales sont dans leur grande majorité, soit des fidèles traditionalistes, soit des catholiques observants ayant l’habitude de se mobiliser sur les enjeux de bioéthiques.

    « Depuis l’adoption des lois de bioéthique comme le mariage pour tous et la PMA pour toutes, ces catholiques-là ont perdu confiance en la capacité de l’État à réguler les poussées scientifiques. Ils considèrent que les gouvernements successifs repoussent opportunément les barrières éthiques qu’ils sont censés fixer, à chaque fois qu’une expérimentation supplémentaire sur le plan médical semble nécessaire. Il est probable que cette mémoire conflictuelle et cette perte de crédit de l’État à leurs yeux sur ces questions jouent un rôle dans le scepticisme vis-à-vis des vaccins contre le Covid-19 », observe le sociologue historien du catholicisme Yann Raison du Cleuziou.

    Une question morale ?

    Si les oppositions à la stratégie sanitaire du gouvernement ont toutes leur légitimité à s’exprimer dans le débat démocratiqueun certain type de défiance – plus partisan – est alimenté par des circuits d’informations fabriqués souvent hors des médias traditionnels. Là encore les mobilisations sur les lois de bioéthiques ont constitué un point de rupture pour des catholiques, selon Yann Raison du Cleuziou: « Pendant la Manif pour Tous, beaucoup de fidèles observants se sont sentis caricaturés de manière outrancière par les médias dominants. Ils sont donc allés chercher les informations correspondant mieux à la représentation qu’ils ont d’eux-mêmes sur d’autres canaux, sur des sites comme le Salon Beige et les réseaux sociaux. Cette mise à l’épreuve médiatique leur a fait prendre confiance dans de nouveaux médias, où l’information n’est pas toujours vérifiée. »

    → À LIRE. Covid-19 : la nébuleuse des militants anti-vaccins

    De fait, des références dans les milieux catholiques à des figures jugées complotistes ou non fiables par les médias traditionnels sont souvent brandies. « Personnellement, j’écoute la généticienne Alexandra Henrion-Caude, le professeur Montagnier, prix Nobel de médecine, et le docteur Raoult, qui est l’un des infectiologues les plus réputés au monde. Ils sont contre un vaccin en essai en phase deux ; je ne suis pas un cobaye de laboratoire et mon médecin sait très bien soigner le coronavirus comme beaucoup d’autres médecins. Bon courage ! », commente l’un des internautes du groupe « Little Catho », citant là trois figures médicales controversées, dont les propos sont le plus souvent rapportés sans recul par des sites d’informations alternatifs.

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  • Pourquoi il faut prendre le projet antispéciste au sérieux

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    De  sur le site de la Revue des Deux Mondes :

    Paul Sugy : « Il faut prendre le projet antispéciste au sérieux »

    Dans « L'Extinction de l'Homme : Le projet fou des antispécistes » (Tallandier, 2021), Paul Sugy fait un tour d'horizon de la pensée antispéciste et alerte sur le péril anthropologique qu'elle constitue.

    Paul Sugy : C’est une idéologie qui a été forgée par des militants afin de servir la cause de la libération animale. Cette idéologie s’oppose à ce qu’elle appelle le « spécisme », autre néologisme qui désigne la discrimination des espèces et la préférence accordée aux humains par rapport aux autres formes de vie. L’antispécisme s’oppose à cette discrimination, en se calquant sur le modèle de la lutte contre le racisme ou le sexisme, et considère que tous les animaux sensibles ont un intérêt vital à ne pas souffrir. Par conséquent, pour eux, faire souffrir des animaux pour notre bien-être, pour notre consommation personnelle, correspond à une forme d’injustice et à une discrimination. Pour eux, c’est parce que les cochons ne sont pas des humains que nous nous permettons de les tuer.

    L’antispécisme prône une plus large inclusion des animaux sensibles dans notre société, pour mettre fin à ce qu’ils appellent « l’oppression spéciste ». On peine évidemment à mesurer les conséquences politiques et juridiques que cela pourrait avoir, puisque cela supposerait de changer du tout au tout notre rapport aux animaux.

    Revue des Deux Mondes : Quelles sont les racines intellectuelles de ce mouvement ?

    Paul Sugy : L’antispécisme prolonge la très longue histoire du végétarisme, qui a au fond toujours existé. Depuis que les civilisations humaines ont fait de la viande non seulement un objet de consommation mais aussi un objet culturel et parfois, à l’époque, un objet religieux, il y a eu des contestations de ces traditions. Par exemple, le végétarisme antique a poussé Pythagore à s’en prendre très violemment à la consommation de viande, quasiment de manière blasphématoire puisqu’il remettait en cause les sacrifices d’animaux. Plus récemment, on a retrouvé cette critique chez les Lumières, précisément chez Voltaire qui prônait la fin de l’anthropocentrisme. Ce décentrement prépare l’arrivée au XIXe siècle de penseurs moralistes qui vont opérer un tournant radical dans la morale en décrétant que le bien correspond au plaisir et au bien-être, tandis que le mal correspond à la souffrance : c’est l’utilitarisme de Jeremy Bentham.

    Peter Singer, l’un des initiateurs de la cause antispéciste, reprend à son compte cette philosophie en 1975 dans son livre La Libération animale. Il en fait le fondement de ce qui deviendra le mouvement antispéciste. Et aujourd’hui, l’antispécisme, après le stade moral et philosophique qu’il a passé ces dernières décennies, est rentré dans un stade politique, c’est-à-dire qu’il veut faire aboutir sa réflexion dans un projet de société révolutionnaire qui mènerait à la libération animale et à un nouveau système qui serait « zoopolitique », dans lequel les droits et les devoirs des animaux seraient garantis par la loi.

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  • Les USA lancent une guerre froide idéologique sous l’égide de l’ONU

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    De Ludovic Lavaucelle sur La Sélection du Jour :

    Les Etats-Unis lancent une guerre froide idéologique sous l’égide de l’ONU

    La gauche américaine attendait l’élection de Joe Biden à la Maison Blanche pour lancer une nouvelle offensive. Le 16 juillet, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a envoyé une missive à toutes ses ambassades qui sonnait comme une mobilisation générale. Il exhortait ses troupes à maintenir une pression maximale dans leurs échanges avec les pays tiers, en vue de soutenir le modèle démocratique et le respect des droits de l’Homme. La realpolitik est abandonnée. La première puissance mondiale doit être le fer de lance d’une nouvelle croisade pour le bien de tous, alliés comme rivaux… Le Président Biden a été explicite sur ce sujet : le 21ème siècle sera une période charnière pour déterminer qui doit l’emporter, des démocrates ou des autocrates. Si la Russie et la Chine sont des ennemis désignés, les « populistes » en Amérique et en Europe sont aussi visés. L’écrivain et essayiste N.S. Lyons (voir son article en lien ci-dessous sur son blog) prévient que cette guerre idéologique est bien différente de celle qui a permis au monde libre de vaincre l’URSS.

    Antony Blinken a aussi déclaré que l’administration américaine s’était fixé la priorité de combattre les injustices raciales partout dans le monde et sur son territoire. Joignant l’acte à la parole, il a pris l’initiative de demander au rapporteur spécial de l’ONU sur le racisme d’analyser le « racisme systémique » aux États-Unis. Il réagissait à la déclaration de la Haute Commissaire aux Droits de l’Homme, Michele Bachelet, qui, le 26 juin, avait tancé les pays occidentaux accusés de ne pas faire suffisamment pour déraciner le racisme et les discriminations de leurs lois et institutions. Les démocrates au pouvoir aux États-Unis veulent être les porte-étendards de cette croisade. Ils ont par exemple encouragé leurs ambassades à arborer un drapeau aux couleurs du mouvement Black Lives Matter. Dans un autre registre, l’USAID, l’Agence Nationale U.S. pour l’Aide et le Développement, a lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour mobiliser la communauté homosexuelle et transgenre de la province ukrainienne du Donbass (que les Russes convoitent)…

    Le 23 juin, les États-Unis, soutenus par 20 pays, ont créé un nouveau groupe sous l’égide de l’ONU dédié au combat contre les violences faites aux transsexuels. Un « expert indépendant » a déjà remis une feuille de route. Un nouveau devoir doit s’imposer à tout État de droit : garantir que l’être humain a un droit absolu à définir son identité. Cet « expert indépendant » a rédigé une nouvelle table des commandements : 1/ la décision appartient à l’individu ; 2/ le processus administratif pour changer de « genre » doit être simple ; 3/ personne ne doit être soumis à des obligations comme une ordonnance médicale ; 4/ l’accès au changement de « genre » doit être exhaustif et prendre en compte toutes les options « non-binaires » ; 5/ les mineurs doivent profiter de ce nouveau droit sans aucune contrainte. L’ONU n’est plus seulement le « machin » vilipendé par le général de Gaulle mais une nouvelle église en charge d’édicter des normes pour créer un « homme nouveau ».

    Le monde entier n’est évidemment pas prêt à embrasser cette nouvelle foi. Mr. Madrigal-Borloz, l’expert désigné par l’ONU, a donc publié un rapport dénonçant les « pratiques d’exclusion ». Les choses sont claires : les populistes et réactionnaires se cachent derrière des expressions comme la défense d’une « prétendue loi naturelle » et des « valeurs traditionnelles ». Ce rapport doit être adopté par l’ONU lors de l’assemblée de septembre 2021. Il ne suffira plus d’avoir des institutions démocratiques pour appartenir au camp du Bien. Il faudra aussi adopter avec ferveur les nouveaux dogmes progressistes. Sus aux hérétiques ! Un mauvais esprit penserait à la résurgence d’un impérialisme porté par la sainte alliance États-Unis/ONU.

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  • Répondre à la "cancel culture" par la transmission et l'enracinement

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    De Véronique Jacquier sur le site de France Catholique :

    «  Répondre par la transmission et l’enracinement  »

    26 juillet 2021

    L’historien Jean-Christian Petitfils fustige une «  cancel culture  » qui se répand jusque dans l’Université et rappelle l’importance de la transmission et de l’enracinement. Entretien.

    Quel regard l’historien que vous êtes porte-t-il sur la «  cancel culture  » ?

    Jean-Christian Petitfils : Initiée en France après la mort tragique de George Floyd en mai 2020 par des associations antiracistes ou des groupuscules de «  défense noire africaine  », la campagne passionnelle et outrancière destinée à abattre les statues, à débaptiser les lycées, les places et les rues portant le nom de grands hommes de notre Histoire, soupçonnés d’esclavagisme ou de colonialisme, est au cœur de cette «  culture de l’effacement  » qui se répand dans le monde occidental.

    Dans ce délire idéologique, où le souci de la vérité historique ne pèse pour rien, on ne sait trop lesquels sont le plus à blâmer, indigénistes, ultra-féministes, militants antiracistes et décoloniaux, islamo-gauchistes, qui ne rêvent que de déconstruire l’histoire de notre pays, ou les hommes politiques et les édiles tétanisés qui mettent genou à terre et se prêtent complaisamment aux injonctions terroristes des discours antiblancs.

    Y a-t-il des statues qu’il serait légitime de déboulonner ?

    Sans doute a-t-on exalté par le passé des individus qui ne le méritaient guère. Le mieux dans ce cas est de condamner leurs statues à l’oubli plutôt que d’agir «  à chaud  » sous l’injonction des manipulateurs. Sinon, où arrêter le curseur ? Quelles victimes choisir ? Jeanne d’Arc, récupérée par l’extrême droite ? Jean-Baptiste Colbert, pour avoir ordonné la rédaction du Code noir ? Louis XIV, pour l’avoir signé ? Voltaire, pour son antijudaïsme enragé ? Napoléon, pour avoir rétabli en 1802 l’esclavage en Guadeloupe et à Saint-Domingue ? Le maréchal Bugeaud, partisan et acteur de la «  terre brûlée  » en Algérie ? Le colonialiste Jules Ferry pour son mépris des «  races inférieures  » ? Charles de Gaulle, qualifié intensément «  d’esclavagiste  » et dont des statues ont été vandalisées ?

    Quels sont les précédents dans l’histoire ?

    Ces précédents, très nombreux, semblent constitutifs de l’histoire de l’humanité. Certains pharaons n’ont-ils pas fait marteler les effigies et les cartouches de leurs prédécesseurs ? Les chrétiens n’ont-ils pas détruit, pour la bonne cause disaient-ils, les idoles païennes, sans se soucier de la culture des peuples indigènes ?

    Faut-il rappeler aussi la grande crise iconoclaste de l’empire romain d’Orient, à partir de Léon III l’Isaurien (VIIIe siècle), qui, interprétant strictement l’interdit biblique de toute image divine, ordonna la destruction massive des icônes du Christ et de la Vierge. Cette crise dura plus d’un siècle.

    La fureur iconoclaste reprit – avec quelle âpre intensité ! – dans l’Europe du XVIe siècle au moment de la Réforme. La déprédation de l’art statuaire catholique s’accompagna de nombreux massacres. Durant les guerres de Religion, le mouvement s’intensifia en France, chaque camp cherchant à éliminer l’autre par la pierre renversée et le sang versé.

    Sous la Révolution, l’abbé Grégoire créa un mot pour dénoncer le phénomène : «  le vandalisme  ». Par fanatisme idéologique, haine de la religion ou de la monarchie, on détruisit des églises, des chapelles, on incendia des châteaux, on abattit des statues de rois, de princes, d’évêques, on vida jusqu’aux tombeaux royaux de Saint-Denis… «  Du passé faisons table rase  », clamera plus tard l’Internationale.

    Plus près de nous, le monde garde en mémoire les sinistres exactions de la Révolution culturelle chinoise, la destruction en 2001 des bouddhas de Bâmiyân en Afghanistan ou la démolition en 2012 des mausolées de Tombouctou au Mali. Personne, en revanche, ne pleure le déboulonnage des statues des dictateurs : Hitler, Staline, Mao, Ceausescu, Saddam Hussein… Heureusement.

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  • Qu’est-ce que l’homme ? La question fondamentale que le prochain pape ne pourra plus esquiver

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur Diakonos.be :

    Qu’est-ce que l’homme ? Une question que le prochain pape ne pourra plus esquiver

    L’article de Settimo Cielo « Conclave en vue, tout le monde prend ses distances avec le Pape François » a eu un certain retentissement, aussi bien par ses conjectures sur la succession que, plus encore, parce qu’il a mis en évidence les silences singuliers des deux livres jumeaux au départ de cette chronique, l’un et l’autre rédigés par des auteurs prestigieux connus aussi bien en Italie qu’à l’étranger, Andrea Riccardi et Giuseppe De Rita, et tous deux dotés de titres résolument alarmistes sur l’état de santé de l’Église catholique, pour la huitième année du pontificat de Jorge Mario Bergoglio : « La Chiesa brucia » [L’église brûle] et « Il gregge smarrito » [Le troupeau dispersé].

    Le premier silence relevé par Settimo Cielo dans ces deux ouvrages concerne justement le Pape François, et il est d’autant plus significatif qu’ils sont l’œuvre de deux personnalités qui l’ont jusqu’ici soutenu, comme s’ils voulaient à présent prendre leurs distances et penser davantage au successeur qu’à lui.

    Le second silence – certainement le plus évocateur – fait quant à lui l’impasse sur les réels défis que l’Église auxquels l’Église est appelée à faire face aujourd’hui. Dans ces deux livres, quoique riches d’idées intéressantes, on ne trouve rien ou presque, en particulier, sur cette mutation de l’idée de l’homme qui constitue l’apport le plus révolutionnaire de la culture actuelle et qui se trouve aux antipodes de l’anthropologie chrétienne.

    C’est précisément sur cette question que le très réputé Sergio Belardinelli (photo), professeur de sociologie de processus culturels à l’Université de Bologne, mais sans doute plus philosophe que sociologue, nous écrit l’article qui suit.

    Ses intérêts scientifiques portent principalement sur les dynamiques socio-culturelles liées au développement des sociétés complexes, avec une référence particulière à la religion, à la politique, à l’identité culturelle et à la bioéthique. Parmi ses livres les plus récents, on peut citer : « L’altro Illuminismo. Politica, religione e funzione pubblica della verità », Rubbettino 2010; « Sillabario per la tarda modernità », Cantagalli 2012; « L’ordine di Babele. Le culture tra pluralismo e identità », Rubbettino 2018; « All’alba di un nuovo mondo », Il Mulino 2019 (avec Angelo Panebianco).

    Settimo Cielo avait d’ailleurs publié quelques extraits de ce dernier livre lors de sa sortie, ils concernaient eux aussi la question abordée dans cet article et les incertitudes de l’Église quant aux réponses à apporter à ces nouveaux défis :

    > L’Europe vote. Mais l’Église aussi doit décider de son destin

    Entre 2008 et 2012, Belardinelli a également été coordinateur scientifique du « Comitato per il Progetto Culturale » présidé par le cardinal Camillo Ruini.

    *

    Une inattention qui peut coûter cher

    de Sergio Belardinelli

    J’ai lu moi aussi les deux livres dont parle Sandro Magister, mais je n’aurais jamais été capable les raccrocher comme il l’a fait à la perspective d’un prochain conclave. Une piste très alléchante et convaincante qui ne manquera pas de capter l’attention de nombreux vaticanistes et autres experts de questions qui concernent le présent et l’avenir de l’Église catholique.

    Ce qui m’a en revanche frappé également, c’est le peu d’attention que ces deux livres réservent à ce qui constitue pourtant le défi des défis pour l’Église et pour le monde : la question anthropologique.

    Comme Magister le souligne très justement, nous sommes face à une véritable « révolution » concernant notre compréhension de la naissance, de la génération, de la mort, du libre arbitre, qui n’a que peu de choses en commun avec le modèle que l’on trouve dans la Bible.

    Il n’est plus seulement question d’avortement, d’euthanasie ou de procréation artificielle ; mais c’est la spécificité même de la nature humaine, son primat sur les autres êtres vivants et donc la place que l’homme occupe dans ce monde qui sont sérieusement remis en question.

    Il n’est plus simplement question de sauvegarder et de préserver le monde que nous partageons avec les autres êtres vivants, un devoir auquel nous ne pouvons plus nous soustraire de quelque manière que ce soit ; mais selon une certaine culture toujours plus virulente, c’est un peu comme si, en tant qu’hommes, nous aurions en quelque sorte usurpé quelque chose, lésé les doits de quelqu’un d’autre, qu’il s’agisse d’animaux ou de plantes. Sans parler de ce qui pourrait se produire sur les fronts de ce qu’on appelle le « big data » et des intelligences artificielles.

    Étant donné les implications culturelles, sociales et politiques de tous ces aspects, il est frappant qu’on n’en parle presque pas voire pas du tout dans des livres qui prétendent pourtant relancer le rôle de l’Église dans le monde contemporain. S’il est pourtant vrai que l’Église est « experte en humanité », alors le moins que l’on puisse dire c’est que c’est le moment de le démontrer, parce que c’est précisément l’humanité de l’homme lui-même qui est sérieusement remise en question.

    Même si ce point peut sembler discutable, je considère qu’il s’agit pourtant d’un thème sur lequel l’Église aurait beaucoup à dire au monde et qu’elle pourrait même retrouver un certain impact susceptible de mitiger cette dramatique difficulté de parler au cœur des hommes dont parle le livre de Riccardi.

    Mais naturellement, le magistère de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI pèse lourdement sur cette importante question anthropologique, avec cette aura de « principes non-négociables » qui l’entoure et l’on préfère donc l’esquiver. Un « vide programmatique », comme l’appelle Magister, qui n’aidera certainement pas le Pape François, et encore moins son successeur.

  • Les tentations totalitaires au cœur des sociétés occidentales

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    D'Anne-Laure Debaecker sur le site "Pour une école librte au Québec" :

    Culte du progrès, croyance au sens de l'histoire, volonté de transformation : tentations totalitaires au cœur des sociétés occidentales

    26 juillet 2021

    Ryszard Legutko a vécu une partie de son existence dans la Pologne communiste. Professeur de philosophie et éditeur d’une revue clandestine, il a expérimenté le fonctionnement d’un régime totalitaire dans ses aspects les plus concrets. Après la chute du mur et le retour de la liberté, il fut stupéfait de voir les ex-communistes s’adapter bien mieux que les anciens dissidents à la démocratie libérale et aux affaires. Il voulut comprendre les raisons de cette étonnante compatibilité.

    En étudiant dans les détails les évolutions récentes de la démocratie libérale, il a découvert qu’elle partage en fait de nombreux traits inquiétants avec le communisme. Culte du « progrès », certitude qu’il existe un « sens de l’Histoire », volonté de transformer la société en luttant contre les adversaires de « l’émancipation et de l’égalité », soumission du suffrage populaire à des instances élitaires non élues, et aboutissement dans les deux cas, derrière le discours de la tolérance, à l’incapacité à tolérer aucune opinion contraire.

    À l’heure où, dans les démocraties occidentales, nombre d’électeurs sentent qu’ils ne sont plus vraiment maîtres de leurs choix politiques et qu’ils doivent même censurer leurs propres opinions, cet ouvrage permet, en remontant le fil des changements récents, d’identifier clairement les erreurs commises et les solutions pour les réparer.

    Professeur de philosophie, ancien ministre de l’Éducation en Pologne et député européen, il a répondu ci-dessous aux questions d’Anne-Laure Debaecker de Valeurs Actuelles.

    Anne-Laure Debaecker. — Votre étude porte sur un sujet peu abordé : les similitudes entre les régimes démocratiques et communistes. Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre cette enquête ?

    Ryszard Antoni Legutko. — Plusieurs choses m’y ont poussé. La première impulsion était une observation selon laquelle les anciens communistes, après l’effondrement du régime, se sont non seulement transformés du jour au lendemain en démocrates libéraux exemplaires, mais ils ont aussi été accueillis comme des partenaires et amis fiables par les démocrates libéraux, alors que les conservateurs des partis postcommunistes étaient considérés de façon assez hostile.

    Puis, lorsque je me suis engagé dans la politique européenne, j’ai découvert à ma grande consternation que le pluralisme politique était une imposture. Le pouvoir est entre les mains d’un courant politique résolument de gauche et les soi-disant partis conservateurs ne sont plus conservateurs et ont accepté l’ordre du jour de gauche. Pour donner un exemple, le mariage homosexuel a été introduit par les socialistes en France, par les conservateurs en Grande-Bretagne et par les chrétiens-démocrates en Allemagne. Il y a une hégémonie politique et idéologique et quiconque s’oppose au courant dominant est ostracisé, intimidé et parfois puni par la loi. Nous voyons l’émergence de la censure et le politiquement correct est en train de devenir féroce. Il ne s’agit pas seulement du fanatisme de groupes marginaux, mais de la position officielle du courant dominant, c’est-à-dire un large spectre allant de la gauche à la soi-disant droite. Ce politiquement correct n’aurait pas émergé dans un environnement social véritablement diversifié.

    — Certains pourraient vous rétorquer qu’il n’y a pas de comparaison possible entre un régime autoritaire et liberticide tel que le communisme et le régime démocratique, garant des libertés…

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  • Cuba, la liberté - et les échecs du communisme

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    De Michael Warsaw sur le National Catholic Register :

    Cuba, la liberté - et les échecs du communisme

    Les expériences récentes de faim et d'épreuves ont réveillé le désir d'une liberté humaine authentique qui a été si régulièrement étouffée par le parti communiste cubain.

    24 juillet 2021

    Les manifestations de masse qui ont déferlé sur Cuba ces dernières semaines sont sans précédent pour une île-nation où un régime communiste autoritaire contrôle la parole - et presque toutes les autres facettes de la vie de ses citoyens - depuis plus de 60 ans.

    Les manifestations spontanées et multiples ont été rapportées par de nombreux médias grand public comme étant le résultat de l'aggravation de la crise économique et sanitaire à Cuba. Mais ce n'est pas tout à fait exact.

    Certes, le peuple cubain traverse une crise économique et sanitaire dévastatrice. Les taux d'inflation sont montés en flèche, tandis que la nourriture, le carburant et les médicaments font défaut. En outre, l'île a été durement touchée par une récente poussée de COVID-19, avec un nouveau pic de 6 199 cas quotidiens signalés à la mi-juillet.

    Mais si le manque de réponse aux besoins matériels de base a pu servir de catalyseur immédiat aux manifestations de grande ampleur qui ont éclaté le 11 juillet, ne vous y trompez pas : le peuple cubain ne demande pas seulement du pain, il demande la liberté.

    "Libertad" a été le cri de ralliement des manifestants, car les expériences les plus récentes de la faim et de la misère ont réveillé le désir d'une liberté humaine authentique qui a été si régulièrement étouffée par le parti communiste cubain. Le désir et le besoin de changement sont désormais plus forts que la peur des représailles. 

    Nouvellement enhardis, les manifestants et les groupes dissidents réclament la fin du régime communiste imposé à Cuba par Fidel Castro et ses compagnons révolutionnaires en 1959. Pendant son règne, qui a pris fin il y a seulement dix ans, 141 000 Cubains ont été tués par leur propre gouvernement. Des millions d'autres ont fui leur pays. 

    Près de 10 % de tous les Cubains, par exemple, vivent aux États-Unis. 

    Ceux qui sont restés sur l'île ont connu des décennies de suppression brutale par le gouvernement de leurs libertés religieuses, politiques et économiques. Selon un rapport publié en 2021 par Human Rights Watch, les détentions arbitraires et le harcèlement des critiques du gouvernement continuent d'être répandus, tandis que le gouvernement contrôle tous les médias et limite sévèrement la liberté d'expression. La plupart des entreprises économiques cubaines appartiennent à l'État, et seuls les groupes favorisés par le gouvernement ont accès à de meilleurs logements, à des produits de luxe et à des salaires plus élevés.

    Les catholiques et les autres croyants ont beaucoup souffert dans le Cuba communiste, officiellement athée jusqu'en 1992. Pendant cette période, les catholiques n'avaient pas le droit d'adhérer au parti au pouvoir - et donc de s'exprimer au sein du gouvernement. Des milliers d'églises, d'écoles et de séminaires catholiques ont été fermés de force. L'éducation religieuse est toujours très réglementée et ceux qui la reçoivent n'ont pas le droit d'obtenir de diplômes supérieurs.

    Cette oppression et le courage du peuple cubain qui la combat aujourd'hui démontrent de manière convaincante ce qui a toujours été le cas et ce que l'Église a toujours enseigné : le communisme est une idéologie ratée, incompatible avec la nature humaine et opposée à l'épanouissement authentique de l'homme.

    Enraciné dans le matérialisme athée, le communisme commence par une fausse compréhension du monde et de l'humanité. Il nie le besoin de l'homme pour Dieu, offrant l'État comme alternative totalitaire. Il supprime la liberté humaine, convaincu à tort que nos besoins sont avant tout matériels. Comme l'a dit saint Jean-Paul II lors de son célèbre discours de 1979 dans sa patrie, la Pologne, alors encore sous régime communiste, "L'exclusion du Christ de l'histoire de l'homme est un acte contre l'homme".

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  • Le gouvernement hongrois lance un référendum sur la question de la protection des enfants

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    De Rod Dreher sur The American Conservative :

    Orban : Laissez le peuple voter sur la loi LGBT

    Le Premier ministre hongrois Viktor Orban annonce la tenue prochaine d'un référendum sur la loi d'information LGBT.

    21 JUILLET 2021

    Le premier ministre hongrois Viktor Orban a annoncé une grande nouvelle aujourd'hui. Voici une partie de l'annonce traduite :

    Le gouvernement hongrois lance un référendum sur la question de la protection des enfants, a annoncé mercredi Viktor Orbán. Les questions porteront notamment sur ce que pensent les parents de l'introduction de la propagande sexuelle auprès des enfants dans les établissements d'enseignement public.

    Il y aura également des questions demandant dans quelle mesure les parents sont favorables à l'organisation de conférences dans les écoles sur les traitements de changement de sexe. Le Premier ministre demande à tous de dire non à ces questions ensemble.

    Ces dernières semaines, Bruxelles a attaqué la Hongrie pour ses lois de protection de l'enfance, a déclaré Viktor Orbán. Le Premier ministre a ajouté que l'Union européenne exige une modification de la loi sur l'éducation et la protection de l'enfance.

    [Citation d'Orbán :] "Bruxelles exige maintenant une modification de la loi sur l'éducation et des règles de protection des enfants. Ils regrettent que ce qui est déjà permanent en Europe occidentale ne soit pas possible chez nous. Là-bas, les militants LGBTQ visitent les jardins d'enfants et les écoles, ils dispensent une éducation sexuelle. Ici aussi, ils le veulent, c'est pourquoi les bureaucrates de Bruxelles menacent et engagent des procédures d'infraction, c'est-à-dire qu'ils abusent de leur pouvoir" - a déclaré le Premier ministre. Il a ajouté que l'avenir de nos enfants est en jeu, nous ne pouvons donc pas lâcher prise sur cette question. Lorsque la pression sur notre pays est si forte, seule la volonté commune du peuple peut protéger la Hongrie.

    Les questions du référendum seront les suivantes :

    • Êtes-vous favorable à la tenue d'une séance d'orientation sexuelle dans un établissement d'enseignement public sans le consentement des parents ?
    • Êtes-vous favorable à la promotion des traitements de changement de sexe pour les enfants mineurs ?
    • Êtes-vous favorable à l'offre de traitements de changement de sexe pour les mineurs ?
    • Êtes-vous favorable à la présentation sans restriction aux mineurs de contenus médiatiques à caractère sexuel qui affectent leur développement ?
    • Êtes-vous favorable à la présentation aux mineurs de contenus médiatiques sensibles au genre ?

    C'est un coup d'éclat. L'opposition hongroise n'a pas voté la loi, car elle la considérait comme manipulatrice. Tous les parlementaires étaient d'accord pour dire que les lois hongroises contre la pédophilie devaient être renforcées. Le Fidesz, le parti d'Orban, y a ajouté la loi sur la propagande LGBT interdisant les choses implicites dans ces cinq questions. L'opposition libérale a cru - sans doute à juste titre - qu'il s'agissait d'une manœuvre politique visant à l'obliger à voter pour un projet de loi (le projet de loi sur l'information des LGBT) auquel elle s'oppose, sous peine d'être accusée d'être laxiste en matière de pédophilie. Ils ont raison - c'était une manœuvre politique effrontée et manipulatrice. Néanmoins, la législation elle-même, à mon avis, était correcte et nécessaire. L'autre jour, j'ai discuté avec un critique de la législation, mais lorsque je lui ai expliqué à quel point cette propagande était allée loin aux États-Unis, il était visiblement choqué et a admis qu'il était déconnecté et qu'il n'avait aucune idée que les choses allaient si mal en Amérique.

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  • Chine : le sort de l'évêque Zhang reste inconnu

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    De Wu Xiuying sur Bitter Winter :

    Un évêque catholique et 10 prêtres détenus dans le Henan

    22/07/2021

    Les prêtres, des objecteurs de conscience qui rejettent l'accord entre le Vatican et la Chine, ont été libérés après une "éducation juridique". Le sort de l'évêque Zhang reste inconnu.

    Bishop Zhang presiding over the funeral of his mother Maria in Fanjiajie village, Henan, on January 13, 2016.
    L'évêque Zhang présidant les funérailles de sa mère Maria dans le village de Fanjiajie, Henan, le 13 janvier 2016.

    Les objecteurs de conscience catholiques représentent un phénomène croissant en Chine. Il s'agit des évêques, des prêtres et des laïcs catholiques qui n'acceptent pas de rejoindre l'Association catholique patriotique chinoise (CPCA), contrôlée par le gouvernement. Rejoindre la CPCA était autrefois interdit par le Vatican, mais est désormais autorisé, et même recommandé, après l'accord Vatican-Chine de 2018.

    Le Vatican n'encourage en aucun cas l'objection de conscience, mais il a déclaré à plusieurs reprises que les objecteurs de conscience restent des catholiques en règle, et il espère qu'ils pourront être traités "avec respect" par les autorités chinoises.

    Au lieu de cela, ils sont envoyés en prison. Prenant au sérieux l'idée que les manifestations de dissidence religieuse doivent disparaître en vue du centenaire du Parti communiste chinois (PCC), le 1er juillet, plus de 100 agents de la Sécurité publique ont fait une descente le 21 mai dans une usine désaffectée où l'évêque Joseph Zhang Weizhu du diocèse de Xinxiang, dans la province du Henan, avait organisé un séminaire indépendant pour les objecteurs de conscience. L'évêque, dix prêtres et dix séminaristes ont été arrêtés. Trois séminaristes ont réussi à s'échapper, mais ils ont également été arrêtés plus tard.

    Les séminaristes ont maintenant été renvoyés dans leurs familles et menacés d'être incarcérés s'ils continuent à étudier pour devenir des prêtres indépendants. Les dix prêtres ont été emmenés dans des centres d'éducation juridique, puis relâchés avec des avertissements similaires. Seul le sort de l'évêque Zhang reste inconnu.

    Les médias catholiques étrangers ont fait état de ces arrestations et des prières offertes par les catholiques du Henan pour le populaire évêque Zhang. Ce que certains médias ont peut-être manqué, cependant, c'est le caractère massif de l'objection de conscience catholique, qui est désormais un phénomène national, malgré les persécutions et les arrestations. "Nous ne voyons aucun résultat positif de l'accord du Vatican, a déclaré un prêtre du Henan à Bitter Winter. Nous prions pour le pape tous les jours, mais nous pensons qu'il a reçu de fausses informations sur la Chine. Nous ne rejoindrons pas l'Association patriotique." 

    "Le PCC ne change jamais, a commenté un croyant. Pourquoi devrions-nous changer ?"

    Traduit avec www.DeepL.com/Translator.

  • Quand le Parlement européen vote une résolution pro-avortement et anti-objection de conscience

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    De Philippe Oswald sur la Sélection du Jour :

    La résolution pro-avortement et anti-objection de conscience du Parlement européen

    Un nouvel épisode peu commenté dans le combat mondial qui se déroule actuellement entre les partisans de l’avortement et les défenseurs du droit à la vie : le 24 juin, le Parlement européen a adopté la Résolution Matić sur l’avortement. 378 voix pour, 255 voix contre, 42 abstentions : une victoire, donc, pour la culture de mort camouflée sous ce titre lénifiant : « La santé et les droits génésiques et sexuels dans l’Union, dans le cadre de la santé des femmes ». Qui pourrait en effet s’opposer raisonnablement à la santé des femmes ?

    Pourtant, une majorité de députés des partis de droite, y compris du principal, le Parti populaire européen (PPE), a tenté de faire barrage. Mais c’est l’alliance de libéraux, d’écologistes et de socialistes (majoritaires au Parlement européen depuis les dernières élections européennes) qui l’a emporté. En réalité, seule une minorité de députés du Parlement européen est fermement opposée à « un droit à l’avortement ». Les résolutions alternatives des groupes CRE (Conservateurs et réformistes européens) et PPE ne proposaient pas d’interdire l’avortement eugénique ou l’avortement à la demande. La proposition du CRE rappelait cependant l’incompétence de l’UE s’agissant d’une question de santé, et le droit à l’objection de conscience du personnel soignant. La proposition du PPE dissociait l’avortement de la « santé sexuelle et génésique », et après avoir relevé que l’avortement n’est pas une méthode de contraception, demandait de « tout faire pour réduire le nombre d’avortements ». Vaines tentatives : tous les amendements qui plaidaient pour le devoir et l’intérêt des États à prévenir l’avortement et à aider les femmes furent rejetés en commission parlementaire.

    Si la droite reste timide et désunie face à l’avortement, la gauche est « toujours plus unie et déterminée (…) tant et si bien qu’elle n’est objectivement plus « pro-choix », mais uniquement « pro-avortement », relève Grégor Puppinck, directeur de l’European Center for Law and Justice (ECLJ). La Résolution Matic recommande en particulier de lutter contre la « désinformation » pro-vie. Comme si tout devait être fait, au nom de la santé des femmes, pour les pousser à avorter, sans délai de réflexion, sans discussion, sans alternative.

    L’ennemi à abattre est à présent clairement l’objection de conscience des professions médicales. La Résolution Matić lui consacre trois paragraphes (36 à 38) pour inciter les États à la vider de sa substance sous prétexte qu’elle empêcherait « un traitement efficace pendant la grossesse » ! Et pour faire taire les derniers scrupules, le mot « bébé » qui existait initialement dans la proposition de résolution Matić (cette inadvertance cacherait-elle un retour du naturel au galop ?) a été supprimé lors du vote final du paragraphe 38, relève Grégor Puppinck. En somme, il n’y a plus que pour les animaux qu’il est admis de parler de « bébé » avant la naissance, comme l’actualité vient de le rappeler en France cette semaine avec des titres extatiques sur la gestation d’un « bébé panda » au zoo de Beauval…

    Si le parlement de l’UE n’a pas le pouvoir d’obliger les États à modifier leur législation, la pression augmente. La Résolution Matić est une nouvelle arme pour faire plier les gouvernements conservateurs européens qui, tels ceux de Hongrie et de Pologne, refusent de rentrer dans le moule libertaire, anti-familial et anti-vie, de l’UE. Cela s’inscrit dans un combat planétaire, explique Grégor Puppinck (dans son article sur le « conflit mondial » de l’avortement en lien ci-dessous) : « À chaque fois et en tous lieux, les mêmes lobbies de l’avortement agissent, et à chaque fois, quelques groupes pro-vie chrétiens tentent de résister. » À vrai dire, les défenseurs de la vie ne sont pas moins déterminés que les pro-avortement. Mais ces derniers sont adossés à des multinationales de l’avortement (Fédération Internationale du Planning Familial, Mary Stopes International) qui disposent de fonds colossaux (via les fondations Rockefeller, Ford, Open Society de Soros, Gates, en lien avec la Banque Mondiale ou le Fonds des Nations Unies pour les activités en matière de population) et de complicités dans les grands médias, dans les parlements nationaux et les juridictions (Cour européenne des droits de l’homme, Cour interaméricaine des droits de l’homme, Cour Suprême des États-Unis, ONU). Tout un arsenal qui leur a permis, jusqu’à présent, d’avancer inexorablement. Pas toujours et partout, cependant, tempère Grégor Puppinck : « … nous assistons à un renforcement simultané des deux camps. Les « pro-vie » se renforcent aux États Unis, dans plusieurs pays d’Europe centrale et ont même remporté des victoires en Europe occidentale, tandis que les « pro-mort » renforcent leurs positions dans les instances internationales, et dans les pays pauvres. » Après tout, Goliath aussi avançait avec une totale assurance contre David… « Nous avons le sentiment de l’imminence d’une lutte finale », conclut Grégor Puppinck.

     
    Avortement : un conflit mondial
    ECLJ 02-07-2021
    Avortement : un conflit mondial
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