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Christianisme - Page 28

  • Cinq points clés du premier discours du pape Léon XIV sur l'état du monde

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    D'Edgar Beltran sur le Pillar :

    Cinq points clés du premier discours du pape Léon XIV sur l'état du monde

    Léon XIV a exposé ses priorités diplomatiques pour l'année à venir.

    Ce discours, traditionnellement prononcé en début d'année, est souvent qualifié de discours papal sur « l'état du monde ». Celui de cette année revêtait une importance particulière : c'était la première occasion pour Léon XIV d'esquisser ses priorités diplomatiques et d'indiquer sur quels points il souhaitait poursuivre ou, au contraire, s'éloigner du pape François.

    Qu’a dit Léon dans son discours – et quel éclairage son allocution apporte-t-elle sur ses priorités et son style diplomatiques pour l’année à venir ?

    Venezuela

    La partie du discours qui a sans doute été la plus scrutée concernait le Venezuela, suite à la capture par les États-Unis du dictateur vénézuélien Nicolás Maduro à Caracas et aux frappes aériennes contre des cibles militaires dans la ville.

    Dans son Angélus du 4 janvier, le pape a adopté un ton prudent, déclarant que « le bien du peuple vénézuélien bien-aimé doit prévaloir sur toute autre considération et nous conduire à surmonter la violence et à emprunter les voies de la justice et de la paix, en sauvegardant la souveraineté du pays, en assurant l'état de droit inscrit dans la Constitution, en respectant les droits humains et civils de chaque personne et de tous. »

    Il a repris ces propos dans son discours aux diplomates, déclarant qu'il renouvelait son « appel au respect de la volonté du peuple vénézuélien et à la sauvegarde des droits humains et civils de tous, afin d'assurer un avenir de stabilité et de concorde.

    Il a cité l'exemple des deux saints vénézuéliens récemment canonisés, saint José Gregorio Hernández et sainte Carmen Rendiles.

    « Puisse leur témoignage inspirer la construction d’une société fondée sur la justice, la vérité, la liberté et la fraternité, et permettre ainsi à la nation de se relever de la grave crise qui la frappe depuis tant d’années », a-t-il déclaré.

    Il est à noter que la version espagnole du discours du pape comprenait un paragraphe supplémentaire qui a été lu par erreur par le traducteur espagnol pendant le discours, mais que le pape n'a pas lu et qui n'apparaissait dans aucune autre version écrite du discours.

    Ce paragraphe désigne le trafic de drogue comme l'une des causes de la crise vénézuélienne.

    « Parmi les causes de cette crise figure sans aucun doute le trafic de drogue, qui est un fléau pour l’humanité et exige l’engagement conjoint de tous les pays pour l’éradiquer et empêcher que des millions de jeunes à travers le monde ne deviennent victimes de la toxicomanie », indique le rapport.

    « Parallèlement à ces efforts, il est indispensable d’investir davantage dans le développement humain, l’éducation et la création d’emplois pour les personnes qui, bien souvent, se retrouvent impliquées dans le monde de la drogue sans le savoir », conclut le texte.

    La mention du Venezuela dans son discours s'inscrit dans la continuité de l'approche mesurée de Leo face à la crise dans le pays, puisqu'il marche sur un fil entre la défense de la paix et du dialogue et le risque de donner l'impression de faire le jeu de Maduro en critiquant ouvertement les attaques menées par les États-Unis.

    Cependant, la mention apparemment effacée du trafic de drogue pourrait être perçue par les observateurs comme une occasion manquée d'attribuer la responsabilité de l'effondrement du Venezuela d'une manière que de nombreux Vénézuéliens — et gouvernements occidentaux — reconnaîtraient aisément.

    Liberté de conscience

    Le pape a consacré plusieurs paragraphes de son discours à la défense de la liberté de conscience et de religion dans le monde entier.

    Tout d'abord, Léon XIV a critiqué ouvertement les restrictions politisées à la liberté d'expression dans les pays occidentaux, affirmant que « la liberté d'expression est garantie précisément par la certitude du langage et le fait que chaque terme est ancré dans la vérité. Il est douloureux de constater à quel point, surtout en Occident, l'espace pour une véritable liberté d'expression se réduit rapidement. »

    « Parallèlement, un nouveau langage de type orwellien se développe qui, dans une tentative d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’alimentent », a-t-il ajouté.

    Il a déclaré que cet « affaiblissement du langage » a contribué à la violation de la liberté de conscience.

    « L’objection de conscience permet aux individus de refuser des obligations légales ou professionnelles qui entrent en conflit avec des principes moraux, éthiques ou religieux profondément ancrés dans leur vie personnelle. Il peut s’agir du refus du service militaire au nom de la non-violence, ou du refus, de la part des médecins et des professionnels de la santé, de pratiquer des actes tels que l’avortement ou l’euthanasie », a-t-il déclaré.

    « La liberté de conscience semble être de plus en plus remise en question par les États, même ceux qui se disent démocratiques et respectueux des droits de l’homme… Une société véritablement libre n’impose pas l’uniformité, mais protège la diversité des consciences, prévenant les tendances autoritaires et promouvant un dialogue éthique qui enrichit le tissu social », a-t-il ajouté.

    Le pape a également critiqué les attaques contre la liberté religieuse en Occident.

    « Parallèlement, il ne faut pas oublier une forme subtile de discrimination religieuse à l’encontre des chrétiens, qui se répand même dans les pays où ils sont majoritaires, comme en Europe ou en Amérique. »

    « Là-bas, leur capacité à proclamer les vérités de l’Évangile est parfois restreinte pour des raisons politiques ou idéologiques, notamment lorsqu’ils défendent la dignité des plus faibles, des enfants à naître, des réfugiés et des migrants, ou lorsqu’ils promeuvent la famille », a-t-il déclaré.

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  • L'intention de prière du pape Léon XIV pour le mois de janvier

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    De Francesca Pollio Fenton sur CNA :

    Voici l'intention de prière du pape Léon XIV pour le mois de janvier

    8 janvier 2026

    L'intention de prière du pape Léon XIV pour le mois de janvier est que les fidèles prient avec la parole de Dieu.

    Dans une vidéo diffusée le 7 janvier sur X, le Saint-Père a déclaré qu'il priait « pour que nous apprenions, pratiquions et aimions prier avec la parole de Dieu ».

    « Les Écritures sont pour nous une lettre d’amour de Dieu à l’humanité », a-t-il déclaré. « Prions pour que nous puissions tous puiser dans ce don et apprendre à connaître notre Seigneur. »

    Initiative « Priez avec le Pape »

    Le Réseau mondial de prière du Pape et le Dicastère pour la Communication ont annoncé le 7 janvier le lancement du projet « Prier avec le Pape ». Selon un communiqué de presse, il s'agit d'une nouvelle initiative dans le cadre de laquelle le pape partagera ses intentions de prière mensuelles par vidéo et audio, « invitant l'Église universelle et toutes les personnes de bonne volonté à s'unir spirituellement, en utilisant la même prière qui sera désormais dirigée par le pape lui-même ».

    « Cette initiative vise à accroître la visibilité des intentions de prière du pape, en utilisant un langage adapté à la prière, dans de nouveaux formats, afin de mieux toucher les fidèles du monde entier, notamment dans le monde actuel de la communication numérique », indique le communiqué de presse.

    Dans la vidéo intégrale diffusée sur le site web du Réseau mondial de prière du Pape, le pape Léon XIII récite une prière originale écrite spécialement pour l'intention de prière de ce mois-ci.

    Voici la prière complète du pape :

    Seigneur Jésus, Parole vivante du Père,

    En toi nous trouvons la lumière qui guide nos pas.

    Nous savons que le cœur humain vit dans l'agitation, avide de sens,

    et seul ton Évangile peut lui apporter paix et plénitude.

    Apprends-nous à t'écouter chaque jour dans les Écritures,

    nous laisser interpeller par votre voix,

    et pour discerner nos décisions

    de la proximité avec ton cœur.

    Que ta parole soit un réconfort dans la lassitude,

    l'espoir dans les ténèbres,

    et la force dans nos communautés.

    Seigneur, que ta parole ne soit jamais absente de nos lèvres ni de nos cœurs.

    la parole qui fait de nous des fils et des filles, des frères et des sœurs,

    disciples et missionnaires de votre royaume.

    Fais de nous une Église qui prie avec la Parole,

    qui s'appuie dessus et la partage avec joie,

    afin que l'espoir d'un monde nouveau puisse renaître en chaque personne.

    Que notre foi grandisse dans la rencontre avec toi à travers ta parole,

    nous émouvant du cœur

    tendre la main aux autres,

    servir les plus vulnérables,

    Pardonner, construire des ponts et proclamer la vie.

    Amen.

    L’option « Priez avec le Pape » est accessible sur le site web du Réseau mondial de prière du Pape et sur ses plateformes numériques.

  • Les chrétiens d'Alep pris en étau entre les Kurdes et les djihadistes

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    D'Elisa Gestri sur la NBQ :

    Les chrétiens d'Alep pris en étau entre les Kurdes et les djihadistes

    Un an après la chute d'Assad, la guerre civile entre les vainqueurs a repris en Syrie. Les forces d'Al-Charia et les milices djihadistes s'affrontent aux milices kurdes, notamment à Alep. L'ancienne communauté chrétienne locale se retrouve prise en étau. La Bussola a entendu leurs voix.

    10/01/2026

    Conformément aux accords conclus en mars dernier par le président autoproclamé de la Syrie, Ahmed al-Sharaa, avec les dirigeants des milices kurdes des FDS (Forces démocratiques syriennes), ces dernières étaient censées fusionner avec l'armée gouvernementale avant le 31 décembre 2025. Comme prévu, cela ne s'est pas produit et, à l'approche du Nouvel An, une escalade des affrontements entre les deux armées a commencé.

    La ville d'Alep a été le théâtre de violents combats, notamment les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d'Achrafieh, ainsi que les quartiers adjacents de Bani Zaid, al Siryan, al Halak et al Midan, habités par des Kurdes et des chrétiens. Durant les affrontements, la quasi-totalité de la ville a été bombardée sans discernement. Il va sans dire que les victimes civiles, contraintes de fuir massivement leurs foyers, ont été les principales victimes. Ces derniers jours, l'ultimatum ayant expiré, les combats se sont rapidement intensifiés. Le commandant en chef des FDS, Mazloum Abdi, s'est rendu à Damas dimanche dernier pour négocier avec les autorités gouvernementales la fusion des deux armées et la création d'un État kurde autonome au sein de l'État syrien, conformément aux accords de mars. Mais le jour de l'Épiphanie, lorsque la nouvelle du report des négociations est parvenue, les affrontements ont atteint une intensité brutale, avec des bombardements massifs de civils sans défense et la destruction de quartiers entiers, à tel point que les autorités syriennes ont fermé l'aéroport d'Alep.

    Le 6 janvier, les autorités syriennes ont tenu une réunion à Paris, sous l'égide des États-Unis, avec des responsables israéliensLe communiqué conjoint publié à l'issue de cette réunion indiquait que « le leadership de Trump au Moyen-Orient a permis un dialogue constructif, axé sur le respect de la souveraineté et de la stabilité de la Syrie ainsi que sur la sécurité d'Israël ». Les deux pays « se sont engagés à mettre en place un mécanisme conjoint visant à faciliter le partage de renseignements, la détente militaire, le dialogue diplomatique et les opportunités commerciales sous la supervision des États-Unis ».

    Le 7 janvier, l'armée syrienne a déclaré « zone militaire » les quartiers d'Alep où se déroulaient les combats à partir de 15 heures, précisant avoir mis en place deux « couloirs humanitaires » pour permettre l'évacuation des civils dévastés par trois jours de bombardements ininterrompus. L'administration d'Alep a également fermé les écoles, les universités et les bâtiments publics, à l'exception des hôpitaux.

    Étrangement, les ordres d'évacuation donnés par les autorités gouvernementales aux habitants de quartiers entiers ressemblent étrangement aux méthodes qu'Israël utilise quotidiennement au Liban pour éloigner des villages entiers des bombardements de Tsahal. On pourrait croire que la coopération entre Israël et les hommes d'Al-Sharaa commençait à porter ses fruits, si ce n'est que, le 8 janvier, Israël, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, n'a fermement condamné « les attaques des autorités syriennes contre la minorité kurde à Alep ».

    Après au moins 17 morts (ou 9, ou 12, selon la source), dont 99 % de civils, et un appel du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, les autorités syriennes ont conclu une trêve avec les milices des FDS dans la nuit du 8 au 9 janvier et ont imposé un couvre-feu à toute la ville, avec une interdiction totale de circulation.

    La communauté internationale aurait accueilli avec satisfaction l'annonce du cessez-le-feu ; pourtant, elle est restée impassible face à la transformation du pays en un véritable abattoir, digne de l'ancien dictateur Bachar el-Assad. Le sort des FDS demeure quant à lui incertain.

    Le New Daily Compass s'est entretenu avec Aline (ce n'est pas son vrai nom), une chrétienne maronite de 35 ans originaire d'Alep, qui est piégée avec d'autres réfugiés dans le sous-sol d'un immeuble depuis plus de soixante-douze heures, fuyant les bombardements qui ont détruit son quartier. « Depuis trois jours, notre ville est le théâtre de violents affrontements entre les milices kurdes des FDS et les forces gouvernementales : à mon avis, ce sont des terroristes. Les deux camps sont lourdement armés et s’affrontent depuis des mois, mais la dernière escalade est la plus intense. Ces combats se déroulent en plein cœur des quartiers résidentiels, menaçant directement les civils. Pendant trois jours, les tirs de mortier, d’obus et de roquettes ont été incessants, causant d’importants dégâts et mettant en danger sans distinction tous les citoyens. Depuis minuit ce soir (jeudi soir pour ceux qui lisent ces lignes), les tirs ont cessé ; le calme est revenu, mais nous n’osons pas encore rentrer chez nous. Les troupes kurdes viennent de commencer à se retirer de la ville. Nous attendons, espérant que la trêve tienne pour pouvoir aller voir ce qu’il reste de nos maisons », nous confie-t-il en français au téléphone.

    Nous demandons à Aline de confirmer si les chrétiens d'Alep sont directement touchés par les combats. « Absolument », répond-elle. « Entre les lignes de démarcation des forces kurdes et de l'armée syrienne, où sont stationnées leurs troupes respectives, se trouvent des quartiers chrétiens déjà fragilisés. Les Kurdes, en particulier, attaquent l'armée syrienne dans les rues al-Jabaa et al-Suryan, majoritairement habitées par des chrétiens. L'Église y a construit des logements pour les personnes dont les maisons ont été détruites lors du tremblement de terre de février 2023. Malheureusement, ces nouveaux bâtiments ont maintenant été touchés par des bombardements. De nombreux habitants ont été contraints de fuir vers des zones moins dangereuses, abandonnant leurs maisons et leurs biens, qui sont désormais la proie des pillages et des saccages perpétrés par des groupes armés. »

    Nous demandons si les chrétiens se sont organisés d'une quelconque manière, et comment, et s'ils sont capables de se défendre. « Certaines églises ont mis leurs salles paroissiales à la disposition des personnes déplacées, mais en tant que communauté chrétienne, nous n'avons que la prière face à ces événements. Nous vivons dans un climat de peur et d'incertitude. Nous avons récité le chapelet et imploré la protection du Seigneur pendant les huit heures de bombardements continus qui ont eu lieu mardi, jour de l'Épiphanie. »

    Le père Fadi Azir, prêtre franciscain de l'église de Terre Sainte à Alep, a lancé un appel à la paix dans une vidéo publiée sur la page Facebook Add Alsama. Tandis qu'il raconte comment ses frères et lui ont accueilli des réfugiés dans la salle paroissiale, on entend en arrière-plan de violents tirs d'artillerie, témoignant, s'il en était besoin, de la gravité de la situation. « L'avenir de la Syrie est incertain. Pour l'instant, nous tenons le coup… nous vivons dans l'incertitude, comme tout le monde. Prions », nous invite au téléphone sœur Giovanna (un nom d'emprunt), supérieure d'un monastère situé dans une autre région de Syrie. Prions et écoutons le cri de ces frères et sœurs, pour lesquels, nous en sommes certains, nous devrons rendre des comptes.

  • Le pape Léon XIV condamne l'avortement et la gestation pour autrui dans son discours adressé aux diplomates

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV 
    AUX MEMBRES DU CORPS DIPLOMATIQUE 
    ACCREDITÉ PRÈS LE SAINT-SIÈGE 
    POUR LA PRÉSENTATION DES VŒUX POUR LA NOUVELLE ANNÉE

    Salle des bénédictions
    Vendredi, 9 janvier 2026

    _________________________________

    Excellences,
    Distingués membres du Corps diplomatique,
    Mesdames et Messieurs,

    je tiens tout d’abord à remercier Son Excellence l’Ambassadeur George Poulides, Doyen du Corps diplomatique, pour les paroles aimables et respectueuses qu’il m’a adressées en votre nom à tous, et je vous souhaite bienvenue à cette rencontre organisée pour échanger nos vœux au début de la nouvelle année.

    Il s’agit d’un événement traditionnel dans la vie du Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, mais qui constitue une nouveauté pour moi qui ai été appelé il y a quelques mois à paître le troupeau du Christ. Je suis donc heureux de vous accueillir ce matin et je vous suis reconnaissant de votre forte participation, enrichie cette année par la présence des nouveaux Chefs de Mission résidents du Kazakhstan, du Burundi et de la Biélorussie. Je remercie les autorités gouvernementales respectives pour leur décision d’ouvrir des Représentations diplomatiques près le Saint-Siège à Rome, signe tangible des bonnes et fructueuses relations bilatérales. À travers vous tous, chers ambassadeurs, je souhaite adresser mes vœux de bonheur à vos pays et partager un regard sur notre époque tellement troublée par un nombre croissant de tensions et de conflits.

    L’année qui vient de s’achever a été riche en événements, à commencer par ceux qui ont directement touché la vie de l’Église, celle-ci ayant vécu un Jubilé intense et vu le retour à la Maison du Père de mon vénéré prédécesseur, le Pape François. Le monde entier s’est rassemblé autour de son cercueil le jour des funérailles, percevant la disparition d’un père qui a guidé le Peuple de Dieu avec une profonde charité pastorale.

    Il y a quelques jours, nous avons fermé la dernière Porte Sainte, celle de la basilique Saint-Pierre, que le Pape François avait ouverte lui-même la nuit de Noël 2024. Au cours de l’Année Sainte, des millions de pèlerins ont afflué à Rome pour accomplir le pèlerinage jubilaire. Chacun est venu chargé de son expérience, de ses questions et de ses joies, mais aussi de ses douleurs et de ses plaies, pour franchir les Portes Saintes, symbole du Christ lui-même, notre céleste médecin qui, en venant dans la chair, a pris sur lui notre humanité pour nous faire participer à sa vie divine, comme nous l’avons contemplé dans le mystère de Noël récemment célébré. Je suis convaincu que lors de ce passage, de nombreuses personnes ont pu approfondir ou redécouvrir leur relation avec le Seigneur Jésus, trouvant ainsi du réconfort et une espérance renouvelée pour affronter les défis de la vie.

    Je tiens ici à exprimer une particulière gratitude aux Romains qui, avec beaucoup de patience et de sens de l’hospitalité, ont reçu les nombreux pèlerins et touristes venus du monde entier dans la Ville éternelle.

    Je tiens à adresser une gratitude particulière au Gouvernement italien, à l’Administration capitoline et aux forces de l’ordre qui ont travaillé avec zèle et précision pour que Rome puisse accueillir tous les visiteurs et pour que les événements du Jubilé, comme ceux qui ont suivi le décès du Pape François, puissent se dérouler dans la sérénité et la sécurité.

    Le Saint-Siège et l’Italie partagent non seulement une proximité géographique, mais surtout une longue histoire de foi et de culture qui relie l’Église à cette magnifique Péninsule et à son peuple. En témoignent également les excellentes relations bilatérales scellées cette année par l’entrée en vigueur des modifications apportées à l’Accord sur l’assistance spirituelle des Forces Armées qui permettra un accompagnement spirituel plus efficace des femmes et des hommes exerçant leur service dans les Forces Armées en Italie comme dans leurs nombreuses missions à l’étranger, mais aussi par la signature de l’accord pour une installation agrivoltaïque à Santa Maria di Galeria, qui permettra d’alimenter la Cité du Vatican en électricité grâce à des sources renouvelables, confirmant ainsi l’engagement commun en faveur de la création. Je suis également reconnaissant pour les visites que m’ont rendues les hautes autorités de l’État au début de mon Pontificat et pour l’exquise hospitalité qui m’a été réservée au Palais du Quirinal par le Président de la République à qui je souhaite adresser mon cordial et reconnaissant souvenir.

    Au cours de l’année, répondant à l’invitation qui avait été faite au Pape François, j’ai eu la joie de pouvoir me rendre en Turquie et au Liban. Je suis reconnaissant aux Autorités des deux pays pour leur accueil. À İznik, en Turquie, j’ai eu l’occasion de commémorer, avec le Patriarche œcuménique de Constantinople et les représentants des autres confessions chrétiennes, les 1700 ans du Concile de Nicée, le premier concile œcuménique. Ce fut une occasion importante pour renouveler notre engagement sur le chemin vers la pleine unité visible de tous les chrétiens. Au Liban, j’ai rencontré un peuple qui, malgré les difficultés, est plein de foi et d’enthousiasme et j’ai perçu l’espoir émanant des jeunes qui aspirent à construire une société plus juste et plus soudée en renforçant l’entrelacement entre les cultures et les confessions religieuses qui rend le pays du Cèdre unique au monde.

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  • Les foules sont de retour aux audiences papales, mais la question de fond demeure

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    De Niwa Limbu sur le Catholic Herald :

    8 janvier 2026

    Les foules sont de retour aux audiences papales, mais la question de fond demeure.

     
    La fréquentation des audiences papales et des célébrations liturgiques a fortement augmenté en 2025, atteignant 3,17 millions de participants, selon les chiffres publiés par la Préfecture de la Maison papale, ce qui représente une augmentation de 88 % par rapport à l'année précédente après plus d'une décennie de déclin constant.

    Les données, qui couvrent les audiences générales, les célébrations liturgiques et la prière de l'Angélus, montrent une année divisée entre les derniers mois du pontificat du pape François et les huit premiers mois de celui du pape Léon XIV. Prises ensemble, elles indiquent une nette reprise numérique, bien qu'elle fasse suite à une longue période de contraction de la participation du public aux événements du Vatican.

    Au début du pontificat du pape François en 2013, la fréquentation annuelle des messes dépassait 7,3 millions de fidèles, un record absolu. Dès lors, la participation a chuté de façon quasi ininterrompue. En 2024, elle était tombée à 1 682 100, soit moins du quart du niveau observé au début de son pontificat, et aucune année n'a permis d'inverser durablement cette tendance.

    Au cours des premiers mois de 2025, la fréquentation est restée historiquement faible. Les chiffres de janvier à avril, durant la dernière phase du pontificat de François, font état d'un total de 262 820 participants. En janvier, on a dénombré 35 000 participants aux audiences générales et jubilaires, 8 500 aux audiences spéciales, 26 000 aux célébrations liturgiques et 60 000 à l'Angélus.

    En février, la fréquentation a encore diminué : 25 500 personnes ont assisté aux audiences générales, 1 750 aux audiences spéciales, 36 000 aux liturgies et 30 000 à l’Angélus. Mars et avril ont été marqués par une faible participation du public : seulement 70 personnes ont assisté aux audiences spéciales en avril, contre 40 000 à l’Angélus ce même mois.

    La dernière audience générale du pape François a eu lieu le 12 février, peu avant son hospitalisation et son décès. À ce moment-là, la participation avait atteint son niveau le plus bas du pontificat.

    L'élection du pape Léon XIV en mai a entraîné une augmentation immédiate de la fréquentation. De mai à décembre, 2,9 millions de personnes ont assisté aux événements pontificaux. Rien qu'en mai, on a dénombré 55 000 participants aux audiences générales, 11 000 aux audiences spéciales, 106 000 aux célébrations liturgiques et 200 000 à l'Angélus. En juin, on a enregistré 151 000 participants aux audiences générales, 18 000 aux audiences spéciales, 218 000 aux liturgies et 100 000 à l'Angélus.

    La fréquentation a baissé pendant les mois d'été, avec 35 000 personnes présentes aux audiences générales en juillet et 76 000 en août, avant de remonter à l'automne. En septembre, 180 000 personnes ont assisté aux audiences générales, 24 500 aux audiences spéciales, 136 000 aux liturgies et 60 000 à l'Angélus. Octobre a été le mois le plus fréquenté, avec 295 000 participants aux audiences générales, 54 000 aux audiences spéciales, 200 000 aux célébrations liturgiques et 50 000 à l'Angélus. Novembre et décembre sont restés forts, clôturant l'année avec respectivement 200 000 et 77 000 participants aux audiences générales.

    Si l'augmentation sous Léon XIV est significative, les chiffres restent bien inférieurs à ceux enregistrés au début du pontificat de François, lorsque la fréquentation annuelle dépassait régulièrement les sept millions.

    Si la visibilité publique a connu une augmentation positive, peu de gens ont remarqué que la reprise numérique ou tout regain d'intérêt à Rome ne saurait se substituer à la clarté doctrinale et à la confiance ecclésiale. L'Église n'est pas une démocratie. Elle ne se nourrit pas uniquement de popularité, mais de la cohérence entre ce qu'elle proclame, la manière dont elle gouverne et la manière dont elle comprend la personne humaine devant Dieu. Le soi-disant « effet Léon » risque d'être mal compris s'il est considéré comme une preuve de renouveau plutôt que comme un test permettant de déterminer si l'Église a tiré les leçons du long déclin qui l'a précédé.

    Après des années de baisse de fréquentation pendant la dernière partie du pontificat du pape François, l'afflux soudain de pèlerins et de visiteurs a été présenté comme une justification de la continuité. La logique semble évidente si la visibilité est interprétée comme une confirmation. Pourtant, l'histoire même de l'Église met en garde contre de telles hypothèses. Souvent attribuée à tort au pape Saint Jean-Paul II, mais pertinente ici, est la phrase selon laquelle « nous devons défendre la vérité à tout prix, même si nous ne sommes plus que douze ». Les périodes de vitalité visible ont souvent coïncidé avec une ambiguïté doctrinale, tandis que les périodes de faiblesse numérique ont parfois été celles de la plus grande clarté théologique.

    Léon XIV a été explicite quant à ses intentions. S'adressant au Collège des cardinaux le 10 mai, il les a exhortés à « reprendre ce précieux héritage [du pape François] et à poursuivre le chemin », une formulation qui ne laisse guère de doute sur le fait qu'il se considère comme un héritier plutôt que comme un correcteur. Depuis le début du pontificat, les questions d'orientation pastorale et de ton ont jusqu'à présent conservé la même posture fondamentale que celle qui définissait le précédent.

    Le déclin prolongé de l'engagement au cours de la dernière décennie ne s'est pas produit du jour au lendemain. Il s'est déroulé parallèlement à des années de disputes controversées avec Rome, notamment sur la théologie morale et les préférences liturgiques, exacerbées par un style de communication papale qui privilégiait souvent les remarques improvisées et impréparées plutôt que la précision. Pour de nombreux catholiques, le résultat n'a pas été la libération, mais l'incertitude. La participation a diminué non pas parce que l'Église était trop exigeante, mais parce qu'elle semblait de plus en plus incertaine de ce qu'elle souhaitait exiger.

    Léon XIV hérite de ce paysage et, à bien des égards, a choisi de ne pas le redessiner. Sur le plan doctrinal, son approche des questions pastorales controversées a jusqu'à présent reflété celle de son prédécesseur, en maintenant une posture d'ouverture. Dans le même temps, des signes plus subtils d'ajustement ont été observés. Les réformes au sein de la gouvernance du Vatican, notamment la surveillance financière et la restructuration administrative, ainsi que les nominations épiscopales dans plusieurs régions suggèrent un rééquilibrage, favorisant les candidats locaux et compétents sur le plan administratif. On note notamment un retour visible à des vêtements liturgiques et à une tenue papale plus traditionnels. Ces changements, bien que modestes, ont été remarqués par ceux qui craignaient une poursuite ininterrompue des tendances les plus déstabilisantes de l'ère François.

    La tension reste toutefois irrésolue. La popularité, même lorsqu'elle est réelle, ne répond pas à la question sous-jacente de la crédibilité. Les foules peuvent se rassembler par curiosité, par goût de la nouveauté ou par soulagement, mais elles ne témoignent pas en elles-mêmes d'un renouveau de la foi. La mission de l'Église n'a jamais été de rivaliser sur le marché de l'approbation.

    C'est pourquoi l'attitude publique de Léon XIV est aussi importante que ses politiques. L'habitude des remarques spontanées qui caractérisait une grande partie du pontificat précédent a diminué mais n'a pas disparu, refaisant surface à certains moments, notamment dans des commentaires aux médias à l'extérieur de Castel Gandolfo.

    Dans le même temps, Léon XIV bénéficie d'un taux d'approbation exceptionnellement élevé dans les sondages internationaux, en particulier aux États-Unis et dans certaines régions d'Europe. Cela lui confère un certain pouvoir d'influence et façonne le discours médiatique autour de son pontificat. Cependant, l'approbation est une base fragile pour le renouveau ecclésial.

    La caractéristique la plus révélatrice du moment présent n'est donc pas l'augmentation de la fréquentation, mais la combinaison de gestes visant à rassurer sur la doctrine, de modestes réajustements dans la gouvernance et d'un style moins conflictuel, qui ont contribué à stabiliser une Église qui, sous le pape François, semblait souvent en guerre contre elle-même. Cette maîtrise des conflits internes peut expliquer pourquoi la participation a rebondi sans pour autant revenir à ses niveaux historiques. Le véritable test de ce pontificat ne sera pas le nombre de personnes qui se rassemblent sur la place Saint-Pierre, mais la capacité de l'Église à affirmer avec plus de certitude ses convictions.

  • C'est l'incroyant moderne qui est finalement dépourvu de joie, et la société incrédule moderne qui est sans espoir

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    Le défi que Pierre Manent lance à l'Occident est complexe, affranchi de toute simple nostalgie.

    Dans son ouvrage « Challenging Modern Atheism and Indifference: Pascal's Defense of the Christian Proposition », Manent affirme que c'est l'incroyant moderne qui est finalement dépourvu de joie, et la société incrédule moderne qui est sans espoir.

    Au milieu du XVIIe siècle, Blaise Pascal n'était pas le seul à s'inquiéter du fait que sa nation et son continent n'étaient plus suffisamment chrétiens. Aujourd'hui, l'idée d'une société chrétienne est bien plus éloignée de la réalité qu'à l'époque de Pascal, et pourtant, comme l'écrivait T.S. Eliot dans son introduction à l'édition de poche de 1958 des  Pensées de Pascal chez Dutton, le monde moderne compte encore un nombre non négligeable de personnes pour qui « le christianisme, et le christianisme catholique, expliquent le mieux le monde et surtout le monde moral intérieur ».

    L’œuvre de Pascal nous offre une sagesse précieuse pour réfléchir non seulement à la manière d’être des chrétiens authentiques à chaque génération, mais aussi à la façon de reconstruire aujourd’hui la société occidentale sur la base de la foi qui l’a longtemps définie. Pierre Manent, figure emblématique de la philosophie politique française, réinterprète Pascal pour notre temps, ravivant l’espoir d’un avenir fidèle à la foi.

    Dans son nouvel ouvrage publié aux Presses de l'Université de Notre Dame,  *Challenging Modern Atheism and Indifference: Pascal's Defense of the Christian Proposition*  ( traduit par Paul Seaton ), Manent commence par un constat sans détour de l'état spirituel actuel de son continent : « L'Europe n'aborde pas la question de Dieu, si ce n'est pour la tenir à distance. Elle ne fait que l'effleurer afin de ne pas en être affectée. » En Europe aujourd'hui, et sans doute aussi aux États-Unis, on ne sait guère par où commencer pour examiner ce qu'est le christianisme, ce qu'il devrait être, ou ce qu'il devrait apporter à l'individu. Plus important encore, rares sont ceux qui osent même s'interroger sur la possibilité d'être un  peuple chrétien . Comme le souligne Manent dans un ouvrage précédent, *  Beyond Radical Secularism* ( 2015 ), la société chrétienne est devenue presque du jour au lendemain « un monde aussi éloigné de nous que les Grecs et les Romains ».

    C'était une anomalie dans le système séculier ; aussi, lorsque des foules de jeunes adultes, chapelets à la main, ont encerclé la cathédrale Notre-Dame de Paris, menacée par les flammes, le 15 avril 2019, implorant qu'on l'épargne, ce jour-là, tandis que le père Jean-Marc Fournier se précipitait à l'intérieur pour sauver la relique de la couronne d'épines du Christ, c'était comme si les plus hautes valeurs d'une époque révolue avaient fait irruption dans le relativisme établi de l'ère post-chrétienne. Une église, et par extension l'  Église, semblait de nouveau primordiale aux yeux du monde. Ou peut-être un géant endormi s'était-il brièvement réveillé.

    Dans ces moments-là, l'indifférence envers le christianisme, ancrée dans ce qu'Eliot décrit comme le « point de vue incrédule » de Voltaire, paraît absurde. Nous comprenons que tout n'est pas perdu. Il reste encore un territoire religieux intact, et un travail de restauration passionnant nous attend, nous qui croyons. Comme l'écrit Daniel J. Mahoney dans sa préface minutieuse à  *Challenging Modern Atheism and Indifference* , « l'Europe ne peut échapper à l'influence du christianisme ».

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  • Alors que les barbares se tenaient autrefois aux portes, aujourd'hui, ils s'installent à l'intérieur...

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    Du sur le CWR :

    Retrouver le fil d'or de la civilisation occidentale

    Alors que les barbares se tenaient habituellement à l'extérieur des portes, constituant une menace visible, aujourd'hui ils se tiennent fermement à l'intérieur.

    À quoi ressemblerait l'effondrement de la civilisation ?

    On pourrait immédiatement penser aux coupures d'électricité, aux perturbations des chaînes d'approvisionnement, à la violence urbaine et au dysfonctionnement de l'État. Certes, ces éléments peuvent témoigner du fonctionnement d'une société moderne, mais ils ne constituent pas l'essence même de la civilisation. Une personne civilisée ne se contente pas de vivre en ville (la « civitas » , qui donne son nom à la civilisation), mais se conforme à un idéal culturel. Un barbare vit au gré de ses besoins et désirs immédiats, tandis qu'une personne civilisée pense et agit selon des principes plus élevés de décence et de noblesse, reconnaissant des valeurs supérieures au sein de l'âme et de la société.

    Les grandes civilisations se sont fixé des objectifs qui transcendent les préoccupations quotidiennes, tels que le perfectionnement de l'esprit, la culture des arts et la promotion d'une vie vertueuse. Le barbare ne peut saisir l'essence ni la finalité de ces fins, les jugeant impraticables ou vaines, ce qui explique pourquoi il était souvent connu pour détruire les acquis de la civilisation. Ceux qui œuvraient à bâtir un héritage culturel en comprenaient généralement la fragilité et la nécessité constante de le transmettre et de le défendre.

    Alors que les barbares se tenaient autrefois aux portes, menaçants et invisibles, aujourd'hui, ils s'y installent. Nous sommes les barbares. Nous avons peu à peu sapé les acquis des deux mille cinq cents dernières années, les rejetant sans les transmettre à nos enfants. Notre façon de parler, de nous habiller, de penser, d'agir et, surtout peut-être, de nous divertir, témoigne d'un manque d'âme civilisée. Et cette corruption intérieure s'est déjà manifestée extérieurement : nous méprisons la vie humaine, corrompons les enfants par l'idéologie à l'école et laissons les foules semer le chaos.

    La civilisation occidentale a été menacée d'extinction à maintes reprises. Lors de l'effondrement de l'Empire romain d'Occident, envahi par une succession de tribus germaniques, l'œuvre de Boèce et de Cassiodore a assuré la survie du savoir classique grâce à leurs manuels et traductions, copiés par des générations de scribes monastiques. Lorsque ces populations barbares se convertirent enfin au catholicisme et commencèrent à rétablir l'ordre sous Charlemagne, une nouvelle vague d'invasions détruisit une grande partie de ce qui avait été accompli. Alfred le Grand, combattant la Grande Armée païenne, entreprit personnellement de traduire des ouvrages importants du latin en vieil anglais afin de préserver la culture de son royaume assiégé.

    À l'époque moderne, Dom Prosper Guéranger a rétabli la vie bénédictine en France après la fermeture des monastères par Napoléon, faisant de son monastère de Solesmes un symbole de la renaissance chrétienne en tant que centre de collecte de manuscrits qui a stimulé l'étude des Pères de l'Église et un renouveau du chant grégorien.

    « L’Occident a échoué », déclara Denethor, désespéré, dans Le Seigneur des Anneaux de Tolkien . Même si l’Occident a sombré dans la barbarie à bien des égards, nous ne sommes nullement condamnés à y demeurer. Il sera toutefois difficile de recouvrer l’héritage de notre civilisation si nous restons dans l’ignorance. Nous avons besoin d’une meilleure connaissance des actes, des œuvres et des idéaux de la civilisation occidentale pour former nos esprits et inspirer la renaissance d’une société civilisée. Pour ceux qui débutent, il est utile de se procurer un guide de voyage, conçu pour nous orienter et nous permettre de découvrir par nous-mêmes le riche héritage de l’Occident.

    Un nouvel ouvrage en deux volumes vise précisément cet objectif : *Le Fil d’or : Histoire de la tradition occidentale* , écrit par les éminents chercheurs Allen Guelzo et James Hankins (Golden Thread Academics est une collection d’Encounter Books). Ce travail colossal, qui retrace l’histoire de l’Occident de la Grèce antique au XXe siècle, compte plus de deux mille pages au total (de quoi me donner des crampes à la main pendant ma lecture !).

    L'ouvrage est magnifiquement réalisé, richement illustré d'œuvres d'art, de portraits, de frises chronologiques et de nombreuses cartes. Il comprend également de courts extraits de sources primaires et des « fils narratifs » qui offrent un contexte et une perspective supplémentaires sur les œuvres culturelles. J'apprécie son approche interdisciplinaire qui, bien qu'à dominante historique, accorde une attention particulière à la philosophie, à l'art, à la religion, au droit, à la littérature et aux sciences.

    Et, contrairement à beaucoup d'autres ouvrages, il ne survole pas la chrétienté médiévale ; au contraire, il consacre une large place à l'essor de la Rome chrétienne et au développement d'une culture spécifiquement chrétienne en Occident.

    Nous nous sommes peut-être égarés, mais nous n'avons pas encore échoué. Nous pouvons retrouver notre chemin, en renouant avec le fil d'or de notre tradition. L'image du fil d'or remonte à Thésée, qui s'en servit pour se repérer dans le labyrinthe lors de sa quête pour terrasser le Minotaure. Si cette bête mythique représentait une obscurité destructrice tapie sous la surface de la civilisation, elle a refait surface sous une nouvelle forme technologique. Notre propre création menace de nous submerger, et il est hors de question de s'enliser dans le doute existentiel.

    Pour relever ce défi, nous devons réfléchir davantage, et non moins, redécouvrir la beauté de l'amour sacrificiel et devenir des créateurs culturels plutôt que de sombrer dans la passivité.

    Il est temps de renouer avec le fil d'or de l'Occident afin de perpétuer cette grande et noble tradition, en puisant dans ses profondeurs pour surmonter notre superficialité et réparer sa partie brisée en la transmettant à la génération suivante.

  • En Espagne jadis catholique, les incidents christianophobes se multiplient

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    En Espagne catholique, les incidents de christianophobie sont en augmentation.

    Actes de blasphème et attaques contre le Saint-Sacrement. En Espagne, la christianophobie est devenue une urgence quotidienne. Le récent épisode de profanation dans un monastère de Valladolid a réaffirmé la nécessité de surveiller ces phénomènes à l'échelle européenne. 

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    La christianophobie progresse en Espagne, pays où le gouvernement Sánchez et ses alliés de gauche populistes devront bientôt répondre de leur corruption systémique et sont actuellement pris dans la tourmente d'enquêtes, de scandales et de procès. Dans ce contexte loin d'être pacifique, plusieurs actes de christianophobie alarmants ont été commis par des groupes non identifiés, vraisemblablement liés à l'extrémisme islamique et/ou communiste.

    Ce type de christianophobie se manifeste notamment non seulement par des actes de blasphème, d'enlèvement et de vol du Saint-Sacrement, mais aussi par le « martyre des choses », c'est-à-dire des attaques contre les symboles chrétiens, témoignant ainsi d'une haine violente envers le Christ, l'histoire et les traditions du pays. Le 28 décembre dernier, le Saint-Sacrement a été profané au monastère du Saint-Esprit à Valladolid, en Espagne. Les hosties consacrées, conservées dans le tabernacle, ont été volées, ce qui constitue « une offense particulièrement grave contre le Seigneur et l’Église catholique, puisque le Saint-Sacrement est la présence réelle de Jésus-Christ dans le pain et le vin, transformés en son Corps et son Sang après la consécration », a déclaré l’archevêché de Valladolid, qui a ajouté : « Nous déplorons de devoir dénoncer pour la deuxième fois cette année la profanation du tabernacle de l’une de nos églises. Nous invitons une fois encore tous les fidèles de Valladolid à prier pour ce sacrilège et à veiller à la célébration de l’Eucharistie et à la conservation du Saint-Sacrement dans le tabernacle. » 

    L’archevêque Argüello, président de la Conférence épiscopale espagnole et archevêque de Valladolid, a célébré une cérémonie de réparation le samedi 3 janvier « pour les dommages causés au Très Saint Sacrement de l’Eucharistie ». Au cours des mois précédents, d’autres cas graves avaient été signalés, mais les auteurs n’avaient pas encore été traduits en justice. Plus précisément, le dimanche 27 juillet, le vicaire général de l’archidiocèse d’Oviedo, Adolfo Mariño, a présidé une messe de réparation à l’église Santa Teresa de Soto de Trubia, après que des individus non identifiés s’y soient introduits par effraction aux premières heures du 18 juillet, commettant « un acte de profanation et un grave sacrilège contre le Très Saint Sacrement » et dérobant plusieurs vases sacrés utilisés pour le culte. Pire encore, il s’agissait de la troisième « attaque » contre l’église de Trubia en moins d’un mois, où des vitraux avaient déjà été brisés et les murs extérieurs dégradés. 

    Le mois d'août dernier a été marqué par un nombre record de profanations, de blasphèmes et d'actes sacrilèges en Espagne, avec sept attaques contre des églises catholiques, selon un rapport de l'Observatoire pour la liberté religieuse et la conscience (OLRC). L'OLRC a exhorté à « ne pas banaliser la multiplication quotidienne des attaques contre les églises, les croyants et les profanations », car elles violent la liberté religieuse, reconnue par l'article 18 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et l'article 16 de la Constitution espagnole. Ces attaques ont eu lieu entre le 11 et le 31 août.

    Le 11 août, des actes de vandalisme ont été commis à l'église paroissiale Santa Catalina (Rute, Cordoue), où de la peinture noire a été déversée sur les marches ; le 13, des graffitis injurieux sont apparus à l'église paroissiale Verge del Carme (Palma, Îles Baléares) ; le 17, un homme d'origine nord-africaine a incendié une église paroissiale à Albuñol (Grenade) après avoir endommagé plusieurs images religieuses ; le 24, une femme africaine est entrée dans l'église de Yeles (Tolède) et a vandalisé plusieurs images religieuses ; le 31 août, des militants de « Futuro Vegetal » ont jeté de la peinture sur la Sagrada Familia à Barcelone, protestant contre la « complicité » des politiciens dans les incendies qui ravagent le pays.

    Plus graves encore furent les « incidents » survenus les 12 et 14 août. Le 12 août, une personne transgenre originaire d'Amérique du Sud profana la chapelle de l'Adoration eucharistique perpétuelle de Valence. Elle pénétra par effraction dans la chapelle, s'approcha de l'autel et détruisit l'ostensoir, tout en proférant des insultes à l'encontre des fidèles. Deux jours plus tard, le 14 août, lors de la célébration eucharistique à la cathédrale de Valence, une violente agression eut lieu contre le sacristain et des paroissiens.

    La succession d'attaques contre le Christ vivant et véritable, ses reliques eucharistiques, les églises catholiques et les lieux de culte démontre que la violence et la haine envers les chrétiens en Espagne sont en forte augmentation et excessivement tolérées par les autorités compétentes. Ne serait-il pas préférable que Bruxelles nomme enfin un coordinateur chargé de surveiller et de combattre la christianophobie, voire la corruption systémique de la gauche, plutôt que de demander à l'Espagne d'abolir la fête du 6 janvier, jour de l'Épiphanie et de l'Épiphanie ? 

  • Au vu d'une conception chrétienne des relations internationales, que faut-il penser de la politique de Trump à l'égard du Venezuela et de l'exfiltration de Maduro ?

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    A la question : "Au vu d'une conception chrétienne des relations internationales, que faut-il penser de la politique de Trump à l'égard du Venezuela et de l'exfiltration de Maduro ?", un site d'intelligence artificielle nous répond :

    La question porte sur une évaluation de la politique de Donald Trump envers le Venezuela, en particulier l'opération d'exfiltration de Nicolás Maduro en janvier 2026, à la lumière d'une conception chrétienne des relations internationales. Je vais aborder cela de manière équilibrée et non partisane, en m'appuyant sur des principes chrétiens classiques tels que la théorie de la guerre juste (développée par saint Augustin et saint Thomas d'Aquin), le respect de la souveraineté des nations, la poursuite de la paix et de la justice, ainsi que l'amour du prochain et la miséricorde, inspirés des Écritures (par exemple, Matthieu 5:9 : « Heureux les artisans de paix » ; Michée 6:8 : « On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; et ce que l'Éternel demande de toi, c'est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu »).

    Principes chrétiens en relations internationales

    Dans une perspective chrétienne, les relations entre nations ne sont pas régies par la seule puissance ou l'intérêt national, mais par des normes éthiques dérivées de la Bible et de la tradition chrétienne. Voici les clés pertinentes :

    • Souveraineté et non-ingérence : Les nations sont vues comme des entités ordonnées par Dieu (Actes 17:26), avec un droit à l'autodétermination. L'intervention étrangère doit être exceptionnelle, justifiée par une grave menace ou une crise humanitaire, et préférablement autorisée par une instance légitime comme l'ONU (analogue à une « autorité supérieure » dans la théorie augustinienne).
    • Théorie de la guerre juste : Pour qu'une action militaire soit légitime, elle doit répondre à des critères stricts :
      • Cause juste (défense contre une agression ou protection des innocents).
      • Autorité légitime (décision prise par une instance reconnue, non unilatérale).
      • Intention droite (viser la paix et la justice, non le gain personnel ou la vengeance).
      • Dernier recours (après épuisement des moyens pacifiques comme la diplomatie ou les sanctions).
      • Proportionnalité (les bénéfices doivent l'emporter sur les dommages).
      • Chance raisonnable de succès.
    • Justice, miséricorde et humanité : Le christianisme insiste sur la protection des opprimés (Psaume 82:3-4), mais aussi sur la non-violence quand possible (Matthieu 26:52). Les actions doivent promouvoir la dignité humaine, éviter les souffrances inutiles et viser une paix durable, non une domination.

    Les chrétiens sont divisés sur l'application de ces principes : certains, influencés par une vision « providentialiste » ou nationaliste, soutiennent des interventions pour « libérer » des peuples ; d'autres, plus pacifistes ou universalistes, les rejettent comme contraires à l'Évangile de paix.

    La politique de Trump envers le Venezuela

    Sous la première présidence de Trump (2017-2021), la politique vis-à-vis du Venezuela s'est centrée sur des sanctions économiques sévères contre le régime de Maduro, accusé de violations des droits humains, de fraude électorale et de liens avec le narcotrafic. Trump a reconnu Juan Guaidó comme président intérimaire en 2019 et a exploré des options pour un départ négocié de Maduro. Dans sa seconde présidence (à partir de 2025), cela a culminé en une escalade militaire : déploiement naval dans les Caraïbes, frappes contre des navires soupçonnés de trafic de drogue, et enfin l'opération « Absolute Resolve » le 3 janvier 2026. Cette opération, menée par des forces spéciales américaines, a consisté en une incursion nocturne à Caracas pour capturer Maduro et son épouse, Cilia Flores, les extrayant vers les États-Unis pour les juger sur des chefs d'accusation liés au narcotrafic. Trump a annoncé que les États-Unis « géreraient » le Venezuela temporairement jusqu'à une transition, en soutenant Delcy Rodríguez comme présidente intérimaire (bien qu'elle ait condamné l'action), et a évoqué l'exploitation des réserves pétrolières vénézuéliennes par des compagnies américaines.

    Cette « exfiltration » – un euphémisme pour une opération d'enlèvement militaire – a été justifiée par Trump comme une action de « maintien de l'ordre » contre un « narco-terroriste », non comme une guerre, mais elle a entraîné des morts (au moins 40 Vénézuéliens selon des rapports) et a été condamnée internationalement comme une violation de la souveraineté. (En fait, cette opération américaine de capture du couple Maduro aurait fait au moins 55 morts, 23 militaires vénézuéliens et 32 cubains (n.d.B.))

    Évaluation à la lumière des principes chrétiens

    Du point de vue chrétien, cette politique soulève des tensions profondes. Voici une analyse équilibrée :

    Aspects potentiellement positifs ou justifiables

    • Protection des opprimés et justice : Le régime de Maduro a causé une crise humanitaire majeure – hyperinflation, famine, exode de millions de Vénézuéliens, répression violente des opposants. Des chrétiens vénézuéliens et évangéliques (comme certains pasteurs exilés ou Franklin Graham aux États-Unis) y voient une « intervention divine » ou une réponse à des prières pour la libération d'un « dictateur maléfique ». Cela résonne avec des passages bibliques sur la chute des tyrans (Psaume 37:35-36) et la défense des faibles. Si l'intention était purement humanitaire, cela pourrait s'aligner avec une « intervention responsable » pour restaurer la justice, comme certains théologiens chrétiens défendent dans des cas de génocide ou d'oppression extrême.
    • Fin d'une menace : Les liens présumés de Maduro avec le narcotrafic affectent les États-Unis (via l'immigration et les drogues), ce qui pourrait être vu comme une cause juste de défense nationale, analogue à la protection du « prochain » (Lévitique 19:18).

    Aspects critiques ou problématiques

    • Violation de la souveraineté et absence d'autorité légitime : L'opération unilatérale, sans approbation du Congrès américain, de l'ONU ou d'une coalition internationale, contrevient à la Charte des Nations Unies (que des théologiens chrétiens comme Mary Ellen O'Connell de Notre-Dame considèrent inspirée de principes chrétiens de paix). Cela ressemble à une agression impérialiste, contraire à la théorie de la guerre juste, qui exige une autorité reconnue. Des leaders chrétiens modérés (comme l'Église épiscopale américaine) appellent à une enquête, craignant l'instabilité et la violence accrue, et la qualifient de contraire aux résolutions de leur convention générale sur l'usage de la force.
    • Intention discutable et proportionnalité : Trump a explicitement mentionné le contrôle des réserves pétrolières (« Nous allons le gérer... et garder tout ce pétrole »), ce qui suggère des motifs économiques plutôt que purs. Cela évoque une convoitise (Exode 20:17) et une domination, non la miséricorde. L'opération, bien que rapide, a causé des morts civiles et militaires, et risque un chaos post-Maduro (luttes de factions, instabilité régionale). Était-ce un dernier recours ? Les sanctions et la diplomatie étaient en place depuis des années, mais l'escalade militaire semble précipitée, non proportionnée.
    • Manque de paix et de miséricorde : Des chrétiens progressistes et catholiques (comme les évêques vénézuéliens) insistent sur la confiance en Dieu plutôt que la violence, appelant à la prière et à la calme. Ils soulignent que célébrer la « chute » d'un homme, même tyran, ignore la dignité humaine (Genèse 1:27) et risque de perpétuer un cycle de vengeance. Des voix évangéliques vénézuéliennes, tout en espérant le changement, refusent la haine et appellent à la réconciliation.

    En somme, une conception chrétienne authentique tendrait à critiquer cette politique comme non conforme à la guerre juste : elle manque d'autorité légitime, d'intention pure et de dernier recours, et risque de prioriser le pouvoir sur la paix. Bien que le soulagement pour les Vénézuéliens opprimés soit compréhensible – et que certains chrétiens y voient une justice divine –, l'approche unilatérale et motivée par l'intérêt national apparaît comme une forme d'arrogance humaine, contraire à l'humilité prônée par le Christ (Philippiens 2:3-4). Au lieu d'une intervention militaire, une réponse chrétienne privilégierait la diplomatie multilatérale, l'aide humanitaire et le soutien à une transition pacifique, en priant pour la guérison du Venezuela. Les divisions parmi les chrétiens reflètent des interprétations variées, mais l'appel biblique à la paix reste central.

    ... et vous, qu'en pensez-vous ?

  • L'Année Sainte est terminée; quel bilan ?

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    De kath.net/news :

    Que reste-t-il à la fin de l'Année Sainte ?

    6 janvier 2026

    Selon les dernières estimations, Rome a accueilli cette année 35 millions de visiteurs – un tournant marqué par le changement de pape –, le prochain grand événement religieux étant prévu pour 2033 – analyse de Sabine Kleyboldt

    Un triste événement a marqué la première moitié de l'« Année jubilaire » 2025 : le décès du pape François le 21 avril. Cela ne s'était produit auparavant que lors de l'Année sainte de 1700, année du décès d'Innocent XII.

    Mais le point bas de 2025 a aussi marqué un tournant. Après une sorte de vide causé par la maladie, l'hospitalisation et le décès du pape François, un nouveau départ était possible. Et Léon XIV, élu le 8 mai, s'est immédiatement mis au travail : il a repris les réunions spéciales pour l'Année sainte, dont beaucoup avaient été annulées en raison de l'absence du pape François à partir de la mi-février.

    56 guerres dans le monde

    L’archevêque Rino Fisichella, délégué du pape pour l’Année sainte, évoque une Église dynamique et en mouvement, comme en témoignent les flux de pèlerins venus du monde entier. « Nous, chrétiens, devons être de véritables “pèlerins de l’espérance” dans un monde ébranlé par 56 guerres », déclare-t-il, faisant allusion à la devise de l’Année sainte. Il ajoute que cet événement d’envergure témoigne du profond désir de spiritualité qui anime les fidèles.

    Dans le même temps, il espère des répercussions politiques suite à cette année anniversaire. Presque chaque week-end, des rencontres thématiques spécifiques ont été organisées, notamment pour les personnes démunies, les prisonniers, les gouvernements, les prêtres, les diacres, les personnels soignants, les magistrats, les médias, les chorales, les athlètes, les personnalités influentes, les familles, les jeunes et les personnes âgées. Lors de ces rencontres, le Pape a notamment plaidé pour des mesures de remise de peine, le remboursement de la dette écologique des pays riches envers les pays pauvres et, à plusieurs reprises, pour la fin des guerres, des violences et des injustices. Fisichella espère que ces initiatives auront désormais un impact politique.

    Nouvelle « salle d'écoute » dans la basilique Saint-Pierre

    Le Vatican lui-même a répondu à l'évolution des attentes des fidèles envers l'Église : en septembre, un « espace d'écoute » a été aménagé dans la basilique Saint-Pierre. Dans un simple box situé dans le bas-côté gauche, chacun peut confier ses problèmes et ses questions existentielles à des prêtres, des religieux ou des laïcs. Orazio Pepe, secrétaire de l'atelier de la basilique, y voit une nouvelle forme d'ouverture, accessible également aux personnes sans appartenance religieuse.

    Le Vatican réagissait à l'afflux massif de visiteurs, dont certains n'étaient pas des pèlerins fervents. Dès la mi-décembre, les organisateurs estimaient leur nombre à 32 millions ; à la fermeture des portes le 6 janvier, ce chiffre avoisinait probablement les 35 millions. À titre de comparaison, en 2000, « seulement » 25 millions de personnes s'étaient rendues au Vatican, et lors de l'Année sainte de la Miséricorde en 2016, ce nombre s'élevait à 20 millions.

    1,2 million de jeunes

    Le nombre de participants au rassemblement des jeunes pour l'Année sainte était également gigantesque : début août, selon les organisateurs, 1,2 million de jeunes se sont réunis au sud-est de Rome pour célébrer eux-mêmes, le pape et leur foi.

    L’Année Sainte touche à sa fin et Léon XIV a gagné en assurance dans sa présence publique. Au début de l’année, il a déclaré que l’Année Sainte était le signe d’un monde « renouvelé et réconcilié selon le dessein de Dieu ». Dans ce dessein, Rome occupe une place particulière. Il souhaite que Rome, inspirée par l’espérance chrétienne, puisse à l’avenir servir encore plus pleinement le dessein de Dieu pour l’humanité.

    Durant l’Année Sainte, les fidèles se rendaient à Rome pour prier sur le tombeau de l’apôtre Pierre et réaffirmer leur engagement envers le Christ. « Cela nous rappelle que toute notre vie est un cheminement dont le but ultime transcende l’espace et le temps, pour s’accomplir dans la rencontre avec Dieu, dans une communion parfaite et éternelle avec lui. » Franchir la Porte Sainte en priant et en demandant des indulgences pour le pardon des péchés participe de cette « rencontre entre le fini et l’infini ».

    Par ailleurs, Léon XIV a proclamé une « Année Sainte de la Rédemption » pour 2033, commémorant le 2000e anniversaire de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Le pape espère que non seulement les catholiques, mais aussi toutes les confessions chrétiennes témoigneront de leur foi et de leur unité lors d'un grand rassemblement à Jérusalem. « L'Église doit se préparer et vivre ces deux millénaires écoulés depuis la Rédemption avec une ferveur sans précédent », a souligné l'archevêque Fisichella. Il est donc temps de se mobiliser pour la prochaine Année Sainte.

  • La doctrine de la double vérité constitue le plus grand danger pour la Nouvelle Évangélisation en Occident (cardinal Müller)

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    De kath.net/news :

    « Les causes de la crise de l’Église et comment la surmonter »

    6 janvier 2026

    « Le plus grand danger pour la Nouvelle Évangélisation en Occident, et particulièrement en Allemagne, réside à mes yeux dans le retour de la doctrine de la double vérité. Elle est d’origine gnostique. » Par Gerhard Card. Müller, Rome

    Rome (kath.net) Toute l'Église remercie le pape Léon XIV pour sa proclamation christocentrique, dans laquelle, en tant que successeur de Pierre, il unit tous les évêques et les fidèles dans la confession du Christ, Fils du Dieu vivant (Mt 16,16). 

    Le plus grand danger pour la Nouvelle Évangélisation en Occident, et particulièrement en Allemagne, réside à mes yeux dans la résurgence de la doctrine de la double vérité. D'origine gnostique, elle fut déjà opposée par Irénée de Lyon à l'herméneutique catholique. L'unité et la plénitude de la révélation sont présentes dans l'Église à travers l'Écriture Sainte, la Tradition apostolique et le Magistère des évêques, notamment dans l'Église catholique romaine. Dans sa Constitution dogmatique sur la Révélation divine, « Dei Verbum » (1-10), le Concile Vatican II a, en ce sens, souligné la nature surnaturelle de la foi et la nature sacramentelle de l'Église, en opposition à l'immanentisation de la foi et à la sécularisation de l'Église. Il s'est opposé tant au rationalisme des Lumières, qui réduit le christianisme à une morale naturelle (Kant), qu'à l'irrationalisme du romantisme, qui pervertit la foi rationnelle en un sentimentalisme mystique (Rousseau). En termes simples : la religion relève du sentiment individuel et collectif, et toutes les religions historiques ne sont donc que leur expression culturellement conditionnée. Aucune religion ne prétend détenir la vérité à elle seule, même si l’Église se considère comme l’enseignante divinement désignée de la révélation faite une fois pour toutes en Christ, c’est-à-dire comme le sacrement du salut en Christ. Le nouveau Docteur de l’Église, John Henry Newman, dans son dernier ouvrage majeur, « Essai pour une grammaire de l’assentiment », a donné à l’herméneutique catholique une forme contemporaine après le naturalisme des Lumières. 

    La doctrine de la double vérité se pare aujourd'hui du slogan d'un changement de paradigme. Si cela peut se justifier pour l'élaboration de théories en sciences naturelles, c'est en revanche désastreux pour la théologie, fondée sur la plénitude de la vérité et de la grâce en Christ. Elle diffère de la pensée de Nietzsche, qui subordonne la vérité à la perspective, et de celle de Heidegger, qui fait dépendre la vérité de l'Être de sa révélation à une époque donnée. La vérité est ainsi conditionnée par le temps. 

    Le Christ, cependant, est en sa personne la vérité dans la plénitude des temps. Il unit toutes les époques du salut, de l'Église et de l'histoire dogmatique dans l'unité de la conscience de foi de l'Église, dans son passé, son présent et son avenir. Par sa nature humaine assumée, le Fils de Dieu établit chaque croyant et l'Église tout entière en communion directe avec le seul vrai Dieu qui, dans la divinité et l'humanité de son Fils, embrasse tous les âges.

    Une conséquence néfaste de la doctrine de la double vérité est l'exigence que l'accompagnement pastoral prime sur les vérités révélées de la foi et de la morale. Ce qui est dogmatiquement vrai peut être pastoralement faux, et inversement. Par exemple, bien que le mariage entre un homme et une femme soit fondé sur le Logos du Créateur et Rédempteur, en qui toutes choses ont été créées, les couples homosexuels peuvent néanmoins se laisser bercer par l'illusion, pour des raisons pastorales – c'est-à-dire pour leur confort subjectif – que leur relation, objectivement pécheresse, est néanmoins bénie par Dieu. 

    Pour donner un autre exemple : d’une part, on ne peut pas, avec le Concile Vatican II, professer la constitution hiérarchique et sacramentelle de l’Église comme vérité révélée (Lumen gentium 18-29), et d’autre part transformer le Synode des évêques en un symposium de participants de tous les rangs de l’Église, dont les opinions seraient alors – contrairement à toute collégialité entre les évêques – investies par le Pape, comme par un prince absolutiste, de l’autorité du Magistère ordinaire, alors même que le Magistère ordinaire est censé être la proclamation régulière des vérités révélées par les évêques et le Pape (c’est-à-dire qu’à Noël, ils prêchent la naissance du Christ et l’Incarnation du Fils de Dieu et non leurs idées politiques personnelles). L'Église d'Allemagne ne peut pas non plus se dire catholique et, avec le Concile synodal – organe décisionnel nommé par des humains – saper l'autorité enseignante et la juridiction des évêques en vertu du droit divin (iuris divini) et permettre que la charge pastorale des évêques soit absorbée par un parlement ecclésiastique de type anglican.

    Mais on ne saurait séparer le Christ, maître de la vérité, et le Christ, bon pasteur, à la manière néo-nestorienne, car il est la même personne divine qui enseigne la vérité divine et confère à ses disciples la vie divine de grâce, de conversion et de renouveau dans l’Esprit Saint. Il nous faut dépasser l’opposition dualiste entre dogme et pastorale, entre vérité et vie. Nous devons préserver notre pensée et notre jugement des catégories idéologiques qui divisent l’unique Corps du Christ, qui est l’Église, en traditionalistes et progressistes, conservateurs et libéraux.

    La Tradition apostolique reconnaît dans l’Église, avec l’aide du Saint-Esprit, un progrès dans la compréhension de la révélation unique et définitive, notamment par la prédication de ceux qui, en assumant la charge épiscopale, ont reçu le charisme sûr de la vérité (cf. Dei verbum 8). Et c’est seulement dans le Christ unique que se révèle toute la profondeur de la vérité sur Dieu et le salut de l’homme, car il est « à la fois – dans son humanité – le médiateur et – dans sa divinité – la plénitude de toute révélation » (Dei verbum 2).

    Photo d'archive : Le cardinal Müller au conclave de 2025 (c) Vatican Media

    VIDÉO - Le cardinal Müller a célébré la messe pontificale en la basilique Saint-Pierre en commémoration du pape Benoît XVI, à l'occasion du troisième anniversaire de sa mort :

  • Chantal Delsol : la Tragédie migratoire et la Chute des Empires

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    La Tragédie migratoire et la Chute des empires

    Augustin d’Hippone, saint Augustin pour les chrétiens, a vécu à l’époque angoissante où son monde était en train de se défaire (Ve siècle). Après une existence tumultueuse, il est mort dans sa ville assiégée par les Vandales. L’analogie s’impose entre son époque et la nôtre. Dans les deux cas, un empire très civilisé, puissant et orgueilleux se voit investi et finalement démantelé par des cultures plus frustes et moins avancées, qu’à son époque on appelait « barbares ». Dans les deux cas, l’empire en question est responsable de graves manquements, parce que la puissance court toujours à la démesure et à la violence. Dans les deux cas l’empire menacé manifeste une culpabilité, chrétienne alors, aujourd’hui postchrétienne, vis-à-vis des envahisseurs qu’un mystérieux complexe l’empêche de repousser efficacement. Dans les deux cas, la fin qui approche laisse penser à quelque apocalypse, et il en est de toutes sortes. Les temps sont noirs et incertains. L’esprit s’avance dans cette obscurité. Mais l’espérance est toujours neuve. Augustin, jeunesse chahuteuse, âme tourmentée, cœur casanier détestant les voyages, ne redoutait pour lui-même qu’une chose : se donner « une vie gonflée de vent ». C’est peut-être le sens de la vie qui manque le plus aux époques comme la nôtre. L’auteur de La Cité de Dieu est un penseur des commencements, un écrivain de la promesse. À nous, qui sommes des tard-venus, il peut en apprendre beaucoup. Chantal Delsol est philosophe et écrivain, professeur émérite des universités en philosophie politique. Elle a créé et dirigé l’Institut Hannah-Arendt fondé en 1993. Elle est membre de l’Académie des sciences morales et politiques.

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