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Christianisme - Page 37

  • 80% des anglicans rompent avec Canterbury après l’élection de la première femme à la tête de l’Église anglicane

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    De zenit.org :

    Division au sein de l’anglicanisme

    Huit anglicans sur dix rompent avec Canterbury après l’élection de la première femme à la tête de l’Église anglicane

    21 octobre 2025

    L’anglicanisme se divise : huit anglicans sur dix rompent leurs relations avec Canterbury après l’élection de la première femme à la tête de l’Église. 

    Dans la pratique, cela signifie que le GAFCON agira désormais comme le centre mondial de facto de l’orthodoxie anglicane. Il prévoit de former un nouveau Conseil des primats et d’élire un leader qui présidera le groupe, lequel servira de primus inter pares (premier parmi ses pairs) au sein de cette communion reconstituée. 

    Le monde anglican a pris conscience d’une rupture historique lorsque la Conférence mondiale sur l’avenir anglican (GAFCON) a officiellement rompu ses liens avec Canterbury et l’Église d’Angleterre, déclarant qu’elle ne pouvait plus « rester en communion avec ceux qui ont abandonné la Parole infaillible de Dieu comme leur autorité ultime ». 

    La déclaration, publiée le 16 octobre et signée par l’archevêque Laurent Mbanda du Rwanda, président du GAFCON et primat de l’Église anglicane du Rwanda, marque la fracture la plus décisive de l’anglicanisme depuis sa naissance au XVIᵉ siècle. Avec cette déclaration, les Églises membres du GAFCON, qui représentent environ 80 % des anglicans dans le monde, ont redessiné la carte de l’anglicanisme mondial. 

    Au cœur du conflit se trouve la récente élection de Sarah Mullally par l’Église d’Angleterre comme première archevêque de Canterbury. Cette décision a été saluée à Londres comme une avancée historique vers l’inclusion, mais condamnée par de nombreux anglicans en Afrique, en Asie et en Amérique latine comme une capitulation face aux pressions culturelles séculières. «Ce choix abandonne les anglicans du monde entier, a déclaré Mbanda au début du mois, en nommant une dirigeante qui divisera encore davantage une communion déjà divisée. » 

    Aujourd’hui, le GAFCON a mis sa menace à exécution. Son communiqué rejette non seulement l’archevêque de Canterbury en tant qu’« instrument de communion », mais renonce également à participer à toutes les structures anglicanes mondiales traditionnellement liées à cette fonction: la Conférence de Lambeth, le Conseil consultatif anglican et la Réunion des primats. «Ces organismes, affirme la déclaration, ont cessé de défendre la doctrine et la discipline de notre foi. » 

    À la place, le GAFCON annonce une réorganisation audacieuse de l’identité anglicane : « Nous sommes désormais la Communion anglicane mondiale. » 

    Fondé en 2008 à Jérusalem comme mouvement d’« anglicans confessants », le GAFCON est né en réponse à ce que ses membres percevaient comme une dérive morale et théologique de l’Église d’Angleterre et de l’Église épiscopale des États-Unis, en particulier sur les questions de sexualité, de genre et d’autorité biblique. Depuis ses débuts, le slogan du mouvement était le repentir : un appel aux dirigeants anglicans ayant embrassé la théologie révisionniste à revenir à l’autorité des Écritures. Cet appel, selon le GAFCON, est resté ignoré pendant près de deux décennies. 

    Le manifeste du groupe, intitulé L’avenir est arrivé, réaffirme que le seul fondement authentique de la communion est « l’Écriture sainte : traduite, lue, prêchée, enseignée et à qui l’on obéit dans son sens simple et canonique, fidèle à la lecture historique et consensuelle de l’Église ». 

    Concrètement, cela signifie que le GAFCON agira désormais comme le centre mondial de facto de l’orthodoxie anglicane. Il prévoit de former un nouveau Conseil des primats et d’élire un leader qui présidera le groupe, lequel servira de primus inter pares au sein de cette communion reconstituée. La première réunion organisationnelle est prévue pour mars 2026 à Abuja, au Nigeria.  

    La portée mondiale du GAFCON est impressionnante. Ses provinces membres s’étendent à travers toute l’Afrique, du Nigeria au Kenya et à l’Ouganda, en passant par le Soudan, le Rwanda et la République démocratique du Congo, et comprennent des Églises en pleine expansion en Asie, en Amérique latine et dans le Pacifique. Ensemble, elles représentent près de 49 millions d’anglicans. En Occident, il a également inspiré une constellation de congrégations et de réseaux dissidents, notamment aux États-Unis, en Europe et en Australie, formés par des anglicans qui rejettent les politiques progressistes sur le mariage, la sexualité et l’ordination. 

    La division n’est pas seulement théologique, mais aussi ecclésiologique. Le GAFCON insiste sur le fait qu’il n’abandonne pas l’anglicanisme, mais qu’il le récupère, en restaurant ce qu’il appelle la « structure originale » de la communion : une communauté de provinces autonomes soumises non pas à la bureaucratie institutionnelle, mais aux formulaires de la Réforme — les Trente-neuf Articles, le Livre de prière commune et l’Ordinal. Dans cette vision, Canterbury n’est plus le centre spirituel de l’unité anglicane, mais simplement une province parmi d’autres. 

    Pour l’Église d’Angleterre, cette rupture est un coup dur tant sur le plan symbolique que pratique. L’archevêque de Canterbury, historiquement reconnu comme primus inter pares parmi les primats anglicans, a toujours été une référence morale et spirituelle. Avec le retrait du GAFCON, ce centre moral se déplace vers le Sud — à Lagos, Kampala, Kigali et Nairobi — où l’anglicanisme reste dynamique et en pleine croissance. 

    Les implications dépassent les frontières anglicanes. Cette décision souligne un réalignement plus large au sein du christianisme mondial, où la croissance démographique et l’autorité théologique migrent vers le Sud. Pour de nombreux observateurs, elle reflète des tensions visibles depuis longtemps dans d’autres traditions chrétiennes : la lutte pour trouver un équilibre entre l’adaptation culturelle et la fidélité doctrinale. 

    Pendant ce temps, le Vatican observera attentivement la situation. En 2009, le pape Benoît XVI a créé les ordinariats personnels, des juridictions spéciales pour les anglicans souhaitant entrer en pleine communion avec l’Église catholique tout en conservant leur héritage liturgique. Cependant, ces ordinariats sont restés modestes — à peine 5 000 membres dans trois régions. La déclaration du GAFCON confirme que la majorité des anglicans conservateurs préfèrent réformer l’anglicanisme de l’intérieur plutôt que de traverser le Tibre. Il n’est pas certain que l’affirmation du GAFCON selon laquelle il représente « la véritable Communion anglicane » soit reconnue par d’autres. Mais ses dirigeants sont convaincus que l’histoire — et les Écritures — sont de leur côté.  « La restauration de notre communion bien-aimée est désormais entre nos mains », a déclaré Mgr Mbanda. « Nous existons, nous résistons et nous sommes prêts à diriger. » 

  • Première gifle de la Chine au pape Léon qui encaisse en silence

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Première gifle de la Chine au pape Léon. Qui encaisse en silence

    La nouvelle a filtré ce 28 avril, après le pape François et avant le pape Léon, à Rome. Elle révélait qu’à Shanghai, une assemblée de prêtres, de religieuses et de laïcs affiliés au gouvernement avait été convoquée pour ratifier le choix d’un nouvel évêque auxiliaire en la personne d’Ignatius Wu Jianlin, ancien vicaire général du diocèse, mais surtout membre de la très officielle Conférence consultative politique du peuple chinois.

    Il est vrai que, selon les termes de l’accord entre le Saint-Siège et Pékin ratifié en 2018, c’est bien aux autorités chinoises qu’il revient d’abord de choisir chaque nouvel évêque, que le pape peut ensuite approuver ou pas, mais qu’il a dans les faits toujours approuvé jusqu’à présent.

    Mais dans le cas présent, il était plus qu’évident que cette désignation était un énième camouflet pour l’Église de Rome. Non seulement parce qu’elle a été effectuée pendant l’interrègne entre un pape et l’autre, comme si l’un et l’autre comptaient pour rien, mais plus encore par le fait qu’à Shanghai – où le chef du diocèse, Mgr Joseph Shen Bin, également président de la pseudo-conférence épiscopale chinoise jamais reconnue par Rome, a été installé en 2023 par un décision unilatérale du régime qui n’a été communiquée que par après au pape François – il y a déjà pas moins de deux évêques auxiliaires, tous deux empêchés : Joseph Xing Wenzi, 62 ans, ordonné en 2005 puis tombé en disgrâce et contraint de se retirer à la vie privée en 2011, et surtout Thaddée Ma Daqin, 57 ans qui, au moment de son ordination épiscopale a révoqué son adhésion à l’Association patriotique gouvernementale des catholiques chinois, avec pour effet immédiat d’être depuis lors mis aux arrêts au séminaire de Sheshan.

    Et donc, pratiquement six mois après son « élection », le 15 octobre, Wu Jianlin a été ordonné évêque, et une large opération de communication de cette nomination a été lancée par le titulaire du diocèse, Mgr Shen Bin, sous prétexte entre autres que Wu « devait de toute manière être ordonné, puisqu’il était le dernier membre non-évêque des catholiques appartenant à la Conférence consultative politique du peuple chinois ».

    Le tout sous le regard soumis de Rome, qui s’est bornée à une laconique confirmation de l’ordination de Mgr Wu, la présentant comme « approuvée » par le pape le 11 août.

    Au même moment, un communiqué parallèle de l’agence officielle de l’Église catholique chinoise donnait lui aussi l’information de l’ordination de Wu, mais avec précision bien différente qu’il « a été élu évêque le 28 avril 2025 par le diocèse catholique de Shanghai », sans la moindre allusion à une quelconque approbation du pape.

    C’est tout naturellement l’évêque de Shanghai, Mgr Shen Bin (photo), qui a présidé le rite d’ordination. Lui qui, lors de la propre installation dans son diocèse le 4 avril 2023 sur décision unilatérale du régime chinois, avait provoqué un sursaut de réaction à Rome, avec en définitive une approbation par le pape François le 15 juillet assortie d’une déclaration du cardinal Secrétaire d’État Pietro Parolin dénonçant une violation des accords tout en espérant qu’il n’y aurait pas d’autres violations à l’avenir, appelant à « une solution juste et sage » de l’affaire des deux évêques auxiliaire déjà présents dans le diocèse mais toujours empêchés.

    Des protestations et des demandes qui sont donc toutes tombées dans l’oreille d’un sourd et qui ont même été démenties par les récents événements, nonobstant la vague annonce du pape Léon — qui a d’ailleurs déjà ratifié la nomination de trois autres évêques en Chine depuis son élection – faisant allusion au fait qu’il pourrait bien agir différemment à l’avenir, après avoir entendu l’appel de ces « catholiques chinois qui pendant de nombreuses années ont vécu une sorte d’oppression de difficulté à vivre leur propre foi librement et sans se cacher ».

    Il reste donc à voir ce qui se passera avec l’autre évêque chinois annoncé comme « élu » le 28 avril : Li Jianlin, candidat au diocèse de Xinxiang, eet dont on ne se sait encore rien quant à son approbation éventuelle par le pape.

    Mais peut-être est-ce à Hong Kong, l’un des diocèses de Chine, ainsi que celui de Macao, à ne pas être soumis à l’accord de 2018 sur la nomination des évêques, que le pape Léon est attendu au pied du mur.

    En effet, à Hong Kong, la nomination potentielle d’un second évêque auxiliaire, demandée par l’actuel titulaire du diocèse, le cardinal et jésuite Stephen Chow Sauyan, est actuellement source d’agitation.

    Le candidat de Mgr Chow est Peter Choi Waiman, qui est actuellement l’un des trois vicaires généraux du diocèse et en lice depuis au moins six ans pour la charge d’évêque auxiliaire, un rôle déjà exercé depuis 2014 par le franciscain Joseph Ha Chishing.

    Mais tandis que Mgr Ha n’a jamais caché sa proximité avec les revendications du mouvement démocratique de Hong Kong et le cardinal Joseph Zen Sekiun, 93 ans, ancien évêque de la ville entre 2002 et 2009, farouche critique du régime communiste et de l’accord entre Pékin et le Sain-Siège, Mgr Choi est quant à lui l’homme que Pékin verrait bien à la tête du diocèse de Hong Kong, à tout le moins comme évêque auxiliaire.

    La candidature de Choi ne serait pas seulement soutenue par l’actuel évêque de Hong Kong mais également par son prédécesseur, le cardinal John Tong Hon, à tel point qu’une rumeur circulant au sujet de Tong et Choi prétendait qu’une audience était programmée à Rome le 4 octobre entre eux et le pape Léon.

    Avant qu’un tel voyage à Rome ne soit démenti le 2 octobre. Signe que la question reste toujours ouverte.

    Mais ce qui est davantage préoccupant, c’est que l’avenir pour l’Église catholique et les autres confessions religieuses en Chine s’assombrit de plus en plus, principalement à cause des autorités de Pékin.

    Les communautés évangéliques font l’objet d’une persécution qui, au dire de certains observateurs, est « la plus vaste de ces quarante dernières années ». Ces derniers jours en particulier, la Zin Church a été décapitée, avec l’arrestation de dizaines de fidèles et de son leader, Jin Mingri, qui avait fait partie des jeunes protagonistes de la place Tiananmen.

    En outre, le Département pour les affaires religieuses a promulgué un nouveau « Code de conduite pour le clergé religieux sur Internet » truffé de prohibitions, qui interdit toute activité de transmission de la foi et de formation religieuse sur internet, avec à la clé des peines très lourdes pour les contrevenants.

    Même le vingt-cinquième anniversaire de la canonisation de 120 martyrs chinois entre 1648 et 1930 célébrée par Jean-Paul II le 1er octobre de l’année saint 2000 a été totalement passée sous silence. Cette canonisation avait à l’époque provoqué la colère du gouvernement chinois qui avait taxé ces martyrs de la foi d’impérialistes et de colonialistes, bien que leurs histoires révèlent l’exact contraire. Jean-Paul II avait ensuite envoyé une lettre au président chinois de l’époque, Jiang Zemin pour demander « pardon et compréhension », sans jamais obtenir de réponse.

    Mais le discours que l’actuel président Xi Jinping a prononcé le 29 septembre lors d’une session d’étude spéciale du Politburo du Parti communiste chinois, qu’il avait convoquée précisément sur le thème de la politique religieuse, est encore davantage révélateur d’un nouvel étranglement des espaces de liberté religieuse en Chine.

    Dans son discours, Xi a encore une fois insisté sur la nécessaire « sinisation » des religions, c’est-à-dire à leur adaptation « aux caractéristiques chinoises » de « doctrines, règles, systèmes de gestion, rituels, coutumes, normes de comportement ». Et ceci parce que « pour l’État socialiste guidé par le Parti communiste chinois, guider activement la religion pour qu’elle s’adapte à la société socialiste » représente une exigence indispensable.

    Pour les autorités chinoises, la nomination des évêques catholiques s’inscrit naturellement dans cette politique de « sinisation » avec une arrogance de plus en plus écrasante de Pékin envers Rome.

    *

    Le 16 octobre, « Asia News » a publié une réflexion lucide d’un fidèle catholique du diocèse de Shanghai concernant les modalités de nomination du nouvel évêque auxiliaire, qui dit entre autres ceci :

    « Si l’on ignore la vérité des faits ; si l’on n’intervient pas sur l’enferment d’un évêque déjà légitimement consacré ; si l’on approuve rétroactivement l’ordination d’évêques non reconnus auparavant ; si l’on reconnaît des évêques qui se bornent à obéir au gouvernement sans annoncer l’Évangile… alors il est inévitable que des doutes émergent. Si le chef de famille, le Saint-Siège, n’enseigne pas à ses propres enfants ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, s’il sacrifie la vérité au nom d’une harmonie dépourvue de tout principe, et qu’il ne soutient pas une foi authentique et saine… s’agit-il encore de la communion voulu par le Christ ? ».
     — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • 86 sénateurs français appellent à agir contre la recrudescence des attaques antichrétiennes dans le pays

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    De Solène Tadié sur CNA :

    Les sénateurs français appellent à agir contre la recrudescence des attaques antichrétiennes dans le paysbouton de partage sharethis

    20 octobre 2025

    Dans une initiative sans précédent, 86 sénateurs français ont signé un appel public dénonçant la montée alarmante des actes antichrétiens en France et exhortant le gouvernement à prendre des mesures concrètes pour protéger les croyants et les lieux de culte.

    La déclaration, dirigée par la sénatrice Sylviane Noël de Haute-Savoie (sud-est de la France) et publiée sur le site conservateur « Boulevard Voltaire », dresse un tableau grave de la violence croissante contre les églises et les chrétiens à travers le pays — et de ce que les signataires décrivent comme une indifférence coupable des pouvoirs publics.

    « Il ne se passe pas une semaine sans que la presse quotidienne régionale ou les réseaux sociaux ne nous informent de ces attaques, allant de la profanation et de l’incendie criminel aux agressions physiques », prévient l’appel.

    Selon les données citées dans le texte, 322 actes antichrétiens ont été enregistrés au cours des cinq premiers mois de 2025 seulement, soit une augmentation de 13 % par rapport à la même période en 2024. Les vols d'objets liturgiques ont également augmenté de plus de 20 % en deux ans, avec 820 cas signalés en 2024 contre 633 en 2022.

    L'appel cite brièvement quelques incidents emblématiques pour illustrer cette tendance alarmante. Dans les Landes, au moins 27 églises ont été vandalisées ou profanées en quelques semaines, tandis qu'à Nice, la profanation d'une croix boulevard de la Madeleine a choqué la population locale.

    Le cas le plus emblématique de ces derniers mois a été le meurtre d'Ashur Sarnaya , un réfugié chrétien assyro-chaldéen de 45 ans originaire d'Irak et souffrant d'un handicap, alors qu'il était diffusé en direct sur les réseaux sociaux le 10 septembre. Son histoire est devenue un symbole à la fois de l'endurance chrétienne et de la vulnérabilité tragique des croyants dans la France d'aujourd'hui.

    « Il avait fui l'Irak et les persécutions pour trouver refuge dans notre pays », notent les sénateurs, soulignant le coût humain et l'urgence morale de ces actes de violence.

    Ils rappellent également le meurtre tragique, en 2016, du père Jacques Hamel, assassiné à l'autel par un musulman radicalisé alors qu'il célébrait la messe.

    Les sénateurs dénoncent l'indifférence des milieux politiques et médiatiques envers les chrétiens. Ils constatent que les incidents impliquant d'autres confessions suscitent souvent des réactions officielles immédiates et une large couverture médiatique, tandis que les attaques contre des sites chrétiens passent souvent inaperçues.

    Pour illustrer ce déséquilibre, ils comparent l'indignation publique provoquée par les têtes de porc abandonnées devant plusieurs mosquées parisiennes le mois dernier avec le quasi-silence qui a suivi l' incendie d'une statue de la Vierge Marie à Guingamp lors d'une messe pour la fête de la Nativité de Marie le 8 septembre. 

    Si la France a mis en place des plateformes de signalement et des systèmes de soutien pour les victimes d’actes antisémites et antimusulmans, aucun mécanisme équivalent n’existe pour les incidents antichrétiens.

    « Aujourd'hui, nous appelons solennellement le gouvernement à agir sans délai », déclarent les sénateurs dans leur déclaration. « Il est urgent de mettre en place un système national de signalement et de soutien aux victimes d'actes antichrétiens, accessible au grand public, clair et efficace. »

    « Cette disparité nourrit chez de nombreux croyants l'impression que certaines victimes de violences religieuses sont traitées comme moins dignes d'attention », poursuit l'appel. « Face à cette indéniable montée d'hostilité, de nombreux chrétiens en France se sentent de plus en plus abandonnés. »

    L'appel insiste sur le fait que la devise de la France — liberté, égalité et fraternité — doit être appliquée de manière égale à tous les croyants.

    « La liberté exige que chaque citoyen puisse pratiquer sa foi sans crainte de menaces ou de profanations », affirme-t-il. « L'égalité exige que l'État, au plus haut niveau, déploie les mêmes moyens de protection pour tous. La fraternité, enfin, nous oblige à considérer que lorsqu'un croyant est blessé, c'est toute la communauté nationale qui est touchée. »

    Sans chercher à monter les communautés les unes contre les autres, les sénateurs concluent que la protection des chrétiens s'inscrit dans un effort plus large de défense de l'unité de la France.

    « Lorsqu'une synagogue est profanée, lorsqu'une mosquée est prise pour cible, lorsqu'une église est vandalisée, c'est toujours la même liberté fondamentale qui est menacée », écrivent-ils. « Aucune haine ne sera jamais tolérée, aucune violence contre un croyant ne sera jamais relativisée. »

    Ce débat plus large sur le respect dû aux chrétiens en France a également été ravivé par la polémique autour du film « Sacré Cœur », qui raconte l'histoire de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus née il y a 350 ans à Paray-le-Monial. Avant sa sortie, les affiches promotionnelles du film ont été refusées par les compagnies ferroviaires nationales, invoquant la « laïcité » et l'opposition au « prosélytisme ».

    Cette décision a suscité une réaction générale et a mis en évidence ce que de nombreux observateurs décrivent comme une hostilité plus profonde envers le christianisme – une attitude qui cherche à marginaliser la présence et l’expression chrétiennes dans la sphère publique, alors même que la foi continue de façonner l’identité morale et culturelle de la France. 

  • Pourquoi les écoles catholiques ont besoin d'enseignants catholiques

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    De sur le CWR :

    Opinion : Pourquoi les écoles catholiques ont besoin d'enseignants catholiques

    Si les écoles catholiques ne forment pas les élèves à la conviction et à la clarté, les idéologies laïques sont prêtes à combler le vide.

    Si une école catholique prend au sérieux la formation des élèves catholiques, elle doit prendre au sérieux également le recrutement des enseignants catholiques.

    Cela ne devrait pas être sujet à controverse. Mais dans de nombreux cercles, parfois même au sein de l'éducation catholique, c'est le cas. Une étrange réticence persiste parmi certaines institutions catholiques à affirmer ce qui devrait être une évidence : l'identité catholique commence par les catholiques. On ne peut transmettre ce qu'on ne vit pas.

    Comme l’a écrit saint John Henry Newman, « en pratique », l’éducation se corrompt lorsqu’elle est séparée de la foi et ne parvient pas à fournir aux étudiants une formation morale et personnelle ; par conséquent, « l’Église est nécessaire à son intégrité ».

    Pour les écoles catholiques, cela signifie que des enseignants catholiques fidèles sont essentiels.

    Recruter un corps enseignant exclusivement catholique n'est pas une question de discrimination, mais une question de mission. Il s'agit de garantir que l'identité catholique d'une école ne soit pas un simple slogan, mais la culture même que respirent les étudiants.

    Le pape Benoît XVI a déclaré : « Le but de toute éducation, et en particulier de l'éducation catholique, est de former des hommes et des femmes engagés dans la vérité, des saints en devenir. » Il s'ensuit donc que les enseignants doivent être des modèles de sainteté, de fidélité et de joie. Ils doivent s'exprimer avec le cœur de l'Église et véhiculer une vision unifiée de la vérité.

    Cela ne signifie pas que les enseignants doivent être parfaits, mais qu'ils doivent être fidèles. L'idée que la foi personnelle d'un enseignant soit sans rapport avec sa matière n'a pas sa place dans une école catholique. Chaque discipline, de la théologie aux sciences, aborde les questions de vérité, de sens, de beauté et de nature de la personne humaine.

    Dans une école ancrée dans sa mission catholique, les élèves apprennent à voir le monde avec un regard sacramentel. Les mathématiques ne se résument pas à des chiffres ; elles sont la logique ordonnée du Créateur. L'histoire n'est pas une simple chronologie ; elle est le déploiement de la Divine Providence. Et l'enseignant n'est pas un simple instructeur, mais un témoin, et ce témoin doit être catholique.

    Les professeurs qui aiment l'Église et vivent leur foi avec joie ne se contentent pas de donner des cours magistraux ; ils témoignent. Leur présence renforce les enseignements dispensés en classe, les activités des élèves à la chapelle et la culture de l'établissement.

    Lorsque cette foi est absente (par exemple, lorsqu'un enseignant s'écarte des enseignements de l'Église ou les ignore tout simplement), une certaine dissonance théologique s'installe dans la classe. Les élèves le remarquent. Avec le temps, ils commencent à compartimenter : la théologie d'un côté, la « vie réelle » de l'autre.

    Nous ne pouvons pas nous permettre une telle séparation. Pas aujourd'hui.

    En 2025, l'Église continue de perdre des jeunes. La prochaine génération grandit dans une société submergée par la confusion morale, le bruit numérique et la solitude culturelle. Si les écoles catholiques ne forment pas les élèves à la conviction et à la clarté, les idéologies laïques sont prêtes à combler ce vide.

    Un corps professoral entièrement catholique n'est pas une solution miracle, mais une sorte de bouclier spirituel. Il contribue à créer les conditions propices à une formation authentique. Il envoie un message clair : ceux qui façonnent l'esprit et le cœur des étudiants croient en ce qu'ils enseignent. Ils le vivent. Ils l'aiment. Leur vie reflète la liberté et la joie de la vérité.

    Certains soutiennent qu'exiger que tous les enseignants soient catholiques limite le recrutement ou entrave la diversité de pensée. Mais l'éducation catholique n'est pas au service de la diversité ; elle existe au service de la vérité. La mission d'une école catholique n'est pas de refléter toutes les idéologies ou tendances culturelles. Elle est de former des hommes et des femmes de sainteté, de sagesse et de liberté authentique.

    Comme l'écrivait saint Jean-Paul II dans  Veritatis Splendor , « la liberté ne consiste pas à faire ce que l'on veut, mais à avoir le droit de faire ce que l'on doit ». Cette liberté exige la fidélité. Elle exige des enseignants orientés vers la vérité, non seulement intellectuellement, mais personnellement.

    Heureusement, certaines écoles incarnent parfaitement cette philosophie. Nombre des établissements recommandés par le Guide Newman de la Cardinal Newman Society défendent ces idéaux de manière remarquable. Certains exigent de chaque membre du corps enseignant qu'il signe un serment de fidélité au Magistère. D'autres construisent leur culture scolaire autour de la messe quotidienne, de la prière et de la formation continue.

    Ces écoles prospèrent, non seulement en termes de résultats scolaires, mais aussi de vitalité spirituelle. Leurs élèves ne se contentent pas de mémoriser les réponses du catéchisme ; ils les intériorisent. Et une fois diplômés, ils sont beaucoup plus susceptibles de rester catholiques grâce à leur formation catholique holistique.

    Alors oui, les écoles catholiques ne devraient embaucher que des enseignants catholiques. Non par peur, mais par amour : amour des élèves, qui méritent des enseignants qui disent la vérité sans compromis. Amour de l'Église, qui mérite des institutions qui lui appartiennent pleinement. Amour de la mission, car l'éducation catholique n'est pas, en fin de compte, une question de préparation à l'université ; elle concerne les âmes.

    Nous avons besoin d'éducateurs joyeux, audacieux et fidèles. Nous avons besoin de saints dans nos classes. Et ils doivent être catholiques.

  • Léon XIV : Le retour des symboles

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : Le retour des symboles

    Lors de sa visite au président italien, Léon XIV a déployé tous les efforts possibles. Le 14 octobre, Léon XIV et le président Sergio Mattarella se sont rencontrés au palais du Quirinal, lors d'une visite qui a respecté le rituel d'une visite d'État, signe distinctif.

    Le pape François avait préféré des visites simplifiées et refusé l'escorte de cuirassiers montés sur la dernière partie du voyage. Il avait également renoncé à l'habit papal, qui comprend la mozzetta et l'étole, non pas – comme on le croit souvent à tort – un symbole du pouvoir temporel du pape, mais de la nature transformée du pouvoir politique sous le signe de l'Évangile.

    La robe papale est rouge et blanche car elle s'inspire des insignes de l'Empire romain, hérités de l'empereur Constantin, qui fit également du catholicisme sa religion d'État. Symboliquement, elle symbolise le passage de l'empire du pouvoir à celui de l'amour, jusqu'au don de la vie.

    Il convient de noter que, lors de sa visite à Léon XIV le 6 juin dernier, Mattarella a effectué une visite « privée », un rituel bien simplifié par rapport à une visite d'État, et une mesure raisonnable compte tenu des circonstances. Il aurait été compliqué, en cette année jubilaire, de libérer la place Saint-Pierre pour permettre au cortège italien d'entrer sans être dérangé par l'Arc des Cloches, puis de procéder à l'intégralité de la cérémonie, qui, selon le protocole, devrait inclure un échange de discours et même une rencontre entre le président et le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège.

    Le pontificat du pape François a entraîné une déconstruction des symboles . Le pape argentin avait le désir et la vision d'une papauté à taille humaine, proche du peuple. En cela, sa vision était explicitement ancrée dans le populisme argentin. Pourtant, en se dépouillant de ses symboles et en se présentant comme son égal, le dirigeant fait en réalité l'inverse : il envoie un message de supériorité et s'abaisse au peuple.

    Le pape François n'a pas simplement refusé la mozzetta, qu'il ne portait jamais. En 2020, il a demandé une modification controversée de l'Annuario Pontificio, le « Who's Who » du Vatican. La première page de l'Annuaire est toujours consacrée au pape et à tous ses titres.

    Le pape François a choisi une approche différente : la première page de l’Annuaire présentait le nom de François et sa biographie, tandis que la page suivante comprenait une liste de ce que l’on appelait des « Titres historiques ».

    Le message était clair : le pape soulignait son rôle de pasteur, tandis que les titres devenaient un héritage du passé. Importants, certes, mais historiques.

    Le premier titre historique de l'Annuaire était celui de Vicaire du Christ, ce qui a également créé des problèmes potentiels dans le dialogue œcuménique. Car si le pape est Vicaire du Christ uniquement par titre historique, il n'a pas la primauté, mais est simplement le premier dans le corps des évêques. Un premier parmi ses pairs, dont la décision est reconnue par l'élection, et non par le Saint-Esprit.

    Cependant, le titre de Primat d'Italie figurait également parmi les titres historiques. François avait d'ailleurs demandé à la Conférence épiscopale italienne d'élire son propre président . Or, les évêques italiens, précisément parce que le pape est primat d'Italie, avaient décidé que c'était lui qui choisirait leur président, et qu'ils proposeraient au maximum une liste restreinte de trois personnes. De plus, le pape François a toujours personnellement choisi – ou fait choisir – le président des évêques, sans grande synodalité.

    Léon XIV s'est proclamé primat d'Italie lors de son discours au palais du Quirinal devant le président de la République. Il a accepté la cérémonie d'État, qui comprenait l'accueil du pontife à la frontière italienne, place Saint-Pierre. Il portait la mozzetta et l'étole autrefois portées par Jean-Paul II, dont l'un des symboles était la « tiare », la tiare papale que Paul VI avait abandonnée et vendue, faisant ainsi don symboliquement des bénéfices aux personnes en situation de pauvreté.

    Léon XIV remet ainsi au premier plan les symboles du pontificat que le pape François avait délaissés. Avec lui, la personne du pape occupe une place centrale. Léon XIV, lui, accepte tous les symboles, accorde une attention particulière à la liturgie et souhaite être présent.

    Ce retour aux symboles se manifeste également dans de petits détails. Du fait que les cardinaux portent leur robe de chœur lorsqu'ils le rencontrent – ​​le pape François a demandé aux évêques et aux cardinaux de porter le « clergyman » lors des sessions du Synode – au fait que le pape porte soigneusement l'étole de sa robe de chœur lorsqu'il rencontre les chefs d'État catholiques et ne la porte pas en l'absence des souverains catholiques, en passant par la voiture qu'il utilise pour se déplacer.

    Mais cela est également évident dans l’appel du procès du Vatican sur la gestion des fonds de la Secrétairerie d’État, car le Tribunal a finalement tracé une ligne entre le Vatican et la législation italienne, allant jusqu’à la définir dans un arrêt comme « la République voisine ».

    En fin de compte, il existe une conception de la dignité papale qui transcende la personne, ou l'image que l'on souhaite projeter, mais qui s'inspire plutôt de la substance de l'histoire . Aussi incroyable que cela puisse paraître, celui qui remet au premier plan les symboles anciens du pontificat est un pape américain, un pape du Nouveau Monde, dont on aurait pu raisonnablement s'attendre à ce qu'il ne porte pas le poids culturel d'une tradition bimillénaire. Pourtant, il s'agit du représentant d'une République qui ne fêtera son quart de millénaire que l'année prochaine.

    Léon XIV est encore en train d'apprendre à être pape, et diverses situations en témoignent, comme les interviews impromptues qu'il donne à chaque sortie de Castel Gandolfo. Elles ont suscité de nombreuses discussions. (Vous souvenez-vous de l'histoire du prix décerné au sénateur Durbin ?) Sa décision de publier une exhortation apostolique de François, Dilexi Te, illustre au moins une fois de plus la présence du passé dans son désir évident de rester toujours au-dessus de la mêlée.

    Nous avons affaire à un pape qui comprend les institutions, leur histoire et leur importance durable. Du moins, Léon XIV ne les méprise pas.  Ce pontificat ne cherche pas à rompre avec le passé, comme en témoignent les nombreuses références au pape François dans ses discours. Il s'agit plutôt d'un pontificat qui vise à relier le passé, même le plus lointain, au présent.

    Entre-temps, Léon XIV commence peu à peu à s'attaquer aux dossiers les plus sensibles. Les cinq juges de l'affaire Rupnik ont ​​enfin été nommés. La gestion des fonds du Vatican n'est plus du ressort exclusif de l'Institut pour les œuvres de religion, et un nouveau préfet a été nommé au Dicastère des évêques .

    La transition majeure dans l’épiscopat américain devra attendre, peut-être même jusqu’à la fin de l’année prochaine, après que Léon XIV aura probablement fait son premier voyage de retour aux États-Unis.

    Entre-temps, le cardinal Blaise Cupich, archevêque de Chicago, a été nommé à la Commission de l'État de la Cité du Vatican. L'actuel archiprêtre de la basilique vaticane, le cardinal Mauro Gambetti, a été démis de ses fonctions.

    D'un côté, la décision du pape pousse Gambetti vers l'exil. De l'autre, le pape confie à Cupich un poste qui marque son adieu à Chicago, mais dont il ignore potentiellement tout. Est-ce une façon de lui indiquer la voie de sortie ?

    Est-ce un poste qui remplacera celui d’archevêque de Chicago ?

    Seul le temps nous le dira.

  • L'Église compte sept nouveaux saints

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    La foi qui excelle, l'Église compte sept nouveaux saints

    Hier, Léon XIV a canonisé les Italiens Bartolo Longo, Maria Troncatti, Vincenza Maria Poloni, l'Arménien Ignazio Maloyan, le Papou Peter To Rot et les Vénézuéliens Carmen Rendiles Martínez et José G. Hernández. Tous témoins de la foi « capables de diffuser la lumière du Christ ».

    20_10_2025

    Canonisations 19 octobre 2025 (Vatican Media - LaPresse)

    L'Église compte sept nouveaux saints. Hier, Léon XIV a canonisé Bartolo Longo, fondateur du sanctuaire de Notre-Dame de Pompéi ; Maria Troncatti, fille de Marie Auxiliatrice ; Vincenza Maria Poloni, fondatrice de l'Institut des Sœurs de la Miséricorde ; Ignacio Maloyan, archevêque arménien catholique ; Peter To Rot, catéchiste papou ; et ceux qui sont ainsi devenus les premiers saints vénézuéliens de l'histoire : María Carmen Rendiles Martínez et José Gregorio Hernández Cisneros.

    Dans son homélie lors de la célébration d'hier à Saint-Pierre , le pape a déclaré que « ce qui est le plus précieux aux yeux du Seigneur », c'est « la foi, c'est-à-dire le lien d'amour entre Dieu et l'homme ». À cet égard, les sept nouveaux saints, a déclaré Prevost, « ont maintenu allumée la lampe de la foi ; ils sont même devenus des lampes capables de diffuser la lumière du Christ ». La date d'hier pour ces sept nouvelles canonisations a été fixée par Léon XIV lors du premier consistoire public ordinaire de son pontificat, tenu le 13 juin 2025 au Palais apostolique. Lors de cette convocation, il a fait en sorte que Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati soient canonisés ensemble le 7 septembre.

    L'homélie de Prevost a mis l'accent sur l'importance de la foi, qui surpasse « les grands biens matériels, culturels, scientifiques et artistiques (...) non pas parce qu'ils sont méprisables, mais parce que sans la foi, ils perdent leur sens ». Analysant le passage de l'Évangile, le pape a expliqué que Jésus se demandait ce qui arriverait si la foi disparaissait du monde. « Le ciel et la terre resteraient comme avant », a expliqué Leon XIV, « mais il n'y aurait plus d'espoir dans nos cœurs ; la liberté de tous serait vaincue par la mort ; notre désir de vie s'effondrerait », concluant que « sans la foi en Dieu, nous ne pouvons espérer le salut ». Étaient également présents à la cérémonie le président de la République, Sergio Mattarella, et le président de la Chambre des députés, Lorenzo Fontana.

    Trois Italiens furent élevés aux honneurs des autels : un laïc et deux religieuses. Bartolo Longo, avocat des Pouilles, anticlérical et même sataniste, se convertit grâce à une rencontre avec la comtesse Marianna De Fusco et, sur ses terres de la Vallée de Pompéi, entendit une voix l'exhorter à répandre le Rosaire pour le salut. De cet épisode naquit l'engagement de construire un sanctuaire dédié à Notre-Dame du Rosaire à Pompéi, approuvé par Léon XIII, devenu son ami. Sœur Vincenza Maria Poloni fut la fondatrice de l'Institut des Sœurs de la Miséricorde de Vérone, présent dans des maisons et des communautés en Italie, en Allemagne, au Portugal, en Tanzanie, en Angola, au Burundi, en Argentine, au Brésil et au Chili. Figure entièrement vouée à la charité envers les pauvres et les malades, son engagement puisait force et inspiration dans sa proximité avec le Saint-Sacrement, jour et nuit. Sœur Maria Troncatti devint également sainte, la deuxième après sainte Maria Domenica Mazzarello à appartenir à l'institut des Filles de Marie Auxiliatrice.

    Deux martyrs furent également canonisés : l'archevêque Ignatius Maloyan, tué en 1915 lors du génocide arménien perpétré par l'Empire ottoman ; et Peter To Rot, le catéchiste papou tué en 1945 pendant l'occupation japonaise parce qu'il s'opposait à la réintroduction de la polygamie et qui devint le premier saint de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

    La foi, a dit le Pape, « soutient notre engagement pour la justice, précisément parce que nous croyons que Dieu sauve le monde par amour, en nous libérant du fatalisme » et que le Christ est « l'humble qui appelle les puissants à la conversion, le juste qui nous rend justes » comme en témoignent les sept nouveaux saints que Léon XIV définit comme « non pas des héros, ni des champions d'un idéal, mais des hommes et des femmes authentiques ».

  • Les théologiens et les érudits qui nient la virginité de Marie constituent un « défi » pour l’Église

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    De Victoria Cardiel sur ACI Prensa via CWR :

    Les théologiens et les érudits qui nient la virginité de Marie constituent un « défi » pour l’Église

    Détail de "L'Immaculée Conception" (1767-69) de Giovanni Battista Tiepolo, au Musée du Prado, Espagne. (Wikipédia)
    17 octobre 2025

    Le père Stefano Cecchin, OFM, président de l' Académie mariale pontificale internationale (PAMI), qui dépend directement de la Curie romaine, a déclaré dans une récente interview que l'Église est confrontée à des défis persistants concernant les vérités sur la Vierge Marie.

    Cecchin a déclaré à ACI Prensa, le partenaire d'information en langue espagnole de CNA, que le PAMI est confronté chaque jour à des défis de la part des protestants ainsi que de certains groupes au sein de l'Église catholique, ouvertement et indirectement, qui nient le dogme de la virginité de Marie établi au concile d'Éphèse en 431 après J.-C. et au concile du Latran de 649.

    « Il y a des théologiens et des biblistes qui disent que la virginité de Marie est un mythe, et c'est très dangereux parce que les Pères de l'Église, et même le Coran, défendent la virginité de Marie », a déclaré le prêtre.

    Le diable est derrière les attaques contre l'Immaculée Conception

    Cecchin est un expert en mariologie et du dogme de l'Immaculée Conception, qui fait référence à la préservation de Marie du péché originel dès sa conception dans le ventre de sa mère et a été officiellement défini par le pape Pie IX le 8 décembre 1854.

    Marie a toujours été la cible des attaques du diable, explique Cecchin, notamment en raison de son rôle dans l'économie du salut.

    « Le diable travaille dur ; je l'ai souvent vu, surtout contre l'Immaculée Conception », a-t-il déclaré. « Je vois comment il continue d'attaquer la figure de Marie, et en ce moment même, il l'attaque au sein de l'Église avec ceux qui, par exemple, disent que Marie n'est pas vierge. »

    « La première attaque contre le Christ concernait la virginité de Marie, qui aurait couché avec un soldat romain. Jésus n'était donc pas le véritable fils de Dieu. Si nous remettons en question la virginité de Marie, nous remettons en question toute la chrétienté », a-t-il souligné.

    Cecchin a rappelé que, d'un point de vue biblique et théologique, Marie occupe une place unique dans l'histoire du salut, en tant que mère de Dieu et figure de l'Église. Il a expliqué que son rôle ne se limite pas à l'Incarnation passée, mais qu'elle continue d'être active dans la vie spirituelle des croyants.

    « Le fait est que ce n'est pas nous qui cherchons Dieu, mais lui qui nous cherche. C'est pourquoi, après l'ascension de Jésus au ciel, les anges ont dit [aux apôtres] qu'ils ne le reverraient pas avant son retour au jour glorieux. Mais Jésus confie l'Église à Marie : “Voici ta mère.” C'est pourquoi Marie continue de prendre soin de nous et s'efforce de nous ramener à lui », a-t-il expliqué.

    « Dieu ne veut pas que quiconque aille en enfer »

    Le directeur du PAMI, qui est chargé de coordonner tous les chercheurs et sociétés mariologiques du monde entier, a souligné que les apparitions mariales et les appels à la conversion doivent être compris comme des expressions de la miséricorde divine, et non comme des manifestations de peur ou de punition.

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  • Bartolo Longo, ancien sataniste devenu apôtre du Saint Rosaire et de Notre-Dame de Pompéi, sera canonisé ce 19 octobre

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    Sept nouveaux saints seront canonisés par le pape Léon XIII le 19 octobre

    Dans une célébration mondiale de sainteté, le pape Léon XIV canonisera sept nouveaux saints ce dimanche 19 octobre, lors d'une messe solennelle à la basilique Saint-Pierre.

    Parmi ces sept personnes figurent trois femmes et quatre hommes, représentant un puissant échantillon de l'Église : missionnaires, martyrs, laïcs et religieux. Leurs origines s'étendent de Papouasie-Nouvelle-Guinée, du Venezuela, de Turquie et d'Italie, signe manifeste de l'universalité de l'Église.

    Un futur saint, autrefois membre d'une secte satanique, s'est converti de manière spectaculaire et est devenu un fervent promoteur du Saint Rosaire en Italie, offrant un message de rédemption radicale. 

    D'Antonio Tarallo sur la NBQ :

    Bartolo Longo, le converti qui fait aimer la Madone

    Anticlérical et même, pendant un an et demi, « prêtre sataniste », Bartolo Longo a vécu une conversion extraordinaire, notamment grâce à trois personnes. Voici l'histoire de ce bienheureux natif de Latiano, grand apôtre du Saint Rosaire et de Notre-Dame de Pompéi.

    07_05_2022

    Marie entre dans la vie de chacun de nous avec une force et une douceur incroyables. Sa voix, un murmure, un vent qui souffle dans le cœur et l'élargit jusqu'à prendre pleinement racine dans l'âme. C'est le miracle de la conversion. Nombreux sont ceux qui ont fait l'expérience de cette effusion de l'Esprit : et en vivant ce changement de vie, ils sont devenus, à leur grande surprise, enfants (et même, dans une certaine mesure, bien-aimés) de la Mère par excellence, la Vierge Marie.

    Bartolo Longo est l'un des exemples les plus illustres de ces conversions extraordinaires . Son nom est inextricablement lié à la Vierge de Pompéi, la Madone à laquelle chaque Napolitain est attaché. Mais qui était Bartolo Longo, « l'homme de la Madone », comme l'appelait saint Jean-Paul II en 1980, le jour de sa béatification ? Quelle vie menait-il avant de rencontrer la Vierge sur son chemin ? Et comment sa vie a-t-elle changé à partir de ce moment ? Pour répondre à ces questions, il nous faut voyager, en imagination, jusqu'à Latiano, une petite ville de la province de Brindisi. C'était le 10 février 1841, lorsque naquit le petit Bartolomeo. Enfant intelligent et extraverti, il aimait les plaisirs de la vie, en particulier la musique. Il l'aimait tellement qu'il ne mangea que des pommes de terre pendant un an pour économiser afin de s'acheter un piano et une flûte. Mais une ville sera fondamentale dans sa vie : Naples, où il s'inscrivit à la faculté de droit en 1863.

    Naples représente une pierre angulaire de son anticléricalisme : dans les années suivant l’unification de l’Italie, un fort sentiment antireligieux et antipapal prévalait dans les salles de classe des universités napolitaines. Les manifestations contre l’Église, le clergé et la foi catholique étaient alors quotidiennes. Bartolo Longo fut emporté par ce courant. Mais ce n’est pas tout : après avoir lu la Vie de Jésus du philosophe français Ernest Renan, il adhéra pleinement au mouvement de protestation anticlérical. C’est durant ces années qu’il assista avec enthousiasme aux cours de littérature et de philosophie de professeurs ouvertement anticatholiques tels qu’Augusto Vera, Bertrando Spaventa et Luigi Settembrini : des cours universitaires marqués par le positivisme ambiant et, par conséquent, par le déni du surnaturel. Ce fut le tremplin décisif pour rejoindre une secte satanique, où il devint même « prêtre sataniste » pendant environ un an et demi. Les adeptes de ce mouvement avouaient communiquer fréquemment avec le diable, qui leur apparaissait sous les traits de l'archange Michel.

    Mais quelle est l'origine de ce changement de vie ? Dans cette histoire de conversion, trois noms seront déterminants pour le changement d'orientation du jeune Longo : le premier est le professeur Vincenzo Pepe, son compatriote et homme à la foi inébranlable. C'est vers lui que Bartolomeo se tournera, lui expliquant la détresse physique et mentale qu'il ressentait à cause de son engagement dans le spiritisme. Et le professeur Pepe l'orientera vers un directeur spirituel, le dominicain Alberto Radente, deuxième personnage clé de sa conversion. Peu après, le père Radente parviendra à le faire entrer dans le Tiers-Ordre dominicain. C'est là un tournant dans l'histoire : l'Ordre fondé par saint Dominique – comme chacun sait – est profondément lié à la Vierge Marie et, surtout, à la pratique du Saint Rosaire, une dévotion ancienne qui trouve ses racines dans la fondation même des Frères Prêcheurs (XIIIe siècle). Et c'est ainsi que Barthélemy commence son chemin vers Marie, à travers ces grains du Rosaire qui deviennent pour lui les étapes vers l'ascèse, vers le Paradis : des profondeurs de l'enfer jusqu'au Ciel marial bleu.

    De Naples, il retourna dans sa ville natale et commença à se consacrer à une vie de charité et d'œuvres caritatives. Mais peu après, Naples reprit vie : aspirant à de plus grandes œuvres, il s'y installa de nouveau. Il y rencontra une femme qui contribua à sa formation religieuse et à sa conversion de plus en plus radicale : la noble Marianna Farnararo, veuve de De Fusco, troisième personnage clé de l'épopée de Longo. À partir de ce moment, Bartolo connut un tournant décisif, devenant le compagnon inséparable de la comtesse dans ses œuvres caritatives.

    Et comment Pompéi est-elle née dans le cœur de Longo ? Laissons-le raconter par ses propres mots :

    Un jour d'octobre 1872, la tempête qui s'abattait sur mon âme me brûla le cœur plus que jamais et me remplit d'une tristesse profonde, presque désespérée. Je quittai le casino De Fusco et me mis à marcher précipitamment à travers la vallée, sans savoir où. Et ainsi, en marchant, j'atteignis l'endroit le plus sauvage de ces régions (…). Tout était enveloppé d'un profond silence. Je regardai autour de moi : pas une âme en vue. Puis je m'arrêtai brusquement. Je sentis mon cœur éclater. Dans cette obscurité de l'âme, une voix amicale sembla me murmurer à l'oreille : « Si tu cherches le salut, répands le Rosaire. C'est la promesse de Marie. Quiconque répand le Rosaire est sauvé ! »

    Cette pensée fut comme un éclair qui brisa l'obscurité d'une nuit d'orage. Satan, qui me tenait captive comme une proie, entrevit sa défaite et resserra son étreinte sur moi. Ce fut la lutte finale, une lutte désespérée. Avec l'audace du désespoir, je levai le visage et les mains au ciel et, me tournant vers la Vierge céleste, je me suis écriée : « S'il est vrai, m'écriai-je, que vous avez promis à saint Dominique que quiconque répand le Rosaire sera sauvé, je serai sauvée, car je ne quitterai pas cette terre de Pompéi sans y avoir répandu votre Rosaire. » Personne ne répondit : un silence de mort m'enveloppa. Mais d'un calme qui succéda soudain à la tempête dans mon âme, je devinai que peut-être ce cri d'angoisse serait un jour exaucé. Un écho lointain venu de la campagne parvint à mes oreilles et me secoua : c'était l'Angélus de midi. Je me prosternai et articulai la prière qu'un monde de fidèles adresse à Marie à cette heure-là. En me relevant, je vis une larme couler sur ma joue. La réponse du ciel ne s'est pas fait attendre .

    Ces mots semblent sortis de la plume de Paul Claudel : poétiques, vrais, touchants. Le voyage de Bartolo Longo avait enfin atteint sa destination : Pompéi. En 1982, l’historien Gabriele De Rosa décrivait le fondateur du sanctuaire de Notre-Dame de Pompéi comme le plus grand promoteur laïc de la dévotion à Notre-Dame du Rosaire au XXe siècle. Un texte de Giovanni Croiset, intitulé « Esercizi di Pietà » , se distingue dans sa bibliothèque privée ; il s’agit du septième volume des œuvres complètes du jésuite français. En le feuilletant, on est frappé par un commentaire de Longo : « Quelle est ma vocation ? Écrire sur Marie, faire louer Marie, faire aimer Marie . » En bref, toute sa mission.

  • Les statistiques de l'Église catholique 2025 : pas de quoi se réjouir vraiment

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    VATICAN - Les statistiques de l'Église catholique 2025

    17 octobre 2025

    Cité du Vatican (Agence Fides) – À l'occasion de la 99e Journée Mondiale des Missions, qui sera célébrée dimanche 19 octobre 2025 sur le thème « Missionnaires d'espérance parmi les peuples », comme de coutume, l'Agence Fides présente quelques statistiques choisies afin d'offrir un panorama de l'Église dans le monde.

    Toutes les données contenues dans ce dossier et dans ses tableaux, préparés par Elena Grazini et Luca Mainoldi, sont tirées du dernier « Annuaire statistique de l'Église » publié cette année et concernent tous les membres de l'Église catholique, les structures pastorales, les activités dans le domaine de la santé, de l'aide sociale et de l'éducation.

    Les données contenues dans le volume relatives à la population mondiale totale et au nombre de catholiques baptisés sont mises à jour au 30 juin 2023. Les autres données sont mises à jour au 31 décembre 2023.

    L'Église catholique dans le monde : synthèse des données

    Au 30 juin 2023, la population mondiale comptait 7 914 582 000 personnes, soit une augmentation de 75 639 000 personnes par rapport à l'année précédente. La tendance positive se confirme pour tous les continents, y compris l'Europe.

    Au 30 juin 2023, le nombre de catholiques s'élevait à 1 405 454 000 personnes, soit une augmentation totale de 15 881 000 catholiques par rapport à l'année précédente. Dans ce cas également, l'augmentation du nombre de catholiques concerne les cinq continents, y compris l'Europe, où la tendance à la baisse observée dans le recensement précédent, qui avait enregistré une diminution du nombre de catholiques en 2022 par rapport à 2021, s'est inversée.

    Comme les années précédentes, l'augmentation du nombre de catholiques est plus marquée en Afrique (+8 309 000) et en Amérique (+5 668 000). Viennent ensuite l'Asie (+954 000), l'Europe (+740 000) et l'Océanie (+210 000).

    Le pourcentage de catholiques dans la population mondiale a légèrement augmenté (+0,1) par rapport à l'année précédente, pour atteindre 17,8 %. Si l'on considère chaque continent individuellement, les variations de ce chiffre par rapport à l'enquête précédente sont minimes.

    Le nombre total d'évêques dans le monde a augmenté de 77 unités par rapport à l'année précédente, atteignant 5 430. Le nombre d'évêques diocésains a augmenté (+84) et celui des évêques religieux a diminué (-7). Les évêques diocésains sont au nombre de 4 258, tandis que les évêques religieux sont 1 172.

    Le nombre total de prêtres dans le monde continue de diminuer : 406 996 (-734 par rapport au recensement précédent). Une fois de plus, c'est l'Europe qui enregistre la baisse la plus importante (-2 486), suivie par l'Amérique (-800) et l'Océanie (-44). Comme l'année dernière, des augmentations significatives sont enregistrées en Afrique (+1 451) et en Asie (+1 145). Le nombre de prêtres diocésains dans le monde a diminué globalement de 429 unités, pour atteindre le nombre de 278 742. Inversant la tendance à la hausse observée l'année précédente, le nombre de prêtres religieux diminue également, s'établissant à 128 254 (-305) selon le dernier recensement effectué.

    Dans le dernier recensement annuel, le nombre de diacres permanents dans le monde continue d'augmenter (+1234), atteignant 51 433. Cette augmentation est enregistrée en Amérique (+1257) et en Océanie (+57). De légères baisses sont enregistrées en Asie (-1), en Afrique (-3) et en Europe (-27).

    Le nombre de religieux non prêtres a diminué de 666 unités par rapport à l'année précédente, pour atteindre un total de 48 748. Les diminutions sont enregistrées en Europe (-308), en Amérique (-293), en Asie (-196) et en Océanie (-46), tandis qu'en Afrique, les religieux non prêtres augmentent (+107).

    Même dans les données les plus récentes, la tendance à la baisse globale du nombre de religieuses, observée depuis un certain temps, se confirme : elles sont 589 423 (-9 730). Une fois encore, on observe une augmentation en Afrique (+1 804) et en Asie (+46), tandis que le nombre continue de diminuer en Europe (-7 338), en Amérique (-4 066) et en Océanie (-251).

    Le nombre de séminaristes majeurs, diocésains et religieux, diminue également dans le dernier recensement annuel : ils sont 106 495 dans le monde entier (contre 108 481 l'année précédente). Seule l'Afrique enregistre une augmentation (+383), tandis que l'Amérique (-362), l'Asie (-1331), l'Europe (-661) et l'Océanie (-15) connaissent une baisse.

    Le nombre total de séminaristes mineurs, diocésains et religieux, a également diminué pour atteindre 95 021 (-140) . Dans le détail, la tendance s'inverse en Afrique, passant d'une augmentation enregistrée lors du dernier recensement annuel (+1065) à une baisse enregistrée lors du dernier recensement (-90). Des baisses sont également enregistrées en Europe (-169) et en Océanie (-31), mais on observe une augmentation sensible en Asie (+123) et une augmentation moins marquée en Amérique (+27).

    Dans le domaine de l'instruction et de l'éducation, l'Église soutient dans le monde 74 550 écoles maternelles fréquentées par 7 639 051 élèves ; 102 455 écoles primaires pour 36 199 844 élèves ; 52 085 collèges et lycées pour 20 724 361 élèves. En outre, 2 688 625 étudiants fréquentent des établissements d'enseignement supérieur et 4 468 875 étudiants fréquentent des universités affiliées à l'Église catholique.

    Les établissements sanitaires, caritatifs et d'assistance liés à l'Église catholique sont au nombre de 103 951 et comprennent : 5 377 hôpitaux et 13 895 dispensaires ; 504 léproseries ; 15 566 maisons pour personnes âgées, malades chroniques et handicapés ; 10 858 crèches ; 10 827 centres de consultation conjugale ; 3 147 centres d'éducation ou de rééducation sociale et 35 184 institutions d'autres types.

    Les circonscriptions ecclésiastiques (c'est-à-dire les métropoles, les archidiocèses, les diocèses, les abbayes territoriales, les vicariats apostoliques, les préfectures apostoliques, les missions sui iuris, les prélatures territoriales, administrations apostoliques et ordinariats militaires) dépendant du Dicastère pour l'évangélisation (Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières) sont au nombre de 1 130, selon la dernière variation enregistrée (+7). La plupart des circonscriptions ecclésiastiques confiées au Dicastère, dont le siège se trouve place d'Espagne, se trouvent en Afrique (530) et en Asie (483). Viennent ensuite l'Amérique (71) et l'Océanie (46). (Agence Fides 17/10/2025)

    Pièces jointes à la dépêche

  • Après avoir "cartonné" en France, Le film « Sacré-Coeur » arrive sur les écrans belges !

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    De Clément Laloyaux sur cathobel :

    Après une sortie triomphale en France, le film « Sacré-Coeur » arrive dans les cinémas belges !

    Retrouvez en fin de cet article les séances programmées en Belgique francophone.

    Sorti début octobre en France, le film Sacré-Cœur rencontre un engouement inattendu. Consacré à sainte Marguerite-Marie Alacoque et à la dévotion du Sacré-Cœur, il a déjà séduit plus de... 120 000 spectateurs ! Plusieurs séances sont prévues dans les cinémas belges.

    Ce jeudi 16 octobre, nous fêtons les "Marguerite" en hommage à la sainte du jour : Marguerite-Marie Alacoque. Religieuse visitandine du XVIIᵉ siècle, elle n’est sans doute pas la sainte la plus populaire du calendrier, mais son héritage spirituel demeure immense : c’est à elle que l’on doit la diffusion du culte du Sacré-Cœur.

    L'histoire d'une jeune religieuse devenue "l'apôtre du Sacré-Coeur"

    A l'âge de 24 ans, Marguerite entre au monastère de la Visitation à Paray-le-Monial. Elle prononce ses vœux perpétuels un an plus tard, et ajoute Marie à son nom. Si Marguerite-Marie connaît régulièrement des moments de grâce, elle vit entre 1673 et 1675 les expériences les plus transformatrices de sa vie : trois fois, Jésus apparaît à la religieuse pour lui dévoiler son Cœur débordant d’amour pour l’humanité. Ces trois révélations sur le Sacré-Cœur sont aujourd'hui connues sous le nom de "Grandes apparitions".

    Voici comment elle relate l'une de ces apparitions : "Ce Coeur divin me fut représenté, dit-elle, comme dans un trône tout de feu et de flammes, rayonnant de tous côtés, plus brillant que le soleil et transparent comme un cristal. La plaie qu'il reçut sur la Croix y paraissait visiblement. Il y avait une couronne d'épines autour de ce divin Coeur et une croix au-dessus..." C’est à partir de son récit que se dessinera l’iconographie du Sacré-Coeur telle que nous la connaissons aujourd’hui.

    Avec l’aide du jésuite Claude de la Colombière, elle propage le culte du Sacré-Cœur, d’abord au sein de son monastère, puis dans toute l’Église. Le Christ confie également à la jeune mystique le désir de voir instaurée une fête pour son cœur brûlant d'amour. La fête du Sacré-Cœur sera instituée le troisième vendredi après la solennité de la Pentecôte.

    Marguerite Marie meurt le 17 octobre 1690, à 43 ans. Béatifiée par Pie IX en 1864, elle est canonisée par Benoît XV en 1920.

    Refusé dans le métro, acclamé au cinéma : le film Sacré-Cœur cartonne en France !

    Le 1er octobre est sorti dans les salles en France Sacré-Cœur, son règne n'a pas de fin, un docu-fiction sur la dévotion du même nom. La volonté du duo de réalisateurs, Steven J. Gunnell et sa compagne Sabrina Gunnell, était de montrer qu'"aujourd’hui, dans le monde entier, la puissance du Sacré-Cœur transforme encore des vies."

    Le film démarre au XVIIᵉ siècle, avec les premières apparitions de Jésus à la jeune religieuse de la Visitation de Paray-le-Monial. L'occasion, d'abord, de mettre en lumière la vie de Marguerite-Marie Alacoque, une figure qui n’est pas suffisamment connue dans l’Église, regrette le couple Gunnell au micro d'RCF.

    À travers des reconstitutions soignées et des témoignages poignants, le film retrace ensuite comment l’expérience de l’amour du Christ a consolé et converti les cœurs, de 1673 à aujourd’hui.

    Interdit de publicité

    En France, la sortie de Sacré-Coeur au cinéma s'est faite sur fond de polémique. La SNCF et la RATP (régie des transports en commun à Paris) ont refusé la campagne d'affichage du film, jugée trop "confessionnelle et prosélyte". Ironie du sort, cette censure publicitaire s’est transformée en un véritable coup de projecteur. La presse française, en particulier les médias du groupe Bolloré (partenaires du film NDLR), s’est emparée de l’affaire, offrant au film une visibilité bien plus large que prévu.

    Ascension fulgurante au box-office

    Planifié dans seulement 155 salles à sa sortie, le film a connu, contre toute attente, un engouement immédiat. Le bouche-à-oreille a rapidement pris, tandis que la « cathosphère » s’est mobilisée pour en assurer une promotion parallèle. Finalement, la première semaine, ce sont plus de 42 000 spectateurs qui se sont déplacés pour le découvrir au cinéma ! Face à l’affluence, certaines projections ont dû refuser du monde.

    La deuxième semaine, une centaine de salles supplémentaires se sont ajoutés à la liste. Et pour cette troisième semaine à l'affiche, le film compte 366 cinémas supplémentaires, avec plusieurs salles affichant complet.

    Au total, Sacré-Coeur a franchi la barre des 120 000 entrées en trois semaines d'exploitation. Un véritable succès populaire, mais également commercial, si l'on prend en compte son budget de production très modeste.

    "Un miracle !"

    "C'est franchement un miracle", s'est réjoui Hubert de Torcy, distributeur chez Saje Distribution, dans une interview à Paris Match"Ça dépasse tout ce qu'on a vu jusqu'à présent. Normalement on perd 50% après la première semaine, là c'est franchement l'inverse qui se passe. Toute la profession est subjuguée."

    Sur AlloCinéSacré-Cœur récolte une note moyenne de 4,5 étoiles sur 5. Les critiques des téléspectateurs parlent d'un "véritable hymne à l'amour", d'une "expérience cinématographique bouleversante et lumineuse" et d'un "hommage puissant au sacré-coeur du Christ".

    Des projections prévues en Belgique ?

    Actuellement, le site de référence Cinebel affiche huit séances prévues en Belgique francophone (liste actualisée le 16 octobre).

    • Bruxelles : Cinéma Le Stockel, mercredi 22 octobre à 16:10 (infos)
    • Couvin : Ciné Couvin, mercredi 22 octobre à 18:10 (infos)
    • Tamines : Cinéma Caméo, mercredi 22 octobre à 18:10 (infos)
    • Gedinne : Ciné Gedinne, mercredi 22 octobre à 18:15 (à confirmer)
    • Jodoigne : Cinéma l'Etoile, mercredi 22 octobre à 18:15 (infos)
    • Stavelot : Cinéma Versailles, mercredi 22 octobre à 18:15 (infos)
    • Rixensart : Ciné Centre, jeudi 23 octobre à 18:10 (infos)
    • Habay-la-Vieille : Cinéma Le Foyer, Jeudi 23 octobre à 18:15 (infos)

    Clément Laloyaux avec les radios RCF

  • Les moines du Barroux vont rendre vie à l'abbaye de Bellefontaine (Anjou)

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    De Tribune Chrétienne :

    14 octobre 2025

    Les moines bénédictins du Barroux s’installent à Bellefontaine : un nouveau souffle pour un haut lieu spirituel de l’Anjou

    Dès 2026, des moines bénédictins venus du Barroux, dans le Vaucluse, viendront s’installer à Bellefontaine pour y faire revivre la prière et le silence monastique

    L’abbaye cistercienne de Bellefontaine, haut lieu spirituel de l’Anjou depuis plus de mille ans, s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Après un long discernement, les frères cisterciens, vieillissants et peu nombreux, ont choisi de transmettre le flambeau à une autre communauté monastique : les bénédictins du Barroux, connus pour leur fidélité à la liturgie latine traditionnelle et leur enracinement dans la règle de saint Benoît.

    Depuis plusieurs années, la communauté cistercienne de Bellefontaine s’interrogeait sur son avenir. Malgré des efforts constants pour adapter les bâtiments et imaginer des partenariats avec des associations, les obstacles matériels et humains ont fini par rendre la poursuite de la vie communautaire impossible. « Ce fut une grande déception et une grande épreuve pour les frères », confie le frère Samuel, responsable de la communauté. Dès 2026, des moines bénédictins (une douzaine) venus du Barroux, dans le Vaucluse, viendront s’installer à Bellefontaine pour y faire revivre la prière et le silence monastique. Fondée en 1978 par Dom Gérard Calvet, l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux est aujourd’hui un lieu de rayonnement spirituel où les moines (une soixantaine) vivent selon la règle de saint Benoît, dans la prière, le travail manuel et la vie fraternelle.

    La présence monastique à Bellefontaine remonte à l’an 1010, lorsque, selon la tradition, un ermite s’installa dans le vallon qui donna naissance à un prieuré bénédictin. Ce dernier devint abbaye au XIIᵉ siècle, avant d’être confié aux moines Feuillants en 1642. Après la Révolution, c’est Dom Urbain Guillet, moine cistercien de la Grande Trappe, qui fit renaître le monastère en 1816. Bellefontaine connut alors un remarquable essor, abritant jusqu’à 120 moines à la fin du XIXᵉ siècle.Le 13 novembre prochain, jour de la Toussaint monastique, l’abbaye fermera temporairement ses portes au public. Les offices ne seront plus célébrés ouvertement, mais deux frères demeureront sur place pour entretenir les activités agricoles – notamment la production de pommes et de kiwis – et maintenir ouvert le magasin de l’abbaye. Sept moines rejoindront la maison de retraite des sœurs de la Congrégation Sainte Marie de Torfou, trois poursuivront leur vie monastique dans d’autres abbayes, et trois autres vivront un temps de discernement avant un choix définitif.

    Avant cette transition, la communauté invite tous les amis et fidèles à un moment fraternel d’adieu le jeudi 13 novembre à 15h30, suivi des vêpres à 17h.

    La venue prochaine des bénédictins du Barroux marque ainsi la continuité d’une tradition de prière ininterrompue depuis plus d’un millénaire. À Bellefontaine, la vie monastique se prépare à connaître une nouvelle étape, fidèle à son esprit d’origine, dans le silence et la paix.

     

    Notons qu'il s'agira aussi d'un changement liturgique important puisque l'arrivée des moines du Barroux à Bellefontaine signifiera également une restauration de la liturgie tridentine.

  • Profanation de Saint-Pierre : un avertissement sur la sacralité perdue

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    De Stefano Chiappalone sur la NBQ :

    Profanation de Saint-Pierre : un avertissement sur la sacralité perdue

    L'attentat de vendredi contre l'autel papal est le troisième en deux ans. Ces actes portent atteinte au caractère sacré du site : une dimension presque oubliée dans le safari touristique qui envahit basiliques et cathédrales. 

    15_10_2025

    Lundi 13 octobre, le cardinal Mauro Gambetti, archiprêtre de la basilique vaticane, a célébré un rite de réparation pour la profanation survenue le vendredi 10 octobre. Un homme avait alors gravi les marches de la confession et, avant d'être arrêté par les forces de sécurité, avait eu le temps de baisser son pantalon et d'uriner contre l'autel papal sous le regard des personnes présentes. L'identité et la nationalité du profanateur, arrêté par la gendarmerie vaticane, restent inconnues. L'incident de vendredi est le troisième en un peu plus de deux ans. Le 1er juin 2023, un homme nu se tenait sur l'autel, arborant un slogan pro-ukrainien sur le dos ; deux jours plus tard, Gambetti a célébré le rite de réparation. Le 7 février de cette année, un autre homme est monté sur l'autel, renversant le candélabre. Ces graves incidents soulèvent une fois de plus la question de la sécurité, ainsi que l'indignation répétée au sein de l'Église catholique.

    D'après divers journaux, il semble que le Saint-Père se soit adressé au cardinal archiprêtre de manière assez pressante – on parle d'une rencontre « houleuse » –, déconcerté par l'acte du profanateur et par le retard pris dans la réparation nécessaire. Pourquoi une telle précipitation ? C'est le  Caeremoniale Episcoporum qui stipule qu'« un dommage causé à une église doit être réparé au plus vite par un rite pénitentiel ; tant que ce rite n'est pas accompli, ni l'Eucharistie, ni les autres sacrements ou rites liturgiques n'y seront célébrés » (1071). Tous les jours sont bons, « sauf pendant le Triduum pascal, les dimanches et les solennités » (1073). Le rite aurait donc pu être célébré le lendemain, samedi, qui avait été reporté au lundi.

    Si le malheureux événement s'était produit à Montecitorio ou au Quirinal – aussi élevé que soit le siège institutionnel et grave que soit l'offense – on ne parlerait pas de profanation (sauf au sens large et métaphorique). Le lieu majestueux aurait évidemment été nettoyé, le vandale arrêté, mais sans qu'aucune liturgie réparatrice ne soit nécessaire – ce qui est pourtant nécessaire non seulement à Saint-Pierre, mais aussi dans la paroisse la plus reculée de la campagne. Parce que, dans une église, un espace sacré est endommagé, « une atteinte grave est portée aux saints mystères » et – citant à nouveau le Caeremoniale – de tels actes « sont si graves et contraires à la sainteté du lieu qu'il n'est plus permis d'y exercer le culte jusqu'à ce que l'atteinte soit réparée par un rite pénitentiel » (1070).

    Pour rappeler à ceux qui s'apprêtaient à franchir le seuil de la « sainteté du lieu », une phrase récurrente figurait – et elle est toujours – sur les portails de nombreuses églises antiques : « Terribilis est locus iste ».« Ce lieu est terrible », extrait du livre de la Genèse (28:17), dans l'épisode du rêve de Jacob. Naturellement, ce « terrible » ne doit pas être compris au sens italien courant, comme si derrière l'inscription se trouvait une galerie d'horreurs ; les anglophones auraient peut-être mieux traduit par « impressionnant », qui englobe une gamme de significations, de l'exceptionnel à l'imposant, en passant par le majestueux. Mais il suffit de lire le reste de la phrase pour en saisir le sens : « C'est vraiment la maison de Dieu, c'est la porte du ciel. » La majesté divine y réside, et il va sans dire que l'outrage commis en ce lieu est infiniment plus grave que celui commis ailleurs.

    Paradoxalement, la « sainteté du lieu » semble un lointain souvenir dans les grandes basiliques et cathédrales, à la merci des safaris touristiques, où les smartphones prennent le pas sur l'émerveillement et où même la perception de ce « sacralité profane », due au moins au patrimoine artistique, disparaît. Même lorsque le Vicaire du Christ est présent, presque plus personne ne le voit directement, surtout lorsqu'il est très proche : ce n'est plus la distance qui agit comme un filtre, ni les écrans géants, mais plutôt les « mini-écrans ». Là où reposent les ossements de Pierre, où Michel-Ange et le Bernin (pour n'en citer que deux) ont travaillé, on déambule avec la même nonchalance désinvolte que ce touriste autrichien qui, en 2020, à la Gipsoteca di Possagno, dans la province de Trévise, a cassé les orteils (en plâtre, bien sûr) de Pauline Borghèse pour s'asseoir à côté d'elle et prendre un selfie .

    Qui sait, peut-être que pour une fois, le choc présumé des personnes présentes à la vue de cette urination sacrilège leur a soudain rappelé une réalité oubliée : « Terribilis est locus iste », ce n'est pas un lieu comme les autres. Si tel n’était pas le cas, des incidents similaires seraient destinés à se multiplier, car chacun se sentirait autorisé à le faire – dans ce cas littéralement – ​​en dehors du vase, même dans le lieu le plus saint de la chrétienté, d’une profanation à l’autre.