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Actualité - Page 39

  • C'est en Afrique que bat désormais le coeur de la croissance catholique

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    De zenit.org :

    L’Afrique, nouveau cœur battant de la croissance catholique

    Un catholique sur cinq et un séminariste sur trois sont africains

    15 octobre 2025

    Un catholique sur cinq dans le monde est africain, tout comme un séminariste sur trois : des chiffres impressionnants du catholicisme africain Les dernières données publiées par le Vatican confirment ce que beaucoup percevaient depuis des années au sein de l’Église mondiale : le centre de gravité démographique du catholicisme se déplace vers le Sud.

    Tandis que l’Europe connaît des séminaires vides et des assemblées vieillissantes, l’Afrique voit ses églises fleurir, ses vocations se multiplier et sa population fidèle croître à un rythme inégalé ailleurs dans le monde catholique.

    Selon l’Annuaire pontifical 2025 et l’Annuarium Statisticum Ecclesiae 2023, publiés en mars, le continent africain a enregistré en 2023 une augmentation remarquable de 1 285 prêtres, soit une croissance de 2,7 %, à un moment où le nombre total de prêtres dans le monde connaissait une légère diminution.

    L’Afrique compte désormais 54 944 prêtres catholiques, diocésains et religieux confondus. La population catholique africaine a également connu une forte progression, passant de 272 millions en 2022 à 281 millions en 2023, soit une hausse de 3,3 %.

    Concrètement, un catholique sur cinq dans le monde vit aujourd’hui en Afrique. L’épiscopat suit la même dynamique, avec une augmentation du nombre d’évêques de 740 à 771, représentant 14,2 % de l’épiscopat mondial.

    Les séminaires du continent reflètent la même vitalité. L’Afrique compte désormais 34 924 grands séminaristes, soit environ un tiers du total mondial, alors même qu’elle ne représente qu’un cinquième de la population catholique. À l’inverse, l’Europe, l’Asie et les Amériques ont toutes enregistré une baisse des vocations sacerdotales l’an dernier.

    Parmi les nations, la République démocratique du Congo et le Nigeria se distinguent comme véritables « puissances » catholiques. La RDC compte près de 55 millions de catholiques, et le Nigeria environ 35 millions.

    Bien que l’annuaire statistique du Vatican ne publie pas de données détaillées sur les ordinations par pays, les rapports diocésains indiquent que le Nigeria ordonnerait à lui seul entre 300 et 400 nouveaux prêtres par an, soit environ un quart des ordinations sacerdotales d’Afrique.

    Pour les observateurs, ces chiffres ne traduisent pas seulement un mouvement démographique, mais une transformation historique de la géographie interne du catholicisme. Un continent autrefois évangélisé par des missionnaires européens envoie désormais ses propres prêtres, religieux et religieuses en France, en Italie, en Irlande et même aux États-Unis – des pays qui furent jadis les grandes terres d’envoi missionnaire.

    Ce dynamisme africain, constant depuis le milieu du XXe siècle, recompose le visage du catholicisme mondial. Contrairement à l’Europe et aux Amériques, où la sécularisation et l’épuisement culturel ont érodé les vocations, les Églises d’Afrique vibrent d’une foi jeune et engagée. Les raisons sont multiples – force du lien communautaire, expression publique de la foi, enracinement religieux dans l’identité sociale et morale – mais les effets sont clairs. Si la tendance se poursuit, l’Afrique ne sera pas seulement le centre démographique : elle deviendra aussi une référence théologique et pastorale majeure pour l’Église. Ses séminaires sont pleins, ses paroisses vivantes et ses évêques de plus en plus influents au sein du Vatican. Jadis considérée comme terre de mission, l’Afrique est désormais un continent missionnaire, source de renouveau pour une Église en quête de vie dans ses anciennes terres. (Avec des données de The Catholic Herald)

    L’Afrique, nouveau cœur battant de la croissance catholique | ZENIT - Français

  • Une réponse catholique au débat sur l'immigration

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    Du

    Une réponse catholique au débat sur l'immigration

    COMMENTAIRE : Cette approche de l’immigration est moralement fondée, théologiquement saine et capable de favoriser un véritable dialogue.

    Peu de questions dans la vie publique sont aussi clivantes et émotionnellement chargées parmi les catholiques que l'immigration. Ce sujet suscite des convictions profondes et souvent contradictoires : compassion pour les migrants et les réfugiés, souci de la souveraineté nationale et de l'ordre juridique, aspiration à la justice et inquiétude face aux changements sociaux et économiques.

    Même parmi les croyants, les conversations sur ce sujet sont souvent marquées par la polarisation, les malentendus et la suspicion mutuelle, voire le silence mutuel.

    Cet article propose une meilleure approche : une approche catholique de l’immigration fondée sur la morale, solide sur le plan théologique et capable de favoriser un dialogue authentique. En retrouvant les principes de l’Église, en reconnaissant le rôle du jugement prudentiel et en affirmant la vocation particulière des laïcs dans la sphère politique, nous pouvons aborder cette question avec plus de clarté, de charité et de courage.

    Il ne s'agit pas d'un argument partisan ni d'une approbation d'une politique particulière. Il s'agit d'une invitation à une compréhension plus approfondie des enjeux de cette importante question de la vie publique.

    L'enseignement social de l'Église catholique fournit un cadre moral qui ne simplifie ni n'ignore la complexité de l'immigration. En examinant ce cadre, les catholiques peuvent s'exprimer avec conviction et compassion, tout en respectant la diversité légitime des opinions.

    Les 3 piliers de l'enseignement de l'Église

    L'Église ne propose pas de feuille de route détaillée pour la réforme de l'immigration. Elle propose plutôt des principes moraux tirés des Écritures, de la Tradition et du droit naturel, qui guident la réflexion et l'élaboration des politiques. Ces principes n'apportent pas de réponses simples, mais ils établissent les limites morales que les catholiques doivent respecter et respecter.

    1. La dignité de la personne humaine : Tout être humain, quel que soit son statut juridique, sa nationalité ou son origine, est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu (Genèse 1, 27). Comme l'affirme une récente déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi : « Toute personne humaine possède une dignité infinie… qui prévaut en toute circonstance, état ou situation qu'elle peut rencontrer. Ce principe… sous-tend la primauté de la personne humaine et la protection des droits humains » ( Dignitas Infinita , 1).

    Cela vaut évidemment aussi pour les immigrés, quel que soit leur statut juridique, un fait que le pape Benoît XVI a souligné : « Tout migrant est une personne humaine qui, en tant que telle, possède des droits fondamentaux et inaliénables qui doivent être respectés par tous et en toutes circonstances » ( Caritas in Veritate , 62).

    Ces droits incluent non seulement la vie et la sécurité, mais aussi le travail, l'unité familiale et la liberté religieuse. Aucun système d'immigration ne peut être moralement juste s'il ne respecte pas la dignité personnelle des personnes concernées par ses politiques.

    Parallèlement, les droits d'une personne ne lui confèrent pas automatiquement l'accès à tous les avantages ou ressources d'un groupe ou d'une société. La manière dont nos droits et nos devoirs sont exercés est négociée par le consentement et les normes sociales. Nombre de ces normes sont ensuite formalisées dans des lois par le biais du processus politique.

    Le principe de dignité humaine nous invite à considérer les immigrants non pas comme des fardeaux ou des statistiques, mais comme des personnes à aimer, à protéger et à traiter avec justice.

    2. Le droit de migrer : L'Église affirme que les personnes ont un droit naturel à migrer lorsque cela est nécessaire pour protéger leur vie, leur dignité ou leurs moyens de subsistance. Le pape saint Jean XXIII a enseigné : « Lorsque de justes raisons le justifient, [tout être humain] doit être autorisé à émigrer vers d'autres pays et à y résider. Le fait d'être citoyen d'un État déterminé ne le prive pas de son appartenance à la famille humaine » ( Pacem in Terris , 25).

    Aujourd'hui, de nombreux immigrants ne migrent pas par simple commodité ou préférence, mais par nécessité, comme la guerre, la persécution, les troubles sociaux et politiques, la pauvreté systémique et les facteurs environnementaux. Dans ces cas, la migration n'est pas tant un choix qu'une question de survie.

    Pour autant, le droit de migrer n'est pas absolu. Il convient de faire preuve de prudence pour déterminer ce qui constitue une « juste raison » d'immigrer. Par exemple, tous ceux qui tireraient un avantage économique d'un déménagement dans un autre pays n'ont pas le droit moral de le faire. En revanche, lorsque le besoin est véritablement criant, les pays riches ont l'obligation morale – dans la limite du raisonnable – d'apporter leur aide.

    Il est important de noter que la décision de justifier l'immigration dans un cas particulier n'incombe pas uniquement au candidat à l'immigration ; il incombe également au pays d'accueil de le faire. Le désir d'émigrer, aussi fort et sincère soit-il, ne confère pas automatiquement le droit de le faire.

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  • Le discours du Pape Léon XIV lors de sa visite officielle au Président de la République italienne

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    VISITE OFFICIELLE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE, SERGIO MATTARELLA

    DISCOURS DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV

    Palais du Quirinal
    mardi 14 octobre 2025

    Monsieur le Président ,

    Je vous remercie pour vos aimables paroles et pour l’invitation à venir ici, au Quirinal, un palais si étroitement lié à l’histoire de l’Église catholique et à la mémoire de nombreux papes.

    En tant qu’Évêque de Rome et Primat d’Italie, il est important pour moi de renouveler, par cette visite, le lien fort qui unit le Siège de Pierre au peuple italien que vous représentez, dans le cadre des relations bilatérales cordiales qui existent entre l’Italie et le Saint-Siège, profondément marquées par une amitié sincère et une collaboration mutuelle efficace.

    Il s'agit, après tout, d'une union heureuse, ancrée dans l'histoire de cette péninsule et dans la longue tradition religieuse et culturelle de ce pays. On en voit les signes, par exemple, dans les innombrables églises et clochers qui parsèment le paysage, souvent de véritables trésors d'art et de dévotion, où la créativité innée de ce peuple, alliée à sa foi authentique et solide, nous a laissé un témoignage d'une grande beauté : artistique, certes, mais surtout morale et humaine.

    Je saisis l'occasion de notre rencontre pour exprimer la profonde gratitude du Saint-Siège pour ce que les autorités italiennes ont fait et continuent de faire à l'occasion de divers événements ecclésiaux difficiles, centrés sur Rome et de résonance universelle.

    Je voudrais exprimer ma gratitude particulière pour les efforts déployés à différents niveaux après le décès de mon vénéré prédécesseur, le pape François.  Ici même, au Quirinal, il déclarait : « Mes racines sont dans ce pays » ( Discours lors de la visite officielle au Président de la République italienne, 10 juin 2017), et son amour pour la terre et le peuple italiens a certainement trouvé ces jours-là un écho touchant et chaleureux, qui s'est également manifesté dans l'engagement profond et réfléchi qu'il a pris lors du conclave qui a suivi pour l'élection du nouveau pontife.

    Je voudrais une fois de plus vous exprimer mes sincères remerciements, Monsieur le Président, ainsi qu'à tout le pays, pour le bel exemple d'hospitalité et d'organisation efficace que l'Italie offre depuis des mois durant l'Année jubilaire, sous divers aspects – logistique, sécurité, préparation et gestion des infrastructures et des services, et bien plus encore –, ouvrant les bras et montrant son visage hospitalier aux nombreux pèlerins qui affluent du monde entier. L'Église universelle célèbre le  Jubilé de l'espérance. Le pape  François , dans la bulle  Spes non confindit , par laquelle il l'a annoncé en mai 2024, a souligné l'importance de « prêter attention au grand bien présent dans le monde afin de ne pas céder à la tentation de se croire submergé par le mal et la violence » (n. 7). Je pense que la belle synergie et collaboration que nous vivons ces jours-ci constitue déjà un signe d’espérance pour tous ceux qui viennent avec foi franchir la Porte Sainte et prier sur les tombeaux de Pierre et des Apôtres.

    Dans quelques années, nous célébrerons le centenaire des  Accords du Latran. À cet égard, il me paraît d'autant plus opportun de réaffirmer l'importance de la distinction mutuelle entre ces domaines. C'est pourquoi, dans un climat de respect cordial, l'Église catholique et l'État italien collaborent pour le bien commun, au service de la personne humaine, dont la dignité inviolable doit toujours primer dans les processus de décision et dans l'action, à tous les niveaux, pour le développement social, en particulier pour la protection des plus vulnérables et des plus démunis. À cette fin, je salue et encourage l'engagement mutuel à fonder toute collaboration sur le  Concordat  de 1984 et dans son plein respect.

    Comme il est malheureusement évident, nous vivons une époque où, à côté de nombreux signes d’espoir, de nombreuses situations de grave souffrance affectent l’humanité dans le monde entier et nécessitent des réponses urgentes et clairvoyantes.

    Le premier engagement que je voudrais rappeler à ce propos est celui en faveur de la paix. De nombreuses guerres ravagent notre planète, et en regardant les images, en lisant les nouvelles, en écoutant les voix, en rencontrant les personnes qui en sont douloureusement affectées, les paroles de mes  prédécesseurs résonnent avec force et force. Comment oublier l'avertissement irréfutable, mais ignoré, de  Benoît XV pendant la Première Guerre mondiale (cf.  Lettre aux chefs des peuples belligérants, 1er août 1917) ? Et, à la veille de la Seconde, celui du vénérable  Pie XII  (cf.  Message radiophonique aux gouvernements et aux peuples en danger imminent de guerre, 24 août 1939) ? Regardons les visages de ceux qui sont bouleversés par la férocité irrationnelle de ceux qui planifient sans pitié la mort et la destruction. Écoutons leur cri et rappelons-nous, avec saint  Jean XXIII , que « tout être humain est une personne, c'est-à-dire une nature douée d'intelligence et de libre arbitre ; il est donc sujet de droits et de devoirs qui découlent immédiatement et simultanément de sa nature même : droits et devoirs qui sont donc universels, inviolables, inaliénables » (Lettre encyclique  Pacem in terris , 11 avril 1963, n. 5). Je renouvelle donc mon appel pressant à continuer d'œuvrer pour le rétablissement de la paix dans toutes les parties du monde et à cultiver et promouvoir toujours davantage les principes de justice, d'équité et de coopération entre les peuples, qui en sont le fondement indispensable (cf. saint Paul VI,  Message pour la célébration de la Première Journée mondiale de la paix, 1er janvier 1968).

    À cet égard, je tiens à exprimer ma gratitude au gouvernement italien pour son engagement à répondre aux nombreuses situations difficiles liées à la guerre et à la pauvreté, en particulier celles des enfants de Gaza, notamment en collaboration avec l'hôpital Bambino Gesù. Ces efforts constituent des contributions fortes et efficaces à la construction d'une coexistence digne, pacifique et prospère pour tous les membres de la famille humaine.

    À cette fin, l'engagement commun que l'État italien et le Saint-Siège ont toujours manifesté et continuent de manifester en faveur du multilatéralisme est certainement bénéfique. Il s'agit d'une valeur très importante. Les défis complexes de notre époque rendent en effet plus que jamais nécessaires la recherche et l'adoption de solutions communes. Il est donc essentiel de mettre en œuvre ces dynamiques et ces processus, en rappelant leurs objectifs initiaux, visant principalement à résoudre les conflits et à favoriser le développement (cf.  François , Lettre encyclique  Fratelli tutti , 3 octobre 2020, 172), en favorisant un langage transparent et en évitant les ambiguïtés susceptibles de provoquer des divisions (cf. Ibid.,  Discours aux membres du Corps diplomatique , 9 janvier 2025).

    Nous nous apprêtons à célébrer, l'année prochaine, un anniversaire important : le huitième centenaire de la mort de saint François d'Assise, saint patron de l'Italie, le 3 octobre 1226. Cet événement nous offre l'occasion de souligner l'urgence de prendre soin de notre « maison commune ». Saint François nous a appris à louer le Créateur dans le respect de toutes les créatures, lançant son message du « cœur géographique » de la Péninsule et le transmettant de génération en génération jusqu'à nous, à travers la beauté de ses écrits et le témoignage de lui-même et de ses frères. C'est pourquoi je crois que l'Italie a reçu de manière particulière la mission de transmettre à ses peuples une culture qui reconnaît la terre « comme une sœur avec laquelle nous partageons notre existence, et comme une belle mère qui nous accueille dans ses bras » ( François , Lettre encyclique  Laudato Si' , 1).

    Ces dernières décennies, comme nous le savons, l'Europe a connu une baisse significative de la natalité. Cela exige un engagement à promouvoir des choix favorables aux familles à différents niveaux, en soutenant leurs efforts, en promouvant leurs valeurs et en protégeant leurs besoins et leurs droits. « Père », « mère », « fils », « fille », « grand-père » et « grand-mère » sont, dans la tradition italienne, des mots qui expriment et évoquent naturellement des sentiments d'amour, de respect et de dévouement, parfois héroïque, pour le bien de la communauté familiale et, par conséquent, pour celui de la société dans son ensemble. Je voudrais en particulier souligner l'importance d'assurer à toutes les familles le soutien essentiel d'un emploi digne, dans des conditions équitables et en tenant compte des besoins de la maternité et de la paternité. Faisons tout notre possible pour redonner confiance aux familles, en particulier aux jeunes familles, afin qu'elles puissent envisager l'avenir avec sérénité et grandir en harmonie.

    Dans ce contexte, nous voyons l'importance fondamentale, à tous les niveaux, de respecter et de protéger la vie, à toutes ses étapes, de la conception à la vieillesse, jusqu'au moment de la mort (cf.  François,  Discours à l'Assemblée plénière de l'Académie pontificale pour la Vie, 27 septembre 2021). Je souhaite que cette conscience continue de croître, également en ce qui concerne l'accessibilité des soins médicaux et des médicaments, selon les besoins de chacun.

    Je remercie ce pays pour l'aide généreuse qu'il offre aux migrants, de plus en plus nombreux à frapper à sa porte, ainsi que pour son engagement dans la lutte contre la traite des êtres humains. Ce sont des défis complexes de notre époque, auxquels l'Italie n'a jamais renoncé. Je vous encourage à toujours maintenir une attitude dynamique d'ouverture et de solidarité. Je tiens également à souligner l'importance d'intégrer de manière constructive les nouveaux arrivants aux valeurs et aux traditions de la société italienne, afin que le don mutuel qui naît de cette rencontre entre les peuples soit véritablement enrichissant et bénéfique pour tous. À cet égard, je souligne combien il est précieux pour chacun d'entre nous d'aimer et de transmettre sa propre histoire et sa propre culture, avec ses signes et ses expressions : plus nous nous reconnaissons et nous aimons sereinement, plus il est facile de rencontrer et d'intégrer les autres, sans peur et avec un cœur ouvert.

    À cet égard, on observe aujourd'hui une certaine tendance à sous-estimer, à divers niveaux, les modèles et les valeurs qui se sont développés au fil des siècles et qui façonnent notre identité culturelle, tentant parfois même d'en effacer la pertinence historique et humaine. Ne dédaignons pas ce que nos ancêtres ont vécu et ce qu'ils nous ont transmis, même au prix de grands sacrifices. Ne nous laissons pas séduire par des modèles massifiants et fluides, qui ne favorisent qu'un semblant de liberté, mais qui rendent les personnes dépendantes de formes de contrôle telles que les modes passagères, les stratégies commerciales ou autres (voir Cardinal Joseph Ratzinger,  Homélie lors de la messe d'élection du Pontife romain, 18 avril 2005). Préserver la mémoire de ceux qui nous ont précédés, préserver les traditions qui ont fait de nous ce que nous sommes, est important pour envisager le présent et l'avenir avec conscience, sérénité, responsabilité et perspective.

    Monsieur le Président, pour conclure, je voudrais vous adresser mes vœux les plus chaleureux de réussite, à vous et, à travers vous, à tout le peuple italien. L'Italie est un pays d'une immense richesse, souvent humble et cachée, qui a donc parfois besoin d'être découverte et redécouverte. C'est dans cette merveilleuse aventure que j'encourage tous les Italiens à se lancer, à y puiser de l'espoir et à affronter avec confiance les défis présents et futurs. Merci.

  • Éthique de la vie, Léon XIV contredit Benoît XVI

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    De Luisella Scrosati sur la NBQ :

    Éthique de la vie, Léon XIV contredit Benoît XVI

    Le Royaume d'Italie revient sur un discours de 2023 dans lequel le cardinal Prevost, alors en poste, confondait les questions de l'avortement, de la peine de mort, des migrants, etc. Ces idées ont été réitérées lors d'un entretien avec le pape. Il est juste de soutenir une « éthique de vie cohérente », mais l'avortement et l'euthanasie ont un poids moral bien plus grave que d'autres questions liées à la dignité humaine et doivent toujours être combattus, comme l'a rappelé Ratzinger.

    15_10_2025

    Ce n'était pas un oubli. La réponse superficielle et problématique donnée le 30 septembre par le pape Léon XIV à un journaliste de la chaîne américaine EWTN , commentant le choix du cardinal Blase Cupich de récompenser le sénateur démocrate pro-avortement Dick Durbin pour son engagement en faveur des immigrés (voir ici ), ne s'explique pas par une simple improvisation.

    Le magazine bimensuel de la Société dehonienne, Il Regnomis à disposition de ses abonnés la traduction italienne du discours prononcé par le cardinal Robert Francis Prevost à l'Université catholique Santo Toribio de Mogrovejo de Chiclayo ( vidéo ici ), à l'occasion de la remise d'un doctorat honorifique (le discours a également été couvert par Sandro Magister sur son blog ). C'était le 14 octobre 2023, et Prevost dirigeait le Dicastère pour les évêques depuis moins d'un an.

    La déclaration problématiquedéjà analysée par Stefano Fontana, était la suivante : « Celui qui se dit contre l’avortement mais est favorable à la peine de mort n’est pas véritablement pro-vie… Celui qui se dit contre l’avortement mais approuve le traitement inhumain des immigrés aux États-Unis, je ne sais pas s’il est pro-vie. » Dans son discours de 2023, on retrouve la même pensée, avec une formulation presque identique : « Un catholique ne peut pas se déclarer “pro-vie” simplement parce qu’il est contre l’avortement, et en même temps se déclarer favorable à la peine de mort. » Et il ajoutait : « Ceux qui défendent le droit à la vie des plus vulnérables doivent être tout aussi visibles dans leur soutien à la qualité de vie des plus faibles : les personnes âgées, les enfants, les personnes affamées, les sans-abri et les migrants sans papiers. »

    Mais il y a plus encore : en 2023, Prevost a approuvé l'« éthique cohérente de la vie » exprimée par les cardinaux Joseph Louis Bernardin (†1996) et Blase Cupich, tous deux archevêques de Chicago, le premier de 1982 à 1996, et le second depuis 2014 et toujours en fonction. Une éthique que Prevost résume ainsi : « L'avortement, la guerre, la pauvreté, l'euthanasie et la peine capitale partagent une identité commune : ils reposent tous sur le déni du droit à la vie » ; à ces menaces contre la vie humaine s'ajoutent « d'autres problématiques, telles que les effets de l'intelligence artificielle, la traite des êtres humains et les droits des migrants ».

    Dans son discours, Prevost a critiqué avec une grande subtilité le « déséquilibre » du monde catholique pro-vie aux États-Unis, qui privilégie la lutte contre l'avortement et l'euthanasie, au détriment d'autres questions sensibles, comme la peine de mort et les politiques anti-immigration. Si Prevost a précisé que le cardinal Bernardin ne revendiquait pas l'équivalence morale sur toutes ces questions, il est tout aussi vrai qu'exiger une opposition inconditionnelle à la fois à la peine de mort et à l'avortement revient précisément à les rendre moralement équivalentes.

    Quelle est la vérité derrière ces déclarations de Léon XIV ? Assurément, le fait que les différentes questions évoquées soulèvent la question de la dignité humaine et du droit à la vie. Et assurément, on ne peut être systématiquement « pro-vie » si l’on s’oppose à la mise à mort d’une vie humaine naissante, mais si l’on est favorable au meurtre délibéré et direct d’un adulte innocent, par exemple en temps de guerre. On ne peut être authentiquement « pro-vie » si l’on condamne l’euthanasie, mais soutient le meurtre de migrants, uniquement parce qu’ils sont migrants. Le principe sous-jacent, qui ne souffre aucune exception, est qu’un être humain innocent ne peut jamais être tué directement et volontairement. Il est donc vrai qu’une « éthique cohérente de la vie » exige que ce principe soit appliqué dans tous les domaines, et pas seulement à celui de la vie naissante ou mourante, en vertu de la dignité particulière qui distingue les êtres humains des autres créatures, en tant qu’ils sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.

    Il est tout aussi clair, cependant, que Prévost, dans ce discours, confirmé par l'interview impromptue du 30 septembre, ne clarifie pas ce point, mais confond plutôt les choses lorsqu'il estime, par exemple, que l'avortement et la peine de mort doivent tous deux être systématiquement rejetés, quelles qu'en soient les circonstances. C'est faux, car la peine de mort concerne un être humain qui n'est pas innocent, tandis que l'avortement vise toujours à priver de la vie un enfant innocent. La première peut donc être autorisée, sous certaines conditions, le second jamais. Le même argument s'applique à la guerre : dans un contexte de guerre, on ne peut pas considérer sur le même plan le meurtre d'un soldat agresseur et le meurtre direct et délibéré d'un civil sans défense ; ni ce dernier et le meurtre indirect et involontaire d'une personne innocente.

    Dans le célèbre mémorandum du cardinal Joseph Ratzinger (2004) , adressé à la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi de l'époque expliquait l'évidence : « Toutes les questions morales n'ont pas le même poids moral que l'avortement et l'euthanasie. Par exemple, si un catholique était en désaccord avec le Saint-Père sur l'application de la peine capitale ou sur la décision de faire la guerre, il ne serait pas pour autant considéré comme indigne de se présenter pour recevoir la Sainte Communion. Si l'Église exhorte les autorités civiles à rechercher la paix, et non la guerre, et à faire preuve de discernement et de clémence dans l'application des peines aux criminels, il peut néanmoins être permis de prendre les armes pour repousser un agresseur ou de recourir à la peine capitale. Il peut exister une diversité d'opinions légitime, même parmi les catholiques, sur la guerre et l'application de la peine de mort, mais en aucun cas sur l'avortement et l'euthanasie. »

    La « légitime diversité d'opinions » est exclue pour l'avortement volontaire et l'euthanasie , car le crime de meurtre est toujours présent ; en revanche, en cas de guerre ou de peine de mort, les distinctions que nous avons mentionnées doivent être faites. Avec tout le respect que je lui dois, cette position du pape Léon XIV est hautement trompeuse et même, malgré elle, préjudiciable à la vie humaine que nous voulons légitimement défendre. Car si un terroriste menace de faire exploser un bâtiment entier contenant des dizaines de personnes, il est licite de le tuer, sous certaines conditions, précisément pour défendre la vie humaine innocente. Si j'appliquais le principe selon lequel une éthique cohérente doit me conduire à affirmer qu'on ne peut jamais tuer, le résultat serait que de nombreux innocents périraient à cause d'un coupable et de l'incapacité des autorités compétentes à les défendre consciencieusement.

    Un dernier aspect est incontournable lorsqu'on évalue la position pro-Cupich de Léon XIV. Si l'on souhaite défendre une « éthique de vie cohérente », quel sens y a-t-il à récompenser un sénateur qui, tout au long de sa carrière politique, s'est également distingué par ses prises de position publiques en faveur de l'avortement ? Si ceux qui luttent contre l'avortement sont tenus de s'opposer également à toute autre forme de meurtre d'innocents, l'inverse ne s'applique-t-il pas également ? C'était le strict minimum que le Saint-Père aurait dû retenir, ne serait-ce que par souci de cohérence éthique.

  • Un entretien exclusif avec le cardinal Robert Sarah (Tribune Chrétienne)

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    Dans un entretien exclusif accordé à Tribune Chrétienne, réalisé à Rome le jeudi 9 octobre 2025, le cardinal Robert Sarah est revenu sur les grands défis spirituels et moraux de notre époque, rappelant avec force les fondements immuables de la doctrine catholique (13 octobre 2025).

  • Comment unir l’Église pour défendre la vie. Le programme de Léon XIV dans un discours de 2023

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Comment unir l’Église pour défendre la vie. Le programme de Léon XIV dans son discours de 2023

    Il aura fallu que la revue « Il Regno » — l’une des voix les plus intelligentes du catholicisme réformiste mondial – parvienne à dénicher dans le maigre répertoire des écrits et des déclarations de Robert Francis Prevost avant son élection comme pape un discours très intéressant pour bien comprendre sa vision sur ce terrain miné qu’est la défense de la vie.

    D’autant qu’il n’existe aucun texte écrit de ce discours mais uniquement un enregistrement vidéo. Il s’agissait du discours en langue espagnole que Prevost, à l’époque cardinal préfet du Dicastère pour les évêques, a prononcé il y a deux ans exactement, le 14 octobre 2023, au Pérou, à Chiclayo, à l’Université catholique santo Toribio de Mongrovejo, le jour où on lui a décerné un doctorat « honoris causa » (voir photoà. La revue « Il Regno » vient d’en publier le texte intégral.

    On remarquera d’emblée dans ce discours des affirmations que le pape Léon a répétées en des mots presque identiques, ce qui n’a pas manqué de susciter les critiques de l’aile intransigeante de la pensée catholique.

    Le 30 septembre dernier, le pape – pressé par les journalistes comme c’est désormais le cas chaque mardi à Rome à son retour de Castel Gandolfo – a été interpellé sur le prix que le cardinal de Chicago Blase Cupich s’apprêtait à remettre au sénateur démocrate Dick Durbin, très engagé en faveur des immigrés tout en étant activement « pro choice » en matière d’avortement.

    Léon a répondu qu’il fallait prendre en compte non seulement « l’ensemble du travail qu’un sénateur a accompli » mais également « certaines questions liées à l’enseignement de l’Église ». Et il avait poursuivi comme suit :

    « Celui qui prétend être opposé à l’avortement mais qui est en faveur de la peine de mort n’est pas vraiment pro-vie. […] Celui qui prétend être opposé à l’avortement mais qui est d’accord avec le traitement inhumain réservé aux immigrés aux États-Unis, je ne sais pas s’il est pro-vie ».

    Ce sont ces mêmes affirmations qu’on l’on retrouve dans le discours de celui qui était encore le cardinal Prevost à l’Université de Chiclayo :

    « Un catholique ne peut se déclarer ‘en faveur de la vie’ uniquement parce qu’il a une position opposée à l’avortement, et affirmer dans le même temps être en faveur de la peine de mort. […] Ceux qui défendent le droit à la vie des plus vulnérables doivent être d’autant plus visibles en faveur de la qualité de vie des plus faibles d’entre nous : les personnes âgées, les enfants, les affamés, les sans-abris et les migrants sans papiers ».

    Mais passons à la structure du discours dans son intégralité, très instructive sur la vision du pape Léon.

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  • France : près de 100 000 personnes ont vu le film "Sacré Coeur" depuis sa sortie le 1er octobre

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    D'Anne Van Merris sur zenit.org :

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    Le Film S’achève Sur Cette Citation : « Le Monde Meurt De Ne Pas Se Savoir Aimé » © Facebook.Com/SajeDistribution

    Le film « Sacré-Cœur » crée le buzz

    Près de 100 000 personnes ont vu le film depuis sa sortie le 1er octobre

    13 octobre 2025

    Seulement dix jours après sa sortie sur le grand écran, le film Sacré-Cœur connaît un retentissement exceptionnel. Depuis le 1er octobre 2025, près de 100 000 personnes ont afflué dans les salles de cinéma un peu partout en France.

    Ce démarrage spectaculaire est assez inédit pour un film à petit budget qui n’était au départ programmé que dans 155 salles à travers le pays. À chaque projection, il y a de grandes files d’attente et les cinémas doivent refuser du monde.

    Réalisé par Steven et Sabrina Gunnel, et diffusé par Saje distribution, ce docu-fiction nous fait redécouvrir l’amour inconditionnel et personnel du Cœur de Jésus pour chacun. Mêlant fiction et interventions de « spécialistes », il retrace l’histoire de la dévotion au Sacré-Cœur en partant des apparitions de Jésus à sainte Marguerite-Marie, au 17e siècle. Le film témoigne aussi de l’importance pour le monde de la consécration au Cœur de Jésus, que ce soit personnellement ou en groupe.

    Un vif engouement malgré les embûches

    Quelques jours avant sa sortie en France, la régie publicitaire Media Transport de la SNCF et la RATP a refusé d’afficher dans les gares et les stations de métro la campagne publicitaire du film, jugée trop « prosélyte ». Cette censure, qui a suscité de vives réactions et beaucoup d’indignation, n’a pas empêché le succès du film, au contraire :  l’effet inverse a été constaté !

    Le film Sacré-Coeur a grimpé au 5e rang du Box-office France lors de son 2e dimanche. Sur AlloCiné, il récolte une note moyenne de 4.5/5, ce qui est inhabituel, et un grand nombre de commentaires de personnes touchées.

    « Quel bonheur, un hymne à l’Amour » écrit un spectateur sur AlloCiné, « une expérience cinématographique bouleversante et lumineuse » écrit un autre. Ou encore : « Impossible de rester indifférent devant cette galerie de personnages incarnés avec grâce, devant ces paroles qui réconfortent et inspirent. »

    Pour Steven et Sabrina Gunnel, « Ce film est plus qu’un film. C’est vraiment un acte d’amour, c’est notre façon de répondre à l’amour de Jésus pour nous et pour le monde, et on le propose humblement à qui veut bien venir voir et peut-être ils trouveront une certaine consolation ».

    « Les gens ont soif de beau, ont soif de sens dans leur vie, sont en recherche. On le voit notamment sur les réseaux sociaux, on le voit par les questions qui sont posées, par exemple de l’Abbé Raffray quand il fait des live (…). C’est marrant, les gens ont soif, mais ils ne savent pas qu’il y a quelqu’un qui a soif d’eux, qui a soif d’attendre leur cœur, c’est Jésus. »

    Le film « Sacré-Cœur » crée le buzz | ZENIT - Français

  • Le discours remarquable du pape Léon XIV sur le cardinal Merry del Val, collaborateur de Léon XIII et de Pie X

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV
    AUX PARTICIPANTS À LA RENCONTRE D'ÉTUDES
    SUR LE CARDINAL RAFAEL MERRY DEL VAL

    Salle Clémentine
    Lundi 13 octobre 2025

    Bonjour!

    Chers frères et sœurs,

    À l'occasion du 160e anniversaire de sa naissance, nous rendons grâce au Seigneur pour le serviteur de Dieu Rafael Mery del Val, né à Londres en 1865, dans un environnement où l'ouverture au monde était monnaie courante : fils d'un diplomate espagnol et d'une mère anglaise, il connut une enfance cosmopolite qui l'habitua dès son plus jeune âge à différentes langues et cultures. Il grandit dans un climat d'universalité, qu'il reconnaîtra plus tard comme la vocation de l'Église, et cette formation le prépara à être un instrument docile au service diplomatique du Saint-Siège à une époque marquée par de grands défis.

    Très jeune, il fut appelé au service de Léon XIII pour traiter de questions délicates. Peu après, il fut envoyé comme délégué apostolique au Canada, où il œuvra pour l'unité de l'Église et l'éducation catholique. Il fut étudiant à l'actuelle Académie pontificale ecclésiastique , institution qu'il présidera plus tard et qui, aujourd'hui, célébrant 325 ans d'histoire, se souvient de sa longue tradition de formation des cœurs au service fidèle et généreux du Siège apostolique. C'est là qu'il comprit – et transmit par son exemple – que la diplomatie de l'Église s'épanouit lorsqu'elle est vécue dans la fidélité sacerdotale, celle d'un cœur qui offre ses talents au Christ et à la mission confiée au Successeur de Pierre (cf.  1 Co  4, 1-2).

    Il n'avait que trente-cinq ans lorsqu'il fut nommé archevêque titulaire de Nicée. Quelques années plus tard, en 1903, à trente-huit ans seulement, saint Pie X le créa cardinal et le nomma secrétaire d'État. Sa jeunesse, cependant, ne constitua pas un obstacle, car l'histoire de l'Église enseigne que la véritable maturité ne dépend pas de l'âge, mais de l'identification à la plénitude du Christ (cf.  Ep  4, 13). S'ensuivit un chemin de fidélité, de discrétion et de dévouement qui fit de lui l'une des figures les plus significatives de la diplomatie papale du XXe siècle.

    Mais il ne fut pas seulement un diplomate de bureau : à Rome, il était très présent auprès des enfants et des jeunes du Trastevere, qu’il catéchisait, confessait et accompagnait avec bienveillance. Il y était reconnu comme un prêtre proche, un père et un ami. Cette double dimension – celle de diplomate de gouvernement et de pasteur accessible – confère à sa personnalité une richesse particulière, car il savait allier le service de l’Église universelle à l’attention concrète portée aux plus petits d’entre nous (cf.  1 P  5, 2-3).

    Son nom est désormais associé à une prière que beaucoup d'entre nous connaissent, les  Litanies de l'Humilité. On y perçoit l'esprit avec lequel il accomplissait son service. Permettez-moi de m'attarder sur certaines de ces litanies, car elles constituent un modèle valable pour tous ceux qui exercent des responsabilités dans l'Église et dans le monde, et plus particulièrement pour les diplomates du Saint-Siège.

    « Du désir d'être estimé… délivre-moi, ô Jésus ! » Le désir de reconnaissance est une tentation constante pour ceux qui occupent des postes à responsabilité. Le cardinal Merry del Val le savait bien, car ses nominations le plaçaient au centre de l'attention mondiale. Et pourtant, au plus profond de sa prière, il demandait à être libéré des acclamations. Il savait que le seul véritable triomphe est de pouvoir dire chaque jour : « Seigneur, je suis là où tu veux que je sois, accomplissant ce que tu me confies aujourd'hui. » Cette fidélité silencieuse, invisible aux yeux du monde, est ce qui demeure et porte du fruit (cf.  Mt  6, 4).

    « Du désir d'être consulté… délivre-moi, ô Jésus ! » Proche de Benoît XV et de Léon XIII , il fut aussi un collaborateur direct de saint Pie X. Il aurait pu se croire indispensable, mais il nous a montré la place du diplomate : chercher à ce que la volonté de Dieu s'accomplisse par le ministère de Pierre, au-delà des intérêts personnels (cf.  Ph  2, 4). Ceux qui servent dans l'Église ne cherchent pas à faire prévaloir leur propre voix, mais plutôt à faire parler la vérité du Christ. Et dans ce renoncement, il a découvert la liberté du serviteur authentique (cf.  Mt  20, 26-27).

    « De la peur d'être humilié… délivre-moi, ô Jésus ! » Après la mort de saint  Pie X, il reçut d'autres missions, mais il s'efforça de continuer à servir avec la même fidélité, avec la sérénité de celui qui sait que tout service dans l'Église est précieux lorsqu'il est vécu pour le Christ. Il démontra ainsi que sa tâche n'était pas un piédestal, mais un chemin de don de soi. La véritable autorité ne se fonde pas sur des positions ou des titres, mais sur la liberté de servir, même loin des projecteurs (cf.  Mt  23, 11). Et ceux qui n'ont pas peur de perdre leur visibilité acquièrent la disponibilité à Dieu.

    « Du désir d'être approuvé… délivre-moi, ô Jésus ! » Il chercha à vivre sa mission avec fidélité à l'Évangile et liberté d'esprit, sans se laisser guider par le désir de plaire, mais par la vérité, toujours soutenue par la charité. Et il comprit que la fécondité de la vie chrétienne ne dépend pas de l'approbation humaine, mais de la persévérance de ceux qui, unis au Christ comme le sarment à la vigne, portent du fruit en leur saison (cf.  Jn  15, 5).

    Deux phrases suffisent à résumer son existence. Sa devise épiscopale, que l'Écriture attribue à Abraham (cf.  Gn  14, 21), était « Da mihi animas, cetera tolle » ou « Donne-moi des âmes, emporte le reste ». Il demanda dans son testament que ce soit l'unique inscription sur son tombeau, aujourd'hui dans la crypte de Saint-Pierre. Sous la coupole qui préserve la mémoire de l'apôtre, il voulut réduire son nom à cette simple supplication. Ni honneurs, ni titres, ni biographie ; seulement le cri du cœur d'un berger.

    La deuxième phrase est l'appel conclusif des  Litanies : « Que d'autres deviennent plus saints que moi, pourvu que je devienne aussi saint que je le dois, Jésus, accorde-moi la grâce de le désirer . » Nous voyons ici un trésor de la vie chrétienne : la sainteté ne se mesure pas par la comparaison, mais par la communion. Le cardinal a compris que nous devons œuvrer à notre propre sainteté tout en encourageant celle des autres, en cheminant ensemble vers le Christ (cf.  1 Th  3, 12-13). Telle est la logique de l'Évangile et doit être celle de la diplomatie papale : unité et communion, sachant que chacun est appelé à être aussi saint que possible.

    Chers enfants de la  Famille Merry del Val , que le souvenir de ce membre de votre famille, véritable diplomate de la rencontre, soit une source de profonde gratitude et une source d'inspiration pour nous tous, en particulier pour ceux qui collaborent avec le Successeur de Pierre dans la diplomatie. Que la Vierge Marie, que Raphaël Merry del Val aimait avec une tendresse filiale, enseigne à nos familles, aux diplomates du Saint-Siège et à tous ceux qui servent dans l'Église, à unir vérité et charité, prudence et audace, service et humilité, afin qu'en toute chose seul le Christ resplendisse. Merci beaucoup.

    Prions ensemble comme le Seigneur nous l’a enseigné :

    Notre Père...

    [Bénédiction]

    Félicitations et merci encore !

    ___________________________________

    Bulletin du Bureau de presse du Saint-Siège , 13 octobre 2025

  • Léon XIV : entre l’héritage du pape François et la nécessité de regarder vers l’avenir

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : entre l’héritage du pape François et la nécessité de regarder vers l’avenir

    La semaine où Léon XIV a publié sa première exhortation apostolique, Dilexi Te, a également été la semaine où il a pris la première décision de gouvernement qui a annulé une décision de son prédécesseur – sur la question des finances du Vatican – et ce n’est pas une mince affaire.

    Dilexi Te est, en réalité, profondément l'œuvre du pape François. Son style est reconnaissable, et ses bêtes noires idéologiques, parmi lesquelles les élites et les structures corrompues, sont également mises en lumière. Léon XIV a profondément révisé le texte qu'il a reçu, mais le travail était déjà bien avancé. En bref, Léon a démontré sa volonté de ne pas abandonner complètement l'héritage de son prédécesseur immédiat, tout en le traduisant et en se l'appropriant.

    En ce qui concerne le gouvernement de l’Église – et plus particulièrement du Vatican – les choses ont peut-être commencé à prendre une direction très différente.

    C'est par une décision personnelle du pape François que l'on a confié tous les investissements du Saint-Siège à l'Institut pour les Œuvres de Religion, aussi connu sous le nom de « banque du Vatican ». À tel point que François avait même clarifié ce point par un rescrit qui interprétait de manière restrictive une disposition contenue dans le texte de réforme de la Curie, le Praedicate Evangelium . Pourtant, dans ce cas, Léon XIV n'a pas hésité à annuler cette décision d'un trait de plume, abrogeant le rescrit par un motu proprio en trois articles qui, dès son nom – Coniucta Cura –, témoigne de la volonté de ramener les questions de gestion financière à une pratique plus collégiale.

    Les deux décisions sont différentes en apparence, mais elles s'inscrivent dans la compréhension globale de Léon de sa mission , qui est d'équilibrer l'héritage encombrant de son prédécesseur tout en gardant lui-même et le Vatican - son Vatican, maintenant - ainsi que toute l'Église concentrés sur l'avenir.

    Léon XIV avance sereinement, cherchant avant tout à régler les questions en suspens sans provoquer de nouveaux troubles. Nous ne le verrons pas distribuer les postes à son peuple d'un seul coup, comme si les bureaux de la Curie lui appartenaient dans le cadre d'un système de partage des richesses, mais il assurera la transition nécessaire.

    Cette attitude a bien sûr aussi ses inconvénients.

    Pendant un certain temps au moins, cela donnera un semblant de crédibilité aux partisans d'un récit qui placerait Léon XIV en parfait alignement avec son prédécesseur, selon lequel la synodalité souhaitée par François est plus vivante que jamais, malgré tous les signes contraires, et que la révolution du pape François se poursuivra à un rythme soutenu.

    Dilexi te ne contredit guère ce récit, du moins en apparence. Le fait que les cardinaux Michael Czerny et Konrad Krajewski – deux « créatures » du pape François – aient été appelés à présenter Dilexi te pourrait en être une confirmation supplémentaire.

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  • Le cardinal Müller condamne le Synode sur la synodalité qu'il qualifie de « prise de pouvoir laïque »

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    Du Catholic Herald :

    12 octobre 2025

    Le cardinal Müller condamne le Synode sur la synodalité qu'il qualifie de « prise de pouvoir laïque »

    Le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a formulé l'une de ses critiques les plus virulentes à l'encontre du Synode sur la synodalité.

    Dans la préface d'un nouvel ouvrage intitulé The Trojan Horse in the Catholic Church (Le cheval de Troie dans l'Église catholique), écrit sous le pseudonyme « Père Enoch », le prélat allemand met en garde contre le fait que le processus synodal représente une tentative de remodeler l'Église catholique selon des idéaux laïques et démocratiques.

    Le cardinal Müller, qui a participé aux sessions 2023 et 2024 du Synode sur la synodalité à Rome, écrit qu'il a été témoin direct de la manière dont ce processus a été « utilisé comme un moyen de saper la structure hiérarchique et sacramentelle de l'Église et de la remplacer par une pyramide inversée de gouvernance ».

    Il décrit le format des assemblées comme une rupture fondamentale avec les synodes précédents, les évêques étant relégués au même niveau que les participants laïcs. Selon le cardinal, cela représente un éloignement décisif du modèle défini dans Lumen Gentium, la constitution du Concile Vatican II sur l'Église, qui définissait sa nature comme hiérarchique et sacramentelle.

    Il met en garde contre le fait que ce changement marque le passage d'un rassemblement épiscopal offrant des conseils au pape à quelque chose qui ressemble davantage à la Voie synodale allemande ou même à une assemblée de style anglican.

    Le cardinal soutient que l'Église risque de se transformer en « une institution séculière et mondaine guidée non pas par l'enseignement de Notre Seigneur tel qu'il est révélé dans les Saintes Écritures et la Tradition apostolique, mais par des principes démocratiques ». Une telle institution, écrit-il, cesserait d'être le Corps mystique du Christ pour devenir « une ONG avec un programme religieux, émotionnel et moraliste ».

    La critique du cardinal Müller va au-delà de la structure du synode pour s'étendre à son contenu. Il affirme que le processus était « extrêmement contrôlé », seuls certains intervenants sélectionnés étant autorisés à s'adresser à l'assemblée, et que ses résultats étaient prédéterminés par ceux qui le dirigeaient. Parmi ses principaux objectifs, affirme-t-il, figurait la normalisation accrue de l'homosexualité au sein de l'Église.

    Il cite des discussions et des interventions qui, selon lui, visaient à réinterpréter l'enseignement moral de l'Église en invoquant de « nouvelles révélations » du Saint-Esprit qui permettraient de bénir les unions entre personnes du même sexe.

    Le cardinal insiste sur le fait que de telles tentatives constituent un « blasphème contre le Saint-Esprit » et une déformation délibérée de la doctrine catholique. Il qualifie l'idéologie LGBT promue par certains dans le cadre du processus synodal d'« antichrétienne », avertissant que « le Christ et l'Antéchrist ne peuvent être réconciliés ».

    Son avant-propos se termine par un appel aux évêques, aux prêtres et aux laïcs à lire Le cheval de Troie dans l'Église catholique afin de comprendre ce qu'il considère comme les graves dangers spirituels et ecclésiaux que représente l'expérience synodale.

    Le cardinal Gerhard Ludwig Müller a été ordonné prêtre en 1978 pour le diocèse de Mayence. Il a poursuivi des études supérieures en théologie sous la direction de Karl Lehmann et Joseph Ratzinger (futur pape Benoît XVI). Il est devenu professeur de théologie dogmatique à l'université Ludwig Maximilian de Munich en 1986 et a été nommé évêque de Ratisbonne en 2002.

    En 2012, le pape Benoît XVI a nommé Müller préfet de la CDF, faisant de lui l'une des figures les plus influentes de la supervision théologique et doctrinale du Vatican. Il a été élevé au rang de cardinal par le pape François en 2014. Après avoir quitté la CDF en 2017, il est devenu un critique virulent du libéralisme théologique et de nombreux aspects du pontificat du pape François.

  • Les 522 bienheureux martyrs de la guerre civile espagnole (13 octobre)

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    D'Evangile au Quotidien : 

    BBx 522 martyrs de la guerre d’Espagne († 1936-1939)

    Fête Le 13 Octobre

    Commémoration commune : le 13 octobre (jour de la béatification)

    Quand nous parlons des martyrs espagnols des années 1930, nous les appelons par erreur « les martyrs de la guerre civile ». Ce n’est pas le cas, car les premiers martyrs nous les trouvons en octobre 1934, au cours de la révolution des Asturies (neuf d'entre eux furent canonisés par St Jean-Paul II en 1999). Il manquait, alors, près de deux ans au début de la guerre civile, avec laquelle ces témoins n’avaient rien à voir.

    Dans ces années terribles beaucoup de membres du clergé et de consacrés furent assassinés simplement parce qu’ils appartenaient à l’Église ; et le martyre des hommes et des femmes de l’Action  Catholique et d’autres mouvements ecclésiaux était de même nature. Mais aucun d’eux ne fut impliqué dans des luttes politiques ou idéologiques. 

    Il est attesté que la persécution a commencé bien avant la guerre civile et qu’elle n’était pas la conséquence d’une prise de position de l’Église qui, seulement à partir de juillet 1937, appuya ouvertement une des parties en conflit parce l’autre avait cessé d’exister et on continuait de tuer les ecclésiastiques et les catholiques pratiquants.

    Le dimanche 13 octobre 2013, le cardinal Angelo Amato s.d.b., préfet de la congrégation pour les causes des saints, a béatifié cinq cent vingt-deux nouveaux martyrs au cours d'une messe célébrée à Tarragone en Catalogne. Une cérémonie exceptionnelle à laquelle ont participé de très nombreux prêtres, religieux et religieuses, des familles des martyrs et près de 25.000 personnes.

    Parmi ces martyrs figurent trois évêques, 97 prêtres, 3 séminaristes, 412 consacrés et 7 laïcs provenant de différents diocèses espagnols. Ils ont été tués pour la plupart entre 1936 et 1939 par les forces républicaines. Sept d'entre eux étaient étrangers: trois Français, un Cubain, un Colombien, un Philippin et un Portugais... « Louons le Seigneur pour leurs courageux témoignages, et par leur intercession, supplions-le de libérer le monde de toute violence » a dit le pape François à l'issue de l'angélus ; il a également enregistré un message vidéo qui a été retransmis au cours de la cérémonie espagnole dans lequel il demande aux nouveaux martyrs d’intercéder pour que nous ne soyons pas des chrétiens « sans substance », eux qui étaient des chrétiens « jusqu’au bout ».

    Liste des 522 martyrs selon les 33 causes de béatification (en bleu entre parenthèses) et par nom ou groupe avec en tête (par ordre alphabétique) le premier membre du groupe.

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