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Foi - Page 257

  • Le pape François souligne avec force l'enseignement de la foi catholique sur la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie

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    De kath.net/news :

    Le pape : la présence de Jésus dans le pain changé n'est pas seulement symbolique

    19 juin 2023

    François s'est entretenu avec les organisateurs du Congrès eucharistique national qui se tiendra en 2024 aux États-Unis.

    Cité du Vatican (kath.net/KAP) Le pape François a souligné avec force l'enseignement de la foi catholique sur la présence réelle de Jésus-Christ dans le pain consacré à l'autel. A une époque où certains catholiques pensaient que l'Eucharistie était plutôt un symbole et non la "présence réelle et aimante du Seigneur", il s'agit de redécouvrir "le sens du miracle et de l'étonnement face à ce grand don". Le pape s'est exprimé lundi lors d'une rencontre avec les organisateurs du Congrès eucharistique national aux États-Unis, qui doit se tenir en juillet 2024 à Indianapolis.

    Il s'agira de la première grande manifestation de ce type aux États-Unis depuis 1941, environ 80.000 participants sont attendus. Le pape a recommandé aux évêques américains de raviver également la forme de piété catholique de l'adoration de Jésus sous la forme de l'hostie consacrée. "Je crois que dans ces temps modernes, nous avons perdu le sens de l'adoration. Nous devons à nouveau cultiver l'adoration en silence. C'est une prière que nous avons perdue, peu de gens savent encore ce que c'est", a déclaré le pape. Les évêques sont appelés à rapprocher à nouveau les fidèles de cette pratique, a-t-il ajouté.

    Complément d'information sur Catholic News Agency (Peter Pinedo) :

    Pope Francis National Eucharistic Congress

    S'adressant aux membres du comité des évêques américains pour le Congrès eucharistique national le lundi 19 juin, le pape François a déclaré que le congrès "marque un moment important dans la vie de l'Église aux États-Unis".

    Le pape a également béni un grand ostensoir qui sera utilisé pour accueillir Notre Seigneur pendant le Congrès eucharistique national. 

    François a salué les "efforts du comité pour contribuer à un renouveau de la foi et de l'amour pour la sainte Eucharistie", qu'il a qualifiée de "source et sommet de la vie chrétienne".

    "L'Eucharistie est la réponse de Dieu à la faim la plus profonde du cœur humain", a déclaré François. "La faim d'une vie authentique, car dans l'Eucharistie, le Christ lui-même est vraiment au milieu de nous, pour nous nourrir, nous consoler et nous soutenir sur notre chemin.

    Les membres du comité d'organisation du prochain Congrès eucharistique national des évêques américains ont rencontré le pape au Vatican. 

    La campagne triennale de réveil eucharistique des évêques, qui vise à accroître la dévotion à Jésus dans l'Eucharistie, en est à sa deuxième année et des événements nationaux majeurs sont prévus pour 2024.

    La décision d'entreprendre cette initiative fait suite à une enquête Pew de 2019 qui a révélé que seulement 31 % des catholiques croient en un principe fondamental de leur foi, à savoir que le corps et le sang du Christ sont réellement et substantiellement présents dans l'Eucharistie.

    Le Congrès eucharistique national, l'un des événements phares du renouveau, aura lieu du 17 au 21 juillet 2024 à Indianapolis. Les organisateurs s'attendent à ce que 80 000 fidèles de tout le pays se rassemblent pour ce congrès qui, selon eux, sera "un moment décisif pour notre génération".

    "Malheureusement, de nos jours, certains fidèles catholiques croient que l'eucharistie est plus un symbole que la réalité de la présence et de l'amour du Seigneur", a déploré François. 

    François a également souligné l'importance de l'adoration eucharistique dans la vie de l'Église. 

    "Je crois que nous avons perdu le sens de l'adoration à notre époque", a-t-il déclaré. "Nous devons redécouvrir le sens de l'adoration en silence. C'est une forme de prière que nous avons perdue. Trop peu de gens savent ce que c'est".

    "Il appartient aux évêques de catéchiser les fidèles à la prière par l'adoration", a déclaré le pape au comité, ajoutant que l'Eucharistie "est plus qu'un symbole, c'est la présence réelle et aimante du Seigneur".

    "Dans l'Eucharistie, nous rencontrons Celui qui a tout donné pour nous, qui s'est sacrifié pour nous donner la vie, qui nous a aimés jusqu'à la fin", a déclaré François. "J'espère donc que le Congrès eucharistique incitera les catholiques de tout le pays à redécouvrir le sens de l'émerveillement et de la crainte face au grand don que le Seigneur fait de lui-même et à passer du temps avec lui dans la célébration de la sainte messe et dans la prière personnelle et l'adoration devant le Saint-Sacrement. 

    La dévotion à l'Eucharistie, a déclaré François, inspirera "les fidèles à s'engager avec un zèle toujours plus grand à être des disciples missionnaires du Seigneur Jésus dans le monde".

    "L'amour que nous célébrons dans ce sacrement ne peut pas être gardé pour nous, mais exige d'être partagé avec tous", a déclaré François. "Vous assistez à la célébration de la messe, vous recevez la communion, vous adorez le Seigneur, et que faites-vous ensuite ? Vous sortez et vous évangélisez.

    Le pape a appelé à l'évangélisation et à l'amour, en particulier envers les personnes âgées, qu'il a appelées "la sagesse d'un peuple", et les malades, "qui sont l'image de Jésus souffrant".

  • Blaise Pascal, "un infatigable chercheur de vérité", fait l'objet d'une lettre apostolique du pape François à l'occasion du quatrième centenaire de sa naissance

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    LETTRE APOSTOLIQUE SUBLIMITAS ET MISERIA HOMINIS DU PAPE FRANÇOIS POUR LE QUATRIÈME CENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE BLAISE PASCAL 

    Grandeur et misère de l’homme forment le paradoxe qui se trouve au cœur de la réflexion et du message de Blaise Pascal, né il y a quatre siècles, le 19 juin 1623, à Clermont, dans le centre de la France. Dès l'enfance et tout au long de sa vie, il a cherché la vérité. Avec la raison, il en a tracé les signes, notamment dans les domaines des mathématiques, de la géométrie, de la physique et de la philosophie. Très tôt, il a fait des découvertes extraordinaires, au point d'atteindre une renommée considérable. Mais il ne s'est pas arrêté là. Dans un siècle de grands progrès en de nombreux domaines scientifiques, accompagnés d'un esprit de scepticisme philosophique et religieux croissant, Blaise Pascal s'est montré un infatigable chercheur de vérité qui, en tant que tel, reste toujours “inquiet”, attiré par de nouveaux et futurs horizons.

    Cette raison, si pointue et en même temps si ouverte en lui, n'a jamais fait taire la question ancienne et toujours nouvelle qui résonne dans l'âme humaine : « Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui, le fils de l'homme pour que tu prennes soin de lui ? » ( Ps 8, 5). Cette question est gravée dans le cœur de tout être humain, de tout temps et en tout lieu, de toute civilisation et de toute langue, de toute religion. « Qu'est-ce que l’homme dans la nature ? - se demande Pascal -. Un néant à l’égard de l'infini, un tout à l’égard du néant ». [1] Et en même temps, la question est là, dans ce psaume, au cœur de cette histoire d'amour entre Dieu et son peuple, histoire accomplie dans la chair du "Fils de l'homme" Jésus-Christ, que le Père a livré jusqu'à l'abandon pour le couronner de gloire et d'honneur au-dessus de toute créature (v. 6). À cette interrogation, formulée dans un langage si différent du langage mathématique et géométrique, Pascal ne s'est jamais fermé.

    À l’origine, je crois pouvoir reconnaître chez lui une attitude de fond que j'appellerais une "ouverture étonnée à la réalité". Ouverture aux autres dimensions du savoir et de l'existence, ouverture aux autres, ouverture à la société. Par exemple, il est à l'origine, à Paris en 1661, du premier réseau de transports publics de l'histoire, les "carrosses à cinq sols". Si je mentionne cela au début de cette lettre, c'est pour insister sur le fait que ni sa conversion au Christ, surtout à partir de la "Nuit de feu" du 23 novembre 1654, ni son extraordinaire effort intellectuel pour défendre la foi chrétienne n'ont fait de lui un être isolé de son temps. Il était attentif aux problèmes les plus aigus de l'époque, ainsi qu'aux besoins matériels de toutes les composantes de la société dans laquelle il vivait.

    Cette ouverture à la réalité a fait qu'il ne s'est pas fermé aux autres, même durant sa dernière maladie. C'est de cette époque, alors qu'il avait trente-neuf ans, que l’on rapporte ces paroles qui expriment l'étape finale de son parcours évangélique : « Si les médecins disent vrai, et que Dieu permette que je relève de cette maladie, je suis résolu de n’avoir d’autre occupation ni d’autre emploi tout le reste de mes jours que le service des pauvres ». [2] Il est touchant de constater que, dans les derniers jours de sa vie, un penseur aussi brillant que Blaise Pascal ne voyait pas d'autre urgence que de mettre son énergie au service de la miséricorde : « L'unique objet de l'Écriture est la charité ». [3]

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  • La morale catholique et les idéologies homosexuelles et de genre dans le magistère de J. Ratzinger/Benoît XVI

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    De Lucia Comelli sur le site de l'Observatoire International Cardinal Van Thuan sur la Doctrine Sociale de l'Eglise :

    La morale catholique et les idéologies homosexuelles et de genre dans le magistère de J. Ratzinger/Benoît XVI

    13 juin 2023

    Ces dernières années, je me suis souvent trouvée engagée contre l'avancée des théories du genre et de l'homosexualisme à l'école, en travaillant récemment aux côtés - en tant qu'attachée de presse de l'association 'Non si tocca la Famiglia' - de certains parents pris au dépourvu par des initiatives discutables qui, malgré elles, impliquent leurs enfants. Comme il arrive que ceux qui soutiennent de tels projets, ou minimisent leur impact sur les adolescents et les enfants, soient aussi des personnes qui se proclament chrétiennes, j'ai eu le plaisir d'écouter en ligne la conférence du professeur Livio Melina, ancien doyen de l'Institut pontifical Jean-Paul II, sur le thème du rapport entre ces idéologies et l'anthropologie catholique dans la pensée de J. Ratzinger/Bénédicte XVI [1].

    Historiquement, la première idéologie est née dans le contexte de la révolution sexuelle, c'est-à-dire dans le cadre de ce que le philosophe Augusto Del Noce a décrit comme la plus grande crise métaphysique, éthique et religieuse à laquelle l'Occident ait jamais été confronté dans son histoire. Une subversion de la morale judéo-chrétienne traditionnelle qui repose sur le refus scientifique du finalisme de la nature et considère que la sexualité est simplement basée sur les instincts. Cette vision matérialiste de l'être humain, née du rejet du puritanisme protestant, a ensuite basculé dans une permissivité qui s'est également nourrie de la contestation freudienne de la répression des instincts, considérée comme la principale source de malaise dans les sociétés civilisées.

    La révolution sexuelle a entraîné une série de ruptures 

    • du lien naturel entre sexualité et procréation, par la pratique de la contraception et de la procréation artificielle;
    • entre sexualité et mariage ;
    • entre sexe et différence sexuelle, avec la normalisation de l'homosexualité qui s'ensuit.

    Ces fractures conduisent à une déconstruction du concept même de famille - fondé sur le lien indissoluble entre un homme et une femme - qui est remplacé par celui de "familles", c'est-à-dire d'une pluralité de modèles, tous également dignes d'être légitimés socialement et juridiquement.

    Dans 'L'idéologie allemande' (1946), Marx définit l'idéologie comme la justification théorique qui masque un intérêt inavouable. Quel serait cet intérêt dans notre cas ? Herbert Marcuse, le grand protagoniste de la révolution sexuelle de 1968, a observé que, dans la première phase du capitalisme, une morale réglementant de manière rigide les mœurs sexuelles était nécessaire, comme c'était le cas dans le puritanisme protestant. Par la suite, au contraire, il est devenu avantageux pour le capitalisme de liquider la famille [c'est-à-dire toute forme solide d'appartenance et d'identité]. Cela implique 

    • la fin du mariage en tant que lien indissoluble entre un homme et une femme ;
    • la dissolution de l'autorité paternelle ;
    • la négation de la procréation comme finalité de la sexualité et la méconnaissance du fait que celle-ci est fondée sur la différence sexuelle [comme le suggère le mot même de sexe = du latin secare/ couper ou, au sens figuré, distinguer].

    Le grand théologien Joseph Ratzinger, longtemps préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, devenu pape sous le nom de Benoît XVI, a prononcé un important discours devant la Curie romaine le 21 décembre 2012, affirmant que le genre représente une grave atteinte non seulement à la forme authentique de la famille, mais aussi à l'être humain en tant que tel : l'homme conteste avoir une nature préconstituée par sa corporéité, et décide de la créer lui-même [après tout, la théorie de la fluidité du genre contribue largement à la montée du soi-disant transhumanisme] :

    "Selon le récit biblique de la création, il appartient à l'essence de la créature humaine d'avoir été créée par Dieu en tant qu'homme et en tant que femme. Cette dualité est aujourd'hui remise en cause. [...]. L'homme conteste sa propre nature. Il n'est plus qu'esprit et volonté. La manipulation de la nature, que nous déplorons aujourd'hui en matière d'environnement, devient ici le choix fondamental de l'homme par rapport à lui-même. [Si la dualité homme-femme n'existe plus, la famille n'existe plus non plus en tant que réalité prédéterminée par la création. Mais dans ce cas, la progéniture a également perdu sa place et sa dignité particulière : de sujet de droit à part entière, elle devient nécessairement un objet, auquel on a droit et que l'on peut se procurer. Là où la liberté de faire devient la liberté de se faire soi-même, on en vient nécessairement à nier le Créateur lui-même et avec cela, finalement, l'homme en tant qu'image de Dieu est également rabaissé dans l'essence de son être. Dans la lutte pour la famille, c'est l'homme lui-même qui est en jeu [2]".

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  • Un tiers des Suisses se proclame sans appartenance religieuse

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    Du sismografo :

    Un tiers des Suisses se dit «sans religion»

    (Bernard Hallet, cath.ch) En Suisse, la proportion de personnes sans appartenance religieuse a fortement augmenté ces dernières décennies jusqu’à atteindre 32% de la population en 2021, juste derrière les catholiques. C’est ce qu’a indiqué l’Office fédéral de la statistique à l’occasion de la publication d’une enquête sur le sujet, le 13 juin 2023. Les «sans religion» constituaient environ 1% de la population il y a 50 ans. En 2021, ils en représentaient 32%, ce qui fait de ce groupe le deuxième plus important après les catholiques (33%), annonce l’enquête. Une tendance qui se poursuit depuis des décennies et va en s’accentuant. (...)

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  • Dire aux hommes combien Dieu les aime (homélie pour le onzième dimanche du T.O.)

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    Jésus voit les gens désolés et abattus comme des brebis sans berger. Pourtant c’étaient des juifs, des gens qui connaissaient cette parole du Seigneur : vous serez mon domaine particulier… Je vous ai portés comme sur les ailes d’un aigle… Mais il n’y avait plus personne pour rendre cette parole de Dieu actuelle. Tout ce qu’ils vivaient leur faisait penser qu’ils étaient abandonnés de Dieu. Dieu les aimait tant et ils ne le savaient pas.

    Quand je suis arrivé dans ces paroisses, j’avais au cœur cette conviction : il faut faire sentir aux gens d’ici combien leur Père du ciel les aime. Et nous avons essayé de faire cela, en rendant la catéchèse attrayante, en centrant le cœur des enfants et des parents sur le cœur de Dieu. Nous avons essayé de le faire en préparant le mieux possible les fiancés au mariage, en accompagnant les personnes en deuil, en animant une bonne équipe de visiteurs de malades et de personnes âgées, et une bonne Conférence de Saint-Vincent de Paul qui visite les personnes dans le besoin. Mais ce n’est pas assez. L’amour de Dieu n’est pas encore assez connu. Nous nous sentons comme au temps de Jésus, des ouvriers peu nombreux devant la moisson abondante. Et Jésus a dit : « priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ». Alors nous allons faire deux choses aujourd’hui : puisque c’est l’amour de Dieu qu’il nous faut faire connaître, nous allons demander de pouvoir mieux le connaître, le sentir, y croire. Et puis nous allons dire au Seigneur : me voici, envoie-moi comme un ouvrier de ta moisson, même sans quitter mon travail, ma famille, mon quartier, même en continuant de vivre ici, avec ma femme, mon mari, mes enfants, mes petits-enfants, mes voisins… Mais fais de moi un ouvrier de ta moisson, un témoin de ton amour, quelqu’un qui donne envie de chercher l’amour de Dieu.

    Commençons par la première chose : mieux connaître l’amour de Dieu. Car Dieu a un cœur qui bat pour nous. Il n’est pas une force vague, une énergie, il a un cœur — ce qu’on dit souvent en disant qu’il est une personne, mais bien sûr cela ne veut pas dire qu’il a deux bras et deux jambes ! La bonne nouvelle que les apôtres doivent annoncer c’est que « le royaume des Cieux est tout proche », c’est que Dieu a fait le chemin vers nous, c’est que nous sommes aimés, c’est-à-dire regardés, considérés, désirés, attendus... Le regard de Dieu se pose sur nous.

    Saint Paul dit qu’il y a un lieu spécial où nous découvrons l’amour de Dieu : « la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. » Quand je contemple la croix je découvre l’amour du Christ pour moi, et je découvre ma valeur : tu as fait ça pour moi !

    La croix fait peur à certains, au point qu’ils n’en mettent plus dans leur maison. Nous aimerions que Jésus n’ait pas dû mourir pour nous. Mais il est mort parce que nous étions indifférents, que nous voulions n’en faire qu’à notre tête… Il est mort à cause de tout le mal qu’il y a dans le monde, et nous y avons notre part. La croix nous aide à ne pas minimiser notre responsabilité. Et elle nous aide aussi à ne pas être écrasés par ce que nous aurions fait de mal. Elle nous aide à ne pas croire que nous ne sommes pas dignes de cet amour. Sur la croix, le Christ nous dit : regarde, je t’aime malgré tout… mon amour est plus fort que tout le mal. À nous de goûter cet amour, de nous laisser aimer par le Christ. Quant à l’étape 2, nous la vivrons plus tard dans la messe.

    Par écrit je voudrais également ajouter ceci, à partir de l’expression de saint Paul, « être sauvés par Lui de la colère de Dieu ». Cela sonne bizarre dans une culture où on dit à Dieu : laisse-nous vivre tranquillement notre vie comme nous l’entendons… Nous ne te demandons rien… Ne nous demande rien non plus… Or c’est justement cette situation d’indifférence qui nous met dans la colère de Dieu, c’est-à-dire le vide qu’il crée en se retirant devant les imprécations de notre liberté égarée. Car ses prétentions reviennent à scier la branche sur laquelle on est assis, ne pas reconnaître que toutes nos facultés ont un but bien plus élevé que de nous permettre d’être astucieux pour nous procurer les plaisirs de la vie… Avoir une vie si dépourvue de sens, voilà la colère de Dieu. La colère de Dieu, ce n’est pas Dieu qui pique une crise parce qu’on ne l’écoute pas. La colère de Dieu, c’est le vide éprouvant lorsque nous nous sommes retirés de lui et que nous avons l’impression qu’il se retire. Dieu n’est jamais en péril, et lorsque nous sommes ses ennemis, lorsque nous le méprisons, c’est nous-mêmes que nous combattons, c’est nous-mêmes que nous méprisons.

    Être sauvés de la colère, c’est découvrir que Dieu a fait tout notre chemin du retour vers lui. Nous ne sommes pas perdus en nous demandant : comment nous assurer un avenir dans ce monde inquiétant ? Nous sommes sauvés. Notre avenir, c’est de l’aimer et de nous laisser porter comme sur les ailes d’un aigle.

  • In memoriam : le père Henri Boulad

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    Source

    In memoriam

    Le Père Henri Boulad, jésuite égyptien, est retourné vers le Seigneur ce 14 juin 2023.

    Il y a neuf mois, il postait sa dernière vidéo, à l'occasion de son 91e anniversaire.  Après quelques rappels relatifs à sa famille qui dut fuir les massacres de Damas en 1860 et se réfugier en Egypte, il y parle de ce qui lui tient le plus à cœur : le sort des enfants abandonnés dans la rue, qui seraient près d’un million dans le pays. On reconnaît là celui a été longtemps le président de la Caritas d’Egypte-Afrique-Moyen-Orient (de 1984 à 1995).

    « Mon projet, c’est d’encourager cette prise de distance vis-à-vis de cette mondialisation qui ne profite qu’aux milliardaires et aux banquiers. Ma position est de parler un langage vrai, d’encourager tous ceux qui ont le courage de s’exprimer et de résister à l’islamisation de l’Europe. L’Europe est une culture, une civilisation enracinée dans le judéo-christianisme, dans des valeurs humaines et humanitaires qu’il faut absolument défendre, sinon, où va le monde ! L’Europe a été à la pointe de la civilisation, non seulement sur le plan technique et scientifique, mais aussi sur le plan humain, humaniste et spirituel. Et en tout cela le christianisme est le moteur, même s’il est en perte de vitesse et en crise. L’évangile et la foi chrétienne ont quelque chose d’essentiel à dire, il faut revivifier le christianisme, d’une autre manière qu’autrefois. En cela je dirais que mon rôle est de soutenir toutes ces valeurs spirituelles et humaines dont l’Europe est porteuse » (source).

    Notamment dans cette vidéo qui date d’un an et demi, il n’a cessé de dénoncer la « naïveté occidentale » face à l’islam, inséparable de « l’islamisme », et qui porte une dimension inévitablement totalitaire ; comme à peu près tous les chrétiens d’Orient, il déplorait les « dialogues » islamo-chrétiens inventés par des Occidentaux (à la suite du « prophète » Massignon).

    Influencé par des penseurs occidentaux ‒ et à une certaine époque de sa vie par son confrère Teilhard de Chardin ‒, le P. Boulad opposait parfois islam et modernité, comme si le problème était que l’islam aurait pris 1 400 ans de retard sur le cours évolutif de l’histoire, une idée que l’on entend aussi dans la bouche de certains musulmans critiques. On pourrait en dire autant du bouddhisme ou de l’hindouisme, le « cours de l’histoire » étant évidemment une fiction. Sa vraie pensée se lit dans le paragraphe ci-dessus.

    Puisse-t-il nous soutenir désormais de Là-Haut dans nos tâches et notre combat quotidiens !

    La notice ci-dessous, parue sur kath.net/news, complète et corrige ce qui précède :

    Le Caire (kath.net/KAP) Le père jésuite Henri Boulad (photo d'archive), connu comme mystique mais aussi pour son attitude critique envers l'islam, est décédé mercredi à l'âge de 91 ans dans son pays d'origine, l'Egypte. Cela a été confirmé par le Collège jésuite de la Sainte Famille au Caire et l'Association continentale Caritas pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient (MONA). L'inhumation au cimetière jésuite du quartier Matareya du Caire a eu lieu jeudi.

    Né en 1931 d'une famille syro-italienne dans la ville portuaire d'Alexandrie, le religieux a été pendant de nombreuses années provincial des jésuites en Égypte et directeur du "Centre culturel jésuite" de sa ville natale. (...)

    Boulad a étudié la théologie au Liban, la philosophie en France et la psychologie aux États-Unis. Sur le plan international, il est apparu à maintes reprises en tant que conférencier et auteur. Avec ses œuvres, qui tournent autour de divers aspects de l'expérience mystique et ont été traduites dans de nombreuses langues, il était souvent invité en Autriche et un auteur spirituel largement lu.

    Depuis plusieurs années, Boulad est également connu comme l'une de ces voix avertissant de la propagation de l'islam. En 2017, le jésuite a pris la citoyenneté hongroise de sa propre initiative afin, dit-il, de soutenir les politiques migratoires restrictives de Viktor Orban. Dans une interview pour l'hebdomadaire hongrois Heti Valasz, Boulad a critiqué "l'immigration inconditionnelle" et mis en garde contre une future majorité musulmane sur le continent européen.

    Boulad était donc prudent lorsqu'il évaluait l'aide de l'Église catholique aux réfugiés. Les initiatives des organisations ecclésiastiques à cet égard, mais aussi les "projets du pape" sont "grands et motivés par l'évangile", a-t-il déclaré dans une interview de 2017 avec "Heti Valasz". Mais "malgré l'honnêteté, on peut se tromper", disait le religieux de l'époque : "Je pense que l'Occident et le pape ne connaissent pas la vraie nature de l'islam". Selon l'image de soi de l'islam, "la coexistence pacifique est impossible à long terme, ou seulement à condition que les chrétiens se contentent d'être des citoyens de second ordre", a déclaré Boulad.

  • La solennité du Sacré-Coeur de Jésus

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    De l'Evangile au Quotidien :

    Solennité du Sacré-Cœur de Jésus

    Le Christ révèle à sainte Marguerite-Marie Alacoque, le 27 décembre 1673, que « Mon divin Cœur est si passionné d'amour pour les hommes, et pour toi en particulier que, ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu'il les répande par ton moyen, et qu'il se manifeste à eux pour les enrichir de ses précieux trésors que je te découvre... »

    En juin 1675, Il s'adresse à elle en ces termes : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu'il n'a rien épargné, jusqu'à s'épuiser et se consommer, pour leur témoigner son amour. 

    Je te demande que le premier vendredi d'après l'octave du Saint-Sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon Cœur, en communiant ce jour là, et en lui faisant réparation d'honneur par une amende honorable, pour réparer les indignités qu'il a reçues pendant le temps qu'il a été exposé sur les autels.

    Je te promets aussi que mon Cœur se dilatera, pour répandre avec abondance les influences de son divin amour sur ceux qui lui rendront cet honneur, et qui procureront qu'il lui soit rendu... 

    Fais savoir au fils ainé de mon Sacré-Cœur (le roi Louis XIV) que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par sa consécration à mon Cœur adorable. Mon Cœur veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis et de tous ceux de la sainte Église.

    Mon Père veut se servir du roi pour l'exécution de son dessein, qui est la construction d'un édifice public où serait placé le tableau de mon Cœur pour y recevoir les hommages de toute la France ».

    Il faudra attendre 1870 : la guerre éclate entre la France et l'Allemagne ; la défaite militaire française ne tarde pas, suivie de l'occupation d'une partie du pays par les troupes allemandes. Alexandre Legentil, député sous Louis-Philippe, et son beau-frère, Hubert Rohault de Fleury, font vœu de construire une église consacrée au Cœur du Christ, en réparation et pénitence pour les fautes commises par les Français : « Pour faire amende honorable de nos péchés et obtenir de l'infinie miséricorde du Sacré-Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ le pardon de nos fautes, ainsi que les secours extraordinaires qui peuvent seuls délivrer le Souverain Pontife de sa captivité et faire cesser les malheurs de la France, nous promettons de contribuer à l'érection, à Paris, d'un sanctuaire dédié au Sacré-Cœur de Jésus. » Pendant la première guerre mondiale, en réponse à la demande adressée par sainte Marguerite Marie, en 1675, plus de douze millions de drapeaux et fanions français ornés du Sacré Cœur de Jésus furent portés par les soldats, les régiments, etc. En 1917, la République a interdit la consécration individuelle des soldats au Sacré Cœur et le port du Sacré Cœur. Dans une lettre aux pèlerins de Paray, en 1999, saint Jean Paul II « invite tous les fidèles à poursuivre avec piété leur dévotion au culte du Sacré-Cœur de Jésus, en l'adaptant à notre temps, pour qu'ils ne cessent d'accueillir ses insondables richesses, qu'ils y répondent avec joie en aimant Dieu et leurs frères, trouvant ainsi la paix, entrant dans une démarche de réconciliation et affermissant leur espérance de vivre un jour en plénitude auprès de Dieu, dans la compagnie de tous les saints. »

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  • Prière au Sacré-Coeur de Jésus

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    Prière au Sacré-Coeur de Jésus

    Mettez-moi, ô mon doux Sauveur,
    dans Votre sacré côté et dans Votre Coeur adorable,
    qui est une fournaise ardente du pur amour, 
    et me voilà en assurance.
    J'espère que vous m'y introduirez
    ô mon Jésus et mon souverain bien,
    puisque je vous aime,
    non pour les récompenses que vous promettez
    à ceux qui vous aiment,
    mais purement pour l'amour de vous-même.
    Je vous aime par-dessus toutes choses aimables,
    par-dessus toutes les bontés, par dessus toutes les beautés,
    par-dessus tous les plaisirs, et enfin par-dessus moi-même
    et tout ce qui est hors de vous,
    protestant en présence du ciel et de la terre 
    que je veux vivre et mourir en votre saint amour pur et simple,
    et que, quand pour vous aimer de la sorte je devrais être persécutée,
    tourmentée, ou endurer la mort,
    j'en serais très contente et dirais toujours avec Saint Paul :
    il n'y a aucune créature qui me puisse séparer de la charité
    du Sacré-Coeur de Jésus-Christ 
    que j'aime et veux aimer éternellement.

    Sainte Marguerite Marie Alacoque

  • Heiligtumsfahrt : les fêtes de la foi battent leur plein à Aix-la-Chapelle

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    De kath.net/news (Michael Hesemann) (traduction revue et corrigée; merci de nous avoir signalé les inexactitudes de la première traduction) :

    … la robe de Marie de la nuit de la naissance de Jésus.

    Au contact de Jésus et Marie

    15 juin 2023

    Des dizaines de milliers de personnes affluent au voyage du sanctuaire d'Aix-la-Chapelle pour vivre, sans se soucier du chemin synodal, l'Église en Allemagne telle qu'elle devrait être : Pieuse et joyeuse, tout en étant entièrement centrée sur Jésus et Marie.

    Aix-la-Chapelle (kath.net) Tous les sept ans, l'ancienne ville impériale d'Aix-la-Chapelle devient la principale destination de pèlerinage de l'ouest allemand - et ce depuis le haut Moyen-Âge. Lorsque Charlemagne, couronné empereur un an plus tard par le pape à Rome, inaugura sans doute en 799 sa chapelle palatine conçue par un architecte arménien, tout son empire s'émerveilla de l'incroyable trésor de reliques que le souverain franc avait accumulé. Que ce soit le pape à Rome, l'impératrice romaine Irène, le calife de Bagdad Harun ar-Rashid ou le patriarche de Jérusalem, quiconque voulait améliorer ses relations avec le nouvel homme fort de l'Occident savait que l'on gagnait son cœur pieux avec de précieuses reliques. C'est ainsi que la cathédrale d'Aix-la-Chapelle, cette vision de la Jérusalem céleste incarnée dans la pierre, qui jette déjà un pont entre l'Ouest et l'Est, mais aussi entre le ciel et la terre, devint un reliquaire qui pouvait tout à fait rivaliser avec son "concurrent", la cathédrale de l'ancienne ville impériale romaine de Trèves. Le pape a contribué à ce que le flux de pèlerins vers le sanctuaire octogonal ne s'arrête jamais, en accordant une indulgence à tous ceux qui venaient à Aix-la-Chapelle pour la fête annuelle de la dédicace de l'église, le 17 juillet.

    Le "voyage du sanctuaire" - le terme est attesté depuis 1239 - est devenu une grande fête de pèlerinage suprarégionale sous Frédéric II. Si les reliques étaient encore emmurées au début du Moyen-Âge, elles étaient sorties de leur cachette au Haut Moyen-Âge et montrées aux fidèles lors de ces occasions particulières, ce qui était également le cas pour Aix-la-Chapelle. Pour les conserver dignement en dehors de ces occasions, on créa à l'époque la grande châsse dorée de la Vierge, un chef-d'œuvre d'orfèvrerie gothique. Alors qu'à l'origine, le voyage du sanctuaire avait lieu à intervalles irréguliers, entre un et cinq ans, il fut décidé en 1349 d'instaurer un cycle de sept ans, qui fut respecté, à quelques exceptions près, jusqu'en 2014. En 2021, le voyage au sanctuaire a dû être annulé en raison d'une pandémie, raison pour laquelle l'évêque d'Aix-la-Chapelle, Mgr Helmut Dieser, l'a reporté cette année au 9-19 juin 2023.

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  • Le très révérend Richard Pain, qui a été évêque anglican de Monmouth, rejoindra l'Église catholique le dimanche 2 juillet 2023

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    Du Catholic World Report :

    Un évêque anglican du Pays de Galles se convertira au catholicisme pour devenir prêtre

    14/06/2023

    Le très révérend Richard Pain, qui a été évêque anglican de Monmouth, rejoindra l'Église catholique le dimanche 2 juillet 2023.

    ''Un ancien évêque anglican du Pays de Galles sera reçu dans la pleine communion avec l'Église catholique romaine le mois prochain et servira comme prêtre au sein de l'Ordinariat anglican, qui a été créé par l'ancien pape Benoît XVI en 2011.

    Le très révérend Richard Pain, qui a été évêque anglican de Monmouth, rejoindra l'Église catholique le dimanche 2 juillet à St. Basil et St. Gwladys à Rogerstone, au Pays de Galles. Il est le premier évêque anglican gallois à se convertir au catholicisme par le biais de l'Ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham.

    "Nous sommes ravis qu'après de nombreuses prières, Richard ait demandé à être reçu dans la pleine communion de l'Église catholique", a déclaré Mgr Keith Newton, qui est l'ordinaire de l'ordinariat, dans un communiqué.

    "Il sera le premier évêque de l'Église anglicane du Pays de Galles à être reçu dans l'ordinariat depuis sa création en 2011", a déclaré Mgr Newton. "Richard a un ministère long et distingué dans l'Église du Pays de Galles. Il a de nombreux dons qu'il continuera d'utiliser pour proclamer l'Évangile de Jésus-Christ au peuple du Pays de Galles.

    L'ordinariat est structuré de la même manière qu'un diocèse et permet aux anciens prêtres et évêques anglicans d'entrer en pleine communion avec l'Église catholique tout en conservant certaines traditions anglicanes. Il a sa propre liturgie eucharistique, qui est distincte de la liturgie standard du rite romain, et incorpore des éléments du Livre de la prière commune (Book of Common Prayer) qui ne sont pas en conflit avec la doctrine catholique.

    Aux États-Unis et au Canada, l'ordinariat est connu sous le nom d'ordinariat personnel de la chaire de Saint-Pierre et accueille les convertis anglicans et méthodistes.

    Grâce à l'ordinariat, un prêtre ou un évêque anglican peut entrer en pleine communion avec l'Église catholique et servir en tant que prêtre même s'il est marié. Richard Pain a épousé sa femme, Juliet, il y a plus de 40 ans, et ils ont deux fils.

    Dans une déclaration, Richard Pain a déclaré que la compréhension bénédictine de l'obéissance et de l'écoute du Seigneur fut importante pour sa formation personnelle et son ultime conversion à la foi catholique.

    "L'appel à la conversion qui suit m'a conduit à me convertir à l'Église catholique par le biais de l'ordinariat", a déclaré Richard Pain. «J'ai beaucoup de raisons d'être reconnaissant pour l'expérience acquise tout au long de ma vie en tant qu'anglican. Pourtant l'appel au catholicisme semble à la fois naturel et spirituel. Recommencer à zéro est un défi qui sera le bienvenu et je viens - comme nous le faisons tous - en tant qu'apprenant et disciple. L'ordinariat, à travers la vision du pape Benoît, offre un chemin généreux pour parcourir un chemin de pèlerinage et je demande vos prières.

    Richard Pain est né à Londres en 1956 et a été ordonné prêtre dans l'Église anglicane du Pays de Galles à la cathédrale de Newport en 1986. Il a été ordonné évêque de Monmouth en 2013 et a pris sa retraite en 2019. Durant le temps qu'il a fait dans l'église anglicane, il a aidé au discernement et à la formation du clergé.

    Au moins 15 évêques anglicans se sont convertis au catholicisme par le biais de l'ordinariat anglican depuis sa création, qui comprenait quatre évêques en 2021.

    L'un des convertis de 2021, le très révérend Michael Nazir-Ali, avait été un membre éminent de la hiérarchie anglicane. Il était considéré comme un futur candidat au poste d'archevêque de Cantorbéry, qui est le poste le plus élevé de l'Église d'Angleterre et de la communion anglicane.''

  • La disparition de Silvio Berlusconi et d'Antonio Borelli Machado

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    De Roberto de Mattei sur Corrispondenza Romana :

    La disparition de Silvio Berlusconi et d'Antonio Borelli Machado

    14 juin 2023

    Le 12 juin 2023, Silvio Berlusconi, fondateur de Fininvest et de Forza Italia, chef de quatre gouvernements, protagoniste incontesté de trente ans de vie italienne, est décédé à Milan à l'âge de 86 ans. Une vie de grand engagement et de forts contrastes, dans les domaines des affaires, des médias et de la politique, dont il est sorti, malgré ses blessures, toujours gagnant. Un seul entrepreneur avant lui a exercé autant de pouvoir, mais pour des raisons héréditaires et non personnelles : Gianni Agnelli. Alors que le président de Fiat avait accompagné la révolution culturelle et politique italienne en s'alignant sur les indications des "pouvoirs forts" internationaux, Berlusconi a été un "outsider" qui a osé remettre en cause le compromis historique, en s'engageant en 1994 contre la "joyeuse machine de guerre" socialo-communiste et en en payant toutes les conséquences, y compris une lourde persécution judiciaire et médiatique, qui lui a coûté plus de 30 procès et 130 inculpations, avec une seule condamnation définitive, pour fraude fiscale. 

    L'anticommunisme a été une constante et le grand mérite de Silvio Berlusconi. Comment ne pas rappeler que le 27 février 1998, il s'est présenté à la convention de l'Alleanza Nazionale avec un livre en cadeau pour chacun des 2 500 participants : Le livre noir du communisme de Stéphane Courtois, traduit cette année-là par sa maison d'édition Mondadori. La grande erreur de Berlusconi est de ne pas avoir compris qu'il n'y avait pas d'anticommunisme possible en dehors d'une réaction contre la dégradation morale qui attaquait l'Italie dans ces années-là et que, malheureusement, ses réseaux de télévision alimentaient. Dès 1987, le Centre culturel Lepanto, dans un appel intitulé Dove va l'Italia (Où va l'Italie ?), paru le 5 juin sous forme de publicité dans Il Giornale de Berlusconi, rappelait que "la véritable alternative à laquelle l'Italie est confrontée aujourd'hui se situe entre la défense de la civilisation occidentale et chrétienne et la capitulation devant le relativisme moral qui trouve dans le socialisme et le communisme son expression la plus radicale. Il n'y a pas d'opposition au communisme qui puisse être séparée de la lutte contre ce relativisme, c'est-à-dire de la défense des principes religieux et moraux de l'Évangile. D'autre part, aucun appel à ces principes ne peut être efficace s'il n'est pas accompagné d'une opposition radicale et active au social-communisme, qui représente la menace la plus insidieuse pour notre civilisation". 

    Silvio Berlusconi avait l'âme d'un conquérant. Son horizon était avant tout l'Italie, dont il se sentait le représentant par excellence. Au cours de sa longue vie, il a réalisé tout ce qu'un homme, avec de l'argent, mais surtout avec ses talents et ses capacités, peut conquérir sur terre, jusqu'à son dernier succès : l'hommage "bipartisan" de ses amis et de ses détracteurs. 

    L'Italie lui a rendu les plus grands honneurs : deuil national, funérailles nationales célébrées au Dôme par l'archevêque de Milan, avec la participation du président de la République et des plus hautes fonctions institutionnelles, 33 pages du Corriere della Sera et 27 pages de la Repubblica (autrefois ennemi acharné) pour illustrer sa vie publique et privée. Dans ses dernières heures terrestres, selon le Corriere, Berlusconi a regardé la finale de la Ligue des champions et semblait "obsédé" par l'idée de la réorganisation de Forza Italia et par la préoccupation du conflit en Ukraine et de sa possible dégénérescence en un affrontement nucléaire. Nous ne savons rien du moment décisif, celui où peut basculer le sens d'une vie qui n'a pas été donnée à Dieu.

    Une semaine avant Berlusconi, le 5 juin 2023, l'écrivain Antonio Augusto Borelli Machado s'est éteint à Sao Paulo, au Brésil, à l'âge de 92 ans. Le "Dr Borelli", comme on l'appelait familièrement, bien que titulaire d'un diplôme d'ingénieur, vivait dans un petit appartement du quartier d'Higiénopolis, mais son regard embrassait le monde entier. En effet, pendant de nombreuses années, il a dirigé le centre de documentation et de recherche de l'Association brésilienne de la tradition, de la famille et de la propriété, qui a suivi et analysé plus de quatre cents publications provenant de 25 pays, en treize langues. Ses archives, créées à l'époque où l'Internet n'existait pas, étaient riches en coupures de presse des correspondants de la TFP en Amérique et en Europe, et permettaient au Dr Borelli d'être constamment informé des événements religieux et politiques les plus importants de notre époque, sous la direction du professeur Plinio Corrêa de Oliveira, qu'il suivait depuis 1954. 

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  • Pour survivre, l’Église, doit-elle s’adapter et moderniser sa doctrine ?

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    D'Etienne Montero sur didoc.be :

    Faire évoluer la doctrine chrétienne ?

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    L’Eglise doit adapter sa doctrine à la société moderne, entend-on souvent aujourd’hui. Mais comment distinguer un vrai développement d’une corruption ? L’auteur esquisse une réponse en convoquant Newman.

    Un changement d’époque

    Le pape François dit volontiers que « nous ne vivons pas une époque de changements, mais un changement d’époque ». Quelques mots suffisent pour prendre la mesure des changements : internet, IA, biomédecine, sécularisation, mondialisation, crise climatique, migrations massives… La représentation de l’homme s’est modifiée, au gré des nouvelles mœurs et idées : révolution sexuelle, maîtrise de la fécondité, reproductions artificielles, mères porteuses, déclin du mariage, théories du genre, antispécisme, transhumanisme, wokisme… Nous sommes confrontés à une modification anthropologique sans précédent, dit-on, non sans raison.

    Dans ce contexte de profonds et rapides changements, beaucoup pensent que l’Église, pour survivre, doit s’adapter et moderniser sa doctrine.

    Vrai développement ou corruption de la doctrine ?

    Le ruisseau est plus limpide près de sa source. Ainsi pensaient les humanistes de la Renaissance, animés du grand projet de « revenir aux sources ». Cette image, estime Newman, ne s’applique pas à l’histoire d’une philosophie ou d’une croyance. Celle-ci devient au contraire plus pure, plus forte quand elle s’est creusé un lit profond, large et plein.

    Le temps est nécessaire pour atteindre la pleine intelligence des grandes idées. Comme toute pensée, la doctrine chrétienne évolue nécessairement au fil du temps, à mesure qu’elle entre en relation avec d’autres doctrines, affronte des questions nouvelles, fait un sort aux critiques, réfléchit sur elle-même, mûrit intérieurement… Une grande idée ne peut se développer et rayonner sans être « engagée », sans rejeter, corriger ou assimiler les modes de pensée ou d’action. Elle doit courir le risque des contacts avec le monde, et se grandir dans l’épreuve, s’enrichir et s’affiner en ferraillant avec ses détracteurs.

    On peut toutefois se demander : qu’est-ce qui fait qu’une doctrine reste vivante et intacte au long de l’histoire, se développe sans se corrompre, évolue tout en restant elle-même ? Chaque changement interroge : sommes-nous en présence d’un vrai développement ou d’une corruption de la doctrine originelle ?

    Sept critères d’un vrai développement

    Dans son brillant Essai sur le développement de la doctrine chrétienne (1845, éd. Ad Solem, 2007), saint J.H. Newman suggère sept notes ou critères garantissant qu’une doctrine ou une institution se développe en demeurant fidèle à elle-même. On les présente brièvement, tour à tour.

    La première note d’un vrai développement est ce que Newman appelle la préservation du type. Il s’agit qu’en dépit des changements externes, le sujet soit capable de conserver son identité, c’est-à-dire saisir et défendre ce qui le définit et le caractérise de manière essentielle. On peut faire une analogie avec la croissance physique, où les parties et les proportions de la forme développée, bien qu’ayant changé, correspondent à celles de son état rudimentaire. L’adulte a la même structure qu’à sa naissance (les jeunes oiseaux ne deviennent pas des poissons…).

    Deuxième note : la continuité des principes. Les doctrines se développent, s’approfondissent et s’élargissent, mais leurs principes demeurent inchangés, à l’instar des axiomes ou postulats des mathématiques. Un développement qui contrarie les propres principes de la doctrine ne serait qu’une corruption.

    Troisième note : la capacité d’assimilation. Toute vie se caractérise par la croissance au point que ne croître d’aucune manière, c’est cesser de vivre. L’être vivant croît en assimilant — c’est-à-dire en transformant en sa propre substance — des matériaux extérieurs. Face aux nouveautés de l’histoire, une doctrine ou une institution ne doit pas se fermer, mais tâcher d’assimiler les éléments extérieurs jusqu’à ce qu’ils entrent dans son unité. Comme le fait un organisme vivant qui assimile ce qui le rend plus fort et rejette les corps étrangers.

    Quatrième note : la conséquence logique. La nouveauté, une fois assimilée, doit augmenter la cohérence logique d’ensemble de la doctrine. Autrement dit, un développement a toutes les chances d’être fidèle, et non une corruption, s’il peut être regardé comme l’aboutissement logique de la forme originelle. Il aide à mieux comprendre ce que l’on possède déjà. Ce n’est pas à dire qu’un développement est le fruit d’une opération logique. Un cheminement s’effectue en silence, spontanément, dans l’esprit ; ce n’est que plus tard qu’il vient à la lumière : on en prend conscience et on lui donne une expression logique, puis une articulation scientifique. Après coup, cependant, le caractère logique de l’ensemble apparaît comme une garantie que le travail n’a pas été une corruption, mais un vrai développement.

    Cinquième note : l'anticipation du futur. Une autre preuve de la fidélité d’un développement ultérieur est qu’il était déjà implicite dès le commencement ; autrement dit, les changements ne représentent aucune violence, mais une explicitation de ce qui était déjà possédé.

    Sixième note : la conservation active du passé. Un vrai développement s’inscrit dans la ligne des développements antérieurs, en même temps qu’il apporte quelque nouveauté. C’est une addition qui n’embrouille pas, ne rompt pas avec le passé, mais qui illumine d’une lumière nouvelle le corps de pensée dont elle procède.

    Septième note : la vigueur durable. Enfin, les vrais développements tiennent sur la longueur ; ils rendent le sujet plus vigoureux, plus stable et sain.

    Si elle incorpore et assimile les nouveautés de l’histoire suivant ces critères, une doctrine se maintient et se développe de façon homogène ; à défaut, elle se corrompt, entre en décadence et périt, comme il est arrivé à tant de doctrines au cours de l’histoire. Newman observe, exemples à l’appui, que le christianisme s’est développé précisément en accord avec ces critères, et c’est pourquoi il a résisté au long des siècles comme aucune autre institution, en dépit des grands changements d’époque.

    Passer les adaptations au crible

    A l’heure où de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer des modifications de la doctrine chrétienne afin qu’elle soit plus en phase avec les « valeurs du temps », les notes d’un vrai développement proposées par Newman peuvent servir de guide.

    Voici donc un exercice exigeant, mais indispensable : passer les modifications souhaitées au crible des sept critères succinctement exposés. On est loin évidemment d’adaptations au gré des sondages d’opinion ou modes du temps, ou selon l’agenda des lobbies. Car, enfin, à quoi bon l’Eglise, si elle n’avait le souci de continuer d’enseigner ce que le Christ et les apôtres eux-mêmes ont enseigné ? A quoi bon, en d’autres termes, si l’on fait fi de la tradition apostolique et de la règle de la foi ? Si l’on fait fi du témoignage des Pères, des enseignements des grands conciles, des lumières et charismes des saints ?

    Dans la superbe biographie qu’il a consacrée à Newman (éd. du Cerf, 2012), Louis Bouyer rapporte combien les mots de Thomas Scott : Holiness rather than peace (la sainteté plutôt que la paix) avaient frappé Newman. Ils se trompent, pensait-il, ceux qui prêchent une religion qui console d’emblée, plutôt qu’une religion qui d’abord inquiète. C’est une grande leçon du converti d’Oxford : la vraie Église est celle qui exige et produit la sainteté. Un christianisme accommodé au monde, ayant fait sa paix avec ce monde, renonçant à sa vocation d’instance critique et de « lumière » pour le monde, n’est qu’un christianisme de décadence.

    Etienne Montero est prêtre, docteur en droit et en théologie, et Professeur à l’Université de Namur.