Depuis l’adolescence, le philosophe Michel Onfray –un auteur à succès- a des comptes à régler avec Dieu et ses ministres. Le combat de l’ange revisté par un des penseurs de la société post-chrétienne ?
A cause de ses attaques contre la Bible et les religions monothéistes, le philosophe athée Michel Onfray énerve souvent les chrétiens. Dans un très long article pour l'hebdomadaire Le Point autour d'un ouvrage de l'intellectuel Jean Soler (Qui est Dieu ?), l’épicurien de référence récidive en qualifiant le Dieu de la Bible de "guerrier" , et suscite à nouveau une vague de protestations parmi les twittos chrétiens. Ces derniers trouvent un soutien inattendu dans la revue de Bernard Henri-Lévy, La règle du jeu, dans un article ravageur écrit par un rabbin Yeshaya Dalsace. A ne rater sous aucun prétexte.
Pour ceux qui le lisent régulièrement (c’est notre cas), le philosophe Michel Onfray ne peut pas être pris au sérieux quand il parle des religions, surtout la chrétienne. Déjà dans son livre Traité d’athéologie (2005), il disait du Dieu chrétien qu’il était "ethnique" et "cruel". Dans son article pour Le Point, Onfray récidive en expliquant par exemple que "les juifs" ont exterminé les Cananéens, selon la Bible. C’est faux (il n’y avait pas de juifs à l’époque), tendancieux (anti-Israélien, en réalité), et cela finit, forcément, par embêter les premiers concernés : les Juifs. Le texte de Yeshaya Dalsace, juif et effectivement scandalisé, est exemplaire. Non seulement il dénonce les fausses découvertes d’Onfray (par exemple sur l’ancienneté des textes bibliques, comparable à celle des auteurs de l’Antiquité), mais aussi ses accusations contre le "peuple élu", forcément séparatiste, aux revendications nationalistes, non universelles.
Onfray en est à louer l’exemple des Grecs, si tolérants et si démocratiques, tout en omettant l’esclavage et la bestialité des guerres antiques. Le rabbin en conclut : "Alors allons au bout de la logique d’Onfray : brûlons la Bible, Freud et quelques autres pour revenir exclusivement à Platon et Epicure !…" Dans cette affaire, les Juifs et les chrétiens marchent ensemble. Les musulmans aussi, d’ailleurs. Cependant, il convient de noter – et ce sera notre contribution au débat ! – que Michel Onfray, dans son texte, ne dit rien de négatif à l’égard de Jésus. C’est assez étrange. Ici: LA CRITIQUE
Ils sont à la une de la RTBF ou de RTL, ils déblatèrent sur les ondes, ils sont omniprésents sur les scènes de la ville ou de la province, ils sont censés nous faire rire et y parviennent parfois… Ils s’appellent de Warzée, Pirette, Theunis et consorts. Ils égratignent gentiment le monde politique ou médiatique, épinglent les travers de notre société, mais là où ils se « lâchent », c’est lorsqu’ils se déchaînent contre l’Eglise, la foi, la religiosité catholique. Ils pourraient tout aussi bien cibler les célébrations compassées du militantisme laïc, les débordements fanatiques des mosquées, les grimaces de la bienpensance politiquement et culturellement correcte, mais ce serait risqué, et d’ailleurs, il vaut mieux ne pas cracher dans la soupe. En revanche, que risque-t-on à tourner en dérision des enfants faisant leur communion, des vieilles égrenant leur chapelet, les prêtres - tous pédophiles bien sûr -, le pape ou l’archevêque toujours ridicules, bien évidemment ? On sait bien que tous ces gens passés à la moulinette d’un humour destructeur n’intenteront pas de procès, qu’ils ne lanceront pas de fatwas, qu’ils ne déposeront pas d’explosifs, alors pourquoi se gênerait-on, d’autant que les portes sont largement ouvertes à ces « drôles » par tous ceux qui dominent le monde de la « culture » et du divertissement. Alors, même si « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », on y va de tout cœur, sans retenue. Derrière les rictus grimaçants de cet humour stéréotypé et convenu, se cache à peine un parti-pris antichrétien mais surtout anticatholique. Ce n’est pas nouveau; ainsi, lors de la révolution française, des carnavals furent organisés avec des ânes portant des ornements sacerdotaux, et les « oripeaux de la superstition » furent l’objet de parodies haineuses. L’humour corrosif, même lorsqu’il se fait bête ou médiocre, ne finit-il pas par tuer plus sûrement que de longs discours ?