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Doctrine Sociale - Page 5

  • RDC : le mensonge et la corruption toujours au pouvoir après les élections truquées de janvier 2019

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    Sous le titre « L’affaire des 15 millions de dollars qui embarrasse le pouvoir » , cette analyse de Christophe Rigaud sur le site web « Afrikarabia »  (9 sept. 2019)

    Kamerhe-Tshisekedi-2018.jpg« Depuis plusieurs semaines, les soupçons de détournement de 15 millions de dollars des caisses de l’Etat empoisonnent le climat politique congolais. Il faut dire que le sujet est d’autant plus sensible que le nouveau président Félix Tshisekedi a fait de la lutte contre la corruption son principal marqueur politique. L’affaire porte sur une somme de 100 millions de dollars versée par l’Etat aux entreprises pétrolières « pour compenser leur manque à gagner ». Sur ces 100 millions, 15% de « décote » devaient revenir au Trésor public congolais. Mais le 17 juillet dernier, un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) se penche sur la transaction et affirme que l’Etat n’a jamais vu la couleur des 15 millions de dollars, qui ont été versés sur un autre compte bancaire, contrevenant ainsi « aux dispositions légales et règlementaires régissant les finances publiques », affirme l’IGF.

    Kamerhe s’enmêle

    Suite à ce rapport, qui fuite sur les réseaux sociaux, comme l’essentiel des documents officiels depuis l’élection controversée de Félix Tshisekedi, les regards se tournent inévitablement sur l’omniprésent directeur de cabinet de la présidence, Vital Kamerhe. Car le 24 août, le très puissant directeur de cabinet, demande par une lettre, qui se retrouve aussi sur les réseaux sociaux (décidément !), l’arrêt de l’enquête menée par l’Inspection générale des finances sur la gestion de l’État depuis l’investiture de Félix Tshisekedi. Deux inspecteurs de l’IGF sont également auditionnés par le bureau du conseiller spécial en matière de sécurité de la présidence, François Beya. Visiblement, le contrôle de l’Inspection générale des finances dérange au plus niveau.

    « Où sont passés les 15 millions ?»

    Depuis le début de l’affaire, Vital Kamerhe, comme la présidence sont restés silencieux, alimentant la machine à rumeurs qui ne manque pas de s’emballer, notamment sur les réseaux sociaux, où tout le monde se demande « où sont passés les 15 millions ? » Il faudra attendre ce dimanche pour que le directeur de cabinet de la présidence décide de briser le silence et de se confier à Jeune Afrique. Pour Vital Kamerhe, l’affaire est simple : « il n’y a pas eu détournement (…), cet argent n’a pas disparu et le ministre de l’économie qui a autorité sur le comité de suivi des prix pétrolier pourra vous l’expliquer ». Le hic, c’est que le ministre des finances, tout juste nommé, n’a toujours rien dit et que Vital Kamerhe ne sait donc visiblement pas où se trouve cet argent. Seul aveu gênant du directeur de cabinet : il a bien demandé la suspension de l’audit et écrit en ce sens au ministère des finances, ce qui prouve que le courrier qui a fuité sur internet n’était pas un faux. Un aveu qui met en doute la sérénité de la présidence dans cette affaire.

    Comment en est-on arrivé-là ? « L’affaire des 15 millions » résume à elle seule les 8 premiers mois de mandat de la présidence Tshisekedi, dont 7 passés sans gouvernement. Pendant ce long temps de tractations à l’infini pour tenter de composer une liste gouvernementale qui convienne à la fois à l’UDPS, à l’UNC et aux dizaines de partis composant le FCC, la présidence a dû enclencher dans la précipitation ses premières mesures d’urgence, sans passer directement par les ministères concernés. Des décisions et des décaissements d’argent ont été prises de manière peu orthodoxes, bousculant les administrations. C’est en tout cas le message que souhaite faire passer la présidence. Mais pour croire cette petite musique que tente de faire passer la présidence, il faudrait mener une enquête sérieuse et indépendante pour faire la lumière sur les 15 millions. Pour cela, pourquoi ne pas avoir laisser travailler l’IGF, visiblement capable de tracer la somme, qui aurait ensuite été retirée en plusieurs fois par des cadres du ministère de l’économie ?

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  • Migrations : éviter de tout confondre

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    De Pierre de Lauzun sur son blog :

    Christianisme et migration : la grande illusion (via Liberté Politique) :

    11 août 2019

    Christianisme et migration : la grande illusion

    Les migrations en cours sont un phénomène majeur et sans précédent qui mérite un examen réfléchi. On sait que l’Eglise a pris des positions parfois extrêmement offensives sur le sujet, et notamment le pape François. C’est même le point sur lequel il diverge le plus fortement par rapport au sentiment spontané de nombreux fidèles, au point de donner l’impression d’un véritable dialogue de sourds. 

    Notamment du côté officiel, même si le pape nuance à l’occasion. On y martèle un supposé devoir évangélique absolu et sans réplique d’accueillir et d’intégrer toutes les personnes qui se présentent, et on ne tient aucun compte des soucis et objections. On cherche même à les disqualifier en mettant leurs réactions exclusivement sous le compte de l’individualisme, de la peur et de l’égoïsme, comme vient encore le faire le pape dans son dernier message sur les migrants. Sans donc répondre aux soucis qui sont à la base, autrement plus substantiels.

    Au vu des données disponibles, il paraît pourtant que la position actuellement dominante dans l’Eglise ne repose pas sur une analyse compréhensive et objective de la réalité. Confondant le migrant économique avec le réfugié, elle privilégie un seul facteur : le besoin du migrant - une fois qu’il a migré ou est en train de le faire. On en déduit alors ce qui malgré les dénégations est un droit à l’immigration illimitée et à l’égalité de droit entre migrants et citoyens du pays d’accueil. Certes le pape François admet (dans ses commentaires oraux) une limite : la capacité économique du pays d’accueil. Mais il est clair que celle-ci est compatible avec des migrations de grande ampleur. Or le goulot d’étranglement, le risque majeur de la migration, n’est pas d’abord là, mais dans la disruption profonde des équilibres socio-politiques et culturels du pays d’accueil. Plus que ses prédécesseurs, le pape donne l’impression de sous-estimer ce facteur, comme il paraît sous-estimer les problèmes considérables posés par l’Islam, essentiels dans le cas de l’immigration en Europe. Comme il paraît négliger par ailleurs le très grave effet de saignée des pays d’origine que signifie la migration.

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  • Dans la gazette : les préoccupations du pape sur l'Europe, les migrations, le populisme, l'environnement, l'Amazonie...

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    Du site de La Stampa, cette nouvelle interview du pape :

    Pape François: "Le souverainisme me fait peur, mène à la guerre"

    Le Pontife: "L’Europe ne doit pas fondre, il faut la sauver, elle a des racines humaines et chrétiennes. Une femme comme Ursula von der Leyen peut faire revivre la force des pères fondateurs "

    09 août 2019

    CITÉ DU VATICAN. Le pape ouvre la porte à 10h30 avec son sourire aimable. On entre dans l'une des pièces utilisée pour recevoir les gens, meublée avec l'essentiel, sans distractions ni luxe, juste un crucifix accroché au mur. Nous sommes arrivés à l'entrée du Perugino, la plus proche de la Casa Santa Marta. Scénario habituel: quelques soutanes, gendarmes et gardes suisses. À l'arrière-plan, le dôme de Saint-Pierre. Au Vatican, la routine habituelle est ralentie par la chaleur et le climat des vacances. Pour le pape François, ce n’est pas un jour ordinaire: c’est le 6 août, le 41e anniversaire de la mort de saint Paul VI, un pontife auquel il tient particulièrement: "En ce jour, j’attends toujours un moment pour descendre aux cryptes sous la basilique et rester seul dans la prière et le silence devant sa tombe. C'est bon pour mon coeur ». Les plaisanteries ne durent pas longtemps, nous sommes au coeur de la conversation.

    François est gai et détendu. Et concentré. Ses capacités d'écoute sont impressionnantes. Il regarde toujours dans les yeux. Jamais la montre. Il prend les moments de réflexion nécessaires avant d'exprimer un avis délicat. On évoque l'Europe, l'Amazone et l'environnement. L'entretien est intense et ininterrompu. Le pape ne boit même pas une gorgée d'eau. Nous le lui signalons, il secoue les épaules et répond en souriant: "Je ne suis pas le seul à ne pas avoir bu."

    Votre Sainteté, vous avez exprimé l'espoir que "l'Europe sera à nouveau le rêve des pères fondateurs". Qu'attendez-vous?

    "L'Europe ne peut et ne doit pas se dissoudre. C'est une unité historique, culturelle et géographique. Le rêve des pères fondateurs était cohérent car il s'agissait d'une mise en œuvre de cette unité. Maintenant, nous ne devons pas perdre cet héritage ".

    Comment voyez-vous cela aujourd'hui?

    "Il s'est affaibli au fil des ans, en partie à cause de problèmes administratifs et de désaccords internes. Mais vous devez le sauver. Après les élections, j'espère qu'un processus de relance va démarrer et qu'il se poursuivra sans interruption ".

    Êtes-vous satisfait de la nomination d'une femme à la présidence de la Commission européenne?

    « Oui. Aussi parce qu'une femme peut être apte à raviver la force des pères fondateurs. Les femmes ont la capacité de rapprocher, d'unir ».

    Quels sont les principaux défis?

    "Un par-dessus tout: le dialogue. Entre les parties, les hommes. Le mécanisme mental doit être "d'abord l'Europe, puis chacun de nous". Le "chacun de nous" n'est pas secondaire, c'est important, mais l'Europe est plus importante. Dans l'Union européenne, nous devons parler, comparer et savoir. Parfois, nous ne voyons que des monologues de compromis. Non: il faut aussi écouter ».

    De quoi avez-vous besoin pour dialoguer?

    "Nous devons partir de notre propre identité".

    Ici, les identités: pour combien comptent-elles? Si nous en faisons trop avec la défense des identités, ne risquons-nous pas l'isolement? Comment réagissons-nous aux identités génératrices d'extrémisme?

    "Je vous donne l'exemple du dialogue œcuménique: je ne peux faire de l'œcuménisme que si je pars de mon catholicisme, et l'autre qui pratique l'œcuménisme avec moi doit le faire en tant que protestant, orthodoxe ... Son identité n'est pas négociable, elle est intégrée. Le problème avec les exagérations est que l'on se ferme sur son identité, on ne s'ouvre pas. L'identité est une richesse - culturelle, nationale, historique, artistique - et chaque pays a la sienne, mais elle doit être intégrée au dialogue. Cela est décisif: de sa propre identité, il faut s’ouvrir au dialogue afin de recevoir quelque chose de plus grand de l’identité des autres. N'oubliez jamais que le tout est supérieur à la partie. Globalisation, l'unité ne doit pas être conçue comme une sphère, mais comme un polyèdre: chaque peuple conserve son identité dans l'unité avec les autres ".

    Quels sont les dangers du la souverainisme?

    "Le souverainisme est une attitude d'isolement. Je suis inquiet parce que nous entendons des discours qui ressemblent à ceux d'Hitler en 1934. «D'abord, nous. Nous ... nous ... ": ce sont des pensées effrayantes. Le souverainisme est la fermeture. Un pays doit être souverain, mais pas fermé. La souveraineté doit être défendue, mais les relations avec les autres pays et avec la Communauté européenne doivent également être protégées et promues. Le souverainisme est une exagération qui finit toujours mal: il conduit à des guerres ».

    Et les populismes?

    "Même discours. Au début, j’ai eu du mal à comprendre parce que, en étudiant la théologie, j’ai approfondi le popularisme, c’est la culture du peuple: une chose est que les gens s’expriment, un autre est d’imposer une attitude populiste au peuple. Le peuple est souverain (il a une façon de penser, de s’exprimer et de ressentir, d’évaluer), mais les populismes nous mènent à des souverainismes: ce suffixe, "isme", n’est jamais bon ".

    Comment parler des migrants?

    «Tout d'abord, n'oubliez jamais le droit le plus important: le droit à la vie. Les immigrants arrivent principalement pour fuir la guerre ou la faim, du Moyen-Orient et d'Afrique. Sur la guerre, nous devons nous engager et lutter pour la paix. La faim concerne principalement l’Afrique. Le continent africain est victime d'une malédiction cruelle: il semble être exploité dans l'imaginaire collectif. Une partie de la solution consiste plutôt à investir sur place pour résoudre leurs problèmes et mettre un terme aux flux migratoires. "

    Mais puisqu'ils viennent à nous, comment devrions-nous nous comporter?

    "Les critères doivent être suivis. Premièrement: recevoir, qui est aussi une tâche évangélique chrétienne. Les portes doivent être ouvertes et non fermées. Deuxièmement: accompagner. Troisièmement: promouvoir. Quatrième intégrer. Dans le même temps, les gouvernements doivent penser et agir avec prudence, ce qui est une vertu du gouvernement. Qui administre est appelé à dire combien de migrants peuvent être reçus ».

    Et si le nombre est supérieur aux possibilités de réception?

    «La situation peut être résolue par le dialogue avec d'autres pays. Il y a des États qui ont besoin de gens, je pense à l'agriculture. J'ai vu quelque chose comme cela qui s'est passé récemment face à une urgence: cela me donne de l'espoir. Et puis, savez-vous à quoi cela servirait aussi? "

    A quoi ?

    « La créativité. Par exemple, ils m'ont dit que dans un pays européen, il y a des villes à moitié vides en raison du déclin démographique: certaines communautés de migrants pourraient y être transférées, ce qui pourrait, entre autres, relancer l'économie de la région ".

    Sur quelles valeurs communes devrait reposer la relance de l'UE? L'Europe a-t-elle encore besoin du christianisme? Et dans ce contexte, quel rôle ont les orthodoxes?

    «Le point de départ, ce sont les valeurs humaines de la personne humaine. Avec les valeurs chrétiennes: l'Europe a des racines humaines et chrétiennes, c'est l'histoire qui la raconte. Et quand je dis cela, je ne sépare pas catholiques, orthodoxes et protestants. Les orthodoxes ont un rôle très précieux pour l'Europe. Nous avons tous les mêmes valeurs fondamentales ».

    Nous traversons mentalement l'océan et pensons à l'Amérique du Sud. Pourquoi convoquer un synode sur l'Amazone en octobre au Vatican?

    "Il est le" fils "de" Laudato si '". Ceux qui ne l'ont pas lu ne comprendront jamais le Synode sur l'Amazonie. Laudato si ’n’est pas une encyclique verte, c’est une encyclique sociale qui repose sur une réalité" verte ", la garde de la Création".

    Y at-il un épisode significatif pour vous?

    "Il y a quelques mois, sept pêcheurs m'ont dit:" Ces six derniers mois, nous avons collecté 6 tonnes de plastique". L'autre jour, j'ai lu un article sur un immense glacier d'Islande qui avait presque complètement fondu: ils lui avaient construit un monument funéraire. Avec l'incendie de la Sibérie, certains glaciers du Groenland ont fondu par tonnes. Les habitants d'un pays du Pacifique sont en mouvement parce que dans vingt ans, l'île où ils vivront ne sera plus. Mais les données qui m'ont le plus choqué en sont une autre ».

    Lequel?

    «The Overshoot Day: le 29 juillet, nous avons épuisé toutes les ressources régénérables de 2019. À partir du 30 juillet, nous avons commencé à consommer plus de ressources que celles que la planète parvient à régénérer en un an. C'est très grave. C'est une situation d'urgence mondiale. Et le nôtre sera un synode d’urgence. Mais faites attention: un synode n'est pas une réunion de scientifiques ou d'hommes politiques. Ce n'est pas un Parlement, c'est autre chose. Cela vient de l'Eglise et aura une mission et une dimension évangélisatrices. Ce sera une œuvre de communion guidée par le Saint-Esprit ".

    Mais pourquoi se concentrer sur l'Amazone?

    «C'est un lieu représentatif et décisif. Avec les océans, il contribue de manière décisive à la survie de la planète. Une grande partie de l'oxygène que nous respirons provient de là. C'est pourquoi la déforestation signifie tuer l'humanité. Et puis, l’Amazonie implique neuf États et ne concerne donc pas un seul pays. Et je pense à la richesse de l'Amazonie, de la biodiversité végétale et animale: c'est merveilleux ».

    Le Synode discutera également de la possibilité d'ordonner des "viri probati", hommes âgés et mariés, qui peuvent remédier au manque de clergé. Sera-ce l'un des thèmes principaux?

    "Absolument pas: il s'agit simplement d'un point de l'Instrumentum Laboris (le document de travail, éd). L’important sera les ministères de l’évangélisation et les différentes façons d’évangéliser ".

    Quels sont les obstacles à la sauvegarde de l'Amazonie?

    "La menace de la vie des populations et du territoire découle des intérêts économiques et politiques des secteurs dominants de la société".

    Alors, comment la politique devrait-elle se comporter?

    «Éliminer leurs propres connivences et corruptions. Il doit assumer des responsabilités concrètes, par exemple en ce qui concerne les mines à ciel ouvert, qui empoisonnent l’eau et causent tant de maladies. Ensuite, il y a la question des engrais ".

    Votre Sainteté, que craignez-vous le plus pour notre planète?

    «La disparition de la biodiversité. Nouvelles maladies mortelles. Une dérive et une dévastation de la nature pouvant mener à la mort de l’humanité ".

    Voyez-vous une prise de conscience de la question de l'environnement et du changement climatique?

    "Oui, en particulier dans les mouvements de jeunes écologistes, comme celui dirigé par Greta Thunberg, "Fridays for future". J'ai vu un de leur panneau qui m'a frappé: "Nous sommes l'avenir!" ».

    Notre conduite quotidienne - recycler, faire attention à ne pas gaspiller l’eau à la maison - peut affecter ou est insuffisante pour contrer le phénomène?

    "Cela concerne tout, car il s’agit d’actions concrètes. Et surtout, cela crée et diffuse la culture de ne pas souiller la création ».

  • RDC : les ministères-clés du nouveau gouvernement seront aux mains de Kabila

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    Afrikarabia Signature-FCC-CACH-juillet-2019.jpgY voit-on un peu plus clair dans la constitution du gouvernement congolais? Après une gestation de sept mois, un accord aurait été signé (31 juillet) entre les deux compères qui ont confisqué le pouvoir -après une série d’élections truquées à tous les niveaux- pour mettre en route un attelage, gigantesque et budgétivore, de 48 ministres et 17 vice-ministres, soit au total 65 portefeuilles à répartir : mais comment ? 42 pour Kabila (label FCC) et 23 pour Tshisekedi (label CASH). Analyse de Christophe Rigaud sur le site web « Afrikarabia » :

    « Qui tient la barre en République démocratique du Congo (RDC) ? Sans aucun doute le FCC de Joseph Kabila. Majoritaire à l’Assemblée nationale, bien qu’ayant cédé la présidence à l’opposant Félix Tshisekedi, la coalition de l’ancien président congolais se taille la part du lion dans le nouvel exécutif. Le président Tshisekedi et la plateforme de Joseph Kabila ont récemment signé un accord de partage du pouvoir en vue de la composition du nouveau gouvernement, toujours au point mort depuis l’élection présidentielle de décembre 2018. Dans cet accord entre le FCC de Kabila et CACH de Tshisekedi et Kamerhe, les partisans de l’ancien président se voient attribuer 42 postes ministériels, contre seulement 23 pour l’entourage de Félix Tshisekedi. Un ratio qui respecte les rapports de force au sein de l’Assemblée nationale, mais qui reste en défaveur du nouveau pouvoir congolais.

    Les ministères stratégiques attribués au FCC

    Vainqueur contesté à la dernière présidentielle, Félix Tshisekedi n’a pas eu d’autre choix que de composer avec la puissante plateforme de son prédécesseur. Cette cohabitation inédite entre les pouvoirs sortant et entrant, devrait pourtant largement tourner en faveur de l’ancien président Kabila. Ultra majoritaire à l’Assemblée, au Sénat et dans les Assemblées provinciales, le FCC devrait également piloter les ministères stratégiques dans le nouveau gouvernement du premier ministre Sylvestre Ilunga. Selon plusieurs indiscrétions, notamment relayées par RFI, la coalition pro-Kabila pourrait se voir attribuer les ministères des finances, des mines, de la justice, de la défense, du plan et du portefeuille. La plateforme présidentielle CACH devrait obtenir les ministères des affaires étrangères, de l’intérieur, mais aussi les hydrocarbures et les télécoms.

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  • Une conférence sur le transhumanisme au Vatican

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    Du site "Transhumanisme et intelligence artificielle' :

    Le Vatican accueille une conférence sur le transhumanisme

    2019_07_31_05_55_11_Greenshot.png

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  • Le bien commun, pierre angulaire de la doctrine sociale de l’Église

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    De Jean-Yves Naudet sur aleteia.org :

    Le bien commun, premier principe de la doctrine sociale de l’Église

    La foi donne aux catholiques une responsabilité politique. Le principe autour duquel s’articule leur pensée et leur action politiques est le bien commun. Celui-ci n’est pas un idéal, mais un ensemble de conditions qui permet la progression de l’épanouissement intégral des personnes et des groupes sociaux.

    Le bien commun est une notion complexe et ancienne. Ce principe est au cœur de la doctrine sociale de l’Église et d’une certaine façon, son premier principe. Dans le Compendium de la doctrine sociale de l’Église, la notion de « bien commun » apparaît plus de cent fois. C’est l’une des notions les plus citées. Le bien commun est présenté comme le premier principe de la doctrine sociale de l’Église — si l’on met à part, évidemment, la question de la dignité des personnes, qui est le fondement essentiel. Le principe du « bien commun », en tant que fin de tous et de chacun, apparaît avant même la destination universelle des biens, la subsidiarité ou les autres notions-clés.

    L’enseignement des encycliques sociales

    Dans la première encyclique sociale, Rerum novarum de Léon XIII (1891), le « bien commun » est cité cinq fois. Chez Pie XI, dans Quadragesimo anno (1931), vingt fois. Chez Jean XXIII (l’un de ceux qui le cite le plus), la notion de « bien commun » est citée trente fois dans Mater et Magistra (1961), et quarante-quatre fois dans Pacem in terris (1963). Un peu moins chez Paul VI : cinq fois dans Populorum progressio (1967), huit fois dans Octogesima adveniens (1971). Chez Jean Paul II, on voit à nouveau l’importance du bien commun : neuf fois dans son encyclique sur le travail, Laborem Exercens (1981), douze fois dans l’encyclique sur le développement, Sollicitudo rei socialis (1987), quatorze fois dans la grande encyclique qui fait une synthèse de toute la doctrine sociale, Centesimus annus (1991). Enfin, chez les deux derniers papes : chez Benoît XVI, dix-neuf fois dans Caritas in Veritate (2009) et chez le pape François, vingt-neuf fois dans Laudato si’ (2015) sur l’environnement. Ces données quantitatives suggèrent bien l’importance de la notion.

    L’orientation de la Création vers le bien

    Le bien commun a une dimension et une portée non seulement politique, mais philosophique, et même théologique. On peut faire remonter la notion de « bien commun » au Moyen Âge et à la théologie chrétienne, notamment chez saint Thomas d’Aquin. C’est l’idée que toute la création, et notamment les personnes humaines, sont orientées vers un bien : le bien suprême qui est Dieu, mais ce bien a aussi une dimension matérielle, sociale, politique. Les choses ont été précisées ou affinées dans la doctrine sociale de l’Église, à partir donc de Léon XIII. Si l’on veut chercher une définition simple du bien commun, dans la pensée sociale de l’Église, les deux définitions les plus claires se trouvent chez Jean XXIII et dans le concile Vatican II.

    Chez Jean XXIII, le bien commun est défini comme « l’ensemble des conditions sociales permettant à la personne d’atteindre mieux et plus facilement son plein épanouissement » (Mater et Magistra, n. 65). Il ajoute à cette idée que les corps intermédiaires doivent jouer un grand rôle et avoir une grande autonomie ; il y a donc un lien entre le bien commun et les « corps intermédiaires ». Dans la définition de Jean XXIII, on voit que le bien commun a pour but l’épanouissement des personnes. Cela permet de faire une distinction par rapport à d’autres notions, comme l’intérêt général, où c’est le bien collectif, au sens de l’intérêt de chacun, au sein d’un groupe qui est visé, en comptant que celui de chacune des personnes qui le composent est automatiquement assuré.

    La définition du concile Vatican II

    Le Concile Vatican II donne à nouveau une définition dans Gaudium et Spes, au paragraphe 26-1 : le bien commun est présenté comme « l’ensemble des conditions sociales » (on retrouve donc le même terme que chez Jean XXIII) « qui permettent tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée ». On voit ici une précision : l’épanouissement recherché n’est pas seulement celui des personnes, mais aussi celui des groupes, des communautés et des corps intermédiaires.

    Les corps intermédiaires sont, en quelque sorte, deux fois dans le bien commun : en tant qu’objet et en tant que condition. Ils font partie des conditions du bien commun, car il faut une vitalité des corps intermédiaires pour que chacun puisse atteindre sa perfection et, en même temps, ils sont au centre du bien commun, car l’épanouissement recherché est celui non seulement des personnes, mais des groupes.

  • Un geste de transgression charitable du cardinal Krajewski fait débat

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    Lu sur aleteia.org :

    Un proche du pape François rétablit l’électricité pour des familles démunies

    Le cardinal Konrad Krajewski, aumônier apostolique du pape François, s'est rendu samedi 11 mai dernier dans un immeuble de Rome afin de réactiver le courant électrique pour des familles en situation précaire qui en avaient été privées.

    Il s’est dit « convaincu qu’il était nécessaire de le faire pour le bien de ces familles ». Samedi 11 mai dernier, le cardinal polonais Konrad Krajewski, aumônier apostolique du pape François, est venu au secours des occupants d’un immeuble à Rome en rétablissant lui-même l’électricité dans le bâtiment, rapporte le quotidien italien Il Corriere della SeraDéfiant les autorités, le prélat âgé de 55 ans s’est rendu dans l’unité de commande électrique et a lui-même rallumé les compteurs. Le bâtiment était occupé par 420 personnes, dont 98 enfants. Parmi elles, beaucoup de familles en situation d’urgence. L’électricité avait été coupée depuis une semaine en raison d’impayés datant de 2013 et s’élevant à 30.000 euros.

    « Pour le bien de ces familles »

    Ce geste était « désespéré », selon l’homme d’Église qui coordonne les œuvres de charité du pape François et se dit « conscient des éventuelles conséquences juridiques » de son acte. « Dans ce bâtiment, il y a plus de 400 personnes sans électricité, avec des familles, des enfants, sans même la possibilité de faire fonctionner les réfrigérateurs », a-t-il lancé, s’affirmant convaincu de la nécessité « de le faire pour le bien de ces familles ». Le haut prélat connaissait la situation de cet édifice depuis longtemps. « Via le Vatican, nous avons envoyé des ambulances, des médecins et des vivres », a-t-il expliqué.

    Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur et vice-Premier ministre, a réagi aussitôt dans les médias italiens, demandant le règlement des factures arriérées ». Le cardinal a lancé : « À partir du moment où l’électricité a été réactivée, je paye il n’y a pas de problème. Il fallait les aider, et ne parlons pas d’argent ».

    D'Anita Bourdin sur zenit.org :

    Le geste de l’aumônier apostolique attire l’attention sur un problème réel

    « Un problème qui concerne les personnes, les enfants, les personnes âgées »

    Pour le cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin, le geste du cardinal Krajweski voulait “attirer l’attention sur un problème réel”, confie-t-il à l’Agence Ansa.

    L’ aumônier du pape François, le cardinal Konrad Krajewski, a en effet retiré les scellés des compteurs d’un immeuble de Rome occupé par des familles: environ 500 personnes dont 98 enfants, et auxquels des voisins apportaient des bougies pour qu’ils s’éclairent.

    Le cardinal Parolin invite à aller au-delà de la controverse pour identifier « un problème qui concerne les personnes, les enfants, les personnes âgées ».

    « J’ai vu qu’il y avait tellement d’interprétations et de controverses. Personnellement, je pense que l’on devrait être de chercher à comprendre le sens de ce geste, qui consiste à attirer l’attention de tous sur un problème réel, qui concerne les personnes, les enfants, les personnes âgées ».

    Le cardinal Krajewski a lui-même expliqué son geste: « J’ai réactivé la lumière pour la survie des familles et des enfants ».

    Au quotidien, Caritas Italie lutte contre la pauvreté avec pour mission d’aider les plus faibles rappelle à Radio Vatican son directeur, Mgr Francesco Soddu.

  • Faut-il attendre quelque chose de bon des élections?

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    Un enseignement de Marcel De Corte (1905 - 1994) qui fut professeur de philosophie à l'Université de Liège. Ce rappel - même s'il est daté - vient à son heure à la veille des prochaines élections dont on peut craindre qu'elles ne fassent qu'empirer la situation dans un pays livré aux démons de la division et de toutes les surenchères les plus absurdes.

    Marcel De Corte, Les deux démocraties

    Marcel De Corte, Les deux démocraties (source)

    Poursuivant son enquête sur La Droite et la Gauche où il nous montre que la Droite est une invention délibérée et continue de la Gauche qui prétend refouler hors du champ de la politique et de la société quiconque refuse d’obéir à son allégeance, de manière à satisfaire ses appétits totalitaires innés, Jean Madiran nous explique, dans un nouveau livre intitulé Les Deux Démocraties comment le système démocratique moderne, né de la Révolution française, a vidé la démocratie de son contenu propre, pour lui substituer des propriétés entièrement nouvelles, aujourd’hui tellement accréditées dans l’opinion publique qu’elles semblent aller de soi et se passer de tout examen.

    On sait en effet que la démocratie est un des régimes politiques qui, à côté de l’aristocratie et de la monarchie, et parfois mélangée avec elles selon certaines proportions et à un certain niveau, sont considérés par les philosophes et par les historiens jusqu’au XVIIIe siècle comme remplissant les conditions pour être reçus en justice et comme « valables » selon les temps, les lieux, la coutume, les nécessités de la vie en commun, etc… au regard de la raison critique et de l’expérience.

    Ce qu’on sait moins, encore que la chose crève les yeux, c’est que cette démocratie, qu’on peut appeler classique, est simplement un mode de désignation des gouvernants par les gouvernés : « elle consiste à n’avoir dans la cité aucune autorité politique dont le titulaire ne soit directement ou indirectement désigné, pour un temps limité, par les citoyens qui sont tous électeurs. »

    Madiran enfonce là une porte ouverte, dira-t-on. Hélas, les portes ouvertes sont celles dont on franchit le moins souvent le seuil pour contempler les évidences que leurs embrasures nous offrent. Il en est des définitions comme des principes : il faut les formuler exactement, faute de quoi la suite des démonstrations et des analyses ne vaut plus rien. Apparemment, la définition de la démocratie classique et la définition de la démocratie moderne se recouvrent mot pour mot, concept, pour concept, réalité pour réalité. Avec un bon sens souverain, Madiran nous rappelle qu’elles diffèrent au point de s’exclure.

    En premier lieu, pour la démocratie moderne, « la désignation des gouvernants par les gouvernés est réputée le seul mode de désignation qui soit juste. » Tous les autres régimes sont injustes, immoraux, pervers. Démocratie et justice politique coïncident.

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  • L’économie rend un service au bien commun si elle reste liée à l’éthique

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    D'Hélène Ginabat sur zenit.org :

    L’économie rend service à l’humanité, si elle est « éthique »! (traduction complète)

    Le pape François reçoit la Fondation « Guido Carli »

    « Il est important de redire que l’économie rend un service au bien commun si elle reste liée à l’éthique, qui est la mesure universelle de l’authentique bien humain », déclare le pape François.

    Le pape François a reçu les membres de la Fondation « Guido Carli » ce vendredi 3 mai 2019, au Vatican. Il les a encouragés dans leur action de solidarité, « une valeur humaine qui, dans une perspective chrétienne, réalise le devoir de la charité évangélique ».

    Le premier objectif de la Fondation « Guido Carli » est de valoriser les « excellences italiennes » à travers congrès, présentations de livres, expositions et rencontres, avec que celles-ci restent en Italie. Le Prix Carli, remis en mai chaque année, récompense les secteurs de l’économie, de la haute finance, de la banque, de l’entreprenariat, de la culture et du journalisme.

    « En Italie », a reconnu le pape, « nombreux sont les représentants de la culture, de la science, du monde du travail, du volontariat ainsi que de l’Église qui, à travers leur activité, représentent des exemples positifs et des modèles à imiter ».

    Voici notre traduction des paroles prononcées par le pape.

    HG

    Paroles du pape François

    Chers frères et sœurs,

    Je suis heureux de vous accueillir en tant que représentants de la Fondation « Guido Carli » et du Jury du Prix homonyme, en cette dixième année de son institution. Je vous salue tous cordialement et je remercie Madame Romana Liuzzo pour les paroles qu’elle m’a adressées.

    À travers vos initiatives, vous poursuivez l’œuvre de Guido Carli, économiste et homme d’État, dont la figure est marquée par un sens élevé du devoir et un engagement persévérant pour le bien de la collectivité. Originaire de la terre de Brescia, il fit ses premiers pas dans le domaine des responsabilités institutionnelles grâce à un prêtre ami des Montini, la famille du saint pape Paul VI, à laquelle les Carli étaient liés par une vieille amitié.

    Nous sommes tous conscients du fait que, parmi les contradictions de la société actuelle, il y a aussi celle-ci : d’un côté on assiste à une prédominance de critères uniquement économiques ou financiers et d’activités tournées vers la consommation et, de l’autre, se manifeste toujours plus l’incapacité à concilier une juste distribution du revenu avec la valorisation des perspectives du développement. Il est important de redire que l’économie rend un service au bien commun si elle reste liée à l’éthique, qui est la mesure universelle de l’authentique bien humain.

    L’engagement social de votre Fondation, qui entend promouvoir la solidarité, est par conséquent important : c’est une valeur humaine qui, dans une perspective chrétienne, réalise le devoir de la charité évangélique. Je me réjouis pour les reconnaissances que vous attribuez à des hommes et des femmes qui se sont distingués dans le monde entier par leur engagement civil et éthique. En Italie, nombreux sont les représentants de la culture, de la science, du monde du travail, du volontariat ainsi que de l’Église qui, à travers leur activité, représentent des exemples positifs et des modèles à imiter.

    Je saisis cette occasion pour vous remercier et vous encourager à persévérer dans votre action, en particulier en faveur des couches les plus faibles de la société, pour stimuler la croissance de tous ses membres. Que le Seigneur soutienne et bénisse vos généreux projets.

  • R.D.C : bienvenue dans le poto-poto congolais

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    Lu sur le site web de la Libre Afrique, ce 29 avril 2019 :

    « L’opposant congolais Martin Fayulu, qui conteste la victoire du nouveau président Félix Tshisekedi, a appelé dimanche à la démission de ce dernier lors d’un meeting à Kinshasa, a rapporté un journaliste de l’AFP. « Cette fois-ci, nous sommes rentrés pour demander et obtenir la démission de Félix Tshisekedi. Il a fait la honte, il a vendu le pays », a déclaré M. Fayulu devant plusieurs milliers de ses partisans, en présence des forces de l’ordre.

    « N’attendez plus un mot d’ordre (…). Vous, peuple, vous êtes plus fort que n’importe quelle armée au monde. Au Soudan et en Algérie, le peuple a obtenu le départ des dirigeants. Ici, on doit faire la même chose contre Kabila et Tshisekedi », a-t-il ajouté.

    Réunis place sainte Thérèse dans la commune populaire de Ndjili (est), les manifestants sont venus écouter M. Fayulu qui revenait de Bruxelles au lendemain d’une réunion des leaders de la coalition Lamuka, qui avait soutenu sa candidature à la présidentielle du 30 décembre.

    A l’issue du scrutin, un autre opposant, Félix Tshisekedi, a été proclamé vainqueur. Mais M. Fayulu, revendique toujours la victoire avec 60% des voix.

    Samedi à Bruxelles, au terme d’une réunion de deux jours, les six leaders de Lamuka (Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Freddy Matungulu, Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito et Antipas Mbusa Nyamwisi) ont réaffirmé leur « unité » et ont annoncé la transformation de la coalition électorale Lamuka en « plateforme politique », avec une présidence tournante pour une durée de trois mois.

    La première présidence sera assurée par Moïse Katumbi. Allié puis adversaire de l’ex-président Joseph Kabila, l’ex-gouverneur du Katanga minier était poursuivi depuis 2016 dans une affaire de spoliation immobilière dont il niait tout fondement.

    Il avait quitté la RDC en mai 2016 pour l’Afrique du Sud puis la Belgique, pour des raisons de santé. Il avait été ensuite condamné un mois plus tard à trois ans de prison.

    Riche homme d’affaires, patron du TP Mazembe de Lubumbashi, gloire du football africain, M. Katumbi avait finalement soutenu et financé la campagne de l’opposant Martin Fayulu.

    Le 19 avril, la justice congolaise a annulé sa condamnation.

    Investi le 24 janvier, le président Tshisekedi n’a ni nommé de Premier ministre ni de gouvernement. Il est lié par un accord politique à son prédécesseur, Joseph Kabila, dont la coalition du Front commun pour le Congo (FCC) a conservé la majorité absolue à l’Assemblée nationale, au Sénat et dans les gouvernorat des provinces.​ »

    Ref. RDC: l’opposant Fayulu appelle à la démission du président Tshisekedi

    Pour mijoter dans le pot-au-feu à l’huile de palme de la moambe politique congolaise , le pape François vient de confirmer Mgr Ettore Balestrero comme nouveau nonce apostolique en remplacement du courageux Mgr Montemayor  qui avait apporté son  soutien au Comité laïc de coordination (CLC), un collectif catholique, organisateur des manifestations en 2017 et 2018 contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

    Mgr Montemayor avait déploré en janvier 2018 « la réaction disproportionnée des forces de sécurité congolaises » pour disperser une manifestation de catholiques, en réaction au nouveau report de l’élection présidentielle – initialement prévue en 2016 et qui s’est finalement tenue le 30 décembre dernier dans les conditions que l’on sait.

    Son successeur, Mgr Balestrero -spécialiste du « dialogue » avec les communistes des « Forces armées révolutionnaires de Colombie »(FARC) -aura tout le loisir d’apprendre que la mentalité congolaise n’ a rien à voir avec celle des guérilleros d’Amérique du Sud. Bienvenue au pays du poto-poto.

    JPSC

  • La théologie de la libération réhabilitée ?

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    social.jpgDe Vatican News :

    Conversation entre le Pape François et les jésuites d’Amérique Centrale

    Le 26 janvier dernier, au cours de son voyage au Panama à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse, le Pape François s’est entretenu avec trente jésuites, dont dix-huit novices, de la province d’Amérique centrale. Le Saint-Père a répondu aux questions qui lui étaient posées en faisant plusieurs fois référence à ses expériences personnelles.

    Divers thèmes ont été abordés au cours de cette conversation à la nonciature apostolique, parmi lesquels la théologie de la libération, l’éducation actuelle des jeunes et le lien qui peut exister entre les jésuites et la politique.

    Trois problèmes politiques

    Le Pape François, à partir de l’expérience vécue aux cours de ces JMJ à Panama, a mis en évidence trois problèmes contemporains d’ordre politique. Le premier concerne les nouvelles formes de colonisation en particulier «idéologiques et culturelles»; le Saint-Père a invité les jésuites à déterminer celles auxquelles «sont soumis nos peuples» d’Amérique latine. Le second est celui de l’habitude préoccupante au climat de cruauté et de haine qui façonne la société. Le troisième est relatif à la justice, une justice qui selon François cherche seulement la «peine sans l’espérance».

    Les jésuites et la politique

    Le Pape a affirmé que «l’Évangile est une expression politique, parce qu’il vise la polis, la société, toute personne en tant qu’elle appartient à la société». Dans cette perspective, «l’engagement politique pour un religieux ne signifie pas militer dans un parti politique… son devoir est celui d’être au-dessus des partis. Mais pas comme celui qui s’en lave les mains, plutôt comme quelqu’un qui accompagne les partis pour qu’ils parviennent à une maturation, en apportant le point de vue de la doctrine chrétienne»«En Amérique latine, il n’y a pas toujours eu de maturité politique», a ajouté le Saint-Père.

    La théologie de la libération

    Le Pape François a aussi voulu rappeler que les jésuites ont été des «pionniers pendant les années de luttes sociales chrétiennes» en Amérique. Il a évoqué en particulier le sacrifice du prêtre jésuite Rutilio Grande, et son influence sur saint Oscar Romero. «À cette époque-là, a-t-il affirmé, il y avait des évêques, dont quelques-uns très proches des régimes du moment, qui pensaient que canoniser Romero signifierait ‘canoniser le marxisme’». Mais «l’important est de ne pas se faire submerger par l’idéologie, ni d’un côté ni de l’autre», et encore moins par l’«idéologie ascétique» du «ne te mêle de rien: c’est l’idéologie la pire», selon le Saint-Père.

    Inculturation de la foi et de la sainteté

    Réagissant aux préoccupations d’un jeune jésuite maya, le Pape François a rappelé que «chacun doit conserver la culture dont il provient, parce que la sainteté que l’on veut atteindre doit se baser sur cette culture, pas sur une autre. Toi qui viens de ces cultures, n’amidonne pas ton âme, s’il te plait!», s’est exclamé François. «Sois maya jusqu’à  la fin. Jésuite et maya», lui a-t-il demandé. Le Souverain Pontife a par ailleurs confié qu’il travaillait pour la cause de béatification de Matteo Ricci, et il a parlé de l’importance de de l’amitié de ce dernier «avec Xu Guangqi, le laïc chinois qui l’accompagnait et qui est resté laïc et chinois, en se sanctifiant en tant que chinois et non pas en tant qu’italien comme l’était Ricci».

    Transparence et prise de risque

    Se souvenant de son expérience de maître des novices et de supérieur, le Pape François a mentionné quelques attitudes selon lui fondamentales: la transparence de la conscience, la vertu du concret, «la vertu qui est demandé à tous aujourd’hui, et encore plus à un jésuite»«Ça suffit avec la tête dans les nuages… Dehors les trucs éthérés. La vie spirituelle concrète. La vie engagée, concrète. La vie d’amitié, concrète», a demandé le Saint-Père. Mais le Pape s’est surtout plu à élargir l’horizon: «Mettre sa vie en jeu: c’est une des choses les plus risquées qui soit aujourd’hui. En effet, nous sommes à une époque où le provisoire prévaut sur le définitif»,a-t-il affirmé.

    Le virtuel et la rencontre

    Le domaine numérique est un défi, a rappelé le Saint-Père: «il aide à créer des contacts, mais pas des ‘rencontres’», dans la mesure où «il ne te tient pas uni aux racines. Il t’envoie en orbite. Il t’enlève la dimension concrète» de la vie, a-t-il expliqué.  Le Pape a pointé, d’une manière plus générale, une crise de notre capacité à rencontrer. Le dialogue entre les jeunes et les anciens reste d’après lui le remède: «les racines, ce sont les personnes âgées qui les donnent. C’est pour cela que, quand je dis que les jeunes doivent rencontrer les plus vieux, je n’exprime pas une idée romantique. Faites-les parler».

    Davos et une économie sans racines

    Le Pape a enfin commenté une nouvelle entendue à propos du Forum de Davos, c’est-à-dire «que la dette globale des pays est plus élevée que leur produit brut à tous». Pour François, «c’est comme l’escroquerie de la chaine de saint Antoine: les chiffres sont gonflés, des millions et des milliards, mais dessous il n’y a rien d’autre que de la fumée, tout est liquide, gazeux, et tôt ou tard cela s’écroulera».   

    L’intégralité de cet entretien est à retrouver dans le numéro 4048 de La Civiltà Cattolica, la revue jésuite italienne, qui sort le samedi 16 février 2019.

  • Existe-t-il un droit à l'émigration ?

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    Du site Breizh Info :

    Italie. Mgr Giampaolo Crepaldi : « Il n’existe aucun droit à l’émigration » [Interview] 

    « La Doctrine sociale de l’Église est claire : les peuples doivent rester dans leur Patrie. La politique décide si elle accueille ou non, la religion, elle doit annoncer le Christ. Mais peut-être certains l’ont-ils oublié… » Cette opinion énoncée par l’archevêque de Trieste, monseigneur Crepaldi, dans un entretien accordé au journal La Verità, que nous reproduisons ci après, semble en totale contradiction avec les propos du pape François et de la majorité de l’Église, notamment en Italie, où celle-ci est considérée comme la première force d’opposition au gouvernement italien.

    A lire quelques écrits du pape sur l’accueil des migrants, on a l’impression de se retrouver devant un nouveau dogme. Il y a, bien sûr, un besoin impératif d’assistance humanitaire, mais il faut faire la distinction entre assister et accueillir. Et la doctrine sociale de l’Église catholique ne prône pas l’accueil inconditionnel si souvent prêchée et connotée politiquement. La Verità a rencontré Mgr Giampaolo Crepaldi, archevêque de Trieste et président de l’Observatoire International Cardinal Van Thuân sur la doctrine sociale de l’Eglise, pour chercher à comprendre comment interpréter le problème sans tomber dans des slogans à l’emporte-pièce.

    La Verità : Mgr Crepaldi, les appels à accueillir [les migrants] se multiplient souvent aussi de la part d’hommes d’Eglise. Quels sont les critères que nous donne la Doctrine Sociale de l’Eglise pour affronter le problème des migrations sans tomber dans un angélisme béat ?

    Mgr Crepaldi : « Les migrants ne pouvant tous arriver à Lampedusa et être accueillis, il faut se pencher sur le problème avec une bonne politique, laquelle doit toujours rechercher le Bien Commun qui n’est pas seulement celui des migrants mais aussi celui de la nation qui les accueille et celui de la communauté universelle ».

    La Verità : C’est-à-dire ?

    Mgr Crepaldi : « C’est-à-dire que les politiques doivent considérer les besoins des demandeurs d’asile mais aussi s’interroger sur les possibilités réelles d’intégration. Outre l’assistance immédiate, il y a d’autres problèmes ».

    La Verità : Lesquels par exemple ?

    Mgr Crepaldi : « Combattre les structures criminelles qui organisent les passages de migrants, décourager la complicité de certaines ONG, ne pas décharger toutes les responsabilités sur l’Italie mais favoriser la collaboration européenne et méditerranéenne. La charité personnelle met souvent le cœur en premier sans voir les obstacles mais la politique doit réguler l’accueil de façon structurée pour le bien de tous ».

    La Verità : Selon le dixième rapport de votre Observatoire, la question de la relation avec l’islam revêt clairement une importance politique et doit donc être jugée d’après les principes de la Doctrine Sociale.

    Mgr Crepaldi : « La politique doit avant tout connaitre les religions desquelles elle s’occupe sinon elle ne fait preuve d’aucune rationalité. Cela doit aussi s’appliquer à l’islam. C’est aussi le devoir de l’Eglise, en un certain sens, qui ne devrait pas se limiter à un seul dialogue interreligieux ou à prêcher un accueil général et inconditionnel. Même l’Eglise devrait évaluer l’islam – tout comme les autres religions, du reste – à la lumière des principes de la Doctrine Sociale ».

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