Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Christianisme - Page 41

  • L'homélie du pape Léon XIV pour le Jubilé des Pauvres

    IMPRIMER

    IXe JOURNÉE MONDIALE DES PAUVRES
    JUBILÉ DES PAUVRES

    MESSE

    HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

    Basilique Saint-Pierre
    XXXIIIe dimanche du Temps ordinaire, 16 novembre 2025

    Chers frères et sœurs,

    les derniers dimanches de l’année liturgique nous invitent à considérer l’histoire dans ses ultimes aboutissements. Dans la première lecture, le prophète Malachie entrevoit l’entrée dans une ère nouvelle avec l’arrivée du jour du Seigneur”. Celui-ci est décrit comme le temps de Dieu, où l’espérance des pauvres et des humbles recevra une réponse ultime et définitive du Seigneur, comme une aube faisant lever un soleil de justice, et où l’œuvre des méchants avec leur injustice, surtout au détriment des sans-défense et des pauvres, seront éradiquées et brûlées comme de la paille.

    Ce soleil de justice qui se lève, comme nous le savons, c’est Jésus Lui-même. Le jour du Seigneur, en effet, n’est pas seulement le dernier jour de l’histoire, mais aussi le Royaume qui s’approche de chaque homme dans le Fils de Dieu qui vient. Dans l’Évangile, utilisant le langage apocalyptique typique de son époque, Jésus annonce et inaugure ce Royaume : Il est Lui-même, en effet, la seigneurie de Dieu qui se rend présente et se fait une place dans les événements dramatiques de l’histoire. Ceux-ci ne doivent donc pas effrayer le disciple, mais le rendre davantage persévérant dans son témoignage et conscient que la promesse de Jésus est toujours vivante et fidèle : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu » (Lc 21, 18).

    Telle est, frères et sœurs, l’espérance à laquelle nous nous accrochons, même dans les événements pas toujours heureux de la vie. Aujourd'hui encore, « l’Église avance dans son pèlerinage à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu, annonçant la croix et la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’Il vienne » (Lumen gentium, n. 8). Et là où tous les espoirs humains semblent s’épuiser, la seule certitude - plus stable que le ciel et la terre - que le Seigneur ne laissera pas se perdre un seul cheveu de notre tête, devient encore plus forte.

    Dans les persécutions, les souffrances, les fatigues et les oppressions de la vie et de la société, Dieu ne nous laisse pas seuls. Il se manifeste comme Celui qui prend position pour nous. Toute l’Écriture est traversée par ce fil rouge qui raconte un Dieu toujours du côté des plus petits, des orphelins, des étrangers et des veuves (cf. Dt 10, 17-19). Et en Jésus, son Fils, la proximité de Dieu atteint le sommet de l’amour : c’est pourquoi la présence et la parole du Christ deviennent joie et jubilé pour les plus pauvres, car il est venu annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres et prêcher l’année de grâce du Seigneur (cf. Lc 4, 18-19).

    Nous vivons, encore aujourd’hui de manière particulière, cet an de grâce, alors que nous célébrons, en cette Journée Mondiale, le Jubilé des pauvres. Toute l’Église exulte et se réjouit, et c’est d’abord à vous, chers frères et sœurs, que je souhaite transmettre avec force les paroles irrévocables du Seigneur Jésus Lui-même : «Dilexi te - Je t’ai aimé» (Ap 3, 9). Oui, face à notre petitesse et à notre pauvreté, Dieu nous regarde comme nul autre, et Il nous aime d’un amour éternel. Et son Église, encore aujourd’hui, peut-être surtout en cette époque encore marquée par des pauvretés anciennes et nouvelles, veut être « mère des pauvres, un lieu d’accueil et de justice » (Exhort. ap. Dilexi te, n. 39).

    Combien de pauvretés oppriment notre monde ! Il s’agit avant tout de pauvretés matérielles, mais il existe également de nombreuses situations morales et spirituelles, qui souvent touchent surtout les plus jeunes. Et le drame qui les traverse toutes de manière transversale est la solitude. Celle-ci nous met au défi de considérer la pauvreté de manière globale, car il est certes parfois nécessaire de répondre à des besoins urgents mais, plus généralement, nous devons développer une culture de l’attention, précisément pour briser le mur de la solitude. C’est pourquoi nous voulons être attentifs à l’autre, à chacun, là où nous sommes, là où nous vivons, en transmettant cette attitude déjà de la famille, pour la vivre concrètement sur les lieux de travail et d’étude, dans les différentes communautés, dans le monde numérique, partout, jusqu’aux périphéries, en devenant témoins de la tendresse de Dieu.

    Aujourd’hui, les théâtres de guerre, malheureusement présents dans différentes régions du monde, semblent nous conforter dans un sentiment d’impuissance. Mais cette mondialisation de l’impuissance est fondée sur un mensonge : la croyance que l’histoire a toujours été ainsi et ne peut changer. L’Évangile, en revanche, nous dit que le Seigneur vient nous sauver précisément dans les bouleversements de l’histoire. Et nous, communauté chrétienne, nous devons être aujourd’hui, un signe vivant de ce salut au milieu des pauvres.

    La pauvreté interpelle les chrétiens, mais elle interpelle aussi tous ceux qui ont des responsabilités dans la société. J’exhorte donc les chefs d’État et les Responsables des nations à écouter le cri des plus pauvres. Il ne peut y avoir de paix sans justice, et les pauvres nous le rappellent de multiples façons, par leurs migrations comme par leur cri, souvent étouffé par le mythe d'un bien-être et d'un progrès qui ne tiennent pas compte de chacun et oublient même nombre de créatures en les abandonnant à leur sort.

    J’exprime ma gratitude aux opérateurs de la charité, aux nombreux bénévoles, à tous ceux qui œuvrent pour soulager les conditions de vie des plus démunis, et j’exprime en même temps mon encouragement à être davantage une conscience critique dans la société. Vous savez bien que la question des pauvres renvoie à l’essentiel de notre foi, qu’ils sont pour nous la chair même du Christ et pas seulement une catégorie sociologique (cf. Dilexi te, n. 110). C'est pourquoi « l’Église, comme une mère, marche avec ceux qui marchent. Là où le monde voit des menaces, elle voit des fils; là où l’on construit des murs, elle construit des ponts » (ibid., n. 75).

    Engageons-nous tous. Comme l’écrit l’Apôtre Paul aux chrétiens de Thessalonique (cf. 2 Th 3, 6-13), dans l’attente du retour glorieux du Seigneur, nous ne devons pas mener une vie repliée sur nous-mêmes ni dans un intimisme religieux se traduisant par un désengagement des autres et de l’histoire. Au contraire, rechercher le Royaume de Dieu implique le désir de transformer la coexistence humaine en un espace de fraternité et de dignité pour tous, sans exception. Le danger de vivre comme des voyageurs distraits, indifférents à la destination finale, et se désintéressant de ceux qui partagent notre chemin, est toujours présent.

    En ce Jubilé des pauvres, laissons-nous inspirer par le témoignage des saints et des saintes qui ont servi le Christ dans les plus démunis et l'ont suivi sur le chemin de la petitesse et du dépouillement. Je voudrais notamment rappeler la figure de saint Benoît Joseph Labre qui, par sa vie de « vagabond de Dieu », a les caractéristiques pour être le patron de tous les pauvres sans abri. La Vierge Marie, à travers son Magnificat, continue de nous rappeler les choix de Dieu et de se faire la voix de ceux qui n'ont pas de voix. Qu’elle nous aide à entrer dans la nouvelle logique du Royaume, afin que l’amour de Dieu qui accueille, panse les blessures, pardonne, console et guérit se manifeste dans notre vie de chrétiens.

  • France, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne : des actes antichrétiens en augmentation

    IMPRIMER

    Du Tagespost (Franziska Harter) :

    Les attaques contre les chrétiens en Europe sont en augmentation

    Incendies criminels, agressions physiques, mais aussi discrimination juridique croissante : le centre de surveillance viennois OIDAC publie des chiffres inquiétants.

    17 novembre 2025

    En 2014, Ashur Sarnaya a fui l'Irak pour se réfugier en France afin d'échapper à l'État islamique. Plus de dix ans plus tard, le même sort l'a frappé. Alors que ce chrétien témoignait de sa foi devant une caméra, il a été assassiné par un inconnu. Un cas extrême, certes, mais loin d'être isolé : en Europe aussi, des personnes meurent parce qu'elles sont chrétiennes.

    Le rapport annuel publié aujourd'hui par l'Observatoire de l'intolérance et de la discrimination envers les chrétiens (OIDAC) est alarmant : les agressions physiques contre les chrétiens – y compris les meurtres – ont augmenté en Europe en 2024. La pression juridique sur les chrétiens et les positions chrétiennes s'accroît également dans de nombreux pays : des zones d'exclusion autour des cliniques pratiquant l'avortement et l'interdiction des symboles chrétiens dans les espaces publics aux restrictions de la liberté de conscience et des droits parentaux, l'OIDAC a recensé de nombreux cas qui suscitent l'inquiétude au sein des communautés chrétiennes en Europe.

    Les chiffres seront présentés au Parlement européen mardi.

    Mardi, l'OIDAC présentera également son rapport à l'Intergroupe du Parlement européen sur la liberté de religion, de conviction et de conscience. Il s'agit d'une étape importante, car les discours politiques et médiatiques contribuent aussi à créer un climat qui favorise les actes antichrétiens.

    Ce point a également été souligné dans un guide de l'OSCE publié en juin sur la lutte contre les actes antichrétiens. Ce guide attribue aux États une responsabilité centrale en matière de protection des communautés chrétiennes et souligne que, dans certains cas, « les discours et récits politiques ont contribué au maintien des préjugés et des stéréotypes antichrétiens ». L'OIDAC fait référence à des études internationales montrant que les médias véhiculent souvent des représentations stéréotypées ou déformées des questions religieuses : des exemples provenant de plusieurs pays démontrent comment la présentation négative et répétée des acteurs chrétiens peut abaisser le seuil de déclenchement de la violence. 

    En présentant ce rapport au Parlement européen, Anja Tang, directrice d'OIDAC Europe, souhaite « initier un débat factuel, dénué de toute considération politique et visant à trouver des solutions constructives ». La liberté de religion doit être davantage prise en compte, notamment en ce qui concerne les lois susceptibles de restreindre indirectement ce droit fondamental, a-t-elle expliqué à ce journal. Sa revendication spécifique : « Nous plaidons pour la création d'un poste de coordinateur européen de la lutte contre les crimes de haine antichrétiens, à l'instar des dispositifs existants contre l'antisémitisme et la haine antimusulmane. »

    La collecte de données en Allemagne doit être améliorée.

    Selon l'OIDAC, les pays les plus touchés par les actes antichrétiens sont la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Espagne. L'organisation basée à Vienne a recensé 2 211 crimes de haine antichrétiens. Ses conclusions reposent sur sa propre documentation, les données officielles de la police et les documents d'autres organisations internationales, collectés annuellement par l'OSCE. Les infractions les plus fréquentes sont le vandalisme, les incendies criminels, les profanations, les agressions physiques, les vols et les menaces, auxquels s'ajoutent plusieurs incidents à motivation terroriste, dont certains ont été déjoués par les services de sécurité, précise le rapport. L'Allemagne arrive en tête du classement des incendies criminels d'églises en 2024 : 33 des 94 incendies criminels recensés – soit près du double de l'année précédente – ont eu lieu en Allemagne.

    L’OSCE et l’OIDAC appellent les États européens à améliorer la collecte de données sur les crimes antichrétiens. En Allemagne, les crimes de haine antichrétiens sont actuellement enregistrés exclusivement dans le cadre de la criminalité à motivation politique. De ce fait, les infractions sans mobile politique évident – ​​comme le vandalisme ou les incendies criminels – n’apparaissent tout simplement pas dans les statistiques. Tang a expliqué à ce journal : « Cela crée une image faussée. De nombreuses attaques restent invisibles, alors que la réalité sur le terrain est tout autre : de plus en plus d’églises doivent rester fermées en dehors des offices pour des raisons de sécurité. » 

    En 2023, les statistiques policières relatives aux crimes à motivation politique n'ont recensé aucun incendie criminel à caractère antichrétien. L'OIDAC, quant à elle, en a documenté 12 durant la même période. Le directeur de l'OIDAC déplore : « Malgré ce constat, le gouvernement fédéral ne juge pas nécessaire d'agir. C'est problématique. Il est urgent de mettre en place un système de statistiques indépendant recensant les crimes de haine antichrétiens et de proposer une formation ciblée aux policiers afin que ces incidents soient correctement identifiés et enregistrés. »

    Le nombre de cas non déclarés est bien plus élevé.

    Le rapport indique clairement que le nombre réel d'actes antichrétiens est probablement bien plus élevé dans de nombreux pays : l'OIDAC cite une étude anonyme menée en Pologne, selon laquelle près de la moitié des prêtres interrogés ont subi des agressions au cours de l'année écoulée, mais plus de 80 % n'ont pas signalé ces incidents, qui ne figurent donc pas dans les statistiques officielles. Les personnes interrogées font également état d'un sentiment d'insécurité croissant dans les espaces publics et pointent fréquemment du doigt les représentations médiatiques négatives qui, à leurs yeux, contribuent à ce climat hostile. Une étude espagnole a abouti à des conclusions similaires. Une autre étude menée en Grande-Bretagne confirme ces résultats : de nombreux chrétiens y font état de discriminations dans leurs milieux professionnels et sociaux, discriminations qui, elles aussi, sont souvent tues.

    Les positions chrétiennes seront-elles bientôt illégales ?

    Le rapport décrit en détail les restrictions légales croissantes qui affectent les chrétiens en Europe. Il met notamment l'accent sur la criminalisation de l'enseignement chrétien et de l'accompagnement pastoral . Par exemple, en Grande-Bretagne, plus de 1 000 responsables d'Églises chrétiennes ont averti qu'une nouvelle loi encadrant les prétendues « thérapies de conversion » pourrait aboutir à une interdiction de facto de l'éthique sexuelle chrétienne, car ses dispositions sont formulées de manière si vague que même les sermons, les prières ou les entretiens pastoraux pourraient être criminalisés.

    Le rapport conclut que, dans ces conditions, même la transmission de croyances religieuses fondamentales comporte des risques juridiques. Les positions chrétiennes, comme la défense du fait – également prouvé biologiquement – ​​de la binarité des sexes chez l’être humain, risquent d’être qualifiées de discours haineux et, par conséquent, de faire l’objet de discriminations, même en Allemagne.

    L'éducation laïque est préférable à l'éducation religieuse.

    Un autre chapitre aborde la restriction des droits parentaux et de l'éducation religieuse. Le rapport explique que les normes internationales relatives aux droits humains garantissent clairement aux parents le droit de déterminer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants. Néanmoins, l'OIDAC documente plusieurs cas d'ingérence grave. On peut notamment citer un arrêt de la Cour constitutionnelle espagnole interdisant à un père protestant d'emmener son fils à l'église ou de lire la Bible avec lui, conférant ainsi à la mère laïque l'autorité exclusive en matière d'éducation religieuse. L'OIDAC critique cet arrêt car il considère l'éducation laïque comme « neutre » et qualifie l'éducation religieuse de potentiellement nuisible, constituant ainsi une atteinte manifeste aux droits parentaux et à la liberté de religion.

    Le rapport mentionne également des cas illustrant les tensions croissantes entre la présence religieuse dans l'espace public et les interprétations de plus en plus restrictives de la neutralité de l'État. Parmi ceux-ci figurent la menace de fermeture d'hospices catholiques en Grande-Bretagne suite à de nouvelles lois sur l'euthanasie, l'interdiction d'un crucifix dans une école bavaroise par un tribunal allemand et le retrait, ordonné par la justice, d'une crèche à Beaucaire, en France.

    Selon l'OIDAC, de tels exemples témoignent d'une tendance qui problématise la visibilité publique du christianisme et relègue les expressions religieuses hors de la sphère publique.

  • La musique sacrée bénéfique pour le cerveau comme pour l'âme

    IMPRIMER

    De Terry O'Neill sur CNA :

    La musique sacrée est bénéfique pour le cerveau comme pour l'âme, affirme un neuroscientifique.

    Il y a seize siècles, saint Augustin aurait dit : « Celui qui chante, prie deux fois. » Aujourd'hui, la recherche scientifique montre que chanter, jouer de la musique ou en écouter enrichit et renforce également son cerveau, selon la neuroscientifique catholique Kathlyn Gan.

    De plus, la musique sacrée pourrait produire des effets encore plus bénéfiques.

    Gan, qui dirige un laboratoire de recherche à l'Université de Toronto, a annoncé cette bonne nouvelle à une cinquantaine de personnes lors d'une conférence le 30 octobre à l'église Saint-François-de-Sales de Burnaby, en Ontario.

    Dans sa présentation d'une heure intitulée « La neuroscience de la musique sacrée », Gan, ancienne directrice de chœur et accompagnatrice, a décrit comment des recherches montrent que la musique peut faire partie d'un mode de vie sain qui contribue à lutter contre le déclin mental lié au vieillissement.

    La musique peut également contribuer à prévenir l'apparition de la maladie d'Alzheimer qui, dans près de 95 % des cas, peut être provoquée par des facteurs non génétiques, notamment l'obésité, l'hypertension artérielle, le tabagisme, la surdité, les lésions cérébrales et l'isolement social.

    « Non seulement la musique stimule le cerveau de manière particulière, mais elle favorise également des liens sociaux sains lorsqu'elle est pratiquée en groupe », a déclaré Gan, actuellement musicien liturgique dans l'archidiocèse de Toronto.

    Dans un entretien accordé au journal The BC Catholic, elle a expliqué que la musique est encodée et intégrée par de multiples régions du cerveau, stimulant les voies neuronales qui régulent la mémoire, le mouvement, la récompense, les émotions et l'empathie.

    « Compte tenu de ces effets, la musique peut nous aider à garder l'esprit actif et à favoriser les liens sociaux, ce qui peut contribuer à atténuer le risque de maladie d'Alzheimer », a-t-elle déclaré.

    Gan, qui a obtenu son doctorat à l'Université Simon Fraser de Burnaby et a effectué des études postdoctorales à l'Université Stanford en Californie, a déclaré que la musicothérapie est largement utilisée dans le cadre d'une approche de traitement holistique pour améliorer les problèmes comportementaux et encourager les liens sociaux aux stades intermédiaires et avancés de la maladie d'Alzheimer.

    Gan a noté que Radio-Canada avait récemment rapporté que des médecins de Montréal s'étaient associés à l'orchestre symphonique de la ville pour prescrire de la musique comme médicament.

    « Les médecins recevront des ordonnances qu’ils remettront à leurs patients », a déclaré Mélanie La Couture, directrice générale de l’Orchestre symphonique de Montréal. « Les patients nous appelleront et nous offrirons deux billets gratuits à chacun d’eux. »

    On pourrait concevoir que l'écoute ou le chant de musique sacrée, que Gan définit comme toute musique — du chant grégorien et classique au jazz et au gospel — qui contribue à la solennité et à la beauté de la messe, favorise une réflexion plus profonde sur les lectures bibliques et l'homélie, et glorifie Dieu, apporte encore plus de bienfaits.

    Cela dit, il sera difficile pour les scientifiques de prouver les bienfaits particuliers de la musique sacrée en raison des perceptions subjectives de la musique par les auditeurs ou les musiciens et de leur niveau variable de formation et de compréhension spirituelles, a déclaré Gan.

    À tout le moins, écouter ou interpréter de la musique sacrée aide une personne à approfondir sa foi et à aimer Dieu, a-t-elle déclaré dans sa présentation.

    Outre ses trois diplômes de l'Université Simon Fraser (SFU), Gan est également titulaire d'un diplôme d'études collégiales du Conservatoire royal de musique. Pianiste classique accomplie, elle partage son talent et sa foi dans les églises et au sein de la communauté. Elle se produit notamment avec ses élèves de piano dans des résidences pour aînés et des établissements de soins de longue durée, et intervient également dans des programmes de musicothérapie et d'accompagnement spirituel.

    Elle considère son ministère musical comme une forme de prière qui la pousse non seulement à reconnaître les thèmes et les images des Écritures, mais aussi à les communiquer « d'une manière qui honore le contexte historique des hymnes et qui partage ma propre spiritualité et mon expérience vécue ».

    Ses études et son ministère ont non seulement approfondi son appréciation de la complexité de l'esprit humain et de sa capacité à refléter l'humilité, la compassion, le pardon et l'amour du Christ, mais ils ont également « favorisé ma croissance spirituelle et enrichi ma foi », a-t-elle déclaré.

    Terry O'Neill est un collaborateur régulier du journal The BC Catholic à Vancouver, en Colombie-Britannique.
  • Le sanctuaire de l'Enfant Jésus de Prague à Horion-Hozémont (Liège) (video)

    IMPRIMER

  • Quand une église devient "temple de la raclette"

    IMPRIMER

    Affiche de Noêl à SteJuju : une grande tablée de scouts qui lèvent leurs verres. Des bougies entourent et illuminent toute la scène. Un grand sapin scintillant au bout de la salle. Façon Harry Potter dans le refectoire de Grande Salle de Poudlard.

    L'église Sainte-Julienne à Verviers sera le théâtre d'un évènement exceptionnel : une méga raclette sous les voûtes de l'édifice. De quoi ramener à l'église des gens qui la fréquentent de moins en moins, nous dit-on ! Les esprits chagrins qui déplorent une perte du sens du sacré et qui s'interrogent sur le laxisme de ceux qui abandonnent un lieu consacré à la mangeaille et à la beuverie n'ont qu'à dégager. Les effluves du fromage fondu remplaceront ceux de l'encens pour le plus grand plaisir de ceux qui se réjouissent de voir notre patrimoine religieux transformé en temples du n'importe quoi.

    Les commentaires parus sous ces articles sont édifiants...
     
    Quelle sera la réaction de l'évêque de Liège et des responsables locaux ? A suivre...
     
    Pour rappel :

    Selon le droit canonique de l'Église catholique, tel que défini dans le Code de droit canonique de 1983 (livre IV, partie III, sur les lieux sacrés), une église est un lieu sacré dédié au culte divin. Le canon 1210 est particulièrement central à cette question : « Dans un lieu sacré, on ne peut admettre que ce qui sert à exercer ou à promouvoir le culte, la piété et la religion ; tout ce qui est incompatible avec la sainteté du lieu est interdit. » Cependant, l'ordinaire (généralement l'évêque) peut autoriser d'autres usages dans des cas particuliers, pourvu qu'ils ne soient pas contraires à la sainteté du lieu.

    Activités permises dans une église

    Les activités autorisées doivent donc être en lien direct avec le culte, la piété ou la religion. Voici les principales, basées sur les canons pertinents (notamment 1210, 1214 et suivants) :

    • Célébrations liturgiques et sacramentelles : La messe (eucharistie), les baptêmes, les mariages, les funérailles, les confirmations, les ordinations, et autres sacrements. L'église est avant tout destinée au culte divin public (canon 1214).
    • Prières et dévotions personnelles ou collectives : Prière individuelle, adoration eucharistique, récitation du rosaire, stations de la croix, ou méditations spirituelles.
    • Cérémonies religieuses : Processions, bénédictions, retraites spirituelles, ou pèlerinages qui favorisent la piété.
    • Activités éducatives ou formatrices religieuses : Catéchisme, conférences sur la foi, ou formations bibliques, si elles promeuvent la religion et ne perturbent pas le caractère sacré.
    • Concerts de musique sacrée : Autorisé si cela élève l'âme vers Dieu (par exemple, musique liturgique ou sacrée), mais seulement avec l'approbation de l'autorité ecclésiastique.
    • Œuvres de charité pieuses : Collectes pour des causes religieuses ou caritatives, dans la mesure où elles servent la piété (par exemple, aides aux pauvres au nom de la foi).

    Activités interdites ou restreintes

    Tout ce qui est « profane » ou incompatible avec la sainteté est prohibé, sauf exception accordée par l'évêque. Exemples :

    • Activités commerciales (ventes, sauf pour des objets pieux comme des cierges).
    • Événements politiques, réunions syndicales ou manifestations civiles.
    • Concerts profanes, spectacles théâtraux ou danses non religieuses.
    • Utilisations qui pourraient causer un scandale ou violer la sainteté (canon 1211), comme des actions gravement injurieuses.

    En résumé, l'église doit rester un espace de rencontre avec le divin, et toute activité doit être évaluée à cette aune. Pour des cas spécifiques, il est recommandé de consulter l'autorité diocésaine locale, car des normes complémentaires peuvent exister.

  • De nouveaux massacres mettent en lumière le « génocide chrétien » qui va croissant au Nigéria

    IMPRIMER

    De Ngala Killian Chimtom sur Crux :

    De nouveaux massacres mettent en lumière le « génocide chrétien » croissant au Nigéria

    13 novembre 2025

    YAOUNDÉ, Cameroun – Au moins vingt chrétiens ont été tués en 24 heures dans l'État de Taraba, au Nigéria, ce qui est perçu comme une aggravation du spectre de la persécution des chrétiens dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

    Des témoignages indiquent que des éleveurs peuls ont pris d'assaut des maisons et des lieux de culte dans plusieurs localités de la zone de gouvernement local de Wukari entre le 9 et le 11 novembre.

    Truth Nigeria a décrit les attaques comme étant « coordonnées », les assaillants tirant « sans discernement sur les maisons ».

    « Je me préparais à aller à la messe tôt le matin, vers 6 heures, quand j’ai entendu le bruit de motos », a déclaré Christiana Joseph, une agricultrice de 33 ans originaire du village d’Amadu, à TruthNigeria .

    « J’étais dans la cuisine quand ils ont fait irruption dans notre propriété, l’ont encerclée et ont tiré sur la maison principale », a déclaré Joseph.

    « Ils ont tiré pendant environ cinq minutes en criant Allahu Akbar. Quand les coups de feu ont cessé, je suis rentrée et j'ai trouvé mon mari, John Joseph, avec qui j'étais mariée depuis 14 ans, déjà mort », a-t-elle ajouté.

    Le père George Dogo, de la cathédrale de la Sainte-Famille, a déclaré que des corps étaient encore extraits des décombres, signe que le bilan des morts pourrait s'alourdir.

    Le directeur d'Intersociety, la Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit, Emeka Umeagbalasi, a déclaré qu'au moins 78 personnes avaient été tuées au Nigéria durant la même période. Par ailleurs, des milliers de chrétiens sont toujours retenus captifs dans des camps forestiers répartis dans plusieurs États.

    « Des centaines de chrétiens, jusqu’à 800, sont toujours détenus dans le camp forestier de Rijana malgré la proximité de cet endroit avec environ deux camps militaires », a déclaré Umeagbalasi à Crux .

    Il a également identifié d'autres lieux, notamment « un autre appelé le camp de Sule Keneko, où des bergers peuls détiennent des chrétiens », et des camps près des « fermes de Danjuma dans la région de Wukari, dans l'État de Taraba ».

    Umeagbalasi a dressé le tableau d'une persécution systémique qui, selon lui, s'est intensifiée ces dernières semaines.

    « À Enugu, au moins 14 paroisses subissent des attaques constantes depuis 2021 », a-t-il déclaré.

    Il s'agit notamment de douze paroisses anglicanes et de deux paroisses catholiques dans la région de Nhamufu, qui borde les États de Benue et d'Ebonyi.

    « Malheureusement, ces attaques ont été étouffées… par le gouvernement de l’État d’Enugu et les agences des forces de sécurité, notamment la police et l’armée », a-t-il déclaré à Crux .

    Umeagbalasi a accusé les autorités de tenter délibérément de faire taire les témoins et de contrôler le récit. Il a affirmé que des bénévoles d'églises locales qui avaient pris la parole avaient été « arrêtés, piégés et détenus pendant plusieurs semaines », puis sommés de ne pas mentionner les « djihadistes peuls », mais plutôt d'utiliser le terme « affrontements intercommunautaires » pour décrire ce qui se passe au Nigeria.

    Il a énuméré les récents massacres survenus dans l'État de Taraba, où jusqu'à 30 chrétiens ont été tués ; dans l'État de Plateau, où neuf personnes ont été tuées, dont un pasteur ; et dans l'État de Kaduna, où 10 autres personnes, dont un pasteur, ont été assassinées.

    Des données récentes d'Intersociety indiquent qu'au moins 7000 chrétiens ont été tués au Nigéria entre janvier et novembre de cette année.

    La violence a atteint un paroxysme d'horreur en juin avec le massacre de Yelewata dans l'État de Benue, qui a coûté la vie à au moins 280 personnes en seulement deux jours d'attaques. D'autres raids meurtriers ont suivi dans l'État, notamment le massacre de Sankera en avril, où plus de 72 personnes ont été tuées à coups de machette, et des attaques ultérieures à Gwer Ouest et dans d'autres régions, faisant des dizaines de victimes supplémentaires.

    Umeagbalasi a déclaré à Crux que la violence avait atteint des niveaux terrifiants, mais que le plus inquiétant était la « complicité de l'État ».

    « Lorsqu'ils sont attaqués, si vous appelez les soldats, ils ne répondront pas », a-t-il déclaré. « Mais après l'attaque, ils arriveront et vous aideront à ramasser les cadavres. Ils les emporteront. Ils reviendront ensuite saisir tous les téléphones portables des environs, arrêter leurs propriétaires et les accuser de complot. »

    Il a également affirmé l'existence de vastes « camps djihadistes peuls » où des centaines de chrétiens sont retenus en otages, dont un dans le sud de Benue avec « jusqu'à 800 » captifs situés près de deux formations militaires.

    Umeagbalasi a déclaré que la désignation du Nigéria par les États-Unis comme pays particulièrement préoccupant était certes un signe positif, mais qui ne portera aucun fruit si elle n'est pas accompagnée de mesures fermes.

    « Le gouvernement nigérian utilise tous les moyens malhonnêtes et falsifiés pour induire en erreur le gouvernement des États-Unis et lui faire croire qu'il a commencé à agir », a-t-il déclaré.

    Il a exhorté les États-Unis à « dépasser les désignations générales et à cibler plutôt des groupes spécifiques », comme les djihadistes peuls.

    « Une fois que vous serez en mesure de cibler ces personnes, les choses changeront », a-t-il insisté, avertissant que sans intervention directe et ciblée, « l’extermination se poursuit ».

    Le président Donald Trump a récemment désigné le Nigéria comme un pays particulièrement préoccupant, indiquant ainsi que le gouvernement américain considère que le Nigéria se livre à des « violations systématiques, continues et flagrantes de la liberté religieuse ».

  • L'heure de Vatican III ?

    IMPRIMER

    De Niwa Limbu sur le Catholic Herald :

    Le cardinal Walter Brandmüller rejette les discussions sur un troisième concile du Vatican

    Le cardinal Walter Brandmüller a écarté l'idée d'un troisième concile du Vatican. S'adressant à Katholisch.de, il a déclaré : « Il est bien trop tôt pour cela », souligné que personne ne sait comment réunir plus de 5 000 évêques. L'Église étant encore en train d'intégrer les enseignements du dernier concile, il a suggéré que de telles questions ne sont « pas encore d'actualité ».

    Le cardinal, l'un des derniers témoins survivants du Concile, a déclaré que le regain d'intérêt pour l'ancien rite romain ne reflète pas la force de la liturgie préconciliaire, mais l'échec de la mise en œuvre des réformes du Concile Vatican II telles qu'elles étaient prévues.

    Il a ensuite expliqué : « La messe dite tridentine est loin d'être parfaite ; il y a beaucoup de choses à corriger », en plus que les principes de réforme liturgique convenus par les évêques étaient « bons et justes ».

    Le cardinal allemand se remémorait le début du concile avec une lucidité acquise par l'âge et la mémoire. « Ma première réaction, en tant que jeune historien de l'Église, fut d'organiser un cycle de conférences pour expliquer ce qu'est un concile », se souvenait-il. Lors de ses études à Rome, il avait vu la ville « gruillante d'évêques venus du monde entier » et perçu l'effervescence qui régnait autour des séances.

    Cet optimisme se répandait jusqu'à son archevêque de Bamberg, qui, « lui aussi enthousiaste et plein d'espoir pour un renouveau de l'Église », assista aux quatre sessions. Mais, selon lui, les espoirs d'un renouveau rapide furent vite déçus. « Quelques années plus tard, il était profondément déçu et sa santé s'en trouva même dégradée. Le Concile n'a absolument pas apporté à l'Église, dans un premier temps, la nouvelle vitalité tant attendue. »

    Brandmüller a rejeté l'idée que le Concile soit responsable du malaise ecclésial actuel. « La vérité est plus complexe », at-il déclaré, provoquant qu'« après le Concile, beaucoup de choses ont été remises en question » et constatant que, dans certaines facultés, « la théologie véritablement catholique n'était plus enseignée ». Il a soutenu que les textes authentiques du Concile étaient occultés par des appels à un vague « esprit du Concile » que les documents n'ont jamais confirmé. Il a toutefois insisté sur le fait que le Concile avait « produit d'excellents résultats », notamment ses constitutions fondamentales.

    Il a insisté sur la distinction entre les décisions du Concile et leurs suites. « Ce qui a conduit plus tard au schisme des « traditionalistes », ce sont les excès de la période post-conciliaire, lorsque les décrets du Sacrosanctum Concilium n'ont pas été appliqués, mais que de nouvelles choses ont été inventées », at-il déclaré.

    Là où cela s'est produit, « la liturgie a fini — le plus souvent sans contestation — dans l'arbitraire et le chaos ». Le regain d'intérêt pour l'ancienne forme, selon lui, est « une conséquence du mauvais usage de la réforme liturgique, qui elle-même a besoin d'être réformée. Si elle avait été correctement mise en œuvre, ce regain de nostalgie pour l'ancienne forme n'aurait pratiquement pas existé. »

    Se penchant sur d'autres textes conciliaires, il a fait valoir que les déclarations les plus contestées étaient, paradoxalement, les moins autorisées.

    Il est « curieux », a-t-il déclaré, que les traditionalistes s’en prennent à des documents tels que Nostra aetate et Dignitatis humanae, qu’il décrit comme des « déclarations datées… désormais obsolètes », alors que les constitutions contraignantes sur la liturgie, l’Église et l’Écriture « restent valides et sont entièrement conformes à la tradition de l’Église ».

    Il a également noté que certains décrets, notamment ceux relatifs à la formation des prêtres, « n’ont pas vraiment été mis en œuvre jusqu’à ce jour ».

    Brandmüller a proposé une perspective historique plus large, suggérant que les troubles entourant Vatican II ne sont pas inhabituels. Après la clôture du concile de Trente en 1563, a-t-il observé, ses réformes n'ont été pleinement mises en œuvre qu'un siècle plus tard, tandis que le concile œcuménique suivant ne s'est réuni qu'en 1869. Les conciles œcuméniques, a-t-il dit, sont comme des cascades : « un grondement assourdissant » suivi d'agitation avant que le courant ne se calme. « Nous n'en sommes pas encore là avec le concile Vatican II ; l'agitation demeure importante. »

    Né en 1929 à Ansbach, en Bavière, le cardinal Walter Brandmüller est un éminent historien de l'Église et l'un des plus grands spécialistes de l'histoire des conciles œcuméniques. Ordonné prêtre en 1953, il a enseigné pendant des décennies à l'université d'Augsbourg, se spécialisant en histoire médiévale et conciliaire.

    En 1998, il fut nommé président du Comité pontifical pour les sciences historiques, fonction dans laquelle il dirigea la recherche et les publications du Vatican pendant plus d'une décennie. Le pape Benoît XVI le créa cardinal en 2010, en reconnaissance de son œuvre érudite et de son service rendu à l'Église tout au long de sa vie.

  • Pourquoi trois papes affirment que le roman sur l'Antéchrist « Le Maître de la Terre » a prédit notre époque

    IMPRIMER

    De KV Turley sur le NCR :

    Pourquoi trois papes affirment que le roman sur l'Antéchrist « Le Maître de la Terre » a prédit notre époque

    Dans la vision prophétique de Benson, l'Église persiste au sein d'un monde sans Dieu, obsédé par le progrès, le plaisir et le pouvoir.

    Le pape Benoît XVI, le pape François et le pape Léon XIV.
    Le pape Benoît XVI, le pape François et le pape Léon XIV. (photo : Wikimedia Commons / Domaine public)

    En 2015, lors d'un vol retour des Philippines vers le Vatican, le pape François déclara aux journalistes : « Il y a un livre… il s'intitule Le Maître de la Terre. L'auteur est Benson… Je vous suggère de le lire. Sa lecture vous permettra de bien comprendre ce que j'entends par colonisation idéologique. » Il poursuivit en qualifiant le roman de prophétique, notamment au regard des évolutions modernes telles que la laïcité, le relativisme et la notion de « progrès » déconnectée de tout ancrage spirituel ou moral. 

    Le livre en question, Le Maître de la Terre (1907), est un roman dystopique et apocalyptique écrit par le père Robert Hugh Benson, un Anglais converti. Il imagine un monde du XXIe siècle où le christianisme a largement décliné tandis que l'humanisme séculier – ou « humanitarisme » – a pris le pouvoir, les élites politiques et culturelles s'unissant autour d'un leader charismatique mondial. L'Église – et la papauté – survivent, de justesse, et c'est là le nœud du conflit au cœur de l'intrigue. 

    C’était pour le moins un choix inhabituel de la part d’un pape. Mais le pape François a réitéré sa suggestion lors d’un discours prononcé à Budapest en 2023, mettant en garde son auditoire issu du monde universitaire et culturel contre un avenir dominé par la technologie – et la menace que cela représente pour la culture et, en fin de compte, pour ce que signifie être humain. 

    Le prédécesseur du pape François, alors cardinal Joseph Ratzinger, avait également cité « Le Maître de la Terre » lors d'une conférence à Milan en février 1992, le qualifiant d'ouvrage qui « donne matière à réflexion ». Son successeur, le pape Léon XIV, s'exprimant en septembre 2023 en tant que cardinal Robert Prevost, a lui aussi recommandé le roman de Benson, affirmant qu'il met en garde contre ce qui pourrait arriver à un monde sans foi.  

    Il n'est peut-être pas surprenant que ce roman ait suscité autant d'attention, puisque son intrigue est centrée sur un pontife assiégé à une époque où la religion est attaquée par des élites laïques technologiquement supérieures. 

    Fils d'un ancien archevêque anglican de Canterbury, Benson se convertit au catholicisme le 11 septembre 1903, à l'âge de 31 ans. Il avait publié plusieurs œuvres de fiction avant Le Seigneur du monde , principalement des romans historiques. Son roman de 1907 marquait donc une rupture à bien des égards et soulève la question : d'où lui venait cette inspiration ? 

    « À la fin du XIXe siècle, la littérature apocalyptique connaissait une sorte de renaissance, à l'image de l'essor de la science-fiction », explique l'auteure et critique Kristen Van Uden Theriault. Dans un entretien accordé au Register, elle précise que cette période a vu naître une littérature dystopique largement imprégnée d'une perspective laïque positive, tout en distillant des avertissements prophétiques sur les dangers d'un progrès technologique effréné, du collectivisme et du totalitarisme. Elle cite deux œuvres marquantes qui intègrent une dimension religieuse à la littérature dystopique :  le Conte allégorique de l'Antéchrist de Vladimir Soloviev (1900) et Le Maître de la Terre de Benson  . 

    Elle perçoit également un lien fascinant entre ce genre et saint John Henry Newman. Newman, contemporain de Benson et lui aussi un converti de renom de l'anglicanisme, avait beaucoup écrit sur l'Antéchrist, s'intéressant principalement à la montée des idéologies erronées qui ont préparé le monde à son avènement. 

    « Benson et Newman reconnaissaient tous deux les dangers des idéologies modernes — à savoir le communisme, le socialisme et le modernisme, mais aussi le libéralisme, que l’on peut caractériser comme la version tempérée et lente de ces homologues plus radicaux », a poursuivi Thériault. 

    Au cœur de la mise en garde de Newman, suggérait-elle, se trouve « la tyrannie du subjectivisme » : le désir de réduire la religion à une affaire de conscience personnelle plutôt que de la percevoir comme une vérité objective. Elle affirme que le système fictif de l’humanitarisme de Benson — un substitut athée à la religion — « incarne les forces sociales contre lesquelles Newman nous avait mis en garde. L’ordre social, qui ressemblait jadis à la hiérarchie céleste, est désormais façonné à l’image de l’homme déchu. » 

    Alors, étant donné que le roman se déroule au XXIe siècle, dans quelle mesure le juge-t-elle prophétique aujourd'hui ? Thériault le considère comme « prémonitoire à bien des égards ». Elle cite les prédictions de Benson concernant un organisme de gouvernance international – semblable à la Société des Nations, puis aux Nations Unies – et l'euthanasie institutionnalisée, notamment au regard de la loi canadienne sur l'aide médicale à mourir. 

    « Plus profondément, sa description d'une société sans Dieu, guidée par le plaisir, le scientisme et le rejet de Dieu, résonne comme une description de notre siècle. La vie ne vaut rien dans le paysage apocalyptique infernal de Benson, tout comme dans notre culture de mort contemporaine », ajoute-t-elle. 

    À la fin du roman de Benson, l'Église n'est plus qu'un vestige et l'Antéchrist semble triompher. Pourtant, Thériault estime que le message du livre demeure « celui de tous les écrits véritablement catholiques sur l'Antéchrist : un message d'espoir. Malgré les machinations perfides de l'Antéchrist, nous savons qui l'emporte à la fin. » 

    En tant que roman suscitant un débat théologique, il fonctionne – mais en tant qu'œuvre de fiction, comment résiste-t-il à l'épreuve du temps aujourd'hui ? 

    « Au début du XXe siècle, les romans dystopiques et futuristes pullulaient : un amas sombre, déprimant et mal écrit », observait la romancière et universitaire Eleanor Bourg Nicholson . Pourtant, elle trouve le roman de Benson différent. 

    « À la fois spéculatif et mystique, [cet ouvrage] se distingue pour deux raisons : premièrement, il présente des personnages réels et vivants — des hommes et des femmes crédibles et auxquels on peut s’identifier — et non pas une simple allégorie prosélyte ; et deuxièmement, parce qu’il aborde avec audace la réalité sombre et oppressante que le monde doit et va finir, et qu’il perçoit cette réalité à travers le prisme de la foi. » 

    L'un des grands atouts du genre spéculatif, expliquait-elle, réside dans la possibilité qu'il offre aux lecteurs de se confronter à des questions morales profondes. « Quelle est la relation de l'homme avec Dieu ? Quel est le but de la religion ? Quel est le sens même de l'existence humaine ? La vie et la mort, le salut et la damnation – ces thèmes se retrouvent au cœur de nombreuses œuvres de ce genre, et ils sont assurément au cœur même du Maître de la Terre. » C'est peut-être là, à elle seule, ce qui explique son attrait auprès des papes et des prélats. 

    Nicholson perçoit également une dimension prophétique dans le livre, dont elle constate que nombre d'éléments se retrouvent dans la vie moderne. « Benson conçoit l'Antéchrist comme un homme politique affable et inoffensif, une figure charismatique promouvant la "paix" — quelqu'un que l'on peut facilement imaginer séduire le public de nos jours », a-t-elle observé. 

    S'adressant au Register, l'auteur et éditeur Joseph Pearce considère lui aussi Benson comme « un visionnaire », soulignant que son roman inattendu a ouvert la voie à des œuvres ultérieures telles que Le Meilleur des mondes d'Huxley et 1984 d'Orwell.  

    « Benson était en avance sur son temps, un pionnier, un avant-gardiste au sens le plus profond du terme », a déclaré Pearce, ajoutant : « Ce livre a manifestement exercé une influence considérable sur le XXe siècle et semble résonner de façon tout aussi inquiétante à notre époque. La pérennité de la pertinence est l'une des marques d'un grand livre, et celui-ci en est assurément un. » 

    Benson a bien écrit, sinon une suite à proprement parler, du moins un livre avec un thème similaire mais une perspective totalement différente, a noté Pearce. 

    Il semble qu'il ait écrit son roman futuriste suivant, L'Aube de toutes choses, pour donner une tournure plus optimiste à l'atmosphère sombre du Maître de la Terre. Mais je ne pense pas que l'Apocalypse soit sombre d'un point de vue chrétien. Dans la mesure où le roman se termine sur une note apocalyptique, il annonce le Second Avènement promis par les Écritures. 

    « Comment cela pourrait-il être autre chose que la plus heureuse des fins ? » 

  • Inde : les attaques antichrétiennes ont augmenté de 500% en dix ans

    IMPRIMER

    De zenit.org :

    Inde : Hausse de 500 % des attaques antichrétiennes depuis dix ans

    Selon un nouveau rapport publié le 4 novembre à New Delhi par le Forum chrétien uni

    13 novembre 2025

    Première publication le 10 novembre 2025 par AD EXTRA

    Selon les nouveaux chiffres publiés le 4 novembre à New Delhi par le Forum chrétien uni (UCF, une organisation œcuménique fondée en 2014 dans le but de défendre les droits des chrétiens et des autres minorités religieuses), les attaques antichrétiennes ont augmenté de plus de 500 % en dix ans (de 139 cas en 2014 à 834 en 2024, soit un total de 4 595 cas en une décennie). Presque 77 % des cas ont lieu dans cinq États seulement : l’Uttar Pradesh, le Chhattisgarh, le Tamil Nadu, le Karnataka et le Madhya Pradesh.

    Les responsables chrétiens en Inde se disent vivement préoccupés par les nouveaux chiffres publiés par le Forum chrétien uni (UCF), une organisation interconfessionnelle basée à New Delhi. Le groupe œcuménique indique en effet une hausse de plus de 500 % des attaques contre les chrétiens dans le pays au cours des dix dernières années.

    « Entre 2014 et 2024, les attaques violentes contre les chrétiens ont fortement augmenté – de 139 à 834 –, soit une augmentation sans précédent de 500 % », commente A. C. Michael, coordinateur national de l’organisation, qui a documenté 4 595 cas au cours de la dernière décennie. Des attaques qui affectent « des personnes, des familles, des communautés et des institutions à travers le pays », ajoute-t-il. Selon lui, rien qu’entre janvier et septembre 2025, 549 cas ont été signalés à l’échelle nationale, dont seulement 39 qui ont entraîné des enquêtes policières – soit 93 % de cas non poursuivis en justice.

    Les nouveaux chiffres du forum UCF ont été présentés le 4 novembre dernier lors d’une conférence de presse à New Delhi. Pour A. C. Michael, cette augmentation est due aux propagandes antichrétiennes, aux fausses accusations de conversions religieuses, et aux sentiments haineux attisés par des motivations politiques. Les responsables chrétiens indiens expliquent que les violences contre les chrétiens ont dégénéré depuis que le parti BJP (Bharatiya Janata Party) est arrivé au pouvoir sous le Premier ministre Narendra Modi en 2014.

    Douze des 28 États indiens (majoritairement gouvernés par le BJP) ont voté des lois anti-conversion, que les critiques accusent d’être manipulées pour harceler les chrétiens et justifier de fausses plaintes policières.

    Les lois anti-conversion ciblent les chrétiens avant chaque élection.

    Selon A. C. Michael, des groupes chrétiens prévoient d’organiser une manifestation le 29 novembre à New Delhi, afin de protester contre ce qu’ils décrivent comme une persécution incessante. La marche est aussi destinée à attirer l’attention sur l’exclusion des chrétiens dalits (« hors castes »), privés d’accès aux programmes d’aide du gouvernement, et sur les droits des chrétiens indigènes de plus en plus menacés. Les participants sont attendus de toute l’Inde, en particulier des cinq États qui représentent à eux seuls presque 77 % des affaires enregistrées. L’Uttar Pradesh est en tête avec 1 317 cas, suivi du Chhattisgarh (926), du Tamil Nadu (322), du Karnataka (321) et du Madhya Pradesh (319).

    Michael Williams, président du forum UCF, explique que les accusations de conversion religieuse sont « constamment utilisées comme arme politique avant chaque élection menée par le gouvernement actuel ». Les Dalits et chrétiens indigènes, majoritairement en marge de la société indienne sur le plan social et économique, sont selon lui des cibles faciles. Au moins 22 chrétiens Dalits et 15 chrétiens indigènes ont été attaqués depuis le début de l’année, précise-t-il.

    Environ 2,3 % de chrétiens sur 1,4 milliard d’Indiens

    De son côté, Tehmina Arora, membre de l’organisation chrétienne ADF International (Alliance defending freedom), affirme que les chrétiens indigènes indiens subissent « des pressions, des exclusions sociales et des violences » et sont souvent privés de droit de sépulture et d’accès au logement, entre autres droits fondamentaux. « Ils font aussi l’objet de pressions pour qu’ils se convertissent à l’hindouisme – c’est là qu’est la vraie forme de conversion forcée », ajoute-t-elle. Minakshi Singh, une autre militante pour les droits des chrétiens, estime que la hausse des violences est « très inquiétante » et appelle le gouvernement à agir. L’UCF a notamment demandé que les cas soient obligatoirement enregistrés par la police. Le forum a aussi exigé la mise en place de tribunaux à procédure accélérée, et de comités de suivi au niveau régional chargés de veiller sur les droits des minorités. À l’échelle nationale, les chrétiens représentent environ 2,3 % de la population sur environ 1,4 milliard d’habitants, selon le dernier recensement de 2011.

    (Avec Ucanews / Bijay Kumar Minj)

    Inde : Hausse de 500 % des attaques antichrétiennes depuis dix ans | ZENIT - Français

  • Les djihadistes progressent au Mali, la minorité chrétienne est traquée

    IMPRIMER

    D'Anna Bono sur la NBQ :

    Les djihadistes progressent au Mali, la minorité chrétienne est traquée.

    Suite au retrait des missions européennes et onusiennes, le Mali tombe aux mains des djihadistes du JNIM (Al-Qaïda). Les Russes sont impuissants à les arrêter. Les chrétiens, une infime minorité, sont chassés de leurs terres. Le pèlerinage marial au sanctuaire de Kita a été annulé.

    14/11/2025

    Assimi Goïta (au centre), chef de la junte militaire malienne (La Presse)

    Avec deux coups d'État, en 2020 et 2021, l'armée a pris le pouvoir au Mali, acclamée en 2020 par une population exaspérée par la pauvreté et l'insécurité, convaincue que l'armée serait plus efficace que le gouvernement civil déchu. Les citoyens maliens espéraient et exigeaient une réduction de la corruption et une plus grande efficacité dans la lutte contre le mouvement séparatiste touareg et, surtout, contre le djihad qui menaçait de vastes portions de territoire dans le nord-est, contenu depuis 2013 grâce à la mission de maintien de la paix des Nations Unies (MINUSMA), aux troupes françaises de l'opération Barkhane et à celles de l'Union européenne.

    La junte militaire du général Assimi Goïta a salué, voire exprimé son soulagement, le retrait des Français et de l'UE en 2022, puis celui de l'ONU en 2023. Elle a imputé à l'ONU, et plus particulièrement à la France et aux autres pays européens militairement présents dans le pays, leur incapacité à vaincre les groupes djihadistes. Le Mali serait désormais autosuffisant, enfin libéré de toute ingérence extérieure, et démontrerait sa capacité à gérer ses propres crises – assurait le général Goïta – grâce au soutien militaire russe en matière de logistique, d'armement, de formation et de combattants. En 2021, la junte a engagé des mercenaires de la société privée russe Wagner, qui sont restés au Mali jusqu'en juin dernier, date à laquelle ils ont été remplacés par l'Africa Corps, également une société militaire privée russe, mais placée sous le contrôle direct du ministère de la Défense.

    « Nous avons accompli notre mission et rentrons chez nous », annonça Wagner à la veille de son départ. Or, sa mission, qui consistait à aider le gouvernement malien à sécuriser le pays et à repousser les terroristes islamistes au-delà de la frontière, fut un échec. Après le départ des Casques bleus et des soldats européens, les djihadistes ont rapidement regagné du terrain. Dès 2024, ils étaient capables de mener des attaques et des attentats à la bombe, frappant des cibles civiles et militaires dans le centre du pays. Cette année, ils ont progressé encore plus au sud, et le JNIM (Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin), le groupe djihadiste affilié à Al-Qaïda le plus puissant d'Afrique de l'Ouest, a pratiquement atteint la capitale, Bamako, qu'il encercle depuis des semaines.

    On pense qu'il est incapable de conquérir la capitale, et ce n'est probablement pas son intention, du moins pour l'instant. Il privilégie donc la tactique de l'isolement. Depuis septembre, il bloque les importations de carburant, attaquant et arraisonnant les convois de camions-citernes qui le transportent, notamment ceux à destination de Bamako, où les pénuries de carburant ont déjà contraint de nombreuses entreprises et écoles à fermer leurs portes.

    Les habitants du Mali, dont plus de 94 % sont musulmans , sont de plus en plus inquiets de la montée en puissance de l'intégrisme islamique. Outre l'insécurité et la violence des attaques, ils subissent au quotidien l'imposition de la charia, la loi islamique, dans sa forme la plus radicale. On rapporte des cas de femmes battues pour avoir été trouvées la tête découverte, et de personnes condamnées pour vol ayant subi des amputations.

    Les chrétiens sont une minorité, environ un demi-million, et peut-être moins aujourd'hui, sur une population d'environ 22 millions d'habitants. On les ignore presque totalement. Pourtant, même au Mali, de nombreuses églises ont été incendiées et de nombreux chrétiens sont contraints de fuir, craignant pour leur vie et privés de leurs moyens de subsistance, privés par les djihadistes d'accès à l'eau et aux terres cultivables. C'est ainsi aussi que se réalise la mission de soumission du monde à l'islam : des opérations de nettoyage ethnique sont menées, terrorisant et affamant les « infidèles » au point de les forcer à chercher refuge ailleurs, débarrassant ainsi de leur présence les terres où ils vivaient depuis des siècles.

    Avec l'avancée du JNIM, les chrétiens maliens sont désormais presque sans défense, même là où ils bénéficiaient auparavant d'une relative sécurité. La gravité de la situation dans le pays, et pour les chrétiens en particulier, a été confirmée par la décision annoncée le 12 novembre par la Conférence épiscopale du Mali d'annuler le 54e pèlerinage national au sanctuaire marial de Kita, à moins de 200 kilomètres à l'ouest de Bamako, en raison des difficultés d'approvisionnement en carburant et, plus important encore, de l'insécurité, de la peur des attaques et des enlèvements.

    Le pèlerinage à Kita attire chaque année des milliers de chrétiens, y compris ceux des villages environnants. Le sanctuaire Notre-Dame du Mali se situe dans la plus ancienne paroisse du pays, fondée en 1888 par les Missionnaires spiritains. C'est de là que commença l'évangélisation de la région, alors colonie française. L'un des premiers missionnaires à créer la statue en terre cuite de la Vierge Marie, toujours vénérée par les pèlerins, fut l'un des premiers à accomplir ce travail. En 1965, à la fin du concile Vatican II, les évêques maliens décidèrent de faire de Kita la destination d'un pèlerinage national. Le premier pèlerinage eut lieu en 1966. Face à l'afflux important de fidèles, la Conférence épiscopale décida en 1990 de construire un nouveau sanctuaire plus vaste, inauguré en 1994.

    L'édition 2025 du pèlerinage devait se dérouler du 22 au 23 novembre. Le thème choisi était « Pèlerin de l'Espoir ». Si les djihadistes parvenaient à prendre le contrôle du Mali, l'édition de l'année dernière pourrait être considérée comme le dernier pèlerinage marial du pays.

  • Héritiers, fils adoptifs... Quelle est la postérité littéraire de Newman ?

    IMPRIMER

    D'Hubert Darbon sur le site de La Nef :

    13 novembre 2025

    La postérité littéraire de Newman : quels héritiers, quels fils adoptifs ?

    En plus de son immense œuvre théologique, Newman peut être considéré comme un grand homme de lettres. Joyce, Claudel, Chesterton, Tolkien, Lewis… sont à leur façon ses héritiers ou admirateurs.

    « Livres à lire : avant tout Pascal (…). Beaucoup de livres de mystique (…). Bossuet (…). Dante. Tout ce que vous pourrez trouver de Newman ». Voilà le conseil adressé par Paul Claudel à son correspondant Jacques Rivière qui, engagé sur un chemin de conversion semé de cahots, lui demandait ce qui était susceptible de le soutenir. L’œil de poète et de dramaturge de Claudel, cet inclassable chrétien, ne s’y trompait pas, qui reconnaissait à travers les siècles une familiarité entre ces grands noms qui ne tenait pas à la seule foi catholique. Pascal, Bossuet et Dante furent des écrivains chrétiens, mais de même qu’on ne saurait les considérer dépouillés de la foi qui animait leurs écrits, de même il serait malvenu d’oublier le génie littéraire et poétique à travers quoi s’exprima cette foi. Dressant sa liste, Claudel rappelait non seulement l’importance apologétique de John Henry Newman, mais encore sa légitimité d’homme de lettres.

    L’influence de Newman dépassa de beaucoup la stricte sphère des ecclésiastiques et des théologiens : il fut pour bien des écrivains un pair ou un maître loué pour la richesse et la « grave beauté de son style ». Le mot est de James Joyce, qui dans Portrait de l’artiste en jeune homme, sa pseudo-autobiographie, plaçait la prose de Newman, « claustrale et veinée d’argent », au-dessus de toutes les autres : « Personne n’a jamais écrit en anglais une prose comparable à celle d’un insignifiant petit pasteur anglican devenu plus tard prince de la seule véritable Église. » Des trente-deux auteurs que, démontrant sa virtuosité et sa grande culture, il entreprit d’imiter à l’épisode 14 d’Ulysse, le seul à n’être pas parodié mais « rendu dans toute sa pureté » fut Newman.

    Lire la suite sur le site de La Nef

  • Quel est le profil du nouveau président de la conférence des évêques des Etats-Unis ?

    IMPRIMER

    D'InfoVaticana :

    Profil du nouveau président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis : Mgr Paul S. Coakley

    L'élection de l'archevêque Paul Stagg Coakley à la présidence de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) marque une continuité dans l'orientation doctrinale de l'épiscopat américain et offre, en même temps, un aperçu intéressant des sensibilités liturgiques et spirituelles du prélat qui guidera l'Église américaine pendant les prochaines années.

    Né en 1955 à Norfolk, en Virginie, et ordonné prêtre en 1983 pour le diocèse de Wichita, Paul S. Coakley a exercé son ministère au Kansas avant d'être nommé évêque de Salina en 2004. En 2010, il a été nommé archevêque d'Oklahoma City, archidiocèse qu'il dirige depuis. Fort de nombreuses années d'engagement au sein des comités de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), d'une implication dans des initiatives caritatives internationales et d'une réputation de prudence doctrinale, Coakley s'est imposé comme l'une des voix les plus stables de l'épiscopat conservateur américain. Sa devise épiscopale, « Duc in altum » , résume parfaitement son style pastoral : sobre, axé sur le rétablissement des fondements et la prévention des ruptures inutiles.

    Mgr Coakley est connu pour ses positions fermes sur les questions centrales de la doctrine sociale de l'Église. En matière de défense du droit à la vie, il a dénoncé à plusieurs reprises l'avortement comme un mal intrinsèque, sans ambiguïté. Parallèlement, il a souligné que l'application de la peine de mort contribue à la déshumanisation de la société et a exprimé une réserve claire quant à son utilisation, sans toutefois recourir à des comparaisons hasardeuses. Concernant l'immigration, il a mis en garde contre les effets déshumanisants des politiques d'expulsion massive et a rappelé que la tradition américaine s'est construite sur le labeur de générations d'immigrants venus chercher une vie meilleure. Sa position publique maintient un juste équilibre entre la défense de principes non négociables et l'accompagnement pastoral des personnes vulnérables, sans pour autant sombrer dans une polarisation purement idéologique.

    Au-delà de ce que révèlent ses biographies officielles, Coakley possède des aspects formateurs rarement abordés dans les médias traditionnels, mais qui permettent de mieux comprendre sa sensibilité spirituelle. Des sources proches du prélat confirment que l'archevêque fut un disciple de John Senior, le célèbre penseur qui influença plusieurs générations de catholiques américains par sa défense de la tradition, de la culture classique et de la place centrale de la vie monastique comme fondement de la civilisation chrétienne. Il passa également un court séjour à l'abbaye de Fontgombault, l'un des monastères bénédictins les plus influents du renouveau liturgique traditionnel du XXe siècle. Ces détails, généralement passés sous silence dans ses biographies publiques, expliquent son aisance et sa familiarité dans les milieux où la tradition liturgique est pratiquée sans tension idéologique.

    Concernant la liturgie traditionnelle, Mgr Coakley est décrit par ceux qui le connaissent comme très favorable à la messe traditionnelle en latin. Il n'est pas un « évêque traditionaliste » au sens médiatique du terme, mais plutôt un prélat qui ne confond pas la forme extraordinaire du rite romain avec des divisions ou des « guerres culturelles », et qui la considère comme une composante légitime de la richesse liturgique de l'Église. Il la célèbre occasionnellement et entretient des liens étroits avec les communautés qui vivent la tradition liturgique en pleine communion avec l'Église. L'année dernière, lors du célèbre pèlerinage de Clear Creek, Mgr Coakley a assisté à la messe de clôture célébrée par Mgr Athanasius Schneider, au sein du chœur. Sa présence, discrète, modeste et sans publicité, a été grandement appréciée des fidèles, qui l'ont interprétée comme un geste de proximité avec ce monde spirituel, dénué de toute intention d'instrumentalisation.

    La Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) traverse une période complexe, marquée par des tensions internes concernant les priorités pastorales, des débats sur le rôle de la tradition liturgique, des défis en matière de bioéthique, d'éducation catholique et de liberté religieuse, ainsi que des relations délicates avec Rome sur les questions doctrinales et disciplinaires. L'élection de Coakley témoigne d'un épiscopat qui aspire à la stabilité doctrinale et à la sérénité stratégique. Il n'est ni un agitateur ni un administrateur purement technocratique ; il est avant tout un pasteur aux convictions profondes, doté d'une vie spirituelle intense et de la sensibilité nécessaire pour comprendre que le renouveau de l'Église repose autant sur la mission que sur la tradition.

    Le nouveau président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) offre une combinaison rare d'orthodoxie doctrinale sans véhémence, de rigueur intellectuelle ancrée dans la tradition classique et d'une véritable affinité pour la liturgie traditionnelle et la vie monastique. Son leadership sera crucial dans les années à venir, notamment dans un pays où l'Église fonde une grande partie de son identité sur d'intenses pressions culturelles et politiques. La discrétion de Mgr Coakley ne doit pas induire en erreur : son parcours et son expérience laissent penser que, sous sa direction, l'USCCB recherchera la clarté sans confrontation et, peut-être, un regain d'intérêt pour le trésor spirituel de la tradition catholique, mis à mal par le mouvement Traditionis Custodes et une vague d'interdictions et de persécutions.