Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Eglise - Page 445

  • Pourquoi l'enseignement d'Humanae vitae sur la contraception est irréformable

    IMPRIMER

    De Carl Bunderson sur Catholic News Agency :

    Réagissant à l'Académie pontificale pour la vie, un théologien affirme que l'enseignement d'Humanae Vitae ne peut pas changer

    Le père Petri a rappelé que saint Jean-Paul II avait confirmé l'enseignement d'Humanae vitae comme faisant partie du magistère ordinaire et universel.

    9 août 2022

    L'enseignement d'Humanae vitae sur la contraception est un exemple du magistère ordinaire et universel, et en tant que tel, il est irréformable, a déclaré un théologien moraliste en réponse à une déclaration de l'Académie pontificale pour la vie.

    Le père dominicain Thomas Petri, président de la Dominican House of Studies à Washington, D.C., a noté que même les critiques de l'enseignement sur la contraception ont "reconnu que cela a toujours été l'enseignement de l'Église" et que nulle part dans l'enseignement de l'Église il n'y a eu de permissivité, sous quelque forme que ce soit, pour la contraception.

    "Cela suggère que cela a toujours été l'enseignement de l'Église, et que cela fait donc partie du magistère ordinaire et universel", a déclaré le père Petri. "Ainsi, même si une encyclique particulière, comme Humanae vitae, n'est pas infaillible, l'enseignement qu'elle présente est en fait irréformable, car il fait partie du magistère ordinaire et universel de l'Église."

    Dans Humanae vitae, son encyclique de 1968 sur la régulation des naissances, saint Paul VI écrivait que "toute action qui, soit avant, soit au moment, soit après l'acte sexuel, vise spécifiquement à empêcher la procréation - que ce soit comme fin ou comme moyen" est "exclue", comme moyen illicite de régulation des naissances.

    L'Académie pontificale

    L'Académie pontificale pour la vie, une institution associée au Saint-Siège mais qui n'est pas elle-même un organisme magistériel, a accueilli en 2021 un séminaire d'éthique au cours duquel un participant a discuté de "l'éventuelle légitimité de la contraception dans certains cas".

    Une synthèse du séminaire a récemment été publiée par la Maison d'édition du Vatican, ce qui a suscité des questions sur le caractère réformable de l'enseignement de l'Église sur le contrôle des naissances.

    L'Académie pontificale pour la vie a défendu la discussion qu'elle a organisée sur la licéité de la contraception, en tweetant le 5 août que "les archives historiques de l'abbé [Ferdindando] Lambruschini ont confirmé que Paul VI lui a dit directement que les HV n'étaient pas sous infaillibilité".

    Puis, dans une déclaration du 8 août, l'académie a écrit que "de nombreuses personnes sur Twitter semblent croire qu'Humanae Vitae est une déclaration infaillible et irréformable contre la contraception."

    Elle a noté que "lorsque le théologien moral de l'Université pontificale du Latran, Mgr Ferdinando Lambruschini, a présenté Humanae Vitae lors d'une conférence de presse ... il a déclaré, conformément au mandat de Paul VI, que l'encyclique Humanae Vitae ne doit pas être considérée comme faisant partie des déclarations infaillibles. Lambruschini a souligné qu'Humanae Vitae n'exprimait pas une vérité de foi définitive accordée par 'infallibilitas in docendo'".

    Lire la suite

  • Nicaragua : l'évêque de Matagalpa assiégé à son domicile par les forces de l'ordre

    IMPRIMER

    Lu sur le site du Figaro :

    Au Nicaragua, un évêque est assiégé à son domicile par les forces de l'ordre depuis jeudi

  • Le bienheureux Franz Jägerstätter décapité sous le régime nazi pour sa fidélité au Christ (9 août)

    IMPRIMER

    D'Evangile au Quotidien :

    Franz (François) Jägerstätter naît le 20 mai 1907, enfant naturel de Rosalia Huber, à Sainte-Radegonde, village de Haute-Autriche, tout proche de la frontière allemande. Il est baptisé dès le lendemain et élevé dans la pauvreté chez sa grand-mère. En 1917, sa mère épouse le fermier Heinrich Jägerstätter et Franz est légitimé; il deviendra héritier de la ferme de son beau-père. À vingt ans, il va gagner sa vie dans une exploitation minière. Le jeune homme se trouve dans un milieu matérialiste et hostile à l'Église, ce qui provoque en lui une crise religieuse. Il cesse un moment d'aller à la Messe, mais reviendra vite à une pratique chrétienne.

    Le 9 avril 1936, il épouse Franziska Schwaninger, une serveuse de restaurant, née en 1913. Les époux se joignent à un groupe de pèlerins et font leur voyage de noces à Rome. Franziska, fervente chrétienne qui communie fréquemment et sanctifie les premiers vendredis du mois, est une jeune femme pleine de charme et d'humour. Franz a trouvé la perle précieuse. Entraîné par l'exemple de Franziska, il commence lui aussi à communier souvent; c'est le tournant de sa vie spirituelle.

    En 1933, Hitler prend le pouvoir en Allemagne et les rapports avec l'Autriche sont aussitôt tendus. L'évêque de Linz, Mgr Gföllner, dans le diocèse duquel se trouve Sainte-Radegonde, constate dès cette année l'incompatibilité entre la doctrine catholique et celle du national-socialisme. Franz s'en tiendra à cette ligne de conduite: pas de compromis avec le néo-paganisme. Le 10 avril 1938, il vote « non » au plébiscite organisé en Autriche par les Nazis après l'Anschluss (annexion forcée de l'Autriche à l'Allemagne). Il est le seul de son village à oser le faire.

    Le 17 juin 1940, Jägerstätter est appelé au service militaire actif à Braunau, lieu de naissance d’Hitler. Il est cependant déclaré indisponible sur l'intervention des autorités de sa commune, ayant trois filles en bas âge dont la dernière vient de naître. Mais en octobre, il est rappelé à Enns chez les chasseurs alpins. Le 8 décembre, il est reçu dans le Tiers-Ordre franciscain dont son épouse est également membre. En avril 1941, Franz parvient, toujours grâce aux autorités de sa commune, à rentrer chez lui; il aura deux ans de relative tranquillité; mais pendant tout ce temps, son épouse et lui vivent dans l'attente redoutée d'un courrier de la Wehrmacht.

    Franz ne refuse nullement, par principe, de porter les armes. Il reçoit l'enseignement de l'Église, formulé aujourd'hui par le Catéchisme de l'Église Catholique. Cependant, dès avril 1941, il est décidé à ne pas obtempérer à un nouvel appel au service dans les armées du troisième Reich. Il est en effet convaincu, après une longue et prudente réflexion, que s'il le fait, il péchera en collaborant directement à une guerre injuste. La décision que prend Franz de se soustraire à un nouvel appel sous les drapeaux lui vaut de nombreuses critiques dans son entourage. Sa mère lui montre les conséquences tragiques qui sont à craindre pour lui et sa famille.

    Franz interroge son évêque, Mgr Joseph Fliesser, qui – selon son propre témoignage – s'efforce de le convaincre d'obéir à l'appel aux armes : la question de savoir si la guerre est juste dépasse la compétence d'un simple citoyen, et Franz se doit d'abord à sa famille. Cette réponse ne satisfait pas Jägerstätter : il soupçonne que l'évêque a dû le prendre pour un provocateur nazi. De plus, en voyant dans son entourage le grand nombre de soldats qui sont morts au front en Russie, Franz remarque qu'il n'est guère moins dangereux d'être réfractaire que de se laisser conduire comme soldat sur le front de l'Est. « Je crois que si Dieu nous demande de mourir pour notre foi, ce n'est pas une chose trop difficile, si l'on pense aux milliers de jeunes gens qui, en ces difficiles années de guerre, ont été contraints à donner leur vie pour le national-socialisme ».

    En février 1943, le ministre Goebbels proclame la « guerre totale ». Les réservistes seront désormais rappelés au service. Jägerstätter reçoit la convocation redoutée. En accusant réception, il remarque: « Je viens de signer mon arrêt de mort ». Si sa mère le supplie de ne pas s'obstiner, son épouse renonce, quant à elle, à le faire changer d'avis. Mis en demeure de se trouver à la caserne d'Enns le 25 février, Franz écrit à l'abbé Karobath, alors exilé : « Je dois vous annoncer que vous allez peut-être perdre un de vos paroissiens... Comme personne ne peut m'obtenir d'être dispensé d'accomplir une chose qui mettrait en danger mon salut éternel, je ne peux rien changer à ma résolution, que vous connaissez ». Le prêtre comprend alors la position de son ami et l'approuve.

    Dans un premier temps, Franz ne se rend pas à la caserne; son idée est de se cacher dans la forêt. Puis, réfléchissant que sa fuite provoquerait des représailles à l'encontre de sa famille, il se présente à Enns le 1er mars. Dès le 2, il annonce à l'officier-recruteur qu'il refuse de porter les armes, en raison de son opposition aux principes du national-socialisme. Le même jour, il écrit à sa femme une lettre pleine d'amour où il lui explique les motifs de sa décision ; elle se termine ainsi: « Puisse Dieu t'accorder tout ce que tu désires, à condition que cela ne compromette pas ton salut éternel... Si Dieu ne permet pas que je vous revoie ici-bas, j'espère que nous serons bientôt tous réunis au Ciel ». Il demande à Franziska de lui envoyer une brochure sur les apparitions de la Vierge Marie à Fatima.
    Le 7 mars, Franziska lui écrit : « Mon très cher époux... que la Volonté de Dieu soit faite, même si elle fait très mal !... Tes trois petites filles te réclament toujours et offrent des sacrifices de carême pour ton retour ».

    Au début de mai, Franz est transféré à la prison militaire de Berlin-Tegel. Il se rend compte qu'il n'est pas le seul à avoir refusé le service armé et que bien d'autres ont accompli des actes héroïques de résistance contre le national-socialisme. Il aide plusieurs d'entre eux à se convertir et à accepter leur mort prochaine. Il apprend avec joie que des S.S. se sont convertis avant de mourir. L'aumônier Heinrich Kreutzberg, qui a déjà assisté deux cents catholiques condamnés à mort, lui témoigne affection et respect.

    Avant le procès, l'avocat de Franz, Feldmann, qui veut tout faire pour sauver son client, a obtenu que le prévenu puisse rencontrer ses juges seul à seul. Ceux-ci l'exhortent à « ne pas les obliger à le condamner à mort », en acceptant de servir dans une unité sanitaire. Mais Franz décline l'offre, car il lui faudrait prêter le serment d'obéissance inconditionnelle, ce qu'il ne veut à aucun prix. L'arrêt du tribunal militaire de Berlin, en date du 6 juillet 1943, constate que ce refus du service armé est un crime punissable selon la loi du Reich, les motifs de conscience allégués n'étant pas recevables et l'accusé n'étant pas jugé malade mentalement. Franz est donc condamné à mort.

    Le 12 juillet, Franziska est autorisée à voir son mari ; l'entretien de vingt minutes a lieu en présence du curé-remplaçant de Sainte-Radegonde, l'abbé Fürthauer. Ce prêtre pusillanime s'efforce en vain de convaincre le condamné de se soumettre pour sauver sa vie. Le 8 août 1943, Franz est transféré à la prison de Brandenburg. On lui annonce qu'il a été condamné à mort et que la sentence sera exécutée le lendemain. Ce même jour, Franz écrit aux siens: « J'aurais tant voulu vous épargner toute cette souffrance que vous avez à supporter à cause de moi. Mais vous savez ce que le Christ a dit : Celui qui aime son père, sa mère, son épouse et ses enfants plus que moi, n'est pas digne de moi (cf. Mt 10, 37) ».
    À 16 heures, le 9 août, Franz Jägerstätter est décapité.

    Franz Jägerstätter a été béatifié le 26 octobre 2007, jour de la fête nationale autrichienne, à Linzen Autriche (la ville de naissance d’Adolf Hitler) par le Card. José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour la cause des Saints, qui représentait le pape Benoît XVI.

    Pour un approfondissement biographique :
    >>> Franz Jägerstätter

     

  • Mort cérébrale et dignité, les questions posées par l'affaire Archie Battersbee

    IMPRIMER

    De Riccardo Cascioli sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Mort cérébrale et dignité, les questions posées par l'affaire Archie Battersbee

    08-08-2022

    Parmi les nombreuses questions soulevées par l'affaire Archie Battersbee, cet enfant de 12 ans décédé samedi dernier dans un hôpital londonien après que son respirateur a été débranché par les médecins et ordonné par les juges, il convient de souligner l'instrumentalisation de la mort cérébrale. Et l'ambiguïté du concept de dignité humaine.

    Archie Battersbee est décédé samedi après-midi..." : c'est ainsi que commence le communiqué de presse du Barts Healt NHS Trust, le fonds qui gère le Royal London Hospital, protagoniste de la bataille juridique contre les parents d'Archie pour pouvoir retirer le respirateur artificiel à l'enfant de 12 ans qui est dans le coma depuis le 7 avril. Donc, même l'hôpital nous dit qu'Archie est mort le samedi 6 août. Et pas le 10 avril, lorsque les médecins ont demandé à ses parents l'autorisation de prélever ses organes. Ni le 31 mai, le jour de l'IRM qui, selon le juge, aurait permis d'établir le décès du garçon. Il est mort le 6 août, après que le ventilateur qui le maintenait en vie ait été retiré ; il est mort par suffocation, et c'était un spectacle glaçant, a témoigné une personne présente. Donc, si les mots ont un sens, Archie était vivant jusqu'à 14 heures le samedi 6 août, de l'aveu même des médecins.

    C'est là que réside l'une des questions que le cas d'Archie a mis en lumière. Quand une personne peut-elle être déclarée morte ? Aujourd'hui, il est généralement admis que le décès d'une personne coïncide avec la mort cérébrale, c'est-à-dire l'arrêt définitif de toute activité cérébrale. Cette définition est toutefois de plus en plus contestée, comme nous l'avons documenté dans une enquête il y a quatre ans (ici, ici et ici).

    Le cas d'Archie nous fait également prendre conscience des risques auxquels on s'expose en prenant trop pour acquis le concept de mort cérébrale. Selon la législation actuelle, si toutes les procédures étaient suivies, il faudrait d'abord effectuer tous les tests et contrôles nécessaires pour arriver à un diagnostic de mort cérébrale ; et à ce moment-là, on peut officiellement déclarer la personne morte. C'est à ce moment-là que l'on peut éventuellement discuter du prélèvement d'organes.

    Dans le cas d'Archie, on a supposé qu'il y avait mort cérébrale sans avoir effectué tous les tests requis, à tel point que Hollie Dance, la mère d'Archie, s'est toujours plainte d'avoir été pressée de faire un don d'organes dès le deuxième jour de l'admission d'Archie au Royal London Hospital (trois jours après l'accident). Et cette série d'examens n'a jamais été achevée, à tel point que, dans l'arrêt de la Haute Cour du 13 juin, le juge a approuvé l'affirmation des médecins selon laquelle la mort cérébrale d'Archie était "hautement probable".

    Une affirmation qui a fait frémir même les évêques britanniques endormis : dans une déclaration du 23 juin, l'évêque auxiliaire de Westminster, John Sherrington, en charge de la vie à la Conférence des évêques, a déclaré que "la certitude morale est nécessaire avant de reconnaître la mort", c'est-à-dire que des "critères neurologiques précis" doivent être suivis. Ce qui "n'a pas été fait" dans le cas d'Archie. "On ne peut pas juger de la vie et de la mort sur la base de critères de probabilité en affirmant qu'"il est probable ou très probable" qu'il soit mort". L'évêque Sherrington a conclu en déclarant qu'il ne serait pas légal de retirer le maintien en vie sans la certitude de la mort.

    L'absurdité de la décision - un boomerang potentiel pour les médecins - a dû également être évidente dans la suite de la procédure judiciaire, à tel point que le discours s'est ensuite concentré exclusivement sur les "intérêts supérieurs" d'Archie. Et sur cette base, il a été décidé qu'Archie devait mourir, et mourir à l'hôpital. À tel point que son décès n'a été certifié que le 6 août, après que le ventilateur ait été débranché.

    Il convient donc d'enregistrer ce passage troublant dans lequel l'État décide de laisser mourir une personne, sans même plus se justifier par des critères objectifs.

    Un deuxième aspect que l'histoire d'Archie met en évidence concerne le concept de "dignité". Curieusement, les médecins et les juges, d'une part, et la famille d'Archie, d'autre part, ont souvent invoqué la dignité d'Archie pour soutenir leurs positions. La "dignité" a été invoquée pour le garder mort et la "dignité" a été invoquée pour le garder en vie et même pour le transférer dans un hospice alors qu'il n'y avait plus rien à faire. Qu'est-ce donc que la dignité ? Ou en quoi consiste la dignité humaine ? Est-il possible de reconnaître un sens objectif à une telle dignité ?

    C'est ici que la différence entre une vision religieuse et une vision agnostique ou athée, entre la reconnaissance de l'homme comme transcendance et une conception matérialiste, devient claire. La véritable dignité de l'homme consiste à avoir été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu et à être appelé à la vie éternelle. C'est pourquoi sa vie est indisponible, et son corps ne peut être traité comme un objet. Mais si cette créaturalité n'est pas reconnue, alors la dignité est réduite à la qualité de la vie (comme dans le cas de l'euthanasie et de l'avortement) ou en tout cas à des critères utilitaires : sous certaines conditions, on devient une charge pour la société. C'est la démonstration que sans Dieu, la dignité invoquée devient en réalité profondément inhumaine.

    C'est aussi ce que Benoît XVI a clairement mis en garde, en invitant même les athées à vivre "comme si Dieu existait" : "Ce serait bien", a-t-il dit dans un message aux participants de la "Cour des Gentils" le 16 novembre 2012, "si les non-croyants essayaient de vivre "comme si Dieu existait". Même si nous n'avons pas la force de croire, nous devons vivre sur la base de ce postulat, sinon le monde ne fonctionne pas. Il y a beaucoup de problèmes à résoudre, mais ils ne seront jamais complètement résolus si Dieu n'est pas placé au centre, si Dieu ne redevient pas visible dans le monde et décisif dans nos vies".

    Ce qui s'est passé à Archie en est une nouvelle fois la preuve.

  • Rester en tenue de service et garder nos lampes allumées; homélie pour le 19e dimanche du temps ordinaire

    IMPRIMER

    Homélie pour le 19e dimanche du temps ordinaire – Année C (archive : 11 août 2013), Abbaye Ste-Anne de Kergonan.

    Sagesse 18, 6-9 / Hébreux 11, 1...19 / Luc 12, 32-48

    En ce dimanche, chers frères et sœurs, nous poursuivons la lecture du chapitre douzième de l'évangile selon saint Luc. Jésus y parle de son retour, de notre manière d'attendre son retour, d'attendre notre rencontre définitive avec lui.

    Le tout nouveau prêtre que je suis a retenu de cet évangile quelques thèmes qui s'y croisent et qui peuvent nous éclairer sur ce qu'est le prêtre, nous faire méditer sur des aspects de sa mission.

    Au cœur de notre page d'évangile, il y a les mots de service, de noces, et de veille.

    « Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. » (Luc 12, 35-37)

    Bien sûr, ce que le Seigneur dit ici concerne chaque chrétien, et chacun peut et doit l'entendre pour lui-même – c'est important de bien avoir conscience de cela ; mais selon les divers états de vie, cela prend des couleurs particulières. Nous sommes les uns pour les autres des révélateurs de tel ou tel aspect du service, de la veille et des noces.

    Le Seigneur nous demande de « rester en tenue de service » et de « garder nos lampes allumées ». Les prêtres sont bien des serviteurs du Seigneur et des serviteurs de leurs frères ; c'est le sens même du mot ministre. La charge qu'ils ont reçu est entièrement dépendante du Christ, lui qui a pris librement pour nous la forme d'esclave. « Le Fils de l'homme lui-même n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude » (Marc 10, 45). Il a institué le sacerdoce ministériel en faveur des hommes et de la communauté de l'Église (cf. CEC n°876 et 1551).

    Le serviteur veille. Le rôle du serviteur est aussi bien de veiller - grâce à sa lampe allumée - pour attendre le retour du maître, que d'illuminer par cette même lampe la salle du banquet. De la sorte, la lampe : c'est la veille, le fait de veiller ; et c'est aussi la foi (foi dont nous parlaient les deux premières lectures ; foi en une promesse de Dieu, confiance en sa Parole). Le prêtre veille dans la prière ; il veille / il prie pour demeurer prêt, pour demeurer proche de son Seigneur, et pour ne pas entrer en tentation. Dans sa vie priante, il présente à Dieu les combats et les croix de ses frères en même temps que les siens. Sa vigilance consiste aussi à garder l'intégrité de la foi ; il entretien cette foi pour lui-même, et pour ceux dont il a la charge.

    Sont présentes dans cette parabole, également les noces. Le maître de la parabole est de retour des noces : ces noces peuvent être soit celles auxquelles le maître assiste, soit les noces du maître lui-même avec son épouse. Dans ce dernier cas, le prêtre est ce serviteur qui se met 2 au service de l'union de son maître et de son épouse, du Christ et de l'Église, du Christ et de chaque fidèle. Telle est bien le but ultime et magnifique de son service !

    « Heureux les serviteurs que le maître trouvera en train de veiller », trouvera au service de la foi ; « Amen, je vous le dit : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. » C'est un retournement ! Le Seigneur se mettra au service de ses ministres, il leur offrira un banquet ; bref, il servira lui-même aux noces. Et ces noces seront celles du Seigneur lui-même avec son serviteur vigilant, éveillé ; serviteur réellement servant, serviteur illuminé par la foi et rayonnant la foi. Ce banquet, ces noces seront parfaitement consommées dans le ciel, mais déjà ici-bas elles sont commencées ; le Christ est notre frère, notre époux, son Père est notre Père, et nous pouvons déjà l'appeler notre Père comme l'a chanté la prière d'ouverture de cette messe.

    Dès ici-bas aussi nous avons la grâce immense de pouvoir participer dans la foi à l'anticipation de ces noces, dans l'eucharistie : qui est le sacrifice pour notre réconciliation et le banquet des noces de l'Agneau. Les prêtres en sont les serviteurs.

    Chers frères et sœurs, bénissons Dieu pour ces noces qu'il scelle avec son Église, bénissons-le aussi pour ces serviteurs qu'il nous donne, et prions pour qu'il les garde vigilants dans la foi et inébranlables dans leur service. Amen.

  • John Henry Newman à la rescousse : les sept règles du développement authentique de la doctrine

    IMPRIMER

    Après les déclarations fracassantes du pape dans l'avion qui le ramenait à Rome après son "voyage pénitentiel" au Canada, il est temps de remettre les pendules à l'heure concernant le développement de la doctrine. De Jorge Soley sur El Debate via Il Sismografo :

    John Henry Newman à la rescousse. Les sept règles du développement authentique de la doctrine

    Newman nous donne les sept notes que doivent posséder les développements authentiques de la doctrine et qui les différencient de ce qui n'est que des corruptions.

    La tradition n'est pas quelque chose de mort, un fossile, c'est quelque chose de vivant, qui se développe et grandit. C'est pourquoi Benoît XVI a pu dire, lors d'une audience générale en avril 2006, que "la tradition n'est pas une transmission de choses ou de mots, une collection de choses mortes. La tradition est le fleuve vivant qui remonte aux origines, le fleuve vivant dans lequel les origines sont toujours présentes". Nous, chrétiens, le savons bien, mais en même temps, il est facile de s'embrouiller lorsque cette vérité est utilisée par différents théologiens et pasteurs pour justifier toutes sortes de déclarations, parfois même contradictoires entre elles. Un phénomène favorisé par une conception erronée et individualiste de la mission du théologien, comme s'il devait inventer toutes sortes de mots d'esprit que l'Église se chargerait ensuite de discréditer (alors qu'en réalité ces "mots d'esprit" vont généralement toujours dans le même sens, celui de se soumettre à l'esprit du temps, au Zeitgeist). Une vision qui est aux antipodes de ce que nous lisons dans le numéro 6 de Donum Veritatis. Sur la vocation ecclésiale du théologien, lorsqu'elle affirme que le théologien "a la fonction particulière de parvenir, en communion avec le Magistère, à une compréhension toujours plus profonde de la Parole de Dieu contenue dans l'Écriture inspirée et transmise par la tradition vivante de l'Église".

    En résumé, la théorie est très bien, mais comment reconnaître un développement sain d'un changement qui, même si ceux qui le présentent nous disent qu'il est conforme à ce que l'Église a toujours enseigné, s'écarte en réalité du Magistère et de la Tradition et les corrompt ?

    C'est une question complexe pour le chrétien ordinaire qui, néanmoins, peut trouver dans l'Essai sur le développement de la doctrine chrétienne de St John Henry Newman une bonne boussole pour s'orienter. Ce théologien radical et honnête (à tel point qu'après des années d'étude, il est arrivé à la conclusion que sa position était analogue à celle des hérétiques des premiers siècles de la vie de l'Église) nous donne le "test de la ouate", les sept notes que doivent posséder les développements authentiques de la doctrine et qui les différencient de ce qui n'est que des corruptions. Une courte liste d'une valeur incalculable aujourd'hui :

    1. Tout d'abord, Newman cite ce qu'il appelle la "préservation du type" : "les parties et les proportions de la forme développée, bien qu'altérées, correspondent à celles qui appartiennent à ses rudiments".

    2. La deuxième note est la continuité des principes : "la continuité ou l'altération des principes sur lesquels une idée a été développée est une deuxième marque de distinction entre un développement fidèle et une corruption".

    3. La troisième note est le pouvoir d'assimilation, que Newman explique ainsi : " Il croît en assimilant la matière extérieure à sa propre substance, et cette absorption ou assimilation prend fin lorsque la matière appropriée lui appartient ou entre dans son unité substantielle ".

    4. La quatrième note est une succession logique. Un véritable processus de développement suit les règles de la logique : "l'analogie, la nature du cas, la probabilité de l'antécédent, l'application des principes, la congruence, l'opportunité, sont parmi les méthodes de preuve par lesquelles le développement est transmis d'esprit à esprit et établi dans la foi de la communauté". Ce qui fait dire à Newman qu'une doctrine sera un véritable développement et non une corruption, dans la mesure où elle apparaît comme l'aboutissement logique de son enseignement originel.

    Lire la suite

  • Au Nigéria : une insécurité organisée

    IMPRIMER

    Du site de l'Aide à l'Eglise en Détresse :

    Nigéria : une insécurité organisée

    Récemment, des terroristes ont attaqué une prison située près de l’aéroport international, libérant les principaux membres de Boko Haram, ainsi qu’un poste de contrôle militaire juste à l’extérieur de la ville, tuant un nombre inconnu de soldats. « Encore plus inquiétante a été l’attaque contre les troupes de la 7e Brigade de la Garde. Celle-ci assure la sécurité du palais présidentiel et du Territoire de la capitale fédérale, alors que certains de ses membres ont été pris en embuscade lors d’une sortie en patrouille », a déclaré l’archevêque Kaigama.

    « Abuja est la capitale et elle devrait être l’endroit le plus sécuritaire. C’est là que vit le président et personne ne pensait que de telles choses pourraient se produire à Abuja de cette façon. On ne sait pas ce qui pourrait arriver prochainement, quand ou d’où les attaquants pourraient venir, car ils sont capables de faire n’importe quoi. La situation est très grave. »

    « C’est bien organisé ; ce n’est pas quelque chose qui arrive par hasard. On a eu des attentats à la bombe il y a quelques années, mais jamais des menaces vraiment sérieuses, comme nous en sommes témoins aujourd’hui », explique l’archevêque.

    Les politiciens s’en fichent

    « Il y aura des élections l’année prochaine et on fait tout ce que l’on peut pour arriver au pouvoir », souligne-t-il. La peur et la frustration couvent chez le peuple, dit le prélat catholique, et elles sont aggravées par le fait que les politiciens ne semblent pas disposés à faire quoi que ce soit pour remédier à la situation. « On aurait pu penser qu’en raison de la détérioration de la sécurité, les membres du Sénat et de l’Assemblée nationale auraient cherché fébrilement des solutions aux problèmes. Au lieu de cela, ils ont pris six semaines de vacances. Après les attaques, ils sont partis, pas plus tard que la semaine dernière », a expliqué l’archevêque Kaigama.

    Or, aux dires de l’évêque, même lorsqu’ils sont présents, les politiciens sont difficilement accessibles. « Ils reçoivent leurs salaires, leurs privilèges, mais ils ne sont pas pour autant plus préoccupés par le bien-être général de la population. Depuis mon arrivée à Abuja en tant qu’archevêque, je suis allé dans presque tous les villages, et quand je cite leurs noms, les politiciens et les dirigeants politiques ne semblent pas les connaître.

    Pensez-vous qu’ils vont vous demander ce que vous avez découvert, ou, où vous êtes allé, ou ce qu’avez-vous vu ? Mais non. Ils ne sont pas disponibles. Ils disent qu’ils sont occupés. Les gens souffrent, mais les dirigeants se soucient seulement de leur bien-être personnel et de leurs privilèges officiels. J’espère que la prochaine élection sera libre, juste et transparente et qu’elle produira des dirigeants altruistes, tournés vers le peuple et capables d’un dialogue authentique ».

    Lire la suite

  • Liège (Cornillon), 7 août : fêter sainte Julienne en union avec sainte Claire

    IMPRIMER

    Sanctuaire sainte Julienne de Cornillon, Liège: Fête de sainte Julienne

     

  • Synodalité, liturgie et souverains poncifs

    IMPRIMER

    D'Antonio Spadaro sur Avvenire.it :

    Le Pape : J'ai vu les évêques unis et familiers entre eux et avec les autochtones.

    4 août 2022

    Dans Civiltà Cattolica, le père Spadaro raconte la rencontre de Bergoglio avec les jésuites au Québec. Du véritable sens du chemin synodal de l'Église à la liturgie, des abus à la moralité

    Dans le nouveau numéro "double" (numéros 4131-4132) de la revue "La Civiltà Cattolica", le directeur, le Père Antonio Spadaro, raconte le dialogue du Pape avec ses confrères jésuites lors de son récent voyage au Canada. La réunion s'est déroulée selon le format questions-réponses. Voici des extraits de l'article publié dans "La Civiltà Cattolica".

    Nous sommes le 29 juillet, le dernier jour du voyage apostolique du pape François au Canada. L'étape au Québec est sur le point de se terminer et celle d'Iqaluit, dans le Nord, où la rencontre avec les Inuits doit commencer. L'entretien avec les jésuites est prévu pour 9 heures, mais le pape entre dans le hall du palais archiépiscopal avec un quart d'heure d'avance. Sont présents 15 jésuites de la province canadienne, qui couvre le pays et Haïti. La Congrégation provinciale, prévue depuis un certain temps, est en cours, et le Père provincial est donc absent. Après les premières salutations spontanées dès l'entrée du Pape, le Père Marc Rizzetto, de la communauté de Québec, a adressé un accueil cordial à François au nom des personnes présentes et des plus de 200 jésuites de la Province. (...) À la fin, il offre au pape un cadeau : la photo d'un papillon, que le pape admire, tout en faisant une blague : "Voir cette belle photo me fait douter". Il est si beau qu'il pourrait être un piège des Jésuites. Je ne sais pas si c'est un papillon ou une chauve-souris !". Et il provoque ainsi l'hilarité des personnes présentes (...).

    Saint Père, nous sommes dans un processus de réconciliation qui n'est pas terminé. Nous sommes en voyage. Quelles sont les consolations de votre pèlerinage ?

    (...) Vous voyez, le plus important est précisément le fait que l'épiscopat a accepté, a relevé le défi et est allé de l'avant. Celui-ci du Canada était un exemple d'épiscopat uni. Et lorsqu'un épiscopat est uni, il peut alors bien faire face aux défis. Je témoigne de ce que j'ai vu. Je tiens donc à le souligner : si tout va bien, ce n'est pas à cause de ma visite. Je suis juste la cerise sur le gâteau. Ce sont les évêques qui ont tout fait avec leur unité. Il est alors bon de signaler humblement que la partie autochtone est vraiment capable de bien traiter la question et de s'engager. En bref, ce sont les miracles qui peuvent se produire lorsque l'Église est unie. Et j'ai constaté une certaine familiarité entre les évêques et les autochtones. Bien sûr, il ne faut pas se le cacher, il y a des gens qui travaillent contre la guérison et la réconciliation, dans la société comme dans l'Église. Même ce soir, j'ai vu un petit groupe traditionaliste protester, et dire que l'église est autre chose... Mais cela fait partie des choses. Je sais seulement que l'un des pires ennemis de l'unité de l'Église et des épiscopats est l'idéologie. Poursuivons donc ce processus sur la route. J'ai aimé la devise du voyage, qui le dit clairement : Marcher ensemble. Marchez, mais ensemble. Vous connaissez le dicton : "Si vous voulez aller vite, allez-y seul, si vous voulez aller en sécurité, allez-y accompagné".

    Lire la suite

  • Castro, Ortega, Bergoglio : les mauvaises amitiés du pape

    IMPRIMER

    De Sandro Magister sur Settimo Cielo :

    Castro, Ortega, Bergoglio. Les mauvaises amitiés du pape

     

    Fidel

    La Chine et la Russie envahissent désormais presque tous les commentaires sur la politique internationale du Saint-Siège, loin d'être brillante sur les deux fronts. Mais il y a d'autres pays dans le monde où l'Église catholique vit des situations non moins dramatiques, d'authentiques persécutions. Pourtant, le pape reste silencieux, comme dans le cas du Nicaragua. Ou au contraire, il se surpasse en loquacité obséquieuse, comme dans le cas de Cuba.

    *

    De son admiration pour le régime cubain, Jorge Mario Bergoglio n'a jamais fait mystère. La photo ci-dessus le montre posant avec déférence avec Fidel Castro, lors de la conversation de quarante minutes qu'il a eue avec lui lors de son voyage à La Havane en 2015.

    Mais même avec son frère Raúl, qui a été pendant des décennies le véritable homme fort du système de persécution des Castro, le pape François dit cultiver "une relation humaine". Il l'a fait savoir dans une interview accordée à la chaîne de télévision mexicaine Televisa le 11 juillet, un an exactement après la répression impitoyable, à l'échelle de l'île, de la plus grande manifestation populaire contre la dictature depuis trente ans.

    Dans cette interview, François fait l'éloge du régime castriste : "Cuba est un symbole. Cuba est une grande histoire" - a naturellement fait la une de "Granma", le journal officiel du parti communiste cubain. Mais elle a provoqué un chœur unanime de protestations parmi les personnalités de l'opposition, en grande partie catholiques, en exil et dans leur pays, toutes profondément blessées par les paroles du pape.

    En 2015, le pape François a ensuite rapporté aux journalistes qu'il avait parlé aimablement avec Fidel Castro de son éducation dans un collège jésuite et de son amitié avec certains d'entre eux. Il a ainsi donné raison à la thèse critique du professeur Loris Zanatta de l'Université de Bologne, spécialiste de l'Amérique latine, qui a soutenu dans son livre de 2020 intitulé "Jesuit Populism. Perón, Fidel, Bergoglio" et relancé il y a quelques jours dans son commentaire au vitriol dans le quotidien argentin "La Nación".

    Mais de ce voyage papal de 2015 à Cuba, le silence total de François sur les victimes du régime castriste, sur les milliers de Cubains engloutis par la mer alors qu'ils tentaient de fuir la tyrannie, et son refus de rencontrer des opposants, ont été les plus impressionnants.

    Lire la suite

  • Grossesses extra-utérines, fausses couches : l'avortement n'est "jamais nécessaire" selon ces médecins

    IMPRIMER

    De Katie Yoder sur Catholic News Agency :

    Grossesses extra-utérines, fausses couches : L'avortement n'est "jamais nécessaire", selon ces médecins

    3 août 2022

    L'avortement - une procédure avec l'intention et le but unique ou principal de mettre fin à la vie humaine dans l'utérus - n'est jamais médicalement nécessaire, selon les experts médicaux.

    Trois médecins ont parlé avec l'AIIC de la nécessité de l'avortement, ou de son absence, suite à la récente décision de la Cour suprême d'annuler l'arrêt Roe v. Wade, qui a légalisé l'avortement dans tout le pays en 1973. Suite à cette décision, plusieurs mythes ont circulé sur son impact, notamment l'affirmation que les femmes mourront sans accès à l'avortement en cas de grossesse extra-utérine, de fausse couche et d'autres situations dangereuses.

    Dans ces situations, les experts médicaux considèrent que l'avortement n'est pas pertinent ou soulignent que les femmes peuvent choisir des alternatives qui leur permettent de vivre. 

    L'avortement, disent-ils, n'est "jamais nécessaire" pour prendre soin de la mère et du bébé. Pour comprendre cela, il faut d'abord savoir ce qu'est l'avortement - et ce qu'il n'est pas.

    Qu'est-ce que l'"avortement" ?
    Les procédures utilisées pour pratiquer un avortement ne sont pas des avortements en soi. La définition de l'avortement inclut l'intention et la finalité.

    Le Dr Kathleen Raviele, gynécologue-obstétricienne et ancienne présidente de l'Association médicale catholique, la plus grande association de catholiques dans le domaine de la santé, a qualifié l'avortement d'"attaque directe d'un embryon ou d'un fœtus par la chirurgie ou des produits chimiques dans le but de mettre fin à la vie du bébé".

    Le Dr Grazie Pozo Christie, spécialiste en radiologie et membre senior de l'Association catholique, une organisation vouée à la défense de la liberté religieuse, de la vie et de l'Église sur la place publique, a également souligné l'importance de l'intention.

    L'avortement, a-t-elle dit, "signifie familièrement la fin délibérée d'une vie humaine".

    Le Dr Donna Harrison, gynécologue-obstétricienne et directrice générale de l'Association américaine des obstétriciens et gynécologues pro-vie (AAPLOG), a cité la définition qui, selon elle, est utilisée par la majorité des lois des États. 

    L'avortement, ou avortement volontaire, est ici "défini comme tout médicament, dispositif ou procédure utilisé pour mettre fin à une grossesse dans le but principal d'assurer la mort de l'être humain in utero avant, pendant ou au cours du processus de séparation de la mère et de son embryon ou fœtus", a-t-elle déclaré.  

    L'avortement est-il jamais nécessaire pour sauver la vie d'une femme ?
    Mme Christie a déclaré que l'avortement, défini comme la fin volontaire d'une vie humaine, n'est "jamais médicalement nécessaire". 

    "Dans certaines circonstances, un traitement de sauvetage qui implique l'interruption précoce d'une grossesse peut être indiqué", a-t-elle dit. "Dans ce cas, l'intention n'est pas de mettre fin à la vie du bébé mais de sauver la mère, et cette intention est manifeste dans le fait qu'un médecin ferait tout son possible pour préserver la vie d'un bébé prématuré lorsque cela est possible."

    Lire la suite

  • "Génocide" : la démesure langagière du pape François

    IMPRIMER

    De Joseph Facal sur Le Journal de Québec :

    La démesure langagière du pape François

    Qui va nier la cruauté et les injustices dont furent victimes les Autochtones au Canada, ou les abus physiques et psychologiques subis par nombre de leurs enfants dans les pensionnats ?

    Mais un « génocide » ?

    Faits

    Né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le mot « génocide », quand il est utilisé sans qualificatif, renvoie globalement à une tentative planifiée et systématique pour faire disparaître physiquement toute une communauté.

    Au 20e siècle, l’expression fut presque uniquement réservée à trois cas types : le martyre du peuple juif aux mains des nazis, le génocide des Tutsi par les Hutu au Rwanda, et celui des chrétiens arméniens aux mains des Turcs musulmans.

    Évidemment, beaucoup voudraient étirer la notion.

    Le pape va donc plus loin que la Commission de vérité et de réconciliation de 2015, qui parlait de « génocide culturel », écartant le génocide physique.

    Il s’agissait, peut-on lire, d’« éliminer les peuples autochtones comme peuples distincts et de les assimiler contre leur gré à la société canadienne ».

    Cruel ? Oui. Un génocide physique ? Non.

    Les pensionnats n’étaient pas des camps de concentration, mais « des moteurs de changements culturels et spirituels », disait la Commission. 

    Paternaliste et condescendant ? Évidemment.

    Les enfants étaient arrachés à leurs familles contre leur volonté. Radical et inhumain ? Absolument.

    Mais si vouloir effacer une culture heurte à juste titre notre sensibilité moderne, ce n’est pas la même chose que de vouloir liquider en masse tout un peuple.

    Bien connu, le mot « ethnocide » serait plus approprié : il renvoie à la volonté de détruire l’identité culturelle d’un peuple sans le faire disparaître physiquement.

    Comme le rappelait l’historien Jacques Rouillard, les communautés religieuses fondèrent des écoles, des hôpitaux, des asiles pour jeunes, vieillards, infirmes, orphelins, pauvres, etc.

    Pourquoi de telles gens auraient voulu physiquement faire disparaître des peuples entiers de la surface de la Terre ?

    La Commission de 2015 a estimé que le taux de mortalité dans les pensionnats entre 1945 et 1965 est comparable à la moyenne canadienne chez les enfants des mêmes tranches d’âge. 

    Le taux de mortalité deux fois plus élevé que la moyenne canadienne entre 1921 et 1950 s’explique selon elle par la tuberculose. 

    Les tombes étaient anonymes parce que seuls les riches pouvaient se payer des pierres tombales gravées. Quand on posait une croix en bois, elle se détériorait rapidement.

    Les faits connus pour le moment n’autorisent pas à parler de « charniers », « fosses communes », « survivants », et autres termes tirés du vocabulaire génocidaire.

    Le vocabulaire devrait être durci seulement si de nouveaux faits le justifient.

    Rigueur

    Introduire de la rigueur n’équivaut pas à nier les souffrances ou à manquer de sensibilité. 

    C’est la condition de base à respecter pour ne pas dire n’importe quoi. 

    Nous vivons une époque de démesure langagière. 

    Je ne m’attendais pas à ce que le pape y contribue.