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Livres - Publications - Page 49

  • Prouver l'existence de Dieu par la raison naturelle grâce à la philosophie

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    De Charles-Henri d'Andigné sur le site de Famille Chrétienne :

    « L’existence de Dieu peut être prouvée par la raison naturelle grâce à la philosophie »

    L’ouvrage s’adresse à trois types de personnes. Aux chrétiens engagés qui cherchent à mieux comprendre leur foi et qui veulent répondre aux objections diverses du scepticisme contemporain. Aux chrétiens « de culture », qui ont reçu une éducation vaguement religieuse, mais qui ont fini par abandonner la foi. Enfin, aux sceptiques ouverts d’esprit et intéressés par toute démarche rationnelle touchant à l’existence de Dieu, voire à la possibilité d’une « vérité religieuse ».

    Qu’est-ce que l’apologétique ?

    L’apologétique, du grec apologia (ce qui signifie « défense »), est une branche de la théologie chrétienne qui cherche à donner des justifications rationnelles à l’ensemble de la foi chrétienne (en tant que doctrine). Cette science des raisons de croire a surtout pour objet de montrer aux incroyants la vérité de la Révélation chrétienne par le biais d’arguments purement rationnels et de donner aux croyants les ressources pour consolider leur foi, les aidant à sortir des périodes de doute.

    Vous évoquez le commencement et le « réglage fin » de l’univers… Sont-ce véritablement des preuves de l’existence de Dieu ou des arguments qui vont dans ce sens ?

    Tout dépend de ce qu’on entend par le mot « preuve ». Prise dans son sens large, une preuve désigne un « raisonnement propre à établir solidement la vérité », c’est-à-dire un raisonnement qui permet d’accréditer une thèse et d’infirmer son contraire. Les preuves en mathématiques sont d’une certitude absolue ; les preuves en matière scientifique ou historique sont d’une certitude relative. En philosophie, on parle de preuve lorsqu’il y a un argument logiquement valide et qu’il comporte de vraies prémisses (1). L’Eglise enseigne que l’existence de Dieu peut être prouvée par la raison naturelle grâce à la philosophie. En revanche, rien n’empêche que la science puisse confirmer certaines prémisses dans les arguments philosophiques. En ce qui concerne le commencement de l’univers, je pense que la science vient confirmer ce que la philosophie est capable de démontrer.

    lire la suite sur le site de Famille Chrétienne

  • J. K. Rowling dans le collimateur des tenants de la "cancel culture"

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    De Charlotte d'Ornellas sur le site de Valeurs Actuelles :

    J. K. Rowling victime de la « cancel culture »

    Adulée après avoir créé le sorcier le plus connu de l'époque, la romancière est devenue la cible emblématique de la cancel culture. Il lui a suffi pour cela de rappeler la réalité des sexes biologiques…

    29 juillet 2022

    Depuis le 19 juillet, il faut parler de “quadball”. Avant, ce sport dévoilé dans les pages de la saga Harry Pot ter s’appelait le “quid-ditch”. Né dans l’imagination de la romancière J. K. Rowling, le “sport préféré des sorciers” avait trouvé preneurs dans la réalité. Pourquoi ce changement de nom ? Parce que des joueurs ont décidé, à leur tour, de se désolidariser de l’auteur de la saga, objet d’une haine tenace pour des propos jugés “transphobes”. Dans son communiqué, l’Association internationale de quid-ditch (IQA) développe : « Des groupes de défense des droits LGBTQ+ comme Glaad et Human Rights Campaign ainsi que les trois acteurs principaux de la série de films Harry Potter » ont critiqué les positions de J. K. Rowling. On garde son idée, en la gommant du paysage. Certains prétendent encore que la culture de l’annulation, en anglais la cancel culture , n’existe pas…

    A LIRE : Propagande woke sur les plates-formes : le ras-le-bol des abonnés

    La biologie n’existe plus, chacun est son propre démiurge

    J. K. Rowling est devenue l’exemple le plus prestigieux des personnes “annulées” pour avoir déplu aux militants les plus progressistes de l’époque. Les totalitarismes n’ont jamais caché leur attirance pour la méthode : plutôt que de composer avec la réalité, on change les mots, les concepts, les créations pour qu’elle n’apparaisse plus nulle part.

    Quelques jours plus tôt, c’était en effet l’actrice Emma Watson – qui a connu la gloire en incarnant la petite sorcière Hermione Granger dans la série de films – qui annonçait qu’elle était prête à jouer à nouveau son rôle à une condition peu banale : que J. K. Rowling soit écartée du projet. C’est-à-dire que l’auteur du roman, scénariste des films, disparaisse de sa propre œuvre. Ce n’était pas la première condamnation de la part de l’actrice, rejointe dans ses attaques par les deux autres héros de la filmographie ensorcelée, Rupert Grint et Daniel Radcliffe. Leur carrière née dans les pages de la saga n’a laissé aucune place à la plus élémentaire gratitude, la haine est totale.

    Mais il y a sans doute pire. En novembre dernier, la plate-forme HBO Max annonçait la réunion du casting pour les 20 ans du premier Harry Potter … sans sa créatrice. Dans le même temps, cette dernière s’inquiétait d’avoir « reçu tellement de menaces de mort [qu’elle] pourrai [t] en tapisser la maison » sans attirer la moindre compassion.

    On pourrait croire à une malédiction. Ses détracteurs rationalisent pourtant la guerre qu’ils mènent. Tout avait commencé en 2018, lorsque J. K. Rowling avait apporté son soutien à Maya Fors-tater, une chercheuse britannique licenciée après avoir contesté les théories des adeptes du genre – contre la réalité du sexe. À l’époque, la critique était déjà vive. Mais le gros de l’affaire débute réellement le 6 juin 2020. Ce jour-là, la romancière partage sur Twitter un article dont le titre évoque les « personnes qui ont leurs règles » (un subterfuge utilisé par des militants de la cause trans pour éviter d’utiliser le mot femme, qui désignerait contre leur gré les femmes devenues hommes en ayant conservé leurs organes féminins – il faut suivre). Au-dessus de cet article, Rowling livre un commentaire ironiquement exaspéré : « “Les personnes qui ont leurs règles. ” Je suis sûre qu’on devait avoir un mot pour ces gens. Quelqu’un pour m’aider ? Fimmes ? Fammes ? Fommes ? »

    Le jour même, elle devenait l’ennemie des pourfendeurs du vieux monde. Il fallait pourtant beaucoup d’imagination pour transformer cette discrète militante de gauche, anti-Brexit et féministe engagée, en modèle de conservatisme… Mais le militant woke a le bannissement généreux. Pire encore, l’accusée s’était alors fendue d’un communiqué dans lequel elle expliquait avoir été victime de violences conjugales et prendre très au sérieux la défense des femmes pour cette raison précise. Trop tard pour susciter l’empathie des militants de l’inclusion tolérante…

    En Grande-Bretagne, le débat fait rage depuis 2016. À l’époque, la commission femmes et égalités du pays avait prôné le changement dans la reconnaissance juridique du genre, en passant de l’avis d’experts médicaux au choix individuel. Theresa May avait porté la proposition, avant que Boris Johnson ne l’abandonne. Le débat, lui, n’a pas cessé.

    La définition même de la personne “transgenre” a évolué au fil des années : avant, c’était une personne qui avait subi une opération pour adopter les atouts du sexe opposé. Désormais, c’est déclaratif, les militants ayant jugé que l’intervention chirurgicale relevait de la “stérilisation forcée”.

    La biologie n’existe plus, chacun est son propre démiurge. Et si une femme décide de devenir un homme, il lui suffit de le dire. C’est ainsi que naît l’époque des “hommes enceints”. Dans cette logique, des hommes peuvent donc avoir leurs règles. Par conséquent, parler de “femmes” au lieu de “personnes qui ont leurs règles” est une insupportable offense pour ces femmes devenues hommes par la volonté, malgré la biologie.

    Alors le débat s’est tendu, notamment avec certaines féministes qui refusent que la cause trans provoque l’invisibilisation… des femmes. Loin de la théorie, les problèmes sont bien concrets : comment prendre en compte la différence de force physique dans le sport ? Quelles garanties de sécurité dans les espaces réservés aux femmes ? Tout homme peut-il être une femme comme les autres ? Certaines féministes répondent non. Parmi elles, on trouve justement J. K. Rowling. Et c’est ce qui lui vaut d’être la cible de choix des nouveaux “éveillés”.

  • Le remède à la "grande démission" : puiser dans les racines de notre histoire et de notre identité

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    D'Edouard Tetreau sur le site du Figaro via Artofuss.blog :

    Grande Démission, comment réveiller l’Occident endormi?

    28 juillet 2022

    TRIBUNE – Fuir une réalité devenue trop complexe, où l’on se croit battu d’avance, est devenu un phénomène courant dans les démocraties occidentales, analyse finement l’essayiste. Pour espérer rebondir collectivement, il faut, selon lui, puiser dans les racines de notre histoire et de notre identité.


    Dernier ouvrage paru d’Édouard Tétreau: «Les États Généraux en 2022» (L’Observatoire, 2020).


    Le phénomène n’épargne aucun pays du monde occidental. On l’appelle «The Big Quit» aux États-Unis ; plus élégamment «The Great Resignation» ; la «grande démission» en France: cette épidémie de bras baissés, d’aquoibonisme, de démissions de postes. Tous les secteurs de nos économies et sociétés occidentales sont touchés, du BTP à l’hôtellerie en passant par les banques, aux rémunérations élevées et conditions de travail peu éprouvantes. Idem pour les métiers essentiels: à l’exception notable des armées, dans l’Éducation nationale, les hôpitaux, la police, les difficultés de recrutement sont croissantes. Et inquiétantes pour la société qu’elles préparent demain.

    La «grande démission», cette forme d’abattement collectif que nous vivons aujourd’hui, touche jusqu’aux sommets de nos démocraties occidentales. Face aux événements et aux partis extrêmes qu’ils ont cru pouvoir contenir, Boris Johnson lâche prise ; Joe Biden lit son prompteur ad nauseam ; Mario Draghi démissionne ; Justin Trudeau fait semblant de gouverner avec une coalition minoritaire au pouvoir. Le chancelier allemand Olaf Scholz écoute beaucoup mais ne décide de rien, emberlificoté dans une grande coalition sans direction ni vision autre que la conservation du pouvoir. Détaché de la campagne présidentielle, absent de la campagne législative, Emmanuel Macron ne déroge pas à la règle. Son apparent coup de fatigue ou «powerblues» – le pouvoir, mais pour quoi faire au juste? – suggère que le président de la République, à l’image de tous ses pairs, et de l’ensemble des démocraties occidentales, vit un moment d’affaissement, de doute, de perte de sens.

    La tentation de Venise ou du métavers: fuir une réalité devenue trop complexe, où l’on se croit battu d’avance. À quoi bon travailler plus, l’État est là pour subvenir à nos besoins essentiels? À quoi bon économiser: nous ne rembourserons jamais nos dettes. Pourquoi avoir et élever des enfants dans un monde qui en compte déjà trop, disent les statistiques des taux de natalité dans les nouvelles générations? Et que peuvent faire nos petits bras verts face aux dérèglements du climat, dont les principaux sponsors sont la Chine, l’Inde, les États-Unis, et maintenant l’Allemagne avec ses centrales à charbon? Cultivons notre jardin, concluait le Candide de Voltaire. Deux mille ans d’histoire pour finir au rayon bricolage.

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  • Une nouvelle attaque contre l'héritage de Jean-Paul II

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    De George Weigel sur First Things :

    Une autre attaque contre Jean-Paul II

    27 juillet 22

    Le 13 mai 1981, le pape Jean-Paul II a déjeuné dans l'appartement papal avec le docteur Jérôme Lejeune, le pédiatre et généticien français renommé qui a identifié l'anomalie chromosomique à l'origine du syndrome de Down. 

    Le Dr Lejeune était un éminent défenseur de la vie et les deux hommes ont discuté des initiatives que le Vatican pourrait prendre pour faire avancer la cause de la vie par le biais d'une théologie morale solide, éclairée par le meilleur de la science moderne, et par des politiques publiques soutenant une culture de la vie. Il n'est pas difficile d'imaginer que Jean-Paul et le Dr Lejeune ont également discuté de ce que le pape décrira dans l'encyclique Evangelium Vitae de 1995 comme une "culture de la mort" corrosive. L'ironie, bien sûr, c'est que, quelques heures après ce déjeuner, une forme de culture de la mort s'est manifestée lorsque Mehmet Ali Agca a abattu Jean-Paul II dans la cour du pape, place Saint-Pierre.  

    Cette conversation de midi entre deux hommes de génie a influencé la création de deux nouvelles institutions à Rome : L'Institut Jean-Paul II d'études sur le mariage et la famille, situé à l'Université pontificale du Latran, et l'Académie pontificale de la vie. L'Académie devait être un groupe de réflexion interne au Vatican, au sein duquel des hommes et des femmes de bonne volonté du monde entier pourraient travailler ensemble à la construction de cultures capables de chérir la vie, en particulier celle des plus faibles et des plus vulnérables. L'Institut, quant à lui, devait être un centre intellectuel de haut niveau pour le renouvellement de la théologie morale catholique au XXIe siècle et au troisième millénaire. Ces deux initiatives ont été des cadeaux spéciaux de Jean-Paul II à l'Église universelle. 

    L'Institut Jean-Paul II a prospéré pendant trois décennies, formant une génération de théologiens qui se sont attachés à réenraciner la théologie morale catholique dans un concept philosophique solide et contemporain de la personne humaine, tout en recentrant la réflexion morale catholique sur les vertus et les Béatitudes (la Magna Carta de la vie morale catholique). L'institut basé à Rome a rapidement donné naissance à des instituts affiliés dans le monde entier, le plus formidable d'entre eux étant basé à Washington, D.C. Visiter l'un de ces centres universitaires, c'était entrer dans un monde de grande aventure théologique, rempli d'hommes et de femmes engagés apostoliquement dans la conversion des cultures dans lesquelles ils vivaient.

    Tout cela a provoqué la consternation au sein des factions théologiques catholiques dominantes de l'époque, prises comme elles l'étaient dans les sables mouvants d'un concept de théologie morale basé sur les années soixante, dans lequel il n'y a pas d'absolus moraux, rien n'est toujours mauvais, et la vie morale est considérée comme une négociation permanente impliquant des normes éthiques fluctuantes, la société et la conscience individuelle. Il ne fait aucun doute que ce projet théologique anorexique a été fortement influencé par la révolution sexuelle. Et il n'est pas trop dur de suggérer que le "proportionnalisme" (comme on a fini par appeler ce modèle de négociation de la vie morale) a évolué vers une forme de capitulation face à ce tsunami culturel.  

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  • A propos du mea culpa du pape François au Canada

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    De Roberto de Mattei sur Corrispondenza Romana :

    A propos du mea culpa du pape François au Canada

    27 juillet 2022

    L'Église catholique, fidèle au mandat de son divin Maître : "Allez dans le monde entier, prêchez l'Évangile à toute créature" (Mc 16, 15), a accompli, depuis sa fondation, une grande œuvre missionnaire, par laquelle elle a apporté au monde non seulement la foi, mais aussi la civilisation, en sanctifiant les lieux, les peuples, les institutions et les coutumes. Grâce à cette œuvre, l'Église a également civilisé les peuples des deux Amériques, qui étaient plongés dans le paganisme et la barbarie.  

    Au Canada, la première mission jésuite parmi les peuples iroquois, dirigée par le père Charles Lallemant (1587-1674), débarque au Québec en 1625. Une nouvelle mission arrive en 1632, dirigée par le père Paul Le Jeune (1591-1664). Le père Jean de Brébeuf (1593-1649), est revenu en 1633 avec deux pères. De cabane en cabane, ils ont commencé à enseigner le catéchisme aux enfants et aux adultes. Mais certains sorciers ont convaincu les Indiens que la présence des pères provoquait des sécheresses, des épidémies et tout autre malheur. Les Jésuites décident alors de protéger les catéchumènes en les isolant dans des villages chrétiens. Le premier a été construit à quatre miles de Québec. Il avait son fort, sa chapelle, ses maisons, son hôpital et la résidence des Pères.

    Dans le même temps, certains volontaires se sont proposés pour convertir les Indiens : Sainte Marie de l'Incarnation Guyart Martin (1599-1672), une Ursuline de Tours, qui avait fondé avec deux autres religieuses un pensionnat à Québec pour l'éducation des enfants indiens ; Madame Marie-Madeleine de la Peltrie (1603-1671), une veuve française, qui avait créé avec quelques sœurs hospitalières de Dieppe un hôpital, également à Québec ; les membres de la Société de Notre-Dame qui, aidés par le prêtre sulpicien Jean-Jacques Olier (1608-1657) et la Compagnie du Saint-Sacrement, ont construit Ville Marie en 1642, d'où naîtra Montréal.  

    Les Indiens Iroquois, cependant, se sont avérés être catégoriquement hostiles. Ils avaient horriblement mutilé le père Isaac Jogues (1607-1646) et son coadjuteur René Goupil (1608-1642) en versant sur eux des charbons ardents. En mars 1649, les Iroquois martyrisent les Pères de Brébeuf et Gabriel Lallemant (1610-1649). Le père Brébeuf est transpercé de tiges chauffées au rouge et les Iroquois lui arrachent des lambeaux de chair qu'ils dévorent sous ses yeux. Alors que le martyr continuait à louer Dieu, ils lui ont arraché les lèvres et la langue et lui ont enfoncé des braises dans la gorge. Le père Lallemant a été torturé immédiatement après avec encore plus de férocité. Puis un sauvage lui fracassa la tête avec une hache et lui arracha le cœur, buvant son sang, pour assimiler sa force et son courage. Une autre vague de haine fait deux nouveaux martyrs en décembre, les pères Charles Garnier (1605-1649) et Noël Chabanel (1613-1649). Les huit missionnaires jésuites, connus sous le nom de "martyrs canadiens", ont été proclamés bienheureux par le pape Benoît XV en 1925 et canonisés par le pape Pie XI en 1930.

    Ces épisodes font partie de la mémoire historique du Canada et ne peuvent être oubliés. Le pape François, en tant que jésuite, devrait connaître cette épopée, racontée, entre autres, par son confrère le père Celestino Testore, dans son livre 'I santi martiri canadesi', paru en 1941 et réédité en Italie par l'éditeur Chirico en 2007.

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  • Un islam féministe ?

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    D'Annie Laurent sur La Petite Feuille Verte :

    Lire les deux premières parties de cette étude :

    Islam et féminisme (3/3)

    Comment le féminisme musulman est-il conçu ? S’aligne-t-il sur le féminisme occidental ? Que faut-il en attendre en termes d’amélioration du statut et de la vie des musulmanes ?

    Dans leurs livres, Zeina El-Tibi, Nayla Tabbara et Asma Lamrabet considèrent aussi l’islam comme la religion qui, historiquement, a apporté les plus grands progrès à la condition féminine. Nous proposons ici une réflexion pour répondre à cette démonstration.  

    Z. El-Tibi : « L’étude des textes fondamentaux de l’islam, l’analyse de la doctrine des nombreux penseurs, le rappel historique de la place des femmes dans le développement de l’islam et de la société islamique permettent de constater que les idées reçues faisant de l’islam une sorte de religion misogyne sont inexactes. Pourtant, dans la pratique, force est de constater que les prescriptions du Coran et de la Sunna n’ont pas toujours été respectées : elles ont été soit détournées de leur sens par des interprétations douteuses, soit totalement ignorées » (La condition de la femme musulmane, Cerf, 2021, p. 121). Il s’agit donc, affirme-t-elle, de « retrouver la vérité de l’islam » (ibid., p. 200).

    Pour A. Lamrabet, « la création égalitaire des hommes et des femmes dans le référentiel coranique est essentielle à rappeler aujourd’hui, à l’heure où au nom du religieux on veut nous faire croire que l’inégalité est une prescription divine et qu’accepter l’inégalité c’est faire preuve de soumission et d’obéissance à l’ordre de Dieu » (Islam et femmes. Les questions qui fâchent, Gallimard, 2017, p. 24).

    L’ISLAM, RELIGION DE LA FACILITÉ ?

    Z. El-Tibi met en garde contre « des attitudes dogmatiques trop abstraites ou trop rigides » pour comprendre et appliquer les principes de l’islam. « Sur le plan de la vie sociale comme sur celui de la vie spirituelle, la pensée islamique expose que la religion n’est pas destinée à faire peser sur les êtres humains des charges intolérables, pas plus qu’elle ne demande une servilité aveugle ». Elle se réfère au Coran : « Dieu veut pour vous la facilité ; Il ne veut pas pour vous la difficulté » (2, 185) ; « Ainsi, avons-Nous fait de vous une communauté de juste milieu » (2, 143) (op. cit., p. 35-36).

     

    Cet auteur considère les « règlementations excessives » comme « des innovations blâmables » (ibid., p. 43) qui contredisent les recommandations exposées par Mahomet dans son sermon d’adieu, donné à La Mecque en 632 : « Prenez garde, ne vous écartez pas du droit chemin après ma mort […]. Raisonnez bien, ô peuple, et comprenez bien les mots que je vous transmets. Je laisse derrière moi deux choses : le Coran et mon exemple, la Sunna. Et si vous les suivez, jamais vous ne vous égarerez » (ibid., p. 43). Pourquoi alors conseille-t-elle « de ne pas s’enfermer dans des détails surajoutés sans intérêt » lorsqu’ils font partie de ces textes, et de « ne plus dénaturer le sens véritable du Message » qui est pour la femme « celui de l’émancipation et de l’égalité des droits » ? (ibid., p. 43).

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  • Jean-Pierre Snyers célèbre ses 40 ans d'écriture; une rétrospective époustouflante

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    Jean-Pierre Snyers: 40 ans d'écriture
     
    1982-2022: voilà juste 40 ans que notre ami Jean-Pierre Snyers se livre à l'écriture.

    Afin de se remémorer toutes ces années, il vient de constituer un dossier (composé de 123 photos) sur son blog internet.

    C'est l'occasion également de voir évoquées les très nombreuses rencontres de Jean-Pierre Snyers avec des personnalités de premier plan.

    Si le coeur vous en dit d'y avoir accès, tapez sur google jpsnyers.blogspot.com.

    https://drive.google.com/drive/folders/1tVJv4O4VEmZicHEW1TbR0Rq_N6UdZUJb?usp=sharing

  • Le prêtre n'est pas un assistant social ou le dirigeant d'une ONG qui gère de l'aide humanitaire (cardinal Sarah)

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    De Manuela Tulli (source) :

    Eglise : Card. Sarah sur les prêtres, ce ne sont pas des assistants sociaux

    Dans un livre de réflexions sur le sacerdoce; également sur le fléau de la pédophilie.

    22 juillet 2022

    "Le prêtre n'est pas un assistant social ou le directeur d'une ONG qui gère de l'aide humanitaire.

    Son service n'est pas celui d'un médecin, d'un politicien ou d'un syndicaliste.

    La fonction essentielle que le prêtre doit exercer concerne les âmes, leur relation avec Dieu". Le cardinal Robert Sarah le souligne dans un livre qui s'adresse précisément à ses frères prêtres : "Pour l'éternité. Méditations sur la figure du prêtre" (éditions Cantagalli).

    Pour l'éternité

    Ancien préfet du culte divin, le cardinal d'origine guinéenne, aujourd'hui âgé de 77 ans, est pour beaucoup le point de référence de l'aile la plus traditionaliste de l'Église catholique. Dans ce livre, enrichi de méditations de Pontifes et de Pères de l'Église, de Benoît XVI à Saint Augustin, du Pape François à Jean Chrysostome, le Card. Sarah propose des réflexions et des méditations sur ce ministère de l'Église qui a également été bouleversé par les scandales de pédophilie.

    "On voit surgir ici et là, écrit le cardinal en parlant du sacerdoce, des propositions pour modifier l'institution, la renouveler, la moderniser. Toutes ces initiatives seraient légitimes si le sacerdoce était une institution humaine. Le sacerdoce, en revanche, nous ne l'avons pas inventé, c'est un don de Dieu.

    Nous ne réformons pas un don divin en le connotant avec nos idées humaines pour le rendre conforme aux goûts du moment". Dans cet ordre d'idées, Sarah a toujours été absolument opposé à l'ordination des hommes mariés, comme cela avait été discuté au Vatican lors du Synode pour l'Amazonie, et encore plus opposée à l'ordination des femmes. Cette hypothèse est au contraire chère à certaines conférences épiscopales, en premier lieu la conférence allemande.

    Pour le Cardinal, cependant, une réflexion profonde est nécessaire pour remettre sur les rails ce qui a déraillé. "Il faut affronter la vérité : le sacerdoce semble vaciller. Certains prêtres ressemblent à des marins dont le navire est violemment secoué par l'ouragan.

    Ils se tournent et titubent. Comment ne pas être bouleversé en lisant les rapports d'abus d'enfants ? Comment ne pas douter ? Le sacerdoce, avec son ministère, sa mission, son autorité, a été utilisé par de petits prêtres", souligne Sarah, "pour commettre toutes sortes de méfaits. Le sacerdoce a servi d'alibi pour cacher et justifier la profanation de l'innocence des enfants. L'autorité épiscopale était parfois utilisée pour mortifier la générosité de ceux qui voulaient se consacrer à Dieu. La recherche de la gloire mondaine, du pouvoir, des honneurs, des plaisirs terrestres et de l'argent a pénétré le cœur des prêtres, des évêques et des cardinaux. Comment pouvons-nous supporter de tels faits sans trembler, sans pleurer, sans nous remettre en question ?".

    Pour le cardinal guinéen, "nous ne pouvons pas faire comme si tout cela n'était rien, comme s'il s'agissait d'un accident de la route. Nous devons accepter le mal qui a été causé par les "ministres de Dieu".

  • Fléau des abus : le remède de l'évêque n'est pas celui du 'The Economist'

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    Un article de Sandro Magister sur Settimo Cielo :

    Economist

    Fléau des abus. Le remède de l'évêque n'est pas celui du 'The Economist'.

    25 juillet 2022

    Selon l'opinion de la culture dominante, bien résumée par un éditorial de "The Economist" du 14 juillet, l'Église catholique dispose d'un moyen obligatoire pour enrayer la maladie des abus sexuels du clergé : abolir la discipline du célibat. C'est la solution à laquelle s'est pliée une partie importante et croissante de l'Église elle-même, avec la litanie ininterrompue des appels aux femmes prêtres, à une nouvelle morale sexuelle et à la démocratie à la place de la hiérarchie.

    Mais pour le jeune et dynamique évêque de Trondheim, en Norvège, Erik Varden, qui se révèle être l'une des voix les plus vivantes et les plus sages du catholicisme actuel, le "phármakon" qui peut guérir l'Église du fléau des abus est tout autre chose, c'est ce "médicament de l'immortalité" qui est l'une des plus anciennes définitions de l'Eucharistie.

    C'est ce qu'il écrit et argumente dans un article paru dans le dernier numéro de "Vita e Pensiero", la revue de l'Université catholique de Milan, dont les passages saillants sont reproduits ci-dessous.

    Varden reconnaît et approuve les mesures pratiques et judiciaires prises par l'Église catholique pour réduire ce fléau. Mais ils ne sont pas tout. Car l'essentiel est ailleurs. C'est dans cette source et ce sommet de la vie de l'Église qu'est précisément l'Eucharistie, le sacrifice de l'Agneau qui porte tout le poids des péchés du monde.

    "Avant que le péché ne soit "enlevé", écrit-il, il faut l'assumer et le supporter". Comme Jésus sur la croix. Un chemin pénitentiel dont l'axe est l'Eucharistie est nécessaire à l'Eglise. Il est nécessaire de donner "un accomplissement à ce qui manque aux afflictions du Christ", comme le disait l'apôtre Paul.

    Varden cite un précédent historique, le grand acte pénitentiel qui a culminé avec l'érection à Paris de la basilique de Montmartre, pour guérir les horreurs commises avec la Révolution. Il commente : "Nous ne comprendrons jamais la renaissance de la vie religieuse après la Révolution française si nous perdons de vue cet aspect ; nous n'apprécierons pas non plus la ferveur du mysticisme du XIXe siècle".

    Il fait allusion à ce renouveau religieux de l'âge romantique, avec le retour à la foi d'une partie importante de la culture européenne, rappelé par l'historien Roberto Pertici dans son essai publié en avril dernier dans Settimo Cielo.

    Mais il y a aussi un autre précédent que rappelle Varden : le référendum qui a introduit l'avortement en Irlande en 2018, résultat de la vague sécularisatrice mais aussi du scandale des abus du clergé, avec l'effondrement consécutif de la crédibilité de l'Église.

    C'est aux catholiques d'Irlande que Benoît XVI a adressé en 2010 la lettre qui représente sa réflexion la plus profonde sur le scandale des abus et les moyens de le guérir. Il en va de même pour l'exhortation à un chemin de pénitence qui trouve dans l'Eucharistie sa nourriture.

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  • « L’Église ne peut se payer le luxe d’une guerre civile liturgique »

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    Tribune de Jean Bernard, collaborateur au mensuel « La Nef », publiée dans le quotidien « La Croix » : Le pape François a formulé, avec sa lettre Desiderio desideravi, « une réflexion profonde » sur la beauté de l’Évangile. Mais, selon Jean Bernard, cette lettre n’est peut-être pas de nature à apaiser les tensions réactivées par le pape autour de la liturgie (20.07.2022) :

    Avec sa lettre Desiderio desideravi, le pape François vient d’adresser à l’Église entière, le jour de la fête des saints Pierre et Paul, une réflexion profonde sur la « beauté incomparable de la liturgie ». Pour le Saint-Père, l’enjeu de notre époque est de « retrouver la capacité de vivre pleinement l’acte liturgique », tâche qui n’est pas aisée pour l’homme moderne tant celui-ci a perdu « la capacité de s’engager dans l’action symbolique qui est une caractéristique essentielle de l’acte liturgique ».

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    Le pape nous décrit ainsi, en des pages denses, ce que la liturgie doit être mais également ce qu’elle ne doit pas être, à savoir, d’un côté, un « esthétisme rituel qui ne prend plaisir qu’à soigner la formalité extérieure d’un rite ou se satisfait d’une scrupuleuse observation des rubriques », et, de l’autre, la « banalité débraillée », la « superficialité ignorante » et le « fonctionnalisme pratique exaspérant ». Pour échapper à ces deux travers, François souligne l’importance de la formation liturgique.

    Un contexte de tensions liturgiques

    Mais il n’aura toutefois échappé à personne que, si la lettre Desiderio desideravi invite à une réflexion et à une action à long terme, elle ne peut être détachée du contexte dans lequel elle a été écrite, à savoir la reprise des tensions liturgiques après la publication du motu proprio Traditionis custodes. D’ailleurs, dans sa lettre, le pape François fait explicitement référence à ce dernier texte, notamment pour rappeler que le missel de Paul VI est « l’unique expression de la lex orandi du rite romain » et qu’il convenait que l’unité dans la prière « soit rétablie dans toute l’Église de rite romain ».

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    Reste qu’il n’est pas certain que Desiderio desideravi soit de nature à apaiser les tensions, et ce pour deux raisons. La première est que cette lettre ne fera pas, ou peu, revenir les fidèles attachés à la forme traditionnelle vers le nouveau Missel, ce d’autant que beaucoup d’entre eux, venant à l’origine de paroisses où ce missel est célébré, ne sont pas disposés à y retourner. À cet égard, il convient de ne pas se méprendre sur les motifs d’une telle attitude : ceux-ci sont à rechercher non pas dans une hostilité de principe à Vatican II (sauf pour la Fraternité Saint-Pie-X) mais dans la conviction – fondée ou non – que la réforme liturgique n’a pas rempli toutes ses promesses et surtout qu’une autre réforme liturgique inspirée des principes du Concile aurait été possible, davantage respectueuse du développement organique de la liturgie.

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  • "S'attendre à la disparition du catholicisme d'ici une génération..."

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    Du Père Louis Bouyer, ces propos publiés en 1969 dans "La décomposition du catholicisme" résonnent étrangement aux oreilles d'un catholique d'aujourd'hui (source) :

    Le pontificat de Jean XXIII, puis le Concile avaient paru inaugurer pour l'Eglise catholique un renouveau inespéré, sinon inespérable. En fait, il semblait que la redécouverte de la Bible et des Pères de l'Eglise, le mouvement liturgique, l'œcuménisme, et, par un retour aux sources de la théologie et de la catéchèse, une redécouverte de l'Eglise dans sa tradition la plus authentique conjuguée avec une ouverture décidée aux problèmes du monde contemporain : scientifiques, culturels, sociaux — il semblait que toutes ces choses qui, jusque-là, étaient restées le fait d'une petite élite, facilement suspectée en haut-lieu et encore peu influente dans la masse, allaient soudainement, ou tout au moins rapidement, gagner tout le corps après s'être imposées à ses chefs.

    Quelques années seulement ont passé depuis, mais, il faut l'avouer, la suite des événements ne semble pas, jusqu'ici, avoir beaucoup répondu à cette attente. A moins de se boucher les yeux, il faut même dire franchement que ce que nous voyons ressemble bien moins à la régénération escomptée qu'à une décomposition accélérée du catholicisme. Un homme politique français de premier plan, qui est chrétien mais n'appartient pas à l'Eglise catholique, parlant à quelques-uns de ses coreligionnaires sur les suites du Concile, leur disait, si j'en crois ce que l'un d'eux m'a répété, qu'on devait s'attendre maintenant à la disparition du catholicisme d'ici une génération. Cette opinion d'un observateur, sans doute peu sympathique à son objet mais certainement bien informé, sans passion et lucide, ne peut être écartée d'un revers de main.

    Sans doute, une longue expérience a montré que les prophéties de ce genre, souvent renouvelées dans le passé, sont bien téméraires. L'historien Macaulay observait au siècle dernier que le catholicisme avait survécu à tant de crises et de si graves qu'on ne pouvait plus imaginer maintenant ce qui pourrait bien amener sa ruine définitive. Mais il serait trop facile pour les catholiques de se rassurer par de telles paroles, pour replonger dans la torpeur onirique à laquelle, aujourd'hui comme par le passé, ils ne sont que trop enclins. Sans vouloir rien dramatiser, il faut reconnaître que nous en sommes arrivés une fois de plus (et peut-être plus que jamais) à l'un de ces tournants de l'histoire où, si la Providence veut une fois de plus nous secourir, elle ne le fera qu'en suscitant parmi nous des hommes dont la lucidité soit à la hauteur des circonstances, et le courage égal à la pénétration.

    C'est d'abord de voir clair en nous-mêmes que nous avons besoin. A cet égard, il semble que nous ayons seulement échangé, ces derniers temps, une forme paralysante d'autosatisfaction pour une euphorie plus pernicieuse encore. Le « triomphalisme » de naguère, justement dénoncé, nous faisait saluer comme une succession de victoires les échecs les plus hâtivement colmatés, quand ce n'était pas camouflés. Nous pouvons rire de ce style, brusquement devenu désuet, de nos « Semaines religieuses ». Mais la nouvelle presse catholique n'a pas été longue à secréter un « néo-triomphalisme » qui ne vaut guère mieux, et qui peut être pire.

    Un hebdomadaire français, qui se dit « catholique », en venait récemment à nous apprendre que le renouveau post-conciliaire n'a pas encore vraiment pénétré l'Eglise d'Espagne, d'après ce critère : le nombre des vocations sacerdotales et religieuses n'y a pas beaucoup diminué ! Quand on en est arrivé à ce point de vue de Knock, où les signes de santé persistants sont interprétés comme des symptômes d'une gravité particulière, il faut que le mal soit bien avancé..., mais c'est l'esprit du médecin qui est évidemment le plus malade ! Ce petit trait, qui pourrait paraître simplement comique, est révélateur d'un des aspects les plus significatifs de la crise où nous sommes. Je ne sais si le Concile, comme on le dit, nous a délivrés de la tyrannie de la Curie romaine, mais ce qu'il y a de sûr c'est que, volens nolens, il nous a livrés, après s'être livré lui-même, à la dictature des journalistes, et particulièrement, des plus incompétents et des plus irresponsables.

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  • Retour aux années 60 ? Quand l'Académie pontificale pour la vie veut revoir la doctrine sur la contraception sexuelle

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    De Jonathan Liedl sur le National Catholic Register :

    Retour aux années 60 ? L'Académie pontificale pour la vie pousse à s'écarter de la doctrine sur la contraception sexuelle

    Un document rompt avec cinq décennies d'enseignement papal post-conciliaire ; ses partisans pressent le Pape François de rendre ses revendications officielles.

    13 juillet 2022

    Il y a cinquante-cinq ans, le pape Paul VI promulguait Humanae Vitae, une encyclique qui clarifiait sans équivoque l'opposition permanente de l'Église à la contraception artificielle. Bien que cet enseignement se soit heurté à la résistance de plusieurs théologiens et même d'évêques à l'époque, il a été réaffirmé et développé par les enseignements papaux ultérieurs, depuis Evangelium Vitae de saint Jean-Paul II jusqu'à la version actuelle du Catéchisme de l'Église catholique récemment révisée par le pape François, qui décrit cette pratique comme "intrinsèquement mauvaise".

    Aujourd'hui, un institut du Vatican, ironiquement créé à l'origine par le grand pape et saint polonais décédé, pousse à un "changement de paradigme" dans la théologie morale qui inclurait un abandon de l'enseignement établi sur la contraception, mais aussi sur l'euthanasie et les formes de conception artificielle.

    Les révélations sont incluses dans un texte récent publié par l'Académie Pontificale pour la Vie (APV), un groupe de réflexion ecclésial établi par Saint Jean Paul en 1994 pour étudier et fournir des conseils "sur les principaux problèmes de la biomédecine et du droit, relatifs à la promotion et à la défense de la vie, surtout dans la relation directe qu'ils ont avec la moralité chrétienne et les directives du Magistère de l'Eglise". 

    L'APV vient de publier 'Theological Ethics of Life : Scripture, Tradition, and Practical Challenges', une synthèse de 528 pages des actes d'un séminaire théologique organisé par l'APV en 2021; elle la décrit comme "une contribution qui élabore une vision chrétienne de la vie en l'exposant dans la perspective d'une anthropologie appropriée à la médiation culturelle de la foi dans le monde d'aujourd'hui". 

    "Un changement radical"

    L'introduction du texte, rédigée par Mgr Vincenzo Paglia, président de l'Académie depuis 2016, décrit le "changement de paradigme" de la théologie morale qu'il introduit comme "à la fois descriptif et conceptuel, car il suit un schéma à la fois argumentatif et narratif, théorique et sapientiel, phénoménologique et interprétatif." 

    "Le texte opère un changement radical, passant pour ainsi dire de la sphère au polyèdre", écrit Mgr Paglia. "Il ne s'agit pas d'un manuel de formules ou d'un catalogue de cas qui peuvent être sortis du contexte de l'argumentation globale. Il s'agit plutôt d'une exposition fondamentale de la vision chrétienne de la vie, illustrée dans ses aspects existentiels les plus pertinents pour la nature dramatique de la condition humaine et abordée dans la perspective d'une anthropologie appropriée à la médiation culturelle de la foi dans le monde d'aujourd'hui."

    Une partie de ce changement par rapport aux approches précédentes de la théologie morale est liée, selon le texte, aux critères directeurs du "dialogue élargi", qui incorpore intentionnellement les perspectives non seulement de diverses positions théologiques, mais aussi de non-catholiques et de non-croyants.

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