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Christianisme - Page 7

  • Chine : une importante communauté protestante perd son sanctuaire à la suite d'une opération longuement préparée par les autorités

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    De He Yuyan sur Bitter Winter :

    L'église Yayáng réduite en ruines à Wenzhou

    25 mai 2026

    Une importante communauté protestante perd son sanctuaire à la suite d'une opération longuement préparée par les autorités.

    La police entre dans Yayáng. Photo fournie par des chrétiens locaux.
    La police entre dans Yayáng. Photo fournie par des chrétiens locaux.

    Lorsque « Bitter Winter » a rendu compte en décembre dernier de l’opération policière de cinq jours à Wenzhou, il était déjà clair que l’église Yayáng – également connue localement sous le nom d’église Yazhong – était devenue la cible d’une campagne d’une détermination inhabituelle. À cette époque, des dizaines de fidèles avaient été arrêtés lors de raids coordonnés menés à l’aube les 14 et 15 décembre, le bâtiment de l’église avait été saisi et le quartier environnant était soumis à un niveau de surveillance habituellement réservé aux situations d’urgence politique. Des chrétiens locaux ont déclaré à « Bitter Winter » que les policiers avaient occupé les lieux, bloqué les voies d’accès et interdit aux habitants de parler à des personnes extérieures. L’atmosphère était celle d’un siège qui se resserrait progressivement.

    Ces événements antérieurs, relatés par « Bitter Winter » et cités par la suite par « Le Monde » dans son article et son reportage vidéo (qui cite notre magazine comme source), semblent désormais avoir été le prélude à l’acte final. Ces derniers jours, des informations provenant de chrétiens locaux confirment la démolition de l’église. Des engins de chantier ont été acheminés après des semaines d’accès restreint à la zone, des points de contrôle et des postes de garde étant apparemment positionnés à près d’un kilomètre du site. Des témoins ont décrit des véhicules de chantier pénétrant par des passages contrôlés et commençant à démanteler la structure à plusieurs niveaux, des étages supérieurs vers le bas. Au matin du 19 mai, il ne restait plus rien du sanctuaire orné, si ce n’est un champ de décombres.

    La démolition s'est déroulée dans le même climat d'opacité que les raids de décembre. Les familles des fidèles détenus auraient reçu l'ordre de garder le silence, et ceux qui tentaient de documenter la scène ont été refoulés. Plusieurs autres membres de la congrégation ont été arrêtés pendant la démolition, rejoignant ainsi le groupe déjà détenu depuis l'année précédente. Selon des chrétiens locaux, la croix qui surmontait l'édifice avait été recouverte d'un tissu noir les jours précédant l'arrivée des engins de démolition, un geste que beaucoup ont interprété comme un symbole du sort que les autorités avaient déjà réservé à l'église.

    La destruction de l'église Yayáng marque l'aboutissement d'une campagne que les autorités s'étaient engagées à mener à son terme. Ce qui avait commencé par une opération d'arrestations massives et soudaines a abouti à la disparition physique de l'une des communautés protestantes non enregistrées les plus visibles de Wenzhou. Ce scénario est récurrent dans le Zhejiang, où l'hostilité de longue date des autorités envers les activités chrétiennes indépendantes s'est souvent traduite par des actions architecturales. Toutefois, l'ampleur de l'opération, la durée du confinement et la volonté d'isoler le site du regard du public témoignent d'une détermination accrue à empêcher tout examen.

    Pour les fidèles de l'église Yayáng, la destruction de leur édifice n'est qu'un aspect d'une épreuve bien plus vaste, marquée par des détentions, des interrogatoires et des pressions constantes sur leurs familles. Pour les observateurs de la politique religieuse en Chine, cette démolition rappelle une fois de plus que les campagnes contre les églises non enregistrées continuent de s'intensifier, même lorsque l'attention internationale se tourne brièvement vers le dialogue.


  • Apparitions : le message de la Vierge Marie au Nigéria

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    De Muji Kaiser sur le CWR :

    Le message de la Vierge Marie au Nigéria

    Parmi les nombreux messages de Marie à Aokpe, il y avait un appel à ses enfants à prier, en particulier le Rosaire, à assister fréquemment à la messe et à recevoir régulièrement les sacrements. La Vierge Marie a parlé de la miséricorde de Jésus et a imploré le repentir.

    Christiana Agbo (au centre) à Aokpe, au Nigéria, en 1996. (Image : Capture d'écran d'une vidéo YouTube)
    La persécution des chrétiens qui a actuellement lieu au Nigéria a été prédite par la Vierge Marie lors d'une apparition approuvée par l'Église et dont beaucoup n'ont jamais entendu parler.

    En 1992, la Vierge Marie est apparue à une jeune fille nommée Christiana Agbo à Aokpe, un village reculé de la région du Centre du pays Dans son premier message à Christiana, Marie a dit : « Je viens du Ciel. Je suis le refuge des pécheurs. Je viens du Ciel pour gagner des âmes pour le Christ et offrir un refuge à mes enfants dans mon Cœur Immaculé. Je te demande de prier pour les âmes du Purgatoire, pour le monde et de consoler Jésus. Accepteras-tu ? »

    Christiana répondit « Oui » sans hésiter.

    Christiana, âgée de douze ans, était issue d'une famille catholique fervente et neuvième d'une fratrie de dix enfants. La prière occupait une place centrale dans la vie de la famille Agbo. Aokpe (prononcé ah-OK-peh) était un petit village majoritairement catholique où le rosaire était récité avec dévotion. Malgré leur foi profonde, les habitants d'Aokpe ne pouvaient concevoir que leur minuscule village ait reçu une visite céleste. Aussi, lorsque les visions de Christiana furent rendues publiques, on les attribua à des esprits maléfiques.

    À mesure que la nouvelle des visions de Christiana se répandait, elle dut faire face aux critiques et aux réprimandes publiques du curé, un missionnaire anglais fervent dévot de Marie. Sa famille fut ostracisée par la communauté et les visites sur le lieu des apparitions furent interdites.

    Entre-temps, Christiana continuait de recevoir la visite de la Vierge Marie.

    La mère de Christiana, Regina, savait que sa famille avait toujours été fidèle à Dieu et ne croyait pas que sa fille fût visitée par un esprit malin. Pour s'en assurer, elle conseilla à Christiana de prier le Rosaire avec la Vierge Marie lors de sa prochaine apparition, confiante en son pouvoir contre le mal. Marie apparut de nouveau à Christiana, toujours en octobre, le mois du Rosaire. Christiana décrit la vision comme celle d'une belle femme vêtue d'une robe bleue, un voile bleu brillant lui couvrant la tête, le dos et les épaules. Les mains jointes sur la poitrine, elle tenait un Rosaire. Émerveillée par cette vision, Christiana oublia complètement les instructions de sa mère.

    Christiana ne parlait que très peu l'anglais à cette époque, mais Marie s'adressa à elle dans son dialecte natal, l'idoma, disant : « Je suis la Sainte Mère, je viens du Ciel, je suis le refuge des pécheurs. Le temps de révéler mon nom n'est pas encore venu. Le nom que je révélerai sera puissant. N'aie pas peur. Christiana, où est ton chapelet ? » Christiana courut dans la chambre de ses parents, prit le chapelet de sa mère et retourna vers la Vierge Marie. Ensemble, elles prièrent, Marie ne disant que le Gloire au Père, prononçant les mots de tout son être, comme si Dieu était devant elle.

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  • « Magnifica humanitas ». Points communs et divergences entre le pape mathématicien et les technocrates de l’IA

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    « Magnifica humanitas ». Points communs et divergences entre le pape mathématicien et les technocrates de l’IA

    Lundi 25 mai, le pape Léon XIV présentera au monde sa première encyclique, « Magnifica humanitas », en compagnie de la théologienne anglaise Anna Rowlands de la Durham University, récompensée en 2023 du prix de la Fondation Joseph Ratzinger-Benoit XVI, ainsi que de l’entrepreneur américain Christopher Olah (photo), co-fondateur d’Anthropic. Ces deux personnes sont tout particulièrement engagées dans la résolution des questions importantes soulevées par l’intelligence artificielle, l’IA, auxquelles l’encyclique est consacrée.

    Signée par le pape Léon le 15 mai, à exactement 135 ans d’intervalle de la signature apposée par son prédécesseur et homonyme Léon XIII sur la première et historique encyclique « Rerum novarum » consacrée à la doctrine sociale de l’Église, « Magnifica humanitas » entend, elle aussi, répondre aux questions essentielles soulevées par la nouvelle révolution qui est en train de se jouer dans la société humaine : celle de l’intelligence artificielle.

    Anthropic n’est bien sûr pas la seule grande entreprise active dans le domaine. On peut également citer Palantir d’Alexandre Karp et Peter Thiel, OpenAI de Sam Altman ou encore xAI et Grok d’Elon Musk, chacune porteuse d’une vision techno-philosophique différente.

    Thiel a notamment fait parler de lui le mois dernier, à l’occasion de sa tournée à Rome pour un cycle de conférences à huis clos sur le thème de l’Antéchrist. Mais, au-delà de sa vision apocalyptique inspirée de René Girard, il pèse surtout politiquement par sa proximité avec JD Vance, le vice-président américain, converti à un catholicisme en rupture avec les orientations dominantes de l’Église. Vance est un critique acerbe d’une Europe qui, avec son AI Act adopté en 2024, prétend réguler l’intelligence artificielle au moyen de réglementations, en classant et en sanctionnant les risques de manière préventive. Une tentative illusoire dans un domaine en perpétuelle évolution.

    Anthropic, en revanche, s’inscrit dans une vision très originale, que l’Église de Rome suit avec attention. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le pape Léon a demandé à Olah de présenter « Magnifica humanitas ».

    Pour mieux comprendre cette vision, on peut reprendre mot à mot la description qu’en a faite dans le journal « Il Foglio » du 18 mai un grand expert en la matière, Carlo Alberto Carnevale Maffè, professeur de stratégie entrepreneuriale à l’Université Bocconi de Milan et qui est appelé à enseigner dans quelques-unes des universités les plus prestigieuses au monde, la Columbia University à la Wharton School, en passant par la Steinbeis University de Berlin et le St. Mary’s College en Californie.

    Les autres co-fondateurs d’Anthropic, en plus d’Olah, sont Dario Amodei, qui en est actuellement le PDG, ainsi que sa sœur Daniela. L’essai « Machines of Loving Grace » qu’ils ont publié à deux en 2024 exprime le mieux leur vision, qui n’est pas dénuée de dimension politique.

    « C’est un texte de 15 000 mots qui valent la peine d’être lus dans leur intégralité – écrit le professeur Carnevale Maffè  — avant d’exprimer le moindre jugement sur la Silicon Valley. Leur thèse est nette : ‘Nous ne voyons aucune raison structurelle pour laquelle l’IA devrait favoriser de préférence la démocratie et la paix’. C’est un aveu qu’aucun de leurs collègues n’a eu le courage de formuler avec autant de clarté et qui mériterait à lui seul qu’on y consacre un séminaire de philosophie politique ».

    « Amodei reconnaît – poursuit Carnevale Maffè – que l’IA peut renforcer la propagande et la surveillance, les deux instruments classiques des autocrates, et que les démocraties doivent par conséquent s’impliquer activement pour obtenir un avantage structurel, ne pouvant pas faire confiance à l’inertie technologique. Cette position sépare Amodei du déterminisme optimiste qui a dominé la pensée californienne des années 1990 avec cette idée, d’inspiration vaguement clintonienne, qu’internet aurait automatiquement exporté la démocratie (on se rappelle tous les ‘printemps arabes’ et les illusions qui ont suivi). Amodei démolit explicitement ce récit : ‘Internet a probablement avantagé l’autoritarisme, et pas la démocratie’. Il s’agit d’une correction historique importante et surprenante de la part d’un PDG américain du secteur ».

    D’où la proposition d’Amodei de mettre en œuvre ce qu’il appelle une « stratégie d’alliance ». « Il s’agit d’une coalition de démocraties qui s’assurent de garder la main sur l’IA à travers le contrôle de la filière des semi-conducteurs et l’action militaire stratégique (‘the stick’, le bâton) combinée à la distribution des bénéfices (‘the carrot’) pour déplacer les équilibres mondiaux ».

    Dans son essai suivant de 2025, « The Adolescence of Technology », Amodei a approfondi cette ligne « en ajoutant une inquiétude qui est devenue sa marque théorique », écrit encore le professeur Carnevale Maffè. « Le risque contre lequel il met en garde ce n’est pas seulement que les autocrates pourraient utiliser l’IA contre les démocraties, mais bien que les démocraties elles-mêmes, au nom de l’efficience, ne dérivent vers des formes de techno-autoritarisme interne. Le ‘country of geniuses in a datacenter’, selon la formule consacrée d’Amodei désormais entrée dans le lexique commun, est une utopie conditionnée : elle ne fonctionne que si les géométries institutionnelles sont capables de tenir le choc de la concentration de la puissance de calcul ».

    Parmi toutes les positions sur la table, commente Carnevale Maffè, « celle d’Anthropic est la plus résolument kantienne dans sa forme et churchillienne dans sa substance. Ce n’est pas un hasard qu’elle soit aussi la plus respectée dans les milieux académiques occidentaux et la seule, il faut le souligner, qui se soit préoccupée de se soumettre à la critique, en suscitant des débats publics tels que celui du Leverhulme Centre for the Future of Intelligence de Cambridge, qui a fourni une lecture sévère mais constructive de l’essai d’Amodei ».

    Les co-fondateurs d’Anthropic ne sont pas les seuls à agir en se laissant guider par une vision techno-philosophique. Alexander Karp, le PDG de Palantir, a un doctorat en théorie sociale de l’Université de Francfort et, dans son essai de 2025, qu’il signe avec Nicholas Zamiska, intitulé « The Technological Republic : Hard Power, Soft Belief, and the Future of the West », il écrit dans le ton d’un ex-élève de Jurgen Habermas et de l’École de Francfort. En pratique, sa thèse est que l’Occident a besoin de construire un complexe IA-industriel analogue au complexe d’industrie militaire de l’époque d’Eisenhower, s’il espère rester en lice dans la compétition cognitive avec les régimes autocratiques.

    Mais si Karp, avec Palantir, tient à maintenir, voire à renforcer, sa collaboration historique avec le gouvernement américain, il n’en va pas de même pour Olah et Amodei, dont la société, Anthropic, a été mise au ban par Donald Trump en février dernier après son refus de donner à l’armée américaine un accès illimité à sa technologie d’IA.

    Rien d’étonnant donc, à ce que le pape Léon, qui est déjà en délicatesse avec la Maison Blanche, ait justement demandé que ce soit Olah qui présente « Magnifica humanitas ». Il y a des points de convergence indéniables, en matière d’intelligence artificielle, entre la vision des cofondateurs d’Anthropic et celle de l’Église de Rome, ce que l’on peut d’ailleurs déjà constater dans le document « Antiqua et nova » du Dicastère pour la Doctrine de la foi de janvier 2025, et qui anticipe cette nouvelle encyclique.

    En effet, les nouveaux produits technologiques ne sont pas neutres, peut-on lire dans « Antiqua et nova » : « ils reflètent la vision du monde de leurs concepteurs, propriétaires, utilisateurs et régulateurs et, grâce à leur pouvoir, ils façonnent le monde et engagent les consciences au niveau des valeurs ». Cette critique, observe le professeur Carnevale Maffè, « est exactement celle qu’Habermas et l’École de Francfort auraient faite ». Léon XIV, le pape mathématicien de la Villanova University, « ne joue pas contre la Silicon Valley. Il joue avec la Silicon Valley intelligente contre une version plus grossière, chauvine et idolâtre ».

    Pour le dire autrement : « Si l’on accepte cette cartographie, la distance entre le personnalisme augustinien du pape Léon et le démocratisme prudent d’Anthropic est, au niveau des objectifs finaux, bien moindre que celle qui les sépare tous deux du trumpisme de Vance et du libertarisme de Musk ».

    Il convient également de mentionner les visions de Karp et de Thiel, plus discutables quant à elles, mais qu’on ne peut ignorer pour autant, dans l’optique de s’allier avec la partie saine de la techno-politique afin de réaliser une critique de la technocratie autoritaire.

    « C’est bien ce que l’Église a toujours su faire quand elle fonctionnait bien », conclut le professeur Carnevale Maffè. « Tenir ensemble thomistes et franciscains, jésuites et dominicains, au nom d’une vérité plus grande que toutes les écoles. Diversité des moyens, diversité des liturgies, diversité des cathédrales : le datacenter de Karp et la basilique de Saint Pierre. Mais l’ennemi est le même. Et l’histoire, quand elle veut être malicieuse, place les alliances les plus surprenantes dans les recoins les plus improbables ».

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • L’évêque de Ratisbonne met en garde contre l’effondrement de la foi en Allemagne : « Seulement 28 % croient que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. »

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    D'InfoVaticana :

    L’évêque de Ratisbonne met en garde contre l’effondrement de la foi en Allemagne : « Seulement 28 % croient que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. »

    L'entretien débute par une statistique particulièrement inquiétante : selon un sondage de l'Institut Allensbach cité au cours de la conversation, seuls 28 % des Allemands croient actuellement que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Pour Voderholzer, cette situation révèle un problème plus profond qu'un simple déclin de la pratique religieuse.

    « Cela devrait nous inquiéter beaucoup. »

    L'évêque a directement lié ce déclin de la foi au processus de sécularisation qui touche l'Europe occidentale depuis des décennies.

    « C’est une conséquence de la sécularisation et cela devrait nous préoccuper grandement dans tous les milieux ecclésiaux », a-t-il déclaré.

    Selon lui, l'Église devrait se concentrer avant tout sur la reconquête de la centralité du message chrétien, au lieu de s'enliser dans des débats secondaires.

    « La première et la plus importante chose à faire est de se demander comment remettre au centre de notre prédication ce qui constitue le christianisme », a-t-il déclaré.

    Voderholzer a résumé l’essence de la foi chrétienne en invoquant une formule célèbre de l’évêque Johann Michael Sailer : « Dieu en Christ, le salut du monde pécheur. » Il a expliqué que lorsque cette vérité cesse d’être centrale, toutes les autres expressions du christianisme s’affaiblissent, y compris l’action sociale de l’Église.

    Critiques de la dérive de l'Église allemande

    Au cours de l'entretien, l'évêque de Ratisbonne a laissé entendre une critique explicite de certains courants ecclésiastiques présents en Allemagne. Citant le théologien jésuite Henri de Lubac, il a rappelé comment ce dernier avait mis en garde, des décennies auparavant, contre le danger d'« autodestruction » de l'Église lorsque la sociologie se substitue à la théologie et à la philosophie.

    Voderholzer déplorait que, dans de nombreux milieux ecclésiaux, la proclamation du Christ ait été éclipsée par une approche excessivement horizontale et sociologique.

    « L’action sociale et caritative doit être une conséquence de la proclamation du Christ, et non la remplacer », a-t-il déclaré.

    L’évêque a également dénoncé le fait que l’Église allemande soit perçue par d’autres parties du monde comme une Église obsédée par la remise en question de tout.

    « En Allemagne, nous sommes perçus comme ceux qui problématisent tout et remettent tout en question », a-t-il reconnu.

    Madagascar, la France et le réveil de la jeunesse

    Contrairement à la situation en Allemagne, Voderholzer a souligné la vigueur spirituelle qu'il a récemment constatée à Madagascar, où il a visité des communautés catholiques pleines d'enthousiasme et de joie malgré la pauvreté matérielle.

    « J’ai pu faire l’expérience d’une Église pauvre, mais pleine de joie dans la foi », a-t-il expliqué.

    Selon lui, les célébrations liturgiques massives et la ferveur de milliers de jeunes contrastent avec la lassitude spirituelle qu'il perçoit en Europe.

    L’évêque a toutefois souligné des signes encourageants en Occident. Il a notamment cité la France, l’Angleterre et les États-Unis, où il observe une recherche croissante d’une foi « authentique » et « saine » chez les jeunes générations.

    « De nombreux jeunes ne se contentent plus d’une approche purement sociologique ou horizontale de l’enseignement », a-t-il déclaré.

    Il a également souligné le regain d'intérêt pour la beauté de la liturgie et a noté qu'en France, certains diocèses sont débordés par le nombre croissant de jeunes adultes demandant le baptême.

    La crise des vocations comme symptôme d'une crise de la foi

    Un autre thème central de l'entretien portait sur l'effondrement des vocations sacerdotales et religieuses en Allemagne. Voderholzer a déclaré être personnellement préoccupé par la situation et a souligné que la pénurie de prêtres n'était pas le problème principal, mais plutôt le symptôme visible d'une crise plus profonde.

    « Le manque de vocations est un symptôme du déclin de la force de la foi », a-t-il expliqué.

    Contrairement aux solutions purement organisationnelles ou structurelles, il a insisté sur le fait que l'Église devait regagner en crédibilité, en substance doctrinale et en confiance en elle.

    « Lorsque l’Église aura retrouvé la substance de sa foi et son estime de soi, les vocations viendront d’elles-mêmes », a-t-il déclaré.

    Éloges du pape Léon XIV

    Voderholzer a également évoqué le pape Léon XIV, se disant « très, très satisfait » de lui. L’évêque a notamment salué les fréquentes références du pape à saint Augustin, y voyant une continuité avec Benoît XVI.

    Il a également souligné avec enthousiasme le style liturgique et l'esthétique du nouveau pape, qui — a-t-il indiqué — se démarquent en partie du style de François.

    « Nous, catholiques, pouvons être fiers d’avoir un pape qui parle clairement aux puissants sans perdre son sang-froid », a-t-il déclaré, faisant également référence aux récentes interventions internationales de Léon XIV.

    Les déclarations de Rudolf Voderholzer mettent une fois de plus en lumière la division interne au sein du catholicisme allemand entre ceux qui estiment que la priorité de l'Église devrait être les réformes structurelles et ceux qui soutiennent que la véritable crise de l'Occident est avant tout une crise de foi, d'identité et de perte du sens surnaturel du christianisme.

  • Le Cardinal Michel Czerny rend hommage aux martyrs du communisme à l'approche des béatifications de prêtres

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    De Tyler Arnold sur le CWR :

    Un cardinal tchèque rend hommage aux martyrs du communisme à l'approche des béatifications de prêtres.

    Le cardinal Michael Czerny a évoqué cette semaine le martyre des catholiques qui ont témoigné de Jésus-Christ sous le régime communiste en Europe centrale et orientale, lors de la conférence « Bienheureux martyrs sous le communisme » organisée à Rome par l'ambassade de la République tchèque auprès du Saint-Siège.

    Czerny, préfet d'origine tchèque du Dicastère pour le service du développement humain intégral, a évoqué les causes de canonisation de deux prêtres tchèques — le père Jan Bula et le père Václav Drbola — qui seront béatifiés le 6 juin.

    « Le témoignage du père Jan et du père Václav s’adresse à chacun de nous individuellement dans nos luttes quotidiennes, grandes et petites », a déclaré Czerny lors de la conférence du 20 mai, selon Vatican News, média du Vatican .

    « Leur martyre nous enseigne qu’il n’existe aucune situation humaine — aussi dégradante ou injuste soit-elle — dans laquelle le Christ ne puisse être témoigné », a-t-il déclaré.

    Selon le Dicastère pour les causes des saints , les deux prêtres furent emprisonnés et tués entre 1951 et 1952, dans le contexte de la persécution de l'Église catholique par le régime communiste tchécoslovaque après la Seconde Guerre mondiale. Ils appartenaient au diocèse de Brno.

    Les deux prêtres œuvraient beaucoup auprès des jeunes catholiques et furent finalement emprisonnés. Selon le dicastère, ils furent accusés à tort en prison d'avoir comploté pour assassiner des responsables communistes et furent par la suite exécutés.

    Le dicastère affirme qu'ils ont été persécutés et tués en raison de leur travail pastoral et de la haine du régime envers la foi catholique.

    « Pour Jan et Václav, les mains de Dieu ont été leur soutien derrière les barreaux de la prison de Jihlava, leur défense lors des longs interrogatoires et la sauvegarde de leur dignité, qui est restée intacte même au milieu des humiliations les plus dégradantes », a déclaré Czerny lors de la conférence.

    « Le régime communiste ne voulait pas seulement les tuer ; il voulait anéantir leur identité sacerdotale », a-t-il déclaré. « Il voulait qu’ils trahissent, qu’ils renient, qu’ils renoncent à leur foi. »

    Czerny a déclaré que Bula et Václav « ont su transformer les ténèbres de la haine et le froid de l’échafaud en un lieu de rencontre vivante avec le Seigneur ». Il a ajouté qu’ils « ont témoigné par leur vie même que la lumière peut percer les nuages ​​sombres de l’histoire ».

    « Nous admirons la splendeur du grain de blé qui, après être resté caché pendant des décennies dans le sillon du sol de Bohême et de Moravie — nourri malgré une histoire difficile et fertilisé par le sacrifice — jaillit maintenant sous nos yeux », a déclaré Czerny.

    Cette pousse, qui a percé le sol gelé de l'athéisme et de l'oppression, est la preuve qu'aucune violence ne peut étouffer la vie de Dieu chez ceux qui se confient à lui.

    Cardinal Michel Czerny

    préfet du dicastère pour le service du développement humain intégral

    « Ce germe, qui a percé le sol gelé de l’athéisme et de l’oppression, est la preuve qu’aucune violence ne peut étouffer la vie de Dieu chez ceux qui se confient à lui », a-t-il ajouté.

    Czerny a déclaré que la béatification des deux martyrs démontre la réalité de la promesse du Christ dans Matthieu 28:20 : « Je suis avec vous tous les jours », le préfet ajoutant que la promesse « brille accomplie et inscrite dans le sang et la joie de ces deux prêtres ».

    « Puisse leur sacrifice nous aider à être des chrétiens, des citoyens, des hommes et des femmes qui savent donner leur vie au service, au pardon et à la vérité », a-t-il déclaré, « car au-delà du voile de l’épreuve et de la mort, nous attend la lumière éclatante du sourire aimant de Dieu et une joie que personne ne pourra jamais nous ravir. »

    Le pape Léon XIV a approuvé la béatification des deux prêtres en octobre 2025, ainsi que celle de neuf serviteurs de Dieu martyrisés par le régime nazi en raison de sa haine de la foi catholique.

  • L'attrait éternel de Rome

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    De sur le CWR :

    De l'attrait éternel de Rome

    Pierre continue de fortifier ses frères à travers la Ville éternelle qui, sanctifiée par son sang, invite les fidèles du monde entier à s'imprégner de ferveur apostolique et de charité vivifiante.

    Statue de saint Pierre devant la basilique Saint-Pierre. (Crédit : Vatican Media)
    Lorsque Pierre prononça le premier sermon de la Pentecôte, il était loin d'imaginer qu'il façonnait un catholicisme – une nouvelle manière de vivre en Christ pour tous – qui deviendrait romain. La vie de Jésus, jusqu'à sa mort salvatrice, n'avait rien de romain. La croix, symbole central du christianisme, était un instrument d'exécution romain.

    Mais le fait que Rome ait fourni la croix qui a racheté l'humanité n'est pas la cause de la vénération intense que les catholiques vouent à la ville, vénération qui a commencé quelques décennies seulement après le premier sermon de Pierre.

    Elle provient plutôt de Pierre lui-même, le roc de l'Église, dont le martyre et la sépulture à Rome ont sanctifié la ville et qui, pendant des siècles, a attiré des pèlerins. Sa présence physique sous la basilique qui porte son nom dégage une aura sacrée, suscite une profonde ferveur religieuse et inspire une espérance pieuse. C'est à cet homme, et à lui seul, que le Fils de Dieu a confié les clés du royaume des Cieux. Si nous le cherchons et le prions humblement, peut-être nous aidera-t-il à y accéder.

    Si Pierre sanctifie Rome, ses compagnons martyrs contribuent à la renommée de la ville. Saint Jérôme écrit que, le dimanche, lui et ses amis se rendaient dans les catacombes « pour visiter les tombeaux des apôtres et des martyrs ». Le poème du Xᵉ siècle « Ô Roma Nobilis » célèbre cette « cité par excellence, rougie par le sang rosé des martyrs ». Des hymnes honorent des martyrs romains en particulier : Agnès, Martine, Cosmos et Damien, dont les ossements, ainsi que ceux de tant d'autres, inspirent la dévotion des croyants qui aspirent à posséder ne serait-ce qu'un peu de la foi de ces saints.

    Pourtant, ce sont Pierre et ses successeurs qui, aujourd'hui encore, constituent l'attrait le plus fascinant de la ville. Oscar Wilde, bien que non catholique (il se convertira sur son lit de mort), a su saisir la sensibilité papale des fidèles dans « Rome non visitée » :

    Un pèlerin venu des mers du Nord –
    Quelle joie pour moi de chercher seul
    le temple merveilleux et le trône
    de celui qui détient les clés redoutables !

    Ô joie de voir avant de mourir
    le seul roi oint de Dieu,
    et d'entendre sonner les trompettes d'argent
    un triomphe à son passage !

    « As-tu vu le pape ? » demande presque systématiquement les gens à un ami de retour de Rome. L’audience papale du mercredi, l’Angélus du dimanche, les grandes fêtes et le discours annuel Urbi et Orbi attirent des foules immenses sur la place Saint-Pierre. À l’exception peut-être de l’Urbi et Orbi, les pèlerins viennent moins pour entendre le pape que pour le voir . Comment expliquer autrement la présence régulière de personnes ne parlant pas italien à ces événements ?

    À l’instar de Thomas au Cénacle, les catholiques aspirent à voir de leurs propres yeux celui qui porte le Grand Manteau, car, dans sa fonction de Pontifex Maximus, il incarne la plénitude de la foi. Il n’est donc pas étonnant qu’après avoir vu le pape en personne, les catholiques aiment se rendre à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs pour admirer, en un seul lieu, les mosaïques représentant saint Pierre et ses 266 successeurs.

    Le pape en exercice n'est pas le seul à susciter la ferveur des pèlerins. Les prédécesseurs du pape Léon XIV, dont les tombeaux sont disséminés dans la ville, font également l'objet d'une profonde dévotion filiale. J'en ai eu la confirmation pendant la Semaine sainte, en voyant l'immense file d'attente pour se recueillir devant le mausolée du pape François dans la basilique Sainte-Marie-Majeure. En matière de visites aux tombeaux papaux, l'argent joue un rôle important : les catholiques souhaitent naturellement voir leur pape, celui qui a dirigé l'Église de leur vivant. C'est pourquoi François, Benoît XVI, Jean-Paul II, Paul VI et Jean XXIII suscitent un intérêt bien plus grand que, par exemple, Benoît XIII (r. 1724-1730, inhumé à Santa Maria sopra Minerva), le pape Paul V (r. 1605-1621, inhumé à Sainte-Marie-Majeure) ou le pape Jean XIII (r. 965-972, inhumé à Saint-Paul-hors-les-Murs).

    Rome et la papauté sont intrinsèquement liées pour des raisons à la fois sacrées et pratiques. L'Église universelle, qui choisit désormais son souverain pontife parmi tous les souverains du monde, oublie que les papes avaient autrefois une existence plus provinciale, régnant sur Rome et sa campagne en tant que père spirituel et roi temporel. Il leur incombait jadis de défendre la ville et ses environs contre les envahisseurs, de subvenir aux besoins des pauvres et de guider le pays en temps d'épidémie.

    Des tensions, voire de l'hostilité, ont parfois existé entre les Romains et le pape, mais il est toujours resté leur pape, leur père, et ils l'aimaient – ​​même lorsqu'il a manqué à son devoir, même lorsqu'il a quitté la ville pour s'installer ailleurs. Dans ces moments douloureux, le sensus fidelium, incarné par sainte Brigitte de Suède et sainte Catherine de Sienne, savait mieux que le pape lui-même que Rome appartient au pape et que le pape appartient à Rome.

    Ce sens perdure aujourd'hui parmi les pèlerins et les catholiques qui ne fouleront jamais le sol de la Ville éternelle. Les médias modernes retransmettent le pape de Rome aux quatre coins du monde en temps réel, afin que, comme les Romains d'autrefois, ils puissent le connaître, l'honorer et être attirés par lui comme par un pasteur et comme par un homme.

    Bien sûr, rien n'enthousiasme et n'unit les catholiques autant que l'élection d'un nouveau pape : la fumée blanche, le son retentissant des cloches, l'afflux massif de fidèles sur la place Saint-Pierre et le faste entourant la révélation de l'identité du nouveau pape sont intimement liés à la ville. Il est impossible d'imaginer un nouveau pape apparaître ailleurs que dans la basilique Saint-Pierre, la plus majestueuse église de la ville et du monde. À cet instant précis, le successeur de saint Pierre se tient au-dessus de Pierre lui-même et donne sa première bénédiction aux fidèles qu'il a reçu la charge de conduire sains et saufs à Dieu.

    Lors de la Cène, Jésus dit à Pierre : « J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand tu seras revenu à moi, affermis tes frères » (Luc 22, 32). Pierre continue d’affermir ses frères par l’intermédiaire de la Ville éternelle qui, sanctifiée par son sang, appelle les fidèles du monde entier à s’imprégner de la ferveur apostolique et de la charité vivifiante. Jésus n’était peut-être pas romain, mais l’influence romaine de son Église en Occident nous conduit au cœur du mystère du discipulat, que Pierre a incarné d’une manière unique.

  • Quand une cathédrale disparaît

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    De Paul Murray sur First Things :

    Quand une cathédrale disparaît

     
    La cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu de Stepanakert, en Artsakh occupé, aurait été détruite par le régime azerbaïdjanais.
     
    Au cœur de Stepanakert, capitale que les Arméniens considèrent comme le cœur de l'Artsakh, se dressait jadis une cathédrale de calcaire blanc, coiffée d'un dôme et d'un clocher visibles de toute la ville. Elle fut le témoin d'innombrables prières, baptêmes et mariages ; de mères allumant des cierges pour leurs fils au front. Elle témoigna d'une communauté fidèle dont les racines chrétiennes arméniennes sur cette terre remontaient à plusieurs siècles. Lors des bombardements de 2020, des familles se réfugièrent dans ses sous-sols tandis que les obus s'abattaient et récitaient le Notre Père tandis que le sanctuaire tremblait au-dessus d'elles. Aujourd'hui, les images satellites ne montrent plus qu'une cicatrice béante à l'endroit où se dressait jadis la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu. Le dôme a disparu. Le clocher a disparu. La croix a disparu.

    La construction de la cathédrale a débuté en 2006 et elle a été consacrée en 2019 après treize années de travaux. Bien que de construction récente, elle s'inscrit dans l'un des plus anciens territoires chrétiens encore habités. L'Arménie a adopté le christianisme comme religion d'État au début du IVe siècle, avant Rome et les royaumes européens. L'Artsakh fait depuis longtemps partie intégrante de ce patrimoine spirituel. Bien que la cathédrale de Stepanakert soit une structure moderne, elle témoigne de la continuité visible d'une très ancienne présence chrétienne.

    Entre début mars et début avril 2026, l'imagerie satellite et des enquêtes journalistiques ont confirmé la démolition systématique de la cathédrale. Les autorités azerbaïdjanaises ont par la suite reconnu avoir détruit la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu ainsi que l'église Saint-Hakob voisine. La démolition de ces églises fait suite au déplacement de plus de 120 000 Arméniens du Haut-Karabakh après l'opération militaire azerbaïdjanaise de 2023.

    La démolition a eu lieu quelques jours seulement avant le 24 avril, date à laquelle les Arméniens du monde entier commémorent le génocide arménien. Une cathédrale construite de mémoire récente a été rasée à la veille de ce jour de commémoration d'une catastrophe qui a jadis menacé d'anéantir tout un peuple chrétien.

    Pour de nombreux chrétiens occidentaux, l'Artsakh peut sembler lointain et difficile à situer sur une carte. Mais la destruction de cette cathédrale n'est pas un simple détail régional au sein d'une autre zone frontalière contestée. C'est un événement à portée théologique. Les églises ne sont pas des édifices interchangeables. Elles témoignent de l'enracinement de l'Évangile dans un lieu précis, auprès d'un peuple particulier. Elles attestent que le culte chrétien a perduré à travers les générations et les régimes.

    Lorsqu'une telle église est démolie après le déplacement de ses fidèles, c'est plus qu'un simple édifice qui disparaît : un témoin disparaît.

    L'Église apostolique arménienne compte parmi les plus anciennes communautés chrétiennes ininterrompues au monde. Ses monastères, ses inscriptions et ses liturgies témoignent d'une foi qui a survécu aux empires, aux invasions et aux tentatives d'anéantissement. Au Haut-Karabakh, cette continuité a façonné le paysage et l'imaginaire de ceux qui y priaient. Qu'on aborde la question sous l'angle du droit international, du patrimoine culturel ou de la solidarité chrétienne, les conséquences sont graves. Une présence sacrée, établie depuis des siècles, est en train de disparaître en quelques années seulement.

    L’Épître aux Hébreux exhorte les croyants à se souvenir des personnes emprisonnées comme s’ils l’étaient avec eux. Ce commandement n’a jamais été limité par la géographie. Il s’étend au souvenir des communautés dont les églises sont détruites et dont la présence est menacée, même si elles vivent loin et parlent une autre langue.

    Les pierres de la cathédrale de Stepanakert ne crient peut-être pas, mais elles parlent. Elles nous rappellent que le christianisme n'est pas seulement un ensemble de croyances transmises à travers le temps. C'est aussi une présence qui se transmet à travers les lieux. Les églises d'Arménie appartiennent non seulement aux Arméniens, mais à l'histoire même du christianisme. Lorsque ces lieux disparaissent, c'est toute l'Église qui en souffre.

  • « La liturgie ancienne ne cherche pas à plaire à l’époque, et c’est pourquoi l’époque y revient »

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    De Philippe Darantière, Président Notre-Dame de Chrétienté, sur le site du journal La Croix :

    « La liturgie ancienne ne cherche pas à plaire à l’époque, et c’est pourquoi l’époque y revient »

    À la veille du pèlerinage de Chartres organisé par Notre-Dame-de-Chrétienté, le président de l’association revient sur l’attrait de la jeune génération de catholiques pour la liturgie traditionnelle. Pour Philippe Darantière, dans un monde saturé d’horizontalité, la verticalité des rites ancestraux tranche et libère.

    Écrivant le 18 mars 2026 de la part du pape Léon XIV aux évêques de France réunis à Lourdes, le cardinal Parolin a souligné « la croissance des communautés liées au Vetus Ordo ». Le fait est là : la liturgie traditionnelle attire, et attire les jeunes. Cette Pentecôte encore, 20 000 personnes vont participer au pèlerinage traditionaliste de Paris à Chartres, avec une moyenne d’âge de 22 ans et une hausse de fréquentation de 8 % en moyenne sur dix ans. Comment comprendre ?

    La première réponse, et la plus commode, est celle de la « sensibilité » : le latin, l’encens, le grégorien, la beauté des ornements. Mais cela existe aussi ailleurs… On dira alors que c’est une affaire d’identité, un besoin de racines, la résistance à un monde liquide qui ne sait plus d’où il vient. Cet argument contient une part de vérité, mais ne suffit pas. Si la liturgie traditionnelle n’était qu’un conservatoire culturel, elle serait un musée, or elle est manifestement vivante. Elle fait passer du culturel au cultuel.

    L’homme s’efface devant le rite

    Voici le premier paradoxe : une liturgie qui, de l’extérieur, semble se dérouler « sans nous » attire profondément. Le prêtre est tourné vers l’Orient, vers le Christ dont il n’est que l’instrument visible. Il n’anime pas, il n’explique pas en temps réel. Les gestes sont ceux qui ont été accomplis invariablement et minutieusement depuis la nuit des temps. L’espace du sanctuaire sépare le sacré du profane. Tout parle d’un autre royaume, celui de Dieu.

    Cette « mise à distance » n’est pas un archaïsme. Elle dit que l’on ne vient pas à la messe d’abord pour soi. On vient parce que l’on a envers Dieu une dette insolvable, que nulle générosité humaine ne saurait acquitter. On vient rendre à Dieu ce qui lui est dû. Et c’est précisément parce qu’on vient pour Dieu que l’on repart enrichi. La vertu de religion, ce devoir de culte envers le Créateur, est inscrite dans chaque geste de cette liturgie. L’homme s’efface devant le rite. Et loin de l’humilier, cet effacement l’élève. Dans une époque saturée d’horizontalité et de retour permanent sur soi, cette verticalité tranche et libère.

    On objecte que cette liturgie serait hermétique. C’est méconnaître son rapport au corps et aux sens. Elle est au contraire extraordinairement incarnée. Les gestes ritualisés, les ornements, le latin, le silence, l’encens, les génuflexions, le chant grégorien : autant de signes concrets qui « ouvrent vers l’invisible », selon Benoît XVI. L’âme ne s’élève pas malgré le corps ; elle s’élève avec lui. Cette pédagogie sacramentelle répond à quelque chose de très profond que, depuis Abel, Noé, Abraham et Moïse, la Bible nous enseigne : l’homme est une créature, la seule de la nature, qui prie, qui offre, qui consacre.

    La marque de la permanence

    Certains ont affirmé que le sacré correspondait à un stade archaïque de l’humanité en voie de dépassement. La réalité du XXIe siècle est plus entêtée : le sacré attire toujours. Non pas malgré la modernité, mais peut-être à cause d’elle : ce que celle-ci essaye de détruire, la liturgie le garde et le redonne.

    Dans un monde où tout change, où chaque institution, même dans l’Église, cherche à « se réinventer », cette liturgie porte la marque de la permanence. Les lectures sont les mêmes depuis des siècles. Le grégorien chante depuis plus d’un millénaire. Le canon romain murmure les mêmes mots qu’au temps de Grégoire le Grand. Et celui qui découvre cette messe pour la première fois comprend d’instinct qu’il entre dans quelque chose qui le dépasse, qui l’a précédé, qui lui survivra : il devient l’espace d’un moment participant d’une liturgie qui nous relie au ciel.

    Cela ne signifie pas que la liturgie serait figée par essence. Elle évolue lentement, organiquement, mais toujours avec cette « infinie délicatesse » dont a témoigné le Concile de Trente, qui eut la sagesse de garder inchangés les rites ayant plus de deux siècles d’histoire. Et c’est cette permanence voulue, assumée, qui lui confère son autorité. La liturgie ne cherche pas à plaire à l’époque. Et c’est pourquoi l’époque y revient.

    Le mystère rendu présent

    Il reste un dernier paradoxe, peut-être le plus décisif. La liturgie traditionnelle est aussi, et peut-être surtout, une expression extraordinairement dense du mystère qu’elle célèbre. La messe, « trésor de la foi », est le mémorial de la Passion du Seigneur, non pas son souvenir mais son renouvellement non sanglant, le sacrifice rédempteur du Christ rendu présent sur l’autel. L’offertoire, la double consécration, les prières du Canon récitées en silence, la communion reçue à genoux : tout cela ne raconte pas la mort et la résurrection du Seigneur, tout cela les actualise.

    La liturgie ancienne est ainsi un catéchisme vécu : elle enseigne non seulement qui est Dieu, mais qui est l’homme face à Dieu. Une anthropologie religieuse que nos contemporains n’ont pas désapprise, même quand ils ont cessé de la formuler. C’est peut-être cela, le secret de son attractivité : elle dit une vérité sur l’homme que l’homme porte en lui sans le savoir.

    Liturgie missionnaire ? Assurément. Et pour un nombre croissant de baptisés et de convertis, elle est devenue la langue maternelle pour parler à Dieu et pour L’écouter. Elle est une richesse de l’Église, trésor de son passé, de son présent et de son avenir. Un trésor que 30 % des pèlerins de Chartres découvrent chaque année pour la première fois. Ce chiffre, à lui seul, montre que la liturgie tridentine célébrée au pèlerinage n’est pas un obstacle à la communion dans l’Église, mais un de ses joyaux.

  • L'éternelle question : « Qui est l’homme ? »

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    De sur The Catholic Thing :

    La question éternelle : « Qui est l’homme ? »


    Saint Irénée, évêque et théologien du IIe siècle, est célèbre pour sa phrase « gloria Dei vivens homo » – « la gloire de Dieu, c’est l’homme pleinement vivant ». L’évêque de Lyon n’a pas non plus inventé cette idée : le psalmiste loue le Créateur d’avoir fait l’homme « un peu inférieur aux anges » (Psaume 8, 5).   Le christianisme oriental a longtemps reconnu que l’œuvre de salut de Dieu était en réalité la déification : faire éclore en l’homme la pleine image et la ressemblance de Dieu (Genèse 1, 27). 

    La dignité de la personne humaine était si centrale dans le pontificat de saint Jean-Paul II qu'elle était au cœur de son encyclique inaugurale, « Le Rédempteur de l'homme » ( Redemptor hominis ).   Ce pape ne cessait de citer Gaudium et spes (n° 22) selon lequel Jésus-Christ « révèle pleinement l'homme à lui-même ».   Remarquons ce que le Concile dit – et ne dit pas.   Le Concile n'affirme pas que le Christ « révèle pleinement Dieu à l'homme » (bien que cela soit vrai).   Il affirme que Jésus « révèle pleinement l'homme à lui-même ».

    Carl Trueman développe ces idées dans son nouvel ouvrage, * La Profanation de l'Homme : Comment le rejet de Dieu dégrade notre humanité* .  Il soutient que, d'une certaine manière, Nietzsche était en avance sur son temps.   Proclamer la « mort de Dieu » à un monde encore imprégné de spiritualité s'avéra inefficace.   À l'instar du nominalisme, la culture occultait encore l'abîme béant que recèle la « mort de Dieu », dont le principal obstacle est la destruction de l'image et de la ressemblance divines en l'homme. 

    En trois chapitres, Trueman démontre comment l'homme contemporain y parvient dans le domaine du sexe (la révolution sexuelle et l'avortement), de la reproduction artificielle (la FIV et la gestation pour autrui) et de la mort (un ennemi qui, s'il ne peut être arrêté, peut au moins être contraint de se plier aux souhaits de chacun quant au moment et au lieu). 

    L'homme comme image et ressemblance divine est le thème unificateur de l'œuvre de Trueman : si la personne humaine est faite à l'image de Dieu qui est bon, alors les incursions de l'homme dans le péché constituent une défiguration de cette image. 

    Ce constat n'est pas nécessairement nouveau : déjà au Ve siècle, le pape Léon le Grand, dans son premier sermon de Noël, exhortait les chrétiens à « se souvenir de leur dignité » (certes rachetée par la grâce au moyen de l'Incarnation).   Mais Trueman soutient de manière convaincante que les modernes ne se contentent pas de défigurer l'image et la ressemblance divines.   Ils s'emploient plutôt activement, et presque avec plaisir, à « profaner » cette image, à tenter de détruire l'image divine en l'homme en la remplaçant par un dieu humain autonome.

    Il ne s'agit pas seulement d'une question morale : quels péchés commettent les hommes ?   C'est une question anthropologique, celle que posait le psalmiste : « Qui est l'homme ? »

    Le point de départ de Trueman est important pour deux raisons. 

    Premièrement, elle offre un point de départ œcuménique et interreligieux commun.   Juifs et chrétiens peuvent ainsi partager une perspective commune et, fondée sur les Écritures, elle peut atténuer certaines conceptions de la corruption humaine radicale qui prévalaient chez les réformateurs classiques. 

    Deuxièmement, cela s'applique à tous les hommes : tous les êtres humains sont créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, qu'ils le reconnaissent ou non.   L'homme peut choisir de renier son Dieu ; Dieu, lui, ne renie pas l'humanité.

    D'un autre côté, le Diable a assurément intérêt à nier la vérité sur la personne humaine. Selon   une certaine tradition théologique, sa chute découle de son rejet de la création humaine et de l'Incarnation divine : comment Dieu aurait-il pu créer un être hybride, à la fois corporel et spirituel, et encore moins envisager d'adopter une telle nature ?   Une créature qui participe même à la création par la reproduction sexuée, chose qu'aucun ange ne peut faire. 

    Compte tenu de ces perspectives, faut-il s'étonner que l'atteinte contemporaine à la dignité humaine ait des racines bien plus profondes que le péché « ordinaire » : une fureur infernale qui remet en question l'existence humaine elle-même ?   Est-il alors si surprenant, comme l'a dit la Vierge Marie à Fatima, que le combat final entre Dieu et le mal porte sur le mariage et la sexualité ?

    L'ouvrage de Trueman a été bien accueilli.   En tant que théologien catholique, je m'en réjouis, non pas parce que l'accent mis sur l'image divine en l'homme est novateur, mais parce qu'il confère à ce débat une portée judéo-chrétienne plus large. 

    Ce qui est important et mérite notre attention, c'est son intuition nietzschéenne : l'atteinte contemporaine à la dignité humaine est qualitativement différente car, sous-jacente à tous les problèmes divers énumérés par Trueman, se trouve un fil conducteur : une désacralisation jubilatoire de la personne humaine.

    Saint Jean-Paul II a centré son pontificat sur la question humaine : si le problème patristique était Dieu Un et Trois, le problème des Réformateurs et celui de nous autres modernes est l'homme. 

    Mais comme Karol Wojtyła l'a maintes fois souligné avant son accession au pape, dans ses polémiques avec Kant, le rapport entre le divin et l'humain est un rapport direct, et non inverse. On ne devient pas, comme le supposent Kant (et Nietzsche), plus « humain » de manière autonome en rejetant Dieu et sa loi. Au contraire, plus l'homme se conforme au Dieu à l'image duquel il est créé, plus il accomplit pleinement son humanité. 

    Cette conception est attaquée de toutes parts.   L'attaque frontale émane de la culture moderne qui cherche à créer un homme reniant son « dieu ».   Mais une attaque plus sournoise se manifeste dans certains milieux catholiques traditionalistes qui semblent croire que l'attention portée actuellement par le pape à l'homme et à la dignité humaine compromet d'une manière ou d'une autre un catholicisme théocentrique. 

    Certes, il existe des versions du « catholicisme moderne » qui semblent marginaliser Dieu, mais cela ne correspond guère à la solide anthropologie théologique, fondée sur la tradition et Vatican II, que Jean-Paul II et Benoît XVI ont léguée à l’Église. 

    À Rome, on murmure que la première encyclique du pape Léon XIV paraîtra lundi et qu'elle abordera des questions de société fondamentales telles que l'intelligence artificielle et la paix mondiale. Mais la question essentielle qui les sous-tend (y compris celle de savoir si l'IA peut remplacer l'homme) demeure : « Qui est l'homme pour que vous preniez soin de lui ? » Espérons que notre pape, né aux États-Unis, apportera des réponses pertinentes à cette question.

  • Le Catholicos arménien Aram Ier a proposé à Léon XIV de convoquer un « Concile Vatican III »

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    D'InfoVaticana :

    Le Catholicos arménien Aram Ier proposa à Léon XIV de convoquer un « Troisième Concile du Vatican ».

    Le Catholicos arménien Aram Ier proposa à Léon XIV de convoquer un « Troisième Concile Vatican II ».

    Le Catholicos arménien Aram Ier a publié le contenu de la rencontre privée qu'il a eue ce lundi avec le pape Léon XIV au Vatican, révélant qu'au cours de cette rencontre, il a soulevé des questions d'une portée énorme pour l'avenir du christianisme, notamment la convocation d'un « Troisième Concile du Vatican ».

    L’information a été officiellement diffusée par l’Église apostolique arménienne de Cilicie à la suite de l’audience du 18 mai. Selon le communiqué, Aram Ier a présenté au pape trois questions qu’il considère « urgentes » pour la vie de l’Église universelle : l’établissement d’une date commune pour Pâques, la création d’une journée de commémoration pour tous les martyrs chrétiens et la convocation d’un nouveau concile universel.

    La référence à un « Troisième Concile du Vatican »

    L’aspect le plus frappant du communiqué publié par l’Église catholique arménienne est la référence explicite à la convocation d’un « troisième concile du Vatican », une expression utilisée par l’Église arménienne elle-même dans le communiqué officiel publié à l’issue de la réunion.

    Bien que la déclaration ne précise pas comment un tel concile devrait être structuré ni quelles questions spécifiques il devrait aborder, la simple mention d'un nouveau concile œcuménique rouvre inévitablement le débat sur l'état actuel de l'Église et les tensions doctrinales, liturgiques et pastorales apparues après le concile Vatican II.

    Jusqu’à présent, le Saint-Siège n’a publié aucune clarification spécifique concernant cette proposition faite par Aram Ier.

    Pâques commune et commémoration des martyrs chrétiens

    Outre la question du Concile, le dirigeant arménien a insisté sur la nécessité d'avancer vers une date commune pour la célébration de Pâques entre catholiques et orthodoxes, une aspiration de longue date du mouvement œcuménique.

    Il a également proposé d'instaurer une journée de commémoration pour tous les martyrs chrétiens, soulignant l'importance de renforcer la prise de conscience commune des persécutions subies par les chrétiens dans différentes parties du monde.

    Selon le communiqué arménien, Léon XIV a exprimé sa « compréhension et son soutien » concernant les questions soulevées lors de la conversation.

    L’Artsakh et la situation au Liban

    Les catholiques arméniens ont également profité de cette réunion pour aborder des questions politiques et humanitaires liées au Moyen-Orient et au Caucase.

    Il a notamment défendu le droit des Arméniens d'Artsakh à retourner sur leurs terres en vertu des garanties internationales et a exigé la protection des églises et des monuments historiques arméniens conformément au droit international. Il a également appelé à la libération immédiate des dirigeants arméniens actuellement détenus à Bakou.

    Concernant le Liban, Aram Ier a insisté sur la nécessité de préserver la souveraineté de l'État libanais, a exigé le retrait israélien du sud du pays et a défendu le maintien du cessez-le-feu.

    conversation privée ultérieure

    Le communiqué ajoute qu'à la suite de la réunion officielle, Léon XIV et Aram Ier ont eu une conversation privée supplémentaire au cours de laquelle ils ont échangé leurs points de vue et leurs préoccupations sur ces questions et d'autres questions connexes.

    La publication du contenu intégral de la conversation par l'Académie catholique arménienne a suscité une attention particulière car elle fait référence à un nouveau concile universel, une question qui suscite inévitablement l'intérêt à une époque de vifs débats internes au sein de l'Église catholique.

  • Chine : l'accord du Vatican avec Pékin sur les évêques facilite la répression (Human Rights Watch)

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    Du site de Human Rights Watch (rapport du 15 avril 2026):

    Chine : La pression sur les catholiques s'intensifie

    L'accord du Vatican avec Pékin sur les évêques facilite la répression

     
    • Dix ans après le lancement de la campagne de « sinisation » de la religion par le président Xi Jinping, les communautés catholiques de toute la Chine sont confrontées à un contrôle idéologique renforcé, à une surveillance stricte et à des restrictions de voyage. 
    • L’accord de 2018 entre le Saint-Siège et la Chine sur les évêques a aidé le gouvernement chinois à faire pression sur les communautés catholiques clandestines pour qu’elles rejoignent l’Église officielle.
    • Le Saint-Siège et les autres gouvernements devraient faire pression sur Pékin pour qu'il mette fin à la persécution des communautés catholiques et respecte le droit à la liberté de religion pour tous les catholiques et les personnes de toutes confessions. 

    (New York) – Les autorités chinoises accentuent la pression sur les communautés catholiques clandestines pour qu'elles rejoignent l'Église officielle contrôlée par l'État, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces dernières années, le gouvernement chinois a renforcé le contrôle idéologique, la surveillance et les restrictions de déplacement imposées aux quelque 12 millions de catholiques du pays.

    Dans le cadre de la campagne de « sinisation » de la religion lancée par le président Xi Jinping en avril 2016, les lieux de culte et les enseignements religieux sont censés refléter la culture chinoise centrée sur l'ethnie Han et l'idéologie du Parti communiste chinois. L'accord provisoire de 2018 relatif à la nomination des évêques, conclu entre le Saint-Siège et la Chine et mettant fin à un différend de plusieurs décennies sur ce sujet, a facilité la répression des catholiques en Chine. 

    « Dix ans après le début de la campagne de sinisation de Xi Jinping et près de huit ans après l’accord de 2018 entre le Saint-Siège et la Chine, les catholiques en Chine sont confrontés à une répression croissante qui viole leurs libertés religieuses », a déclaré  Yalkun Uluyol , chercheur spécialiste de la Chine à Human Rights Watch. « Le pape Léon XIV devrait réexaminer d’urgence cet accord et faire pression sur Pékin pour qu’il mette fin à la persécution et à l’intimidation des Églises clandestines, du clergé et des fidèles. »

    Le gouvernement chinois interdit l'accès à son territoire aux chercheurs indépendants et sanctionne toute personne s'exprimant auprès de médias étrangers ou d'organisations de défense des droits humains. Human Rights Watch s'est entretenu avec neuf personnes hors de Chine ayant une connaissance directe de la vie catholique dans le pays, ainsi qu'avec des experts de la liberté religieuse et du catholicisme en Chine. Human Rights Watch a également examiné des documents gouvernementaux et des articles de la presse officielle chinoise.

    Le 7 avril 2026, Human Rights Watch a envoyé un résumé de ses conclusions au gouvernement chinois et au Saint-Siège, sollicitant leurs commentaires. Aucun des deux n'a répondu.

    Le gouvernement chinois restreint depuis longtemps la liberté religieuse des catholiques du pays, qui ne sont autorisés à pratiquer leur culte que dans les églises officielles, sous l'égide de l'Association patriotique catholique chinoise, un organisme gouvernemental. Les communautés catholiques clandestines, qui refusent de prêter allégeance au Parti communiste chinois, sont les plus touchées. Si la persécution religieuse en Chine est un phénomène ancien, le climat de répression s'est considérablement durci depuis l'arrivée au pouvoir du président Xi Jinping en novembre 2012. 

    Aux termes de l'accord de 2018 entre le Saint-Siège et la Chine, Pékin propose des candidats à l'épiscopat, nominations que le pape peut ensuite rejeter. Toutefois, le texte intégral de cet accord n'a jamais été rendu public. Renouvelé à  trois reprises, il est actuellement valable jusqu'en octobre 2028, mais aucun pape n'a exercé son droit de veto, même après que le gouvernement chinois  a violé ses termes en  nommant unilatéralement des évêques. Le pape Léon XIV, en fonction depuis mai 2025, a par ailleurs  approuvé cinq nominations proposées par Pékin.

    Depuis l'accord de 2018, les autorités chinoises ont fait pression sur les communautés catholiques clandestines pour qu'elles rejoignent l'Association patriotique en détenant arbitrairement, en faisant disparaître de force, en torturant et en assignant à résidence des évêques et  des prêtres catholiques clandestins , selon des informations publiées par les médias et des organismes de recherche.

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  • Quand un évêque visite une « paroisse LGBTQ »

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    Du blog de Mgr Mutsaerts, évêque auxiliaire du diocèse de Bois-Le-Duc (NL) :

    Visiter une « paroisse LGBTQ »

    J'ai récemment célébré une messe de confirmation dans une paroisse de notre diocèse. Un drapeau arc-en-ciel flottait devant l'entrée de l'église. J'ai demandé à l'un des confirmands – nous étions dehors, prêts pour la procession – ce qu'il en pensait. Il n'y a pas prêté beaucoup d'attention, mais aurait préféré voir un drapeau du PSV (club de foot). C'est le genre de paroisse qui se dit inclusive , comme cela est devenu évident après la messe, autour d'un café. « Nous sommes une église LGBTQ+, une église arc-en-ciel. »

    Je pensais commencer par une question simple : que signifie concrètement être inclusif ? Au sens le plus courant, cela signifie n’exclure personne. Une noble aspiration, difficile à rejeter. Mais dès qu’on concrétise cet idéal, dès qu’on l’applique aux croyances, à la morale et aux visions du monde, un problème se pose : on ne peut pas tout embrasser sans aussi rejeter quelque chose.

    Une Église – qu’elle se nomme « Église arc-en-ciel » ou non – n’est par définition pas un bâtiment vide, mais une maison de convictions. Elle professe quelque chose. Elle enseigne quelque chose. Elle dit implicitement, et souvent aussi explicitement : ceci est vrai, et cela ne l’est pas. Dès que l’on fait cela – j’ai l’habitude de le faire –, une frontière se crée, aussi modérée et bienveillante que soit notre attitude.

    L’« Église inclusive » prétend souvent accueillir tout le monde, quels que soient les origines, l’identité ou les convictions. Cela semble noble, presque évangélique. Mais c’est là que le paradoxe s’installe : on accueille tout le monde – à condition qu’ils partagent certaines opinions sur l’identité, la sexualité et la vérité. Quiconque remet cela en question, quiconque s’exprime sur la morale ou l’anthropologie dans une perspective catholique traditionnelle, se rend vite compte que la porte n’est pas aussi grande ouverte qu’on le promettait.

    Ce n’est pas un péché propre aux « églises arc-en-ciel ». Même la paroisse catholique la plus orthodoxe fixe des limites. Là non plus, toutes les convictions ne sont pas les bienvenues. La différence réside toutefois dans l’honnêteté avec laquelle ces limites sont reconnues. L’Église traditionnelle dit : « Voici ce que nous croyons, et si vous le contestez, nous engagerons le dialogue avec vous, mais nous n’abandonnerons pas nos convictions. » L’Église inclusive dit autre chose : « Nous n’excluons personne », alors qu’elle exclut implicitement certaines convictions.  Une ouverture d’esprit, c’est bien, mais la question est : chez qui ou dans quoi tout le monde est-il le bienvenu ? C’est comme si une association disait que tout le monde est le bienvenu chez elle, mais sans qu’on sache vraiment de quel genre d’association il s’agit. L’inclusivité sans contenu est vide de sens.

    Le cœur du problème, c’est qu’aujourd’hui, le terme « inclusif » ne signifie souvent plus « tout le monde est le bienvenu », mais plutôt « tout le monde est le bienvenu à condition d’adhérer à nos principes moraux ». Ce n’est pas de l’inclusion, mais une nouvelle forme d’orthodoxie. Quiconque n’adhère pas à cette orthodoxie est considéré comme un hérétique et exclu. C’est ce qui m’est apparu clairement lors de cette discussion autour d’un café. Si l’on remet prudemment en question leur point de vue et que l’on souhaite réellement engager une discussion – non pas pour provoquer, mais simplement pour aborder la sexualité, la nature humaine, ce que signifie être un homme ou une femme, et ce genre de sujets. J’ai été immédiatement « censuré » parce que mon point de départ ne cadrait pas avec leur « religion arc-en-ciel ». L’inclusion ne s’avère pas être une porte ouverte, mais une porte d’entrée soigneusement gardée.

    La vraie question n’est pas : ces Églises sont-elles inclusives ou exclusives ? La vraie question est : quelle vérité osent-elles reconnaître, et quelles limites osent-elles admettre honnêtement ? Car une communauté qui nie ses limites ne devient pas plus ouverte, mais plus floue, et finalement moins accueillante, précisément pour ceux qui cherchent sincèrement.

    L'homme ne peut vivre sans limites, mais il ne peut pas non plus vivre sans miséricorde. Une Église qui sait préserver ces deux aspects – qui professe la vérité tout en gardant la porte ouverte au pécheur, à celui qui doute et même à celui qui conteste – sera peut-être moins à la mode, mais d'autant plus humaine. La véritable inclusivité ne commence pas par l’abolition des limites, mais par leur reconnaissance honnête et par la volonté – malgré ces limites – d’offrir quand même une place à table à l’autre. Cette paroisse n’était pas disposée à cela, comme on l’a vu par la suite. On avait expressément demandé à un garçon de se retirer et de ne plus participer à la préparation à la confirmation. La raison ? Il trouvait le Vendredi violet tout simplement « n'importe quoi ». Je l'ai formé ailleurs une semaine plus tard. Un garçon qui a des opinions et du caractère. Cela ne cadre apparemment pas avec cette paroisse tolérante, qui n'exclut personne, inclusive, large, ouverte, accessible, hospitalière, généreuse, accueillante, ouverte d'esprit, compréhensive et ouverte d'esprit.

    +Rob Mutsaerts

    le 29 avril 2026