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Enseignement - Education - Page 30

  • La soupe théologique servie à nos professeurs de religion

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    D'Ivo Van Hemelryk sur le Forum Catholicum :

    La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a répondu négativement à la question du Synode des évêques allemands de savoir si les relations LGBT peuvent être consacrées. Dans une interview à l'attention des enseignants religieux flamands, d'importants théologiens de Louvain critiquent vivement cette réponse. Dans cet article leurs réponses sont à leur tour évaluées de manière critique et placées dans le contexte plus large du déclin de l’Église d’Europe occidentale.

    La soupe théologique servie à nos professeurs de religion

    Interview par Thomas de Roger Burggraeve, Ilse Cornu et Thomas Knieps-Port le Roi sur le Responsum

    Thomas est le site leader pour les professeurs de religion du Réseau flamand de l’enseignement catholique, dirigé par le Prof. Dr. Didier Pollefeyt. Lui et les personnes interrogées ont des postes importants à la Faculté de théologie et d’études religieuses de la KU Leuven. La première instance est en quelque sorte un « spin-off » ou une voix de la seconde et cette interview est donc offerte comme un soutien de base aux enseignants de l’éducation catholique. Le texte intégral peut être lu en néerlandais à l’adresse suivante :

    https://www.kuleuven.be/thomas/page/standpunt-vaticaan-homoseksualiteit/

    28-10-2021

    Dans ces réponses théologiques on rencontre pas mal de mélanges de sens. Il s’agit d’une approche méthodique fréquemment utilisée dans la théologie contemporaine pour conformer l’enseignement catholique à la « pensée contemporaine », ou à ce qui est propagé en tant que tel. Les nouveaux points de vue sont présentés comme « hautement scientifiques » alors qu’ils sont imprégnés de subjectivité. L’interprétation chrétienne du concept de « loi naturelle » est rejetée comme démodée et remplacée par une vision moderniste de l’homme, présentée comme « personnalisme ».

    En cela, il y a encore peu ou pas de place pour les dimensions purement spirituelles de l’homme, tandis que la morale évangélique doit céder la place aux priorités presque inquisitoires d’un “amour” avec des significations mondaines flexibles. On choisit le sens le plus approprié pour soutenir la position proposée. Même les sciences naturelles sont violées, car l’expérience de la sexualité humaine est présentée comme pratiquement statique, alors que cela est scientifiquement très discutable.

    De plus, la dimension spirituelle, qui fait que l’homme s’élève au-dessus de ses instincts animaux et de ses désirs sexuels à la lumière du plan de salut de Dieu et de notre destinée ultime, est presque complètement ignorée. L’excuse pour cela sont les « nouvelles connaissances scientifiques », comme si la morale catholique pouvait ou devait être basée sur cela et non sur ce que Dieu nous prescrit à partir de Son plan pour l’homme. « Par-dessus tout, aimer un Dieu » devient dans la nouvelle théologie « avant tout aimer l’homme » (comme il préfère être).  L’accent est davantage mis sur les « valeurs » utilitaires, telles que l’expérience personnelle du plaisir, basée sur de « nouvelles   connaissances scientifiques », pour remplacer l’enseignement de l’Église apostolique qui est de facto rejeté comme dépassé.

    On aboutit ainsi à une déconnexion radicale entre le sens naturel de la sexualité (c’est-à-dire assurer une reproduction durable) et son expérience, comparable à la propagande pour un régime qui se concentre sur nos préférences gustatives, sans tenir compte des conséquences sur la santé.  À cette fin, tous les registres de la pensée moderniste sophistiquée sont utilisés et le résultat est un fourre-tout duquel chacun prend ce qu’il veut, en suivant sa propre « conscience bien formée ». Il n’est pas étonnant que les pays européens où ce modernisme s’est implanté soient les seuls où le catholicisme est en déclin dans tous les domaines (voir le rapport de l’agence missionnaire Fides qui a été distribué le 24-10-2021). Qui, après tout, s’intéresse encore à cette soupe théologique contaminée ?

    En revanche, je voudrais faire référence, entre autres, à l’article nuancé et équilibré du Fr. René Stockman à ce sujet : voir https://forumcatholicum.com/rome-2/10/ .

    Examinons de plus près quelques passages de cette interview. Les réponses de l’équipe théologique sont indiquées en italique (traduction propre).

    Depuis le Concile Vatican II (1962-1965) une attention beaucoup plus grande a été accordée aux relations durables, pour l’amour dans une alliance et donc pour la qualité d’être ensemble comme une « valeur intrinsèque ». Il n’est donc pas acceptable que l’amour entre deux hommes ou deux femmes qui prennent bien soin l’un de l’autre, qui sont fidèles et aimants, qui veulent vivre ensemble dans la réciprocité et la durabilité et élèvent souvent aussi des enfants, soit objectivement appelé désordonné.

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  • Beaucoup d'enfants pour fêter HolyWins à Liège

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    Lumière sur la 13ème HolyWins, fête familiale autour des saints

    Liège, 1 novembre 2021. "Holywins, c'est bien mieux et surtout plus lumineux que les histoires de sorcières. C'est comme la Toussaint, c'est la lumineuse fête de tous les saints et les saintes." "Nous préférons la bonne soupe au potiron de grand-mère que les horribles araignées de la sorcière." Grand succès pour cette 13ème HolyWins avec plus de 150 participants ce 31 octobre 2021 au Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon à Liège. Plus de 100 enfants sont venus avec leurs parents ou leur groupe de catéchisme d’un peu partout en Wallonie : Liège, Verviers, Namur, Louvain-la-Neuve, Bruxelles, Mons.

    Initiée en 2008 en Belgique, la fête de HolyWins pour les enfants redonne tout son sens à la fête de la Toussaint qui prend un peu d’ombre avec la fête d’Halloween venue des Etats-Unis et qui envahit nos magasins. Dans une société qui élude souvent la question de la mort, la fête d’Halloween a le mérite de nous interroger sur ce thème, mais sans autres références que celles empruntées à des rituels morbides et macabres. C’est pourquoi HolyWins met en valeur la fête de tous les saints. Elle rappelle que la mort est habitée par l’Espérance. A la Toussaint, l’Eglise célèbre tous les saints – connus ou anonymes – qui sont vivants auprès de Dieu. Selon la foi chrétienne, la mort constitue en effet un passage vers la vie éternelle à la suite du Christ. Soutenus par cette espérance, les croyants se rappellent le lendemain 2 novembre les défunts de leur famille.

    Jean, co-organisateur, dit : « Cette 13ème édition de Holywins a regroupé enfants, parents et grands-parents sous un beau soleil. Nous avons heureusement échappé à la pluie. Les participants étaient invités, s’ils le souhaitaient, à venir déguisés en saints ou saintes, voire en anges avec leurs grandes ailes blanches. C’était très coloré. L’accueil s’est fait près du vieux puits de Cornillon, signe que le site fut une léproserie au Moyen-Âge et devint ainsi le premier hôpital de Liège. Après un grand jeu par équipe à la découverte de belles figures de saintes et de saints, les enfants ont résolu une énigme qui les a menés devant la grande statue de saint Joseph dans l’église du sanctuaire. Ils étaient ainsi en phase avec l’année spéciale dédiée à saint Joseph décidée par le pape François. »

    Laurence, co-organisatrice, poursuit : « Les participants ont ensuite été invités à vivre un petit temps de prière adapté aux enfants, avec des chants, des prières, des histoires et des bougies. Enfin, la belle après-midi festive s’est clôturée par un délicieux goûter avec gaufres, crêpes et chocolat chaud préparé par des volontaires et les sœurs clarisses. Toute la compagnie s’est régalée ! Merci à toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette belle après-midi. » 

    Aline, maman participante, dit : « en tant que chrétienne catholique, je trouve que c’est important d’honorer nos saints, on n’a pas besoin de squelettes ni de sorcières. Nous avons besoin de lumière pour que cette lumière puisse briller dans nos vies. »

    Cette fête familiale de #HolyWins, liée à la Toussaint, se développe un peu partout dans le monde, notamment au Brésil, en Espagne, en Chine, en Colombie, au Panama, aux Philippines, en France, en Italie et en Belgique.

    HolyWins pour les enfants est une initiative de membres et d’amis de la Communauté de l’Emmanuel et du Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon.

    Pour en savoir plus : https://blog.egliseinfo.be/holywins-fetons-les-saints/

  • KTO dans la série la foi prise au mot : histoire des Jésuites

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    En 2021, les Jésuites ont lancé une « année ignacienne » pour fêter le 500e anniversaire de la conversion d'Ignace de Loyola, leur fondateur. Voilà une excellente occasion de revenir sur leur riche histoire. En effet, depuis leur fondation jusqu'à la nomination du pape François, ils ont offert de multiples visages, traînant parfois derrière eux une certaine réputation. Ce soir, Régis Burnet propose de partir à la découverte des multiples métamorphoses de cet ordre central dans le catholicisme en compagnie de l'historien Jean-Pascal Gay et du jésuite et théologien Patrick Goujon.

  • Le cardinal Müller : réflexion sur les droits de l’homme

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    Lu sur le site web du mensuel « La Nef » :

    "Le cardinal Gerhard Ludwig Müller intervient sur « La nature comme fondement de l’image de l’homme ». Interview de Lothar C. Rilinger sur kath.net traduit en français par Jean Bernard.

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    Les évolutions sociales issues de la philosophie et de la théologie ont toujours façonné l’image que l’homme se fait de lui-même. Comment l’homme se considère-t-il ? Se voit-il comme faisant partie du monde ou bien – pour utiliser des termes chrétiens – comme faisant partie de la création ? Se regarde-t-il de manière inconditionnelle comme un détenteur de droits ou bien, au contraire, comme une chose appartenant à d’autres personnes ayant une capacité juridique ? Est-il considéré comme un égal parmi les égaux ou comme quelqu’un qui doit bénéficier des droits de l’homme dans la seule mesure où sa position dans la société l’impose ? Si ces questions sont discutées de manière superficielle dans le domaine des droits de l’homme, elles reposent sur l’image de l’homme telle qu’elle est véhiculée par la société et ses membres. Nous devons nous demander ce qu’est l’être humain. En tant qu’objet, est-il une chose ou un sujet de droit ? C’est une question qui touche aux fondements mêmes de l’humanité et qui est certainement aussi capable de les ébranler. Puisque la discussion a repris depuis la fin de l’esclavage, qui traitait les personnes comme des choses, et que les personnes sont divisées selon la dualité du corps et de l’esprit et donc, sur la base de la théorie de l’évolution, en choses animales et personnes spirituelles, nous avons souhaité consacrer plusieurs discussions à la question de l’image de l’homme, question dont découle la nature même des droits de l’homme. Dans le cadre de cette discussion qui porte sur les fondements du vivre-ensemble des êtres humains, notre interlocuteur est le cardinal Gerhard Ludwig Müller, théologien et philosophe, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (2012-2017).

    Rilinger : Avant d’aborder l’image de l’homme, nous devons discuter de ce que nous entendons par « nature ». Devons-nous imaginer la nature comme une creatio ex nihilo, comme quelque chose venant du néant, qui s’est développée sans aucune influence régulatrice et qui est donc exclusivement due au hasard, ou bien la terre s’est-elle formée sur la base d’une pensée venant de Dieu, sous la forme de principes et de règles insufflés dans le monde et à partir desquels le développement est possible ?

    Cardinal Gerhard Ludwig Müller : Il s’agit de la question fondamentale : Qu’est-ce que l’être humain ?

    Dans la tradition judéo-chrétienne, si la nature humaine a un caractère particulier, c’est parce que cette nature s’ancre dans le fait que l’être humain a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. L’être humain existe et vit orienté vers Dieu dans une relation qui transcende le monde et à l’égard de laquelle tout est relatif. Dieu est l’origine et le but de tous les êtres, lesquels parviennent à l’existence grâce à sa connaissance et à sa volonté, et sont maintenus en existence selon leur nature et leur causalité secondaire interne. Mais Dieu n’est en aucun cas le démiurge qui forme son œuvre, le monde et l’être humain, comme un constructeur humain à partir d’un matériau présent et transitoire – tel que nous le connaissons dans la philosophie classique gréco-romaine. Pour cette philosophie – qui partage une compréhension idéaliste et matérialiste de l’être du cosmos –, l’idée même d’un être divin personnel ou trinitaire, de même que celle d’un monde existant à partir de la création du néant sont complètement étrangères. Selon Platon et Aristote, pour ne citer ici que les plus grands penseurs, le cosmos est imprégné de la raison divine – le Logos. Ainsi, le sens du monde est révélé dans la causalité émanant du Logos. En ce qui concerne la chose individuelle en tant que telle, il s’agit d’une combinaison de la cause formelle et de la cause matérielle. Par contre, par rapport à l’ensemble de l’être, le Dieu-Logos, c’est-à-dire la raison qui se pense elle-même, se manifeste dans la cause active et finalisée, qui classe et assigne les choses individuelles dans le contexte de la signification de l’ensemble du cosmos (Dieu qui se déplace mais n’est pas déplacé ; Dieu qui est recherché mais qui, parce qu’il est sans recherche, ne recherche rien d’autre que lui-même). À l’opposé, il y a – pour faire simple – la vision atomiste du monde de Démocrite, Épicure et Lucrèce, vision qui explique tout en termes d’effets mécaniques. Selon ce point de vue, toutes les choses et tous les phénomènes du monde sont liés par un lien causal global. Mais l’ensemble de l’être ne débouche pas sur un Logos supérieur et omniprésent. Au lieu du Logos, c’est le destin aveugle ou le hasard qui règne sur elle. En ce sens, la science naturelle moderne, dont la méthodologie est limitée à la forme mathématique-géométrique de la pensée et au lien causal mécanique, demeure impuissante devant l’énigme impénetrable que constituent l’univers dans son ensemble, l’origine de la vie ou encore le caractère unique de la raison humaine qui s’élève vers l’être en tant que tel, comme l’a formulé Stephen Hawkins. Ou bien, en ce qui concerne l’émergence du substrat matériel de la raison humaine, c’est-à-dire dans le cadre de l’évolution de l’espèce biologique « homme », seule la catégorie interprétative du « hasard » peut être supposée. Ce que l’on entend ici, bien sûr, n’est pas le hasard absolu, c’est-à-dire que ce qui existe existe sans la raison de son existence. Il s’agit plutôt d’un hasard relatif, à savoir que ce qui existe est dépourvu de sens ou s’est produit en l’absence de toute planification. Ce qui existe par hasard n’a donc pas d’essence qui rassemble ses composants à partir d’un principe intérieur et les unit en un tout significatif. Philosophiquement, nous appelons cela le nihilisme, c’est-à-dire l’expérience négative et l’opinion désespérée que l’être est sans signification et sans but et que l’homme se ridiculise dans sa recherche du sens de l’être et de l’orientation de ses actions vers le bien. L’homme serait ainsi simplement jeté dans un abîme qui ne pourrait jamais constituer un soutien pour supporter nos titubations et nos chutes. Il serait condamné à attribuer de manière autonome un sens à son existence factuelle, car son existence serait par elle-même dépourvue de substance, comme l’a écrit Jean-Paul Sartre (1905-1980).

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  • RDC : vers de nouvelles élections truquées ? Recours de l’Eglise Catholique et des églises protestantes auprès de l’Union Européenne

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    De Marie-France Cros sur le site web de la « Libre Afrique » :

    CENCO N41gnB7B_400x400.jpg« Une délégation de la Conférence épiscopale catholique congolaise (Cenco) et de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) est cette semaine à Bruxelles pour plaider auprès de l’Union européenne afin qu’elle fasse pression sur le régime Tshisekedi, et en particulier sur le chef de l’Etat, pour que soit donné à la population congolaise un accès à des élections crédibles en 2023 – une perspective qui se présente mal pour l’instant. Et cela à l’heure où les tensions montent de manière inquiétante dans le pays, notamment le tribalisme.

    La délégation comprend Mgr Marcel Utembi, archevêque de Kisangani;  le révérend Eric Senga, secrétaire général et porte-parole de l’ECC; l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général et porte-parole de la Cenco; le père Clément Makiobo, secrétaire exécutif de la Commission Justice et Paix.

    Mauvais départ

    Cette initiative survient au lendemain de la nomination à la tête de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) , par le président Félix Tshisekedi, de Denis Kadima, considéré comme un partisan du chef de l’Etat. La délégation catholique-protestante souligne que la loi réorganisant la Ceni qui a été promulguée le 3 juillet dernier « a politisé encore davantage la composition » de cet organe, contrairement aux promesses faites au lendemain des élections frauduleuses de 2018, à l’issue desquelles Félix Tshisekedi s’est retrouvé à la Présidence au détriment du vainqueur présumé de l’élection, Martin Fayulu.

    Ajouté au « contrôle de la Cour constitutionnelle et (à) la nomination de juges proches du pouvoir à toutes les juridictions chargées de gérer le contentieux électoral, le contrôle de la Ceni » par le régime en place, « ne présage pas d’un processus électoral transparent et apaisé », souligne la délégation religieuse.

    L’UDPS participait aux marches des chrétiens

    Interrogée par La Libre Afrique.be à Bruxelles, celle-ci a appuyé la récente union de 13 partis et organisations de la société civile pour obtenir une Ceni indépendante. La présence des FCC (kabilistes) parmi eux ne trouble pas les religieux? « Lorsqu’il y a eu les marches des chrétiens (NDLR: entre 2016 et 2018, pour exiger du président Joseph Kabila les élections dues fin 2016), l’UDPS (tshisekediste) y participait », rappelle l’abbé Nshole.

    Le révérend Nsega ajoute que les laïcs catholiques et protestants ont saisi le Conseil d’Etat pour qu’il interprète la nouvelle loi sur la Ceni, en particulier son article 10 qui précise que les confessions religieuses et organisations de la société civile qui sont impliquées dans la nomination du président de la Ceni doivent avoir la personnalité juridique, un ancrage sociologique non contesté et une expertise avérée en matière électorale. Mercredi, l’ECC a rompu avec les confessions religieuses – de bien moindre importance que l’Eglise catholique et l’ECC – qui ont appuyé la désignation de Denis Kadima à la tête de la Ceni bien qu’il ne satisfasse pas aux critères requis – comme elles avaient appuyé la Ceni pro-Kabila sous Kabila, malgré des vices comparables.

    L’article 12 de la nouvelle loi sur la Ceni est également concerné, ajoute le révérend Senga, celui fixant les critères pour désigner le président de la Ceni (son indépendance, notamment) et la manière de procéder (par commission paritaire). Selon la délégation religieuse, la nomination de Denis Kadima n’a pas respecté ces deux articles, ni celui de l’Assemblée nationale au sujet des commissions paritaires.

    La délégation demande donc à l’Union européenne « d’appuyer diplomatiquement » différentes mesures nécessaires à des élections transparentes: l’obligation pour la Ceni de publier les résultats électoraux bureau de vote par bureau de vote, ce qui n’a jamais été fait pour les scrutins de 2018-2019; l’allongement à « un minimum de 2 semaines » du délai de recours, la plupart des candidats ayant un accès difficile aux juridictions compétentes; la dépolitisation de la composition et du fonctionnement de la Cour Constitutionnelle; l’interdiction pour la Ceni de court-circuiter, grâce au vote électronique, le travail des centres locaux de compilation des résultats – où les observateurs et témoins des partis peuvent surveiller les opérations; la définition des critères d’accréditation des observateurs; la suppression des cadeaux électoraux; l’interdiction de nommer des proches des partis politiques dans l’administration électorale.

    Saint-Siège et politique

    Que répond la Cenco aux tshisekedistes qui lui reprochent aujourd’hui de se mêler de politique – et sont allés jusqu’à attaquer des biens et des résidences de l’Eglise, au grand scandale de la population?

    « La politique, l’économie et le social peuvent constituer des champs d’évangélisation », répond Mgr Utembi. « Notre Eglise a un enseignement social qui nous invite à donner un éclairage doctrinal sur le social. Le pape Benoît XVI avait d’ailleurs souligné que l’Eglise ne peut pas se taire quand le peuple souffre; simplement, l’Eglise ne peut appuyer un parti politique en particulier. Le Saint-Siège suit de près ce qui se passe au Congo ».

    Que pensez-vous de cet article? »

    Ref. RDCongo: élections: la Cenco et l’ECC plaident auprès de l’Union européenne

    Depuis les élections législatives de mai 1960 organisées par le régime colonial belge à la veille de la déclaration de l’indépendance, le Congo n’a plus connu aucune élection régulière. Rompre le cercle vicieux 63 ans plus tard supposerait un recours politique plus convaincant que celui de l’Union européenne….

  •   « Ne nous laissons pas voler notre mort ! »

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    A l’approche de la Commémoration des défunts qui suit la Fête de tous les Saints, Emilie Pourbaix a recueilli ces propos publiés sur le site web de « France catholique » :

    pretre_et_malade-0db97.jpg« Pour l’abbé Philippe de Maistre, curé de Saint-André-de-l’Europe, à Paris, auteur de Mourir vivant (éd. du Laurier), l’enjeu est fondamentalement spirituel :

    De quel constat êtes-vous parti dans votre livre ?

    Abbé Philippe de Maistre : Dans l’accompagnement des personnes en fin de vie, nous faisons aujourd’hui une confusion, car nous sommes inspirés par le «  care  », très à la mode : nous offrons un accompagnement un peu maternant, par une très grande attention à la douleur physique – domaine dans lequel de grands progrès ont été faits – et la douleur psychologique. Mais nous oublions souvent la dimension spirituelle de la personne. Pourtant, une vision globale, fondée sur une anthropologie chrétienne, nous en rappelle les trois dimensions : corps, âme (psychologique) et esprit, ce dernier étant la dimension spirituelle de la personne, c’est-à-dire ses aspirations les plus profondes. Mais celles-ci sont bien souvent niées, par une absorption de toute la dimension spirituelle dans la dimension psychologique et affective. Ainsi, paradoxalement, le besoin qu’éprouve la personne d’exprimer ce qu’elle porte de plus profond, au moment le plus important de sa vie, va être considéré comme non essentiel.

    Pourquoi dites-vous que la mort est un «  engagement  » ?

    La pire chose dans la vie, c’est de ne pas s’engager. Cela implique d’accepter que notre vie soit faite de deuils. Aucun surcroît de vie sur terre ne se fait sans une forme de deuil : il faut toujours mourir à quelque chose pour vivre – quitter l’enfance pour entrer dans l’âge adulte, le célibat pour se marier, renoncer à la fécondité biologique pour donner toute sa vie à Dieu, etc. Cette difficulté à s’engager dans notre vie est très présente aujourd’hui.

    Et elle se retrouve dans la difficulté à affronter la fin de vie, à accepter qu’il y ait un passage à faire : quitter cette vie pour aller vers l’autre Vie. Or, refuser de regarder sa mort en face conduit à ne pas s’engager dans sa vie. Thérèse de Lisieux dit : «  Non, je ne meurs pas, j’entre dans la vie.  » Déjà avant le péché originel, nous étions faits pour passer dans une autre dimension, mais ce passage n’était pas douloureux, à la manière de la dormition de la Vierge Marie. Cependant, même dans la douleur, notre mort est un passage vers la Vie, il faut la vivre pleinement vivant et éveillés spirituellement.

    « Vous pensez qu’on « vole la mort » ?

    Aujourd’hui, on considère qu’avoir une «  belle mort  », c’est de ne pas se voir mourir. Voilà pourquoi on propose aux gens de les endormir dans une mort douce – la sédation profonde –, pour qu’ils ne se voient pas mourir. Certains veulent même anticiper : c’est le débat de l’euthanasie. Mais, avec cette volonté d’adoucir les choses, on prive la personne de cet acte métaphysique qu’est la confrontation avec la mort, et auquel personne ne peut échapper. Bernanos disait : «  Ne me volez pas ma mort !  » En effet, elle est le sommet de notre existence, ce qui engage le plus profondément tout notre être. Dans les litanies, autrefois, on disait que la chose la plus redoutable était une mort dans l’inconscience, c’est-à-dire de ne pas pouvoir se préparer à la mort et de mourir dans son sommeil. Aujourd’hui, c’est l’inverse : on se réjouit quand quelqu’un ne s’est pas vu mourir. Pourtant, la mort est le sommet vers lequel tend toute notre vie… »

    Ref.   « Ne nous laissons pas voler notre mort ! »

  • Comment évangéliser? Les leçons de l’Histoire

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    Vu sur KTO

    Dans ce nouveau numéro de la Foi prise au mot, Régis Burnet et ses invités répondent à la question : comment évangéliser ? Certains pensent que porter la « Bonne Nouvelle » oblige à faire table rase de la civilisation des fidèles enseignés. D’autres, qu’il n’y a rien de plus instructif que de regarder le passé et de chercher à comprendre comment les missionnaires d’antan abordaient réellement la mission. Afin d’y voir plus clair, le bibliste Régis Burnet reçoit les historiens Yannick Essertel, spécialiste de la question de l’évangélisation, et Pierre Diarra, membre des Oeuvres pontificales missionnaires :

  • Plaidoyer pour le latin à l'Université

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    Du site de La Libre (Bosco d'Otreppe):

    "Sans le latin, les universités perdraient un peu de leur humanité"

    À l'université, l'enseignement du latin n'est ni sanctuarisé, ni sécurisé s'inquiète le Premier Vice-recteur de l’Université de Liège, Jean Winand. Mais est-il encore utile? À quoi sert-il encore de l'étudier?

    24-10-2021

    Jean Winand est un linguiste belge, spécialiste de l'égyptien, doyen honoraire de la faculté de philosophie et lettres, et aujourd'hui premier vice-recteur de l'Université de Liège. En 2018, il avait publié auprès de l'Académie royale de Belgique L'université à la croisée des chemins. Plaidoyer pour une université de la culture.

    Cette année, il signe un chapitre de l'ouvrage Le latin à l'université aujourd'hui. Il y "montre que l'université ne peut se résoudre à devenir une institution purement technique, mais bien plutôt un espace dédié à la liberté de penser et à la culture, où passé et futur se rencontrent et se complètentnote en introduction le professeur Bruno Rochette. Derrière le latin se cache en réalité la question fondamentale de la place des Humanités dans la société contemporaine. C'est l'esprit critique lui-même, que la pratique du latin contribue à développer, qui est en jeu. C'est la place même de l'université qui est en danger. Si elles ne continuent pas à jouer leur rôle fondamental dans l'émancipation intellectuelle, les universités risquent d'être condamnées à devenir des écoles techniques, où seules les matières rentables ou prétendument telles seront enseignées sans la dimension critique nécessaire au citoyen responsable […]."

    Qui étudie le latin à l’université ?

    Les étudiants inscrits dans les facultés de philosophie et lettres. Parmi eux, ceux qui suivent la filière "langues et littératures classiques", dont les futurs enseignants de latin, l’étudient évidemment durant cinq ans. Les romanistes sont encore formés au latin en raison de l’histoire de la langue française, et les historiens et philosophes au vu du nombre de sources rédigées en latin jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Notez que si de nombreux textes littéraires ont été traduits, un immense corpus de sources documentaires comprenant des correspondances, des textes administratifs, juridiques ou scientifiques ne l’ont jamais été. Moins enseigner le latin nous couperait donc de l’accès à de nombreuses sources originales.

    Même si certaines sont traduites ?

    Une traduction est toujours une interprétation, et n’est jamais définitive. Même globalement correcte, elle ne témoignera jamais des infinies nuances et finesses du texte original. De plus, une traduction peut être falsifiée. Maintenir l’accès aux documents originaux, traduits ou non, relève donc d’une exigence démocratique.

    Mais l’enseignement du latin est-il menacé dans les universités ?

    Il n’est ni sanctuarisé ni sécurisé. Depuis cinquante ans, on réduit graduellement la place du latin dans le secondaire, et on découvre désormais que son rôle dans les cursus universitaires est aussi remis en question. L’Université de Liège a d’ailleurs organisé un colloque à ce sujet en mai 2019. On peut se demander si le latin ne s’enseignera pas bientôt comme l’égyptien ancien, l’accadien ou l’hébreu biblique, c’est-à-dire à l’intention d’un petit nombre de spécialistes, qui deviendraient ainsi les uniques dépositaires d’un savoir qui était précédemment largement partagé.

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  • Confession : Secret, vous avez dit secret ?

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    Lu sur le site web de l’abbé Philippe Laguérie (21/10/2021) :

    « Le cachet de Dieu »

    Non, il n’y a pas de secret de la confession ! Il y a bien plus que cela. Et pour vous en convaincre, j’ai réuni quelques textes du droit et de la théologie catholique.
    Et tout d’abord un peu de sémantique. Le soi-disant secret de la confession, dans tous les documents de l’Eglise Catholique (décrétales, droit canonique, théologiens, au premier rang desquels saint Thomas d’Aquin), n’est jamais dénommé un secret mais un sceau, en latin « Sigillum ». C’est peut-être un détail pour vous mais pour nous ça veut dire beaucoup.

    Sigillum, en latin ne veut absolument pas dire « secret ». Mais alors pas du tout, il y a maints autres mots pour cela. Le Gaffiot, qui fait référence en la matière, le traduit par « sceau », « cachet ». Vous savez : cette emprunte que vous gravez de vos armes dans la cire molle sur une lettre cachetée, cette signature de l’Autorité publique sur un cercueil que l’on vient de fermer pour garantir que c’est bien M. /Mme untel qui s’y trouve et non point un inconnu etc. Si vous m’avez bien compris, la traduction moderne de « Sigillum » est bien plus le mot « signature » qui authentifie, garantie, scelle (c’est le vrai mot) définitivement une réalité.

    Mais quel est ce signataire mystérieux qui efface, détruit, oublie à jamais, veut ignorer sans retour, ensevelit, bref scelle pour l’éternité nos misères et nos turpitudes. C’est Dieu Lui-Même, en personne, soi-même. Le ministre de ce sacrement sublime n’est qu’un vulgaire instrument de la miséricorde divine et rien de plus. Sauf que : écoutez comment saint Thomas établit et fonde ce fameux mal nommé « secret » de la confession : ( IIIa Qu. XI ar 1 corpus)

    « Dans les sacrements, ce qui se fait à l’extérieur est signe de ce qui se passe à l’intérieur, et ainsi la confession extérieure par laquelle on se soumet au prêtre est signe de la confession intérieure par laquelle on se soumet à Dieu. Or Dieu couvre (tegit : cache, dissimule) les péchés de celui qui se soumet à lui par la pénitence ; il faut donc que le sacrement de pénitence signifie en quelque manière cette conduite de Dieu. Donc la nature même de ce sacrement demande que le prêtre garde le secret (celet) ; et le révéler, ce serait violer le sacrement lui-même ».

    On le comprend aisément : pour saint Thomas les raisons morales (ne pas déshonorer son pénitent, rendre odieuse la confession, en faciliter l’exercice pour le bien commun de l’Eglise) sont des raisons vraies mais secondaires ! C’est l’admirable conduite de Dieu qui impose le sigillum, qui est le sceau de Dieu et non des hommes ! Dans le ad 1um, saint Thomas va encore plus loin :

    « On est censé ignorer ce que l’on sait par la confession puisque qu’on ne le sait nullement comme homme mais comme Dieu ». Ut Deus !

    Oui, vous avez bien lu ; et non pas comme dans les traductions libérales (Comme ministre de Dieu) mais bien comme dans l’original latin : comme, en tant que, Dieu (Ut Deus). La pensée de saint Thomas est donc claire : ce qu’un prêtre sait par le confessionnal, il le sait « comme Dieu » et le sigillum n’est pas celui d’un homme mais celui de Dieu.

    Même doctrine, et particulièrement d’actualité, dans le ad 2um où saint Thomas se demande ce qu’un prêtre devrait faire si dans un procès et sous serment il était sommé de dire ce qu’il a appris en confession : le supérieur, le juge, ne saurait l’obliger de parler « puisque qu’il (le prêtre) n’est dépendant de son supérieur qu’en sa qualité d’homme et qu’il ne sait rien comme homme mais seulement comme Dieu » (« Non scit ut homo sed ut Deus ») !

    Et saint Thomas d’enfoncer le clou en affirmant que le sigillum est même garanti par le droit naturel puisque le prêtre qui le violerait serait nécessairement un menteur : il affirmerait savoir des choses qu’il ignore (comme homme) puisqu’il les sait comme, en tant que, Dieu « ut Deus ».

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  • Protéger les enfants des idéologues de la théorie du genre

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    De

    «Comment protéger les enfants des idéologues de la théorie du genre ?»

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  • La guerre absurde contre les "stéréotypes de genre" dans les jouets

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    De Giuliano Guzzo sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Genre, la guerre absurde contre les "stéréotypes" dans les jouets

    14-10-2021

    Lego annonce qu'il va éliminer les "stéréotypes de genre" dans ses briques. La Californie adopte une loi obligeant les grands détaillants de jouets à aménager un espace "neutre". Signes d'une bataille paradoxale qui dure depuis longtemps (Obama y était déjà favorable) et qui ignore le fait que les différences entre les sexes existent, par nature, même dans le choix des jouets.

    Noël est encore dans plus de deux mois, mais une véritable bataille fait déjà rage autour des cadeaux les plus désirés des enfants - les jouets - avec des interventions à différents niveaux. Tout d'abord, on apprend que Lego, le célèbre fabricant de briques, va supprimer les "stéréotypes de genre" de ses produits en bannissant la mention "pour les filles", après que des recherches ont montré que cela décourageait les garçons d'apprécier les boîtes décrites comme étant réservées au sexe opposé. Mais ce n'est rien.

    L'État de Californie a adopté une loi, signée samedi 9 octobre par le gouverneur Gavin Newsom, qui, d'une part, n'interdit pas encore (pour l'instant) les sections masculines et féminines, mais qui, d'autre part, oblige les grands vendeurs de jouets à mettre en place une zone d'exposition séparée et non sexiste ; tout cela, ça va sans dire, pour combattre les "stéréotypes de genre" dès le plus jeune âge. Comme si le choix des jouets cachait les germes du patriarcat et d'on ne sait quel type de discrimination.

    En réalité, la bataille contre les jouets de genre dure depuis longtemps. En décembre 2014, lors d'un événement public à Washington, Obama a déclaré son opposition aux "stéréotypes de genre" dans les jouets. Cette bataille peut désormais compter parmi les pierres angulaires de l'agenda progressiste mondial. Dommage qu'il s'agisse au mieux d'une question paradoxale et sans intérêt.

    En commençant par le côté paradoxal, il faut noter qu'intervenir contre les poupées roses ou les camionnettes bleues en imposant des jeux neutres est un non-sens ; si en effet les "stéréotypes de genre" sont un résultat de la culture, l'initiative de ceux qui s'y opposent l'est aussi. En d'autres termes, on veut opposer à un certain paradigme - celui fondé sur la différence entre les sexes - un autre paradigme, égalitaire et uniformisant. En d'autres termes, vous voulez opposer à un certain paradigme - celui fondé sur la différence entre les sexes - un autre paradigme, égalitaire et uniformisant.

    Pour en revenir à l'inutilité de la lutte contre les jouets sexuellement typés, une question mérite d'être posée : et si les poupées étaient vraiment préférées par les petites filles et les camionnettes par les petits garçons ? Il est clair que poser un tel dilemme aujourd'hui est une sorte d'hérésie, une apologie délibérée du sexisme. Et pourtant, la recherche scientifique, qui, comme nous le savons, ne regarde personne en face, offre des indications qui vont précisément dans ce sens. De nombreuses études peuvent être citées à cet égard. Ainsi, il y a une trentaine d'années, des chercheurs ont mené une curieuse expérience : après avoir examiné les jouets présents dans les chambres d'un certain nombre d'enfants, ils les ont divisés entre ceux qui leur avaient été donnés par leurs parents et ceux demandés par les enfants eux-mêmes. Il s'est avéré que les jouets les plus représentatifs des fameux "stéréotypes" étaient ceux choisis par les enfants plutôt que par leurs parents.

    De même, une méta-analyse publiée en 2018 dans la revue Infant and Child Development a conclu que "les différences entre les sexes dans le choix des jouets existent et semblent être le produit de forces sociales et innées", soulignant la probabilité que ce dimorphisme ait "une origine biologique". Là encore, des différences entre les sexes, tant dans le choix des jouets que dans le style de jeu, ont été observées chez les primates, dont on sait qu'ils ne sont la cible d'aucun type de "stéréotype".

    Cela signifie-t-il qu'un homme ne peut pas aimer les jouets qui ne sont pas traditionnellement masculins, ou que les filles sont obligées de jouer à la poupée ? Bien sûr que non. Chacun d'entre nous, unique et non reproductible, a également ses propres spécificités et inclinations en jeu, qu'il convient d'accepter. Cela n'enlève rien au fait qu'il existe en moyenne des différences entre les sexes en matière de divertissement pendant l'enfance, et que ces différences ne peuvent être attribuées uniquement à des influences éducatives externes. C'est pourquoi la promotion de jouets "neutres" est une autre expérience de genre déplorable.

  • France : « lutter contre les stéréotypes de genre » identifiés dès la vie in utero

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Traquer les stéréotypes de genre dès la vie in utero

    8 Oct, 2021

    Dans un rapport remis à la délégation aux droits des femmes, les députés Gaël Le Bohec et Karine Lebon listent des recommandations pour « lutter contre les stéréotypes de genre », identifiés dès la vie in utero. Le rapport a été adopté à l’unanimité.

    « La déconstruction des stéréotypes de genre, dès le plus jeune âge, s’inscrit pleinement dans la grande cause du quinquennat : l’égalité entre les femmes et les hommes », estiment les deux rapporteurs, qui listent donc des mesures à mettre en place « dès la petite enfance ». La « cellule familiale » est particulièrement visée. Gaël Le Bohec trouve ainsi problématique que « dès que les parents apprennent le sexe de leur bébé, ils ne s’adressent pas à lui de la même manière selon qu’ils attendent une fille ou un garçon ».

    Les auteurs du rapport préconisent donc d’« éduquer les parents à l’égalité entre les filles et les garçons dès la grossesse », via des « séances d’accompagnements à la parentalité axées sur l’égalité par les mairies ou les caisses d’allocation familiales ». Ensuite, « masculiniser les métiers de la petite enfance » pour « contrer l’idée intégrée très tôt par les tout-petits que le rôle ‘naturel’ des femmes est de s’occuper des enfants ». Mais aussi « réformer le congé parental, afin d’inciter davantage les pères à en bénéficier »« Instaurer deux modules de formation obligatoire sur les stéréotypes de genre » pour les enseignants. Créer un « label qualité » en la matière pour les manuels scolaires[1]. Instaurer des quotas selon les spécialités proposées au lycée, dans les classes prépa et les écoles d’ingénieur. Enfin, la mise en place d’un « baromètre annuel » qui traduirait « le ressenti et les attentes » des enfants en matière d’égalité.

    D’ici la fin de l’année, ce rapport sera présenté « aux différents ministères et secrétariats d’Etat concernés (Education, Enseignement supérieur, Egalité, Enfance) ». Dans l’objectif de trancher « sur quelles mesures ils sont prêts à s’engager ».

    Sources : Libération, Virignie Ballet (6/10/2021) ; LCP, Soizic Bonvarlet (6/10/2021) ; Ouest France, Virginie Enée (6/10/2021) ; AFP (6/10/2021); Photo: iStock DR

    [1] « Le ministère de l’Education devrait donner un coup de pouce financier pour permettre aux écoles de renouveler leurs stocks de manuels scolaires parfois vieillissants ».