Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 3

  • Quatre chants du répertoire grégorien pour le Dimanche des Rameaux

    IMPRIMER

    00:00 Antiphona Hosanna filio David

    01:38 Antienne Pueri hebraeorum

    02:45 Himno Gloria laus

    05:42 Responsorio Ingrediente

    Chœur des moines de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes dirigé par Dom Gajard.

    Picture: Pietro Lorenzetti, Entry of Christ in Jerusalem.

  • Pueri Hebraeorum vestimenta prosternebant in via (Tomas Luis de Victoria)

    IMPRIMER

    Tomás Luis de Victoria (Ávila, 1548 - Madrid, 1611)

    Pueri Hebraeorum vestimenta prosternebant in via, et clamabant dicentes: Hosanna filio David. Benedictus qui venit in nomine Domini.

    Les enfants des Hébreux étendaient leurs vêtements sur le chemin ; ils criaient et disaient : Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !

  • "Vais-je bénir des unions homosexuelles ?" La réponse d'un prêtre

    IMPRIMER

    Du blog de l'abbé Christophe Cossement :

    Est-ce que je vais bénir des unions homosexuelles?

    Voici un petit texte posté sur facebook.

    Vais-je célébrer des unions homosexuelles ? J’ai beaucoup hésité à poster ceci, mais puisque tout le monde dit son avis je vais aussi dire le mien. Ces derniers jours j’entends beaucoup de voix pour dire : regardez tout le bien que des personnes homosexuelles peuvent vivre dans un couple. Eh quoi, l’Église va-t-elle un jour regarder la réalité et accepter de les bénir ? Bon, et si on regardait cela d’un peu plus près. Dans une relation homosexuelle il peut y avoir une belle dimension d’amour, avec la joie de se sentir choisi et unique pour quelqu’un. Je pense que cela vient de Dieu. Je pourrais bénir cela. Ce serait bénir une belle amitié. De grands saints ont vécu des amitiés extrêmement intimes avec des personnes de même sexe, tout en restant sur le plan de l’amitié, ou plutôt en luttant pour que cela reste sur le plan de l’amitié. Il y a par exemple le saint cardinal Newman, qui dit à la mort de son ami « J’ai toujours pensé qu’il n’y avait pas deuil égal à celui de la perte d’un époux ou d’une épouse, mais aujourd’hui j’ai du mal à croire qu’il y ait deuil plus grand, ou même douleur plus grande, que les miens ». Cela montre qu’à la fois il ne vivait pas avec lui à la manière d’un époux, mais en même temps que leur lien affectif était très fort. Il y a aussi le magnifique traité sur l’amitié de saint Ælred de Rievaulx, qui eut également à canaliser des attirances homosexuelles.

    Ensuite, lorsqu’on demande de bénir une union homosexuelle, on inclut habituellement la dimension du vécu sexuel, le projet de vivre une vie de couple à l’image de celle du couple de l’homme et de la femme. C’est cela que l’Église ne peut pas bénir, et moi non plus. Car je ne crois pas que cela soit un don de Dieu. La dimension sexuée de l’être humain est faite pour l’autre sexe. On ne parlerait pas de féminin s’il n’y avait pas de masculin. Bien sûr, on peut éprouver un attrait sexuel naturel pour quelqu’un du même sexe. Mais les corps ne peuvent pas s’unir, même avec les meilleures intentions, seulement se contenter mutuellement. Il y a là une incapacité des corps, physiologique et symbolique, à traduire l’union que l’âme cherche par eux — et qui est déjà bien difficile et rare à conquérir entre un homme et une femme. Il serait préférable d’accepter que deux corps de même sexe sont impuissants à traduire l’union. C’est pourquoi je trouve qu’on ne devrait pas bénir une union homosexuelle. Au fond, c’est tromper les gens.

    Cette incapacité des corps à exprimer l’union tant recherchée explique peut-être la fragilité des couples homosexuels, en moyenne bien plus grande encore que pour les couples homme-femme. Il me semble que ces couples durent lorsque la dimension sexuelle passe justement à l’arrière plan et que l’on retourne à l’amitié. Il ne faut pas tromper les jeunes chrétiens homosexuels en leur faisant croire qu’il y a devant eux une vie de couple à l’image de celle du mariage de l’homme et de la femme. Leur jeunesse est faite pour des défis qui vont bien plus haut qu’une voie moyenne. Il y a des limites qui, une fois acceptées, nous transforment en ceux qui portent le monde.

    Ces propos sont très brefs. Comme Vincent Delcorps y invitait sur Cathobel, ils se veulent une petite contribution dans la discussion. J’en ai parlé plus longuement dans un article de 2015 que l’on peut trouver ici

  • Contemplez en ce jour le Roi des Cieux

    IMPRIMER

    Aux laudes byzantines du dimanche des Rameaux :

    En grand nombre, Seigneur, * les gens étendaient sur ta route leurs manteaux; * d'autres coupaient des branches pour en joncher le chemin; * les foules qui marchaient devant toi * et celles qui te suivaient chantaient en ta compagnie: * Hosanna au Fils de David, * béni soit celui qui vient * et qui reviendra au nom du Seigneur!

    Pour ton Entrée dans la ville sainte, Seigneur, * les foules portaient des rameaux, * te chantant comme le Maître de l'univers * et, te voyant siéger sur l'ânon * comme sur le trône des Chérubins, * elles te chantèrent en disant: * Hosanna au Fils de David, * béni soit celui qui vient et qui reviendra au nom du Seigneur!

    Venez, peuples et nations, * contemplez en ce jour le Roi des cieux: * humblement, sur l'ânon, il gagne Jérusalem, * comme sur un trône élevé; * peuples, contemplez le Seigneur qui s'incarne pour nous sauver, * selon la vision du prophète Isaïe; * voici l'Epoux de la nouvelle Sion * et, pour ces noces pures et immaculées, * la multitude innocente des Enfants * accourt en chantant; * et nous aussi, comme les Anges, nous chanterons: * Hosanna au plus haut des cieux, * béni soit celui * qui nous apporte le salut!

    Pour affermir avant ta Passion * la croyance en la commune résurrection, * ô Christ notre Dieu, par ta puissance tu ressuscitas Lazare à Béthanie, * le quatrième jour, * et tu rendis la vue aux aveugles, Sauveur, source de clarté; * puis, avec tes Disciples tu entras * dans la Ville sainte, Seigneur, * assis sur l'ânon comme sur le trône des Chérubins, * pour accomplir les prophéties; * et les enfants des Hébreux, * portant des palmes, t'accompagnaient; * nous aussi, portant des rameaux, * dans l'action de grâces nous chantons: * Hosanna au plus haut des cieux, * béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!

  • Homélie de Benoît XVI pour le Dimanche des Rameaux

    IMPRIMER

    Giotto._Christ_Entering_Jerusalem._1304-1306._Fresco._Capella_degli_Scrovegni_Padua_Italy._jpeg.jpgLe dimanche 5 avril 2009, sur la place Saint-Pierre, le pape Benoît XVI a prononcé cette homélie; c'était aussi la XXIVe Journée Mondiale de la Jeunesse.

    Chers frères et sœurs,
    Chers jeunes,

    Uni à une foule grossissante de pèlerins, Jésus était monté à Jérusalem pour la Pâques. Au cours de la dernière étape de son périple, près de Jéricho, Il avait guéri l’aveugle Barthimée qui, lui demandant pitié, l’avait invoqué comme Fils de David. À présent – étant désormais capable de voir – il s’était avec gratitude mêlé au groupe des pèlerins. Quand, aux portes de Jérusalem, Jésus monte sur un âne - l’animal symbole de la royauté davidique - la joyeuse certitude éclate spontanément au milieu des pèlerins : C’est Lui, le Fils de David ! C’est pourquoi ils saluent Jésus avec l’acclamation messianique : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! », et ils ajoutent : « Béni le Règne qui vient, celui de notre Père David. Hosanna au plus haut des cieux ! » (Mc 11, 9s). Nous ne savons pas précisément comment les pèlerins enthousiastes pouvaient imaginer ce que fut le Règne de David à venir. Mais nous, avons-nous vraiment compris le message de Jésus, Fils de David ? Avons-nous compris ce qu’est le Règne dont Il a parlé au cours de l’interrogatoire devant Pilate ? Comprenons-nous ce que cela signifie que ce Royaume n’est pas de ce monde ? Ou bien désirerions-nous à l’inverse qu’il soit de ce monde ?

    Lire la suite

  • Qui est ce Roi de gloire ?

    IMPRIMER

    rameau10.jpgSermon XIII, pour la fête des Rameaux et sur l’ânon (Saint Cyrille d'Alexandrie sur Missel.free)

    Voici le mystère caché de l'économie du salut qui correspond à cet événement : lorsque dans les enfers le Christ met en émoi la prison d'en bas, les puissances supérieures crient aux inférieures : «Portes levez vos frontons[1] », afin qu'entre celui qui dit « Je suis la porte[2] ». Et les puissances adverses répliquent, frappées de stupeur : « Qui est ce roi de gloire ? »

    Les hôtes de la Jérusalem terrestre s'inquiétèrent : « Qui est ce roi de gloire ? » Et lorsque le Christ monte vers la Jérusalem d'en haut, les puissances spirituelles, le voyant incarné (alors qu'elles ne l'ont jamais vu du fait de sa nature incorporelle), s'étonnent du mode surprenant de son ascension et, intriguées, se demande les unes aux autres : « Qui est celui-là qui se présente incarné dans les espaces incorporels ? »

    Lire la suite

  • Semaine sainte : les Français plus « chanceux » que leurs voisins européens ?

    IMPRIMER

    Alors que les fidèles s’apprêtent à entrer dans la Semaine sainte après le Dimanche des rameaux ce 28 mars, tour d’horizon des mesures sanitaires en place chez nos voisins européens. Un commentaire d’Agnès Pinard Legry sur le site web « Aleteia » :

    Semaine sainte FR322784A.jpgÀ l’approche de la Semaine sainte et de Pâques et alors que le contexte sanitaire se tend, les catholiques français ont appris avec soulagement qu’ils pourront assister, sauf nouvelles mesures, aux différents offices de la Semaine sainte et de Pâques. Seules contraintes outre le protocole sanitaire : respecter le couvre-feu (de 19h à 6h) et, pour les zones concernées, choisir une messe à moins de 10 kilomètres de chez soi. « Les règles s’appliquant aux lieux de culte resteront inchangées », a ainsi assuré le Premier ministre Jean Castex il y a quelques jours. Face à l’épidémie, nos voisins européens ont pris des dispositions plus ou moins drastiques concernant les offices de la Semaine sainte. Comment vont-ils vivre ce temps fort de la liturgie ?

    1ALLEMAGNE : DES OFFICES FINALEMENT AUTORISÉS

    Pendant cinq jours, du 1er au 5 avril, l’Allemagne devait se mettre « en pause », avait indiqué ce mardi 23 mars la chancelière Angela Merkel lors d’une conférence de presse. Les offices religieux sur cette période, c’est-à-dire pendant la Semaine sainte et Pâques, devaient être annulés, les messes se tenir à huis clos et les fidèles contraints de vivre ces temps liturgiques forts depuis chez eux. Mais au lendemain des annonces, ce mercredi,  Angela Merkel a reconnu avoir fait « une erreur » en voulant durcir pour le long week-end de Pâques les règles sanitaires anti-Covid en Allemagne. À l’issue d’une réunion d’urgence avec les Länder, les États-régions, la chancelière allemande confirmé l’abandon du projet.

    2ESPAGNE : DES OFFICES MAIS PAS DE PROCESSION

    Les offices de la Semaine sainte et de Pâques sont maintenus mais les processions, si importantes en Espagne, sont suspendues. Un protocole sanitaire (masque obligatoire, désinfection des mains, distance de sécurité…)  est appliqué dans les églises lors des messes.

    Lire aussi :Les leçons d’humanité des jours de la Semaine sainte

    3ÉCOSSE : REPRISE DES OFFICES

    Si aucune détérioration de la situation sanitaire n’est observée d’ici là, le gouvernement a annoncé la reprise des messes publiques en Écosse à partir du vendredi 26 mars afin de permettre aux fidèles de vivre pleinement le Dimanche des rameaux, la Semaine sainte et Pâques. Le protocole sanitaire y sera néanmoins strict avec un plafond fixé à 50 personnes quelle que soit la taille de l’édifice religieux et deux mètres de distance entre les fidèles.

    4ROYAUME-UNI : LES OFFICES MAINTENUS

    Comme en France, le Royaume-Uni autorise les messes publiques à condition de respecter un protocole sanitaire (distance de sécurité, port du masque…).

    5BELGIQUE : DE FORTES CONTRAINTES

    En Belgique, les messes publiques sont limitées à 15 personnes depuis le mois de décembre 2020 et cela quelle que soit la taille de l’édifice. Une situation jugée injustifiable et discriminatoire pour de nombreux fidèles qui ne devrait pas évoluer pour la Semaine sainte et Pâques.

    Lire aussi :En Belgique, « le mépris total des cultes »

    6ITALIE : LES OFFICES MAINTENUS

    En raison de l’augmentation du nombre de cas de Covid-19, les autorités italiennes ont adopté de nouvelles restrictions liées au contexte sanitaire jusqu’au 6 avril. Malgré un couvre-feu de 22h à 6h du matin, l’interdiction de se déplacer entre les régions et la fermeture de commerces non-essentiels, les festivités « liées à des cérémonies civiles ou religieuses » restent autorisées. Les messes publiques sont donc autorisées à condition de respecter un protocole sanitaire prenant en compte les différents gestes barrières.

    7PORTUGAL : DES OFFICES MAIS PAS DE PROCESSION

    Après près de trois mois de confinement, les messes publiques ont repris mi-mars au Portugal. Contrairement à ce qui s’est passé en 2020 en raison de la pandémie, les célébrations de cette année se feront donc bien avec la participation de l’assemblée. La Conférence épiscopale du Portugal a néanmoins demandé à ce que les processions et autres expressions de piété populaire soient suspendues afin d’éviter des « risques pour la santé publique ».

    Ref. Semaine sainte : les Français plus « chanceux » que leurs voisins européens ?

    Comme on l’aura lu par ailleurs, les préoccupations actuelles de l’épiscopat belge sont d’un autre ordre que celui de la liberté des cultes. A chacun ses priorités, mais un choix étrange -ou un aveu d'impuissance-  qui laissera des traces parmi les chrétiens de tous âges et opinions.

    JPSC

  • Il y a 35 ans, le cardinal Ratzinger répondait déjà à Mgr Bonny et aux évêques de Belgique

    IMPRIMER

    De la LETTRE AUX ÉVÊQUES DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE SUR LA PASTORALE À L'ÉGARD DES PERSONNES HOMOSEXUELLES (1er octobre 1986) (Congrégation pour la Doctrine de la Foi présidée alors par le futur Benoît XVI)

    "L'enseignement de l'Eglise, aujourd'hui, est donc en continuité organique avec la vision de la Sainte Ecriture et avec la Tradition constante. Même si le monde d'aujourd'hui est, à bien des égards, fortement changé, la Communauté chrétienne est consciente du lien profond et durable qui la relie aux générations qui l'ont précédée " marquées du signe de la foi ". Cependant, aujourd'hui, un nombre toujours croissant de gens, même à l'intérieur de l'Eglise, exercent une très forte pression sur elle pour l'amener à accepter la condition homosexuelle comme si elle n'était pas désordonnée et à légitimer les actes homosexuels. Ceux qui, au sein de la Communauté croyante, exercent ainsi une pression, ont souvent des liens étroits avec ceux qui agissent en dehors d'elle. Or ces groupes extérieurs sont mus par une vision opposée à la vérité sur la personne humaine, telle qu'elle nous a été pleinement révélée dans le mystère du Christ. Ils reflètent, même si, ce n'est pas de façon entièrement consciente, une idéologie matérialiste qui dénie à la personne humaine sa nature transcendante non moins que la vocation surnaturelle de chaque homme. Les ministres de l'Eglise doivent veiller à ce que les personnes homosexuelles qui sont confiées à leur charge, ne soient pas induites en erreur par ces opinions si profondément opposées à l'enseignement de l'Eglise. Toutefois le risque est grand et il y en a beaucoup qui cherchent à créer la confusion à propos de la position de l'Eglise et à exploiter cette confusion à leurs propres fins.

    Au sein même de l'Eglise s'est fermé un courant, constitué par des groupes de pression aux appellations diverses et de dimensions variées, qui tâche de se faire passer comme le représentant de toutes les personnes homosexuelles qui sont catholiques. En fait, ses adhérents sont pour la plupart des gens qui ignorent l'enseignement de l'Eglise ou cherchent d'une manière ou d'une autre à le saper. On tente de réunir sous l'égide du Catholicisme des personnes homosexuelles qui n'ont aucune intention d'abandonner leur comportement homosexuel. Une des tactiques utilisées consiste à affirmer, d'un ton de protestation, que toute critique ou réserve à l'égard des personnes homosexuelles, de leur activité et de leur style de vie, est purement et simplement une forme de discrimination injuste. On assiste même, en certaines nations, à une véritable tentative de manipulation de l'Eglise pour obtenir le soutien, souvent bien intentionné, de ses pasteurs en faveur d'un changement des normes de la législation civile. Et cela, en vue de mettre celle-ci en accord avec les conceptions de ces groupes de pression selon lesquels l'homosexualité est une chose parfaitement inoffensive sinon tout à fait bonne. Bien que la pratique de l'homosexualité représente une menace sérieuse pour la vie et le bien-être d'un grand nombre de personnes, les protagonistes de ce courant ne renoncent pas à leur action et refusent de prendre en considération l'étendue du risque qui y est impliqué. L'Eglise ne peut manquer de se préoccuper de tout cela et maintient donc fermement à ce sujet sa position claire, qui ne peut être modifiée sous la pression de la législation civile ou de la mode du moment. Elle s'inquiète sincèrement aussi de tous ceux qui ne se sentent pas représentés par les mouvements en faveur de l'homosexualité, comme de ceux qui pourraient être tentés de croire à leur propagande trompeuse. Elle est consciente que l'opinion selon laquelle l'homosexualité serait équivalente à l'expression sexuelle de l'amour conjugal ou aussi acceptable qu'elle, a un impact direct sur la conception que la société a de la nature et des droits de la famille, et met ceux-ci sérieusement en danger."

  • Quand le pape est accusé d'hypocrisie

    IMPRIMER

    D' sur Smart Reading Press :

    REFUS DE LA BÉNÉDICTION DES UNIONS HOMOSEXUELLES : FRANÇOIS SERAIT-IL «HYPOCRITE» ?

    «La décision du pape, du 15 mars dernier venant de la Congrégation vaticane pour la Doctrine de la foi, faisant obligation aux prêtres catholiques de ne pas bénir les couples homosexuels fait jaillir un mot amer dans notre gorge : hypocrite». Ce commentaire d’un journaliste sur la récente note de la CDF sur la bénédiction des unions homosexuelles, relié à deux allocutions de François, montre l’ambiguïté de deux interprétations, celle du pape et celle des médias. Aline Lizotte essaie de faire le point.

    Est-ce juste ? La réponse de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) au dubium1 sur la possibilité de bénir un mariage homosexuel a enflammé les médias et certains petits groupes, dont des évêques. Son refus net et clair était pourtant plus que probable. Devant la prolifération du «mariage pour tous», il était en quelque sorte inévitable que des groupes comme les LGBT incitent à demander à l’Église catholique de bénir les mariages entre personnes du même sexe. Déjà, en 2003, la CDF publiait un document intitulé Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles. Le document était signé du préfet de la CFD, le cardinal Joseph Ratzinger, et de son secrétaire, Mgr Angelo Amato, SDB, et il contenait et développait les raisons fondamentales pour lesquelles l’Église ne reviendra jamais sur son enseignement, considérant que l’union sexuelle de fait entre deux personnes du même sexe constitue un acte intrinsèquement désordonné, qu’aucune circonstance n’autorise.

    LA NAISSANCE DE LA RUMEUR

    La rumeur est venue du magazine américain America, dirigé par les Jésuites, et de son correspondant habituel, le vaticaniste Gerard O’Connell. Dans un article du 21 mars dernier, O’Connell écrit que l’allocution du Saint Père, prononcée à l’Angélus du dimanche 21 mars, est une façon de prendre ses distances par rapport au refus de la CDF d’accorder une bénédiction au mariage homosexuel. François développait le sens de l’évangile de ce dimanche, qui évoque le désir de plusieurs de voir Jésus : ces personnes «le demandent à Philippe, lequel le demande à André, qui le dit à Jésus» (cf. Jn 12, 20-33).


    Nous devons répondre par le témoignage de notre vie, qui nous est donnée pour servir, une vie qui emprunte le style de Dieu.


    La réponse de Jésus est déconcertante de prime abord, parce qu’il annonce sa passion, ce qui signifierait qu’un chrétien ne peut «voir» Jésus que dans le mystère de la Croix. Il utilise ensuite la parabole du grain de blé qui donne beaucoup de fruits. Fort de ces paroles du Christ, le pape François a enchaîné sur le fait que plusieurs veulent voir Jésus, le rencontrer, le connaître. C’est la grande responsabilité des chrétiens de faire voir Jésus. Nous devons répondre par le témoignage de notre vie, qui nous est donnée pour servir, une vie qui emprunte le style de Dieu : la grande compassion et la tendresse. Nous devons répondre en «semant l’amour, non par des paroles légères mais concrètes, par des exemples simples et courageux, non par des condamnations théoriques, mais avec des actes d’amour. Alors le Seigneur avec sa grâce nous fait porter de bons fruits, même quand le sol est sec en raison de nos maladresses, des difficultés de la persécution, des plaintes du légalisme ou du moralisme clérical». Ces dernières paroles, selon O’Connell, auraient été dites par le pape François, pour laisser entendre qu’il n’était pas d’accord avec le préfet de la CDF, accusé ainsi de «légalisme et de moralisme clérical».

    Lire la suite sur Smart Reading Press

  • Allemagne : schisme en vue ?

    IMPRIMER

    Du Père Raymond J. de Souza sur le National Catholic Register

    Un schisme se profile : Le pape François et l'Église délibérément rebelle d'Allemagne

    COMMENTAIRE : Le pari allemand du Saint-Père a échoué. Il a mené avec une main ouverte et a obtenu un poing serré en retour.

    25 mars 2021

    En mars 2013, le pape François disait à quel point il aimerait une "Église pauvre pour les pauvres." À l'occasion de son huitième anniversaire, c'est la plus riche des Églises locales qui menace de dévorer tout son pontificat. 

    Le Saint-Père a commencé sa neuvième année par une nouvelle tentative de maîtriser l'Église rebelle d'Allemagne. Un document de la Congrégation pour la doctrine de la foi a déclaré que l'Église n'a pas le pouvoir de bénir les unions homosexuelles.

    Le cardinal Blase Cupich, principal interprète des priorités pastorales du Saint-Père dans l'épiscopat américain, a déclaré qu'il n'y avait "rien de nouveau" dans la déclaration de la CDF. Pourtant, cette déclaration a suscité un tollé en Allemagne, où des centaines de théologiens et quelques évêques ont exprimé leur désaccord. Aux États-Unis, la charge contre la CDF a été menée par le magazine jésuite America.

    En effet, le correspondant d'America à Rome, Gerard O'Connell, s'est donné beaucoup de mal pour suggérer que, d'une manière ou d'une autre, le pape François ne pensait pas vraiment ce que la CDF disait, malgré son "assentiment" public et officiel à sa publication. 

    Les efforts de O'Connell sont devenus légèrement hilarants lorsqu'il a affirmé que l'interdiction des messes dans la basilique Saint-Pierre du 12 mars reflétait certainement ce que le pape François désirait pieusement, bien qu'elle ne fasse aucune référence à lui, alors que la déclaration de la CDF du 15 mars devrait être mise en doute, bien que le Saint-Père l'ait explicitement approuvée. O'Connell est le sténographe de facto de la cour papale, transmettant de manière fiable le consensus de ceux qui entourent le pape François.

    Les explications mutuellement contradictoires proposées indiquent le niveau d'anxiété dans ces cercles. L'anxiété est due au fait que le grand pari progressiste du pontificat du pape François semble avoir échoué.

    Alors qu'il avait initialement exprimé le désir d'une "Église pauvre pour les pauvres", le Saint-Père a poursuivi l'agenda longtemps désiré par les Églises riches. 

    Lire la suite

  • A son tour, le cardinal Schönborn dit son opposition à la position romaine sur les unions homosexuelles

    IMPRIMER

    De Jeanne Smits, sur son blog :

    Le cardinal Schönborn déclare que l'Eglise ne peut refuser de bénir les couples homosexuels

    Selon International-La Croix, le média anglophone publié par le quotidien officieux des évêques de France, le cardinal Christoph Schönborn a déclaré que l'Eglise ne doit pas refuser les demandes sincères de bénédiction de la part de couples homosexuelles.

    Le cardinal autrichien vient ainsi de contredire le récent « responsum » de la Congrégation pour la Doctrine de la foi rappelant que l’Eglise ne peut bénir un comportement peccamineux.?

    Selon le média, Schönborn a souligné que le Vatican a « profondément blessé de nombreuses personnes » à travers ce document.

    « Si la demande de bénédiction n’ est pas un ‘show’… si la demande est honnête et constitue vraiment une demande de la bénédiction divine pour une manière de vivre dans laquelle deux personnes veulent embarquer ensemble, alors une telle bénédiction ne sera pas refusée », a-t-il déclaré dans la dernière livraison de l'hebdomadaire de son diocèse, Der Sonntag.

    Il a ajouté qu’il était « mécontent » du document de la CDF, d’autant que selon lui, de nombreux homosexuals veulent considérer l’Eglise comme leur « mère », elle qui aujourd'hui semble les « rejeter ». La bénédiction n’est pas un « bon point » pour bonne conduite, a-t-il précisé.

    Sur les dix évêques actuellement en à la tête des diocèses autrichiens, pas moins de sept se sont déjà exprimés dans le même sens que le cardinal Schönborn ; leur position est ainsi confortée.

    L’un d’eux, récemment nommé par le pape François et réputé « franciscain » a tenu un langage encore plus fort, assurant que les couples homosexuelles peuvent faire preuve de fidélité et de dévouement mutuel: « Nous, en tant qu’Eglise, aimerions accueillir tous les gays et lesbiennes et leur offrir un foyer spirituel au sein de l’Eglise – et nous le faisons qu’ils vivent chastement ou non », a déclaré Mgr Hermann Glettler, évêque d’Innsbruck.

    International-La Croix souligne que le cardinal Schönborn, membre de la CDF, est le second cardinal ayant toujours un ministère actif par ordre de rang, et que sa prise de position est donc d’une grande importance.

    Arrêtons-nous un instant sur ce qui se passe : des évêques (leur liste dépasse largement l’Autriche), et aujourd'hui un cardinal de l’Eglise appellent les uns après les autres à « bénir » des couples, et donc des rapports homosexuels revendiqués.

    Sandro Magister rappelle : « Dans le célèbre Grand Catéchisme de saint Pie X édité en 1905, dans la réponse à la question 966, l'homosexualité est le deuxième des quatre “péchés qui crient vengeance devant la face de Dieu” : l’“homicide volontaire” ; le “péché impur contre l’ordre de la nature” ; l’“oppression des pauvres” ; le “refus du salaire aux ouvriers”. Et le nouveau Catéchisme de l’Église catholique publié en 1992 et en édition typique en 1997 en dit autant. »

    A quand une réaction du pape ? A quand une condamnation claire de propos qui contredisent directement la loi de Dieu ? A quand un début de ménage de la part de – par exemple – la Congrégation des Evêques ? 

  • "Quand ils sortirent de l'ombre..."

    IMPRIMER

    Un excellent commentaire de Paul Vaute, expert en la matière, à propos de l'éditorial de Vincent Delcorps paru dans Dimanche et sur Cathobel (voir ICI) :

    L'éditorial du rédacteur en chef de Cathobel est d'abord insolite, ensuite consternant à bien des égards. Insolite par ce qu'il nous dit du statut actuel d'un média organiquement lié à l'Eglise. On pourrait s'attendre à ce qu'il s'en tienne à diffuser de l'information. Or, il s'octroie une ligne d'engagement, du reste absolument inutile puisque c'est la même que celle de tous les médias mainstream.

    Sur le fond, l'auteur fait-il de l'humour (in)volontaire quand il affirme que tout le monde devrait se réjouir d'avoir vu nos évêques sortir du bois ? Dans cette logique, l'important ne serait pas ce que les gens disent mais le fait qu'ils parlent!

    Par la suite, cette saillie mérite aussi de retenir l'attention: "Les moins nombreux ne furent sans doute pas les moins bruyants". Très drôle, quand pendant une semaine on n'a pratiquement entendu, en presse écrite, en radio, en TV... que le "bruit" des adversaires de la mise au point romaine. Et sans aucune équité (y compris sur Cathobel) dans le traitement réservé aux partisans et aux adversaires. Quant à l'argument du nombre que sous-entend le propos, les chrétiens devraient être les premiers à s'en défier. Le vendredi de la Passion, les sondages d'opinion auraient été des plus défavorables au Christ... Et ses apôtres ne se bousculaient pas pour aller à contre-courant.

    Mais il y a plus grave encore quand la nouvelle tête pensante de Cathobel nous assène ceci: "L’histoire nous montre que même dans l’Eglise, la vérité d’hier peut ne pas être celle du lendemain. Et que la réalité d’ici peut ne pas être celle de là-bas". Cette théo-chrono-logie, a dire vrai très répandue, constitue typiquement une généralisation abusive. Il y a dans la foi catholique et dans la morale en harmonie avec elle des enseignements secondaires, qui peuvent effectivement connaître des changements, et d'autres absolument nécessaires, qui ne peuvent que demeurer, au besoin contre vents et marées ("In necessariis unitas, in dubiis libertas..."). L'Eglise a cessé de condamner le prêt à intérêt à partir du début du XIXè siècle, non pas parce que sa morale avait changé, mais parce qu'une économie industrielle en croissance se développait à côté de l'économie rurale statique. En revanche, on ne voit pas quelle transformation dans les identités spécifiques de l'homme et de la femme et leur complémentarité (mot obscène pour la bien-pensance actuelle, mais je m'en f...) pourrait justifier qu'une autre conception du mariage soit prônée (ceci, faut-il encore le répéter, allant de pair avec le plus grand accueil fraternel envers les personnes et le refus de s'ériger en juge ultime de leur conscience). M. Delcorps risque d'être très déçu s'il espère qu'un jour l'Eglise dise autre chose que les Ecritures saintes (Rm 1, 24-27; 1 Cor 6, 10; 1 Tm 1, 10) et toutes les voix catholiques autorisées depuis saint Polycarpe et saint Justin jusqu'aux récents synodes sur la famille.

    Moi qui ait été témoin avec douleur, il y a trente ans et plus, du retournement de nombreux milieux chrétiens sur la question de l'avortement, combien de fois n'ai-je pas essayé de leur rappeler que dans le plus ancien des catéchismes chrétiens, le "Didachè" (fin du Ier siècle - début du IIè!), il est prescrit que "tu ne tueras point d'enfant par avortement et tu ne le feras point mourir après sa naissance". Entre cet enseignement et celui des Papes actuels, y compris François, il n'y a pas matière à glisser la moindre épaisseur d'une feuille de cigarette.

    Enfin, à ceux qui sont heureux de voir, dans certains diocèses, "bénir" des unions homosexuelles, je demande ceci: ont-ils encore le moindre argument à opposer à ceux qui souhaiteraient "bénir" l'adoption d'enfants par des couples homosexuels ou enseigner, à leurs enfants et à leurs petits-enfants, à un moment décisif de leur vie et de leur définition sexuelle, qu'être homo ou hétéro, c'est pareil ? A moins, bien sûr, qu'ils ne se réjouissent de ces perspectives. Et dans ce cas, "farewell"!