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Livres - Publications - Page 53

  • Arménie-Haut-Karabakh : un peuple chrétien-martyr abandonné par ses coreligionnaires occidentaux…

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    D'Alexandre Del Valle sur Atlantico.fr :

    Arménie-Haut-Karabakh : la destinée douloureuse d’un peuple chrétien-martyr abandonné par ses coreligionnaires occidentaux…

    Cette semaine, Alexandre del Valle s’est entretenu avec Tigrane Yégavian, chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), membre du comité de rédaction de la revue Conflits, spécialiste du Caucase, qui vient de faire paraître un ouvrage passionnant et très instructif sur la Géopolitique de l’Arménie*, particulièrement marqué par un réalisme et une grande lucidité sur les liens entre politique interne, géopolitique et diplomatie. 

    14 mars 2022

    Tigrane Yégavian nous a donné des clefs de décryptage du conflit du Haut-Karabakh, qui a sévi un an avant la guerre ukrainienne et qui s’est conclu par la victoire des agresseurs turco-azéris en novembre 2020. Il nous explique aussi les liens qui peuvent établis entre les dossiers russo-ukrainien et azéro-turco-arménien, deux conflits de l’espace post-soviétique où le rôle de la Russie demeure souvent imprévisible, comme celui de la Turquie d’Erdogan et de la dictature pétro-gazière azérie, entre lesquelles les Arméniens du Caucase sont pris en tenailles, avec comme seul protecteur relatif mais récurrent, la Russie.

    Avant d’aborder le thème du terrible conflit arménien qui a fait souvent couler du sang depuis les années 1990, sans même parler du terrible génocide des années 1896-2015, et sachant que vous établissez à plusieurs reprises des liens entre les deux théâtres dans votre livre, expliquez-nous en quoi la guerre en Ukraine va avoir un impact sur l’Arménie ?

    Ayant scellé son destin à celui de la Russie, l’Arménie va se retrouver davantage fragilisée car elle ne dispose d’aucun levier, ni de moyens de diversifier ses alliances. La diplomatie arménienne a opté jusqu’à présent pour une attitude de prudence, affichant une neutralité totale afin de privilégier un règlement diplomatique. Le jour du déclenchement de la guerre (24 février 2022), on apprenait la démission du chef d’état- major de l’armée arménienne et la convocation à Moscou du ministère de la Défense. Cette guerre en Ukraine donne l’occasion à l’Azerbaïdjan de bomber le torse et de négocier des livraisons de gaz aux Européens en alternative à celui que la Russie ne livrera pas. L’Ukraine a choisi son camp, celui de l’OTAN et de la Turquie, mais aussi celui de l’Azerbaïdjan. Les Arméniens de leur côté, n’oublient pas que pendant la guerre de l’automne 2020, ce sont des bombes au phosphore made in Ukraine qui avaient causés des ravages auprès des soldats et des forêts de l’Artsakh…

    Lire la suite sur Atlantico ou ICI

    *Tigrane Yégavian, Géopolitique de l’Arménie, Editions Biblimonde, Préface de Gérard Challiand, Paris, 2022.

  • Belgique : la Conférence des Évêques formule des recommandations Covid pour les célébrations liturgiques

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    conférence episcopale.jpgCommunication publiée le 11 mars 2022 par le site interdiocésain francophone « cathobel » :

    « On le sait, l’obligation du port du masque dans les lieux de culte a pris fin lundi dernier, suite au passage en code jaune du baromètre corona. Aujourd’hui, la Conférence des Évêques formule des recommandations concrètes en vue d’assurer des célébrations liturgiques en toute vigilance.

    Depuis le comité de concertation du vendredi 4 mars 2022, nous sommes passés au code jaune du baromètre.

    Nous avons reçu les directives suivantes de la part du Gouvernement :

    -Le port du masque n’est plus obligatoire dans les églises mais il demeure recommandé, en particulier pour les personnes vulnérables.

    -Il n’y a plus de restrictions de distance.

    -Bien ventiler les lieux reste essentiel, ainsi que rester vigilants.

    Recommandations de la Conférence des Évêques

    La Conférence des Évêques du 10 mars 2022, a voulu préciser cette vigilance :

    -À l’entrée, possibilité de se désinfecter les mains

    -Pas d’eau bénite dans les bénitiers

    -Pas de contact lors de l’échange de la paix

    -Donner la communion avec masque, en s’étant préalablement désinfecté les mains

    -Pas de communion sur la langue

    -Pas de communion sous les deux espèces

    En cas de concélébration, seul le président communiera à la coupe

    -Lors de la vénération de la Croix pas de contact physique avec la Croix (Funérailles ou Vendredi Saint)

    -On peut oindre avec le Saint Chrême à main nue mais on se désinfecte obligatoirement les mains avant et après l’onction. »

    cp/SIPI (-> communiqué officiel)
    Lire aussi : Dès aujourd’hui, à la messe sans masque !

    Ref.la Conférence des Évêques formule des recommandations Covid pour les célébrations liturgiques

    On notera que le communiqué des évêques distingue clairement les « directives » gouvernementales de leurs propres « recommandations », beaucoup plus tatillonnes...sans être a priori impératives.

  • Il y a cent ans : la conversion de G.K. Chesterton

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    De K.V. Turley sur le National Catholic Register :

    G.K. Chesterton est devenu catholique il y a 100 ans, attiré par Jérusalem et la Vierge.
    Mais pourquoi la conversion de l'écrivain a-t-elle été si longue?

    Clockwise from Left: G.K Chesterton photographed in the 1920s by Herbert Lambert.  Statue of Our Lady donated by the Chesterton's in St. Teresa's Catholic Church in Beaconsfield. Ecce Homo Basilica in Jerusalem.

    Dans le sens des aiguilles d'une montre, à partir de la gauche : G.K. Chesterton photographié dans les années 1920 par Herbert Lambert.  Statue de la Vierge offerte par les Chesterton à l'église catholique St. Teresa de Beaconsfield. Basilique Ecce Homo à Jérusalem. (photo : Domaine public/Église catholique St. Teresa)

    8 mars 2022

    Le 30 juillet 1922, au Railway Hotel, à Beaconsfield, en Angleterre, G.K. Chesterton est devenu catholique. En l'absence d'une église catholique locale, la propriétaire irlandaise du Railway Hotel avait permis que la salle de bal soit transformée en une chapelle de fortune. C'est là, sous un toit en tôle ondulée et entouré de murs en bois brut, que l'écrivain de 48 ans est entré en pleine communion avec l'Église.

    Quelles sont les raisons qui ont poussé Chesterton à faire ce pas ? 

    Et, compte tenu de ses réflexions et de ses écrits sur le christianisme depuis de nombreuses années, pourquoi lui a-t-il fallu si longtemps ?  

    "La conversion est finalement un acte de la volonté, pas simplement de l'esprit", a déclaré Karl Schmude, président de l'Australian Chesterton Society, "et le fait que Chesterton soit devenu catholique a été retardé pour des raisons personnelles, et non doctrinales."  La réticence de Chesterton à se convertir, a déclaré Schmude au Register, était essentiellement due à la femme de l'écrivain, Frances. Bien que Chesterton ait été baptisé dans l'Église d'Angleterre, son éducation religieuse était largement unitarienne. Les croyances chrétiennes orthodoxes auxquelles il s'est rallié plus tard se sont développées sous l'influence de Frances, qui était un haut anglican. Et, en 1922, elle est encore anglicane, pas encore prête à entreprendre le même voyage spirituel que son mari. Cela va changer : En 1926, elle le suit dans l'Église catholique. 

    Si la réticence de Frances à l'égard de Rome peut expliquer le retard de son mari, elle ne nous dit rien de ce qui l'a poussé à franchir le pas. La conversion éventuelle de Chesterton au catholicisme, selon Schmude, était le point final d'un voyage qui avait commencé avec la position intellectuelle exposée dans Orthodoxy (1908) et qui allait ouvrir la voie à l'acceptation croissante de l'écrivain de la croyance surnaturelle. Schmude perçoit cette croissance graduelle de la compréhension dans la vie de Chesterton comme conduisant à une attitude d'humilité et de gratitude envers la création. Elle a également conduit Chesterton à une prise de conscience croissante de la nature du mal qui cause la perte de la bonté, conduisant à un besoin de pardon. Comme l'a souligné Schmude, lorsqu'on demande à Chesterton, dans Autobiographie (1936), d'expliquer pourquoi il est devenu catholique, il répond : "Pour me débarrasser de mes péchés". 

    Selon Schmude, ce sentiment de péché et la sensibilité au mal qui en résulte sont essentiels pour comprendre le chemin qui a conduit Chesterton au catholicisme en 1922.  Malcolm] Muggeridge", a observé Schmude, "pensait que Chesterton était "un esprit sombre, angoissé, effrayé" et que, sous sa surface étincelante d'esprit et d'optimisme, se cachait la crainte que le monde soit un lieu dépravé et diabolique. Seul Dieu pouvait le sauver". 

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  • La guerre qui ne dit pas son nom

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    Rigaud 9780691194080.jpgRDC : pourquoi cela ne fonctionne pas ? « Depuis (bien) plus de vingt ans, la République démocratique du Congo est plongée dans un conflit sans fin malgré la plus grande mission de l’ONU au monde et les milliards injectés par des bailleurs internationaux. Dans son dernier livre « The War That Doesn’t Say Its Name : The Unending Conflict in the Congo » (*), Jason Stearns analyse pourquoi la violence au Congo a continué malgré des décennies d’intervention internationale, et il esquisse des solutions ». L’auteur est interviewé ici par Christophe Rigaud, responsable du site web Afrikarabia :

    "Afrikarabia : Jason Stearns, vous êtes actuellement le directeur du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), après avoir travaillé pour les Nations-Unies en RDC, au sein de la Monuc. En quoi le conflit au Congo est une « guerre qui ne dit pas son nom » ?

    Jason Stearns : Je ne suis pas le premier à soulever ce paradoxe. Les Congolais aussi parlent de « ni guerre, ni paix ». Le Congo a connu deux grandes guerres. Celle de l’AFDL (de Laurent Désiré Kabila) de 1996 à 1997, et celle du RCD, appelée aussi « deuxième guerre du Congo », qui a duré de 1998 à 2003. Il y a eu des accords de paix, et après 2003, le Congo a basculé officiellement en « pays post-conflit » selon la dénomination des Nations-Unies. Officiellement, on s’est accordé sur le fait que le Congo était en paix, mais sur le terrain, c’était tout autre chose. Le conflit s’est transformé, mais n’a pas disparu. Il est devenu plus amorphe et fragmenté. Il y avait, par exemple, une douzaine de groupes armés en 2006, alors qu’aujourd’hui, il y en a environ 120. La guerre est devenue périphérique et ne menace plus les grands centres urbains, mais elle est encore lourde de conséquences pour les populations civiles, puisque l’on compte 5,5 millions de déplacés en 2021. C’est un chiffre qui n’a jamais été aussi élevé dans l’histoire congolaise, même au plus fort de la guerre. La violence a changé de visage, mais n’a pas diminué, c’est pour cela que l’on se trouve dans une situation de « guerre qui ne dit pas son nom »

    Afrikarabia : C’est en effet conflit qui a changé plusieurs fois de physionomie et de belligérants. Pourtant, tout avait relativement bien commencé avec la signature de l’Accord global inclusif de 2002, qui a officiellement mis fin à la guerre. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Est-ce qu’il y a eu des rendez-vous manqués ?

    Jason Stearns : Au début de la transition, après 2003, on avait l’impression que le Congo allait dans la bonne direction. On l’oublie quelques fois, mais le début de la transition a vu la démobilisation de 130.000 soldats, on a vu la création de nouvelles institutions démocratiques, la Troisième République venait de naître. La tendance était très positive. A cette époque-là, je travaillais pour la Monuc (la Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo), et on voyait comment la situation s’améliorait pour les Congolais. Mais tout a basculé en 2007 avec l’arrivée de la nouvelle rébellion de Laurent Nkunda. Pour comprendre ce basculement, il faut revenir à l’Accord global inclusif de 2002 qui contenait déjà les germes d’un nouveau conflit. Trois grands belligérants avaient signé cet accord : le RCD, le MLC et le gouvernement. Mais le RCD, qui contrôlait à l’époque 1/3 du territoire national, estimait que l’accord ne lui était pas favorable, et qu’il allait perdre aux élections. Or, pour réussir une transition, il faut que tous les signataires aient l’impression que l’accord leur est favorable. Le RCD, avec son soutien, le Rwanda, a donc décidé de créer une rébellion : le CNDP. Tout part de là.

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  • Les nouveaux conformismes idéologiques

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    De Jean Szlamowicz sur Causeur.fr :

    Genre: la fabrique des impostures wokistes 

    Les bonnes feuilles du dernier livre de Jean Szlamowicz  » Les moutons de la pensée – Nouveaux conformismes idéologiques  » (Editions du Cerf)

    7 mars 2022

    Le nouveau livre du linguiste Jean Szlamowicz dissèque la manière dont les nouveaux idéologues tentent d’imposer leurs manipulations intellectuelles. Son bistouri aiguisé n’épargne aucun aspect de leur verbiage pseudo-scientifique. Extraits des Moutons de la pensée. Nouveaux conformismes idéologiques, qui vient de paraître aux Editions du Cerf, présentés par l’auteur.


    Les idées préconçues prétendent souvent se fonder sur la science. Le recours à des formules comme « des études ont montré que… » servent alors à imposer comme fait établi ce qui ne relève pourtant que de l’opinion, de la croyance ou du parti pris. Grâce à ces formules creuses, l’idéologie partisane parait soudain aller de soi. Le courant de la déconstruction culturelle s’autorise ainsi volontiers de ses propres références pour se présenter comme légitimé par le biais de l’autorité universitaire. On transforme ainsi les théories fumeuses en principes scientifiques. Il faut pourtant se pencher sur de tels écrits pour comprendre que, tout « universitaires » qu’ils soient, ils sont eux-mêmes pétris de préjugés. Cet extrait prend pour exemple l’argument du « masculin » grammatical présenté comme nocif pour l’égalité…


    Désacraliser le genre masculin?

    Parmi des dizaines d’articles d’inspiration « néoféministes », on peut par exemple lire dans Libération que « des études ont démontré que l’utilisation du masculin comme genre neutre ne favorise pas un traitement équitable des femmes et des hommes. » [1] Ce renvoi à une autorité extérieure comme garant est pourtant problématique : à partir du moment où il existe aussi « des études » qui ne sont pas d’accord avec cette assertion, la moindre des choses serait de considérer qu’il n’y a justement pas consensus.

    Or, la référence que présente la journaliste de Libération, dans un lien vers un article d’une revue de psychologie, est pour le moins sujette à caution puisqu’on y lit ce qui suit :

    “Désacraliser le genre masculin en contrant l’androcentrisme.

    “Une politique qui prônerait le féminin à égalité avec le masculin pourrait faire chuter symboliquement le masculin de son piédestal. Nous pensons que l’androcentrisme (i.e., le genre grammatical masculin) implique une représentation sacralisée de l’homme susceptible d’être menaçante aussi bien pour les filles que pour les garçons. En désacralisant le genre masculin, on devrait échapper au symbolisme et replacer les hommes et les femmes à un niveau de relations intergroupes. Une telle politique serait susceptible, par exemple, d’empêcher l’émergence de corrélations entre le genre grammatical des professions et leur connotation sexuée et évaluative (Lorenzi-Cioldi, 1997). Plus précisément, nous prédisons que la féminisation lexicale des professions pourrait fournir une alternative à la réussite des femmes sur des dimensions masculines fortement stéréotypées. Le genre grammatical féminin pourrait venir contrecarrer la surreprésentation des hommes pour certaines professions, en suggérant la possibilité de réussir professionnellement en dépit ou malgré son sexe.[2]

    A lire aussi : Noms de métiers: la féminisation n’a pas eu besoin du féminisme

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  • Saint Joseph et Edouard Poppe célébrés dans deux nouveaux livres du Frère Stockman

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    NOUVEAUX LIVRES

     
    Allez vers Joseph
    L'histoire du saint silencieux

    Fr. René Stockman

    Pas un seul mot de saint Joseph n’a été conservé dans les récits évangéliques. Il a pourtant occupé une place importante non seulement au temps de l’enfance du Christ mais ensuite au cours des siècles, dans l’histoire de l’Église et dans la vie de nombreux croyants.

    Ce livre, fruit de la prière et de la réflexion du Fr. René Stockman, met un peu plus en lumière la figure silencieuse de saint Joseph ; il permet de mieux percevoir sa relation concrète à Jésus et Marie. En vérité, saint Joseph a beaucoup à dire aux chrétiens d’aujourd’hui par son exemple. Après une élaboration historique et théologique, l’auteur, en un style très abordable, passe en revue les caractéristiques essentielles de saint Joseph : le juste, l’humble, le protecteur des familles, l’ouvrier, l’obéissant, le patron de l’Église et d’une bonne mort. Il offre ensuite une description de l’iconographie qui lui a été consacrée et termine en abordant la dévotion ; une série de prières complète judicieusement le tout.

    Le livre est publié par les Éditions du Carmel et est une traduction du livre en néerlandais publié en 2018 par Carmelitana/Betsaida

    Vous pouvez commander le livre auprès de l'éditeur ou bien auprès du secrétariat de l’administration générale via ce lien.

    Editions du Carmel – 2022 – 156 p.

     
    Édouard Poppe, un saint pour notre temps

    Fr. René Stockman

    € 20,00

    Le pape Jean-Paul II a béatifié le prêtre flamand Édouard Poppe le 3 octobre 1999. Cette démarche a été précédée d’un long processus d’examen approfondi de sa renommée de sainteté.

    Avec la béatification, l’Église a formellement confirmé ce que les gens en Flandre, et au-delà, s’accordaient à dire depuis longtemps : l’abbé Édouard Poppe était un homme exceptionnel, un prêtre profondément touché qui a fait de la sainteté personnelle le seul objectif de sa vie.

    Mais quelle est la signification d’Édouard Poppe, qui représente après tout une image sacerdotale très éloignée ? Il est vrai qu’il a vécu à une époque différente, il y a environ cent ans, mais la manière dont il a répondu à l’appel à la sainteté était si personnelle qu’elle est encore une source d’inspiration aujourd’hui. Ce livre nous fait découvrir la vie d’Édouard Poppe et réfléchit aux différents éléments qui colorent sa spiritualité.

    Le livre est publié par Gompel&Svacina et est une traduction du livre en néerlandais publié en 2014 par Garant.

    Vous pouvez commander le livre auprès de l'éditeur ou bien auprès du secrétariat de l’administration générale via ce lien.

    Gompel&Svacina – 2022 – 106 p.

    Généralat Frères de la Charité - Service Communication

    Stropstraat 146 - 9000 GENT - BELGIQUE

    generalate.communications.office@fracarita.net

  • Carême, Jeûne, Pénitence et Partage : un Livret pour les fidèles

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    Carême, Jeûne, Pénitence et Partage

     2022_03_05_10_19_12_Greenshot.png

    Livret pour les fidèles

    de l’église du Saint-Sacrement

    et de la chapelle Saint-Augustin (Bavière) à Liège

    ainsi que de l’église de Saint-Lambert à Verviers 

     

    Liège-Verviers, vendredi 4 mars 2022

    Pour lire ou consulter le livret, cliquer sur le pdf suivant

    JPSC

  • Catholicisme et modernité : un essai optimiste discutable

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    Weigel 61EH2UvIw8L.jpgL’Américain George Weigel, auteur d’une biographie de référence de Jean-Paul II, vient de publier en français un essai important défendant une thèse quelque peu iconoclaste : catholicisme et modernité (*) ne s’opposeraient pas. Thèse certes discutable, mais qui mérite assurément d’être présentée ici, car elle ouvre la porte à un nécessaire débat de fond dans l’Église sur cette question essentielle. Le site web du mensuel la Nef qui publie cette analyse de Anne-Sophie Retailleau promet d’y revenir plus en détail dans un prochain numéro de la revue….

    « L’ironie du catholicisme moderne. Tel est le titre donné par le théologien américain George Weigel à son nouvel essai paru en 2019 aux États-Unis et traduit depuis lors en français. Le choix de ce titre, pour le moins original, prend le contrepied d’une historiographie fondée sur la thèse d’une opposition entre catholicisme et modernité, cette dernière étant perçue comme une menace pour l’existence même du catholicisme. De nombreux essais alarmistes ont entériné l’idée que la relation entre l’Église catholique et les penseurs de la modernité ne pouvait être envisagée que comme une « lutte à mort ». En résulterait le déclin inéluctable du catholicisme, condamné à la fatalité d’une inévitable victoire de la modernité.

    Weigel©DR.jpgRetraçant avec brio 250 ans de l’histoire de l’Église, confrontée à l’émergence de la pensée moderne, George Weigel entend réfuter cette historiographie traditionnelle qu’il estime erronée. Ainsi, entreprend-il une analyse originale des rapports entre catholicisme et modernité, et déroule le fil de l’histoire de l’Église dans son rapport avec ce nouveau défi des temps contemporains. Cette relation est d’abord marquée par un rejet originel des nouveaux principes de la modernité issus de la Révolution française. Progressivement, l’enchaînement aboutit à une lente maturation entraînant l’Église, sous l’impulsion de papes visionnaires, au dialogue avec le monde moderne. Cette longue histoire de maturation constitue pour l’auteur « le drame du catholicisme et de la modernité », compris comme le déroulement d’une action scénique divisée en cinq actes. Chacun de ces moments marque les étapes d’un apprivoisement de la modernité par l’Église. Non dans le but de s’y soumettre, mais au contraire de proposer une nouvelle voie de recherche de la vérité qui répondrait aux aspirations les plus nobles auxquelles le monde moderne aspire.

    De cette longue maturation, George Weigel propose une analyse à la fois thématique et chronologique, pour dérouler ce « drame du catholicisme et de la modernité », entendu comme une nouvelle scène du théâtre de la grande histoire des hommes. À rebours de l’histoire opposant systématiquement catholicisme et modernité, le théologien américain y voit une lente évolution, certes marquée par des moments de crise, mais qui a permis de redécouvrir les vérités profondes d’un catholicisme délié de toute compromission avec le pouvoir politique et essentiellement porté vers l’élan évangélisateur, recentré sur le Christ et les Écritures.

    Le tournant Léon XIII

    Pour George Weigel, donc, la vision d’une Église s’opposant farouchement à la modernité et ainsi marginalisée par ce courant dominant est fausse. Au contraire, le pontificat de Léon XIII marque un changement de cap en amorçant un dialogue avec la modernité. Pour cela, il s’appuie sur des bases solides et éprouvées, telles que saint Thomas d’Aquin, en mettant l’accent sur l’aspect sacramentel, christologique et contemplatif. Avec le développement de la doctrine sociale de l’Église, George Weigel perçoit également dans le pontificat de Léon XIII le point de départ des évolutions de l’Église vers un dialogue avec la modernité.

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  • "Dieu, la science, les preuves" : l'éclairage de Mgr Léonard

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    L'éclairage de Mgr Léonard sur le livre de Bolloré et Bonassies (Dieu, la science, les preuves) a été publié dans la revue La Nef du mois de février 2022 et reproduit (mais pas in extenso) sur didoc.be :

    L'aube d'une révolution?

    .

    Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies ont publié à l’automne dernier Dieu, la science, les preuves qui est un véritable best-seller avec déjà plus de 100.000 exemplaires vendus. Nous reproduisons ici une bonne partie de la recension que Mgr Léonard en a faite.

    L’ouvrage de Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies, Dieu, la science, les preuves, préfacé par le prix Nobel de physique, Robert W. Wilson, est, en tous points, remarquable.

    Après une introduction consacrée à la notion même de preuve scientifique, il établit que la certitude de la mort thermique de l’Univers, liée à son entropie croissante, à son inéluctable désorganisation, implique nécessairement aussi qu’il a eu un commencement, ce que confirme la théorie du Big Bang, universellement acceptée aujourd’hui. Celle-ci consiste à affirmer que l’Univers physique que nous connaissons s’est développé à partir de ce que l’abbé Georges Lemaître, un des auteurs de cette théorie (qui n’était pas jésuite mais un simple prêtre diocésain), appelait familièrement un « atome primitif » contenant toute l’énergie, la matière et l’information qui se déploieraient progressivement, dans l’espace-temps, engendré lui-même avec l’explosion de cet atome, et ce à la faveur de l’expansion de l’Univers, autre élément essentiel de cette théorie, confirmé ensuite expérimentalement.

    Cette extraordinaire découverte scientifique pose une question essentielle, qui n’est plus, elle-même, du ressort de la science : d’où proviennent l’existence et le contenu de cet atome primitif ? Il est impossible de répondre scientifiquement à cette question de l’origine, dès lors que l’atome primitif ne comporte pas d’« avant », puisque le temps lui-même, tout comme l’espace, est né avec le Big Bang. Vous pouvez légitimement tenir que le Big Bang était « précédé » par les mathématiques et par une « intelligence » portant les vérités mathématiques. Vous pouvez même émettre l’hypothèse qu’une volonté créatrice est responsable de l’existence même de cet atome primitif. Mais, ce faisant, vous sortez du raisonnement purement scientifique et entrez dans le domaine plus large des vérités philosophiques ou, plus précisément, « métaphysiques ». Beaucoup de scientifiques, sortant du registre purement scientifique, s’engagent dans un questionnement métaphysique. L’ouvrage en donne de nombreux exemples. Ils ne trahissent nullement la rigueur qu’impliquent les sciences. Ils manifestent simplement que la raison philosophique est plus large que la raison scientifique et formulent les implications exigées rationnellement par les données de la science.

    Une démarche analogue s’impose en vertu du « principe anthropique » tenu par nombre de scientifiques, selon lequel l’apparition de la vie et, singulièrement, de la vie humaine n’a été possible, au cours d’une longue évolution, qu’à la faveur de réglages extrêmement précis, tels que la moindre différence de ces paramètres, fût-elle infinitésimale, eût rendu impossible la texture actuelle de l’Univers et, spécialement, la naissance de la Terre et, en son sein, de la vie et de l’homme (anthropos, en grec). Attribuer au hasard cette formidable évolution du Cosmos et ce surgissement de la vie et de l’homme ne tient plus la route aujourd’hui. Beaucoup de scientifiques, ici aussi, reconnaissent la réalité d’un « principe anthropique », en ce sens que les paramètres fondamentaux de l’Univers semblent avoir été calculés de manière très fine de telle sorte que l’éclosion de la vie et de l’homme sur la Terre y fut possible. Affirmer que cela a été réglé par une Intelligence créatrice n’est pas du ressort de la science elle-même, mais d’une raison philosophique plus large. C’est ainsi, par exemple, que l’Evangile de Jean (cf. Jn 1, 1-3), en tenant que tout a été créé par Dieu dans son Verbe, par son « Logos », invite à penser que si la Création est si prodigieusement organisée et intelligible, c’est parce qu’elle provient d’une Pensée intelligente. Au point qu’en produisant finalement un « animal logique », un « zôon logikon », comme disait Aristote, l’Univers restitue, en quelque sorte, son origine : créé par une Pensée, il finit par faire surgir en son sein un être « pensant » qui transcende, par sa pensée, l’Univers entier.

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  • Un livre consacré à l'histoire des traditionalistes

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    De Christophe Geffroy dans la Nef via le Forum Catholique :

    Dans son n°345 de Mars 2022, pp.13 à 15, La Nef publie un entretien avec Yves Chiron à l'occasion de la sortie de son livre consacré aux Traditionalistes.

    Extraits.

    La Nef – D’où viennent les traditionalistes, qui sont-ils et que défendent- ils ?

    Yves Chiron – Le qualificatif « traditionalistes » apparaît dans le Magistère avec la Lettre sur le Sillon de saint Pie X, en 1910. Le pape affirmait : « les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires ni novateurs mais traditionalistes. » Le qualificatif existait déjà depuis plu- sieurs décennies. Émile Poulat a attiré l’attention sur un courant spécifique : la contre-révolution catholique, c’est-à-dire les catholiques (prêtres, évêques ou laïcs) qui, tout au long du XIXe siècle et au XXe siècle, ont été hostiles à la Révolution et à ses suites, non d’abord par nostalgie du roi mais par refus des principes de 1789. Les contre-révolutionnaires catholiques étaient hostiles au libéralisme intellectuel et moral, c’est naturellement qu’ils sont devenus anti-modernistes, anti-progressistes, etc. (...)

    En quoi le concile Vatican II marque-t-il réellement le développement du courant traditionaliste ?

    Le traditionalisme est antérieur au concile Va- tican II, qu’on se reporte à la Pensée catholique de l’abbé Luc Lefèvre et à la Cité catholique de Jean Ousset, nées dans l’après-guerre, ou aux combats que l’abbé Georges de Nantes engage dès les années 1950. Mais le concile Vatican II a été un catalyseur. C’est plus ce que j’ai appelé le « péri-concile » (ce qui se disait et s’écrivait avant, pendant et après le concile) et certaines applications du concile qui ont d’abord été contestés que les textes mêmes du concile. Dès cette époque, et plus encore après, et jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas de front uni des traditionalistes face au concile. L’abbé de Nantes, à travers sa critique du MASDU, est sans doute le premier, avec les sédévacantistes (nés au Mexique), à refuser la totalité du concile. En revanche, dès l’époque du concile, certains – la Pensée catholique, par exemple – cherchent à défendre l’orthodoxie et la légitimité des textes officiellement promulgués contre l’interprétation et l’application qui en sont faites. (...)

    Mgr Lefebvre et la Fraternité Saint-Pie X (FSPX) vont vite polariser l’attention: pourquoi se lance-t-il dans la bataille et en vient-il à tenir des propos et des positions de plus en plus extrêmes contre la messe, le concile, le pape lui-même...?

    Mgr Lefebvre a été, pendant le concile, un des chefs de file de ce qu’on appelait la « minorité », c’est-à-dire ceux qui, principalement à travers le Cœtus Internationalis Patrum (CIP), militaient pour des réaffirmations doctrinales ou la condamnation de diverses erreurs face à des textes ambigus ou des propositions trop audacieuses. Mais il ne mettra en cause publique- ment le concile que plusieurs années plus tard.

    Sur la réforme liturgique, également, il n’a pas eu d’emblée une position hostile. Lors de la consultation de l’épiscopat avant le concile, en 1959, il est favorable à « un élargissement de la possibilité de célébrer la messe le soir ». Par la suite, lors des premières mises en œuvre de la réforme liturgique, il n’est pas hostile à l’introduction de la langue vernaculaire dans certaines parties de la messe, mais dès janvier 1964 aussi il s’alarme des « initiatives les plus invraisemblables » et il s’indigne que dans nombre d’églises « les règles liturgiques sont impunément violées ».

    Les positions radicales de Mgr Lefebvre ne rendaient-elles pas la rupture avec Rome en 1988 inéluctable?

    Entre 1965 – fin du concile – et 1988 – date de sa décision de sacrer des évêques sans le consentement de Rome –, il s’est passé plus de vingt ans. Le concile Vatican II n’a pas porté immédiatement les fruits que beaucoup espéraient, Paul VI lui-même en a été attristé et l’a publiquement regretté à plusieurs reprises. La crise qu’a connue l’Église, et qui avait commencé avant le concile il faut le rappeler, a été à son paroxysme dans les années 1970. Il y a eu, si l’on peut dire, une radicalisation parallèle de Mgr Lefebvre. Et il n’a pas accordé crédit à la restauration qu’ont tentée ensuite le pape Jean-Paul II et le cardinal Ratzinger (le « plan Ratzinger » en 1982, les conférences sur le catéchisme en 1983, l’Entre- tien sur la foi en 1985, etc.). Ses adversaires diront qu’en 1988 Mgr Lefebvre avait perdu « le sens de l’Église », on peut dire, au minimum, qu’il n’avait plus confiance en Rome. (...)

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  • Thibon au secours des évidences

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    Extraits du journal PRESENT du 25 février 2022 (via le Forum Catholique) :

    Entretien d'Anne Le Pape, avec M. Tremolet de Villers qui est l'auteur de la préface du livre Au secours des évidences.

    Thibon n’est-il pas le type même du non-conformiste ? Ne serait-ce que parce que, comme il le note, « l’audace authentique – celle qui comporte des risques – a changé de camp : elle est du côté du bon goût, de la moralité et du bon sens ».

    Thibon est au-delà des critères de conformiste ou non-conformiste. Ces catégories lui étaient aussi étrangères que droite ou gauche, conservateurs ou progressistes… Il était lui et cela suffisait, mais il est vrai qu’il prenait plaisir à noter qu’aujourd’hui le véritable amoureux de l’ordre vrai a des allures d’anarchiste. C’est aussi une constante historique. Antigone, que son ami Maurras appelait « la Vierge-Mère de l’Ordre », passe pour une anarchiste. Elle enfreint volontairement les lois de Créon qui est le pouvoir légitime, mais au nom des « lois supérieures qui ne sont pas écrites ». Thibon a fréquenté, avec une très simple aisance, tous les milieux, aussi libre avec les ouvriers agricoles au temps des vendanges qu’avec les académiciens, avec les jeunes gens dans la frugalité des camps de formation comme avec les princes, les rois ou les chefs d’Etat. Sa simplicité écartait toute affectation, et sa politesse était délicieuse parce qu’elle venait du cœur. Il faut dire qu’il aimait la rencontre. Il avait le don de s’intéresser aux êtres.

    Les pointes d’humour ne manquent pas. Etait-ce l’un des traits de son caractère ?

    Oui, il était drôle. Il disait volontiers : « Je n’ai pas la vanité de ce que j’ai écrit ou dit en conférence, mais j’ai la vanité de mes mots d’esprit. » Ses propos étaient ainsi émaillés de pointes et de saillies auxquelles son accent méridional et un très léger zézaiement donnaient un relief particulier. (...)

    Vous évoquez « les joies et les tourments » de cette vie. Comment se fait-il que le lecteur ressente – en tout cas à la lecture du présent volume – par-dessus tout une impression de sérénité ?

    Thibon était une âme violente, lucide et donc, parfois, au bord du désespoir. Il citait souvent la phrase de Nietzche : « Quand le scepticisme s’allie au désir, alors naît le mysticisme. » Il y avait, chez lui, une immense dose de scepticisme sur toutes les illusions, surtout quand elles sont à couleur religieuse, et ce scepticisme n’épargnait pas le scepticisme lui-même quand il considérait que l’illusion pouvait être féconde. C’est le titre de l’un de ses livres. Vous connaissez sa formule : « Deux catégories d’êtres que je ne peux pas supporter : ceux qui ne cherchent pas Dieu et ceux qui s’imaginent L’avoir trouvé », ajoutant le vers de Victor Hugo « Il est l’Inaccessible, Il est l’Inévitable ! » La quête de Dieu a été la grande aventure intérieure de Thibon et ce chemin est un chemin de Croix. La sérénité que vous ressentez à la lecture de ces billets est le fruit de cet effort qu’il s’imposait d’« écrire pour savoir ce que je pense ». L’écriture délivre du tourment, parce qu’elle permet d’entrevoir ou de cerner la vérité recherchée. Mais, comme il le disait lui-même, « chez les êtres profonds, il a plusieurs fonds. Vous pouvez jeter la sonde, elle ne remonte pas facilement ». Il avait écrit à son ami Jean Ousset : « Votre œuvre est plus que respectable, mais vous valez mieux que votre œuvre. Chez la plupart des hommes qu’on dit grands, c’est l’inverse. J’ai flairé, chez vous, sous l’affairement de Marthe, l’immobilité de Marie. » Ces mots peuvent lui être retournés. L’œuvre de Thibon est belle, mais il est plus grand que son œuvre.

    Gustave Thibon, Au secours des évidences, Billets inédits, 19 € aux Editions Mame

    Vous pouvez le commander sur Livres en Famille.

  • La croisade idéologique de Poutine : ce qu'en disait Mathieu Slama en 2016

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    De Pascal Boniface (Directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques) sur Le Club de Mediapart :

    Reflexions sur la croisade idéologique de Poutine

    J'interroge Mathieu Slama a propos de son livre"La Guerre des Mondes" Editions de Fallois

    1er août 2016

    La guerre des mondes – 3 questions à Mathieu Slama

    Mathieu Slama intervient de façon régulière dans les médias sur les questions de politique internationale. Il a publié plusieurs articles sur la stratégie de Poutine vis-à-vis de l'Europe et de l'Occident. Il répond à mes questions à l’occasion de son dernier ouvrage : « La guerre des mondes : réflexions sur la croisade idéologique de Poutine contre l'Occident », paru aux Éditions de Fallois.

    1.Vous évoquez une incompréhension entre l’Europe et la Russie sur le terrain des valeurs et de la religion qui expliquerait en partie nos différends géopolitiques. Pouvez-vous développer ?

    Mon intuition est la suivante : ce qui se joue entre la Russie de Poutine et les pays occidentaux est beaucoup plus fondamental qu’un simple conflit d’intérêts autour des questions syrienne et ukrainienne. Selon moi, il y a en arrière-plan de ce conflit une opposition entre deux grandes visions du monde concurrentes.

    La vision occidentale, pour résumer, est libérale au sens où elle définit avant tout la communauté politique comme une organisation permettant de garantir les libertés individuelles. La patrie, la communauté, les traditions particulières sont dans cette vision des vestiges appartenant au passé. La vision de Poutine est traditionnaliste : la communauté politique est pour lui le produit d’une histoire et d’une culture particulières qui priment sur les libertés individuelles. Il y a là, donc, deux langages très différents qui se font face.  

    La question religieuse, que vous évoquez, me semble assez bien illustrer cette opposition idéologique. Quand le groupe ultra-féministe Pussy Riots fait irruption dans la cathédrale de Moscou en proférant des injures, elles sont condamnées aussi bien du point de vue pénal que du point de vue de l’opinion publique. Pour expliquer cette condamnation, Hélène Carrère d’Encausse avait assez bien résumé les choses : pour les Russes et pour Poutine, il y a des choses qui ne se font pas, tout simplement. En France, l’action des Femen dans la cathédrale Notre-Dame n’avait guère choqué ni l’opinion publique ni les autorités. Nous avons perdu tout sens du sacré : au nom de la liberté, tout peut être profané, en particulier les symboles religieux (cf. les caricatures de Mahomet…). Evoquer nos racines chrétiennes ? vous n’y pensez pas ! De son côté, Poutine n’a de cesse d’exalter la tradition orthodoxe de son pays. Il s’est récemment rendu à une cérémonie célébrant le millième anniversaire de la présence russe au Mont Athos en Grèce, la « Sainte Montagne » orthodoxe où des moines vivent et prient depuis le Xème siècle. Le symbole est immense.

    Il me semble que Poutine a compris une chose essentielle (quoi qu’on pense de l’homme) : la politique, ce n’est pas seulement une affaire de règles de droits garantissant les libertés individuelles. La politique, c’est autre chose : l’habitation d’un espace particulier, l’héritage de mythes fondateurs, de traditions et de symboles qui inscrivent un pays dans une trajectoire historique qui lui est propre. Si tout n’est que droits, alors il n’y a plus de communautés particulières. Et donc plus de politique. La force de Poutine est de nous confronter à ce terrible renoncement.

    2.Poutine reproche-t-il aux Occidentaux de confondre « communauté occidentale » et « communauté internationale » ?

    C’est la deuxième grande critique qu’adresse Poutine aux pays occidentaux, et qui me paraît essentielle : le monde occidental a cette fâcheuse tendance à vouloir construire un monde à son image. Il est devenu incapable de penser la différence culturelle, d’imaginer qu’il n’y a pas un monde mais des mondes, avec leurs traditions et leur histoire distinctes. Prenons un exemple d’actualité : l’Iran. On ne compte plus les unes et les reportages sur les évolutions de ce pays. Et que célèbre-t-on ? Son occidentalisation  Mais dès qu’il s’agit de ses composantes traditionnelles, on crie à l’obscurantisme, à la barbarie ! Il y a là un mélange d’incompréhension et de mépris, ainsi qu’un immense paradoxe : l’Occident libéral sacralise l’Autre, mais c’est en réalité pour lui nier son altérité fondamentale. Il faut relire Claude Lévi-Strauss à ce sujet, lui qui fut un des premiers à s’inquiéter de l’uniformisation du monde sous l’influence occidentale.

    Le cœur du problème est l’universalisme : cette idée qu’il existe un modèle libéral qui est le devenir inéluctable de l’humanité toute entière. Les néo-conservateurs américains, influencés par une mauvaise lecture de Leo Strauss et de sa réflexion sur le relativisme, ont fait de cet universalisme le centre de leur idéologie (mais au service, évidemment, des intérêts politiques et économiques de leurs pays). L’immense mérite de Poutine est de mettre à nu cet universalisme et ses dérives. Les conséquences sont très concrètes : nul besoin de s’épancher sur les situations catastrophiques de l’Afghanistan, de l’Irak ou encore de la Libye… A ce sujet, Poutine a posé cette question aux Occidentaux devant l’ONU l’année dernière : « Est-ce que vous comprenez ce que vous avez fait ? »

    3. Vous écrivez que, pour le président russe, l’enjeu est de préserver la diversité du monde face aux velléités universalistes occidentales. Il est pourtant plutôt vu chez nous comme celui qui veut soumettre les autres à ses volontés…

    Dans une tribune fameuse écrite en 2013 dans le New York Times en pleine crise syrienne, Poutine a mis en garde l’Amérique contre la tentation de se croire exceptionnelle, car cette tentation contredit l’égalité entre les nations et « la diversité du monde donnée par Dieu ». Et en effet, « diversité du monde » est un des termes les plus utilisés par Poutine dans ses discours. Ce n’est pas un hasard. Il se présente comme le champion du multilatéralisme et de la souveraineté nationale car il vise avant tout la prétention hégémonique américaine (et la soumission des Européens à cette hégémonie). Car ne soyons pas naïfs : Poutine est avant tout un dirigeant réaliste qui défend les intérêts de son pays et de son peuple. Son discours correspond à des intérêts très précis.

    Là où on peut en effet voir des contradictions entre son discours et ses actes, c’est que sa décision vis-à-vis de la Crimée a pu faire penser à un retour d’une volonté impériale de sa part. Cette inquiétude était légitime mais il me semble qu’il montre aujourd’hui qu’il n’a pas l’intention, malgré les exhortations agressives d’intellectuels comme Alexandre Douguine, d’aller plus loin vis-à-vis de l’Ukraine. Le grand écrivain russe Alexandre Soljenitsyne, dont j’ai fait le fil rouge de mon ouvrage, avait cette réflexion très actuelle à propos de la Russie : « Il faut choisir clair et net : entre l’Empire, qui est avant tout notre propre perte, et le salut spirituel et corporel de notre peuple. Nous ne devons pas chercher à nous étendre large, mais à conserver clair notre esprit national dans le territoire qui nous restera ». Cet avertissement, me semble-t-il, vaut tout aussi bien pour Poutine que pour l’Occident.