Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Société - Page 7

  • Voilà pourquoi le départ des Jésuites est une perte pour Liège

    IMPRIMER

    De sur Boulettes Magazine :

    Pourquoi le départ des Jésuites est une perte pour Liège

    Après plus de 450 ans de présence ininterrompue dans la Cité ardente, les Jésuites quittent Liège cette année. Plus que le départ d’une communauté religieuse, c’est une page majeure de l’histoire éducative, intellectuelle et sociale liégeoise qui se tourne. Leur absence prive en effet la ville d’un héritage vivant, qui a contribué à former des générations d’élèves, d’enseignants, d’ingénieurs et de citoyens.

    C’est que les Jésuites étaient présents à Liège depuis 1569. Mille cinq cent soixante-neuf, vous imaginez ? Quelques décennies seulement après la fondation de la Compagnie de Jésus par Ignace de Loyola, ils s’implantent en principauté, où ils développent rapidement une œuvre éducative d’envergure. Dès 1582, ils fondent le Collège en Isle, qui accueillera jusqu’à un millier d’élèves. Plus tard viendront le Collège des Anglais, le Collège Saint-Servais et le Collège Saint-Louis. L’Institut Gramme ? Encore eux, au début du XXe siècle.

    Peu d’institutions peuvent revendiquer une telle continuité dans l’histoire liégeoise. Pendant près de cinq siècles, les Jésuites ont accompagné les transformations de la ville. Traversé les bouleversements politiques, les révolutions industrielles et les mutations sociales. Et ce, sans jamais abandonner leur mission première : transmettre le savoir et former la personne humaine dans toutes ses dimensions.

    Disclaimer : l’auteure de ces lignes a été en première ligne pour en juger, ayant fait toutes ses humanités à Saint-Servais. Aujourd’hui encore, un lien bien plus fort qu’un CESS perdu depuis belle lurette unit ses alumni. « La mafia Saint-Servais » se rient certains, tant on se retrouve, rencarde et renseigne entre nous.

    Une conception exigeante de l’éducation

    Plus qu’en raison du prestige aujourd’hui terni d’une école dite d’élite, c’est parce que la contribution des Jésuites ne se mesure pas seulement au nombre d’écoles qu’ils ont fondées à Liège. Elle réside aussi dans une vision particulière de l’éducation.

    Depuis le XVIe siècle, la pédagogie ignatienne repose sur une conviction forte.

    L’école ne doit pas seulement transmettre des connaissances, mais aider chacun à développer son intelligence, son sens critique, sa liberté intérieure et son sens des responsabilités.

    Une approche qui a inspiré des générations d’enseignants (et d’élèves) à Liège.

    Lire aussi : Philippe Boxho (ex-Saint-Servais aussi, et oui) nous a partagé ses restos préférés à Liège

    La tradition éducative jésuite valorise l’excellence académique sans la dissocier de l’excellence humaine. Elle encourage la rigueur intellectuelle, certes. Mais aussi le respect de l’autre, l’écoute, la capacité de dialogue et le discernement.

    Dans une société souvent marquée par la polarisation et l’immédiateté, autant dire que cette culture de la réflexion et du respect apparaît plus précieuse que jamais.

    Pour et avec les autres

    L’une des formules les plus connues de la tradition jésuite ? La volonté de former des « femmes et des hommes pour les autres et avec les autres ». Une expression qui dénote d’une philosophie profondément humaniste.

    Les Jésuites ont en effet toujours considéré que l’éducation devait préparer les jeunes à contribuer au bien commun.

    La réussite individuelle n’a de sens que si elle s’accompagne d’un souci des plus fragiles et d’une attention à la société dans laquelle chacun évolue.

    Une vision qui a marqué durablement la culture de nombreuses institutions liégeoises. Et a encouragé l’engagement social, le sens du service et la responsabilité citoyenne. Bien sûr, le départ des Jésuites ne signifie pas la disparition de ces valeurs essentielles. Mais il prive la ville de ceux qui en furent pendant des siècles les porteurs directs et les témoins quotidiens. Et franchement ? Quel gâchis.

    On ne citera pas de noms, on sait que certains POs ont le bras long. Mais ceux qui ont refusé de trouver un compromis pour garder les Jésuites restants ? Vous savez qui vous êtes. Et dans les mots d’une autre icône de la religion, la nonne Unella : honte, honte honte !

    Liège sans Jésuites ? Un sacré vide

    La capacité à créer des ponts entre la foi, la culture, la science et la société a constitué l’une des richesses de leur présence. Dans une époque où les institutions peinent parfois à dialoguer entre elles, les Jésuites représentaient une tradition de médiation intellectuelle et humaine dont Liège bénéficiait encore.

    Bien sûr, les écoles fondées par les Jésuites vont continuer d’exister. Les œuvres qu’ils ont inspirées poursuivront leur mission.

    Mais une institution n’est jamais plus tout à fait la même lorsqu’elle perd ceux qui lui ont donné naissance – et qui ont incarné son esprit pendant des siècles.

    Oui, décidément, ce départ est une perte. Parce qu’il met fin à une présence qui reliait la ville à une histoire exceptionnelle de transmission, de culture et d’engagement. Il rappelle aussi qu’un patrimoine ne se résume pas à des bâtiments ou à des archives. Il vit à travers des femmes et des hommes qui portent une vision du monde.

    Pendant plus de 450 ans, les Jésuites ont contribué à faire de Liège un lieu d’éducation, de réflexion et de service.

    Leur héritage demeure. Mais leur absence laisse incontestablement un vide dans le paysage humain et intellectuel de la Cité. Et pas seulement parce que désormais, plus personne ne va patrouiller le Carré crucifix au cou sur le temps de midi pour récupérer les brebis égarées.

    Au-delà de la religion, une question de patrimoine et de diversité

    On vous entend, noter que gnignignagnagna, Saint-Servais, grenouille de bénitier, tout ça. Ce n’est pas déraisonnable, mais ce n’est pas non plus toute la vérité. Déjà, parce qu’en ce qui concerne l’auteure de ces lignes (toujours elle !), une de ses dernières messes date probablement de sa fin de rhéto. Comment faire mieux qu’une reprise bof réussie de One of Us en pleine église Saint-Christophe ?!

    Mais plus sérieusement, regretter le départ des Jésuites ne relève pas nécessairement d’une adhésion religieuse ni même d’une pratique de la foi. La question dépasse largement le cadre confessionnel.

    Elle touche au patrimoine vivant de Liège et à la diversité des institutions qui composent son identité.

    Une ville s’enrichit de la coexistence d’acteurs porteurs d’histoires, de traditions et de visions différentes du monde. Et les Jésuites, bien que toujours moins nombreux au gré des années, faisaient partie de cette pluralité. Leur présence apportait une sensibilité éducative, culturelle et humaniste particulière, forgée au fil des siècles.

    Dans une époque clivée, la disparition d’une telle singularité constitue une perte collective. Que l’on ait ou non la foi, difficile de nier la valeur d’un héritage qui a contribué à la richesse intellectuelle et sociale de la cité. Préserver la diversité d’une ville, c’est aussi préserver les traditions qui l’ont façonnée. Amen.

    Lire aussi : 

    Journaliste pour Le Vif Weekend & Knack Weekend, Kathleen a aussi posé sa plume dans VICE, Le Vif ou encore Wilfried, avec une préférence pour les sujets de société et politique. Mariée avec Clément, co-rédacteur en chef de Boulettes Magazine, elle a fondé avec lui le semestriel SIROP, décliné à Liège et Bruxelles en attendant le reste du pays.

  • Le cardinal Müller met en garde depuis le Parlement italien : l'Europe court à sa perte si elle renonce à ses racines chrétiennes

    IMPRIMER

    D'InfoVaticana :

    Müller met en garde depuis le Parlement italien : l'Europe court à sa perte si elle renonce à ses racines chrétiennes.

    L'intervention a eu lieu lors de la réunion intitulée « Diktat eurogenre : Racines chrétiennes, liberté religieuse et éducative menacées dans l'UE » , organisée par l'association catholique I RadicaTi dal diritto naturale alla legge et promue par le député Massimo Milani.

    Une conférence contre l'idéologie du genre et la dérive culturelle européenne

    Cette réunion a été créée dans le but d'analyser les conséquences de certaines politiques promues depuis Bruxelles dans des domaines tels que la famille, l'éducation, la liberté religieuse et la liberté d'expression.

    Les organisateurs ont dénoncé le fait que certaines initiatives européennes présentées sous l'égide de la lutte contre la discrimination favorisent une imposition idéologique croissante sur les questions liées au genre, à la sexualité et à l'anthropologie humaine.

    Selon les organisateurs de l'événement, l'Europe traverse une phase dans laquelle la défense des racines chrétiennes et de la conception traditionnelle de la famille est fréquemment présentée comme un obstacle au progrès, tandis que certains courants idéologiques bénéficient d'une protection institutionnelle privilégiée.

    C’est dans ce contexte que Müller est intervenu, développant une vaste réflexion sur la crise spirituelle, culturelle et politique que traverse le continent.

    « L'Europe est née du christianisme »

    Le cardinal allemand a rappelé que les pères fondateurs du projet européen — des personnalités telles que Robert Schuman, Alcide De Gasperi ou Konrad Adenauer — n'ont jamais conçu l'Europe comme une simple structure économique ou administrative.

    Selon lui, l'unité européenne est née d'une vision commune de la personne humaine profondément marquée par le christianisme, ce qui a permis le développement de concepts aujourd'hui considérés comme fondamentaux tels que la dignité humaine, la liberté de conscience, l'égalité devant la loi et les droits fondamentaux.

    « L’Union européenne repose aujourd’hui sur ces fondements », a-t-il déclaré.

    Il a donc averti qu'une Europe détachée de l'Évangile court le risque de « se suicider et de sombrer dans sa propre chute ».

    La crise de la famille et de l'identité humaine

    Müller a identifié la désintégration de la famille et la confusion autour de l'identité humaine comme quelques-uns des principaux symptômes de la crise culturelle européenne.

    Comme il l'a expliqué, le continent traverse un processus de remise en question des réalités anthropologiques les plus fondamentales, largement impulsé par l'idéologie du genre et les mouvements transhumanistes qui cherchent à redéfinir la nature humaine elle-même.

    Le préfet émérite a dénoncé ce qu'il a qualifié de transformation culturelle inspirée par une logique « jacobine », contraire à la famille naturelle et à l'identité personnelle.

    Elle a également accusé certaines institutions européennes de promouvoir une forme de « totalitarisme de genre » qui menace progressivement la liberté de pensée et d'éducation.

    Lire la suite

  • L'effondrement démographique de l'Europe n'intéresse personne

    IMPRIMER

    De Luca Volontè sur la NBQ :

    L'effondrement démographique de l'Europe n'intéresse personne

    Le déclin démographique, ignoré par le G7 et le Conseil européen, touche non seulement l'Italie et l'Espagne, mais aussi les grandes puissances européennes : la France et l'Allemagne. Même l'arrivée d'immigrants ne compensera pas la baisse des naissances.

    19 juin 2026

    Le temps dont dispose l'Europe pour s'attaquer au défi prioritaire du déclin rapide de la natalité est de plus en plus court. Face aux prévisions statistiques alarmantes publiées dans plusieurs pays, ni le G7 ni le Conseil européen n'ont réfléchi à des mesures urgentes et coûteuses, ni même proposé d'actions concrètes pour lutter contre cette désertification du capital humain et de la démocratie que nous constatons. Tout continue comme si de rien n'était. Pourtant, cette « explosion démographique » ne peut qu'entraîner un appauvrissement économique, social et démocratique. Les données très récentes en provenance de France, d'Allemagne et d'Espagne sont sans équivoque et décourageantes. Chaque pays, pris individuellement, ne peut faire que peu de choses, comme le démontre l'Italie qui, malgré son engagement d'atteindre le 31 mars 2026 , a enregistré 83 000 naissances au cours des trois premiers mois, soulignant une nouvelle baisse du taux de natalité (-2,4 % par rapport à la même période en 2025). 

    D'après une étude sur les tendances démographiques récemment publiée par l'INSEE, l'Institut national de la statistique et des études économiques, si les tendances démographiques actuelles se maintiennent, la France comptera 65,9 millions d'habitants en 2070, soit 3,2 millions de moins qu'en 2026. La population augmentera légèrement jusqu'en 2037, pour atteindre 69,8 millions. Cette croissance démographique sera due exclusivement au solde migratoire, l'accroissement naturel étant négatif à partir de 2025. Dès 2037, cependant, le solde migratoire ne compensera plus le déclin naturel, et la population commencera donc à diminuer. Par ailleurs, d'ici 2070, le nombre de personnes de moins de 45 ans devrait diminuer de 8,9 millions, tandis que le nombre de personnes âgées de 45 à 64 ans devrait rester relativement stable et le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus devrait augmenter de 5,8 millions. L'augmentation du nombre de personnes âgées sera principalement due à la hausse du nombre de personnes de 80 ans et plus (+4,6 millions), tandis que le nombre de centenaires pourrait quadrupler. En 2040, on compterait 49 personnes de 65 ans et plus pour 100 personnes âgées de 20 à 64 ans, contre 40 en 2026. La solution des gouvernements libéraux de Macron ? Davantage d'avortements et d'euthanasies ; la recette de la gauche, en revanche, est un flux constant et continu d'immigrants sans intégration.  

    L'Espagne se dirige vers un déclin tout aussi profond . Dans 50 ans, sa population pourrait dépasser les 50 millions d'habitants et même atteindre 53,8 millions, une croissance démographique alimentée uniquement par l'immigration, comme le confirme l'Institut national de la statistique (INE) dans ses « Projections démographiques 2026-2076 », publiées le mercredi 17 juin. Si les tendances démographiques actuelles se maintiennent, l'Espagne connaîtra une augmentation de plus de quatre millions d'habitants au cours des 15 prochaines années et de près de 3,4 millions d'ici 2076. Même dans ce scénario numériquement optimiste, la part des personnes nées en Espagne diminuerait pour atteindre 59,6 % dans 50 ans, contre 79,8 % aujourd'hui. Si, en revanche, le flux migratoire venait à diminuer, contrairement à la régularisation massive de 1,5 million d'immigrants encouragée par le gouvernement socialiste communiste de Pedro Sánchez, la population espagnole chuterait à 31,7 millions d'habitants. Ces projections indiquent que, dans tous les cas, un solde démographique négatif sera enregistré en raison de l'augmentation des décès parmi les Espagnols de souche, qui dépassera le nombre de naissances au cours des 50 prochaines années. 

    La tendance des prévisions démographiques allemandes est similaire. Selon un rapport publié mardi par l'office statistique gouvernemental Destatis, la population allemande devrait diminuer d'environ 110 000 personnes en 2025, soit la première baisse annuelle depuis 2020. Fin 2025, le pays comptait 83,5 millions d'habitants. Cela représente une baisse d'un peu plus de 0,13 %. La réduction du solde migratoire, avec 235 000 arrivées de plus que de départs, n'a pas suffi à compenser le fait que 352 000 personnes de plus sont décédées en Allemagne qu'il n'y a eu de naissances en 2025. L'année dernière, le taux de natalité en Allemagne a également atteint son niveau le plus bas jamais enregistré, le plus bas depuis 1946, avec un taux de remplacement de 1,35 enfant par femme, un niveau historiquement bas et bien inférieur au seuil de 2,1 nécessaire au maintien d'une population stable. Le taux de déclin démographique a été considérablement plus rapide dans les anciens Länder de l'Est, à 0,5 % (57 000 personnes au total), contre 0,1 % (68 000 personnes) dans les anciens Länder de l'Ouest, où vivent moins d'immigrants. La population a continué de vieillir et la tranche d'âge des 60-79 ans a continué de croître, atteignant 358 000 personnes. Commençons par le niveau européen avec les propositions de l'ancien président de l'ISTAT, Gian Carlo Blangiardo : « Pour inverser cette tendance, des interventions structurelles axées sur les quatre piliers de son modèle de soutien aux familles sont nécessaires : Coût, Soins, Conciliation et Culture. » 

  • Trois bonnes nouvelles (ECLJ)

    IMPRIMER

    Un courriel de l'ECLJ (European Centre for Law & Justice) :

    ECLJ

    Madame, Monsieur,

    Nous avons trois bonnes nouvelles à vous communiquer!

    La première nous vient de Luxembourg: la Cour de justice a pris une décision salutaire dans la lutte contre la pornographie en ligne.

    Depuis un an, la France oblige les sites pour adultes à vérifier correctement l'âge de leurs visiteurs. Or, tous les pays membres de l'Union européenne n'ont pas encore mis en place de telles obligations pour protéger les mineurs de la pornographie en ligne.

    Ainsi, certains sites internet s'implantent dans les pays ayant la législation nationale la plus laxiste et invoquent ensuite la liberté de circulation des services dans l'Union européenne pour ne pas respecter la loi française.

    La Cour de justice de l'Union européenne vient de trancher: la France a le droit d'imposer ses propres règles plus protectrices des personnes qui accèdent à ces sites depuis la France. 

    C'est une bonne nouvelle pour nos enfants et pour la protection de la souveraineté des États. 

    Les résultats de notre loi commencent déjà à apparaître: «On constate une baisse moyenne de 24% de l’audience des mineurs» affirme la directrice générale adjointe de l’Arcom, Pauline Combredet-Blassel, dans Libération.

    Pour aller plus loin: le communiqué et l'explication de l'arrêt de la CJUE

    La deuxième bonne nouvelle nous vient de Genève.

    Le Rapporteur spécial sur la violence faite aux femmes a publié un nouveau rapport sur «la violence à l'égard des mères» dénonçant l'avortement pour cause économique et l'avortement sous contrainte.

    L'ECLJ est fier d'avoir contribué à l'élaboration de ce rapport, d'être cité nommément dans ce dernier, mais surtout heureux de voir émerger la notion d'avortement contraint.

    Des milliers de femmes n'avortent pas "librement" sans être pour autant physiquement "forcées" de le faire. Ce sont les circonstances familiales et économiques qui poussent ces femmes à ne voir qu'une solution à la grossesse, celle que leur propose systématiquement et uniquement le Planning familial: l'avortement. Elles avortent par dépit, suite à des pressions, des incitations, en étant poussées par des proches ou leur conjoint, sans qu'on leur présente aucune alternative.

    Le Rapporteur recommande aux États de: 

    • Veiller à ce que les femmes qui envisagent un avortement reçoivent des informations précises et complètes sur les alternatives disponibles, y compris l'accès à des services d'accompagnement" 
    • d'ériger en infraction pénale l'avortement sous contrainte ou forcé, y compris l'avortement sélectif fondé sur le sexe ou le handicap.

    À notre connaissance, c'est la première fois que l'avortement sous contrainte est dénoncé en droit international et c'est véritablement grâce à notre action institutionnelle depuis des années aux Nations unies.

    Pour aller plus loin: lire le rapport complet

    ­Je soutiens l'action de l'ECLJ­

    La troisième bonne nouvelle vient de Bruxelles:

    Charlène, une jeune femme qui a avorté sous la contrainte va être officiellement auditionnée mardi prochain par une commission du Parlement européen.

    Charlène avait témoigné de ce qu'elle avait vécu auprès de députés européens, pendant l’examen de l’initiative "Ma Voix Mon Choix". Elle a ensuite voulu poursuivre son action et a déposé une pétition officielle auprès de l'Union européenne, toujours avec notre soutien.

    Sa pétition a été examinée et retenue: elle va donc pouvoir témoigner de son expérience et dire aux députés européens que, face au fléau du nombre d'avortements et de ses conséquences psychologiques et sociales, ils doivent proposer autre chose aux femmes que l'avortement.

    L'ECLJ est heureux d'avoir invité de nombreuses femmes à témoigner de leur expérience traumatique de l'IVG. Nous l'avons fait pour dés-idéologiser le débat sur l'avortement en laissant parler les femmes de ce qu'elles ont réellement vécu.

    conference YT

    Grâce au courage de Charlène et de toutes les autres femmes, nous avons pu organiser des rencontres, des conférences comme celle ci-dessus, initier des pétitions et pousser effectivement les hommes politiques à l'action.

    Pour aller plus loin: la protection de la maternité dans l'Union européenne

  • Quand Léon XIV célèbre « le caractère propre de l’Europe, sa richesse inestimable, en tant que réalité actuelle, non dépassée »

    IMPRIMER

    LÉON XIV

    AUDIENCE GÉNÉRALE

    Place Saint-Pierre
    Mercredi 17 juin 2026

    Catéchèse. Le Voyage apostolique en Espagne

    Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

    Aujourd’hui, je souhaite vous proposer quelques réflexions sur le voyage apostolique que j’ai effectué la semaine dernière en Espagne, visitant Madrid, Barcelone, l’abbaye de Montserrat et les îles Canaries.

    Après un long périple dans quatre pays africains, je me suis cette fois retrouvé plongé dans un pays européen doté d’une ancienne et très riche tradition catholique. Et il est apparu clairement que dans l’Espagne d’aujourd’hui, qui a connu de notables changements sociaux et culturels, le Pape a été accueilli partout avec enthousiasme et ouverture à l’écoute. J’en rends grâce à Dieu et à tout le peuple espagnol, au Roi et aux autorités civiles, aux évêques et aux communautés ecclésiales.

    Le peuple de Dieu m’a beaucoup réconforté par la manifestation joyeuse de sa foi et de son affection. À mon tour, j’ai confirmé les fidèles et, comme évêque de Rome, je les ai encouragés à surmonter toute forme de division et d’opposition en cultivant toujours la communion, le dialogue, l’unité dans la diversité. Tel est le service propre au Successeur de Pierre, service qui trouve une expression spécifique dans les voyages apostoliques, chaque fois adaptée aux situations ecclésiales et sociales des pays visités.

    En Espagne, j’ai pu constater avec joie à quel point les gens, de tous âges et de toutes conditions, attendaient la visite du Pape : partout, j’ai trouvé des foules venues m’accueillir avec une grande chaleur. Cela n’allait pas de soi, et cela mérite réflexion. Naturellement, cette participation exprime avant tout, comme je le disais, la foi du peuple espagnol ; en même temps, je pense qu’elle manifeste le besoin généralisé de se retrouver unis sur un fondement vrai et profond – qui ne soit ni intéressé ni idéologique. Ce fondement que seul le Christ, en dernière analyse, peut garantir, et que l’Évangile, à travers les « inculturations » nécessaires, peut transmettre dans la vie des peuples. Il le peut parce que son message répond pleinement à ces deux exigences : la recherche de la vérité et la soif de justice.

    À Madrid et à Barcelone, nous nous sommes rassemblés dans les grandes cathédrales ainsi que dans des stades ultramodernes. Nous avons prié le Saint Rosaire à l’abbaye de Montserrat. Nous avons célébré la messe à la Sagrada Familia, symbole majestueux, symphonie de pierre et de lumière qui parle à tous du mystère chrétien. Cette rencontre entre l’ancien et le moderne, entre la tradition catholique et la culture contemporaine, m’a fait percevoir de manière vive le caractère propre de l’Europe, sa richesse inestimable, en tant que réalité actuelle, non dépassée. Il s’agit d’un patrimoine à préserver avec soin, afin de pouvoir l’investir dans le monde d’aujourd’hui avec ses défis historiques : la paix, l’écologie intégrale, le développement équitable et durable, le respect de la dignité humaine. Ce sont là des défis que le Concile Vatican II avait déjà clairement reconnus et sur lesquels le Magistère qui a suivi est revenu, jusqu’à ma récente encyclique Magnifica humanitas, qui vise à protéger la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle.

    J’ai perçu, à travers ces différentes rencontres, le besoin d’entendre dans la voix du Pape l’Évangile de l’espérance pour notre humanité d’aujourd’hui, durement éprouvée par les conséquences négatives d’un modèle de développement trompeur. Ce besoin, qui s’est exprimé à travers les nombreux témoignages que j’ai pu entendre – des témoignages tantôt émouvants, tantôt édifiants –, je l’ai reconnu aussi et surtout sur les visages des petits et des pauvres que j’ai rencontrés : celui de l’enfant qui m’a lu sa lettre à la paroisse ; celui de certaines victimes d’abus, qui demandent à être écoutées ; des détenus qui m’attendaient en prison ; des jeunes pleins d’inquiétude et de projets ; des migrants dans les centres d’accueil des Canaries.

    C’est précisément là, aux îles Canaries, dernière étape de notre itinéraire, qu’une clé de lecture globale m’a été offerte. Elle m’a été offerte, d’une part, par la situation géographique même de cet archipel ; et, d’autre part, par la réalité d’une Église locale qui accueille un grand nombre de migrants forcés, provenant surtout d’Afrique. Nous savons que le phénomène migratoire est complexe et qu’il exige des plans d’action cohérents et concertés. Mais cette clé de lecture ouvre une perspective différente et plus large : elle nous fait comprendre comment nous sommes appelés à relire l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui, en échangeant les dons de nos cultures respectives, et en particulier les fruits produits en elles par la fécondité du message du Christ. Et l’un de ces fruits est précisément le dialogue entre les personnes et entre les peuples, la rencontre dans un esprit de fraternité, qui permet de découvrir et d’apprécier mutuellement les valeurs dont l’autre est porteur. Ce chemin n’est pas facile, il exige de la bonne volonté et l’aide de Dieu, mais c’est le chemin qui mène à la civilisation de l’amour.

    Chers frères et sœurs, la devise de ce voyage apostolique était “Alzad la mirada”, “Levez les yeux!” (cf. Jn 4, 35). Ce sont les paroles de Jésus, adressées à ses premiers disciples, pour leur apprendre à voir dans les personnes et dans les foules le désir de vie, de vérité, de plénitude. C’est à moi d’abord que le Seigneur répète ces paroles, et par sa grâce, j’en ai fait l’expérience également au cours de ce voyage. Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous cette invitation : levons les yeux ! Apprenons de Jésus à regarder notre prochain, les gens, le monde «avec les yeux de Dieu», c’est-à-dire avec amour, respect et compassion.

    Enfin, je tiens à remercier tous ceux qui ont prié pour le bon déroulement de ce voyage apostolique, en particulier les communautés de moniales contemplatives, qui, en Espagne, grâce à Dieu, sont très nombreuses. Continuez à prier, afin que, par l’intercession de la Vierge Marie, les graines que j’ai semées portent des fruits abondants. Merci !

  • Les chrétiens d'Europe : de plus en plus pris en étau entre les islamistes et la gauche

    IMPRIMER

    De sur The European Conservative :

    Les chrétiens d'Europe : de plus en plus pris en étau entre les islamistes et la gauche

    Face à l'accélération des mutations démographiques et à la montée de l'hostilité anti-chrétienne, tant de la part de l'islam radical que de la gauche laïque, la foi qui est l'âme de l'Europe fait face à un avenir incertain et sombre.
    (...) La forte augmentation des crimes de haine antichrétiens, scrupuleusement recensée par l’Observatoire de l’intolérance et de la discrimination à l’égard des chrétiens en Europe (OIDAC Europe), est restée largement sous silence. Rien qu’en mai, OIDAC Europe a signalé 37 crimes de haine visant « les lieux de culte chrétiens, les symboles religieux, les espaces religieux, les institutions chrétiennes et les personnes chrétiennes », notamment :
    • 13 attaques liées à des incendies criminels (le chiffre le plus élevé en 2026 à ce jour)
    • 10 cas de vandalisme
    • 3 cas de « profanation » délibérée
    • 3 cas de violence physique
    • 3 vols d'objets religieux
    • 3 cas de « vandalisme et de violence »
    • 1 cas d'incitation
    • 1 cas de perturbation du culte

    Certains de ces incidents sont profondément inquiétants. Une religieuse polonaise a été agressée physiquement et verbalement à un arrêt de bus ; la croix qu’elle portait autour du cou lui a été arrachée. Les vitres de l’église du Saint-Esprit à Hanau, en Allemagne, ont été brisées par des tirs de billes d’acier alors que des centaines de fidèles se trouvaient à l’intérieur. Deux étudiants catholiques autrichiens ont été agressés et grièvement blessés à Innsbruck par des individus se réclamant de l’extrême gauche. 

    OIDAC Europe a également constaté qu'un café chrétien de Leipzig avait dû fermer ses portes après que ses gérants eurent signalé 26 agressions en deux ans et demi, incluant des actes de vandalisme répétés, des graffitis, des dégâts à l'acide butyrique et d'autres formes de harcèlement. Ces agressions ont été perpétrées par des individus liés à l'extrême gauche. En Grèce, le clocher d'une église historique a été endommagé par un assaillant armé d'un fusil de chasse. Plusieurs églises en Pologne ont également été vandalisées, certaines arborant des symboles sataniques (une autre tendance inquiétante).

    L'Allemagne a enregistré le plus grand nombre d'incidents haineux antichrétiens en mai, avec 10 cas ; l'Italie et la France en ont comptabilisé 8 ; la Pologne, 3 ; l'Irlande, l'Autriche, le Portugal, l'Espagne, la Grèce, le Royaume-Uni et la Bosnie-Herzégovine, un cas chacun. « Les chiffres présentés dans ce rapport ne reflètent que les cas documentés et connus d'OIDAC Europe et ne peuvent donc pas rendre compte de l'ampleur réelle de l'hostilité antichrétienne en Europe », précise le rapport . « Néanmoins, les incidents recensés en mai 2026 témoignent d'une tendance persistante d'attaques visant les lieux de culte chrétiens, les symboles religieux et les organisations chrétiennes dans de nombreux pays européens. » Cinq autres actes de vandalisme et d'incendie criminel contre des églises ont été signalés depuis la publication du rapport.

    Les chrétiens d'Europe sont de plus en plus pris en étau entre les islamistes venus d'ailleurs et les extrémistes de gauche locaux. En Finlande, Päivi Räsänen a été poursuivie pendant sept ans pour avoir cité et défendu publiquement la Bible par des militants LGBT antichrétiens et leurs alliés judiciaires. Le 6 juin, en France, une prière catholique a été perturbée par deux individus criant « Allahu Akbar ! » et « Allez vous faire foutre, les chrétiens ! ». Gauche et islamistes haïssent le christianisme pour des raisons totalement différentes, mais pour des raisons qui semblent autant spirituelles que pratiques, ils font souvent cause commune. Le mouvement « Queers for Palestine », par exemple, est très actif en Europe.

    Ces attaques ne constituent pas encore une persécution à grande échelle, mais elles pourraient en être le présage. Les émeutes de Belfast et d'ailleurs ont soulevé une question essentielle : à quoi ressemblera l'Europe si les populations autochtones deviennent minoritaires sur leurs propres terres ? Une autre question mérite d'être posée : quel sera le sort des chrétiens d'Europe, de plus en plus méprisés ? De nombreux pays – la République tchèque, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la France – ont déjà perdu leur majorité chrétienne. D'autres suivront bientôt. Nous ne pouvons l'affirmer avec certitude, mais une chose est sûre : le christianisme est l'âme de l'Europe, et un continent sans âme est un lieu sombre.

     
    Jonathan Van Maren est un rédacteur pour europeanconservative.com basé au Canada. Il a écrit pour First Things , National Review , The American Conservative , et son dernier livre est Prairie Lion : The Life & Times of Ted Byfield .
  • Allemagne : le nombre total d'enfants avortés depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière

    IMPRIMER

    De Manfred Spieker sur le Tagespost :

    La réforme de la loi sur l'avortement, entrée en vigueur il y a 50 ans, le 22 juin 1976, a légalisé l'interruption de grossesse en Allemagne. Avant même cette réforme, la Conférence des évêques avait averti : « Cette réglementation ébranle les fondements de notre État de droit, elle détruit la conscience morale et rend la société non pas plus humaine, mais plus inhumaine », et elle avait exprimé l'attente que les hôpitaux et les médecins catholiques s'abstiennent de toute pratique d'avortement.

    La réforme a également instauré l'obligation pour les médecins et les hôpitaux de déclarer leurs avortements à l'Office fédéral de la statistique. Ces statistiques sont compilées depuis 1977. La RDA, qui avait légalisé l'avortement en 1972, tenait également des statistiques sur ce sujet. Les statistiques ouest-allemandes ont recensé 54 309 avortements en 1977 et 75 548 en 1978. Ces chiffres ont incité Hans Maier, alors président du Comité central des catholiques allemands (ZdK), décédé le 8 juin, à appeler les catholiques, lors du Congrès catholique de 1978 à Fribourg, à exprimer leur indignation face à l'avortement : « Nous devons réapprendre à nous indigner face à de telles choses. Un peuple qui ne peut plus exprimer son indignation est perdu. »

    Le nombre total d'enfants tués depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière.

    À cette époque, les évêques et le Comité central étaient encore en conflit. Ces dernières années, le nombre annuel d'avortements a fluctué autour de 100 000. En résumé, les statistiques pour l'Allemagne font état de 6 794 045 avortements au 31 décembre 2025 et d'environ 6,82 millions à la fin mars 2026. Un nombre important de cas non déclarés est également probable.

    L'Office fédéral de la statistique expliquait régulièrement que ses chiffres ne reflétaient pas la réalité jusqu'à la réforme des articles 218 et suivants du Code pénal allemand en 1995. Nombre de médecins ne respectaient pas l'obligation de déclaration. Les statistiques de facturation de l'Association nationale des médecins conventionnés affichaient à elles seules des chiffres systématiquement surestimés pour les avortements. Les avortements facturés à titre privé, avec des codes incorrects ou pratiqués à l'étranger doivent également être comptabilisés. Alors que les chiffres officiels des avortements correspondent déjà à la population de la Hesse et de Brême, le nombre total d'enfants tués depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière.


    L'auteur est professeur émérite de sciences sociales chrétiennes.

  • Irak : l'histoire d'une communauté chrétienne sous pression

    IMPRIMER

    Du site de l'ECLJ :

    Les chrétiens irakiens : l'histoire d'une communauté sous pression

    18 juin 2026

    En deux décennies, la population chrétienne d'Irak a chuté de 85 %. Les descendants des Assyriens et des Babyloniens, héritiers de l'une des plus anciennes civilisations du monde, sont confrontés à une série d'épreuves incessantes qui rendent chaque jour plus difficile le choix de rester sur leur terre ancestrale.

    Le conflit israélo-iranien n'a pas épargné l'Irak, et la région autonome du Kurdistan irakien, au nord du pays, en subit de plein fouet les conséquences. Le gouvernement régional du Kurdistan (GRK), pris en étau par sa position géographique et la convergence d'intérêts stratégiques, est devenu, malgré lui, un théâtre de tensions. Dans ce contexte, les chrétiens se retrouvent une fois de plus en première ligne. Ankawa, commune chrétienne d'Erbil, capitale du Kurdistan irakien et cœur de la communauté chrétienne du pays, se situe à quelques centaines de mètres seulement de la base militaire américaine de l'aéroport international d'Erbil, une proximité qui en fait une victime collatérale.

    Des attaques de drones menées par des milices chiites ont endommagé plusieurs bâtiments appartenant à l'archidiocèse chaldéen d'Erbil, notamment le complexe d'appartements Bienheureux Michel McGivney et le couvent des Filles chaldéennes de Marie Immaculée. La plaine de Ninive n'a pas été épargnée. Cette région, située à l'est et au nord de Mossoul, comprend plusieurs villes historiquement chrétiennes telles que Qaraqosh, Bartella, Karamlesh, Telkief et Alqosh, et demeure l'un des territoires les plus complexes du nord de l'Irak. Relevant du gouvernorat de Ninive, elle se trouve à la frontière entre les zones d'influence de Bagdad et du gouvernement régional du Kurdistan. Si certaines villes sont administrées par les autorités kurdes, d'autres relèvent du gouvernement fédéral ou sont marquées par la présence de divers groupes armés. Dans ce contexte particulièrement sensible, la ville de Bartella a également été touchée, cette fois par des frappes aériennes américaines.

    La ville de Bartella, située dans la province de Ninive, a été frappée par des drones américains en mars 2026.

    Contrairement aux épreuves passées, il n'y a aujourd'hui ni ligne de front clairement définie, ni refuge. Les missiles sont imprévisibles et peuvent frapper n'importe où. Une menace diffuse et invisible plane à nouveau sur une communauté qui semble ne jamais cesser de payer le prix de la guerre.

    Une communauté au bord de l'extinction

    Les chrétiens d'Irak ne constituent pas une simple minorité religieuse ; ils forment un peuple autochtone dont l'identité se perpétue grâce à l'usage du « sureth », une langue néo-araméen encore parlée dans la liturgie et au quotidien. Le Kurdistan irakien, et en particulier Ankawa à Erbil, ainsi que la plaine de Ninive, abritent une mosaïque de communautés. Parmi celles-ci figurent l'Église chaldéenne de rite catholique oriental, la plus importante d'Irak ; l'Église apostolique assyrienne d'Orient, dont le siège patriarcal est à Erbil ; l'Ancienne Église d'Orient (qui s'est séparée de l'Église apostolique assyrienne d'Orient en 1964) ; les Églises syriaque catholique et orthodoxe ; et les minorités arméniennes, descendantes des exodes du début du XXe siècle. Leur disparition ne serait pas un simple changement démographique, mais la fin d'une civilisation enracinée dans l'histoire.

    Messe de Pâques à la cathédrale syriaque orthodoxe Notre-Dame de la Lumière d'Ankawa, célébrée par Son Excellence Nicodème Daoud Sharaf

    Comme leECLJComme l'indiquait un rapport de mai 2025, la présence de ces chrétiens en Irak est menacée d'extinction. Avant l'invasion américaine de 2003, ils étaient environ 1,5 million. Depuis, ils sont victimes de violences aveugles. Dans les années 2000, une vague de violences ciblées et d'enlèvements a d'abord déferlé ; puis, en 2014, la conquête de la plaine de Ninive par l'État islamique a provoqué un exode massif vers l'Occident et les pays voisins. Selon un communiqué de presse de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) daté de juillet 2024, il n’en reste que 250 000 en raison de ce déclin continu, soit une baisse de 85 % en deux décennies.

    Lire la suite

  • Pourquoi le nouvel ordre mondial déteste la vie et la famille

    IMPRIMER

    De Maria Bigazzi sur la NBQ :

    « Je vais vous expliquer pourquoi le nouvel ordre mondial déteste la vie et la famille »

    Les conséquences de la société pandémique, le néo-malthusianisme, le déclin des nations occidentales, l’abandon de la loi naturelle, l’immigration, le nouvel ordre mondial et sa haine de la vie et de la famille. La Bussola interviewe Ettore Gotti Tedeschi, auteur de *Ainsi ne parlait pas Zarathoustra*.

    18/06/2026

    Nous vivons dans une société malade, nous nous sentons perdus et privés de notre identité. Nous en avons parlé avec Ettore Gotti Tedeschi, auteur du livre *Così non parlò Zarathustra* (Cantagalli), qui précise que la société est tombée malade depuis qu’elle a nié le « libre arbitre » et l’a progressivement remplacé par le « déterminisme scientifique ». On a oublié l’enseignement de Socrate, d’Aristote, de saint Thomas, tandis que l’on connaît et partage la pensée de Nietzsche et de Sartre, en se limitant à tenter de résoudre les effets et en perdant ainsi la capacité de rechercher et de comprendre les « causes » de toute chose, le sens de la vie, les valeurs essentielles.

    Pandémie et situation d’urgence : quelles sont les conséquences de la société pandémique et dans quelle mesure influencent-elles la crise économique ?

    Le confinement, considéré comme la solution à une « pandémie », outre les problèmes déjà bien connus d’ordre social, psychologique, etc., a eu un résultat vraiment considérable : accélérer le processus de numérisation (notamment grâce au télétravail) d’au moins 10 à 15 ans, voire 20 selon certains. Je me contenterai de résumer : la numérisation est un outil fondamental pour être compétitif dans un monde globalisé, où les anciens pays émergents (aujourd’hui les BRICS) représentent près de 50 % de la population mondiale et 50 % du PIB mondial. Le problème est complexe : l’Occident ne sait plus aujourd’hui comment rivaliser, il doit inventer un avantage concurrentiel. Une découverte technologique, cependant, dans un monde globalisé, se répercute sur son utilisation au sein du marché, qui détermine les modèles économiques à adopter, car marché mondial rime avec concurrence mondiale. Soit on sait être compétitif, soit on fait autre chose. L’interdépendance entre les pays du monde est extrêmement forte, tout comme la concentration des nouvelles matières premières (pensons à l’énergie), mais aussi des produits de haute technologie (pensons aux puces électroniques). Aucun pays n’est plus autonome et ne peut se passer des autres. Je pose donc la question : une forme de « souverainisme » est-elle possible aujourd’hui ?

    Le surhomme aujourd’hui : entre néo-malthusianisme, écologisme et syncrétisme religieux. Pouvez-vous nous en faire une analyse ?

    Le surhomme de Nietzsche devrait aujourd’hui se concrétiser grâce aux technologies et à l’intelligence artificielle, ou bien à l’aide de certaines substances psychotropes. En pratique, il s’agit de l’amélioration des facultés humaines grâce à la technologie. Pour moi, la véritable amélioration réside dans la prière et dans la grâce que Dieu m’accorde, mais il est évident que si l’homme se prend lui-même pour Dieu, il ne s’estimera qu’à l’aune de ses découvertes scientifiques, réduisant ainsi lui-même sa dignité d’enfant de Dieu. Nietzsche avait prophétisé la fin de la civilisation occidentale parce qu’elle était chrétienne, tout comme le fait que très bientôt, l’homme considérerait le péché non plus comme un péché envers Dieu, mais envers la Terre et l’environnement. Il a ainsi convaincu ses disciples d’accélérer le processus d’écologisme, seule raison certaine de redécouvrir le malthusianisme nécessaire pour réduire la population. Aujourd’hui, les néo-malthusiens « érudits » et « responsables » ont établi que la population mondiale doit être réduite pour « sauver la planète ». Le syncrétisme religieux est quant à lui une grande découverte faite par les secrétaires de l’ONU pour assurer le succès du soi-disant nouvel ordre mondial, en encourageant les migrations – inutiles et contre-productives d’un point de vue économique (et non humanitaire) – vers des pays à religion dogmatique afin de polluer les « croyances superstitieuses dogmatiques », les valeurs non négociables, la crédibilité de l’autorité morale, etc. Et il y a eu un pape [François, ndlr] qui a même applaudi.

    Déclin des nations occidentales, nouvel ordre mondial (mondialisation et immigration) et crise de l’Europe : quelles en sont les causes et quel rôle joue l’abandon de la loi naturelle et du sens moral ?

    Giacomo Leopardi attribuait au progrès des Lumières la perte du sens moral. Les Lumières avaient également réduit l’homme à de la « matière », entraînant ainsi une ignorance des lois naturelles. Il ne fait aucun doute que l’anthropocentrisme, où l’homme se substitue à Dieu (théocentrisme), né à l’époque humaniste et de la Renaissance, a contribué à convaincre l’homme de satisfaire ses propres besoins, grâce à une recherche technique appropriée et à un consumérisme toujours plus grand. Cette forme de matérialisme a entraîné une sécularisation progressive, très immanente et peu transcendante. De la métaphysique, l’homme passe à l’utilitarisme technocratique et individualiste, peut-être même encouragé par certains théologiens qui, pour ne pas perdre leur popularité dans le monde, ont même réussi à concilier l’évolution biologique avec l’évolution morale nécessaire. Personne ne parle plus de métaphysique ni d’utilitarisme. Comment prétendre qu’un relativisme éthique niant les valeurs objectives ne s’affirme pas de plus en plus ? L’immigration, qui est une contradiction absolue, ne sert qu’à effacer les racines de la civilisation chrétienne, tout comme cela a été le cas pour le nouveau « bio-droit », qui, avec le président Obama et l’OMS, a remplacé la bioéthique, notamment en matière d’avortement, d’euthanasie, etc. Combien ont aujourd’hui le courage d’aller à contre-courant sans crainte ?

    Le nombre de naissances diminue, la population âgée augmente et, avec elle, les dépenses de santé publique. L’euthanasie devient alors la « solution » au problème… Quel est le lien entre l’euthanasie et la dénatalité ?

    Ce sont les deux faces d’une même médaille. La dénatalité est présentée comme une meilleure qualité de vie sans enfants, tandis que l’euthanasie apparaît comme la solution miséricordieuse à une vie indigne d’être vécue. L’absence d’enfants engendre la pauvreté et des risques indicibles de considérer la vie comme « sans valeur » ; l’euthanasie confirme que la valeur de la vie est toujours et uniquement « nulle ». Pour comprendre, nous devrions avoir le courage de reconnaître qui hait la vie humaine et pourquoi, sans en avoir honte. Je vous invite à lire ce qu’a écrit à ce sujet le grand Jérôme Lejeune. Dans une économie mature, avoir des enfants est synonyme de richesse, ne pas en avoir est synonyme de pauvreté. Dans le soi-disant monde occidental, pour devenir plus riche, il faut avoir plus d’enfants. Personnellement, j’ai étudié et affirmé cela dès 1975. Aujourd’hui, 50 ans plus tard, je lis que le problème de la natalité (avec ses conséquences) a été découvert par tous. Auparavant, on l’a nié, en se moquant de moi. Mais ce qui s’est passé depuis 1975, rien que dans le monde occidental riche et cultivé, a coûté très cher. Et aujourd’hui, éliminer 70 % de la population mondiale pour préserver la Terre est un choix idéologique qui coûtera bien plus cher encore.

    Vous affirmez que la famille incarne la vérité humaine et sociale et qu’elle constitue le noyau social. Quelles conséquences entraîne la désagrégation de la famille au sein de la culture mondialiste-nihiliste ?

    La famille est autant haïe que la vie elle-même, car elle accomplit quelque chose d’intolérable : elle met au monde, élève et éduque ses enfants de manière subjective, non pas de façon homogène, mais en fonction des besoins, du caractère, des aptitudes, des forces et des faiblesses de chacun, individuellement. Permettez-moi de dire qu’on comprend tout de suite si un jeune a été élevé de cette manière par sa famille. Pourrait-on envisager de soutenir la famille, ne serait-ce que dans ce rôle, dans un monde globalisé qui prétend uniformiser les cultures, les comportements, les valeurs et les religions ? Ce n’est pas facile, d’autant plus que la famille est en concurrence avec l’État en matière d’investissements scolaires et professionnels. Elle s’occupe des membres de la famille malades, des personnes âgées, et elle le fait avec soin et affection. L’État ne semble pas beaucoup apprécier cette concurrence, peut-être selon le même principe qui a conduit à l’expulsion des religieuses infirmières des hôpitaux ou des religieuses enseignantes des écoles maternelles ?

  • Chesterton et la crise de la civilisation occidentale

    IMPRIMER

    De Ruadhan Jones sur le Catholic Herald :

    Chesterton et la crise de la civilisation occidentale

    Un débat transatlantique persiste quant à la question de savoir si les États-Unis ou l'Europe sont plus riches. Il est surprenant d'observer ce phénomène, non pas parce que les arguments sont déraisonnables, mais parce qu'il illustre parfaitement une tendance à se focaliser sur les détails au détriment de l'essentiel. Les deux camps sont exceptionnellement riches ; pourtant, leurs citoyens semblent nourrir un profond mécontentement. Ils refusent d'avoir des enfants, la consommation de drogue explose et le discours politique et social est marqué par une violence et des manifestations croissantes, pour ne citer que quelques indicateurs. Ce constat a été relevé par Dan O'Brien, économiste en chef de l'Institut des affaires internationales et européennes, qui a suggéré que le décalage entre richesse financière et satisfaction des individus est dû à la consultation compulsive d'informations anxiogènes. J'estime, quant à moi, qu'en analysant les données de cette manière, O'Brien met involontairement en lumière l'une des caractéristiques clés du déclin civilisationnel, tel que décrit par G.K. Chesterton, journaliste et converti au catholicisme du XXe siècle.

    Dans son ouvrage « L'Homme éternel », Chesterton, analysant le déclin de l'Empire romain, affirme : « Le désespoir ne réside pas dans la lassitude de la souffrance, mais dans la lassitude de la joie. C'est lorsque, pour une raison ou une autre, les biens d'une société cessent d'être bénéfiques que la société commence à décliner. » Ceci explique comment il est possible que nous soyons, selon la plupart des critères modernes, heureux – c'est-à-dire matériellement prospères – et en même temps profondément déprimés. Le bienfait des sociétés occidentales modernes résidait dans un niveau de prospérité et de confort inimaginable pour nos ancêtres. Que ce soit à gauche ou à droite, socialistes ou libertariens, le confort économique et matériel a été au cœur de nos débats politiques. Or, ce critère essentiel n'est plus pertinent ; dans une société comme la nôtre, suggère Chesterton, il sera difficile de mesurer le déclin, car ce sont les biens qui se détériorent. C'est un peu comme admirer une récolte de pommes en apparence saine, sans savoir qu'elles pourrissent de l'intérieur.

    Mais pourquoi se sont-elles dégradées ? Qu'est-ce qui a provoqué le déclin d'une société forte et prospère, devenue en apparence toujours forte et prospère, mais profondément malheureuse ? Chesterton apporte une réponse convaincante : la mythologie de cette société, source de ses idéaux, est morte. Il en fut de même à Rome, où les mythes fondateurs de l'empire s'estompèrent peu à peu, à mesure que l'on comprit qu'il ne s'agissait pas d'une véritable religion ancrée dans la réalité, mais de mythes à rejeter ou à instrumentaliser à des fins personnelles.

    On pourrait dire la même chose, me semble-t-il, du mythe fondateur de notre époque : le libéralisme, avec sa promesse de libertés absolues et de bonheur humain pour la figure mythique de l’individu libéral. Le libéralisme promettait que nous pourrions poursuivre ce qui nous rendait heureux, car l’homme déterminerait ses propres fins, et que l’ordre politique garantirait un équilibre entre les besoins conflictuels sans préjugés.

    Mais cette situation a dégénéré – soudainement d'un point de vue laïque, inévitablement d'un point de vue de droit naturel – en une politique identitaire factionnelle. On a renoncé à jouer la carte de la neutralité et de l'équilibre, pour se tourner plutôt vers ce qui semblait être la promesse centrale du libéralisme : la liberté absolue d'assouvir nos désirs personnels. « Les hommes recherchent des péchés plus étranges ou des obscénités plus choquantes pour stimuler leurs sens blasés… ils tentent de se donner à cœur joie », écrivait Chesterton à propos de Rome. Il aurait tout aussi bien pu écrire à propos de Londres ou de Dublin en 2026, tant ces villes sont gangrenées par la toxicomanie, les perversions sexuelles, la corruption financière et la cupidité. Chesterton savait que la mort d'un mythe laisse un vide qu'il faut combler.

    Ce qui est absurde pour Rome, comme pour nous, c'est que notre civilisation actuelle se meurt au moment même où elle n'a jamais été aussi forte. La culture occidentale, grâce à l'hégémonie américaine dans ce domaine, est devenue la force dominante à travers le monde. Chacun aspire à la prospérité que nous avons atteinte. Même la Chine, pourrait-on dire, est plus occidentale qu'orientale dans sa vision du monde, ayant assimilé la doctrine de cette hérésie quasi-chrétienne qu'est le marxisme. Les parallèles avec la Rome de Chesterton sont, une fois de plus, frappants. « Il ne restait plus rien qui puisse conquérir Rome », écrit-il, avant d'ajouter : « mais il ne restait plus rien non plus qui puisse l'améliorer. »

    Autrement dit, rien de propre à la religion ne pouvait l'améliorer ; à moins d'y ajouter un nouvel ingrédient pour la renouveler. À cet égard, les Romains furent chanceux, car le Christ vint combler le vide avec une foi qui était, comme J.R.R. Tolkien l'expliquait à C.S. Lewis, un véritable mythe. Tandis que la plupart des religions faisaient un compromis avec Rome, offrant nominalement leur obéissance au divin César en échange de la liberté de culte, une petite secte commença à semer le trouble, refusant cette tolérance superficielle au profit de la vérité. Qu'obtinrent-ils en récompense ? D'abord la persécution, mais finalement la réhabilitation.

    Comme l'ont soutenu Chesterton, et après lui le célèbre historien Christopher Dawson, le christianisme possède un pouvoir de régénération unique. Dawson le considère comme la caractéristique essentielle de la culture occidentale, par opposition aux autres grandes civilisations : sa capacité à renaître et à se renouveler de l'intérieur, en équilibrant les forces statiques et dynamiques. Comment cela est-il possible ? Grâce à l'espoir qui réside en nous, « errant, extravagant, excessivement attaché à des chances fugaces », écrit Chesterton. Ainsi, tandis que le reste du monde se querelle au sujet du PIB, nous savons que les problèmes sont plus profonds et que la solution, elle aussi, ne réside pas dans l'économie, mais dans la foi. C'est seulement par un retour au Christ que l'Europe « renouvellera sa jeunesse comme l'aigle », comme elle l'a fait tant de fois déjà.

  • Les ordinations sacerdotales continuent de diminuer en Pologne

    IMPRIMER

    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Les ordinations sacerdotales continuent de diminuer en Pologne

    Pour la première fois de ce siècle, le pays enregistrera moins de 200 ordinations sacerdotales cette année.

    Au total, 196 nouveaux prêtres devraient être ordonnés en Pologne cette année, poursuivant ainsi une baisse à long terme de leur nombre.

    L'agence d'information catholique polonaise KAI a rapporté que 130 des candidats seront des prêtres diocésains et 66 serviront au sein d'ordres religieux.

    On prévoit que 2025 sera la première année du XXIe siècle où la Pologne enregistrera moins de 200 ordinations sacerdotales. On en comptait 208 en 2025 et 235 en 2024.

    La baisse des ordinations sacerdotales devrait se faire sentir bien au-delà de la Pologne, car ce pays a traditionnellement fourni des prêtres à d'autres pays européens, tant à l'Est qu'à l'Ouest. La Pologne a également longtemps été une source importante de prêtres missionnaires pour l'Afrique, l'Amérique latine et l'Asie.

    Malgré le déclin continu du nombre de vocations sacerdotales, la Pologne demeure le pays européen qui enregistre le plus grand nombre de nouvelles vocations sacerdotales. En France, par exemple, on comptait 90 nouveaux prêtres en 2025, contre 25 en Allemagne .

    La Pologne a une population totale inférieure à celle de la France et de l'Allemagne, mais elle compte un plus grand nombre de catholiques baptisés et un taux de fréquentation de la messe nettement supérieur à celui de ces deux pays.

    Les nouveaux prêtres ordonnés en 2026 seront répartis de manière inégale entre les diocèses de Pologne. Tarnów, souvent décrit comme le diocèse le plus « religieux » du pays en raison de son taux de fréquentation des messes le plus élevé, comptera 14 ordinations en 2026, soit une de plus qu'en 2025.

    Les chiffres suivants les plus élevés se trouvent dans les deux diocèses de la capitale, Varsovie. Le diocèse de Varsovie-Praga, qui couvre l'est de la ville, comptera neuf nouveaux prêtres. L'archidiocèse de Varsovie, à l'ouest, en comptera huit, dont cinq ont étudié au séminaire Redemptoris Mater, rattaché au Chemin néocatéchuménal.

    L'archidiocèse de Cracovie, étroitement lié à saint Jean-Paul II et qui fut jadis un foyer de vocations, ne comptera que quatre nouveaux prêtres en 2026, contre sept en 2025 et treize en 2024.

    Selon KAI, le nombre de diocèses catholiques latins sans ordination est passé de six en 2025 à sept en 2026. Les trois éparchies gréco-catholiques de Pologne — qui ne desservent qu'une fraction de la population par rapport aux diocèses catholiques latins — n'ont accueilli aucun nouveau prêtre ni en 2025 ni en 2026.

    KAI a noté que certains diocèses n'auront pas d'ordinations cette année en raison d'un changement dans la formation au séminaire, qui dure désormais sept ans au lieu de six en raison de l'ajout d'une année propédeutique (préliminaire).

    En mai, l'Ordinariat militaire de Pologne a procédé à ses premières ordinations sacerdotales depuis 14 ans.

    Selon l'Annuarium Statisticum Ecclesiae in Polonia , un aperçu numérique annuel publié par l'Institut des statistiques de l'Église catholique, la quasi-totalité des 42 diocèses catholiques latins de Pologne ont connu une baisse du nombre de prêtres incardinés entre 2018 et 2024.

    Le nombre total de prêtres diocésains à l'échelle nationale a diminué de 6,4 %, passant de 24 876 à 23 274. La baisse la plus marquée a été enregistrée dans le diocèse de Łomża, dans le nord-est de la Pologne, où le nombre est passé de 588 à 512, soit une réduction de près de 13 %.

    Le cas le plus exceptionnel était celui de l'archidiocèse de Varsovie, où le nombre de prêtres est passé de 855 à 909, soit une augmentation de plus de 6 %.

    Commentant le déclin global et constant du nombre de prêtres, le père Jan Frąckowiak a déclaré à KAI que cela pouvait être considéré comme un retour à la normale pour l'Église en Pologne.

    « La baisse systématique du nombre de nouveaux prêtres ordonnés s'explique par le fait que nous sommes actuellement en phase de déclin par rapport au pic des vocations atteint dans les 1 060 ans d'histoire de l'Église en Pologne », a déclaré Frąckowiak, recteur d'un séminaire à Poznań et président de la Conférence des recteurs des grands séminaires diocésains et religieux du pays.

    « Jamais auparavant dans l’histoire nous n’avions eu plus de 40 diocèses, dont presque chacun possédait son propre séminaire – généralement très important – et, de surcroît, un séminaire complet. Cela ne s’est produit qu’une seule fois dans l’histoire, et il semble actuellement que nous revenions à la norme historique. »

    Évoquant les causes de ce déclin, il a déclaré : « Je citerais par exemple le déclin démographique, la diminution de la proportion de croyants et de catholiques pratiquants dans la société, et la moindre capacité des jeunes générations à prendre des engagements définitifs. »

    Le taux de fécondité en Pologne a atteint un nouveau plancher de 1,068 en 2025, bien en dessous du seuil de remplacement de 2,1. L'agence statistique nationale du pays prévoit que la population pourrait passer d'environ 37,3 millions actuellement à 29,4 millions d'ici 2060, soit une baisse de plus de 20 % au cours des 35 prochaines années.

     
  • Notre culture a oublié qu'un enfant est un don de Dieu

    IMPRIMER

    De Donald De Marco sur le NCR :

    Notre culture a oublié qu'un enfant est un don de Dieu

    COMMENTAIRE : C’est un paradoxe de la nature humaine que de sous-estimer ce qui est inestimable et de surestimer ce qui ne vaut rien.

    Carl Bloch (1834-1890), « Le Christ avec les enfants »
    Carl Bloch (1834-1890), « Le Christ avec les enfants » (photo : Domaine public)

    Dans la société nord-américaine actuelle, peu de choses suscitent autant de crainte que la perspective d'avoir un enfant. Aux États-Unis et au Canada, les taux de natalité sont inférieurs au seuil de renouvellement des générations, et le taux d'avortement ne cesse d'augmenter. (... mais ce n'est pas différent en Europe ndB). L'enfant, innocent, est perçu comme un obstacle majeur à la réussite matérielle et à une vie confortable. 

    En revanche, l’Écriture sainte présente l’enfant comme un don précieux de Dieu. Jésus a dit à ses disciples : « Laissez venir à moi les petits enfants » (Matthieu 19, 14). En bénissant les enfants, il a insisté sur leur humilité, affirmant qu’il faut leur ressembler pour entrer dans le royaume des cieux (Matthieu 18, 2-4). 

    Par conséquent, nous lisons dans 3 Jean 1:4 : « Je n’ai pas de plus grande joie que d’apprendre que mes enfants marchent dans la vérité. » 

    Les enfants sont considérés comme une source de joie immense et un modèle d'humilité pour tous. Le châtiment réservé à ceux qui nuisent spirituellement à un enfant est des plus sévères : « Si quelqu’un fait tomber dans le péché un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache une meule de moulin autour du cou et qu’on le jette au fond de la mer » (Matthieu 18,6).

    Dans le monde contemporain, on oublie souvent que les enfants sont une bénédiction. Il faut peut-être faire preuve d'humilité pour saisir toute l'importance que l'humilité d'un enfant apporte au monde. 

    Saint John Henry Newman, qui n'était nullement naïf au sujet des enfants, nous a offert des aperçus précieux sur l'enfance, prouvant qu'il n'est pas nécessaire d'être parent pour observer les qualités particulières de l'enfant. Il notait « la simplicité des manières et des idées de l'enfant, sa propension à croire tout ce qu'on lui dit, son amour innocent, sa confiance sincère, son aveu d'impuissance, son ignorance du mal, son incapacité à dissimuler ses pensées, son contentement, son oubli rapide des soucis, son admiration sans convoitise ; et, surtout, son esprit respectueux, qui voit en tout ce qui l'entoure une merveille, comme autant de signes de l'Invisible, autant de preuves qu'il est… un visiteur dans un état supérieur ».

    En observant l'enfant ainsi, nous prenons conscience de combien nous avons besoin, dans nos propres vies, des qualités qu'il possède. L'enfant suscite notre sourire et notre admiration. Il nous donne envie de l'enlacer. En l'enlaçant, nous accueillons tout ce qu'il est. Nous pouvons nous demander, à l'instar de Platon, si les enfants ne viennent pas d'un monde meilleur pour nous apporter un message important que nous avons presque oublié. William Wordsworth suggérait, comme Platon, que les enfants viennent effectivement d'un monde supérieur, « non pas dans un oubli total, ni dans une nudité absolue, mais traînant derrière eux des nuages ​​de gloire venant de Dieu qui est notre demeure ».

    Nous avons perdu la capacité de voir que tout dans le monde est « revêtu de lumière céleste ». L'enfant nous ressource, nous rajeunit et nous reconnecte à nos racines. L'enfant, en un mot, nous humanise. L'importance de l'enfant se mesure à la gravité de sa disparition.

    Trois semaines avant l'investiture de Franklin Pierce à la présidence, lui et sa femme perdirent leur fils unique, Benny, âgé de 11 ans, dans un terrible accident de train. Le chagrin qu'ils ressentirent fut dévastateur. Il submergea la Maison-Blanche et compromit profondément l'efficacité de Pierce en tant que 14e président des États-Unis. L'histoire nous apprend que l'alcoolisme virulent de Franklin Pierce était lié à la perte de ses trois fils durant leur enfance. Perdre un enfant, c'est subir une amputation.

    C'est un paradoxe de la nature humaine que de sous-estimer ce qui est inestimable et de surestimer ce qui ne l'est pas. Les gens ignorent ce qu'ils ont perdu en ayant recours à l'avortement. De même, ils ignorent ce qu'ils ont perdu en reniant Dieu.

    La comparaison faite par Newman entre l'enfant et « un visiteur dans un état supérieur » est tout à fait pertinente. Il est remarquable qu'un enfant, si jeune et si peu expérimenté, puisse, d'une manière mystérieuse, être plus sage que les parents qui l'accueillent dans leur vie. Ces derniers s'émerveillent de sa gentillesse et de sa générosité. Ils finissent par croire que sa prodigalité ne peut s'expliquer que par le fait qu'il soit un don de Dieu. 

    « Le ciel nous entoure dès notre plus jeune âge. » Nous vieillissons trop vite et avons besoin d'un enfant pour retrouver la vision que nous avons perdue. « Un enfant est un rayon de soleil », disait le prédicateur américain Lyman Abbott, « venu de l'Infini et de l'Éternel, porteur de vertus et de vices, mais encore pur. » Don de Dieu, un enfant nous ramène à Lui.

    L'idée qu'un nouveau-né est un don de Dieu se reflète dans les prénoms donnés aux enfants. Il en existe des centaines, répartis dans de nombreuses langues. Citons par exemple Dorothy, Theodora, Eudora et Thea (grecs) ; Abisai, Addai et Zebedee (hébreu) ; Donato (latin) ; Dorek (polonais) ; Fedyenka et Fyodor (russe) ; Maceo (espagnol) ; Hanni (finnois) ; Jarshika (tamoul) ; Siobhán (irlandais) ; Tanaquil (étrusque) ; Itzae (maya) ; et Bogdan et Todor (slave).

    Ces noms, à travers le monde et au fil de l'histoire, témoignent de l'intuition humaine selon laquelle un enfant est, en effet, un don de Dieu.