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  • Pauvre Petit !

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    D'Adrien de Marneffe sur  le site de la Dernière Heure :

    Le bourgmestre MR de Wezembeek, qui s'était positionné contre "le droit à l'avortement libre", présente ses excuses: "Je me suis laissé emporter par mon vécu intime"

    Frédéric Petit, bourgmestre de Wezembeek, explique s’être “laissé emporter par (son) vécu intime”. Sa sortie a provoqué des remous au MR et dans sa commune. “Je tiens à présenter mes excuses à ceux qui se seraient sentis associés à mes propos.”

    La Cour suprême des États-Unis a révoqué vendredi le droit à l’avortement. À contre-courant de la majorité de la classe politique belge, le bourgmestre MR de Wezembeek avait expliqué à La Libre soutenir la décision de la Cour suprême américaine. “Je suis opposé à l’avortement libre, sauf pour des raisons thérapeutiques, par exemple si on sait que l’enfant n’aura qu’une espérance de vie de quelques heures. Je suis contre le droit à l’avortement libre”, avait déclaré le bourgmestre de Wezembeek-Oppem.

    Frédéric Petit a tenu à préciser sa position. “Je maintiens mon point de vue mais je dois aussi tenir compte du fait que mes propos ont mis certains de mes collègues en difficulté, eu égard à ma fonction”, nous explique-t-il.

    "Je regrette d'avoir émis cet avis personnel"

    Dans un communiqué envoyé à La Libre, il revient sur “les réserves exprimées par rapport aux conséquences du récent arrêt de la Cour Suprême des Etats-Unis”. Frédéric Petit précise que “cet avis a été donné à titre strictement personnel".

    Frédéric Petit poursuit. “Je regrette sincèrement d’avoir émis cet avis personnel en oubliant la fonction représentative que j’exerce au sein de la commune.” Il explique s’être “laissé emporter par (son) vécu intime”. “Je tiens à présenter mes excuses à ceux qui se seraient sentis associés à mes propos.” Frédéric Petit, qui nous assure ne pas avoir été contacté ni n’avoir reçu d’injonction de son président de parti, rappelle que le MR, dont il fait partie, “s’est exprimé clairement en affirmant par la voix de son président que le parti ne partageait pas son opinion et était “totalement en faveur de la liberté des femmes à disposer de leur corps et donc en faveur du droit à l’avortement”.

    Il conclut en précisant qu’il respecte “la prise de position du parti et apprécie la possibilité qu’ont les membres du MR de s’exprimer et de voter librement dans les débats éthiques comme c’est le cas pour celui de l’IVG”.

    Son point de vue personnel “n’a rien à voir avec son engagement de Bourgmestre ni avec la gestion communale”.

    Des remous au MR

    Cette tentative d’apaisement survient alors que les précédentes déclarations de Frédéric Petit ont provoqué des remous au sein du MR et ont fait bondir plusieurs libéraux, dont Denis Ducarme, Christine Defraigne et Olivier Destrebecq. 

    Le MR de Wezembeek-Oppem s’est même désolidarisé des propos de son bourgmestre. “Bien que M. Petit soit un bon gestionnaire communal, nous ne partageons pas son opinion sur la question de l’avortement. Nous l’invitons à revoir sa philosophie libérale sur ce sujet”, ont-ils déclaré dans la DH. 

    De son côté, Georges-Louis Bouchez avait précisé que le bourgmestre de Wezembeek-Oppem ne serait pas recadré. "Il n’y a pas de ligne de parti sur le sujet puisque depuis 1962, la liberté de vote est la règle sur ces questions”, avait rappelé le président du MR, ajoutant qu’il s’agissait d’une “opinion et non un délit, raisons pour lesquelles, même si ma position est totalement en faveur de la liberté des femmes à disposer de leur corps et donc en faveur du droit à l’avortement, il est libre et responsable de ses propos".

  • Madrid : plus de 100.000 personnes pour manifester contre la réforme de la loi espagnole sur l'avortement

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    De kath.net/news :

    Madrid : Plus de 100 000 participants ! - Grande manifestation contre la réforme de la loi espagnole sur l'avortement

    28 juin 2022

    Selon Oreja, l'organisateur : la décision américaine de DA annulant Roe vs Wade est un signe "que le débat sur la culture de la vie est loin d'être terminé"

    Madrid (kath.net/KAP/red) Selon les organisateurs, plus de 100 000 personnes ont manifesté dimanche à Madrid contre la réforme de la loi destinée à libéraliser davantage le meurtre d'enfants à naître en Espagne. Plus de 200 organisations civiles - dont beaucoup du secteur religieux - avaient appelé à participer à la marche de protestation vers la Plaza de Colon dans la capitale espagnole, a rapporté dimanche le portail "ACI Prensa". Les lois récemment adoptées - y compris celles sur l'euthanasie - sont injustes et "totalitaires", selon les manifestants.

    L'annulation de la décision de la Cour suprême relative à l'avortement "Roe vs. Wade" aux États-Unis a montré "que le débat sur la culture de la vie est loin d'être terminé", a déclaré l'organisateur de la manifestation, Jaime Mayor Oreja, de la protection de la vie Club "Néo". Les manifestants n'ont pas voulu se rendre complices des lois en gardant le silence. Les fondements chrétiens de la société espagnole devront être "mobilisés et défendus" encore plus à l'avenir, car ceux qui sont au pouvoir "ne se comportent pas en dirigeants, mais en réinventeurs qui veulent dresser les Espagnols les uns contre les autres", a déclaré le maire.

    Le gouvernement espagnol veut changer la réalité "et dire que tuer est bon et miséricordieux, tandis que les soins, la prière et l'aide pour ceux qui ont besoin de soutien sont mauvais", a déclaré Carmen Fernandez de la Cigona, de l'Institut d'études familiales. La suppression du délai de réflexion obligatoire de trois jours avant un avortement devrait "dissuader de réfléchir". Nayeli Rodriguez, coordinatrice espagnole de la campagne de prière "40 jours pour la vie", a calculé que depuis la légalisation de l'avortement en Espagne en 1985, 2,5 millions d'avortements ont déjà été pratiqués.

    La réforme de la loi sur l'avortement initiée par le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez a été votée en Conseil des ministres espagnol le 17 mai. Entre autres choses, le projet de loi prévoit que les filles à partir de 16 ans peuvent se faire avorter sans le consentement parental, et les délais de réflexion précédemment prescrits ne s'appliqueront plus. Il est également stipulé que les hôpitaux publics dotés de services de gynécologie et d'obstétrique doivent disposer de spécialistes pouvant garantir la réalisation des avortements. Le projet de loi doit maintenant être débattu et voté à la Chambre des représentants avant d'être transmis au Sénat.

  • Arrêt de la Cour Suprême des Etats-Unis : la bataille ne fait que commencer

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    De gènéthique.org :

    Avortement : la décision de la Cour suprême entre réactions et interprétations

    27 juin 2022

    Vendredi, la Cour suprême américaine a annulé l’arrêt Roe vs. Wade. Avec cet arrêt, elle met fin au « droit à l’avortement » dans le pays, rendant à nouveau chaque Etat libre de légiférer dans le sens qu’il souhaite. Comme le Mississippi qui a voté l’interdiction de l’avortement après 15 semaines de grossesse. C’est cette loi qui a été contestée devant la plus haute juridiction et conduit à renverser l’arrêt Roe vs. Wade (cf. Etats-Unis : L’avortement devant la Cour suprême).

    Parmi les nombreuses réactions qu’a suscitées la décision de la Cour, le directeur de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est dit « très déçu »[1]. De son côté, l’Académie pontificale pour la vie affirme dans un communiqué que « la protection et la défense de la vie humaine n’est pas une question qui peut rester confinée à l’exercice des droits individuels, mais au contraire une question de grande portée sociale » [2]. Et « le fait qu’un grand pays ayant une longue tradition démocratique ait changé sa position sur cette question interpelle le monde entier ».

    Une décision incomprise ?

    Pour François-Henri Briard, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation et membre de la Société historique de la Cour suprême des États-Unis d’Amérique, cette décision dans l’affaire Dobbs est « sans nul doute possible un arrêt historique dont l’écho sera considérable ». « Mais la marée de commentaires qu’elle suscite, notamment en Europe, procède hélas souvent de l’incompréhension, du simplisme arrogant ou même d’une hostilité aveugle », dénonce-t-il[3].

    « La Cour n’a pas statué sur le statut de l’embryon, ni sur le droit à la vie, ni même sur le droit à l’avortement, pointe l’avocat. Elle n’a à vrai dire même rien jugé du tout sur le fond de cette question, dont elle a au contraire souligné la dimension essentiellement morale. » « La Cour a seulement jugé, dans une approche dite “originaliste, que la constitution de 1787 ne contient pas, ni explicitement ni implicitement, un quelconque droit à l’avortement, en ajoutant qu’il n’appartient qu’au peuple et à ses représentants de se prononcer sur cette question », analyse-t-il.

    Et cette décision est finalement similaire à la jurisprudence européenne. « De la même manière, la Cour européenne des droits de l’Homme avait jugé que la protection de la vie privée ne garantit pas un droit à l’avortement, et qu’il appartient à chaque Etat de décider librement s’il souhaite ou non légaliser cette pratique », explique Grégor Puppinck, président du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ).[4]

    La fin d’une « erreur judiciaire »

    « La construction de la décision Roe v/ Wade de 1973, qualifiée aujourd’hui d’erreur judiciaire, reposait sur des fondements juridiquement erronés (interprétation “bricolée du Quatorzième Amendement au nom de la vie privée, de l’autonomie personnelle et d’une certaine idée de la liberté humaine), affirme François-Henri Briard, et n’était, selon l’expression du juge Byron White, que la manifestation d’un activisme judiciaire brutal inspiré par des groupes de pression. »

    Le juge Antonin Scalia, l’avait déjà affirmé dans l’affaire Casey en 1972, souligne l’avocat, « seuls les citoyens doivent décider de questions aussi graves, par le vote démocratique, et non des juges non élus interprétant un texte constitutionnel selon leurs préférences morales ou philosophiques personnelles ».

    Pour François-Henri Briard, la décision de la Cour suprême « a été rendue par des membres de la cour qui ne sont ni de droite ni de gauche, ni conservateurs ou progressistes, mais des juges, intègres et indépendants, de grands professionnels du droit, qui ne sont séparés que par des questions de techniques d’interprétation de la constitution fédérale (textualistes vs constructifs) et non par des clivages politiques ».

    Des Etats commencent à interdire l’avortement

    Conséquence de l’arrêt de la Cour suprême, plusieurs Etats américains ont annoncé prendre des dispositions pour interdire les avortements. Le Missouri a été le premier, dès vendredi. Le procureur général de l’Etat, Eric Schmitt, a ratifié le texte déjà voté (cf. USA : Interdiction de l’IVG au-delà de huit semaines au Missouri).

    Sept Etats lui ont emboîté le pas, et plusieurs autres ont prévu de le faire[5]. Comme dans l’Indiana où le gouverneur, Eric Holcomb, a annoncé convoquer la législature pour y interdire les avortements. La moitié des Etats-Unis pourrait suivre cette voie.

    En réaction, le Planned Parenthood a lancé une procédure judiciaire dans l’Utah et différentes entreprises ont annoncé financer les avortements de leurs employées. Parmi elles, Airbnb, Tesla, Amazon, Starbucks, ou encore Disney (cf. Le Sénat de l’Utah vote une loi pour limiter le nombre d’IVG).

    Une bataille qui ne fait que commencer ?

    Mais la bataille pourrait ne faire que commencer. Le président des Etats-Unis, Joe Biden, a affirmé par la voix de son porte-parole qu’il continuerait à « chercher des “solutions” ». La Maison Blanche évalue d’éventuels décrets en ce sens.

    De son côté, le procureur général Merrick Garland laisse entendre qu’il est prêt à sévir contre les Etats qui bloqueraient l’accès à la pilule abortive, approuvée par la FDA[6]. « Les Etats ne peuvent pas interdire la mifépristone », affirme-t-il. Car la FDA est seule détentrice de l’autorité pour approuver les médicaments aux Etats-Unis. Autorisés jusqu’à 10 semaines de grossesse, les avortements médicamenteux représentent la moitié des IVG pratiquées dans le pays.

    Pourtant, sans l’interdire, plus de 30 Etats ont déjà adopté des restrictions, notamment en interdisant leur envoi par la poste. Un fabricant de mifepristoneGenBioPro, a déjà intenté un procès contre le Mississippi pour ses restrictions sur le produit (cf. COVID-19 : recrudescence des IVG par téléconsultation aux Etats-Unis, et des regrets).

    Et la lutte pourrait dépasser le sujet de l’avortement. « “Dans de futurs dossiers” concernant, eux aussi, le respect de la vie privée, “nous devrions revoir toutes les jurisprudences” », a écrit le juge Clarence Thomas, dans un argumentaire accompagnant la décision de la Cour suprême. Dans cette déclaration, il cite trois arrêts relatifs à la contraception ou encore au mariage entre personnes de même sexe.

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    [1] Reuters, WHO’s Tedros disappointed by end of U.S. abortion ruling Roe v Wade (24/06/2022)

    [2] Vatican news, Avortement: l’Académie pontificale pour la Vie salue la décision américaine (25/06/2022)

    [3] Le Figaro, François-Henri Briard, Avortement : ce qu’a vraiment dit la Cour suprême des États-Unis (25/06/2022)

    [4] Famille chrétienne, Antoine Pasquier et Camille Lecuit, La Cour suprême américaine annule le droit constitutionnel à l’avortement (24/06/2022)

    [5] AFP (27/06/2022)

    [6] Stat news, Nicholas, Florko, The Biden administration wants to get tough on states’ abortion pill restrictions. It won’t be easy (24/06/2022)

  • Irénée de Lyon, défenseur de l'orthodoxie catholique (28 juin)

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    Saint Irénée de Lyon

    Le 28 mars 2007, Benoît XVI a consacré sa "catéchèse" du mercredi à ce grand témoin de la Foi (IIe siècle) que l'on fête aujourd'hui : saint Irénée de Lyon

    Chers frères et sœurs!

    Dans les catéchèses sur les grandes figures de l'Eglise des premiers siècles, nous arrivons aujourd'hui à l'éminente personnalité de saint Irénée de Lyon. Les informations biographiques à son sujet proviennent de son propre témoignage, qui nous est parvenu à travers Eusèbe, dans le livre V de l'Histoire ecclésiastique. Irénée naquit selon toute probabilité à Smyrne (aujourd'hui Izmir, en Turquie), vers 135-140, où, encore jeune, il alla à l'école de l'Evêque Polycarpe, lui-même disciple de l'Apôtre Jean. Nous ne savons pas quand il se rendit d'Asie mineure en Gaule, mais son transfert dut coïncider avec les premiers développements de la communauté chrétienne de Lyon:  c'est là que, en 177, nous trouvons Irénée au nombre du collège des prêtres. C'est précisément cette année qu'il fut envoyé à Rome, porteur d'une lettre de la communauté de Lyon au Pape Eleuthère. La mission romaine qui permit à Irénée d'échapper à la persécution de Marc-Aurèle, dans laquelle au moins 48 martyrs trouvèrent la mort, parmi lesquels l'Evêque de Lyon lui-même, Pothin, âgé de 90 ans, mort des suites de mauvais traitements en prison. Ainsi, à son retour, Irénée fut élu Evêque de la ville. Le nouveau Pasteur se consacra entièrement au ministère épiscopal, qui se conclut vers 202-203, peut-être par le martyre.

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  • 117 prêtres ordonnés cette année en France

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    Pour les années 2012-2022, la moyenne annuelle des ordinations de prêtres diocésains en France a été de 82 prêtres. Les dix années précédentes, elle s’élevait à 107 prêtres. Soit une chute, entre ces deux décennies, de 23 %. Cette même moyenne annuelle d’ordinations de prêtres diocésains était de 125 entre 1992-2002. En trente ans, on est donc passé de 125 nouveaux prêtres diocésains annuels, à 82. 60% des diocèses français n’auront pas d’ordinations cette année. (source)

    Communiqué de la Conférence des évêques de France :

    Retour sur les ordinations 2022 en France :

    117 prêtres seront ordonnés cette année en France

    La majorité des ordinations se sont déroulées dimanche 26 juin 2022 en France. Comme chaque année de très nombreuses messes d'ordination ont lieu le dimanche qui précède la fête des apôtres Saint Pierre et Saint Paul, les deux piliers de l'Église catholique. Ces ordinations sont source de grande joie et d’espérance pour l’Église, qui accueillera cette année 117 nouveaux prêtres en France.

    Pour l'année 2022, 117 prêtres seront ordonnés (72 diocésains, 22 issus d'une congrégation, communauté religieuse ou société de vie apostolique - dont 3 déjà comptés parmi les diocésains - 21 prêtres religieux - dont 1 déjà compté au diocèse de Luçon -, ainsi que 6 prêtres célébrant selon la forme extraordinaire du rite romain).

    Les chiffres présentés ci-après sont communiqués à date des retours reçus. La liste des prêtres ordonnés dans les congrégations religieuses n’est pas exhaustive.

    Les évêques, les prêtres et les diacres reçoivent leur mission dans l'Église, au nom de Jésus Christ, par le sacrement de l'ordre, généralement appelé "ordination". Le sacrement de l'ordre se caractérise par l'imposition des mains et une prière de consécration. Il est conféré une fois pour toutes. Le ministre ordonné manifeste à tous que c'est le Christ qui appelle, rassemble et porte la Bonne Nouvelle dans le monde.

    L’ordination sacerdotale est la célébration durant laquelle le prêtre reçoit de l’évêque le 2e degré - le presbytérat - du sacrement de l’ordre (le 1er degré étant le diaconat). Par l’ordination, le nouveau prêtre reçoit le sacerdoce (la fonction du ministre de Dieu) qui est une marque ineffaçable comme le baptême. Le nouveau prêtre intègre ainsi le « presbyterium » qui est la communauté des prêtres d’un diocèse.

    Consulter la répartition des ordinations par diocèses et par communautés religieuses ci-dessous :

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  • Le message de Mgr Rey aux prêtres et aux fidèles de son diocèse

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    source

    Chers frères et sœurs du diocèse de Fréjus-Toulon,

    Voici trois semaines, à la demande de Rome, j’annonçais la suspension des ordinations qui devaient nous réunir aujourd’hui. Cette nouvelle a suscité un grand émoi dans tout le Diocèse, d’autant plus qu’elle touchait notre séminaire de la Castille, auquel nous sommes tous précieusement attachés. Chez les prêtres, comme chez vous chers fidèles, cette décision romaine a semé un trouble légitime dont je mesure l’ampleur.

    Notre attention se porte avant tout vers les séminaristes, notamment les futurs ordinands et leurs familles. Je remercie tous ceux qui m’ont témoigné combien ils portaient ces jeunes dans la prière. Je sais combien nos ordinands vivent ce moment avec douleur et gravité, accueillant dans la foi la croix qu’il leur est demandé de porter. A eux, mais également à leurs frères du séminaire, qu’ils viennent de l’intégrer ou qu’ils y soient présents depuis plusieurs années, je veux redire qu’ils peuvent compter sur mon action et ma vigilance au bénéfice de leur formation, ainsi que sur mes prières.

    Cette suspension des ordinations appelle une suite et des éclaircissements. Je suis en dialogue avec les autorités romaines, le Cardinal Ouellet plus directement, afin de lever les questions qui subsistent et de trouver tous les moyens possibles pour améliorer le fonctionnement du Diocèse, l’accompagnement des communautés, l’accueil et la formation des vocations. Je souhaite poursuivre, en ce sens et avec l’objectif de parfaire et de corriger encore, le travail accompli à la tête du diocèse de Fréjus-Toulon depuis 22 ans maintenant.

    Je garde une relation de confiance avec Monseigneur Jean-Marc Aveline, notre archevêque métropolitain de Marseille, avec qui je travaille fraternellement. Les échos positifs de sa visite effectuée au long de l’année 2021, ainsi que ceux de Monseigneur Bataille, évêque de Saint-Etienne, à qui j’avais demandé une visite pastorale de notre séminaire en mai 2021, nous encouragent à poursuivre le travail effectué ces dernières années par les professeurs du séminaire et les recteurs successifs que je remercie pour leur engagement.

    Notre séminaire se distingue par la présence de candidats appartenant à des communautés de sensibilités liturgiques et de charismes ecclésiaux divers. L’harmonie de cet ensemble a été relevé par nos visiteurs, tout en notant le défi constant que cette unité représentait. Leurs préconisations sont aujourd’hui mises en œuvre par l’actuelle équipe du séminaire avec à sa tête le Père Benoit Moradei à qui je renouvelle ma confiance : projet d’affiliation à la faculté catholique de Lyon, projet de formation inter-séminaire de Provence, amélioration du suivi et du discernement des séminaristes, etc. Autant de points d’améliorations pour un équilibre toujours plus fécond.

    C’est bien la provenance des vocations et la pluralité des parcours de formation qui ont pu poser question à Rome (et non des questions de mœurs comme peut-être certains ont pu le craindre), tout comme la composition diversifiée de notre presbyterium (l’ensemble des prêtres du diocèse) ou encore la présence de nombreuses communautés avec parfois la difficulté pour le Diocèse de les accompagner et de les intégrer. La place du monde traditionaliste dans notre séminaire et dans le Diocèse constitue également un des points sensibles relevés par les congrégations romaines. J’ai toujours cherché à intégrer ce courant, au sein d’une véritable communion ecclésiale, en fidélité avec le Saint Père, et avec le magistère romain, en particulier le concile Vatican II. La diversité des sensibilités et des charismes de nos communautés participe, avec votre active contribution à insuffler un réel dynamisme pour l’annonce de l’Évangile. Se faisant, je me situe dans la ligne des choix pastoraux portés par mes prédécesseurs, Mgrs Barthe et Madec. Le maillage ecclésial de proximité de notre Diocèse est assez dense, compte tenu de la présence sur le terrain de nombreux prêtres dont la moyenne d’âge est relativement basse. De même, les communautés religieuses bien vivantes, dont certaines effectivement viennent de l’étranger, apportent un témoignage évangélique et un souffle missionnaire édifiant et stimulant. Je pense par exemple aux sœurs argentines qui tiennent le sanctuaire de Saint-Joseph du Bessillon à Cotignac, ou encore aux sœurs brésiliennes d’O’Caminho qui servent les plus démunis dans le centre de Toulon. L’ensemble des communautés de notre Diocèse doit faire l’objet d’un suivi encore plus régulier. Nous avons un délégué épiscopal pour la vie consacrée chargé de cet accompagnement. Certaines communautés ou associations de fidèles disposent d’un délégué propre.

    Les fragilités, les échecs, les difficultés observées dans certaines de ces communautés nous imposent toujours plus de vigilance. En 22 ans d’épiscopat, j’ai pu faire des erreurs de discernement dans leur accueil ou l’accompagnement de leurs membres, comme dans celui de certains prêtres du Diocèse. A tous ceux qui ont eu à en souffrir, je demande sincèrement pardon. Avec votre aide à tous, il nous faut certainement progresser et améliorer notre façon de concilier audace et prudence, liberté et responsabilité, et prendre toutes les mesures qui s’imposent.

    Alors que nous restons dans l’attente des décisions romaines, nos cœurs eux demeurent en prière et en confiance. Nous continuons de servir fidèlement l’Église. Chacun reste investi dans ses responsabilités là où le Seigneur Lui-même l’a placé.

    Pour ma part les prochaines semaines seront mises à profit pour réfléchir à améliorer différents axes de gouvernance dont notamment trois qui me tiennent à cœur :

    Renforcer les modalités de suivi des différentes communautés accueillies. Nous disposons depuis 2 ans d’une charte Saint Léonce qui développe les conditions d’accueil et de suivi de nos prêtres et communautés et dont il convient d’accompagner la mise en œuvre.
    Fluidifier les relations entre les différentes sensibilités liturgiques, travailler à l’unité et à la communion autour du Magistère de l’Église.
    Renforcer par une présence fraternelle plus grande de ma part, le travail accompli par les 250 prêtres qui œuvrent pour l’animation pastorale de notre Diocèse. Dans cette perspective, nous allons organiser un grand cycle de visites pastorales sur tout le territoire du Var qui se déroulera à partir de la rentrée prochaine.
    Je redis avec vous tous, clercs, religieux et fidèles laïcs, notre attachement indéfectible au Saint-Père et notre confiance en la sainte Providence, pour traverser cette période délicate.

    Que le Seigneur Jésus et sa Mère la Sainte Vierge Marie guident notre Diocèse et lui permettent de déployer sa mission avec joie et persévérance pour le service du Peuple de Dieu et pour rejoindre celles et ceux qui ne connaissent pas encore la joie de suivre le Christ, de l’aimer et de le faire aimer.

    + Mgr Dominique REY
    Évêque de Fréjus-Toulon

  • La contagion du « chemin synodal » allemand, non maîtrisée par le Pape, va-t-elle contaminer le synode général sur la synodalité

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur Diakonos.be :

    Le synode allemand contamine toute l’Église, sans que le Pape ne le freine

    Dans un récent entretien avec les directeurs des revues européennes de la Compagnie de Jésus, transcrit et publié par « La Civiltà Cattolica », le Pape François a dit ce qu’il pensait notamment du « chemin synodal » en Allemagne. Selon lui, « Le problème se pose lorsque la voie synodale vient des élites intellectuelles, théologiques, et est très influencée par des pressions extérieures », alors qu’en revanche, il faudrait le faire « avec les fidèles, avec le peuple ».

    Le souci, c’est que quand c’est ce qu’on fait, c’est-à-dire, quand on collecte les questions de la base ou que l’on sonde l’opinion des fidèles, les résultats sont pratiquement identiques à ceux dictés par les élites dominantes ou par les pressions extérieures, avec la sempiternelle litanie de demandes qui vont des prêtres mariés aux femmes prêtres, en passant par la nouvelle morale sexuelle et la démocratisation du gouvernement de l’Église.

    Ses craintes sur le synode d’Allemagne, le Pape François les a partagées dans une lettre de juin 2019 qu’il a « rédigée entièrement lui-même ». Mais ensuite, il l’a laissé suivre son cours sans plus chercher à le freiner ni faire mine ne fût-ce que d’écouter les cris d’alarmes lancés par le cardinal Walter Kasper, qui au début du pontificat était son théologien réformateur de référence, mais qui en ce qui au sujet du synode allemand – une « tentative de coup d’État », comme il l’a défini – doute même qu’il soit « vraiment catholique ».

    Et ce n’est pas tout. Le risque est toujours plus palpable que l’agenda du « chemin synodal » d’Allemagne ne finisse dans cet autre synode de l’Église universelle que le Pape a convoqué en 2021, le faisant partir, justement des périphéries et de la base, et qui culminera avec une session à Rome en octobre 2023.

    Au départ, la convocation de ce synode général n’a pas vraiment fait parler d’elle. Le thème que le Pape François lui avait assigné, la « synodalité », semblait à ce point abstrait et ennuyeux qu’il avait dissuadé les médias de s’y attarder.

    Mais ensuite, à peine les diocèses ont-ils commencé à sonder les avis des prêtres et des fidèles qu’on a tout de suite vu à quel genre de litanie de demandes on avait affaire. Avec pour résultat qu’à présent, les conférences épiscopales, dans leurs synthèses de la première phase décentralisée du synode, se retrouvent avec entre les mains une copie conforme du « chemin synodal » d’Allemagne, issu de leurs propres fidèles.

    La France est un cas d’école. À la mi-juin, la conférence épiscopale française s‘est réunie en session extraordinaire précisément pour élaborer une « Collecte des synthèses synodales » produites par les différents diocèses, et la transmettre à Rome. Au moment de voter le document, la Conférence épiscopale n’en a pas approuvé le contenu, se limitant à constater l’adhésion de milliers de prêtres et de fidèles interrogés à ces demandes. Mais les demandes envoyées à Rome incluent justement le dépassement du célibat du clergé, l’ordination des femmes au diaconat et à la prêtrise ou à tout le moins, « comme premier pas », le fait qu’on leur confie des homélies à la messe, une réforme radicale de la liturgie et de son langage « désormais irrecevables », l’admission généralisée aux sacrements des divorcés remariés et des couples homosexuels.

    En Irlande, c’est pareil. En plus des comptes-rendus des consultations dans chaque diocèse, les évêques se sont fendus d’un grand sondage d’opinions parmi les fidèles. Il en résulte que la quasi-totalité des catholiques irlandais veut des prêtres mariés et des femmes prêtres, 85% souhaitent le dépassement de condamnation des actes homosexuels, 70% veulent que les laïcs puissent également disposer du pouvoir de décision dans l’Église et d’autres encore voudraient qu’on en finisse à la messe avec les lectures « sanglantes » de l’Ancien Testament.

    Sœur Nathalie Becquart, la sous-secrétaire à Rome du synode sur la synodalité, qui était présente à la réunion de la Conférence épiscopale d’Irlande de la mi-juin, a déclaré qu’en deux mille ans d’histoire, c’était la première fois que l’Église donnait vie à une consultation aussi universelle, que le Pape François a voulu faire partir de la base. Personne ne sait où ce synode s’arrêtera, a-t-elle conclu, mais c’est justement pour cela qu’il faut être ouverts aux « surprises de l’Esprit Saint ».

    Sœur Becquart, qui aura le même droit de vote que les évêques au synode, fait partie du tiercé nettement progressiste que le Pape François a mis à la tête du synode sur la synodalité, tout comme le secrétaire général, le cardinal maltais Mario Grech et le rapporteur général, le cardinal luxembourgeois et jésuite Jean-Claude Hollerich.

    Et comme si cela ne suffisait pas, le Pape François a flanqué ces deux cardinaux d’un groupe de travail sur la manière de concilier le synode allemand avec celui de l’Église universelle. Cette information a été donnée par le président de la Conférence épiscopale d’Allemagne, l’évêque du Limbourg Georg Bätzing, dont les velléités révolutionnaires vont encore plus loin que celles, déjà très téméraires, de Mgr Hollerich lui-même, au point d’avouer qu’il était « déçu » des avancées trop lentes du Pape.

    C’est en vain que plusieurs évêques et cardinaux ont frappé à la porte du Dicastère pour la doctrine de la foi, en demandant que les thèses les plus hardies du cardinal Hollerich soient démenties, surtout celles qui renversent la doctrine sur la sexualité et l’homosexualité. Le dicastère se tait et tout le monde pense qu’elle est muselée par le Pape.

    Parmi les nouveaux cardinaux annoncés par le Pape François le dimanche de l’Ascension, au moins deux sont des paladins de cette révolution doctrinale : l’évêque de San Diego, Robert McElroy et l’archevêque de Manaus, Leonardo Ulrich Steiner.

    La politique de la carte blanche accordée par le Pape au « chemin synodal » allemand a pour conséquence que le nombre de ceux qui s’estiment autorisés à se comporter de la sorte ne cesse de grandir au sein de l’Église.

    En Allemagne, on parle encore de l’affaire de ces trois cents frères franciscains qui ont élu comme supérieur provincial Markus Fuhrmann, qui avait défrayé la chronique quelques semaines plus tôt pour avoir publiquement déclaré qu’il était homosexuel, en plus d’être un ardent promoteur des nouveautés les plus hardies en chantier dans le « chemin synodal » allemand.

    Et quelques jours plus tard, toujours en Allemagne, le numéro un de la hiérarchie allemande, le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et membre de premier plan de conseil restreint des cardinaux créé par le Pape pour l’assister dans le gouvernement de l’Église universelle, a réclamé pour la énième fois les mêmes nouveautés – y compris la bénédiction à l’église des unions homosexuelles, expressément interdite par le Vatican.

    En Suisse, dans le diocèse de Coire, l’évêque Joseph Marie Bonnemain a contraint les prêtres et les collaborateurs diocésains à signer une charte arc-en-ciel où ils s’engagent entre autres à « renoncer à tout jugement globalement négatif sur de prétendus comportements non bibliques en matière d’orientation sexuelle ».

    En Italie, dans l’archidiocèse de Bologne, ce 11 juin, un couple d’hommes s’est marié civilement à la commune et, immédiatement après, a célébré son union à l’église, à l’occasion d’une messe présidée par le responsable de la pastorale familiale de l’archidiocèse, don Gabriele Davalli. Un communiqué de l’archidiocèse a ensuite tant bien que mal tenté de justifier ce qui s’était passé, en prétendant qu’il ne s’agissait simplement – contre l’évidence des faits – d’une messe d’action de grâce pour le groupe catholique LGBT « In cammino », dont ces deux hommes font partie. Mais il n’a échappé à personne que l’archevêque de Bologne est le cardinal Matteo Zuppi, qui depuis un mois est le président, nommé par le pape, de la Conférence épiscopale italienne et le premier en lice des papables lors d’un futur conclave. On peut s’attendre à ce que cet épisode ruine ses chances de succéder à François, en lui faisant perdre les quelques votes qui aurait pu récolter auprès des cardinaux de tendance conservatrice.

    Bref, la contagion du « chemin synodal » d’Allemagne, non maîtrisée par le Pape, a désormais franchi les frontières et menace de conditionner le synode général sur la synodalité lui-même. La vibrante lettre ouverte envoyée aux évêques allemands le 11 avril par les cardinaux Francis Arinze, Raymond Burke, Wilfried Napier, George Pell, Camillo Ruini, Joseph Zen et par une centaine d’archevêques et d’évêques du monde entier n’aura servi à rien.

    Le cardinal Kasper dénonce également le risque que l’Église catholique ne se transforme en une sorte de synode permanent, à la demande de la base, c’est-à-dire de la culture dominante, qui en tirerait les ficelles.

    Quoi qu’il en soit, de l’avis d’un autre cardinal, l’italien Camillo Ruini, une bonne partie de l’Église a déjà franchi les limites de la doctrine catholique au moins sur un point : l’approbation des actes homosexuels. « Je ne nie pas qu’il y ait un risque de schisme », a-t-il déclaré dans une interview accordée à « Il Foglio » le 4 mai dernier. « Mais je garde confiance qu’avec l’aide de Dieu, on puisse le surmonter ».

  • Deux prêtres ont été tués au cours du week-end au Nigeria, l'un dans l'État de Kaduna et l'autre dans l'État d'Edo

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    De Catholic News Agency :

    Deux prêtres tués au Nigeria dans des incidents distincts

    26 juin 2022

    Deux prêtres ont été tués au cours du week-end au Nigeria, l'un dans l'État de Kaduna et l'autre dans l'État d'Edo.

    Le père Vitus Borogo, prêtre de l'archidiocèse de Kaduna, a été tué le 25 juin "à Prison Farm, Kujama, le long de la route Kaduna-Kachia, après un raid des terroristes sur la ferme", a déclaré le chancelier de l'archidiocèse de Kaduna dans un communiqué transmis à ACI Afrique. 

    Le prêtre, âgé de 50 ans, était l'aumônier catholique du Kaduna State Polytechnic.

    Dans l'État d'Edo, le père Christopher Odia a été enlevé de son presbytère à l'église catholique St. Michael, Ikabigbo, Uzairue, vers 6h30 le 26 juin. Il a été tué par ses ravisseurs, a annoncé le diocèse d'Auchi.

    Le père Odia, âgé de 41 ans, était administrateur de l'église St. Michael et directeur de la St. Philip Catholic Secondary School à Jattu.

    The Sun, un quotidien nigérian, a rapporté qu'un servant de messe et un vigile local qui suivait les ravisseurs ont été abattus pendant l'enlèvement du père Odia.

    Le nombre de chrétiens tués pour leur foi est plus élevé au Nigeria que dans tout autre pays du monde - au moins 4 650 en 2021, et près de 900 rien qu'au cours des trois premiers mois de 2022.

    Selon la fondation britannique de défense des droits de l'homme Christian Solidarity Worldwide, l'État de Kaduna est devenu "un épicentre des enlèvements et des violences perpétrés par des acteurs non étatiques, bien qu'il s'agisse de l'État le plus garni du Nigeria."

    Au début du mois, des hommes armés ont attaqué une église catholique et une église baptiste dans l'État de Kaduna, tuant trois personnes et enlevant plus de 30 fidèles, et plus de 40 chrétiens ont été tués dans une attaque contre une église catholique dans l'État d'Ondo le 5 juin.

  • La Cour suprême des Etats-Unis n'a pas rétabli le droit à la vie mais a laissé l'avortement au débat politique

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    D'Eugenio Capozzi sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    Que va-t-il advenir de l'avortement maintenant ?

    27-06-2022

    La Cour suprême n'a pas rétabli le droit à la vie, mais a laissé l'avortement au débat politique.

    En annulant l'arrêt Roe vs Wade de 1973 sur l'avortement, la Cour suprême des États-Unis a pris, le 24 juin, une décision d'une importance historique considérable, constituant le premier véritable renversement, tant sur le plan juridique que sur celui de ses inévitables effets politiques, du processus de légitimation, de légalisation et d'assimilation psychologique de la pratique de l'avortement qui a contribué de manière significative à changer le visage des sociétés occidentales depuis un demi-siècle.

    Au cours de ce processus, la subordination totale de la maternité, de la paternité, de la famille et de la protection de la vie à naître au seul principe incontesté de la volonté individuelle d'un sujet adulte en position de force s'est consolidée et cimentée en eux, affirmant une vision totalement relativiste de la vie, qui est aujourd'hui au moins remise en question de manière décisive. 

    Toutefois, l'arrêt du 24 juin ne peut être considéré comme le début d'une voie radicalement différente pour le droit et la politique des États-Unis et de l'Occident, sous le signe d'un abandon d'une approche relativiste et d'un retour à la sauvegarde du droit à la vie à chaque stade, à commencer par le stade prénatal. 

    En effet, les juges actuels de la Cour ont réfuté l'idée, sous-jacente à Roe vs Wade, selon laquelle le droit d'une femme de décider du sort de l'enfant à naître qu'elle porte dans son ventre pourrait être assimilé, dans certaines limites, à un droit constitutionnel, puisqu'il repose sur un "droit à la vie privée" qui, bien que non énoncé dans les amendements à la Constitution fédérale, doit être considéré comme implicite, et donc couvert par le 9e amendement (les droits énoncés n'excluent pas d'autres droits). À partir de cette interprétation, la Cour a conclu en 1973 que, conformément au 14e amendement (les lois des États ne peuvent nier les droits personnels établis au niveau fédéral), les États ne pouvaient légiférer de manière à supprimer les décisions personnelles des femmes concernant leur grossesse. Il est vrai que dans son arrêt de 1973, la Cour a ajouté que la liberté d'avorter doit toujours être mise en balance avec l'intérêt général de la défense de la vie, et a demandé une réglementation limitant l'avortement légal au stade précoce de la grossesse. Mais en fait, en raison de la nature discrétionnaire constitutive de la distinction entre les différents stades de la vie prénatale, cet appel à la vie privée a ouvert la voie à une législation étatique de plus en plus permissive, tout en exposant structurellement toute réglementation plus restrictive à des contestations devant la Cour par les partisans de l'avortement. 

    Aujourd'hui, dans son arrêt Dobbs v. Jackson Women's Health Organization, la Cour défend une loi d'État (en l'occurrence le Mississippi) autorisant l'interruption de grossesse dans les 15 premières semaines (dans tous les cas, plus que les 90 jours autorisés par la loi 194 en Italie) contre un appel permissif, en déclarant que le droit à la vie privée est une base insuffisante pour élever la liberté d'interrompre une grossesse à un droit constitutionnel fondamental. La Cour estime que la question de l'avortement est douloureuse et divise la société, qu'il existe des opinions profondément divergentes à son sujet et qu'elle doit donc être laissée au processus démocratique, en laissant à chaque État, dans l'esprit du système fédéral américain, le pouvoir de décider des règles en la matière. Par conséquent, même des législations très différentes, de l'interdiction au droit limité ou étendu à l'avortement, sont compatibles avec la Constitution. Et il est probable que les États-Unis seront désormais une carte aux couleurs très différentes selon que les administrations des différents États sont républicaines ou démocrates, étant donné que la position sur l'avortement est l'un des traits les plus caractéristiques de l'identité politique des partis de gauche et de droite. 

    En bref, la Cour ne conteste pas aujourd'hui la valeur constitutionnelle du droit à l'avortement au nom d'un droit dominant, à savoir celui à la vie, mais laisse simplement la question aux décisions de telle ou telle majorité, car il s'agit d'un sujet, de l'avis des togagents, structurellement sujet à des interprétations différentes. 

    Certes, cette décision se fonde sur un fait objectif de la Charte américaine : si le droit à l'avortement ne peut être déduit du texte constitutionnel, son interdiction n'est jamais mentionnée explicitement dans les Amendements, alors que jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, dans la culture répandue, la suppression d'un enfant à naître a toujours été considérée comme un acte intrinsèquement mauvais, avant même d'être interdite par la loi. 

    Cependant, si l'on remonte aux racines du constitutionnalisme américain, et occidental, on constate que le droit à la vie - sans exceptions, sans clauses - est placé comme premier droit naturel à la base de la coexistence, à la fois dans le Deuxième traité du gouvernement civil de John Locke et, de manière encore plus significative, dans la Déclaration d'indépendance des colonies de 1776. Une Cour suprême des États-Unis, qui tire son origine de cette même Déclaration et la cite comme fondement de toutes ses institutions, peut-elle ignorer ce fait ? Même si aucun amendement ne mentionne le droit à la vie à tous les stades et dans toutes les conditions, on pourrait à juste titre considérer qu'il est implicitement en vigueur bien plus que le droit à la vie privée. Mais même cette Cour, composée pour la plupart de juges à l'esprit conservateur et d'aspirants gardiens du sens originel de la Constitution, n'a pas eu le courage d'aller aussi loin. 

    Quoi qu'il en soit, le simple fait d'énoncer une évidence, à savoir que l'avortement ne peut être un droit fondamental (comme c'est également le cas dans d'autres pays libéraux-démocratiques, y compris le nôtre, où il n'est jamais mentionné en tant que tel), a déclenché les réactions furieuses et inconscientes de la classe politique, des médias et de la culture "progressiste" en Amérique et dans le reste de l'Occident : accusations de "retour au Moyen Âge", de "haine des femmes" et autres délires similaires. La raison en est que l'idéologie relativiste radicale hégémonique parmi les élites occidentales, structurellement déterminée à démolir tout vestige d'humanisme en faveur des aspirations transhumanistes à la toute-puissance, ne peut même pas supporter que l'on puisse hypothétiquement fixer des limites à la manipulation, à la marchandisation et à l'humiliation de la vie et de la personne humaine au nom des désirs illimités de quelques privilégiés, et que l'on puisse même tenter de sauver, au moins en partie, le caractère sacré de l'être humain.

  • "Bruges en musiques" : un superbe film sur Arte

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    Du site d'ARTE TV :

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    Bruges en musiques (accessible du 19 juin au 23 septembre)

    Avec pour étape majeure l’hôpital Saint-Jean, joyau du passé médiéval de Bruges, une promenade artistique et musicale dans huit siècles d’histoire de la cité flamande. Avec des extraits d'oeuvres de Guillaume Dufay, Johannes Ockeghem, Josquin des Prés, Joseph Haydn et Arvo Pärt.

    Reliée à la mer du Nord après un raz-de-marée au XIIe siècle, Bruges connaît au Moyen Âge un essor fulgurant. Commerçant avec l’Angleterre, les pays de la Baltique et le sud du continent, elle s’impose comme l’une des premières places financières, économiques et artistiques d’Europe. À la fin du Moyen Âge, les musiciens franco-flamands comme Guillaume Dufay, Johannes Ockeghem ou Josquin des Prés y accourent. Au XVe siècle, les ducs de Bourgogne s’emparent de la Flandre, et Bruges connaît son âge d’or. À la Renaissance, elle passe sous la tutelle des Habsbourg. L'atmosphère devient espagnole, les palais résonnent des polyphonies de Francisco Guerrero et Tomas Luis de Victoria, dont la musique religieuse accompagne les processions. Lorsque la branche espagnole de la famille s'éteint à la fin du XVIIe siècle, les Habsbourg d'Autriche en deviennent les nouveaux maîtres. Bientôt, le classicisme viennois de Joseph Haydn résonne en terres flamandes. Mais, privée de son accès à la mer par l’ensablement de ses canaux, la Venise du Nord va peu à peu se transformer en belle endormie. Ce sommeil paisible lui a permis de conserver l’un des plus beaux patrimoines architecturaux d’Europe.

    Cœur battant

    Après Le King’s College en musiques  et Le Louvre en musiques, Christophe Maillet et Gérard Pangon font de l’hôpital Saint-Jean, fondé en 1150 et devenu musée, le cœur battant de la promenade artistique et musicale qu’ils consacrent à Bruges, l’une des villes belges les plus visitées. Illustré par un choix d’œuvres de compositeurs du XVe siècle à nos jours, de Johannes Ockeghem à Arvo Pärt, le documentaire est rythmé par un concert du quatuor à cordes Kitgut Quartet, exécuté dans la chapelle du plus ancien hôpital de l'époque médiévale en Europe, où trône le Retable des deux saints Jean, chef-d’œuvre du primitif flamand Hans Memling.

  • Saint Cyrille d'Alexandrie, gardien de la vraie foi (27 juin)

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    saint-cyrille-d-alexandrie.jpgLors de l'audience générale du mercredi 3 octobre 2007, Benoît XVI consacrait sa catéchèse à saint Cyrille d'Alexandrie (source) :

    Chers frères et sœurs!

    Poursuivant notre itinéraire sur les traces des Pères de l'Eglise, nous rencontrons une grande figure:  saint Cyrille d'Alexandrie. Lié à la controverse christologique qui conduisit au Concile d'Ephèse de 431 et dernier représentant important de la tradition alexandrine, dans l'Orient grec, Cyrille fut plus tard défini le "gardien de l'exactitude" - qu'il faut comprendre comme gardien de la vraie foi - et même "sceau des Pères". Ces antiques expressions expriment un fait qui est caractéristique de Cyrille, c'est-à-dire la référence constante de l'Evêque d'Alexandrie aux auteurs ecclésiastiques précédents (parmi ceux-ci, Athanase en particulier), dans le but de montrer la continuité de sa théologie avec la tradition. Il s'insère volontairement, explicitement dans la tradition de l'Eglise, dans laquelle il reconnaît la garantie de la continuité avec les Apôtres et avec le Christ lui-même. Vénéré comme saint aussi bien en Orient qu'en Occident, saint Cyrille fut proclamé docteur de l'Eglise en 1882 par le Pape Léon XIII, qui, dans le même temps, attribua ce titre également à un autre représentant important de la patristique grecque, saint Cyrille de Jérusalem. Ainsi, se révélaient l'attention et l'amour pour les traditions chrétiennes orientales de ce Pape, qui voulut ensuite proclamer saint Jean Damascène Docteur de l'Eglise, montrant ainsi que tant la tradition orientale qu'occidentale exprime la doctrine de l'unique Eglise du Christ.

    On sait très peu de choses sur la vie de Cyrille avant son élection sur l'important siège d'Alexandrie. Neveu de Théophile, qui en tant qu'Evêque, dirigea d'une main ferme et avec prestige le diocèse alexandrin à partir de 385, Cyrille naquit probablement dans la même métropole égyptienne entre 370 et 380. Il fut très tôt dirigé vers la vie ecclésiastique et reçut une bonne éducation, tant culturelle que théologique. En 403, il se trouvait à Constantinople à la suite de son puissant oncle et il participa dans cette même ville au Synode appelé du "Chêne", qui déposa l'Evêque de la ville, Jean (appelé plus tard Chrysostome), marquant ainsi le triomphe du siège alexandrin sur celui, traditionnellement rival, de Constantinople, où résidait l'empereur. A la mort de son oncle Théophile, Cyrille encore jeune fut élu Evêque de l'influente Eglise d'Alexandrie en 412, qu'il gouverna avec une grande énergie pendant trente-deux ans, visant toujours à en affirmer le primat dans tout l'Orient, également fort des liens traditionnels avec Rome.

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  • Frédéric Petit : cet homme a dit la vérité, il doit être exécuté

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    Le bourgmestre MR de Wezembeek, Frédéric Petit, soutient la décision de la Cour suprême américaine: "Je suis contre le droit à l'avortement libre" et suscite l'ire et la réprobation de la classe politique presqu'unanimement acquise à la cause abortiste.

    Contacté par La Libre, Frédéric Petit assume.

    “Je suis opposé à l’avortement libre, sauf pour des raisons thérapeutiques, par exemple si on sait que l’enfant n’aura qu’une espérance de vie de quelques heures. Je suis contre le droit à l'avortement libre, le fait de dire “je ne veux pas garder cet enfant.” Je partage tout à fait l’analyse de Drieu Godefridi”, assure le bourgmestre de Wezembeek-Oppem. “Je suis catholique, j’ai reçu une éducation judéo-chrétienne. Je me souviens du roi Baudouin qui s’était placé dans l’incapacité de régner lorsqu’il refusait de signer la loi sur la dépénalisation de l’avortement. Je suis extrêmement réticent à une loi qui autorise l’avortement sans nuance”, poursuit-il.

    La position n’est pas celle défendue par le MR. “Je m’exprime à titre personnel, et pas au nom du MR. Et au sein du parti, il y a toujours eu la possibilité d’avoir un point de vue personnel sur les sujets éthiques tels que l’avortement. J’espère que c’est toujours d’actualité. Je suis conscient que ma position ne plaira pas à beaucoup de gens, que je vais me faire allumer. Mon frère médecin n’est par exemple pas d’accord avec moi. Mais je n’ai pas peur d’assumer.”

    Nous saluons le courage de cet homme, le seul à notre connaissance, qui ose braver ce consensus politico-médiatique qui vocifère contre les juges de la Cour suprême des Etats-Unis depuis l'adoption de l'arrêt Dobbs, vendredi dernier.