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Société - Page 87

  • L'avortement marque l'effondrement de la médecine, la leçon de Jérôme Lejeune

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    D'Ermes Dovico sur la NBQ :

    L'avortement marque l'effondrement de la médecine, la leçon de Lejeune

    Le droit à la vie n'est pas donné par les gouvernements, pour continuer à exister la civilisation doit se conformer à la morale naturelle". Le "père de la génétique moderne" et découvreur de la cause de la trisomie 21, Jérôme Lejeune, sera rappelé lors d'un congrès international de bioéthique à Rome les 17 et 18 mai. La Bussola interroge Aude Dugast, postulante à la cause de canonisation.

    26_03_2024

    Dans quelques jours, le 3 avril, sera célébré le 30e anniversaire de la mort de Jérôme Lejeune (1926-1994), grand généticien et pédiatre français, dont l'Eglise a reconnu les vertus héroïques. Pour célébrer cet anniversaire, une conférence internationale intitulée "Jérôme Lejeune et les défis de la bioéthique au XXIe siècle" se tiendra à Rome les 17 et 18 mai. Partant de la pensée de Lejeune, la conférence abordera certaines des réalisations (pour le meilleur et pour le pire) de la médecine moderne, les principaux aspects éthiques de la génétique, de la biotechnologie et des neurosciences, du diagnostic prénatal aux embryons à "trois parents", des traitements hormonaux de la dysphorie de genre au transhumanisme.

    L'éventail des intervenants est large et de haut niveau : bioéthiciens, professeurs d'université, philosophes, juristes, médecins et chercheurs. Un débat pluridisciplinaire donc, mais "uni" par l'héritage scientifique et moral de Lejeune. La Bussola a interviewé la philosophe Aude Dugast, postulante à la canonisation de Lejeune et l'une des organisatrices du congrès.

    Aude Dugast, commençons par le thème général du congrès : pourquoi est-il important de redécouvrir la pensée de Jérôme Lejeune pour faire face aux défis de la bioéthique au XXIe siècle ?

    Parce que Lejeune était un grand scientifique, catholique, avec un regard véritablement prophétique sur la science et la médecine. Ce regard prophétique lui venait du plus haut niveau scientifique, d'une excellence académique reconnue dans le monde entier, et d'un grand amour pour les patients et leurs familles. Lorsque nous lisons ses conférences, ses articles, nous constatons qu'il semble parler d'aujourd'hui. Par exemple, lorsqu'il parlait de l'euthanasie il y a 40 ans, il semble décrire ce qui se passe aujourd'hui en France et dans le monde, dans les médias, dans la politique, dans la médecine. Il a compris avant tout le monde l'effondrement de la médecine et de la société. Il disait : "L'avortement, c'est l'interruption d'une vie qui dérange. L'âge n'a rien à voir là-dedans. Les personnes âgées sont autant exposées que les jeunes". Il est parti d'un discours de raison, compréhensible par tous : il est parti du serment d'Hippocrate, donc 400 ans avant la naissance de Jésus-Christ, arguant que tous les médecins, croyants ou non, sont liés par ce serment qui empêche de donner la mort.

    Le Parlement français a inscrit le droit à l'avortement dans la Constitution et il existe un risque que d'autres pays suivent cet exemple. Lejeune était un fervent opposant à l'avortement. Combien une telle figure manque-t-elle à la France et au monde ?

    Après le vote de la loi Veil, un journaliste a demandé à M. Lejeune s'il s'agissait de sa défaite. Il a répondu : "Ce n'est pas ma défaite, c'est la défaite des enfants de France. C'était très triste parce que c'était quelque chose de très concret, qui signifiait la mort de millions d'enfants. C'était une douleur très incarnée et très concrète. Mais il n'a pas baissé les bras, il a appelé à l'action. Il a dit : "Le droit à la vie n'est pas donné par les gouvernements. Les gouvernements n'ont donc pas le pouvoir de retirer ce droit à qui que ce soit. Pour que la civilisation continue d'exister, la politique devra nécessairement se conformer à la morale : à la morale qui transcende toutes les idéologies parce qu'elle est inscrite en nous par le décret impénétrable qui régit à la fois les lois de l'univers et la nature de l'être humain".

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  • Italie : chute brutale de la participation des Italiens à la messe dominicale

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (Diakonos.be) :

    L’Italie ne fait plus exception. Ce sont les vieux qui vont à la messe, et bientôt même plus eux

    « Sine dominico non possumus », sans la messe du dimanche nous ne pouvons pas vivre, disaient les martyrs d’Abitène arrêtés en 305 pour avoir défié l’interdit impérial de célébrer l’eucharistie.

    Les chrétiens ne formaient alors qu’une petite minorité des citoyens de l’empire. Et ils le sont encore aujourd’hui, dans un Occident toujours plus sécularisé. Mais tandis qu’à l’époque ils étaient en pleine croissance, c’est aujourd’hui tout le contraire, leur nombre se réduit sans cesse davantage.

    Il se réduit également en Italie, qui est l’un des pays les plus étudié par les spécialistes du fait de son lien très spécial avec le pape, et l’on considérait encore au début de ce siècle l’Italie comme une « exception » à contre-courant de la tendance générale à la désaffection pour la foi chrétienne.

    Et c’est précisément cette chute de la participation des italiens à la messe dominicale qui vient de faire l’objet d’une étude réalisée par le professeur Luca Diotallevi, de l’Université de Rome Trois, dans son dernier livre « La messa è sbiadita. La partecipazione ai riti religiosi in Italia dal 1993 al 2019 », paru aux éditions Rubbettino. Le professeur Diotallevi, disciple du grand Niklas Luhmann, est l’un des sociologues de la religion les plus éminents et originaux.

    La messe dominicale est l’indicateur sociologique le plus naturel de la participation à la vie de l’Église. Et même en Italie, il n’y a pas d’ « exception » qui tienne. La présence à la messe est en chute libre sur l’ensemble de la période étudiée par le professeur Diotallevi, qui s’est basé sur les chiffres annuels de l’ISTAT, l’institut national de statistique : entre 1993 et 2019, avec une accélération du déclin à partir de 2005 et une baisse supplémentaire en 2020 et en 2021.

    En chiffres, on passe de 37,3% de la population qui assistait à la messe du dimanche en 1993 à 23,7% en 2019, avec une chute d’un tiers et l’avertissement que les participations déclarées à la messe sont plus nombreuses que les participations réelles.

    En croisant ces données générales avec le sexe et l’âge, le déclin apparaît encore plus marqué.

    Les femmes, qui ont toujours été plus nombreuses que les hommes à assister à la messe du dimanche, sont en train de la déserter à un rythme encore plus rapide, à tel point que dans les tranches d’âge les plus jeunes et au début de l’âge adulte, il n’y a désormais plus de différence numérique entre les deux sexes.

    Quant à l’âge de ceux qui assistent à la messe, c’étaient autrefois les tranches d’âge correspondant à l’enfance et à l’adolescence qui étaient le plus représentées, avec une baisse au début de l’âge adulte et un retour à l’église à un âge plus avancé.

    Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le déclin initial survient toujours plus tôt et plus rapidement, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, et le pic négatif qui suit se fait plus précoce, plus profond et surtout plus durable, étant donné que la reprise de la pratique à la messe est désormais ténue, si pas inexistante, chez ceux qui sont nés après 1950.

    Avec comme résultat que si aujourd’hui ce sont les personnes âgées, et surtout les femmes, qui ont encore une présence significative et visible à la messe dominicale, dans un futur proche ce ne sera plus le cas. Une fois que cette génération de personnes âgées sera partie, celles qui la remplacera sera bien moins nombreuse. À tel point que le professeur Diotallevi prévoit que très bientôt, en Italie, la présence à la messe du dimanche « se réduira à une valeur approchant les 10% de la population, ce qui dans de nombreuses régions du pays correspond à une valeur effective à un seul chiffre ».

    Et ce n’est pas tout, parce que la chute numérique de la participation à la messe dominicale s’accompagne également d’une mutation des rites proposés aux fidèles. Diotallevi les appelle « performance-centered rituals » et écrit que « pour les liturgiques catholiques, ce phénomène a pu être accéléré par la mise en scène des liturgies vaticanes auquel on a assisté au cours des trois derniers pontificats, par la dérégulation importante de pans de plus en plus vastes de l’offre liturgique, comme également par de nombreuses solutions adoptées par le clergé pendant le confinement décrété pour lutter contre la pandémie de Covid ».

    Tout cela s’inscrit, selon le professeur Diotallevi, dans une évolution du catholicisme italien vers « une forme de religion à basse intensité », dépourvue d’impact extra-religieux dans le domaine politique, économique, scientifique, académique, à l’exception de l’engagement dans l’une ou l’autre activité caritative de volontariat par certains pratiquants actuels de la messe du dimanche.

    Tout cela sur fond de « relâchement des liens communautaires de type ecclésial, au profit d’une dérive congrégationaliste et d’une ‘democratization of religion’ ».

    En particulier, Diotallevi soutient qu’en Italie, le récent abandon de la structure territoriale des paroisses au profit d’une multiplication des propositions religieuses d’un autre genre, par exemple les mouvements ecclésiaux souvent en compétition entre eux, dans une sorte de multiplication des « catholicismes », n’a pas été un remède mais bien l’une des causes du déclin de la participation à la messe.

    Dans le livre du professeur Diotallevi, ces considérations critiques sont résumées en quelques lignes. Et pourtant, elles sont d’un grand intérêt et méritent d’être approfondies si l’on veut analyser ce « cas italien d’une grande valeur scientifique ».

    Sandro Magister est vaticaniste à L’Espresso.
    Tous les articles de Settimo Cielo depuis 2017 sont disponibles en ligne.

  • Un prêtre français populaire est poursuivi en justice pour avoir déclaré que l'homosexualité est un péché

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    D'Hélène de Lauzun sur European Conservative :

    Un prêtre français populaire est poursuivi en justice pour avoir déclaré que l'homosexualité est un péché

    "La morale chrétienne est attaquée", explique l'abbé Raffray, qui n'a fait que citer le catéchisme de l'Église catholique.

    22 mars 2024

    Le gouvernement français intente une action en justice contre un prêtre catholique qui a qualifié l'homosexualité de péché. Si cette nouvelle attaque contre l'enseignement moral catholique traditionnel a peu de chances d'aboutir, elle témoigne de l'animosité croissante et de l'incompréhension du catéchisme de l'Église catholique par une société qui a fait de la promotion de l'homosexualité l'un de ses principaux chevaux de bataille.

    L'abbé Matthieu Raffray, un prêtre qui célèbre la messe traditionnelle en latin et qui est bien connu des catholiques français sur les médias sociaux, a publié une courte vidéo sur les tentations sur son compte Instagram dans le cadre de ses enseignements de Carême, dans laquelle il explique que l'homosexualité est une "faiblesse" : "Nous avons tous des faiblesses : le cupide, le colérique, l'homosexuel", explique-t-il à son auditoire. Il considère l'homosexualité comme l'un de "tous les péchés, tous les vices qui peuvent exister dans l'humanité". Aurore Bergé, ministre française chargée de la lutte contre les discriminations, a qualifié ses propos d'"inacceptables". 

    Dans un message posté sur X, elle indique avoir "demandé à la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) de procéder à un signalement au procureur de la République sur le fondement de l'article 40" du code de procédure pénale. La DILCRAH a pris acte du message du ministre et a confirmé avoir "signalé au procureur de la République les propos homophobes tenus par M. Raffray sur ses réseaux sociaux". Dans son message, la délégation ajoute : "Parler de l'homosexualité comme d'une faiblesse est honteux".

    L'abbé Raffray est également attaqué parce que le ministre considère que ses propos font indirectement la promotion des "thérapies de conversion", interdites en France depuis 2022. En janvier, jouant sur les mots, le prêtre avait déclaré sur son compte Twitter que "toute retraite spirituelle est une thérapie de conversion", mais ses propos avaient déclenché une vague de commentaires hostiles de la part des associations LGBT.

    L'abbé Raffray s'est félicité sur X de la publicité que les "polémiques grotesques" ont donné à son compte, qui a dépassé en peu de temps les 20 000 followers. 

    Mais dans une interview accordée à l'hebdomadaire catholique Famille Chrétienne, l'ecclésiastique s'est inquiété de cette nouvelle tentative d'intimidation de l'enseignement moral traditionnel de l'Église catholique : "C'est la morale chrétienne qui est attaquée", a-t-il expliqué, ajoutant qu'il ne faisait que citer le Catéchisme de l'Église catholique, et en particulier le §2357 :

    L'homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle exclusive ou prédominante pour des personnes du même sexe. Elle a pris des formes très diverses au fil des siècles et des cultures. Ses origines psychologiques restent largement inexpliquées. S'appuyant sur l'Ecriture Sainte, qui la présente comme une grave dépravation, la Tradition a toujours déclaré que "les actes d'homosexualité sont intrinsèquement désordonnés".

    Ce n'est pas la première fois que la position de l'Église catholique sur l'homosexualité est portée devant la justice française. En 2022, un procès a été intenté à l'association Renaissance Catholique, pour des propos tenus dans un article publié en 2019, qui qualifiait l'union homosexuelle de "péché grave". La plainte a été déposée par trois associations de défense des droits LGBT. Le jugement, confirmé en appel, a estimé que les propos, qui reprenaient l'enseignement de l'Église catholique, n'étaient en rien discriminatoires. Il est donc peu probable que le rapport du gouvernement aboutisse à une condamnation. Néanmoins, la réaction violente et disproportionnée de la ministre Aurore Bergé prouve le degré d'hostilité des gouvernants français à la morale chrétienne.  

    Hélène de Lauzun a étudié à l'École Normale Supérieure de Paris. Elle a enseigné la littérature et la civilisation françaises à Harvard et a obtenu un doctorat en histoire à la Sorbonne. Elle est l'auteur de Histoire de l'Autriche (Perrin, 2021).

  • Belgique : la Chambre des représentants a adopté un nouveau système de sanctions en cas de violation de la loi sur l’euthanasie

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Euthanasie en Belgique : la Chambre adopte le système de sanctions « graduel »

    22 mars 2024

    Le 21 mars, la Chambre des représentants belge a adopté en séance plénière un nouveau système de sanctions en cas de violation de la loi sur l’euthanasie, pour répondre aux demandes de la Cour constitutionnelle après l’affaire de Tine Nys (cf. Belgique : aucun dommage et intérêt contre le médecin qui a euthanasié Tine Nys, Euthanasie en Belgique : vérifier la volonté du patient serait seulement « formel » ?).

    La nouvelle loi prévoit une peine de 10 à 15 ans de prison en cas de violation des conditions « de base » exigées dans le cadre du recours à l’euthanasie, et une peine de 8 jours à 3 ans en cas de violation des conditions « procédurales » comme la consultation d’un deuxième médecin ou, si nécessaire, d’un pédopsychiatre (cf. Belgique : un système de sanctions « graduel » en cas de non-respect de la loi sur l’euthanasie). Les autres violations ne seront plus considérées comme des infractions pénales.

    Le texte adopté répond aussi à des arrêts précédemment rendus par la Cour constitutionnelle ou de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH)

    Le « formulaire d’inscription » rempli par le médecin après l’euthanasie, pour examen par la Commission de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie, sera  simplifié et numérisé pour suite à un arrêt de la CEDH.

    La Chambre a par ailleurs adopté une disposition sur la gestation par autrui (GPA) afin de répondre à un arrêt de la Cour constitutionnelle rendu le 30 mars 2023. Elle prévoit qu’en cas de GPA, la présomption de paternité du mari de la gestatrice puisse être contestée, quand les époux n’ont pas de projet parental commun. Enfin, le projet de loi adopté limite la possibilité de demander la révision d’une adoption à la personne adoptée elle-même, ce dès sa majorité.

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    Source : RTBF (22/03/2024) 

  • Avortement : regrets, pressions, mensonges; trois femmes témoignent

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    De l"ECLJ :

    Il faut que vous écoutiez ces femmes et partagiez ces témoignages bouleversants. Des milliers de femmes sont traumatisées parce qu'on ne les a pas mises en garde.

    Ce sont elles qui le disent : les séquelles psychologiques ne sont pas "une idée reçue". C'est une réalité parce qu'absolument personne ne peut souhaiter accoucher d'un fœtus mort dans ses toilettes et tirer la chasse comme si de rien n'était !

    L'avortement est le service après-vente d'une libération sexuelle délirante. Comme dit l'une des témoins : l'encouragement à la sexualité juvénile et inconséquente est la racine du problème. Qui dit sexualité dit responsabilité...

    Merci à ces trois femmes d'avoir accepté de témoigner. Pour les raisons expliquées dans la vidéo leur visage n'est pas montré et leurs voix ont été modifiées.

  • La peine de mort en RDC « Bouc émissaire des échecs de l’armée congolaise »

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    Lu dans « Afrikarabia » (l’info en R.D Congo et en Afrique centrale) : un article de Christophe Rigaud :

    Peine de mort en RDC "bouc émissaire des échecs de l'armée congolaise"

    18 mars 2024

    Le retour de la peine de mort suscite de vives critiques et souligne la lente dégradation des droits humains au Congo. "Une mesure dangereuse" qui vise, avant tout, à masquer les défaites de l’armée congolaise à l’Est du pays.

    La peine de mort est de retour en République démocratique du Congo (RDC). Après 20 ans de moratoire, décidé sous Joseph Kabila, qui permettait de commuer les peines en prison à perpétuité, une circulaire du ministère de la Justice réactive la peine capitale. Un premier ballon d’essai avait été lancé en février par le ministre de la Défense, Jean-Pierre Bemba, pour punir « les cas de trahison au sein des Forces armées congolaises (FARDC) ». Un mois plus tard, Félix Tshisekedi a donc donné son feu vert pour que le rétablissement de la peine de mort soit désormais effectif en levant le moratoire de son prédécesseur. Dans sa circulaire, la ministre de la Justice souhaite « débarrasser l’armée des traîtres, et endiguer la recrudescence d’actes de terrorisme et de banditisme urbain entraînant mort d’homme ». Toujours selon la circulaire, « les actes de traîtrise ou d’espionnage ont fait payer un lourd tribut tant à la population qu’à la République au regard de l’immensité des préjudices subis ». Le retour de la peine capitale intervient dans un contexte de guerre ouverte depuis 2021 entre la RDC et la rébellion du M23, soutenue par Kigali selon les Nations unies. Par « traître », il faut donc entendre les militaires qui collaborent avec les rebelles ou le Rwanda.

    Tollé général

    Depuis la publication de la circulaire levant le moratoire sur la peine de mort, rarement une décision politique n’aura fait l’objet d’une telle levée de boucliers. Le prix Nobel de la Paix, Denis Mukwege, a dénoncé une mesure « particulièrement dangereuse dans un pays où la justice est dysfonctionnelle et malade » : « Malade », c’est ironiquement le propre terme qu’a utilisé le président Félix Tshisekedi, le 22 février, dernier pour qualifier la justice congolaise concernant le journaliste Stanis Bujakera, emprisonné depuis 6 mois pour un article qu’il n’a pas signé. Denis Mukwege recommande « l’abolition pure et simple de la peine de mort » et plaide pour « une réforme profonde des secteurs de la sécurité et de la justice » avant de souligner que « de nombreuses études ont démontré le caractère non-dissuasif de la peine de mort ». Le mouvement citoyen Lucha a, lui, pointé son caractère « anticonstitutionnel (…), qui ouvre un couloir à des exécutions sommaires ». Pour l’opposant Martin Fayulu, le rétablissement de la peine de mort « menace les résistants et opposants politiques » et a fustigé « la volonté affirmée du régime de consolider sa dictature ».

    Une dégradation des droits humains en RDC 

    A l’international, la mesure est largement critiquée. L’Union européenne (UE) s’oppose de façon « ferme et sans équivoque au recours à la peine de mort à tout moment et en toutes circonstances ». L’Europe rappelle également que la peine capitale « rend irréversible toute erreur judiciaire ». Amnesty s’indigne contre « un énorme pas en arrière pour le pays ». « Cette décision cruelle mettra en danger la vie de centaines de personnes condamnées à mort, notamment celles qui se trouvent dans le couloir de la mort à la suite de procès inéquitables et d’accusations motivées par des considérations politiques » s’alarme l’ONG. Interrogé par Afrikarabia, Clément Boursin, responsable Afrique subsaharienne d’ACAT-France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), n’est pas vraiment étonné par cette mesure. « Nous sommes face à dégradation systématique et systémique des droits humains en RDC. On le voit par rapport aux différentes libertés d’expression, de rassemblement, d’association, qui sont bafouées. C’est une mesure qui est opportuniste et populiste. L’armée congolaise est en échec à l’Est et on a l’impression qu’il faut un bouc émissaire pour justifier les défaites récurrentes des FARDC. La peine de mort sert de palliatif aux autorités congolaises pour éviter d’avoir à rendre compte de ses échecs ».

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  • Déclin de la fertilité à travers le monde

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    « La fertilité décline à travers le monde », et ce n’est que le début ?

    21 mars 2024
     

    Selon une étude publiée par The Lancet [1], « la fertilité décline à travers le monde ». D’après elle, « plus de la moitié des pays observent déjà un taux de fertilité trop faible pour maintenir le niveau de leur population ». Et « à l’avenir, les taux de fertilité vont continuer à décliner à travers le monde ».

    En se basant sur les chiffres du Global Burden of Disease, « un vaste programme financé par la fondation américaine Bill & Melinda Gates et visant à réunir les données de santé de la plupart des pays » (cf. Fondation Bill Gates et financement de l’OMS : un problème de principe), les scientifiques ont évalué les taux actuels de fertilité dans ces pays. Pour ce qui est des futures tendances, ils ont pris en compte « de nombreuses variables prédictives, comme les niveaux d’éducation ou la mortalité infantile ».

    Selon leurs résultats, « d’ici à 2050, trois quarts des pays auront un taux de fertilité insuffisant pour maintenir leur population en l’état. D’ici à 2100, la plupart des pays seront concernés ». Toutefois, « la population de pays pauvres continuera longtemps à augmenter, notamment en Afrique subsaharienne », avec comme corollaire « des conséquences considérables sur les plans économique et sociétal ».

    Des conclusions à prendre avec précaution

    Des chercheurs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) jugent cependant que ces conclusions sont à prendre avec précaution. Ils ont également publié un commentaire dans The Lancet [2].

    Selon eux, la méthode utilisée présente des défauts, comme « la faiblesse des données actuellement disponibles dans nombre de pays pauvres ». En outre, ils invitent à « privilégier la nuance et non le sensationnalisme quand on parle de la baisse des taux de fertilité ».

    Pour ces chercheurs, « un tel phénomène peut présenter des avantages », pour l’environnement ou encore l’alimentation (cf. La « santé sexuelle et reproductive » pour lutter contre la crise climatique ?), « comme des inconvénients (systèmes de retraite, emploi…) ». Sans qu’il soit évident d’agir sur ces leviers.

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    [1] Global fertility in 204 countries and territories, 1950–2021, with forecasts to 2100: a comprehensive demographic analysis for the Global Burden of Disease Study, March 20, 2024, DOI: https://doi.org/10.1016/S0140-6736(24)00550-6

    [2] Towards a nuanced view and response to global fertility trends, Gitau Mburu, James Kiarie, Pascale Allotey, March 20, 2024, DOI: https://doi.org/10.1016/S0140-6736(24)00490-2

    Source : La Croix avec AFP (21/03/2024)

  • Congrès Mission 2024 : le reportage de KTO

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    De KTO Télévision :

    Pour sa deuxième édition, le Congrès Mission Bruxelles a lieu du 15 au 17 mars à la Basilique Nationale du Sacré-Coeur de Koekelberg. L'objectif de cet événement est de mettre en lumière les diverses initiatives des paroisses et de favoriser les rencontres et le partage pour mieux témoigner de l'amour du Christ.

  • Plus de 1000 séances d'exorcismes auraient lieu en Flandre chaque année

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    Du site de la RTBF :

    L’exorcisme se répand en Flandre : plus de 1000 séances y auraient lieu chaque année

    20 mars 2024

    Le démon s’emparerait-il de plusieurs citoyens flamands ? Au nord du pays, les séances d’exorcisme se multiplient rapporte la VRT. Cette tendance est symptomatique d’un monde en crise plutôt que liée à l’augmentation de phénomènes paranormaux. Explications dans L’Œil sur la Flandre de Matin Première.

    On aurait tendance à croire que l’exorcisme est plutôt une pratique du passé, mais c’est en réalité loin d’être le cas. Ce rituel religieux, qui consiste à libérer une personne du démon qui l’habite, gagne même en popularité, à tel point que différentes paroisses flamandes affirment aujourd’hui avoir du mal à répondre à la demande. Durant la dernière décennie, on estime qu’environ 1000 séances d’exorcisme auraient eu lieu chaque année au nord du pays. L’abbaye d’Averbode semble être l’un des endroits où l’on en pratique le plus, d’après une enquête de la VRT. Elle accueille jusqu’à trois séances par semaine. D’après Geert (nom d’emprunt), l’un des trois prêtres exorcistes de l’abbaye, cette tâche prendrait pas mal de temps, puisqu’il doit d’abord longuement écouter les histoires des personnes concernées avant de tenter de chasser le Diable. Lui-même en effectue trois par semaine et "pas un jour passe" sans qu’il ne reçoive de nouvelles demandes.

    Une pratique antédiluvienne mais peu spectaculaire

    Exorciser quelqu’un doit se faire suivant une procédure bien précise. Interrogé par la VRT, l’historien de la KU Leuven, Kristof Smeyers, avance que le métier d’exorciste serait l’un des plus vieux au monde, sachant que ce rituel existe depuis des millénaires. Mais c’est au 17e siècle que l’Église catholique a décidé de rédiger une procédure, point par point. Elle n’a d’ailleurs pas beaucoup changé depuis. Concrètement, les séances ne se passent vraiment pas comme dans le film d’horreur L’Exorciste. Elles n’auraient même rien de très spectaculaire. Le rituel débute généralement par une conversation exploratoire avec la personne qui se sent habitée. L’exorciste entame ensuite une longue prière, il l’asperge également d’eau bénite, et s’attelle à la lecture d’un texte pour tenter d’entrer en dialogue avec le diable qui se trouverait dans ce corps.

    L’exorcisme marche-t-il vraiment ?

    Autant que la mode du spiritisme au tournant du 20e siècle qui s’est avérée être une grande supercherie, peut-on aussi raisonnablement penser que ce rituel fonctionne ? Le diagnostic d’un éventuel trouble psychique n’est pas écarté : la souffrance intérieure n’est pas automatiquement attribuée au démon. Les prêtres exorcistes affirment d’ailleurs travailler étroitement avec des médecins pour être sûrs qu’il ne s’agit par exemple pas d’une psychose. Une prudence qui découle sans doute aussi du fait qu’une partie des ecclésiastiques ne croit pas à l’idée que le Diable puisse posséder un corps.

    La question divise donc l’Église, ce qui n’empêche pas pour autant la tenue d’un congrès qui rassemble tous les deux ans quelque 200 prêtres exorcistes venus d’une trentaine de pays. Depuis 2005, le Vatican propose aussi une formation mise en place pour répondre à la hausse du nombre de demandes d’exorcisme.

    Concernant l’efficacité de cette pratique, il est évidemment difficile d’affirmer quoi que ce soit, mais d’après l’historien Kristof Smeyers, qui mène une étude approfondie sur l’exorcisme en Flandre, la moitié des personnes qui se sont soumises à ce rituel indiquent qu’elles se sentent mieux depuis lors.

    Un phénomène en hausse

    Kristof Smeyers s’est aussi penché sur les profils de ces personnes "habitées par le diable" et à la typologie de leurs souffrances.

    D’après lui, il n’existe pas vraiment de symptômes uniformes, et ces symptômes ont d’ailleurs changé au fil du temps. Au 19e et au 20e siècle, on évoquait surtout des symptômes physiques, comme des comportements anormaux ou asociaux, ou encore des changements de voix. Mais l’historien souligne aussi une différence entre les personnes qui sont elles-mêmes convaincues d’être possédées et celles dont l’entourage en est persuadé. Dans ce dernier groupe, Smeyers constate aussi une présence disproportionnée de femmes prétendument habitées par le Diable, une situation qui serait liée à la théorie selon laquelle les femmes seraient, depuis Adam et Eve, plus enclines au mal et aux péchés.

    On notera que de nos jours, et selon le témoignage de Geert, les personnes qui font appel à l’exorcisme sont souvent des personnes qui se sentent bloquées, qui n’arrivent plus à avancer dans leur vie, et qui attribuent cette situation à une force surhumaine.

    D’après les différents exorcistes qui ont témoigné cette semaine, le climat d’insécurité aurait une influence sur ce regain de popularité, tout comme les difficultés engendrées par la situation économique. On notera d’ailleurs que les exorcistes qui se sont exprimés dans la presse ont préféré rester anonymes, par peur d’être assaillis de demandes suite à la médiatisation du sujet. Tous conseillent également de commencer par consulter un médecin avant d’envisager une exorcisation.

  • Savoir « offrir la vérité » avec calme et sérénité d’âme

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    LA VÉRITÉ, À TEMPS ET À CONTRETEMPS

    20 mars 2024

    Il est important de savoir « offrir la vérité » avec calme et sérénité d’âme.

    Dans sa fameuse lettre Que dire à un jeune de vingt ans, Hélie de Saint Marc suggère à son jeune lecteur de « ne pas s’installer dans sa vérité et de vouloir l’asséner comme une certitude »mais lui conseille plutôt de « savoir l’offrir en tremblant comme un mystère ».

    Remarquez que l’ancien officier devenu écrivain n’affirme pas qu’on aurait tort d’avoir des certitudes ou que la vérité n’existerait pas. Ce qui préoccupe l’auteur des Champs de braise tient dans la présentation que l’on en fait. Un bijou se trouve toujours sublimé par l’écrin qui le contient, un présent par le paquet cadeau qui l’emmaillote. En matière de témoignage à la vérité, tout est affaire d’élégance apostolique, d’intelligence de cœur et de délicatesse pédagogique. Il restera toujours ensuite à la liberté humaine d’accepter ou non le trésor offert.

    Trois attitudes d’âme sont en effet possibles quant à l’accueil d’une vérité mystérieuse, allant du « Fiat » de Marie au « Non serviam » de Satan en passant par le « Qu’est-ce que la vérité ? » de Pilate. La confiance et l’abandon de la Vierge, qui surmonte son appréhension devant la réalisation inouïe de l’Incarnation par sa médiation. L’orgueil obstiné du plus beau des anges, qui refuse l’apparent paradoxe du Verbe appelé à se faire chair. Le doute et l’indécision du gouverneur de Judée, qui préfère se laver les mains plutôt que de choisir (oubliant que renoncer à prendre parti est déjà un choix en soi aux conséquences immédiates, cela nous sera remémoré lors de la Semaine sainte à venir).

    Entendons-nous bien, « savoir offrir la vérité » à son prochain – spécialement dans sa dimension transcendante ou surnaturelle – dépasse nécessairement tout un chacun. Les vérités attachées au mystère de la mort ou de la vie participent de ce vertige. Permettez-moi, à l’occasion de cet éditorial, de me plier à une rapide étude de la citation d’Hélie de Saint Marc en tentant de l’appliquer au drame de la constitutionnalisation de l’avortement qui fait la couverture de ce numéro.

    « Ne pas s’installer dans sa vérité ». Oui, la réalité des choses se reçoit. Elle s’impose même souvent à nous et demande d’être acceptée, digérée. À cet égard, notre opposition à l’avortement ne saurait relever d’un sentiment ou d’une opinion, d’une « manière de voir les choses », de « notre vérité».

    Dans le cadre de la vie naissante, un truisme se déploie sous les yeux de l’observateur attentif : dans le sein de sa mère, à l’âge d’un mois, l’être humain mesure quatre millimètres et demi. Mieux encore, son cœur minuscule bat déjà depuis une semaine, tandis que ses bras, ses jambes, sa tête, son cerveau sont déjà ébauchés. Comme l’écrivait le professeur Lejeune : « L’incroyable Tom Pouce, l’homme moins grand que mon pouce, existe réellement. » Nous l’avons tous été. Ceci n’est pas un point de vue de « catholique conservateur » – quelle pernicieuse expression ! – mais la photographie objective du commencement de la vie.

    « Vouloir asséner la vérité comme une certitude ». Là réside certainement la grande difficulté. Démontrer l’évidence, voilà l’actuel et herculéen défi que Chesterton avait prophétisé : « On tirera l’épée pour prouver que les feuilles sont vertes en été. » 

    « Savoir offrir la vérité ». Chez nombre d’entre nous, depuis trop longtemps, le degré de tolérance aux ténèbres a été dépassé. Trop, c’est trop. Aussi, l’on voudrait crier la vérité sur les toits de toutes nos tripes. Si ces dernières ont leurs vertus propres (à ne jamais négliger), l’intelligence, l’humilité, la patience et la persévérance ont également les leurs. Calme invincible et sérénité d’âme constituent des alliés indispensables pour affirmer avec force les vérités qui entourent la conception humaine et le sujet de l’enfant à naître.

    « Offrir la vérité en tremblant comme un mystère ». En tremblant, non que la vérité nous trouble ou nous fasse douter, mais parce que le Christ nous fait l’honneur d’en devenir les serviteurs. « Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité : quiconque est de la vérité écoute ma voix » (Jn 18, 37). Laïcs, prêtres ou évêques : nous ne sommes pas là d’abord pour interroger notre monde, l’inviter à se questionner ou lui faire part de notre tristesse ! Quelle platitude argumentaire dans une séquence si grave ! Nous sommes là au premier chef pour rendre témoignage du Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14, 6).

    Au-delà de nos pauvres mains, de notre faiblesse et de nos péchés, nous avons un trésor à offrir. Envers et contre tout. Une vérité éblouissante à transmettre. À temps et à contretemps. Et son premier éclat tient en quelques mots : « Au commencement, il y a un message, ce message est dans la vie, ce message est la vie. »*

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    *Professeur Jérôme Lejeune

  • KTO : Série de carême "7 conseils Evangéliques": cherchez la justice de Dieu

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    « L’Evangile de Marc enjoint chacun à « Cherche(r) d’abord le Royaume de Dieu et sa justice. »

    La quête de la justice est donc directement liée à notre salut. Or, celle-ci ne va pas sans règles, ni sans contraintes et va même jusqu’à l’application de sanctions censées punir et réparer les injustices. En d’autres termes, la justice nécessite un droit, qui définisse ces sanctions et ces réparations. « Il existe une abondante littérature sur le sens proprement ecclésial, théologique du droit. Mais d’une manière générale, on peut comprendre le droit comme un ensemble de dispositifs de prudence quand il s’agit de passer à la sanction », précise Louis-Léon Christians, professeur de droit canon à l’Université catholique de Louvain (Belgique). Mais comment concilier l’idée de punition et celle de miséricorde, pourtant au centre de l’Evangile ? « La justice permet de répondre à la question : comment va-t-on faire pour vivre ensemble après tous ces drames ? Elle est en fait la condition pour faire miséricorde, mais aussi pour qu’il y ait une forme de réconciliation, dans une société qui a été abîmé », répond Marie Monnet o.p., rectrice de Domuni Universitas et invitée fil rouge de cette série de Carême. »