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Société - Page 9

  • Les attaques contre les lieux de culte sont une « pandémie »

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    De Victoria Cardiel sur le CWR :

    Un consultant auprès des évêques européens : les attaques contre les lieux de culte sont une « pandémie »

    L'église historique de l'Immaculée Conception de Saint-Omer, dans le département du Pas-de-Calais, au nord de la France, a été ravagée par un incendie criminel dans la nuit du 2 septembre 2024. (Crédit : Avec l'aimable autorisation du Père Sébastien Roussel)

    24 octobre 2025

    La montée de la violence et des attaques contre les lieux de culte et les croyants, traditionnellement associées aux régions de conflit, a connu une recrudescence inquiétante ces dernières années en Europe, en Amérique du Sud et en Amérique du Nord.

    Selon  le dernier rapport  de l'Aide à l'Église en Détresse (AED), en 2023, la France a enregistré près de 1 000 attaques contre des églises, et plus de 600 actes de vandalisme ont été recensés en Grèce.

    José Luis Bazán
    José Luis Bazán, conseiller juridique de la Commission des conférences épiscopales de l'Union européenne (COMECE) à Bruxelles. | Crédit : Victoria Cardiel/EWTN News

    Des augmentations similaires ont été observées en Espagne, en Italie et aux États-Unis, où les attaques ne visent pas seulement les biens des églises mais comprennent également des perturbations des services religieux et des attaques contre le clergé.

    « Ces attaques reflètent un climat d'hostilité idéologique envers la religion », a déclaré José Luis Bazán, l'un des auteurs du rapport, dans une déclaration à ACI Prensa, le partenaire d'information en langue espagnole de CNA.

    Pour Bazán, les incidents ne sont plus seulement des épisodes isolés : « Les attaques ou les actes de vandalisme contre les lieux de culte sont pandémiques. »

    Bazán s'est concentré sur un phénomène qui traverse les continents : « Je parle essentiellement de l'Europe et du monde anglo-saxon — Canada, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Australie — et, par extension, aussi de l'Amérique latine, en particulier du Cône Sud : Chili et Argentine. »

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  • Le MR et Les Engagés sont favorables à l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution

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    Y a-t-il encore quelque chose de bon à attendre de notre classe politique et en particulier des Engagés, ce produit dérivé et dénaturé de ce qui fut jadis le Parti Social Chrétien ?

    De Martine Dubuisson sur le site du Soir :

    MR et Les Engagés favorables à l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution

    En échange de son soutien à la suppression du Sénat, le PS demande à la majorité de constitutionnaliser le droit à l’avortement. MR et Engagés sont d’accord.

    Vendredi, dans Le Soir, le président du PS annonçait que son parti accepterait de voter la suppression du Sénat, voulue par la majorité Arizona, mais qu’il conditionnait le soutien socialiste (depuis l’opposition) à un préalable majeur : l’inscription dans la constitution du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Cela, sachant que le vote du PS est indispensable pour supprimer le Sénat, puisque cela requiert une majorité des deux tiers afin de modifier la Constitution, et que le gouvernement De Wever ne demande pas l’appui des partis extrémistes (Vlaams Belang et PTB).

    Les partis de la majorité sont-ils prêts à inscrire l’IVG comme droit fondamental dans la Constitution ?

    Au MR, oui. Puisque, nous confirme le chef de groupe à la Chambre, Benoît Piedboeuf, le parti libéral a déposé une proposition de loi au Parlement en vue d’inscrire dans la Constitution le « droit à disposer de son corps », qui ne concerne pas que l’avortement mais aussi l’euthanasie… Du côté des Engagés, aussi, on se dit « favorable au principe de faire entrer le droit à l’avortement dans la Constitution, ce point est dans notre programme électoral. »

    Si cela ne devrait pas davantage poser de problème aux socialistes flamands, nous n’avons pas obtenu de réponse de la N-VA et du CD&V, les partis de la majorité Arizona susceptibles d’être plus frileux en la matière. Mais d’aucuns regrettent « les petits jeux du PS » dans le cadre du dossier de la suppression du Sénat...

  • « Redonnons à la maternité sa pleine dignité » et protégeons-la (Léon XIV)

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    DISCOURS DU SAINT-PÈRE LÉON XIV AUX ENSEIGNANTS ET ÉTUDIANTS DE L'INSTITUT THÉOLOGIQUE PONTIFICAL JEAN-PAUL II POUR LES SCIENCES DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE

    Salle Clémentine
    Vendredi 24 octobre 2025

    _____________________________

    Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
    Que la paix soit avec vous !

    Bonjour, buenos dias, good morning !

    Chers frères et sœurs,

    C'est avec joie que je vous souhaite la bienvenue, vous qui formez la communauté académique internationale de l'Institut théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille. Je salue le Grand Chancelier, le Cardinal Baldassarre Reina, le Président, Mgr Philippe Bordeyne, les Vice-présidents des sections extra Urbe, les professeurs, les bienfaiteurs, vous tous, chers étudiants et étudiantes, ainsi que les anciens élèves venus de divers pays à l'occasion du Jubilé. Soyez tous les bienvenus !

    Dans les différents contextes sociaux, économiques et culturels, les défis qui nous interpellent sont différents : partout et toujours, cependant, nous sommes appelés à soutenir, défendre et promouvoir la famille, avant tout par un style de vie cohérent avec l'Évangile. Sa fragilité et sa valeur, considérées à la lumière de la foi et de la raison saine, engagent vos études, que vous cultivez pour le bien des fiancés qui deviennent époux, des époux qui deviennent parents, et de leurs enfants, qui sont pour tous la promesse d'une humanité renouvelée par l'amour. La vocation de votre Institut, né de la vision prophétique de Saint Jean-Paul II dans le sillage du Synode de 1980 sur la famille, apparaît ainsi encore plus clairement : constituer un corps académique unique réparti sur les différents continents, afin de répondre aux besoins de formation en étant le plus proche possible des couples et des familles. De cette manière, il est possible de mieux développer des dynamiques pastorales adaptées aux réalités locales et inspirées par la tradition vivante de l'Église et sa doctrine sociale.

    En participant à la mission et au cheminement de toute l'Église, votre Institut contribue à l'intelligence du magistère pontifical et à l'actualisation constante du dialogue entre la vie familiale, monde du travail et la justice sociale, en abordant des questions d'actualité brûlantes, telles que la paix, le soin de la vie et de la santé, le développement humain intégral, l'emploi des jeunes, la durabilité économique, l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, autant de facteurs qui influencent le choix de se marier et d'avoir des enfants. En ce sens, votre mission spécifique concerne la recherche et le témoignage commun de la vérité : en accomplissant cette tâche, la théologie est appelée à se confronter aux différentes disciplines qui étudient le mariage et la famille, sans se contenter de dire la vérité à leur sujet, mais en la vivant dans la grâce du Saint-Esprit et à l'exemple du Christ, qui nous a révélé le Père par ses actions et ses paroles.

    L'annonce de l'Évangile, qui transforme la vie et la société, nous engage à promouvoir des actions organiques et concertées en faveur de la famille. La qualité de la vie sociale et politique d'un pays se mesure en effet notamment à la manière dont il permet aux familles de bien vivre, d'avoir du temps pour elles-mêmes, en cultivant les liens qui les unissent. Dans une société qui exalte souvent la productivité et la rapidité au détriment des relations, il devient urgent de redonner du temps et de l'espace à l'amour que l'on apprend dans la famille, où s'entremêlent les premières expériences de confiance, de don et de pardon, qui constituent le tissu de la vie sociale.

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  • Belgique : la pratique religieuse connaît une baisse extrêmement rapide et vertigineuse

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    Du site de la RTBF :

    Où en est la religion catholique aujourd’hui dans notre pays ? "C’est la fin de la pratique religieuse institutionnelle"

    24 octobre 2025

    L’Église catholique belge vient de publier son huitième rapport annuel. On y constate une baisse importante des funérailles religieuses, des baptêmes, des premières communions, des mariages. A souligner aussi une hausse des baptêmes des adultes, la fréquentation de l’Église le troisième dimanche du mois d’octobre et le succès des retraites spirituelles. Où en est donc l’Église catholique en Belgique aujourd’hui ?

    Par  sur base d'un entretien de 
     
    Allez-vous encore souvent à l’église pour un baptême, un mariage, des funérailles, un office religieux ? Où en est la religion catholique aujourd’hui dans notre pays ? L’Église catholique belge vient de publier son huitième rapport annuel et apporte des réponses.

    Petite radioscopie de la pratique religieuse et de la place de l’Église catholique en 2025 dans notre société en Belgique avec Caroline Sägesser, historienne, chargée de recherches au CRISP (...)

    Pratique religieuse en baisse

    Un enterrement sur trois seulement a été célébré par l’Église catholique. C’est une baisse de plus de 26% depuis 2018. Pour Caroline Sägesser, c’est interpellant "parce que très longtemps, le taux de funérailles religieuses est resté élevé. C’est assez logiquement un indicateur qui a baissé plus tardivement que les autres".

    Ce qui frappe surtout cette historienne, c’est la baisse des baptêmes des nouveau-nés : "Ça dessine peut-être un peu l’avenir de la religion. Et donc, en 2008, il y avait encore plus d’un nouveau-né sur deux qui étaient baptisés. Aujourd’hui, nous sommes à un sur quatre. Donc, c’est ce chiffre-là, moi, qui me frappe".

    Ce rapport annuel de l’Église catholique témoigne, aux dires de Caroline Sägesser, d'"un bouleversement sociétal extrêmement profond, avec ce changement d’une société qui restait dominée par l’Église, par la foi catholique, vers une société sécularisée. C’est la foi, la pratique religieuse qui est en baisse extrêmement rapide et vertigineuse. Mais les structures que ce monde catholique avait mises en place, elles, elles restent bien vivaces comme l’enseignement catholique". La fréquentation des écoles catholiques est en hausse.

    Une quête de spiritualité

    Autre tendance qui frappe aussi bien Caroline Sägesser (...), c’est la baisse du nombre de prêtres, une diminution du clergé de 30% en 6 ans. Un tiers en moins. (...)

    Un rapport preuve de transparence de l’Église catholique de Belgique

    Ce rapport annuel de l’Église catholique belge est un vrai signe de transparence de cette institution où les ministres du culte sont payés par le ministère de la justice.

    Pour Caroline Sägesser, les autres religions ne font pas de même : "C’est extrêmement frustrant de ne pas disposer de semblables données pour les autres religions. Maintenant, il faut souligner qu’elles ne sont pas organisées de la même façon. Donc, cette capacité qu’a l’Église catholique de solliciter l’ensemble des paroisses pour demander la transmission des chiffres, dans les autres religions, on ne peut pas agir de la même façon. Donc, ce n’est pas forcément une volonté, une absence de transparence, mais c’est bien souvent simplement une impossibilité de communiquer des chiffres. Et donc, c’est bien dommage que du côté des études scientifiques, on n’ait pas des données un peu plus substantielles à se mettre sous la dent".

  • Italie : le document sur les homosexuels qui ébranle l'Église

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    D'Andrea Morigi sur Libero Quotidiano :

    Italie : le document sur les homosexuels qui ébranle l'Église

    24 octobre 2025

    La prière commune lors des Gay Pride est la dernière avancée franchie par les évêques italiens. Ils les qualifient de « bonnes pratiques pastorales » dans le document final de la Troisième Assemblée synodale des Églises d'Italie, à tel point qu'ils se fixent comme objectif d'initier « de nouveaux parcours de formation aux relations, à la corporéité, à l'affectivité et à la sexualité – prenant également en compte l'orientation sexuelle et l'identité de genre – en particulier pour les préadolescents, les adolescents, les jeunes et leurs éducateurs ». C'est une invitation aux Églises locales à « surmonter les attitudes discriminatoires parfois répandues dans les milieux ecclésiaux et dans la société, et à s'engager à promouvoir la reconnaissance et le soutien des personnes homosexuelles et transgenres, ainsi que de leurs parents, qui appartiennent déjà à la communauté chrétienne ». Quant aux hiérarchies, on espère que « la CEI soutiendra par la prière et la réflexion les journées promues par la société civile pour combattre toute forme de violence et témoigner sa solidarité avec ceux qui sont blessés et discriminés (Journées contre la violence et la discrimination de genre, la pédophilie, le harcèlement, le féminicide, l'homophobie et la transphobie, etc.). » C'est précisément ce « etc. » qui suscite les plus grandes inquiétudes parmi les croyants engagés.

    Si le pape François en avait assez de la « pédémania » généralisée dans le monde ecclésiastique (surtout dans le monde ecclésiastique), son successeur adopte une attitude encore plus déterminée : « En ces temps difficiles et confus, où l'on présente aux jeunes tant de contre-modèles d'unions, souvent éphémères, individualistes et égoïstes, aux fruits amers et décevants, la famille telle que le Créateur l'a voulue peut paraître dépassée et ennuyeuse », a déclaré le Saint-Père le 1er octobre dernier dans un message à l'évêque de Séez, en France, à l'occasion de la mémoire liturgique de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Saint-Face. Léon XIV citait en exemple Louis et Zélie Martin, parents de la sainte carmélite. L'écrivaine et journaliste Costanza Miriano, animatrice de Monastero Wi-fi, le cite également, s'adressant aux « évêques improbables qui s'apprêtent à signer un document synodal véritablement indigne de la grandeur de l'Église » car il « assume tous les dogmes d'une pensée unique sur l'identité sexuelle et l'affectivité, comme si la Parole de Dieu n'existait pas, ou pire, comme s'il s'agissait d'un produit culturel à actualiser, comme si le Catéchisme de l'Église catholique était une plaisanterie, comme si la Théologie du Corps était une erreur de parcours, Humanae Vitae une tache du passé… » Elle leur adresse donc un appel pour le 25 octobre, date à laquelle le document doit être approuvé : « Ne signez pas le document synodal contenant ces mensonges. Si vous ne voulez pas écouter mon appel, qui, j'en suis absolument certaine, est aussi celui d'un grand nombre de compagnons de route, écoutez votre pasteur, écoutez au moins les paroles que le pape Léon XIV a écrites à l'occasion du dixième anniversaire de la canonisation. Le Pape les a qualifiés de « couple exemplaire » qui « témoigne du bonheur ineffable et de la joie profonde que Dieu accorde, dès ici-bas et pour l'éternité, à ceux qui s'engagent sur ce chemin de fidélité et de fécondité ».

    Il a également conseillé aux familles de « persévérer avec courage sur le chemin, parfois difficile et compliqué, mais lumineux, que vous avez entrepris. Avant tout, placez Jésus au centre de vos familles, de vos activités et de vos choix. Aidez vos enfants à découvrir son amour et sa tendresse infinis, et efforcez-vous de lui faire aimer à son tour comme il le mérite. » Certains prêtres sont même prêts à des gestes spectaculaires, comme réciter publiquement le Rosaire devant le siège de la CEI. D'autres, comme le père Giuseppe Forlai, auteur d'un ouvrage au titre éloquent « Réflexions sur l'évaporation du christianisme », s'interrogent sur le processus qui a conduit à cette synthèse : « L'Église italienne a renoncé depuis plusieurs années à annoncer l'Évangile, même lorsque celui-ci semble dépassé ou laborieux. » Ainsi, « il semble presque qu'il faille plaire à tout prix. » On propose des solutions partielles, sans vision, répétant des slogans banals et éculés qui cachent une grave incapacité à réfléchir, à développer de véritables chemins de réconciliation et de catéchuménat pour ceux qui traversent des situations difficiles ou qui ne sont pas en harmonie avec la morale de l'Église. Mais « accueillir ne signifie pas justifier des modèles de vie incompatibles avec l'anthropologie chrétienne ».

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  • Le marchandage stupéfiant que Paul Magnette se propose d'imposer au monde politique belge

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    Dans le Soir de ce jour (p. 5), cette info stupéfiante sur le marchandage que Paul Magnette se propose d'imposer au monde politique belge : 

    Supprimer le Sénat ? Le PS est d’accord… si l’on inscrit le droit à l’IVG dans la Constitution

    Les voix du PS, dans l’opposition, sont nécessaires pour voter la suppression du Sénat voulue par la majorité Arizona. En échange de son soutien, le parti de Paul Magnette exige l’inscription dans la Constitution du droit à l’avortement.

    (...) « Je le pose en préalable car ils ont besoin de nos voix » « Nous posons une condition : nous soutiendrons la suppression du Sénat seulement si la majorité accepte de constitutionnaliser le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) », nous révèle en effet Paul Magnette. « Le but n’est pas de bloquer la suppression du Sénat, nous sommes d’accord sur le principe, je l’avais proposé moi­même. Ce n’est donc pas une manœuvre dilatoire, mais la majorité a besoin de nous. Que peut-­on demander en échange ? Dans la continuité de notre combat et dans un contexte où le droit à l’avortement est menacé de toutes parts – aux Etats­-Unis bien sûr, mais en Italie on rend les conditions de plus en plus difficiles, sans parler de la Pologne ou de la Hongrie –, réaffirmer que l’IVG est un droit fondamental est pour nous une déclaration de principe extrêmement importante. C’est un droit fondamental qui doit figurer dans la Constitution. C’est le moment de le constitutionnaliser. »

    Concrètement : « On n’entamera pas les travaux sur la suppression du Sénat tant qu’on n’a pas la garantie de l’inscription de ce droit fondamental dans la Constitution. Nous serions le deuxième pays d’Europe, voire du monde, à le faire, après la France. Nous voulons donc un accord politique et que l’on vote d’abord le droit à l’IVG avant de voter la suppression du Sénat. Je le pose en préalable car ils ont besoin de nos voix. »

    Que l’on comprenne bien : il s’agit de faire inscrire le principe du droit à l’avortement dans la Constitution, pas ses modalités. Ces modalités continueront, elles, à être débattues en commission, dans la foulée du rapport des experts préconisant l’autorisation de l’IVG jusqu’à 18 semaines (ce que refusent le CD&V et la N­VA), la suppression du délai d’attente, la dépénalisation complète… Comme en France, la Constitution prévoirait donc sobrement que l’IVG est un droit fondamental pour toutes les femmes et que la loi en fixe les modalités.

    « Dix chances sur dix »

    Et Paul Magnette se montre optimiste (question de stratégie toujours…) : « Certains partis ont des réticences sur le nombre de semaines durant lequel l’avortement est autorisé, mais personne ne semble remettre en cause l’IVG ellem-ême. » Il se donne donc « dix chances sur dix » d’arriver à la faire inscrire dans la Constitution, même s’il n’en a pas encore parlé aux autres formations. « A priori, aucun parti ne devrait refuser. » ...

  • Belgique : Siska (26 ans) sera bientôt euthanasiée pour trouble dépressif sévère

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    En Belgique, la jeune Siska sera bientôt euthanasiée à 26 ans pour trouble dépressif sévère

    22 octobre 2025

    Siska De Ruysscher, une jeune Belge de Flandre-Orientale, a eu 26 ans le 17 octobre. Suicidaire depuis ses 13 ans, elle a demandé à être euthanasiée. Avant l’injection qui mettra fin à ses jours, dans quelques semaines, elle raconte son histoire avec l’espoir d’une prise de conscience collective et d’une amélioration de la prise en charge des autres patients.

    Suicidaire depuis ses 13 ans, Siska a enchaîné les passages à l’acte

    Victime de harcèlement dès l’école maternelle, Siska souffre de profonde dépression depuis ses 13 ans. Elle a fait sa première tentative de suicide à 14 ans, et aura tenté une quarantaine de fois, au total, de mettre fin à ses jours (cf. Stimulation cérébrale profonde : trois Espagnols renoncent à l’euthanasie).

    Elle décrit les symptômes de la dépression profonde : « Mon corps, comme mon psychisme, n’en peut plus. Je suis épuisée. Travailler ne m’est plus possible, les plus petites choses du quotidien : se lever, s’habiller, ouvrir les volets… sont des obstacles insurmontables » (cf. Une adolescente qui voulait être euthanasiée traitée par neuromodulation).

    Siska dénonce les insuffisances du système de soins psychiatriques belge

    La jeune femme essaie de soigner ses troubles mentaux depuis ses 13 ans, aujourd’hui elle ne peut que déplorer les manquements dans la prise en charge des troubles psychiatriques en Belgique. De nombreux patients doivent attendre des mois avant de pouvoir commencer un suivi. Les hospitalisations de longue durée en psychiatrie présentent de nombreuses failles. La jeune femme a dû côtoyer des personnes souffrant de troubles dépressifs graves, de troubles du comportement, de toxicomanie ou qui sortaient de centres de détention pour mineurs. Elle explique que les patients « s’entraînent les uns les autres, et certains prennent un mauvais chemin ».

    A 17 ans, Siska a dû passer plusieurs semaines en cellule d’isolement. Il n’y a pas suffisamment de personnel pour veiller à la sécurité du patient, alors celui-ci doit dormir sans oreiller ni couverture. Siska y a terriblement souffert de la solitude, alors que justement, elle avait besoin de soutien. « La porte est verrouillée et tu dois attendre qu’on vienne te chercher (…) ils n’ont pas le temps de venir s’occuper de toi ».

    Peu avant son euthanasie, la jeune femme espère que son discours entraînera une prise de conscience

    Siska ne voit aucune issue. Elle a demandé une euthanasie qui lui a été accordée (cf. Belgique : une victime des attentats euthanasiée à 23 ans). La date est fixée, l’administration d’une substance létale aura lieu dans les prochaines semaines.

    D’ici là, Siska souhaite porter un message en faveur d’une meilleure prise en charge des patients atteints de maladies psychiatriques : « Indépendamment de mon parcours, beaucoup de choses peuvent être différentes et meilleures ».

    « C’est très difficile, surtout pour mon entourage. J’utilise le peu d’énergie et de force qui me restent pour encourager les autres à raconter leur histoire. J’espère ainsi que le mouvement prendra de l’ampleur et marquera le début d’un changement. »

    Sources de la synthèse de presse : VRT, Jens Van Reet et Joppe De Hert (15/10/2025) ; RTL info (18/10/2025)

  • "Dilexi te" : Léon XIV vs Léon XIII ?

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    De sur le Catholic Thing :

    Léon XIV contre Léon XIII

    23 octobre 2025

    Le pape Léon XIV a pris son nom pour signaler sa proximité avec Léon XIII, et pourtant dans sa récente exhortation apostolique, Dilexi te, ses déclarations semblent parfois en contradiction avec celles de son prédécesseur : sur la racine des maux sociaux, la remédiation à la pauvreté et la propriété privée.

    Pour Léon XIV, la racine des maux sociaux est l'inégalité. Réaffirmant François, il déclare : « Je ne peux qu'affirmer une fois de plus que l'inégalité est la racine des maux sociaux. » (n. 94). Mais pour Léon XIII, dans sa première encyclique, « Sur les maux de la société » ( Inscrutabili Dei consilio ), la racine des maux sociaux est plutôt le rejet du christianisme par les pouvoirs civils : « La source des maux [sociaux] réside principalement dans le fait que la sainte et vénérable autorité de l'Église, qui gouverne les hommes au nom de Dieu, soutenant et défendant toute autorité légitime, a été méprisée et mise de côté. » (n. 3)

    La différence n'est pas négligeable, car si le christianisme n'est pas nécessaire, pour éliminer les maux sociaux, il suffirait aux pouvoirs civils d'éradiquer les « structures du péché », c'est-à-dire les structures d'inégalité. Mais si le christianisme est nécessaire, alors la politique la plus importante pour un pouvoir civil serait clairement d'encourager, ou du moins de créer les conditions propices à la croyance et à la pratique chrétiennes (par exemple, en facilitant, et non en empêchant, l'inscription des enfants dans des écoles religieuses).

    Dans Rerum novarum, Léon XIII enseignait que la quête d'égalité est un rêve irréaliste du socialisme : « Il faut accepter la situation inhérente aux affaires humaines, car il est impossible de réduire la société civile à un niveau insignifiant. Il existe naturellement parmi les hommes de multiples différences, des plus importantes ; les individus diffèrent par leurs capacités, leurs compétences, leur santé, leur force ; et l'inégalité des fortunes est une conséquence inévitable de l'inégalité des conditions. » (n. 17)

    Si l'on répondait que l'inégalité visée par Léon XIV, à la suite de François, ne concerne pas les revenus et les biens, mais le statut juridique et le respect de la dignité humaine, alors la nature de la « pauvreté » changerait radicalement, et les plus pauvres de nos sociétés seraient les enfants à naître, car ce sont eux dont l'égale dignité humaine est le plus largement niée, partout dans le monde. Il s'ensuivrait que l'« option préférentielle pour les pauvres » de l'Église devrait se traduire par la primauté de la cause pro-vie.

    En ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, rappelons que Léon XIII était bien informé sur la science économique contemporaine par l'intermédiaire de son assistant, le Père Matteo Liberatore, SJ.

    L’œuvre d’Adam Smith commence précisément par le constat que certains pays parviennent à sortir de la pauvreté, et d’autres non, et qu’est-ce qui explique cette différence ?

    Aujourd'hui, les cours d'économie commencent souvent par une présentation du graphique en forme de crosse de hockey, qui illustre la croissance économique mondiale fulgurante des 300 dernières années, et posent la question : qu'est-ce qui l'explique ? La réponse, acceptée par le Père Liberatore et le pape Léon XIII, réside dans le respect du droit à la propriété privée par le pouvoir civil et dans la reconnaissance de la primauté des individus et des familles sur l'État dans leur activité économique, autrement dit dans un marché libre et une société libre. L'État a pour rôle de corriger les abus, tels que les horaires de travail excessivement longs, mais, en général, une bonne administration de l'État devrait suffire. (nn. 32-33)

    Mais la position de Léon XIV semble nier l'importance de ce graphique en forme de crosse de hockey : « L'affirmation selon laquelle le monde moderne a réduit la pauvreté est faite en mesurant la pauvreté avec des critères du passé qui ne correspondent pas aux réalités actuelles » (n. 13). La pauvreté doit être définie, insiste-t-il, non pas de manière absolue, mais par rapport au niveau de vie d'une nation particulière.

    Mais si les processus de marché créateurs de richesses n'ont pas réduit la pauvreté (selon cette conception), il s'ensuit que toute confiance dans leur capacité à continuer de le faire à l'avenir ne peut être que le produit de pures « idéologies ». Celles-ci sont présentées de manière fallacieuse, de sorte qu'elles ne correspondent à aucune position défendue par une personne responsable aujourd'hui : par exemple, la « défense de l'autonomie absolue du marché » (92) et l'idée selon laquelle « la pensée économique nous oblige à attendre que les forces invisibles du marché résolvent tout » (ibid.).

    Cette apparente fermeture au libre marché est d'autant plus déconcertante qu'à la fin de son exhortation, où Léon XIV appelle à l'aumône, il commence par dire qu'il vaut mieux trouver un travail pour un pauvre que de lui faire l'aumône (n. 115). Or, il est évident que nous ne pouvons trouver du travail aux pauvres sans que quelqu'un d'abord le crée. Ainsi, il semble que, pour servir les pauvres, l'esprit d'investissement et d'entreprise, à l'œuvre dans un marché bien régulé, serait encore meilleur que l'aumône.

    Léon XIV semble également différer de Léon XIII sur la centralité du droit naturel à la propriété privée. Léon XIII croyait que les pauvres comme les riches étaient rongés par la cupidité, et que, pour les pauvres, cette cupidité se manifestait souvent par un simple désir de prendre aux riches pour subvenir à leurs besoins, plutôt que de travailler pour acquérir un bien à échanger.

    En revanche, la lettre Dilexi te de Léon XIV contient ce qui suit : « C'est pourquoi chacun a le droit de posséder une quantité suffisante des biens de la terre pour lui-même et sa famille. [...] Les personnes en situation d'extrême nécessité ont le droit de prendre ce dont elles ont besoin dans les richesses des autres. » (ellipse dans l'original)

    La deuxième phrase est une citation de Gaudium et spes (n° 69), où une note de bas de page fournit toutes les précisions nécessaires, ainsi qu'une référence à Thomas d'Aquin, afin d'éviter toute interprétation malveillante. Aucune note de ce type n'est fournie ici. De plus, le langage des Pères conciliaires est subtil (sibi procuret) et ne signifie pas clairement « prendre ».

    Mais maintenant, combinez cette déclaration, sans réserve, avec l'idée qu'il n'existe pas de norme absolue de pauvreté, et donc pas de norme absolue d'extrême nécessité – et le résultat est pour le moins troublant.

    Sur les maux sociaux, la pauvreté et la propriété – si seulement les Léon rugissaient à l'unisson !

  • Les dirigeants de l'Église nigériane saluent les conclusions d'un nouveau rapport confirmant le génocide des chrétiens

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    N'en déplaise au cardinal Parolin qui considère qu'il s'agit d'un problème social et non religieux...

    De sur le CWR :

    Les dirigeants de l'Église nigériane saluent les conclusions confirmant le génocide des chrétiens

    Les conclusions d’un nouveau rapport, couvrant la période de 2010 au 10 octobre 2025, révèlent une campagne de dévastation qui a coûté la vie à 185 000 personnes, dont 125 000 chrétiens et 60 000 musulmans non violents, dans cette nation africaine.

    Les dirigeants de l'Église au Nigeria se disent heureux de la conclusion à laquelle est parvenu un enquêteur américain selon laquelle il existe un plan systématique visant à effacer le christianisme dans ce pays africain.

    Le 14 octobre, Mike Arnold a présenté ses conclusions sur une décennie de campagne de violence visant les chrétiens au Nigeria. L'ancien maire de Blanco City, au Texas, a déclaré qu'il recueillait ces informations depuis 2019.

    Lisant une déclaration préparée intitulée « Déclaration sur la violence généralisée et les déplacements au Nigéria », Arnold a déclaré que « les villages sont systématiquement rasés, les églises rasées et des dizaines de milliers de personnes sont mortes ».

    Il a rejeté l'affirmation selon laquelle la violence serait due à une lutte entre agriculteurs et éleveurs pour les ressources.

    « Il s'agit de terreur systématique, et non de conflits de pâturage », a-t-il déclaré. « … l'expression « affrontements entre agriculteurs et éleveurs », dans bien des cas aujourd'hui, relève d'un double langage cynique. Elle instrumentalise des conflits fonciers historiques pour masquer une conquête djihadiste. Pendant des siècles, éleveurs et agriculteurs ont coexisté dans des conflits rares, rarement mortels. »

    Citant l’article II de la Convention des Nations Unies sur le génocide, Arnold a affirmé que la situation au Nigéria répond au seuil juridique du génocide.

     « La campagne de violence et de déplacement dans le nord et le centre du Nigeria constitue bel et bien un génocide planifié, actuel et durable, contre les communautés chrétiennes et autres minorités religieuses, sans aucun doute raisonnable. Continuer à le nier revient à se rendre complice de ces atrocités », a-t-il affirmé.

    Il a déclaré que nier l’existence d’un génocide contre les chrétiens renforce la détermination des auteurs de ce crime à faire encore pire.

    « Continuer à nier cela, c’est se rendre complice de ces atrocités. Je ne le dis pas avec colère, mais avec vérité et tristesse. »

    « Je crois en l'harmonie entre chrétiens et musulmans. Je crois que les personnes de bien, toutes tribus, confessions et partis confondus, doivent s'opposer à ce fléau, mais il faut d'abord le nommer », a-t-il déclaré.

    C’est un rapport qui n’a probablement pas plu aux autorités nigérianes qui l’ont invité.

    Reno Omokri, ancien porte-parole présidentiel, a tenté de rejeter le rapport d'Arnold.

     « Cette affirmation est fausse. Alors, si vous me demandez s'il y a un génocide au Nigeria, bien sûr que non. Cependant, si vous pensez que des représentants de l'État nigérian facilitent le terrorisme, mentionnez-les, nommez-les. Aidez-nous à les nommer », a déclaré Omokri.

    Un rapport confirme les accusations de génocide

    Les dirigeants de l’Église et diverses entités au Nigéria ont accueilli les conclusions d’Arnold comme une justification de ce qu’ils ont dénoncé pendant si longtemps.

    « Il y a une joie particulière dans nos cœurs », a déclaré Emeka Umeagbalasi, directeur de l'ONG d'inspiration catholique et de la Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit, Intersociety.

     Il insiste sur le fait que le gouvernement nigérian, qui a invité l'enquêteur américain, l'a fait dans l'intention de dissimuler les atrocités commises contre les chrétiens. Mais Arnold et son équipe avaient un autre plan.

    « Ce que le gouvernement nigérian attendait de ces personnes n'a jamais été concrétisé. L'équipe a dit le contraire de ce que le gouvernement souhaitait », a-t-il déclaré à CWR.

    Il a déclaré que lorsque Arnold a présenté ses conclusions lors de la conférence de presse, « toute la salle est tombée dans un silence de mort », car les responsables étaient déçus de voir la vérité documentée.

    Umeagbalasi a déclaré à CWR que le rapport confirmait les conclusions antérieures d'Intersociety sur la persécution des chrétiens au Nigéria.

    Dans son dernier rapport actualisé, l'ONG présente ce qu'Umeagbalasi qualifie de « statistiques profondément inquiétantes » illustrant l'ampleur de la violence au Nigeria. Les conclusions, qui couvrent la période de 2010 au 10 octobre 2025, révèlent une campagne de dévastation qui a fait 185 000 morts, dont 125 000 chrétiens et 60 000 musulmans non violents.

    Le paysage religieux a également été ravagé : 19 100 églises ont été incendiées et 1 100 communautés chrétiennes entières ont été saisies et occupées par des forces djihadistes prétendument soutenues ou protégées par le gouvernement. Selon Umeagbalasi, ces violences ont alimenté une crise humanitaire, forçant environ 15 millions de personnes, principalement des chrétiens, à quitter leur foyer.

    Le rapport met également en évidence un ciblage délibéré des chefs spirituels, avec 600 religieux enlevés et des dizaines d’autres tués ou disparus.

    Umeagbalasi a averti que la terreur était loin d'être terminée, avec 40 millions de chrétiens du Nord menacés et des millions de chrétiens du Sud confrontés à des « menaces génocidaires ». Il a ajouté que le danger était amplifié par une force de sécurité devenue « radicalisée sur le plan ethno-religieux et déséquilibrée sur le plan laïc ».

    Il a déclaré que si cette tendance n’est pas stoppée, « le christianisme pourrait disparaître du Nigeria dans les 50 prochaines années ».

    Il a ajouté que le gouvernement a toujours cherché à occulter la question et, au lieu de présenter des données crédibles et contre-statistiques pour réfuter les allégations, il a choisi de manipuler le récit. Cette stratégie est vouée à l'échec en raison de son manque de fondement factuel, et, par conséquent, les tactiques du gouvernement ont dégénéré en chantage, insultes et dénégations persistantes.

    Stan Chu Ilo, professeur de recherche en études africaines à l’Université DePaul, offre une perspective nuancée sur la situation actuelle au Nigéria.

    Décrivant la scène politique nigériane comme « alambiquée », il affirme que les chrétiens sont également complices de leur propre perte, citant le fait que certains postes clés au sein du gouvernement sont en réalité occupés par des chrétiens.

    « Ce gouvernement au niveau fédéral est composé à la fois de chrétiens et de musulmans, même si pour la première fois dans l'expérience politique démocratique du Nigeria, nous avons un président et un vice-président musulmans », a-t-il déclaré à CWR.

    On pourrait simplifier le problème du Nigeria actuel en le qualifiant de « chrétiens contre musulmans », ou de génocide contre les chrétiens. Je n'aime pas formuler cet argument de cette façon. Les chrétiens sont-ils tués, pris pour cible ? Oui. Le gouvernement nigérian est-il complice de cela ? Oui. Mais quel gouvernement, quels agents des forces de l'ordre ou quelle branche du gouvernement tenez-vous pour responsable ? C'est donc une réalité très complexe.

    Il a déclaré que l’architecture de la violence au Nigéria est liée au « gouvernement corrompu, insensible, irresponsable et destructeur que nous avons ».

    Les chrétiens font également partie de ce gouvernement. Ils sont ministres et législateurs. La responsabilité incombe donc, à mon avis, à la classe politique nigériane. Je pense que les élites politiques et religieuses du Nigeria sont largement responsables de l'effondrement de la nation.

    Le Nigeria est un État en faillite. Aujourd'hui, nous n'avons plus de gouvernement. Nous avons affaire à des individus qui ont en quelque sorte accaparé les ressources de ce pays et hypothéqué notre avenir en tant que peuple. Et dans cette compétition d'élites impitoyable, insensée et inconsciente, ils se moquent de la vie des gens. Et les chrétiens, malheureusement, en paient le prix fort.

    Le rapport de Mike Arnold confirme toutefois les précédents rapports d'Intersociety, qui reliaient la persécution des chrétiens à une tentative bien planifiée de transformer le Nigeria en califat. L'implication du gouvernement est apparue au grand jour avec l'accession au pouvoir (pour la deuxième fois) de l'ancien président Muhamadou Buhari en 2015.

    Selon Umeagbalasi, Buhari a placé ses compatriotes peuls à des postes clés au sein du gouvernement et de l'armée, et depuis, les massacres de chrétiens se sont intensifiés, le gouvernement détournant toujours le regard.

    Ce que le Nigéria doit faire pour endiguer les massacres

    Face aux preuves croissantes de persécution des chrétiens au Nigéria, le groupe de défense des droits de l’homme Intersociety a émis une demande en 21 points demandant au gouvernement de mettre fin à ce qu’il qualifie de « religicide ».

    Les revendications portent sur la restauration des fondements laïcs du Nigéria par l'application de la Constitution de 1999, qui garantit la liberté religieuse et interdit toute religion d'État. Le groupe appelle à la fin de toute forme de djihadisme d'État et au retour à une gouvernance fondée sur des principes laïcs.

    L'un des axes majeurs des propositions est la refonte radicale des forces de sécurité du pays. Intersociety exige la fin de ce qu'elle qualifie de « militarisme grossier, brutal et ethno-religieux », citant le cas de l'État d'Imo, où tous les postes clés de sécurité sont occupés par des officiers supérieurs musulmans du Nord, malgré une population chrétienne à 95 %. Le groupe exige également que les agences de sécurité rendent des comptes sur environ 5 000 habitants de l'Est, principalement des Igbos, qui auraient été secrètement enlevés et emprisonnés dans le Nord.

    En outre, les propositions appellent à une action décisive contre les groupes djihadistes, en désarmant les éléments nationaux et étrangers et en demandant des comptes à leurs dirigeants. Sur le plan politique, Intersociety exige la fin de la « présidence musulmane », un nouveau recensement national crédible et une conférence nationale pour aborder les profondes divisions ethniques et religieuses du pays.

    « Le Nigeria doit revenir à la laïcité », a déclaré Umeagbalasi à CWR. « Le Nigeria doit être gouverné de manière pluraliste, multiculturelle et multireligieuse. Les musulmans doivent être autorisés à pratiquer l'islam de manière pacifique et non violente. Les chrétiens doivent être autorisés à pratiquer le christianisme de manière pacifique et non violente. Il en va de même pour les adeptes de la religion traditionnelle, du judaïsme, etc. », a-t-il expliqué.

    Le père Ilo a ajouté sa voix aux propositions de solution, affirmant que pour que les chrétiens nigérians puissent lutter contre la persécution, ils doivent forger un front unifié et développer ce qu’il appelle une « ecclésiologie de protestation, de résistance, d’interruption ou de perturbation qui soit prophétique, courageuse et audacieuse ».

    Il a critiqué de nombreux prédicateurs pour avoir donné la priorité aux « dons monétaires » obtenus principalement auprès des puissants.

    Il a déclaré que cela crée une « relation client-patron » avec le gouvernement. « Je pense que nos propres responsables religieux nigérians doivent commencer à s'exprimer davantage, plutôt que d'exploiter la situation à leur avantage personnel », a-t-il déclaré à CWR.

    Ngala Killian Chimtom est un journaliste camerounais fort de onze ans d'expérience professionnelle. Il travaille actuellement comme reporter et présentateur de nouvelles pour la Radio Télévision Camerounaise (radio et télévision). Chimtom est également pigiste pour plusieurs organes de presse, dont IPS, Ooskanews, Free Speech Radio News, Christian Science Monitor, CAJNews Africa, CAJNews, CNN.com et Dpa.
  • Le rapport complet sur l'état de l'Eglise en Belgique

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    Pour accéder au rapport dans son intégralité et le télécharger, cliquez sur l'image ci-dessous :

     

  • La liberté religieuse est encore largement bafouée dans le monde

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    De Xavier Sartre sur Vatican News :

    Église de l'Assomption détruite par les combats à Kostyantynivka dans la région de Donetsk, en Ukraine.Église de l'Assomption détruite par les combats à Kostyantynivka dans la région de Donetsk, en Ukraine.
    La liberté religieuse encore largement bafouée dans le monde
    Deux-tiers des habitants de la planète ne peuvent exercer pleinement leur liberté religieuse quand ils ne sont pas tout simplement persécutés. Les données du dernier rapport sur la liberté religieuse d’Aide à l’Église en détresse pour la période 2023-2024 montre une aggravation de l’exercice de cette liberté garantie par l’article 18 de la déclaration universelle des droits de l’homme. Ce document met en évidence une nouveauté: certains régimes ont recours à l’IA pour persécuter les croyants.

    Cela fait 25 ans que l'AED suit de près et rend compte de la liberté de pensée, de conscience et de religion dans le monde. Au vu de son rapport 2025, et si l’on considère la liberté religieuse comme le baromètre de l’état du monde, alors deux-tiers de ce monde ne va pas bien. En effet, selon ce dense document couvrant la période 2023-2024, 5,4 milliards de personnes vivent dans des pays qui ne respectent pas cette liberté fondamentale. Sur les 196 États passés au crible, 24 persécutent ouvertement les croyants, quelle que soit leur confession, ce qui affectent 4,1 milliards de personnes. Et la situation s’est détériorée dans 75% d’entre eux. 38 autres pays discriminent religieusement leurs citoyens, soit 1,3 milliard de personnes.

    Voir aussi : https://fr.zenit.org/2025/10/21/rapport-aed-2025-la-liberte-religieuse-nest-pas-un-privilege/

    Les principales menaces qui pèsent sur la liberté religieuse sont représentées par les régimes autoritaires majoritairement. Viennent ensuite les violences jihadistes commises dans plusieurs pays d’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient. Autre facteur, le nationalisme religieux pratiqué par les gouvernements, principalement en Inde et en Birmanie, l’un en faveur de l’hindouisme, l’autre du bouddhisme.

    Menaces multiples sur la liberté religieuse

    Mais la liberté religieuse est également menacée par des organisations criminelles, comme c’est le cas entre autres, au Mexique, en Haïti et au Nigeria, où les trafiquants de drogue notamment, n’hésitent pas à éliminer physiquement les prêtres ou les religieux qui dénoncent le crime organisé. Les guerres sont aussi un facteur aggravant. Le conflit dans la bande de Gaza a provoqué une explosion des actes antisémites et antimusulmans. Les actes antichrétiens -profanation de lieux de culte, agressions physiques contre des membres du clergé, objection de conscience restreinte- sont aussi en hausse, eux principalement dans les pays occidentaux. Dans plusieurs pays en guerre, des communautés religieuses sont attaquées, des églises fermées ou détruites. Ces persécutions ou ces discriminations sont un facteur d’émigration pour des millions de croyants qui les fuient.

    L'IA, outil de répression

    L’intelligence artificielle (IA) devient un outil de répression pour plusieurs régimes, dont la Corée du Nord ou le Pakistan. Le rapport souligne que les outils numériques permettent à l’État ou même à des acteurs non-étatiques de censurer, d’intimider ou de criminaliser les croyants, «transformant la foi religieuse en une menace perçue pour la sécurité». L’IA s’ajoute ainsi à la surveillance omniprésente, à la législation restrictive et à la répression des croyances dissidentes.

    Les femmes et les filles issues de minorités religieuses sont doublement vulnérables insiste le rapport d’AED qui relève qu’elles sont victimes dans certains pays comme le Pakistan, l’Égypte ou le Mozambique, d’enlèvements, de conversions forcées et de mariages forcés, le tout commis le plus souvent en toute impunité.

    La 17e édition depuis la première parution en 1999 de ce rapport sur la liberté religieuse dans le monde tient à donner une lueur d’espérance, celle de la résilience «indéfectible» dont font preuve les communautés religieuses en agissant comme artisans de paix. Des initiatives interreligieuses démontrent, estime le document, que la liberté religieuse peut servir de «fondement à l’unité et sauvegarder la dignité humaine».

    carte-ok.pngcliquer sur la carte pour l'agrandir

    L’appel à l’action de l’AED

    Face à ces drames, l’AED réaffirme que la liberté religieuse est un droit humain fondamental inscrit à l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et non un privilège. Elle appelle à une action urgente pour soutenir les communautés religieuses qui font preuve d’une résilience indéfectible face à la persécution. Pour la première fois de son histoire, elle lance une pétition mondiale pour assurer la protection du droit à la liberté religieuse et invite chacun à la signer.

    Lien vers la pétition : https://acninternational.org/fr/petition/

    « La liberté religieuse n’est pas simplement un droit légal ou un privilège qui nous est accordé par les gouvernements (…). Lorsque cette liberté est niée, la personne humaine est privée de la capacité de répondre librement à l’appel de la vérité (…). Depuis plus de vingt-cinq ans, votre Rapport sur la liberté religieuse dans le monde a été un puissant instrument de sensibilisation. Ce rapport fait plus que fournir des informations. Il témoigne, donne la parole à ceux qui n’en ont pas et révèle la souffrance cachée de beaucoup. » – Pape Léon XIV – Audience à l’AED, Rome, 10 octobre 2025.

    Le rapport complet sur la Liberté Religieuse dans le monde qui couvre la période de janvier 2023 à décembre 2024 est disponible en français et dans 5 autres langues : Site web du Rapport : https://acninternational.org/religiousfreedomreport/

  • 86 sénateurs français appellent à agir contre la recrudescence des attaques antichrétiennes dans le pays

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    De Solène Tadié sur CNA :

    Les sénateurs français appellent à agir contre la recrudescence des attaques antichrétiennes dans le paysbouton de partage sharethis

    20 octobre 2025

    Dans une initiative sans précédent, 86 sénateurs français ont signé un appel public dénonçant la montée alarmante des actes antichrétiens en France et exhortant le gouvernement à prendre des mesures concrètes pour protéger les croyants et les lieux de culte.

    La déclaration, dirigée par la sénatrice Sylviane Noël de Haute-Savoie (sud-est de la France) et publiée sur le site conservateur « Boulevard Voltaire », dresse un tableau grave de la violence croissante contre les églises et les chrétiens à travers le pays — et de ce que les signataires décrivent comme une indifférence coupable des pouvoirs publics.

    « Il ne se passe pas une semaine sans que la presse quotidienne régionale ou les réseaux sociaux ne nous informent de ces attaques, allant de la profanation et de l’incendie criminel aux agressions physiques », prévient l’appel.

    Selon les données citées dans le texte, 322 actes antichrétiens ont été enregistrés au cours des cinq premiers mois de 2025 seulement, soit une augmentation de 13 % par rapport à la même période en 2024. Les vols d'objets liturgiques ont également augmenté de plus de 20 % en deux ans, avec 820 cas signalés en 2024 contre 633 en 2022.

    L'appel cite brièvement quelques incidents emblématiques pour illustrer cette tendance alarmante. Dans les Landes, au moins 27 églises ont été vandalisées ou profanées en quelques semaines, tandis qu'à Nice, la profanation d'une croix boulevard de la Madeleine a choqué la population locale.

    Le cas le plus emblématique de ces derniers mois a été le meurtre d'Ashur Sarnaya , un réfugié chrétien assyro-chaldéen de 45 ans originaire d'Irak et souffrant d'un handicap, alors qu'il était diffusé en direct sur les réseaux sociaux le 10 septembre. Son histoire est devenue un symbole à la fois de l'endurance chrétienne et de la vulnérabilité tragique des croyants dans la France d'aujourd'hui.

    « Il avait fui l'Irak et les persécutions pour trouver refuge dans notre pays », notent les sénateurs, soulignant le coût humain et l'urgence morale de ces actes de violence.

    Ils rappellent également le meurtre tragique, en 2016, du père Jacques Hamel, assassiné à l'autel par un musulman radicalisé alors qu'il célébrait la messe.

    Les sénateurs dénoncent l'indifférence des milieux politiques et médiatiques envers les chrétiens. Ils constatent que les incidents impliquant d'autres confessions suscitent souvent des réactions officielles immédiates et une large couverture médiatique, tandis que les attaques contre des sites chrétiens passent souvent inaperçues.

    Pour illustrer ce déséquilibre, ils comparent l'indignation publique provoquée par les têtes de porc abandonnées devant plusieurs mosquées parisiennes le mois dernier avec le quasi-silence qui a suivi l' incendie d'une statue de la Vierge Marie à Guingamp lors d'une messe pour la fête de la Nativité de Marie le 8 septembre. 

    Si la France a mis en place des plateformes de signalement et des systèmes de soutien pour les victimes d’actes antisémites et antimusulmans, aucun mécanisme équivalent n’existe pour les incidents antichrétiens.

    « Aujourd'hui, nous appelons solennellement le gouvernement à agir sans délai », déclarent les sénateurs dans leur déclaration. « Il est urgent de mettre en place un système national de signalement et de soutien aux victimes d'actes antichrétiens, accessible au grand public, clair et efficace. »

    « Cette disparité nourrit chez de nombreux croyants l'impression que certaines victimes de violences religieuses sont traitées comme moins dignes d'attention », poursuit l'appel. « Face à cette indéniable montée d'hostilité, de nombreux chrétiens en France se sentent de plus en plus abandonnés. »

    L'appel insiste sur le fait que la devise de la France — liberté, égalité et fraternité — doit être appliquée de manière égale à tous les croyants.

    « La liberté exige que chaque citoyen puisse pratiquer sa foi sans crainte de menaces ou de profanations », affirme-t-il. « L'égalité exige que l'État, au plus haut niveau, déploie les mêmes moyens de protection pour tous. La fraternité, enfin, nous oblige à considérer que lorsqu'un croyant est blessé, c'est toute la communauté nationale qui est touchée. »

    Sans chercher à monter les communautés les unes contre les autres, les sénateurs concluent que la protection des chrétiens s'inscrit dans un effort plus large de défense de l'unité de la France.

    « Lorsqu'une synagogue est profanée, lorsqu'une mosquée est prise pour cible, lorsqu'une église est vandalisée, c'est toujours la même liberté fondamentale qui est menacée », écrivent-ils. « Aucune haine ne sera jamais tolérée, aucune violence contre un croyant ne sera jamais relativisée. »

    Ce débat plus large sur le respect dû aux chrétiens en France a également été ravivé par la polémique autour du film « Sacré Cœur », qui raconte l'histoire de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus née il y a 350 ans à Paray-le-Monial. Avant sa sortie, les affiches promotionnelles du film ont été refusées par les compagnies ferroviaires nationales, invoquant la « laïcité » et l'opposition au « prosélytisme ».

    Cette décision a suscité une réaction générale et a mis en évidence ce que de nombreux observateurs décrivent comme une hostilité plus profonde envers le christianisme – une attitude qui cherche à marginaliser la présence et l’expression chrétiennes dans la sphère publique, alors même que la foi continue de façonner l’identité morale et culturelle de la France.