Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 4

  • Progrès en Afrique, recul en Europe : le catholicisme voit son centre de gravité basculer vers le sud

    IMPRIMER

    De Vatican News (Tiziana Campisi) :

    Le catholicisme progresse en Afrique et en Asie et recule en Europe

    L'Annuaire statistique de l'Église catholique, qui prend en compte les données compilées au 31 décembre 2019, confirme les tendances observées depuis plusieurs années sur le basculement du centre de gravité du catholicisme vers le sud.

    Depuis 2018, dans le monde, il y a 16 millions de catholiques de plus. Ce chiffre ressort de l'Annuaire pontifical 2021 et de l'Annuarium Statisticum Ecclesiae 2019, édités par le Bureau central des statistiques ecclésiastiques, publiés par l'Imprimerie du Vatican et distribués ces jours-ci en librairie. Il y avait au total 1 milliard 345 millions de catholiques, soit 17,7% de la population mondiale, selon les données compilées au 31 décembre 2019.

    L'analyse géographique des changements survenus au cours des deux années 2018-2019 montre une augmentation de 3,4 % en Afrique, de 1,3 % en Asie, de 1,1 % en Océanie et de 0,84 % en Amérique, tandis qu'en Europe, on observe une légère diminution. Dans les 3 026 circonscriptions ecclésiastiques, il y a, fin 2019, 5 364 évêques, l'Amérique et l'Europe continuant à représenter 68,8 % du total mondial, suivies par l'Asie (avec 15,2 %), l'Afrique (13,4 %) et l'Océanie (2,6 %). 

    Le nombre de prêtres augmente mais les vocations diminuent

    Au cours de la période de deux ans 2018-2019, le nombre de prêtres augmente; au total, ils sont 414 336, soit 271 de plus. Face à des augmentations importantes pour l'Afrique et l'Asie, avec des augmentations relatives de 3,45% et 2,91%, en Europe et en Amérique, on observe une diminution, respectivement de 1,5% et d'environ 0,5%. L'Afrique et l'Asie contribuent ensemble à hauteur de 28,9%, tandis que l'Océanie reste relativement stable avec un peu plus de 1,1%.

    L'Europe, elle, diminue sensiblement sa part: en 2018, les 170 936 prêtres européens représentaient près de 41,3 % du groupe ecclésial total, alors qu'un an plus tard, ils tombent à 40,6 %. Les vocations sacerdotales baissent encore: les candidats au sacerdoce sur la planète passent de 115 880, en 2018, à 114 058, en 2019, soit une baisse de 1,6 %. En Europe, la variation est de -3,8%, en Amérique de -2,4%, et en Asie de -2,6%. Mais en Afrique, le nombre de grands séminaristes, toujours sur la période de deux ans considérée, passe de 32 212 à 32 721, tandis qu'en Océanie, en 2019, il est inférieur de 5,2 % à celui de l'année précédente. 

    Le continent qui compte le plus grand nombre de séminaristes est l'Asie (33 821), suivi de l'Afrique (32 721), de l'Amérique (30 664), de l'Europe (15 888) et de l'Océanie (964). La population des diacres permanents, en revanche, continue d'afficher une dynamique d'évolution significative et encourageante: ils augmentent, en 2019, de 1,5%, avec un total de 48 238 diacres sur les 5 continents. L'Amérique et l'Europe en comptent 1,2% de plus.

    Baisse du nombre de religieux 

    Le nombre de religieux profès qui ne sont pas prêtres est en baisse; en 2018, ils étaient 50 941, en 2019, ils sont 50 295. L'Europe et l'Amérique, en 2019, restent les zones où le nombre de profès non prêtres est le plus élevé, respectivement 14 038 et 13 735. Les femmes professes religieuses sont également en forte baisse. Globalement, ils passent de 641 661, en 2018, à 630 099 en 2019, soit une baisse relative de 1,8%.

    Mais si l'Afrique est le continent qui connaît la plus forte augmentation, avec +1,1% - plus précisément de 76 219 femmes professes religieuses, en 2018, à 77 054, en 2019 -, et l'Asie du Sud-Est enregistre une hausse de 0,4% (de 170 092 à 170 754 femmes professes religieuses), les trois autres zones continentales partagent une contraction très marquée. En Amérique, les religieuses passent de 160 032 à 154 717, en Europe de 224 246 à 216 846 et en Océanie de 6999 à 6718.

  • Veut-on faire taire le cardinal Woelki ?

    IMPRIMER

    De Laure-Marie de Synthe sur Smart Reading Press :

    VOIE SYNODALE ALLEMANDE : FAUT-IL FAIRE TAIRE LE CARDINAL WOELKI ?

    Le cardinal Woelki

    Alors que certains documents montrent à quel point les dirigeants de l’Église allemande sont déterminés à pousser leur chemin synodal, l’un des critiques les plus éminents de cette initiative, le cardinal Rainer Maria Woelki, archevêque de Cologne, est violemment attaqué en raison de ses manquements présumés concernant la gestion des abus sexuels dans son diocèse.

    Depuis plusieurs mois, l’archevêque de Cologne – le plus grand diocèse d’Allemagne et probablement le plus riche–, Mgr Woelki, fait l’objet d’attaques violentes sous la forme de campagnes de presse de la part d’associations, de groupes de pressions, de conseils de paroisse, de prêtres et, plus récemment, de son conseil diocésain, au sujet de sa mauvaise gestion présumée de problèmes d’abus sexuels dans son diocèse. Mgr Woelki n’a pas trouvé de soutien auprès du chef de la Conférence épiscopale allemande, Mgr Georg Bätzing, évêque du Limbourg, qui a déclaré en décembre que la «crise» n’avait «pas été bien gérée».

    Plusieurs accusations ont été lancées contre Mgr Woelki. Résumons-les :

    • 1 – La plus importante est que le cardinal n’a pas rendu publics les résultats d’une enquête archidiocésaine sur les abus sexuels sous les dirigeants actuels et leurs prédécesseurs.
    • 2 – On lui reproche également de ne pas avoir enquêté sur les graves allégations concernant un prêtre de Düsseldorf qui aurait abusé d’un tout jeune garçon à la fin des années 1970. Après avoir été nommé archevêque de Cologne en 2014, le cardinal Woelki avait décidé de ne pas prendre de mesures supplémentaires ni d’avertir Rome, car le prêtre était «incapable d’être interrogé» en raison d’une démence avancée. Il est depuis décédé de causes naturelles. La victime aurait également refusé de témoigner (mais cela est contesté).

    L’ENQUÊTE ARCHIDIOCÉSAINE SUR LES ABUS SEXUELS

    En décembre 2018, les autorités de l’évêché de Cologne avaient chargé le cabinet d’avocats Westphal-Spilker-Wastl (WSW) de Münich de réaliser une enquête sur la manière dont les autorités diocésaines avaient traité des cas d’abus sexuels du diocèse pendant la période 1975-2018. À la demande expresse du cardinal Woelki, le rapport devait inclure les noms des personnes ayant dissimulé des incidents d’abus sexuels ou ne les ayant pas punis systématiquement. Le rapport devait être présenté à la presse en mars 2020.

  • Il y a vingt-cinq ans, l'exhortation apostolique de Jean-Paul II sur la vie consacrée

    IMPRIMER

    De Vatican News :

    Il y a 25 ans, l'exhortation apostolique de Jean-Paul II sur la vie consacrée

    Le 25 mars 1996, le Pape Jean-Paul II publiait "Vita Consacrata", exhortation apostolique sur la vie consacrée et sa mission dans l'Église et le monde. Dans une lettre publiée ce jeudi, le Préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée, le cardinal Braz de Aviz, revient sur cet héritage.

    Dans une lettre intitulée "Témoins de la beauté de Dieu", le cardinal Joao Braz de Aviz, Préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, et son secrétaire, Mgr José Rodriguez Carballo, souhaitent que le 25ème anniversaire de l'exhortation apostolique Vita Consacrata de Jean-Paul II ne «passe pas inaperçu». Lors du Synode d'octobre 1994 sur la vie consacrée, qui donnera naissance à cette exhortation publiée le 25 mars 1996, «les évêques y ont confirmé à plusieurs reprises que "la vie consacrée est au cœur de l'Église comme élément décisif de sa mission [...] elle est un don précieux et nécessaire pour le présent et l'avenir du peuple de Dieu"». 

    «Nous rendons continuellement grâce pour vous, "à cause de la grâce de Dieu qui vous a été donnée dans le Christ Jésus, parce qu'en lui vous avez été enrichis de tous les dons" et "appelés à la communion avec son Fils Jésus-Christ notre Seigneur" (1 Co 1, 4)» peut-on lire encore dans la lettre.

    Un temps d'incertitudes

    «L'exhortation apostolique Vita consecrata est publiée en des temps de grande incertitude, dans une société liquide, avec des identités confuses et des appartenances faibles», poursuit la lettre. «Il est donc surprenant de constater la certitude avec laquelle est définie l'identité de la vie consacrée, "icône du Christ transfiguré" (Vita consecrata, 14) qui révèle la gloire et le visage du Père dans la splendeur rayonnante de l'Esprit».

    «En réalité, il n'y a pas seulement ici le souci de donner un fondement solide à l'identité de la personne consacrée, mais plutôt une manière originale de voir cette identité, en intégrant le divin et l'humain, en percevant intuitivement ce lien mystérieux et lumineux entre la montée et la descente, entre la hauteur transcendante et l'immersion kénotique dans les périphéries de l'humain, entre la beauté sublime à contempler et la pauvreté douloureuse à servir» écrivent le cardinal De Aviz et Mgr Carballo.

    «Vita consacrata est entièrement construite autour de l'idée de relation, poursuivent-ils, relation engendrée dans et par le Mystère de Dieu, communion trinitaire. Un salut qui passe par la vie de celui qui prend en charge l'autre. Un témoignage qui n'est pas singulier, mais d'une fraternité qui vit ce qu'elle annonce et qui en est heureuse». 

    Un salut qui passe par la vie de l'un qui prend en charge l'autre

    La vie consacrée témoigne d'«une sainteté communautaire, non pas de solitaires parfaits, mais de pauvres pécheurs qui partagent et offrent chaque jour miséricorde et compréhension» est-il ensuite expliqué dans la lettre. 

    «Aujourd'hui, la vie consacrée se sent plus "pauvre" que par le passé, mais elle vit - par grâce - beaucoup plus en relation avec l'Église et le monde, avec ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, avec ceux qui souffrent et sont seuls» soulignent les responsables de la Congrégation. 

    Le sentiment de filiation

    La vie consacrée s'enracine dans le sentiment de filiation, à l'imitation du Christ. «Il s'agit d'une relation qui atteint un contact si intense et profond qu'elle redécouvre en elle-même la sensibilité du Fils, à son tour image et incarnation de la sensibilité du Père» poursuivent les auteurs de la lettre. 

    «Nous voulons croire que la vie consacrée, avec ses nombreux charismes, est exactement l'expression de cette sensibilité. On pourrait dire que chaque institut souligne avec son propre charisme un sentiment divin particulier, écrivent-ils. C'est précisément pour cette raison que la formation est présentée dans l'Exhortation comme un processus qui conduit dans cette direction: éprouver les mêmes sensations, émotions, sentiments, affections, désirs, goûts, critères électifs, rêves, attentes, passions... que le Fis-Serviteur-Jésus». 

  • L'urgence selon un prêtre pasteur d'âmes

    IMPRIMER

    Lu sur cathobel, en "opinion" :

    Le cri d’un prêtre-pasteur d’âmes

    Par un dimanche matin ensoleillé de mars, en me rendant à une de mes paroisses pour la  dominicale, je croise sur ma route champêtre des cyclistes, des joggeurs, des marcheurs et des promeneurs. En les voyant, je ne peux m’empêcher de les interpeller, intérieurement, en considérant que beaucoup ou certains d’entre eux sont baptisés : « savez-vous que c’est “le jour du Seigneur” ? Avez-vous pensé rendre gloire à Dieu en ce jour qui lui et vous est consacré ? « . Et pour cause, « au septième jour, Dieu se reposa, après tout l’ouvrage qu’il avait fait » (Gn 2,2). Et « Dieu bénit le septième jour et le sanctifia » (Gn 2,3) instaurant ainsi le précepte du “sabbat” dans la première Alliance, qui annonce le “dimanche” de la nouvelle Alliance inauguré par la résurrection de Jésus.

    En effet, le dimanche rappelle le jour de la résurrection du Christ : c’est la Pâque de la semaine, c’est “le jour du Seigneur”, le jour par excellence où l’homme élève tout son être à Dieu en offrande de louange, d’action de grâce, et où il se repose, quels qu’en soient les moyens, tels les loisirs tant mérités après une semaine de labeur. Ce faisant, l’homme “imite” Dieu, rien moins que cela : la créature se conforme à son Créateur dont il adopte l’attitude et le rythme. Sans compter le précepte du « décalogue » (cf. Ex 20,1-11 ; Dt 5,12-15) relatif au sabbat visant, d’une part, à adorer le Seigneur en lui rendant un culte et, d’autre part, à se reposer, aucun être vivant (pas même les animaux domestiques) n’étant exclu ou dispensé de ce repos hebdomadaire. Ainsi se trouvent conjuguées (bien avant l’époque moderne) la prescription religieuse d’honorer Dieu et l’exigence de justice sociale à l’égard de tous les êtres, notamment des plus faibles : les esclaves et les étrangers.

    Lire la suite sur cathobel

  • Triduum et temps pascal avec Dom Marmion (3ème partie : du Jeudi Saint au samedi de la 3ème semaine de Pâques)

    IMPRIMER

    2021_03_26_08_32_51_Greenshot.png

  • « Candor lucis aeternae », une lettre apostolique pour le VIIe centenaire de la mort de Dante

    IMPRIMER

    De zenit.org (Anita Bourdin) :

    Dante Alighieri: lettre apostolique du pape François (texte complet)

    « Candor lucis aeternae », pour le VIIe centenaire de la mort du poète

    La lettre se répartit en neuf titres et commence par la pensée des papes sur Dante, depuis  l’encyclique de Benoît XVI In praeclara summorum (1921) en passant par la lettre apostolique de saint Paul VI Altissimi cantus (1965), où il souligne combien la Divine comédie est « universelle ». Jean-Paul II fait observer,  en 1985, Dante conduit à « la contemplation de l’Amour qui meut le soleil et les autres étoiles ». Benoît XVI, dans son encyclique Deus caritas est, de 2005, évoque, chez Dante l’expression de « la nouveauté d’un amour qui a poussé Dieu à prendre un visage humain et un cœur humain ». Quant au pape François il cite, dans son encyclique Lumen fidei, de 2013, Dante qui décrit la « lumière de la foi » comme « l’étincelle, flamme et étoile du ciel » dans l’homme.

    Poète de la miséricorde

    Le pape François souligne ensuite « l’actualité et la pérennité » de l’œuvre de Dante qui « a su exprimer, avec la beauté de la poésie, la profondeur du mystère de Dieu et de l’amour ».

    Il salue en lui un « Père de la langue et de la littérature italiennes », qui a vécu sa vie avec la « mélancolie déchirante » d’un pèlerin et d’un exilé, toujours en mouvement, non seulement à l’extérieur parce qu’il a été contraint à l’exil, à Ravenne, mais aussi à l’intérieur, à la recherche de son but: « le bonheur, donné par la vision de l’Amour qui est Dieu ».

    Mais le pape François qui fustige toujours la « résignation » salue en Dante un « prophète d’espérance » qui pousse l’humanité à se libérer de la « forêt obscure » du péché pour trouver « la voie droite » et atteindre ainsi « la plénitude de la vie dans l’histoire » et « la béatitude éternelle en Dieu» »: une « mission prophétique ».

    La miséricorde de Dieu est la clef de ce chemin à la foi, dit le pape, « réaliste et possible » pour tous:  « la miséricorde de Dieu offre toujours la possibilité du changement et de la conversion ».

    Il est donc en même temps un poète de la « liberté humaine », c’est en effet « la condition fondamentale des choix de vie et de la foi elle-même ».

    Les trois femmes de Dante et S. François

    Le pape François relève l’importance de trois femmes dans la Divine Comédie et qui représentent les trois vertus théologales: Marie, incarnant la charité, Béatrice, portant l’espérance, et sainte Lucie, figure de la foi.

    Le pape François réaffirme que l’on  « ne se sauve pas soi-même », pas sans l’aide de ceux qui « peuvent nous soutenir et nous guider avec sagesse et prudence ».

    Le pape évoque son saint patron, François d’Assise, représenté dans la « rose blanche des bienheureux »: il ya a dit le pape, entre Dante et François « une profonde syntonie »: ils se sont adressés au peuple, le premier « allant parmi les gens » le second choisissant de s’exprimer dans « la langue de tous », et non pas en latin. En outre, ils s’ouvrent tous les deux « à la beauté et à la valeur » de la création, reflet du Créateur.

    A la portée de tous

    Plus encore, pour le pape François, Dante est « un précurseur de notre culture multimédiale »: « paroles et images, symboles et sons » forment en effet chez lui « un seul message », qui traduit la « tension intérieure et continuelle vers le bonheur ».

    Le pape souhaite donc que l’œuvre de Dante soit encore plus connue et rendue « accessible et attrayante » pour tous tous ceux qui, « impatients de répondre aux demandes intérieures, désireux de réaliser pleinement leur existence, veulent vivre leur itinéraire de vie et de foi de manière consciente, accueillant et vivant avec gratitude le don et l’engagement de la liberté ».

    C’est pourquoi le pape demande que ce « patrimoine » soit connu et diffusé grâce à l’engagement des communautés chrétiennes, des institutions académiques et des associations culturelles.

    Il encourage les artistes à « donner forme à la poésie de Dante sur le chemin de la beauté », afin de diffuser « des messages de paix, de liberté et de fraternité ».

    Dante peut ainsi « aider à avancer avec sérénité et courage dans le pèlerinage de vie et de foi », jusqu’à « la véritable paix et la véritable joie »: « l’amour qui meut le soleil et les autres étoiles ».

    AB

     

    LETTRE APOSTOLIQUE
    CANDOR LUCIS ÆTERNÆ
    DU SAINT-PÈRE

    FRANÇOIS
    À L’OCCASION DU 7ÈME CENTENAIRE DE LA MORT
    DE DANTE ALIGHIERI

    Splendeur de la Lumière éternelle, le Verbe de Dieu a pris chair de la Vierge Marie lorsqu’elle répondit “me voici” à l’annonce de l’Ange (cf. Lc 1, 38). Le jour où la Liturgie célèbre cet ineffable Mystère a aussi une particulière importance en raison de l’événement historique et littéraire du grand poète Dante Alighieri, prophète d’espérance et témoin de la soif d’infini inscrite au cœur de l’homme. En ce jour, je désire m’unir, moi aussi, au chœur nombreux de tous ceux qui veulent honorer sa mémoire en ce 7ème centenaire de sa mort.

    Lire la suite

  • Ave Maria (Tomas Luis de Victoria)

    IMPRIMER

    Tomas Luis de Victoria: Ave Maria

    maestro Luka Vukšić, conductor Academic choir Ivan Goran Kovačić
    Easter a cappella concert 24.04.2014.
    St. Catherine Church, Zagreb
  • 10% de moins pour les cardinaux de la Curie

    IMPRIMER

    De Loup Besmond de Senneville sur le site du journal La Croix :

    Le pape François réduit de 10 % les salaires des cardinaux

    Les faits 

    Afin de contribuer aux réductions des dépenses du Saint-Siège, dont les finances sont durement frappées par la crise, le pape François a décidé une baisse de salaire des prêtres, religieux et religieuses travaillant dans la Curie. Dont les cardinaux.

    24/03/2021V

    C’est une mesure hautement symbolique qui a été publiée, mercredi 24 mars, par le Vatican. Dans un décret signé la veille, le pape François a décidé de la réduction des salaires de tous les clercs, religieux et religieuses occupant des postes de responsabilité à la Curie. Et parmi eux, les cardinaux.

    Les « princes de l’Église » voient ainsi leur traitement diminuer de 10 %. Soit une réduction d’environ 500 € pour ces hommes payés 5 000 €, dont le salaire n’est pas soumis, comme tous ceux qui travaillent au Vatican et en vertu des accords du Latran, à l’impôt.

    À des échelons inférieurs, toujours à condition qu’ils soient prêtres, religieux ou religieuses, les numéros 2 des dicastères verront leur salaire chuter de 8 %, celui des directeurs et des chefs de service de 3 %. Plus largement, toute hausse de salaire liée à l’ancienneté sera gelée pendant deux ans, y compris pour les laïcs.

    Justification de ces diminutions de salaires qui s’appliqueront dès le 1er avril ? La situation financière du Saint-Siège, aggravée en raison de la crise du Covid-19. Le budget 2021, publié vendredi 19 mars par Rome fait ainsi état d’un déficit de 50 millions d’euros, pour des dépenses totales de 310 millions. Or, dans ce contexte, « il est nécessaire d’assurer la durabilité et l’équilibre entre les recettes et les dépenses dans la gestion économique et financière actuelle », peut-on lire dans le décret signé par le pape, qui a tenu à adopter « des critères de proportionnalité et de progressivité ».

    « La sauvegarde des emplois existants »

    Selon ces prévisions, les revenus devraient reculer de 20 % en 2021, pour atteindre 260 millions d’euros. Avec la crise, le Vatican doit renoncer à des sources de revenus importantes comme les musées du Vatican, les placements financiers ou une partie des loyers de bâtiments loués par le Vatican.

    Pour absorber le choc, le Vatican a donc prévu de diminuer ses dépenses de 8 %. Dans les faits, les salaires représentent bel et bien au moins la moitié du budget du Saint-Siège. Mais le pape, ayant promis de ne pas licencier et les embauches étant déjà gelées, il a fallu trouver d’autres moyens pour économiser.

    D’où cet effort demandé aux plus gradés pour garantir, insiste François dans son décret, « la sauvegarde des emplois existants ». Un décret qui risque tout de même de faire grincer quelques dents, si l’on en croit ce responsable de la Curie. Qui sourit : « Je crois qu’il faut se préparer aux murmures ecclésiastiques… »

  • Saluer l'intrépidité de nos évêques

    IMPRIMER

    Vous avez trouvé vos évêques timides et timorés dans la défense de leurs ouailles privées de célébrations eucharistiques et de vie sacramentelle ? Peut-être espériez-vous les voir intervenir avec détermination auprès des autorités politiques afin que soient reconnus les droits des citoyens croyants ? Vous avez été déçus par leur attitude soumise et résignée à l'égard des mesures sanitaires même les plus absurdes comme celle de cette stupide jauge des 15 personnes ? Mais vous avez tout faux ! N’aviez-vous pas compris qu’ils devaient réserver leur réactivité et leur pugnacité pour d’autres causes ? Qu’il y avait un autre combat à mener, prioritaire celui-là : combattre l’infâme Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dénoncer la doctrine constante de l’Eglise en matière d’union matrimoniale, remplacer nos vieilles bannières par le drapeau arc-en-ciel de la cause homosexuelle. Et cet héroïsme épiscopal « que l’histoire retiendra » a été salué par l’ensemble du monde médiatique qui n’en espérait pas tant. Perspicace et enthousiaste, le nouveau rédacteur en chef de cathobel (la pravda de l'Eglise francophone de Belgique) consacre à l’évènement une vraie page d'anthologie intitulée "Quand ils sortirent de l'ombre..." :

    "Certains avaient été durs avec eux. Les accusant d’être en retrait, prudents. Pire: absents. On avait reproché leur silence, leur manque d’audace, leur conformisme. On les avait soupçonnés d’avoir peur – en vrac: de faire des vagues, de perdre les financements publics ou de s’attirer les foudres du CD&V. On avait donc regretté que les évêques belges ne s’opposent pas plus fermement aux restrictions relatives à l’exercice du culte. On avait prétendu que Jésus aurait fait autrement. Sans doute. Mais bon…"

    et, roulez tambours, sonnez trompettes :

    "L’histoire retiendra que le 17 mars, ils sortirent de l’ombre. L’évêque d’Anvers surtout. L’évêque de Liège aussi. Ainsi que leurs collègues, flamands et francophones. On les vit dans la grande presse et aux journaux télévisés. Avec des paroles fortes. Et un puissant impact sur l’opinion publique."

    ta da dam

    "Ils furent largement salués. Notamment par les personnes homosexuelles qui croient en Dieu et cherchent à trouver leur place dans l’Eglise. Mais aussi par d’innombrables (!) chrétiens, heureux de voir leur hiérarchie offrir un message d’ouverture. Ainsi que par de nombreux éditorialistes et autres membres de la société civile."

    Mais il y a toujours des esprits chagrins :

    "Mais pas par tous. Et les moins nombreux ne furent sans doute pas les moins bruyants. Car ceux-là même qui, quelques semaines plus tôt, ne manquaient pas de regretter l’invisibilité des évêques sur la place publique condamnèrent soudainement la visibilité des évêques sur la place publique. Ils déplorèrent que ces prélats parussent plus prompts à s’éloigner de Rome qu’à s’opposer aux autorités civiles. (effectivement!) Leur reprochèrent de semer la confusion et la désunion. (…)"

    Amusant, non ?

  • Quand l'Esprit Saint descend sur la Vierge Marie pour qu'elle devienne la Mère de Dieu

    IMPRIMER

    image.jpgHomélie du Père Simon Noël pour la fête de l'Annonciation

    Cette homélie est censée être prononcée dans une église byzantine. Cela explique les remarques faites au début, face à un public qui a sous les yeux les fresques traditionnelles de ce type d'église. 

    Cette fête que nous célébrons aujourd’hui ne constitue pas le commencement de l'année liturgique, comme le fait la fête de la nativité de la Mère de Dieu, le 8 septembre. Du moins est-ce quand même la première des fêtes qui a son origine dans l’Évangile. C'est le commencement de l’Évangile. Juste au-dessus de l'iconostase, sur le mur de l’abside centrale, nous avons à gauche l'archange Gabriel et à droite la Vierge de Nazareth. Puis en tournant le long des murs de la nef dans le sens des aiguilles d'une montre, nous avons le déploiement de toute l'année liturgique : l'enfance du Christ, son baptême, sa transfiguration, sa passion et sa résurrection. Et dans le sanctuaire, l'ascension et finalement la pentecôte. Tout commence et finit dans le Saint-Esprit. A l'annonciation, il descend sur Marie pour qu'elle devienne la Mère de Dieu. A la Pentecôte il descend sur les apôtres et sur le cosmos tout entier.

    Le récit évangélique de l'annonciation nous rapporte avec une simplicité admirable le fait le plus étonnant des relations de Dieu avec l'humanité. L'ange de l'incarnation, Gabriel, vient dans la maison de Marie, fiancée à Joseph, mais ne vivant pas encore avec lui, et la salue : Réjouis-toi. C'est ce que dit le texte grec. Probablement il dut lui dire en araméen : paix à toi. Le fameux shalom des juifs. Les grecs disaient eux : réjouis-toi, chaïré. Les Romains préféraient dire : salve, porte-toi bien, ou tout simplement avé, salut. La paix, la joie ou la santé : trois nuances d'un même salut, liées aux différentes cultures. Ensuite l'archange dit à Marie qu'elle est celle qui a reçu la grâce de Dieu avec une particulière abondance. Puis il dit : le Seigneur est avec toi. C'est une constatation, non un souhait. Le Seigneur était donc avec Marie d'une façon exceptionnelle, même avant la conception du Verbe. Tout cet éloge provoqua dans l'âme de Marie un grand trouble. Car Marie est la plus humble des créatures.

    Dans un premier temps, elle se demanda quel était le sens des paroles angéliques. Selon certains interprètes, elle se posa peut-être la question d'une ruse du démon. Eve avait en effet elle aussi entendu une parole angélique, mais dans ce cas il s'agissait de l'ange déchu. Gabriel ce mit alors à rassurer doucement Marie, en lui certifiant qu'elle était, de la part de Dieu, l'objet d'une prédilection spéciale. Le prophète Isaïe avait prédit depuis longtemps que le messie naîtrait d'une vierge. Gabriel annonce à Marie qu'elle est celle en qui cette prophétie va se réaliser. Elle est celle qui a été choisie pour être cette mère virginale du messie. Ensuite l'archange lui révèle le nom du messie : Jésus, ce qui signifie qu'il est Dieu et Sauveur. Il donne ensuite quelques détails sur le grand rôle destiné au Fils de Marie. Il sera Fils de Dieu, héritier de David, roi perpétuel du monde entier. Toutes les prophéties de l'ancien testament vont se réaliser. Les juifs devaient être les premiers sujets de ce roi, mais son royaume devait devenir peu à peu universel. Et son royaume devait même devenir éternel. Tout ce langage devait être très clair pour Marie, puisqu'il ne faisait que résumer les principaux oracles de l'ancien testament relatifs au messie.

    Alors Marie interroge Gabriel : comment cela se fera-t-il ? Cette question ne contient pas l'expression d'un doute, mais celle de l'étonnement, de l'admiration. Certaine du fait, Marie désire être instruite du mode. L'archange lui répond alors : c'est d'une manière toute divine qu'elle enfantera. C'est l'Esprit-Saint, la force du Très-Haut, qui opérera ce miracle inouï dans l'histoire du monde. L'ombre de Dieu va couvrir la Vierge, comme autrefois la nuée mystérieuse reposait sur le tabernacle, la tente où Moïse rencontrait Dieu, symbolisant la présence de Dieu parmi son peuple. L'incarnation du Verbe, seconde personne de la Trinité, est une œuvre d'amour par excellence, de la part de Dieu, et l'Esprit-Saint est précisément l'amour substantiel et personnel du Père et du Fils. C'est pourquoi le Fils de Marie sera parfaitement saint et il sera reconnu par les croyants comme Fils de Dieu. Il s'ensuit que Marie va devenir Mère de Dieu au sens strict. Enfin l'archange donne un signe à Marie. Sa vieille cousine Élisabeth a conçu un fils. Le Seigneur, de même qu'il a pu faire enfanter une femme stérile, peut aussi donner un fils à une vierge. Rien n'est impossible à Dieu.

    L'évangile nous rapporte alors l'humble et docile acceptation de la Vierge : un délicieux mélange de profonde humilité et de parfaite obéissance. C'est sans doute au moment où Marie prononça son fiat que le Fils de Dieu s'incarna dans son sein.

    De nombreux dogmes de notre foi sont au cœur de cette fête : la sainte Trinité, la divinité de Jésus-Christ, son incarnation pour le salut de l'humanité, la maternité de Marie et sa virginité perpétuelle. Rendons grâce à Dieu d'avoir la foi et de connaître ces mystères. N'oublions pas non plus le mystère de l'eucharistie que nous sommes en train de célébrer. De même que Jésus a été réellement présent dans le sein de Marie, par le mystère de l'incarnation, il sera réellement présent dans notre cœur, par la communion, pour nous donner la vie et la sainteté. Puissions-nous, comme la Vierge de Nazareth, lui dire nous aussi notre fiat, nous mettre au service de sa divine volonté, pour le salut du monde entier.

  • 25 mars : Journée Européenne de l'enfant à naître

    IMPRIMER

    Les membres du Congrès Européen des Mouvements au service de la Vie et de la Famille, organisé par le Conseil Pontifical pour la Famille, réunis à Grenade en Espagne en l'an 2000, proposaient que soit célébré le jour de l'enfant à naître sur tout le continent européen. "Nous pensons qu'il conviendrait d'unir cette journée à la célébration, par l'Eglise catholique, de la solennité de l'Incarnation du Seigneur, le 25 mars, jour où le Fils de Dieu s'est fait homme au sein de la Vierge".

    Jean-Paul II lui-même, lors de la prière de l'Angelus, le jour de l'Annonciation 2001, soit lors de la 1ère Journée Européenne de l'Enfant à Naître soulignait l'importance de cette journée :

    "Que, face à la culture de la mort et aux atteintes qui, malheureusement, se multiplient contre la vie de l'homme, l'engagement à la défendre au cours de toutes ses étapes, du premier instant de sa conception jusqu'à la mort, ne fasse jamais défaut. Puisse l'humanité connaître un nouveau printemps de la vie, dans le respect et l'accueil de chaque être humain, dans lequel resplendit le visage du Christ ! Pour cela, prions ensemble Celle qui est " parole vivante de consolation pour l'Église dans son combat contre la mort " (EV,105). Je salue les membres des divers groupes et mouvements activement engagés contre l'avortement, en faveur de la vie. En rappelant le jour où Marie conçut l'Enfant Jésus, je désire envoyer une Bénédiction spéciale aux femmes qui attendent un enfant et, en particulier à celles qui se trouvent dans des situations difficiles. A toutes, je dis : un enfant conçu est toujours une invitation à vivre et à espérer." Des mouvements respectueux de la dignité de tous. En soutenant les mouvements qui oeuvrent pour la vie, nous entendons attirer l'attention sur toutes celles et tous ceux qui agissent, souvent silencieusement, dans un esprit de compassion et d'accueil, dans le respect de la diversité de chacun. Nous ne cautionnons en aucune façon ceux qui usent de moyens violents pour promouvoir une juste cause, considérant qu'ils desservent ceux qu'ils prétendent servir."

    Sites à visiter :

  • L’Annonciation du Seigneur à la Vierge Marie : "l’incarnation du Fils de Dieu est le mystère central de la foi chrétienne"

    IMPRIMER

    l'ANNUNCIAZIONE di FRA ANGELICO - Italacad

    Du pape Benoît XVI, lors de son voyage à Cuba, le 26 mars 2012 (source) :

    ... la fête que l’Église universelle célèbre aujourd’hui : l’Annonciation du Seigneur à la Vierge Marie. En effet, l’incarnation du Fils de Dieu est le mystère central de la foi chrétienne, et en lui, Marie occupe un rôle de premier ordre. Mais, que veut dire ce mystère ? et quelle importance a-t-il pour nos vies concrètes ?

    Voyons avant tout ce que signifie l’Incarnation. Dans l’évangile de saint Luc, nous avons écouté les paroles de l’ange à Marie : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre. C'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1, 35). En Marie, le Fils de Dieu se fait homme, accomplissant ainsi la prophétie d’Isaïe : « Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel, qui signifie ‘Dieu-avec-nous’ » (Is 7, 14). Oui, Jésus, le Verbe fait chair, est le Dieu-avec-nous, qui est venu habiter parmi nous et partager notre condition humaine elle-même. L’apôtre saint Jean l’exprime de la manière suivante : « Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1, 14). L’expression « s’est fait chair » souligne la réalité humaine la plus concrète et la plus tangible. Dans le Christ, Dieu est venu réellement au monde, il est entré dans notre histoire, il a installé sa demeure parmi nous, accomplissant ainsi l’intime aspiration de l’être humain que le monde soit réellement un foyer pour l’homme. En revanche, quand Dieu est jeté dehors, le monde se transforme en un lieu inhospitalier pour l’homme, décevant en même temps la vraie vocation de la création d’être un espace pour l’alliance, pour le « oui » de l’amour entre Dieu et l’humanité qui lui répond. C’est ce que fit Marie, étant la prémisse des croyants par son « oui » sans réserve au Seigneur.

    Pour cela, en contemplant le mystère de l’Incarnation, nous ne pouvons pas nous empêcher de tourner notre regard vers elle et nous remplir d’étonnement, de gratitude et d’amour en voyant comment notre Dieu, en entrant dans le monde, a voulu compter avec le consentement libre d’une de ses créatures. Ce n’est que quand la Vierge répondit à l’ange : « Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole » (Lc 1, 38), que le Verbe éternel du Père commença son existence humaine dans le temps. Il est émouvant de voir comment Dieu non seulement respecte la liberté humaine, mais semble en avoir besoin. Et nous voyons aussi comment le commencement de l’existence terrestre du Fils de Dieu est marqué par un double « oui » à la volonté salvatrice du Père : celui du Christ et celui de Marie. Cette obéissance à Dieu est celle qui ouvre les portes du monde à la vérité et au salut. En effet, Dieu nous a créés comme fruit de son amour infini, c’est pourquoi vivre conformément à sa volonté est la voie pour rencontrer notre authentique identité, la vérité de notre être, alors que s’éloigner de Dieu nous écarte de nous-mêmes et nous précipite dans le néant. L’obéissance dans la foi est la vraie liberté, l’authentique rédemption qui nous permet de nous unir à l’amour de Jésus en son effort pour se conformer à la volonté du Père. La rédemption est toujours ce processus de porter la volonté humaine à la pleine communion avec la volonté divine (cf. Lectio divina avec le clergé de Rome, 18 février 2010).

    Chers frères, nous louons aujourd’hui la Très Sainte Vierge pour sa foi et nous lui disons aussi avec sainte Elisabeth : « Heureuse celle qui a cru » (Lc 1, 45). Comme dit saint Augustin, avant de concevoir le Christ dans son sein, Marie le conçut dans la foi de son cœur. Marie crut et s’accomplit dans ce qu’elle croyait (cf. Sermon 215, 4 : PL 38, 1074). Demandons au Seigneur de faire grandir notre foi, qu’il la rende vive et féconde dans l’amour. Demandons-lui de savoir accueillir en notre cœur comme elle la parole de Dieu et de l’appliquer avec docilité et constance.

    La Vierge Marie , de par son rôle irremplaçable dans le mystère du Christ, représente l’image et le modèle de l’Église. L’Église aussi, de même que fit la Mère du Christ, est appelée à accueillir en soi le mystère de Dieu qui vient habiter en elle. Chers frères, je connais les efforts, l’audace et l’abnégation avec lesquels vous travaillez chaque jour pour que, dans les réalités concrètes de votre pays, et en cette période de l’histoire, l’Église reflète toujours plus son vrai visage comme un lieu où Dieu s’approche et rencontre les hommes. L’Église, corps vivant du Christ, a la mission de prolonger sur la terre la présence salvatrice de Dieu, d’ouvrir le monde à quelque chose de plus grand que lui-même, l’amour et la lumière de Dieu. Cela vaut la peine, chers frères, de dédier toute sa vie au Christ, de grandir chaque jour dans son amitié et de se sentir appelé à annoncer la beauté et la bonté de sa vie à tous les hommes, nos frères. Je vous encourage dans cette tâche de semer dans le monde la parole de Dieu et d’offrir à tous le vrai aliment du corps du Christ. Pâques s’approchant déjà, décidons-nous sans peur et sans complexe à suivre Jésus sur le chemin de la croix. Acceptons avec patience et foi n’importe quel contrariété ou affliction, avec la conviction que dans sa résurrection il a vaincu le pouvoir du mal qui obscurcit tout, et a fait se lever un monde nouveau, le monde de Dieu, de la lumière, de la vérité et de la joie. Le Seigneur n’arrêtera pas de bénir par des fruits abondants la générosité de votre dévouement.

    Le mystère de l’incarnation, dans lequel Dieu se fait proche de nous, nous montre également la dignité incomparable de toute vie humaine. C’est pourquoi, dans son projet d’amour, depuis la création, Dieu a confié à la famille fondée sur le mariage, la très haute mission d’être la cellule fondamentale de la société et la vraie Église domestique. C’est avec cette certitude que, vous, chers époux, vous devez être spécialement pour vos enfants, le signe réel et visible de l’amour du Christ pour l’Église.